fbpx

AED Canada

 

Projet de la semaine AED – Brésil : aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

15.04.2020 in ACN International, adaptation : Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Brésil

Aide à la formation pour les séminaristes d’une communauté nouvelle

 

La communauté «Eis aí tua mãe – Obra de Maria» (œuvre de Marie) a été fondée en 1990 au Brésil. Ses membres sont environ 3350 et proviennent de tous les horizons. Ils sont prêtres, diacres, consacrés, mariés et célibataires. Ils forment une grande famille!

 

Au total, la Communauté est présente dans sept pays d’Amérique latine, dans 22 pays africains, en Israël et en Palestine, ainsi qu’en Italie et au Portugal. Une de ses missions consiste à organiser des pèlerinages dans les sanctuaires du monde entier, auxquels participent des milliers de personnes. « L’œuvre de Marie » organise par ailleurs des congrès, des retraites et des concerts au service de l’évangélisation, elle est active dans l’apostolat des médias et la pastorale de la jeunesse et des vocations, et supervise des projets sociaux, entre autres pour les toxicomanes.

 

Les fruits de la communauté

L’un des fruits de la communauté au diocèse est l’augmentation du nombre de vocations sacerdotales. Dans l’archidiocèse brésilien d’Olinda e Recife, 50 jeunes hommes de la communauté se préparent actuellement à la prêtrise. Ils sont originaires du Brésil ainsi que de pays africains comme le Togo, le Bénin et le Mozambique.

 

Les responsables de la communauté nous ont demandé de les aider. En effet, pour cette jeune communauté, c’est un défi que de devoir faire face à la formation des séminaristes, car ils doivent payer eux-mêmes leurs moyens de subsistance, leur logement et leurs frais de scolarité. L’année dernière, nous avons pu soutenir la formation de 23 jeunes hommes grâce à un montant de 123 000 dollars. Nous allons encore les aider cette année.

 

Est-ce que vous aimeriez les aider?

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Récit de l’AED — Sénégal Souvenirs et vision de trois évêques

12.03.2020 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, AED-Canada, Afrique, Robert Lalonde, Sénégal

Récit de l’AED — Sénégal
Souvenirs et vision de trois évêques

Texte écrit par Robert Lalonde en collaboration spéciale avec l’AED Canada
Publié sur le web le 12 mars, 2020

En voyage au Sénégal, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse, s’est entretenu avec trois évêques qui se sont succédé dans le diocèse de Kaolack, de 1974 à 2020. Riches de 46 ans d’épiscopat dans ce diocèse, Mgr Martin Boucar Tine, actuel pasteur du diocèse, Mgr Benjamin Ndiaye, actuel archevêque de Dakar et pasteur de Kaolack de 2001 à 2015 et Mgr Théodore Adrien Sarr, cardinal à la retraite et pasteur du même diocèse de 1974 à 2001 ont partagé leurs expériences eu égard à ce diocèse, mais aussi leur vision de l’Église sénégalaise.  

 

Mgr Théodore Adrien Sarr

«Au bout du compte, c’est Dieu qui décide» 

Créé en 1965, le diocèse de Kaolack est situé au centre-ouest du Sénégal. Parmi ses deux millions d’habitants, il compte 17 000 catholiques et 200 catéchumènes. Le nombre de fidèles est en croissance constante depuis 1860, année de l’arrivée des premiers missionnaires.

 

En 1974, Mgr Sarr prend la relève, en continuité avec le travail missionnaire accompli. Son épiscopat est voué à l’approfondissement de la foi et au développement des œuvres sociales, pour une Église diocésaine « au service de tout homme et de tout l’homme », indique-t-il. En 2001, son successeur, Mgr Ndiaye consolide tout ce qui concerne le domaine de la foi par, entre autres, le biais du renforcement de la pastorale de proximité avec l’installation de nouvelles communautés religieuses et l’organisation d’un congrès eucharistique et marial.

 

«Je me suis fait tout à tous» 1 Corinthiens 9,22

Ces premières années de labeurs ont établi une pastorale diocésaine dans 18 paroisses réparties dans quatre doyennés1   Il convient de noter que certaines structures soutiennent l’œuvre d’évangélisation des paroisses, en assurant les objectifs humanitaire et spirituel poursuivis par l’Église sénégalaise.

