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AED Canada

 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Nouvelles de l’AED : Appel aux catholiques à prier pour les familles en Syrie

16.08.2019 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

Le pape François et l’AED


Appel aux catholiques à prier pour les familles en Syrie

Par Amanda Bridget Griffin et Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard pour le bureau Canadien de l’AED
Publié sur le web 16 août, 2019

Rome/Montréal, jeudi le 15 août 2019 – Ce jeudi 15 août, le pape François a accueilli une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et bénit 6 000 chapelets qui seront offerts à des familles victimes de la guerre en Syrie.

Depuis 2011, l’AED s’est engagée auprès des chrétiens syriens qui souffrent des effets de ce conflit interminable. En tout, ce sont environ 850 projets qui ont été soutenus, totalisant 52,2 millions de dollars. Toutefois, il est évident que l’argent ne suffit pas : le soutien spirituel est essentiel pour guérir les blessures et les cicatrices laissées par la guerre.

« Les chapelets, fabriqués à l’initiative de l’AED, seront un signe de ma proximité avec nos frères et sœurs en Syrie, en particulier avec ceux qui ont perdu un être cher. Nous continuons à prier le Rosaire pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier », a déclaré le pape François lors de la prière de l’Angélus de ce jeudi, fête de l’Assomption. Le président international de l’œuvre de charité pontificale, M. Thomas Heine-Geldern, était présent aux côtés du pape lors de cet engagement très personnel du Saint-Père à continuer de prier pour la paix, en solidarité avec le peuple syrien.

 

Consoler mon peuple – 15 septembre

Sachant qu’il existe une aspiration profonde pour les chrétiens – et par le fait même pour toute la société syrienne – à plus de solidarité, de consolation, de même qu’à la réconciliation et à la purification de la mémoire, tant au niveau des personnes qu’au niveau collectif, la bénédiction des chapelets ne sera pas la seule étape.

Le dimanche 15 septembre prochain, une célébration pour la paix en Syrie sera présidée à Rome par le Saint-Père. De même en Syrie, les leaders d’Églises syriennes auront le soutien de l’Aide à l’Église en Détresse pour l’organisation de célébrations, lesquelles seront inspirées par la dévotion à Notre-Dame des douleurs. Des prières pour les familles des victimes de la guerre (tuées, blessées ou enlevées) seront prononcées et méditées. À Rome, le pape François bénira une icône de « Notre-Dame des douleurs, consolatrice des Syriens », écrite par un prêtre grec-orthodoxe de la ville de Homs.

Ce même jour, plusieurs célébrations auront donc lieu dans toutes les paroisses syriennes où seront offert des « cadeaux pastoraux » aux familles en deuil, avec la célébration de vêpres et de processions spécialement préparées pour l’occasion et ayant pour thème : Consolez mon peuple (cf. : 40, 1).

Avec la célébration Consolez mon peuple, Aide à l’Église en Détresse espère fournir le soutien moral et la consolation, essentiels aux familles et aux communautés syriennes alors qu’elles sont toujours en deuil et qu’elles ne font que commencer à se remettre des pertes immenses causées par la guerre.

 

AED-Canada soutient les enfants de Homs  

Aide à l’Église en Détresse Canada a lancé   à la fin du mois de juillet une campagne dont les fruits sont destinés aux enfants de Homs. Le but est de pouvoir donner, aux enfants qui sont âgés de 0 à 10 ans, du lait quotidiennement, et ce, sur une période de six mois. L’objectif est de 378 000 dollars.

Information et don : Gouttedelait2019
Ou bien par téléphone : 1-800-585-6333

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

30.05.2019 in ACN International, Actualités, Inde, Mario Bard

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

Élections en Inde

La nouvelle victoire de Narendra Modi inspire la crainte aux minorités religieuses

 

Les élections législatives en Inde ont pris fin il y a quelques jours. Le parti nationaliste au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party) du premier ministre Narendra Modi, a de nouveau remporté la victoire de la plus grande élection démocratique au monde avec près de 900 millions d’électeurs. Selon cette source proche de l’Église, la victoire du BJP « suscite la frustration et la peur des minorités en Inde ».

 

« Les cinq dernières années avec Modi au pouvoir ont suscité de nombreuses inquiétudes et ont été très difficiles pour nous. Nous craignons que les cinq prochaines années ne soient pires », souligne cette source qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.

 

« Le fait que le parti nationaliste hindou BJP ait remporté une telle victoire nous inquiète. Tout d’abord, parce que le nationalisme hindou se développe et les minorités, tant chrétiennes que musulmanes, sont souvent abandonnées à l’injustice sociale et sont ouvertement discriminées pour des motifs religieux. Mais aussi parce que l’économie est en chute libre depuis quelques années et que les pauvres sont maintenant plus pauvres qu’auparavant. Les classes modestes sont négligées et les riches sont les seuls gagnants. »

 

Manipulation du vote

 

Comme il l’a déclaré à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), « le nationalisme hindou ne veut pas de changements dans la structure sociale et de nombreux Indiens vivent dans un état de semi-esclavage. Les gens des classes inférieures sont utilisés et exploités. » Parmi les rares institutions qui tentent de changer cela, il y a l’Église et « c’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons l’objet de discrimination et d’oppression ».

