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Syrie

 

Communiqué de l’AED : Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie

16.09.2019 in AED Canada, AED-Canada, Mario Bard, PAIX, Pape François, Syrie

Bénédiction papale d’une icône pour la Syrie
Marie-Claude Lalonde parmi les délégués de l’AED

Par Mario Bard, AED Canada

Lundi 16 septembre 2019 — Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED), a participé ce dimanche 15 septembre à la bénédiction d’une icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, par le pape François, à la Maison Sainte-Marthe au Vatican. Par la suite, l’icône sera transportée dans 34 diocèses de Syrie — on parle ici du pèlerinage de l’icône — offerte à la vénération des fidèles, et devrait terminer son périple à Damas en mai 2020.

 

« C’est une très grande joie pour moi d’avoir pris part à cet événement qui a eu lieu juste un peu avant l’Angélus de ce dimanche », indique fébrile Marie-Claude Lalonde au bout du fil. « Cette bénédiction est un pur bonheur, puisque nous étions au cœur même de la mission de l’AED : soutenir pastoralement les chrétiens qui en ont le plus besoin. » Elle ajoute : « Cette initiative rejoint tous les autres appels à la paix que le pape François a lancés pour que cesse ce conflit abominable et dont les civils syriens ont terriblement souffert. Par ce geste, il redit avec force tout son soutien à la population syrienne brisée par la guerre ».

Pèlerinage de l’icône : pour la guérison des cœurs

 L’Icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en août dernier par le père Spiridon Kabbash de Homs et sera présentée à la vénération des fidèles dans 34 diocèses de Syrie, fort probablement jusqu’à la fin du mois de mai 2020.

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde

« Un projet comme celui de la bénédiction d’une icône peut paraître anodin et sans importance pour des sociétés sécularisées comme les nôtres », explique Mme Lalonde.
« Mais, en Syrie, les traditions religieuses sont encore très présentes dans l’espace social et ces gestes — écrire une icône, la bénir et la proposer à la vénération des fidèles — sont considérés comme un véritable baume, immense et pratiquement essentiel pour tous les chrétiens, blessés par cette guerre, eux qui ont survécu à plus de huit ans de conflit fratricide. »

« Enfin, j’ai salué le pape au nom de tous les bienfaiteurs canadiens de l’Aide à l’Église en Détresse », termine Mme Lalonde.

Le message du pape aux familles qui accompagne l’icône est : « Vous n’êtes pas seul, nous sommes avec vous. » Par ailleurs, au même moment en Syrie, les 6 000 chapelets bénis par le pape il y a un mois ont été distribués dans les paroisses syriennes.

Vatican, 15 septembre 2019 : le pape bénie l’icône de la Vierge des Douleurs, Consolatrice des Syriens. Le père Spiridon Kabbash de Homs, qui a écrit l’icône, se tient à côté. (© ACN/AED)

 

Le tout fait partie d’une grande campagne de prière pour et avec le peuple syrien, Consolez mon peuple, promue par l’Aide à l’Église en Détresse et des Églises syriennes.

 

Une goutte de lait à Homs en Syrie

Par ailleurs, Aide à l’Église en Détresse Canada est toujours en campagne de financement et espère collecter plus de 378 000 dollars afin de donner quotidiennement du lait à plus de 6 000 enfants âgés de 0 à 10 ans dans la ville de Homs, et ce, pendant une période de six mois.

Il y a trois manières faciles et sécuritaires de donner pour ces enfants :

  •         Le site sécurisé : acn-canada.org/fr/gouttedelait
  •          Par téléphone : 1-800-585-6333, poste 222
  •          Par la poste :

Une goutte de lait pour Homs
Aide à l’Église en Détresse Canada

C.P. 670, Succursale H
Montréal (Québec) H3G 2M6

Communiqué AED – Projet : Une goutte de lait

19.07.2019 in ACN Canada, ACN International, Par Mario Bard, Syrie

AED Canada adopte le projet à Homs en Syrie

Objectif : 378 000 dollars d’ici le 30 septembre prochain pour les enfants de 0 à 10 ans de la ville de Homs.

 

Montréal, 18 juillet 2019 – « En Syrie, malgré l’arrêt presque complet des violences, tout reste à faire ! », s’exclame Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED). Avec son équipe, elle lance ces jours-ci une campagne pour un projet nommé Une goutte de lait, dont l’objectif est de fournir du lait pour six mois aux enfants de 0 à 10 ans d’un quartier de la ville de Homs en Syrie. Pour y arriver, l’AED Canada doit récolter 378 000 dollars.