 

D’abord, en termes d’humanitaire, la Direction des Œuvres est la plaque tournante de l’apostolat des laïcs. Elle accueille périodiquement plusieurs organisations dont l’Union diocésaine des femmes catholiques, la Jeunesse ouvrière catholique, la Jeunesse étudiante catholique, le Mouvement des adultes ruraux catholiques et quelques autres.

 

Elle coordonne également le Royaume de l’Enfance, né d’une initiative pastorale de Mgr Ndiaye. Ce centre diocésain vise à offrir aux enfants, dont plusieurs issus de la rue, un cadre sain pour qu’ils s’épanouissent et se développent, dans le respect de leurs facultés. La pastorale sociale est aussi animée par l’Association des Postes de Santé catholiques, un centre d’enfants handicapés administré par les sœurs de la Communauté de la Providence de Lisieux, l’Association pour la Promotion de la Femme et la Direction de l’Enseignement catholique. L’Église a toujours porté une attention particulière à cette association, convaincue que l’éducation est le socle de la sociabilisation de l’homme.

 

 

Vient ensuite le « pôle spirituel » diocésain qui s’appelle « Keur Mariama ». Celui-ci est constitué de plusieurs structures qui ne cessent de prendre de l’ampleur. À travers ces dernières, nous voyons quatre réalités d’église qui donnent vie à Keur Mariama, selon le charisme de chacune et dans le cadre d’une collaboration dictée par les besoins des diverses missions pastorales. On retrouve donc les Missionnaires du Sacré-Cœur au Sanctuaire, les prêtres diocésains à la formation au sacerdoce au séminaire de propédeutique Saint-Paul, les frères carmes dans la formation spirituelle et l’animation pastorale, pour terminer avec les religieuses carmélites missionnaires thérésiennes pour le dispensaire et la promotion féminine.

 

Le Sanctuaire Notre-Dame du Sacré-Cœur est un lieu de pèlerinage et de ressourcement avec Marie qui accueille chaque année le pèlerinage des enfants pour l’Épiphanie et le pèlerinage marial diocésain en mai. En janvier dernier, on y a accueilli la première édition du pèlerinage des catéchistes du Sénégal : ils étaient environ 4 500 à répondre à l’appel !

 

L’engagement que démontrent la mise en place de ces structures, en assurant des objectifs également humanitaires, et la proximité qu’ont les laïcs envers les différentes institutions de l’Église démontrent l’importance qu’accorde le clergé aux projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile.

 

À cet égard, les trois évêques rappellent à l’unisson que, lorsque vient le temps de justifier le fait que l’Église est engagée dans des projets qui touchent non seulement les catholiques, mais aussi la société civile, les trois évêques rappellent à l’unisson les paroles du Christ quand Il jugera les hommes sur leur amour pour les malheureux : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!» Matthieu 25, 35-36

 

Mgr Benjamin Ndiaye

Le prochain n’est-il pas le lieu de vérification de l’incarnation et de l’enracinement de la charité ? Tout souriant, Mgr Ndiaye raconte qu’il dit parfois aux chrétiens qui l’entourent que « la charité est le passeport pour entrer au ciel ». Or, comme la foi sans les œuvres est une foi morte, c’est souvent à travers les défis à relever que l’on peut mesurer l’intensité de cette foi. Mais quels sont ces défis ?

 

Des défis à relever

« Comme la progression démographique est plutôt importante et qu’elle se reflète dans la physionomie de notre communauté, le premier défi à relever, soutient Mgr Ndiaye, est celui de construire des lieux de cultes et même de créer de nouvelles paroisses. Or, par nous-mêmes, nous sommes malheureusement incapables d’y répondre. »

 

 

Le second est celui de la jeunesse qui manque de perspectives d’avenir : « Même si certains ont obtenu une formation, ils n’arrivent pas forcément à trouver du travail », explique encore l’archevêque de Dakar. « Le chrétien sénégalais est un homme de devoir, mais il ne se bat pas dans l’arène pour occuper sa place. Parfois, je me demande s’il ne prêche pas une fausse conception de l’humilité. Jésus nous demande de l’ambition. Ne nous a-t-il pas donné des talents à mettre en valeur ? Je m’interroge sur la stratégie à employer pour débloquer cette situation. Il y a certes une catéchèse à transmettre sur l’engagement pour mieux prendre en charge sa vie. »

 

 

L’archevêque a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en rappelant certains projets pour lesquels le diocèse a été soutenu : la formation de prêtres, un véhicule pour une paroisse et plus récemment des intentions de messe qui permettent de prendre en charge les prêtres qui sont dans la brousse.