 

Cette source ajoute que beaucoup de gens sont sous le choc : « Nous ne pouvons pas croire ce qui est arrivé. Même dans les états et les circonscriptions où les sondages donnaient des prévisions moins favorables à Modi, son parti a finalement remporté beaucoup plus de sièges que prévu ». En plus d’informations de certains médias selon lesquels il y aurait eu des cas de manipulation du système électronique de vote, il existe également des accusations portant sur l’achat de voix. Ainsi notre source témoigne :
« J’ai vu comment des centaines de pauvres journaliers qui avaient été rassemblés quelques jours avant les élections ont reçu 3 000 roupies (près de 60 $) du Parti nationaliste populaire [BJP].»

 

Demandant de prier pour son pays, cette source conclut: « Il est très dangereux de parler contre le gouvernement. Presque personne n’ose aujourd’hui : c’est devenu un parti autoritaire. Mais je veux que vous sachiez comment nous allons. Le monde doit savoir que la situation est mauvaise et que nous avons peur. Nous avons déjà eu cinq ans de peur et nous nous demandons à quoi ressemblera l’avenir ».

 

Nous vous invitons à prier pour les peuples de l’Inde, à prier pour les minorités religieuses menacées de discrimination et de persécution dans certains États, et à prier pour nos sœurs et frères chrétiens. Amen.

 

 

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Amanda Bridget Griffin, ACN Canada
Publication sur le web : jeudi le 30 mai, 2019

Récit de l’AED : Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien au Cap-Vert

16.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Cap-Vert, Texte par Robert Lalonde

Cap-Vert, Afrique

Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien

Lors d’un voyage à l’archipel du Cap-Vert en février 2019, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), s’est entretenu avec Sœur Romualda Tavares, responsable provinciale de la Congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie pour le Cap-Vert, qui compte également en son territoire la Guinée Bissau. L’archipel du Cap-Vert est un petit pays situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique, constitué de dix îles, dont neuf sont habitées.

***

Le pays comprend deux diocèses, celui de Santiago – le plus vieux de l’Afrique moderne – et celui de Mindelo, qui dessert une population de 535 000 habitants, dont plus de 90% sont chrétiens. Parmi les nombreuses congrégations présentent auprès de la population, celle des Filles du Saint-Cœur de Marie (FSCM) possède le plus grand nombre de communautés : neuf sur l’ensemble de l’archipel. C’est aussi la plus ancienne congrégation autochtone de l’Afrique.

En plus de me permettre d’apprécier le décor époustouflant de l’île de Santiago, ma visite en compagnie de sœur Romualda m’a fourni l’occasion de rencontrer presque la totalité de la quarantaine de religieuses faisant partie des six communautés sur l’île qui les englobent: Calcheta (2), Praia – la capitale –, Santiago, Somada et Tarrafal. À ces religieuses, toutes Cap-Verdiennes, s’ajoutent les aspirantes, les postulantes et les novices qui assureront l’avenir de la congrégation.

Pendant notre parcours, sœur Romualda m’a partagé les soucis qu’elle entretient pour chacune d’elles, sans jamais perdre de vue la gratitude qui l’anime envers celles qui l’ont précédée : « Je suis arrivée comme aspirante dans la communauté de Calcheta en 1976, la première fondée par les FSCM au Cap-Vert, et j’ai été accueillie par sœur Régina, une pionnière qui nous a tout donné. »

Cette religieuse visionnaire sait que, pour produire des fruits, il est essentiel de nourrir ses racines, mais aussi l’espoir d’un monde meilleur en se donnant corps et âme. Soucieuse de préserver l’unité exemplaire régnant au sein de ses communautés, c’est avec autant d’enthousiasme qu’elle m’a parlé de l’une que de l’autre. Et s’il y a plusieurs projets pressants à réaliser, quand il s’est agi d’en privilégier un, c’est sur celui de Terrafal, une petite localité située au bord de la mer, que son choix s’est arrêté.

Les conséquences

Il y a quelques années, les FSCM ont planifié construire un édifice qui devait inclure un centre social et une résidence d’hébergement pour les religieuses. Ce centre, dont la vocation est d’accueillir des enfants en garderie, ainsi que des femmes pour, d’une part leur apprendre diverses activités manuelles, et d’autre part pour les sortir d’un milieu de violence conjugale, est aujourd’hui partiellement en fonctionnement.
Par contre, bien que la communauté ait un terrain, le projet de construction d’une résidence d’hébergement n’a pu être réalisé. Ainsi les religieuses doivent-elles habiter dans le centre qui constitue leur lieu de travail. Cette situation devient problématique pour plusieurs raisons, dont certaines fondamentales, puisque la vie en communauté n’est pas vécue selon les règles même de la constitution par laquelle elles sont régies.

« Si occupées que nous soyons par des travaux professionnels ou apostoliques, prônait notre fondateur, nous préservons à tout prix des temps forts de prière, gage de notre force, de notre vitalité et de notre efficacité apostolique ». Cette vie de prière est la source où elles puisent leur dynamisme apostolique.

Or, en restant en permanence sur les lieux du travail, non seulement les religieuses ne prennent-elles pas de recul quant à leur apostolat quotidien, mais de plus, elles n’ont pas de lieu privilégié pour vivre ensemble l’essence même de leur spiritualité. Qui plus est, les locaux qui leur servent de chambres se situent au deuxième étage. Cela représente un inconvénient majeur pour les sœurs vieillissantes dont la santé physique est en régression.