 

 

Homs : une campagne pour redonner l’espérance

« Nous sommes très heureux de parrainer ce projet, créé tout d’abord à Alep en 2015 par le médecin québécois d’origine syrienne, Nabil Antaki », explique Mme Lalonde.
« Très rapidement, le docteur Antaki s’est aperçu que les besoins étaient grands et c’est pourquoi, en 2017, il s’est tourné vers l’AED afin que le projet, devenu indispensable, puisse continuer. »

 

«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire»

Tout comme l’ancien bastion économique de la Syrie qu’était Alep, la ville de Homs a aussi été dévastée par le conflit sanglant qui a débuté en mars 2011 et fait entre 300 000 et 550 000 morts, selon les organisations. Au plus fort des conflits, dix millions de personnes étaient déplacées et réfugiées, dans ou bien hors du pays.

 

 

De la musique et de la poésie pour une goutte de bonté

« La nécessité est la mère de l’invention », disait le célèbre philosophe Platon. Mais, dans le cas de Chantal Roussety, on peut dit dire que la nécessité a été la mère de sa générosité ! En effet, la musicienne – piano et orgue entre autres – tient depuis trois ans son petit appartement de l’est de Montréal, des concerts où la quinzaine de personnes présentes donnent spécifiquement pour le projet Une goutte de lait. « La vue continuelle de photos de guerre depuis tant d’années, et en particulier celles d’enfants, a fini par me donner la nausée parce que je me sentais impuissante à les aider », explique avec franchise Mme Roussety.

 

« La phrase d’Einstein – Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire – m’a atteinte droit au cœur. Puis, une connaissance m’a parlé du projet de la Goutte de lait de l’Aide à l’Église en Détresse. Alors, j’ai décidé de mettre ma propre goutte, si je puis dire, pour aider à soulager un océan de misère. »

 

Marie-Claude Lalonde est très heureuse de cette initiative. « Cette année, les concerts ont permis d’amasser plus de 3000 $, permettant ainsi d’atteindre un montant de plus de 7 000 $ en trois ans, une très belle réussite qui tient à la générosité incroyable de Chantal, devenue une amie et bienfaitrice pour les enfants et pour l’AED », explique-t-elle. « Ces concerts sont maintenant incontournables pour nous, et bien sûr, pour les enfants de Syrie. »

 

D’ailleurs, pour la quatrième édition, Mme Roussety espère agrandir le cercle de ceux et celles qui pourront financer le projet Une goutte de lait, tout en profitant d’une soirée artistique agréable et remplie d’émotions. « Nous cherchons déjà une salle, car chez moi, ça devient un peu à l’étroit », explique cette dernière. « Et puis, j’ai le goût de partager mon amour de la musique et des arts, tout en soutenant un projet qui aide concrètement et sûrement ces enfants de la guerre.»

 

En attendant, le grand public peut donner dès maintenant au projet
Une goutte de lait pour les enfants de Homs.

  • En donnant directement sur la page sécurisée :
  • En téléphonant au 1-800-585-6333, poste 222 ou bien 225
  • Par la poste :
    Aide à l’Église en Détresse Canada
    Une goutte de lait
    P. 670, Succursale H
    Montréal QC H3G 2M6

Au nom des enfants de Homs : Merci!


 

Pour toutes demandes d’entrevues à ce sujet, merci de me contacter :
Mario Bard, responsable de l’information, AED-Canada-ACN-Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 224.
Cell. : 514-967-8340     
com@acn-canada.org

 

 

 

 

AED : Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

25.03.2019 in Adaptation Mario Bard, Syrie, Voyager avec l'AED

Aid to the Church in Need has supported 308 urgent projects since 2011

Eighth Anniversary of Civil War outbreak in Syria

Friday, March 15 marked the eighth anniversary of the beginning of the war in Syria. Aid to the Church in Need (ACN International) has continued to support the ongoing emergency situation in the country, especially the plight of the 127,185 Christian families registered in Syria..

The war in Syria has unleashed the greatest humanitarian catastrophe since the Second World War, with some 12 million refugees and internally displaced as a result of the 8-year conflict.

Moreover, Christians in Syria now represent only 3% of the population, whereas before the war they were 10%. In addition to all the consequences of the hostilities and the economic embargo, they have also suffered religious persecution at the hands of the jihadist groups involved in the conflict. In fact, during these eight years of war, 1,707 Christians were murdered and 677 abducted; 1,309 Christian churches and other Church properties were destroyed and 7,802 Christian houses and homes damaged or destroyed.