 

Mgr Martin Boucar Tine

« Mais vous savez, malgré toutes nos expectatives et avec l’expérience que j’ai vécue dans le diocèse de Kaolack qu’on a bâti avec peu de moyens, il y a des gens qui m’ont aidé tout au long de mon épiscopat. Cela a l’avantage de démontrer qu’au bout du compte, c’est Dieu qui décide de le faire de toute façon, et à Sa façon. »

 

De son côté, l’évêque actuel, Mgr Tine, après avoir d’abord manifesté sa gratitude auprès des bienfaiteurs de l’AED pour les livrets sur le Rosaire obtenu en fin d’année, a ensuite conclu en ces termes : «Maintenant âgé de 55 ans, le diocèse a atteint une certaine maturité et avec l’aide des piliers qui m’entourent, nous poursuivrons notre mission de serviteurs à la suite du Christ.»

 

1.Un doyenné est une circonscription administrative qui regroupe plusieurs paroisses.

 

 

Inde – Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

15.01.2020 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Inde, International Catholic Charity Aid to the Church in Need

Inde

Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN International
Adapté par Mario Bard, ACN Canada
Publié sur le web le 15 janvier, 2020

 

Le district de Khandamal dans l’État de l’Odisha où ont eu lieu en 2008 les émeutes antichrétiennes menées par des hindous radicaux.

En août 2008, le district de Kandhamal, dans l’État d’Odisha, a été le théâtre de la pire persécution antichrétienne de l’histoire indienne contemporaine. Elle a été déclenchée par le meurtre d’un leader hindou local. Les radicaux hindous ont qualifié ce meurtre de «conspiration chrétienne internationale», accusant le Pape, l’Europe et les États-Unis. Ils ont appelé à la vengeance contre les chrétiens, entraînant la mort de 100 personnes et la destruction de 300 églises et 6000 maisons. Sept chrétiens, accusés à tort du meurtre du Swami*, ont passé neuf ans en prison. Début décembre, les cinq autres chrétiens ont finalement été libérés sous caution.

 

Pendant la vague de violence qui a balayé le district de Kandhamal, Sœur Meena Barwa a été violée et exhibée à moitié nue dans les rues. Après des années de traumatisme et de procédures judiciaires, qui sont toujours en cours, Sœur Barwa a décidé de s’inscrire dans une faculté de droit et de travailler pour les personnes marginalisées. Elle s’est récemment entretenue avec l’Aide à l’Église en Détresse.

 

 Courage et traumatisme

« Le traumatisme était presque insupportable, et j’ai déménagé plusieurs fois pour ma propre sécurité, parfois dans des endroits où je ne pouvais pas parler la langue locale. J’ai même dû porter des déguisements. Pendant des années, j’ai été séparée de ma famille. Et les nuits étaient particulièrement mauvaises. Je rêvais souvent de l’agression. Le fait de savoir que les chrétiens de Kandhamal souffraient ne faisait qu’ajouter à ma douleur.

De temps en temps, je retournais dans l’État d’Odisha pour des procédures judiciaires. Le premier procès m’a à nouveau traumatisée. Je n’ai pas pu dormir pendant les jours qui l’ont suivi. J’ai été humiliée, offensée et torturée mentalement. J’en ai développé une sérieuse aversion pour le système judiciaire indien.

Mais cela ne m’a pas abattue. J’ai décidé d’agir au nom de tous ceux qui ont souffert avec moi, d’obtenir justice pour eux. En 2009, je me suis inscrite anonymement dans une université hors d’Odisha. J’étais juste l’une des jeunes filles hébergées par le couvent. En 2015, j’ai commencé un cursus d’études juridiques de trois ans, tout en continuant à remplir mes obligations de religieuse.

« La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. »

 

«Tribals» catholiques du district de Kandamal, État de l’Odisha, là où les émeutes antichrétiennes ont eu lieu en 2008. Ces villageois ont été chassés de leurs terres, ont tout perdu et ont été relocalisés après qu’ils aient passé plusieurs mois dans la forêt ou bien dans des camps de réfugiés situés ailleurs dans le district.