De plus, elles doivent actuellement s’accommoder d’une chapelle de dépannage, puisque celle-ci est aménagée dans une petite pièce qui devrait tenir lieu de local pour l’une ou l’autre des activités liées à la vocation du centre. Cette situation n’est assurément pas propice à un recueillement de qualité.

Enfin, que penser des conséquences subies par les personnes visées par le projet? Les chambres utilisées par les religieuses enlèvent de l’espace pour les activités prévues pour les femmes. Par exemple, ces espaces devraient plutôt servir à des salles de couture et autres travaux manuels, ou encore à des lieux de transition lorsqu’elles sont victimes de violence conjugale. Cela signifie que des femmes, privées d’un tel lieu, vivent actuellement une situation précaire tant physiquement que psychologiquement. Conséquemment, elles sont donc empêchées de s’engager dans un processus de mieux-être.

Malgré les difficultés, les religieuses continuent d’assurer un travail formidable. Elles sont le moteur de tant de changements chez des femmes qui, autrement, se sentiraient totalement dépourvues et sans protection. Le courage des religieuses de Tarrafal est ancré dans la mise en action des valeurs de l’Évangile. Grâce à Dieu!

Entretien de l’AED : Inde les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

18.04.2019 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Inde, liberté religieuse

Inde
les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

 

L’Inde vient d’entamer son processus électoral qui se déroulera en sept étapes, du 11 avril au 19 mai. Il est de plus en plus à craindre que le pays le plus peuplé du monde ne devienne une nation hindoue théocratique, car le parti prohindou Bharatiya Janata (BJP) cherche à obtenir un second mandat. Au cours de son mandat actuel, selon le Rapport sur la liberté religieuse de la Fondation AED, il y a eu une augmentation des violences interreligieuses. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, 86 personnes sont mortes et 2 321 autres ont été blessées au cours de 703 manifestations de violence sectaire. En 2017, il y a eu 111 morts et 2 384 blessés au cours des 822 incidents qui ont été répertoriés.

 

Le dernier cas s’est produit le 26 mars dernier au collège catholique (Higher Secondary School) Little Flower de Chinnasalem, dans le Tamil Nadu : une foule de fondamentalistes hindous ont démoli l’école et même essayé d’étrangler les religieuses responsables du lycée. Maria Lozano qui travaille à l’information pour l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, a interviewé Monseigneur Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne, pour discuter des élections et de la gravité de cet événement.

 

Entrevue : Maria Lozano, ACN-International
Révision française au Canada : Hélène Poisson
Mise en ligne : 18 avril 2019

AED : Nous avons entendu parler de l’augmentation des attaques fondamentalistes contre les minorités dans d’autres parties de l’Inde, en particulier dans le nord du pays, mais la violence brutale de celle-ci nous a surpris. Comment vous l’expliquez-vous ?

 

L’année dernière, le fondamentalisme a plus ou moins augmenté dans le Tamil Nadu. Ce sont surtout les « églises domestiques » évangéliques ou protestantes qui s’en sont plaintes. Un de leurs membres publie sur le web des récits de tabassage de chrétiens, en prière dans leurs églises, ou évoque la destruction d’une petite église. Mais jusqu’à présent, en tant qu’Église catholique, nous n’avions pas subi ce genre d’attaque ouverte, du moins pas d’attaque d’une telle ampleur. Il n’y a eu que de petites choses ici où là. Il y a deux ans, il y a eu, le Vendredi saint, quand une foule nous a empêchés de célébrer l’office à un endroit. Nous avons ainsi eu des incidents ici ou là. Cependant, les Églises protestantes, groupes protestants et autres petites confessions ont eu beaucoup d’ennuis au cours de ces deux dernières années. Je n’ai donc pas été surpris que, finalement, on nous attaque aussi. Mais le fait qu’il s’agisse d’une attaque de si grande ampleur est vraiment effrayant.

AED : Cela a sans doute été un choc énorme pour les sœurs de la Congrégation franciscaine du Cœur immaculé de Marie, qui administrent l’école depuis 74 ans. Quelle est la situation actuelle à Chinnasalem ? Comment vont les religieuses ?

 

C’est une petite ville. Les religieuses ont fait un excellent travail pour les enfants très pauvres. Et, de fait, le pensionnat accueille des jeunes filles qui proviennent de régions où les familles vivent dans un grand dénuement. Le pensionnat vise à aider ces enfants. J’ai parlé aux religieuses hier (11 avril 2019) et j’ai également parlé avec l’archevêque ; et pour l’instant, quelques personnes ont été arrêtées et nous attendons d’autres arrestations. Mais, pour moi, l’important n’est pas ce qui se passe après une attaque. Pour moi, ce que nous devons nous demander, c’est comment ces incidents peuvent se produire dans une société civilisée.

 

AED : Plus que l’incident lui-même, malgré sa gravité, c’est la dimension sociale qu’il implique qui vous préoccupe ?

 

Exactement. Comment est-il possible que tant de haine se répande au sein de la société ? Et que pouvons-nous faire pour empêcher cette haine de se répandre ? C’est exactement ça la question. Il y a des groupes qui font la promotion de la haine, et rien les arrête ; encore davantage dans les médias sociaux ou dans la vie réelle, il semble qu’ils bénéficient d’une protection et de privilèges politiques. Et même d’une approbation politique, et c’est ça le gros problème. Le problème n’est pas que ces petits groupes exigent quelque chose de nous ou présentent des charges contre nous ou nous accusent. Le problème est que, de fait, les dirigeants politiques les encouragent.