44.2 Million Dollars in Aid

Since the March 2011 onset of the conflict, and up to the end in 2018, ACN allocated 44.2 million dollars to 738 projects to fulfil its mission of supporting the Church in need throughout the country. The projects were implemented by 9 different Christian Churches, thanks to the cooperation of 130 project partners on the ground.

Of the 738 projects funded, some 80% (35.2 million dollars) were given in the form of emergency aid, among them some 308 for the basic necessities of Christian families who have not left the country. To now, 10% of the aid has been for the reconstruction of people’s homes and Church properties. An additional 6% went to supporting priests in the country, in the form of Mass Offerings and pastoral aid.

Emergency Aid, Reconstruction and Pastoral Aid

In Canada, a project aimed to supporting the A Drop of Milk program for children has been active for two years. An initiative showcasing small classical music concerts given by local pianist and ACN supporter, Chantal Roussety, has brought $3,364 to the cause. “The amount may seem very modest if we compare it to the grand total,” says Marie-Claude Lalonde, National Director of ACN. “But, for two years now, this personal project developed by Mrs. Roussety, is a reflection of the great sense of solidarity that the Syrians, particularly the children, are in need of. We are so very grateful for it.” In all, donations from Canadians rose to at $17,179. Destined for children under the age of 10, A Drop of Milk represented 15% of the overall budget of all emergency aid given. Finally, over three million dollars were attributed to paying the rents of displaced Christian families, and over 1.4 million dollars have served for the reconstruction of family homes.

The 13 main emergency aid projects funded during these eight years of war include the following: direct emergency aid for the most basic necessities; food parcels, financial support for students, medical aid, support with rent, heating, electricity, gas and water; milk and nappies for babies and small children, essential medicines, Christmas gifts for the children, warm clothing, educational materials and vocational counselling.

An Appeal from Pope Francis

Throughout these eight years of war, Pope Francis has continually denounced the injustice of the war in Syria and has continued to draw attention to the suffering of the Christians. “Let us pray and let us help the Christians to remain in Syria and the Middle East as witnesses to mercy, pardon and reconciliation,” he has stated. “May, the prayers of the Church, help them to experience the closeness of the faithful God and touch every human conscience to seek a sincere compromise for the sake of peace. And may God our Lord pardon those who are waging war, those who manufacture arms to destroy one another, and may he convert their hearts. Let us pray for peace in our beloved Syria,” he concluded.

Aide à l’Église en Détresse soutient le travail pastoral des religieuses des Sacrés Cœurs dans la ville syrienne de Homs

19.11.2018 in Syrie

 Syrie

Soeur Samia Jerij de la communauté des Saints Coeurs. « La catéchèse aide à guérir les blessures spirtiuelles. »Syrie

« la catéchèse aide à guérir les blessures spirituelles de la guerre »

 

Aide à l’Église en Détresse soutient le travail pastoral des religieuses des Sacrés Cœurs dans la ville syrienne de Homs.

 

L’église d’Altip, dans le district de Bab Al-Sebaa, au sud de l’ancien quartier de Homs est un centre de formation et de rencontres. « Il y a plusieurs années, il s’agissait d’une école catholique, mais par la suite le gouvernement a interdit toute école qui ne soit pas publique. Depuis lors, nous y faisons la catéchèse, nous organisons des formations pour les jeunes et les adultes, des réunions conviviales ou des manifestations sportives », explique Sœur Samia Syiej, une religieuse qui coordonne la catéchèse pour un groupe d’enfants en vue de la confirmation.

 

Sœur Samia fait partie des Sœurs des Sacrés Cœurs, une congrégation fondée en Syrie et d’inspiration ignacienne. « Nous avons 12 maisons dans toute la Syrie. Je travaille à la pastorale avec des enfants handicapés. Notre Congrégation est très active et nous sommes à la tête de plusieurs initiatives pastorales et sociales », dit la religieuse.

 

La religieuse nous montre l’endroit exact où des bombes ont également frappé le centre d’Altip. « Les familles nous ont aidés à réparer deux parties du toit qui avaient été détruites par les bombardements. Mais plus que les destructions extérieures, nous devons surtout aider à réparer les destructions qui ont été faites dans tous les cœurs. Je suis religieuse et ma première responsabilité est de donner un témoignage spirituel et d’aider les gens. C’est ce qui me motive. Nous avons vécu la guerre de près. La catéchèse est importante pour guérir les blessures ».