Une force née de la souffrance et des grâces de Dieu

Beaucoup de choses ont changé au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, je mène une vie normale, et je suis devenue beaucoup plus forte. Les gens que j’ai rencontrés m’ont aidée à oublier ma douleur. Je les considère comme des bénédictions de Dieu. Ce sont des anges qui ont été envoyés pour me guider, afin que je ne me complaise pas dans mon malheur. Au lieu de cela, je me suis relevée de mon traumatisme, et j’ai trouvé un moyen d’apporter de l’espoir aux miens. Je suis devenue plus humble, plus patiente et plus humaine.

Je prie le Seigneur tous les jours. La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. Comment puis-je prier le Notre Père si je ne pardonne pas ? En pardonnant à mes agresseurs, je me suis libérée de mon traumatisme, de ma peur, de ma honte, de mon humiliation et de ma colère. Je sens que je vis une vie normale et je suis heureuse parce que je leur ai pardonné. Sinon, je serais devenue folle. Je n’ai pas de ressentiment envers mes agresseurs. Je souhaite seulement qu’ils deviennent de bonnes personnes.

 

« Il m’a donné la force de servir les autres »

Je suis reconnaissante pour ma vie et pour la force et la motivation qui m’ont toutes été données par Dieu. Il est ma force, même si mon procès traîne. Et Il m’a donné la force de servir les autres.

Le peuple de Kandhamal a beaucoup souffert, mais il a mis toute sa confiance dans le Seigneur. La souffrance en soi est une grâce. Je la vois comme un défi pour grandir. L’attitude de la communauté chrétienne à l’égard de ce qui s’est passé à Kandhamal en 2008 n’est pas négative. Ses membres ont de l’espoir et ont une foi plus profonde. La tragédie les a rendus plus forts. Une parole de Saint Paul me vient à l’esprit : “Qui peut nous séparer de l’Amour du Christ ?” C’est ce que vivent les gens de Kandhamal. »

* Mot en sanskrit qui signifie littéralement «celui qui sait».

 


 

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) offre un livre, Une initiative de Dieu, dans lequel Robert Lalonde et Marie-Claude Lalonde livrent le contenu d’entrevues réalisées en 2015 avec des religieuses de partout dans le monde, dont Sœur Meena. Disponible au bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse : 514-932-0552, poste 227, ou encore en écrivant à info@acn-canada.org. Don suggéré de 20 $. Tous les profits seront remis aux œuvres pastorales soutenues par l’AED dans plus de 140 pays.

 

 

Projet de la semaine AED – Pérou

14.11.2019 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Pérou

Pérou

Rénovation de locaux pour la pastorale et la formation des laïques

 

Dans le sud du Pérou, la prélature de Chuquibambilla est dans les montagnes, à une altitude de 3 000 à 5 000 mètres. La région est caractérisée par une grande pauvreté, et les agriculteurs sont confrontés à de la sécheresse et à des sols arides. De plus, les dix années de guerre civile et de terreur de la guérilla, le tristement célèbre Chemin lumineux, très actif dans les années 80, ont laissé de profondes blessures qui ne sont toujours pas guéri. De nombreuses familles sont brisées, la violence physique et psychologique est répandue, il y a beaucoup d’orphelins ainsi que de personnes âgées et de veuves isolées qui ont besoin d’aide. Néanmoins, de nombreux croyants ont conservé une foi forte, y compris dans les villages de montagne éloignés.

 

Sur les 100 000 habitants de la prélature de Chuquibambilla, environ 95 pourcents sont catholiques. On compte 14 prêtres et 21 religieuses qui sont au service des croyants et qui se rendent jusque dans les villages les plus difficiles d’accès pour soutenir la population. C’est d’ailleurs de l’Église qu’elle attend de l’aide dans ses besoins spirituels ainsi que matériels, les autorités civiles ne donnant pratiquement aucun service.

 

Former pour servir

La région a un besoin urgent de prêtres. L’apostolat des vocations a donc été renforcé et cette année, 33 jeunes ont participé au programme qui favorise des vocations. Cinq jeunes ont intégré l’année de propédeutique (année de préparation au séminaire) d’un autre diocèse, parce que la prélature ne disposait pas des structures adéquates. Il faudrait également faire davantage pour la formation continue des laïcs, en particulier des catéchistes, car ils jouent un rôle important dans les villages. Mais il faudrait aussi des propositions pour les familles, qui pourraient ainsi redevenir un terreau fertile pour les vocations religieuses.