 

AED : Pensez-vous que cette augmentation du nombre d’incidents au cours de la dernière année soit liée aux élections ?

 

Il se peut que cela soit lié aux élections, mais je pense que c’est un problème de long terme. Vous voyez, ma position est très simple à ce sujet. Une fois que vous plantez la semence de la haine, une fois que vous faites ressortir la bête, la bête de la colère, de la haine, de la violence, cet animal ne peut pas être contrôlé. Et c’est ce qui me préoccupe. Tous ceux qui propagent cette haine doivent connaître les dommages qu’ils infligent à la société, et le fait que cela devient incontrôlable. Et si on ne peut plus la contrôler, nous aurons un gros problème.

 

AED : Mais ce sont surtout les minorités qui sont particulièrement visées ?

 

Oui, ce sont les minorités qui sont concernées. Mais je pensais aujourd’hui à ce beau poème attribué à un pasteur luthérien allemand : « D’abord, ils sont venus pour les socialistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas socialiste. Puis ils sont venus pour les syndicalistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas syndicaliste. Puis ils sont venus pour les juifs, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour moi, et là, il n’y avait plus personne pour me défendre ». Je fais donc mention maintenant de ce poème, parce qu’on commence par une minorité, puis on s’attaque à la seconde. En ce moment, les musulmans sont attaqués, les dalits sont attaqués, et nous sommes attaqués… Nous ne savons pas quel groupe sera les prochains.

 

AED : Voulez-vous dire que finalement le fondamentalisme nationaliste que les dirigeants politiques soutiennent va nuire à tout le pays ?

 

Je dois dire une chose pour être juste : une grande majorité d’hindous et une grande majorité d’Indiens, quelle que soit leur religion, sont tolérants. Nous nous acceptons mutuellement, et nous coexistons sans difficulté. Nous vivons ensemble depuis des milliers d’années, c’est une société multiculturelle, multireligieuse et diversifiée. Mais voilà que tout d’un coup, nous arrivons à une situation où certains groupes se renforcent et propagent cette haine. Ce n’est pas acceptable, parce qu’en fin de compte, c’est la nation qui en souffrira. Pas seulement les minorités.

 

AED : L’Inde prend-elle le chemin de la théocratie comme le Pakistan ?

 

Deux pays sont nés en 1947, le Pakistan et l’Inde. Ils ont décidé que le Pakistan serait un pays fondé sur une religion, l’Islam. En revanche, les pères fondateurs de l’Inde ont décidé que nous ne serions pas basés sur une religion ou une culture, mais que l’Inde serait multiculturelle et multireligieuse, avec différentes langues et régions. Et après cela, le pays a vécu en paix.

 

AED : Qui sont ces gens qui veulent changer cette caractéristique fondatrice, et pourquoi ?

 

Il s’agit de certains groupes fondamentalistes qui surgissent dans toutes les sociétés, et les groupes fondamentalistes nuisent toujours à la société. Mais quand les groupes fondamentalistes commencent à recevoir le soutien ouvert ou caché d’autrui, alors ils deviennent dangereux.

 

AED : Quelle est la réaction de la communauté chrétienne quand elle entend de telles nouvelles ? Ces incidents doivent-ils faire peur à ses membres ?

En tant que chrétiens, nous faisons confiance au Seigneur, nous n’avons pas peur. Quand j’ai demandé aux sœurs de Chinnasalem : « Avez-vous peur ? », elles m’ont répondu : « Non, nous allons continuer notre travail ». Et je pense que c’est notre esprit, nous continuerons notre travail, nous n’aurons peur de personne. Nous pensons à Jésus qui nous a dit : « Craignez ceux qui peuvent prendre votre âme, et non ceux qui peuvent détruire votre corps ». Il s’agit donc d’un principe de base.

Nous allons donc poursuivre notre travail, nous continuerons à servir les plus pauvres d’entre les pauvres. Nous savons que cela nous apportera des difficultés, cela nous vaudra des persécutions, et même la souffrance, mais nous continuerons de faire notre travail pour les pauvres, pour Dieu et pour Jésus.

 

AED : Une dernière question : pensez-vous justement que le fait que vous travailliez avec les personnes les plus pauvres et socialement méprisées soit une des raisons pour lesquelles certaines personnes ne semblent pas aimer le travail de l’Église ?

 

Nous avons un dicton dans ma propre langue locale, le Konkani : « On ne jette des pierres qu’à un arbre qui donne du fruit ». On ne jette pas de pierres à un arbre stérile, mais uniquement à un arbre qui porte du fruit. En effet, il y a des gens qui n’aiment pas que nous servions les pauvres, et je pense que c’est la vraie raison pour laquelle nous sommes attaqués.