Cadeaux de Noël, décembre 2017 à Alep. La joie des enfants sur leurs visages!

En collaboration avec sœur Samia, plusieurs jeunes étudiants se partagent les groupes de catéchèse et collaborent activement à l’action pastorale. Une délégation de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) leur rend visite alors qu’ils sont en train d’expliquer aux garçons et aux filles la vie de Jésus pendant sa passion et sa crucifixion, un point central de la foi chrétienne. Haya Elias est l’une des catéchistes : « Sœur Samia nous a appris à être plus proches de Dieu, et maintenant nous transmettons cela à ceux qui viennent après nous ». Elle a étudié la philologie anglaise à l’université et a toujours fait partie du groupe de jeunes qui collaborent avec les religieuses.

 

« Je suis bien conscient du fait que si je suis vivant, c’est grâce à Dieu et à la prière de personnes comme Sœur Samia », déclare un jeune homme qui est actuellement à la recherche d’un travail. Il était dans l’armée, recruté de force pour faire la guerre. Capturé lors d’une embuscade, il a été détenu par un groupe de rebelles syriens pendant des mois. Tout le monde pensait qu’il était mort, mais il a miraculeusement réussi à s’échapper. « Je remercie Dieu et les religieuses de ne pas avoir arrêté de prier pour moi. Aujourd’hui, je suis reconnaissant, et maintenant je les aide en tant que catéchiste ».

 

Distribution de cadeaux pour Noël, décembre 2017.

En Syrie, l’Église est vivante, en dépit de plus de 7 années de guerre. Les prêtres, religieuses et religieux présents dans le pays sont devenus un motif d’espérance. « Nous n’avons jamais cessé d’offrir notre aide, notre prière, notre accompagnement… Tout se fait en collaboration avec les prêtres, les religieuses et les laïcs. Nous travaillons tous ensemble pour organiser ces activités. Dieu merci, nous avons des jeunes très actifs », poursuit Sœur Samia.

 

En plus de coordonner la catéchèse, Sœur Samia travaille dans un centre de soins pour enfants ayant des déficiences intellectuelles : « Nous avons toujours réalisé des projets avec l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, même pendant la partie la plus sanglante de la guerre. Les adultes et les enfants ont besoin d’une parole d’espérance, et veulent approfondir leur foi. Les enfants viennent à l’église et se montrent exigeants. Pendant l’été, par exemple, nous avons eu plusieurs camps pour jeunes, ce qui a donné de l’espérance à beaucoup de gens. Cela nous encourage ».

 

Au cours de l’année 2018, grâce à l’aide de nombreux bienfaiteurs du monde entier, l’AED a pu soutenir plus de 35 cours et programmes de pastorale pour les jeunes et les enfants dans différentes régions de Syrie, pour plus de 255 000 dollars.

Récit de l’AED : Syrie – Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

12.10.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Josue Villalon, Syrie

Syrie

Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

 

Marmarita, Syrie : distribution des bons alimentaires, des prescriptions et collecte des loyers. (Photo d’archive).

Chaque mois, Aide à l’Église en Détresse soutient le Centre Saint-Pierre de Marmarita dans la Vallée des chrétiens en Syrie. Ainsi, celui-ci peut aider des milliers de personnes déplacées par la guerre.

 

Nasra est l’un des vingt villages éparpillés dans la région, connue sous le nom de Vallée des Chrétiens (Wadi Al-Nasara, en arabe). Nasra signifie littéralement « Nazaréen ». Dans le monde arabe et musulman, ce mot désigne les chrétiens. Depuis plusieurs années, près d’une centaine de familles ont fui la guerre et proviennent d’autres régions du pays vivent dans ce petit village. La famille Mussa fait partie de ces nouveaux « nazaréens » de la Vallée des Chrétiens.

Récit par Josué Villalon, adaptation française au Canada : Mario Bard

 

Marwan Mussa est le père de famille. « Nous avons dû fuir Homs où nous vivions, parce que les bombardements se rapprochaient de plus en plus de notre quartier. Le bruit des bombes et les tirs étaient très intenses. Nous ne savions pas si nous allions mourir un jour lors d’une de ces attaques comme ce fut le cas pour un voisin ». Ils ont alors décidé de venir dans la Vallée des Chrétiens, plus sécuritaire et qui ne se trouve qu’à une heure de route de leur maison. Ils ont trouvé un petit appartement où vivre de manière provisoire jusqu’à ce que les combats se terminent.