Des locaux adéquats sont nécessaires pour proposer chaque mois des événements dans le cadre de la vocation pastorale et renforcer la formation continue des laïcs. Un bâtiment existe ; il abritait un petit séminaire il y a 45 ans, mais il a été fermé il y a trente ans et n’a jamais été remis en état.

 

Nous voudrions soutenir sa rénovation à hauteur de 35 250 dollars.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

#Mercredi Rouge 2019 – le 20 novembre, soyez solidaires !

12.11.2019 in Actualités, AED Canada, Communiqué, liberté religieuse, Mario Bard, Mercredi Rouge, Messe pour les chrétiens persécutés, Voyagez avec AED

 #Mercredi Rouge 2019
Le 20 novembre, partout au Canada
Soyez solidaire!

 

Montréal, 12 novembre 2019 – Pour une deuxième année consécutive, Aide à l’Église en Détresse Canada (AED) organise et coordonne des activités dans le cadre du Mercredi Rouge — # MercrediRouge —, journée de sensibilisation et d’action destinée à faire connaître le sort de plus de 300 millions de chrétiens dans le monde qui vivent dans des pays où sévit la persécution religieuse.
Le 20 novembre prochain, soyez solidaire
!

« J’invite les gens qui organisent une activité dans le cadre de cette journée à nous contacter afin que l’on puisse l’annoncer sur le site web de l’AED Canada », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. L’une des activités proposées est d’illuminer en rouge un édifice emblématique, qu’il soit religieux ou civil. « Cette année, on compte de nouveaux participants dont le Grand séminaire de Montréal et la pro-cathédrale of The Assumption de North Bay, où l’on priera spécialement, à la messe de 12 h 05, en solidarité avec les chrétiens persécutés ». En plus des liturgies qui y seront célébrées, la Basilique-Cathédrale Marie-Reine du monde de Montréal, le Grand séminaire de Montréal, ainsi que la cathédrale St. Michael de Toronto seront illuminés. Enfin, dans le diocèse de Calgary, les activités devraient être annoncées sous peu. Dans ce diocèse l’an dernier, plus de 50 activités avaient été inscrites au calendrier. Pour en savoir plus sur l’édition 2019 et trouver du matériel pour participer  : http://acn-canada.org/fr/mercredi-rouge/.

 

Persécutés et oubliés? 2017-19 : une crise qui s’aggrave

 

Au Canada, le mois de novembre correspond également à la sortie d’un rapport bisannuel de l’AED, concernant la liberté religieuse dans le monde. « Le rapport de cette année, qui documente exclusivement la situation des chrétiens, n’annonce rien de bon. Dans Persécutés et oubliés ? 2017-19, on craint pour la survie des communautés chrétiennes historiques de Syrie, mais plus particulièrement de celles d’Irak », explique Mme Lalonde. Depuis 2003, le nombre de chrétiens y a diminué de 90 %, passant de 1,5 million à moins de 150 000. Les plus pessimistes parlent plutôt de 120 000.

 

Croix désacralisée dans les restes d’une église incendiée (Égypte).

« Makgré les efforts de notre organisation afin de reconstruire les villes et villages chrétiens dans la plaine de Ninive, nous craignons que la présence chrétienne en Irak ne soit plus qu’une chose du passé dans quelques années seulement. Nous en parlons depuis des années, mais on dirait que la communauté internationale ne donne aucune réponse concrète à cette menace d’extinction », s’indigne Mme Lalonde.

 Elle souligne par ailleurs qu’entre 2017-19, c’est en Asie du Sud et de l’Est que la situation s’est la plus détériorée. « En Inde, des attaques contre des chrétiens ont eu lieu dans 24 des 29 états du sous-continent et l’on retrouve des lois anti-conversion dans neuf États. L’hindûtva — le nationalisme hindou — en est en partie responsable. Celui-ci prône le retour d’une Inde purement hindoue où ne seraient reconnues que les traditions religieuses qui en sont issues (bouddhisme, jaïn, sikh). Au contraire, le christianisme et l’Islam sont vus par les promoteurs de l’hindûtva comme des éléments étrangers qui ne peuvent participer à la construction du pays. »

Enfin, l’Afrique subsaharienne est plus que jamais sous attaque. « Chrétiens et musulmans modérés sont victimes de groupes qui se revendiquent de l’État islamique (Daech). Ainsi, au Nigeria, 19 personnes qui participaient à la messe — dont deux prêtres — ont été tuées par des hommes armés et la responsabilité de l’attaque a été revendiquée par des bergers peuls islamistes », explique Mme Lalonde.