 

Cameroun – L’Église continue à parler malgré les menaces – AED-Entrevue

15.02.2019 in ACN International, AED Canada, AFRIQUE, Afrique, By Thomas Oswald, Cameroun, Cameroun, Entrevue AED, Maria Lozano, Mario Bard, Voyagez avec AED

Cameroun 

La parole de l’Église n’est pas la bienvenue

Les zones anglophones du Cameroun sont continuellement secouées par le conflit qui oppose les groupes séparatistes anglophones au gouvernement central francophone. Dans ce contexte de lutte fratricide, l’Église tente de renouer le dialogue entre les parties. Mgr Emmanuel Abbo, 49 ans, évêque de Ngaoundéré, francophone, et Mgr Michael Bibi, évêque auxiliaire de Bamenda, anglophone, témoignent de la situation de leur pays. Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenue avec eux. Propos recueillis par Thomas Oswald.

Photo plus haut : séminariste tué le 4 octobre dernier Akiata Gerard Anjiangwe sans aucun autre motif que celui de faire peur à l’Église et de la taire dans son désir d’aide à pacifier le pays.

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Mgr Emmanuel Abbo: « Les nouvelles ne sont pas rassurantes ».

AED : Peut-on parler de « guerre civile » dans les zones anglophones ?

Mgr Michael Bibi : Les élections du mois d’octobre 2018 auraient dû permettre aux populations de cette région de s’exprimer par la voie démocratique. Dans les faits, les choses sont plus compliquées, car il y a un très grand nombre de déplacés internes, et que très peu de Camerounais ont pu effectivement voter. Les conditions ne sont malheureusement pas réunies pour un exercice démocratique apaisé. Or, c’est pourtant par le dialogue franc, inclusif, que nous pourrons sortir de cette crise. Pour le moment, on n’entend que les autorités religieuses !

Mgr Emmanuel Abbo : Je ne suis pas sur place, mais les nouvelles qui nous parviennent ne sont pas rassurantes. Nous recevons vraiment des informations très variées donc on ne peut pas se prononcer objectivement.

 

AED : À plusieurs reprises, l’Église camerounaise a tiré la sonnette d’alarme pour avertir de la situation des clercs, prêtres et religieux, qui se situent dans ces zones anglophones. Quel rôle peut-elle jouer ? 

Mgr Michael Bibi : L’Église est en première ligne. Un prêtre et un séminariste ont été abattus en région anglophone. Concernant ce dernier, ce fut une véritable exécution, mise en scène devant son église, en présence des paroissiens. Et ces deux cas ne sont malheureusement pas isolés. Je reçois des nouvelles inquiétantes de beaucoup de religieux qui se font tirer dessus, kidnapper et rançonner. J’ai moi-même été arrêté, mais ils m’ont relâché quelques heures après.

Je peux témoigner que le clergé qui demeure en zone anglophone est particulièrement menacé. Pourtant, nous parlons vrai : nous disons la vérité ! Nous disons aux jeunes de rester à l’école et de ne pas rejoindre les milices, que cela ne mène à rien, et les milices nous accusent de faire le jeu du gouvernement. Nous dénonçons aussi l’action de l’armée gouvernementale, nous demandons à ce que la région soit démilitarisée, et du coup nous sommes catalogués comme prorebelles par les autorités ! Notre parole de vérité n’est pas la bienvenue dans ce conflit fratricide. La vérité c’est que les deux camps tuent, et ne font qu’ajouter de la violence à la violence.

Mgr Emmanuel Abbo : L’Église apporte une contribution pour la résolution des conflits et pour le maintien de la paix. La conférence épiscopale prend des initiatives, mais nous préférons opérer en silence pour approcher les parties en conflit et trouver des solutions adaptées, car la médiatisation risque de nuire à la réussite de ces initiatives.

 

AED : Comment se porte l’Église dans votre pays ?

Mgr Michael Bibi : Grâce à Dieu, la foi des Camerounais est puissante. La messe dominicale est suivie avec ferveur, et nous avons des vocations sacerdotales. Il faudrait à présent que nos dirigeants soient, eux aussi, illuminés par cette foi.

Mgr Michael Bibi: « Or, c’est pourtant par le dialogue franc, que nous pourrons sortir de cette crise. »

Mgr Emmanuel Abbo : Mon diocèse a été évangélisé il y a à peine soixante ans. Les Oblats de Marie Immaculée, d’origine française, sont arrivés dans les années 50. Trois éléments donnent à espérer. Les prêtres de mon diocèse sont très jeunes, très dynamiques, avec qui j’entretiens une excellente collaboration ; nous avons une présence religieuse qui partage nos préoccupations pastorales et, malgré la pauvreté ambiante, nous avons des fidèles qui sont prêts à faire ce dont ils sont capables pour que notre Église aille de l’avant.

 

Nous rencontrons des défis énormes. Sur le plan pastoral, le diocèse ne dispose pas de suffisamment de prêtres – j’ai donc fait appel à des prêtres fidei donum – et nous n’avons pas assez de ressources humaines et matérielles. Sur le plan social, nous souhaitons reconstruire nos écoles et centres de soins, en dur. Sur le plan du développement, nous souhaitons accompagner notre population, très pauvre, en organisant des associations, ou des coopératives. Une des priorités du plan pastoral est la construction d’un centre pastoral diocésain, destiné à abriter les formations que nous souhaitons organiser pour former nos 343 catéchistes et 57 prêtres.

 

AED : Que souhaitez-vous dire à nos bienfaiteurs ?

Mgr Michael Bibi : Nous avons besoin des prières de l’Aide à l’Église en Détresse. Nous avons aussi besoin d’une aide concrète pour les victimes du conflit de la région anglophone, conformément à la parole de Jésus : « J’avais faim, vous m’avez nourri, j’étais nu, vous m’avez vêtu ».