Elle conclut : « Cela fera 20 ans en 2020 que je suis directrice nationale, et je n’ai vu aucune diminution de la persécution contre les chrétiens. C’est très difficile. Toutefois, des événements comme le Mercredi Rouge, et l’intérêt solidaire dont font preuve de plus en plus de communautés chrétiennes au Canada en organisant une activité me permettent d’espérer. Cela ne règle rien tout de suite, mais c’est peut-être déjà le début d’une meilleure connaissance qu’auront les gens d’ici sur ce phénomène mondial. »

Nigeria : déjà en 2015, le diocèse de Maidaguri était visé par Boko Haram. Sur cette photo, Mgr Oliver Dashe Doeme visite une église qui a été brûlée par les terroristes.  

 

Pour lire le rapport Persécutés et oubliés ? 2017-19, rendez-vous sur le site web de l’AED Canada à l’adresse https://files.acn-canada.org/2019/11/persecutes-et-oublies-2019.pdf.

 

 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Nouvelles de l’AED : Appel aux catholiques à prier pour les familles en Syrie

16.08.2019 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., PROJETS AED

Le pape François et l’AED


Appel aux catholiques à prier pour les familles en Syrie

Par Amanda Bridget Griffin et Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard pour le bureau Canadien de l’AED
Publié sur le web 16 août, 2019

Rome/Montréal, jeudi le 15 août 2019 – Ce jeudi 15 août, le pape François a accueilli une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et bénit 6 000 chapelets qui seront offerts à des familles victimes de la guerre en Syrie.

Depuis 2011, l’AED s’est engagée auprès des chrétiens syriens qui souffrent des effets de ce conflit interminable. En tout, ce sont environ 850 projets qui ont été soutenus, totalisant 52,2 millions de dollars. Toutefois, il est évident que l’argent ne suffit pas : le soutien spirituel est essentiel pour guérir les blessures et les cicatrices laissées par la guerre.

« Les chapelets, fabriqués à l’initiative de l’AED, seront un signe de ma proximité avec nos frères et sœurs en Syrie, en particulier avec ceux qui ont perdu un être cher. Nous continuons à prier le Rosaire pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier », a déclaré le pape François lors de la prière de l’Angélus de ce jeudi, fête de l’Assomption. Le président international de l’œuvre de charité pontificale, M. Thomas Heine-Geldern, était présent aux côtés du pape lors de cet engagement très personnel du Saint-Père à continuer de prier pour la paix, en solidarité avec le peuple syrien.

 

Consoler mon peuple – 15 septembre

Sachant qu’il existe une aspiration profonde pour les chrétiens – et par le fait même pour toute la société syrienne – à plus de solidarité, de consolation, de même qu’à la réconciliation et à la purification de la mémoire, tant au niveau des personnes qu’au niveau collectif, la bénédiction des chapelets ne sera pas la seule étape.

Le dimanche 15 septembre prochain, une célébration pour la paix en Syrie sera présidée à Rome par le Saint-Père. De même en Syrie, les leaders d’Églises syriennes auront le soutien de l’Aide à l’Église en Détresse pour l’organisation de célébrations, lesquelles seront inspirées par la dévotion à Notre-Dame des douleurs. Des prières pour les familles des victimes de la guerre (tuées, blessées ou enlevées) seront prononcées et méditées. À Rome, le pape François bénira une icône de « Notre-Dame des douleurs, consolatrice des Syriens », écrite par un prêtre grec-orthodoxe de la ville de Homs.

Ce même jour, plusieurs célébrations auront donc lieu dans toutes les paroisses syriennes où seront offert des « cadeaux pastoraux » aux familles en deuil, avec la célébration de vêpres et de processions spécialement préparées pour l’occasion et ayant pour thème : Consolez mon peuple (cf. : 40, 1).

Avec la célébration Consolez mon peuple, Aide à l’Église en Détresse espère fournir le soutien moral et la consolation, essentiels aux familles et aux communautés syriennes alors qu’elles sont toujours en deuil et qu’elles ne font que commencer à se remettre des pertes immenses causées par la guerre.

 

AED-Canada soutient les enfants de Homs  

Aide à l’Église en Détresse Canada a lancé   à la fin du mois de juillet une campagne dont les fruits sont destinés aux enfants de Homs. Le but est de pouvoir donner, aux enfants qui sont âgés de 0 à 10 ans, du lait quotidiennement, et ce, sur une période de six mois. L’objectif est de 378 000 dollars.

Information et don : Gouttedelait2019
Ou bien par téléphone : 1-800-585-6333

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

30.05.2019 in ACN International, Actualités, Inde, Mario Bard

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

Élections en Inde

La nouvelle victoire de Narendra Modi inspire la crainte aux minorités religieuses

 

Les élections législatives en Inde ont pris fin il y a quelques jours. Le parti nationaliste au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party) du premier ministre Narendra Modi, a de nouveau remporté la victoire de la plus grande élection démocratique au monde avec près de 900 millions d’électeurs. Selon cette source proche de l’Église, la victoire du BJP « suscite la frustration et la peur des minorités en Inde ».

 

« Les cinq dernières années avec Modi au pouvoir ont suscité de nombreuses inquiétudes et ont été très difficiles pour nous. Nous craignons que les cinq prochaines années ne soient pires », souligne cette source qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.

 

« Le fait que le parti nationaliste hindou BJP ait remporté une telle victoire nous inquiète. Tout d’abord, parce que le nationalisme hindou se développe et les minorités, tant chrétiennes que musulmanes, sont souvent abandonnées à l’injustice sociale et sont ouvertement discriminées pour des motifs religieux. Mais aussi parce que l’économie est en chute libre depuis quelques années et que les pauvres sont maintenant plus pauvres qu’auparavant. Les classes modestes sont négligées et les riches sont les seuls gagnants. »

 

Manipulation du vote

 

Comme il l’a déclaré à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), « le nationalisme hindou ne veut pas de changements dans la structure sociale et de nombreux Indiens vivent dans un état de semi-esclavage. Les gens des classes inférieures sont utilisés et exploités. » Parmi les rares institutions qui tentent de changer cela, il y a l’Église et « c’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons l’objet de discrimination et d’oppression ».

 

Cette source ajoute que beaucoup de gens sont sous le choc : « Nous ne pouvons pas croire ce qui est arrivé. Même dans les états et les circonscriptions où les sondages donnaient des prévisions moins favorables à Modi, son parti a finalement remporté beaucoup plus de sièges que prévu ». En plus d’informations de certains médias selon lesquels il y aurait eu des cas de manipulation du système électronique de vote, il existe également des accusations portant sur l’achat de voix. Ainsi notre source témoigne :
« J’ai vu comment des centaines de pauvres journaliers qui avaient été rassemblés quelques jours avant les élections ont reçu 3 000 roupies (près de 60 $) du Parti nationaliste populaire [BJP].»

 

Demandant de prier pour son pays, cette source conclut: « Il est très dangereux de parler contre le gouvernement. Presque personne n’ose aujourd’hui : c’est devenu un parti autoritaire. Mais je veux que vous sachiez comment nous allons. Le monde doit savoir que la situation est mauvaise et que nous avons peur. Nous avons déjà eu cinq ans de peur et nous nous demandons à quoi ressemblera l’avenir ».

 

Nous vous invitons à prier pour les peuples de l’Inde, à prier pour les minorités religieuses menacées de discrimination et de persécution dans certains États, et à prier pour nos sœurs et frères chrétiens. Amen.

 

 

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Amanda Bridget Griffin, ACN Canada
Publication sur le web : jeudi le 30 mai, 2019

Récit de l’AED : Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien au Cap-Vert

16.05.2019 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Cap-Vert, Texte par Robert Lalonde

Cap-Vert, Afrique

Continuer pour des femmes qui n’ont plus rien

Lors d’un voyage à l’archipel du Cap-Vert en février 2019, Robert Lalonde, collaborateur régulier de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), s’est entretenu avec Sœur Romualda Tavares, responsable provinciale de la Congrégation des Filles du Saint-Cœur de Marie pour le Cap-Vert, qui compte également en son territoire la Guinée Bissau. L’archipel du Cap-Vert est un petit pays situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique, constitué de dix îles, dont neuf sont habitées.

***

Le pays comprend deux diocèses, celui de Santiago – le plus vieux de l’Afrique moderne – et celui de Mindelo, qui dessert une population de 535 000 habitants, dont plus de 90% sont chrétiens. Parmi les nombreuses congrégations présentent auprès de la population, celle des Filles du Saint-Cœur de Marie (FSCM) possède le plus grand nombre de communautés : neuf sur l’ensemble de l’archipel. C’est aussi la plus ancienne congrégation autochtone de l’Afrique.