Mgr Emmanuel Abbo : Je veux leur dire merci pour leur générosité, ils nous sont d’un grand soutien dans nos diocèses, particulièrement au Cameroun, car l’AED nous soutient beaucoup dans nos projets pastoraux. Soyez encore plus généreux, car nos soucis et nos préoccupations sont croissants.

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Une belle nouvelle de l’AED pour un autre évêque, Mgr Georges Nkuo: 

Ayant été informé de notre décision de financer différents projets dans son diocèse de Kumbo, Mgr George Nkuo nous écrit un message de remerciement :

« Vous avez attribué des bourses pour nos 110 grands séminaristes, pour notre bureau responsable de la pastorale des familles, pour les novices des Sœurs Tertiaires et pour les Frères de Saint-Martin de Porres. Je tiens à vous remercier sincèrement de votre aimable considération.

Ces subventions arrivent à un moment où l’Église de notre province ecclésiale traverse une période très difficile et où notre revenu local a été sérieusement affecté à cause de la guerre qui sévit dans nos régions. Aussi, vous pouvez imaginer le soulagement que votre aide a apporté à nos diverses communautés.
Je m’empresse d’écrire en leur nom pour vous dire « Merci ! ».

Encore une fois merci et que Dieu continue à vous bénir, vous et nos bienfaiteurs.

+George »


 

Projet de la semaine AED – L’église rénovée du couvent des carmélites à Haïfa

14.02.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Israël, Mario Bard, Moyen-Orient, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Israël – Histoire de succès AED!

L’église du couvent des Carmélites d’Haïfa rénovée! 

 

Les religieuses carmélites d’Haïfa pendant la messe dans leur église rénovée.

Les Carmélites de Haïfa se réjouissent. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 45 000 dollars, l’église de leur monastère est enfin rénovée. Leur église, consacrée à la Vierge du Mont Carmel, a été construite en 1937. Faute d’argent, aucune réparation n’avait été faites depuis. Or, les infiltrations d’eau de pluie et l’humidité ont endommagé le bâtiment. Pour les religieuses, la paroisse locale et les pèlerins leur rendant visite, cela représentait un danger de plus en plus grand pour la santé.

 

Les dix-sept religieuses qui vivent dans le monastère sont originaires de onze pays différents. Leur porte est ouverte à tout moment aux personnes qui veulent venir chez elles. Les fidèles des environs confient leurs intentions de prière tandis que les pèlerins qui viennent en Terre Sainte de partout dans le monde leur posent de nombreuses questions sur la foi. L’endroit où vivent les religieuses se trouve sur le versant nord du Mont Carmel, qui est, dans un sens, le berceau de l’ordre des Carmes. C’est autour de 1150 que les premiers Carmes se sont installés en ermites précisément ici, sur le Mont Carmel, où selon les Saintes Écritures le prophète Élie avait montré, à travers une intervention divine, que son Dieu était le vrai Dieu et que l’idolâtrie des prêtres de Baal était mauvaise (cf. 1 Rois 18, 16-46).

 

L’ordre des Carmes s’est rapidement répandu dans d’autres pays où il a également connu des mutations. C’est ainsi qu’il été réformé par Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix en Espagne au XVIe siècle, de manière à correspondre encore davantage à son esprit originel.

 

Pour gagner leur vie, les religieuses de Haïfa cuisent des hosties et fabriquent des souvenirs pour les pèlerins. Mais sans notre aide, elles n’auraient pu réparer l’église de leur monastère. Grâce à l’aide à vous, l’église est rénovée et elle a été de nouveau consacrée le 15 octobre, en la fête de Sainte Thérèse d’Avila.

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Au nom de ses religieuses, Sœur Maira de l’Enfant Jésus, la prieure, remercie tous ceux qui ont apporté leur aide : « Nous espérons qu’il s’agit là du début d’un renouveau de la vie de prière, tant pour notre église locale que pour les pèlerins qui traversent la Terre Sainte et restent prier le Seigneur dans notre chapelle de Notre-Dame du Mont Carmel. C’est avec joie que nous vous exprimons notre gratitude et renouvelons nos prières et nos sacrifices pour l’Église et le monde entier ».

 

La fête à la Table de Dieu : en action de grâce pour les pèlerins, les paroissiens d’Haïfa et les bienfaiteurs de l’AED!

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Si vous désirez donner pour un projet similaire, merci de cliquer sur le bouton ci-dessous
Merci de soutenir les partenaires de l’Aide à l’Église en Détresse partout dans le monde!

 

 

 

 

 

 


 

 

Philippines – L’Église de Jolo combat les forces du mal – Aide à l’Église en Détresse

11.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED Canada, Asie, Entrevue AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano, Maria Lozano, Mario Bard, Philippines, Voyagez avec AED

Philippines

L’Église de Jolo combat les forces du mal

« Nous ne permettrons pas à cette tragédie de nous diviser».


Une petite ville isolée militairement. Une guerre totale qui se déroule dans la municipalité voisine contre des extrémistes violents. Des familles endeuillées après avoir enterré leurs morts et des blessés en train de se rétablir dans différents hôpitaux, dont certains d’entre eux ont dû être amputés. Et une Église locale, celle du vicariat apostolique de Jolo, qui fait tout son possible pour insuffler de l’espérance à la minorité chrétienne, tandis que les musulmans rassemblent leurs membres pour manifester leur fermeté et redire leur solidarité avec la minorité chrétienne. Le tout, dans un climat de peur et de douleur.

Le plafond suspendu de la cathédrale a été endommagé par la force de l’explosion.

C’est le bilan dressé par la délégation de l’Aide à l’Église en Détresse-Philippines, venue en visite dans la capitale de l’île de Jolo, cette ville appauvrie de la province de Sulu. L’AED a voulu exprimer sa solidarité aux victimes, neuf jours après le double attentat à la bombe dans la cathédrale Notre-Dame du Carmel [27 janvier] dont le bilan final est de 23 morts et de 112 personnes blessées.

Découragement

La nouvelle de l’arrestation des auteurs présumés ne parvient pas à remonter le moral des habitants. Ainsi, le rassemblement préparé pour rendre hommage aux victimes n’a réussi, malgré sa bonne organisation et le haut niveau de sécurité, qu’à rassembler une petite partie de ceux à qui il était destiné, beaucoup de gens ayant préféré rester à la maison. Certaines familles pensent sérieusement quitter Jolo pour toujours, car les attentats sont « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Leur résistance est à bout, après des années de menaces, d’enlèvements, de meurtres et de harcèlement, perpétrés par ce qu’ils appellent « les forces du mal ».

Les « forces du mal », ce sont des extrémistes musulmans, la plupart d’entre eux partisans d’Abou Sayyaf, qui terrorisent les minorités chrétiennes depuis des années. Parmi leurs crimes, il y a l’assassinat de Mgr Benjamin de Jésus en février 1997 dans la cathédrale, celui de deux autres prêtres, le Père Clarétain Roel Gallardo, enlevé, torturé et assassiné en 2002, et le Père Rey Roda, Oblat de Marie Immaculée (OMI), en 2008. Les victimes de la violence ne sont pas seulement des chrétiens ; les terroristes enlèvent aussi des musulmans dans l’intention d’obtenir des rançons pour financer leurs actions.

Des sources interrogées par l’AED désignent comme auteurs du dernier attentat perpétré au siège du Vicariat apostolique de Jolo, des membres d’une faction d’Abu Sayyaf, composée de narcotrafiquants: Ajang Ajang.

Toutefois, le message de l’armée, du gouvernement local, des chefs traditionnels, ou des partenaires laïcs auxquels l’AED rend visite est toujours le même : « la persécution n’est pas commise par des musulmans, mais par une petite minorité d’extrémistes violents ».

Chrétiens et musulmans : rester unis face à la violence

« Aucune balle ou bombe ne peut détruire la relation harmonieuse entre musulmans et chrétiens à Jolo », a déclaré le Père Romeo Saniel, OMI, qui vit sur l’île depuis 18 ans et qui a été nommé administrateur apostolique du Vicariat apostolique de Jolo il y a quelques semaines. En tant que pasteur d’une petite minorité (1% d’une population totale de 120 000 habitants), il est vénéré et admiré par le peuple pour son engagement à assurer une éducation de qualité et un avenir à la jeune génération des Tausugs (groupe ethnique local de Sulu), et pour son courage et sa détermination à toucher le cœur des anciens combattants du Front islamique de Libération Mora.

« La seule façon de parvenir à une paix durable est que les musulmans et les chrétiens restent unis. Nous ne permettrons pas à cette tragédie de nous diviser et de nous isoler du reste du pays », a déclaré Datu Sakul Tan, considéré comme l’homme le plus influent de tout Jolo, patriarche d’un puissant clan politique. L’homme a étudié dans une école catholique et est convaincu de l’importance et de la qualité de l’éducation offerte par l’Église aux habitants.

Le directeur de l’AED-Philippines Jonathan Luciano et le vicaire apostolique Père Romeo Saniel, Oblat de Marie Immaculée (OMI).

Les besoins sont clairement formulés par le clergé et les laïcs. Et même si les forces armées philippines tentent d’éliminer le groupe Abou Sayyaf par la force, tout le monde s’accorde à reconnaître que cela ne peut garantir la paix, car ceux qui meurent seront simplement remplacés par la jeune génération.

Trouver des solutions contre l’extrémisme

Le Père Saniel et Datu Sakul Tan convient qu’il est nécessaire à long terme d’offrir aux jeunes des programmes de prévention de l’extrémisme violent par le biais de l’éducation formelle, de campagnes de sensibilisation, du développement du sport et de la création d’emplois permettant aux jeunes d’assurer leurs moyens de subsistance.

D’autre part, le Père Jeff Nadua, OMI, recteur de la cathédrale, souligne la nécessité de renforcer tout d’abord la communauté chrétienne, avant de réparer la cathédrale. « Nous devons aider nos chrétiens à se remettre de ce traumatisme et à voir tout cela dans la perspective de la foi. Ensuite, nous pourrons concentrer nos énergies sur la reconstruction de la cathédrale qui est gravement endommagée par le double attentat ».

Le directeur national de l’AED aux Philippines, Jonathan Luciano, a effectué une visite de solidarité au vicariat apostolique de Jolo les 4 et 5 février 2019. Il a visité la cathédrale Notre-Dame du Carmel, gravement endommagée, et a parlé avec l’administrateur apostolique, le Père Romeo Saniel, OMI, ainsi qu’avec quelques proches des victimes.