En plus de me permettre d’apprécier le décor époustouflant de l’île de Santiago, ma visite en compagnie de sœur Romualda m’a fourni l’occasion de rencontrer presque la totalité de la quarantaine de religieuses faisant partie des six communautés sur l’île qui les englobent: Calcheta (2), Praia – la capitale –, Santiago, Somada et Tarrafal. À ces religieuses, toutes Cap-Verdiennes, s’ajoutent les aspirantes, les postulantes et les novices qui assureront l’avenir de la congrégation.

Pendant notre parcours, sœur Romualda m’a partagé les soucis qu’elle entretient pour chacune d’elles, sans jamais perdre de vue la gratitude qui l’anime envers celles qui l’ont précédée : « Je suis arrivée comme aspirante dans la communauté de Calcheta en 1976, la première fondée par les FSCM au Cap-Vert, et j’ai été accueillie par sœur Régina, une pionnière qui nous a tout donné. »

Cette religieuse visionnaire sait que, pour produire des fruits, il est essentiel de nourrir ses racines, mais aussi l’espoir d’un monde meilleur en se donnant corps et âme. Soucieuse de préserver l’unité exemplaire régnant au sein de ses communautés, c’est avec autant d’enthousiasme qu’elle m’a parlé de l’une que de l’autre. Et s’il y a plusieurs projets pressants à réaliser, quand il s’est agi d’en privilégier un, c’est sur celui de Terrafal, une petite localité située au bord de la mer, que son choix s’est arrêté.

Les conséquences

Il y a quelques années, les FSCM ont planifié construire un édifice qui devait inclure un centre social et une résidence d’hébergement pour les religieuses. Ce centre, dont la vocation est d’accueillir des enfants en garderie, ainsi que des femmes pour, d’une part leur apprendre diverses activités manuelles, et d’autre part pour les sortir d’un milieu de violence conjugale, est aujourd’hui partiellement en fonctionnement.
Par contre, bien que la communauté ait un terrain, le projet de construction d’une résidence d’hébergement n’a pu être réalisé. Ainsi les religieuses doivent-elles habiter dans le centre qui constitue leur lieu de travail. Cette situation devient problématique pour plusieurs raisons, dont certaines fondamentales, puisque la vie en communauté n’est pas vécue selon les règles même de la constitution par laquelle elles sont régies.

« Si occupées que nous soyons par des travaux professionnels ou apostoliques, prônait notre fondateur, nous préservons à tout prix des temps forts de prière, gage de notre force, de notre vitalité et de notre efficacité apostolique ». Cette vie de prière est la source où elles puisent leur dynamisme apostolique.

Or, en restant en permanence sur les lieux du travail, non seulement les religieuses ne prennent-elles pas de recul quant à leur apostolat quotidien, mais de plus, elles n’ont pas de lieu privilégié pour vivre ensemble l’essence même de leur spiritualité. Qui plus est, les locaux qui leur servent de chambres se situent au deuxième étage. Cela représente un inconvénient majeur pour les sœurs vieillissantes dont la santé physique est en régression.

De plus, elles doivent actuellement s’accommoder d’une chapelle de dépannage, puisque celle-ci est aménagée dans une petite pièce qui devrait tenir lieu de local pour l’une ou l’autre des activités liées à la vocation du centre. Cette situation n’est assurément pas propice à un recueillement de qualité.

Enfin, que penser des conséquences subies par les personnes visées par le projet? Les chambres utilisées par les religieuses enlèvent de l’espace pour les activités prévues pour les femmes. Par exemple, ces espaces devraient plutôt servir à des salles de couture et autres travaux manuels, ou encore à des lieux de transition lorsqu’elles sont victimes de violence conjugale. Cela signifie que des femmes, privées d’un tel lieu, vivent actuellement une situation précaire tant physiquement que psychologiquement. Conséquemment, elles sont donc empêchées de s’engager dans un processus de mieux-être.

Malgré les difficultés, les religieuses continuent d’assurer un travail formidable. Elles sont le moteur de tant de changements chez des femmes qui, autrement, se sentiraient totalement dépourvues et sans protection. Le courage des religieuses de Tarrafal est ancré dans la mise en action des valeurs de l’Évangile. Grâce à Dieu!