Texte : Frère Reynaldo Bardino et Maria Lozano.

 


 

Émirats arabes unis – visite historique

04.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, By Oliver Maksan, Émirats arabes unis, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Voyagez avec AED

Abu Dhabi – AED Informations

« Une visite historique »

Le pape François est à Abu Dhabi jusqu’à demain, 5 février. Bien que cet émirat soit plus tolérant que les autres États musulmans de la région envers les chrétiens, la pleine liberté religieuse n’existe pas aux Émirats arabes unis.

Mgr Paul Hinder : « L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres ! »

Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) peu avant la visite de Sa Sainteté le pape François à Abu Dhabi, l’Église locale souligne le soutien dont elle bénéficie de la part des musulmans. L’évêque Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, a évoqué une visite « historique » et déclaré : « C’est la première fois qu’une célébration eucharistique se déroulera dans un domaine public mis à disposition à cet effet par le gouvernement ». Mgr Hinder, Capucin suisse, espère qu’environ 130 000 fidèles vont se réunir pour la messe célébrée le 5 février par le pape François dans la capitale des Émirats arabes unis, au dernier jour de sa visite, débutée le dimanche 3 février.

Dans l’histoire de l’Église, il s’agit de la toute première visite d’un pape dans la péninsule arabique. Mgr Hinder poursuit : « J’ai reçu plusieurs demandes venant de musulmans, qui voulaient savoir comment ils pourraient nous aider lors des préparatifs. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur intérêt d’assister à la messe. Le gouvernement fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de nos fidèles puissent voir le pape.»

Les Émirats arabes unis sont considérés comme étant relativement ouverts et tolérants envers les non-musulmans. Le rapport sur la liberté religieuse de l’AED évoque l’initiative du prince héritier d’Abu Dhabi de rebaptiser la mosquée Sheik Zayed en mosquée Marie mère de Jésus. Le prince héritier souhaitait que cette décision renforce les liens humains entre les croyants de différentes religions. « Cela fait quinze ans que je vis à Abu Dhabi et je n’ai encore jamais perçu d’hostilité », déclare Mgr Hinder et il ajoute : « Bien entendu, nous savons que dans tous les pays islamiques, les non-musulmans – et pas seulement les chrétiens – doivent se soumettre aux règles sociales de l’islam. D’un autre côté, je vois aussi au sein de la population locale un grand respect pour les chrétiens. C’est ce que nous ressentons particulièrement maintenant, à l’approche de la visite du Pape.»

Alors qu’en Arabie Saoudite, comme l’explique l’évêque, les offices religieux sont uniquement tolérés dans un cadre privé et avec des groupes relativement petits, il existe aux Émirats arabes unis des églises où des milliers de fidèles se rendent régulièrement pour assister à la messe. En fait, presque un million de catholiques de différents rites vivent aux Émirats arabes unis ! Ils sont presque tous des travailleurs immigrés qui séjournent dans le pays pour une période limitée. Nombre d’entre eux sont originaires d’Inde, des Philippines ou du Sri Lanka. Ils sont accueillis dans neuf paroisses. Mgr Hinder espère qu’il y aura d’autres constructions d’églises. « Il serait souhaitable d’avoir plus d’églises, car le nombre de paroisses dont nous disposons est encore insuffisant par rapport au nombre de fidèles qui vivent ici. »

Voyage du pape : répondre à l’Esprit même de l’Évangile

Le rapport sur la liberté religieuse publié en 2018 par l’AED souligne que l’islam est la religion d’État aux Émirats. La charia, la loi islamique, est l’une des sources principales de la législation. Le rapport dit littéralement que « seuls les musulmans sont autorisés à faire du prosélytisme; les adeptes d’autres religions qui sont pris en flagrant délit de vouloir convertir des musulmans peuvent être punis. Les non-ressortissants sont également menacés de retrait de leur permis de séjour et d’expulsion ». Selon ce rapport, les églises chrétiennes n’ont pas le d

 

roit d’avoir des clochers ni d’être décorées avec des croix. La conversion de musulmans au christianisme est interdite. À ce sujet, Mgr Hinder explique : « Je ne connais aucun pays musulman où la liberté religieuse est totale. Même là où la conversion d’un musulman à une autre religion n’est pas sanctionnée par le droit pénal local, l’environnement social – et surtout la famille – réagit par l’ostracisme et même la violence physique. Comme je l’ai dit, la liberté de culte est plus ou moins grande selon les pays.»

Le vicaire apostolique espère surtout que la visite papale aura un effet sur l’ambiance générale : « J’espère que la visite du Pape changera positivement l’ambiance générale. Néanmoins, nous ne devons pas attendre trop de miracles d’une telle visite. L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres !»

Le Père Andrzej Halemba, responsable de cette région au sein de l’AED, est d’accord avec Mgr Hinder : « La visite du Saint-Père constitue un grand encouragement pour les chrétiens qui travaillent dans le Golfe d’Arabie. Ils éprouvent ici la solidarité de l’Église universelle ». Le Père Halemba considère comme particulièrement importante la rencontre interreligieuse du pape avec les représentants de l’islam qui se déroule aujourd’hui. « En tendant la main aux musulmans, le Pape répond à la mission de l’Évangile, car il s’agit d’un dialogue de Dieu avec les hommes, qui se poursuit comme un dialogue de personne à personne. »