 

Cependant, la guerre s’est poursuivie et cela fait déjà plus de cinq ans que les Mussa vivent à Nasra. « Autrefois, j’étais maçon, maintenant je travaille dans un fournil, mais je ne gagne pas assez pour subvenir à tous nos besoins », dit Marwan. Sa famille est l’une des quelque 350 familles que soutient le Centre d’aide Saint Pierre de la paroisse melkite catholique Saint Pierre, dans le village voisin de Marmarita.

« L’Église nous a littéralement sauvé la vie. »

Il y a neuf mois, Marwan travaillait dans un jardin près de chez lui quand il s’est soudainement effondré au sol. Son fils Gabi a réussi à le relever et à l’emmener au centre de soins du village. De là, il a été transféré à l’hôpital de Tartus, ville située sur la côte, à plus d’une heure de route. « J’ai ressenti une douleur intense au thorax », raconte Marwan à un groupe de représentants de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) qui le visite. Le diagnostic : une crise cardiaque. Mais, le personnel de l’hôpital de Tartus n’a pas été en mesure de le soigner, si bien qu’il a été envoyé à l’hôpital de Homs, à deux heures de route en sens inverse.

Nahila, Gabi et Marwan Mussa

« Les médecins m’ont dit que c’était un miracle d’avoir survécu à l’opération, car j’avais 90% de l’artère obstruée. On m’a posé deux stents (extenseur vasculaire) et maintenant je vais bien, même si je ne peux pas faire beaucoup d’efforts ». Marwan continue son traitement et se rend régulièrement pour des examens médicaux à l’hôpital de Mzeina dans la Vallée des Chrétiens.

 

« Ma femme, Nahila, est également traitée là-bas, parce qu’elle a un cancer ». Tous les médicaments et les soins médicaux sont financés par l’AED, à travers le Centre d’aide Saint Pierre à Marmarita. « Nous sommes très reconnaissants pour cette aide. Nous savons que beaucoup de gens de différents pays envoient leur argent ici. Nous remercions également l’équipe de bénévoles de Saint Pierre, pour leur présence et pour nous avoir aidés dans nos besoins les plus urgents ».

 

Nahila Murad, la mère de la famille, a un regard cristallin. Elle acquiesce à toutes les paroles que Marwan prononce. « J’ai un cancer de l’intestin. Nous recevons également de l’aide pour payer mon traitement. Quand les médecins ont détecté la tumeur, ils n’avaient pas beaucoup d’espoir pour moi. Je suis une femme qui a une vie spirituelle forte, alors j’ai dit que j’acceptais l’opération et maintenant je vais mieux ». Nahila et son mari nous disent qu’ils ne savent pas comment nous remercier pour les 130 dollars qu’ils reçoivent chaque mois pour les médicaments et les consultations.

 

Marmarita, Syrie, hiver 2016 : distribution des bons alimentaires, collecte des loyers, et l’on vient chercher ses prescriptions de médicaments. La pharmacie est pratiquement devenue un magasin général !

La foi de ces authentiques « Nazaréens » est visible. Nahila nous explique que les pires moments ont été quand son autre fils Dani a disparu. « Nous sommes restés deux ans sans nouvelle. Nous pensions qu’il avait été tué sur le front. Mais il y a un mois, il est venu nous rendre visite et ça a été un nouveau miracle divin dans notre maison ». Dani leur a raconté qu’il portait toujours une petite Bible sur lui et la lisait tous les jours. « Il ne s’est pas séparé de la Parole de Dieu, et maintenant, nous savons que le Seigneur ne l’a pas abandonné non plus ».

 

 

Par l’intermédiaire du centre d’aide Saint Pierre de Marmarita, Aide à l’Église en Détresse soutient chaque mois des centaines de familles déplacées dans toute la région de la Vallée des Chrétiens. L’aide mensuelle de 50 000 dollars est destinée au paiement d’opérations chirurgicales, de médicaments et d’autres traitements médicaux, tels que des analyses, des fauteuils roulants ou des lunettes.
* Le soutien d’urgence apporté par l’AED entre Juillet et décembre est de 433,068 $

Nouvelles de AED – Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

23.07.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Maria Lozano, Moyen-Orient, Pastorale familiale, PROJETS AED, Refugiés, Syrie, Syrie

Aide à l’Église en Détresse

Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

Hôpital San Luis Hospital, Aleppo. 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a accordé un nouveau soutien à plus de quarante projets pour la pastorale ainsi que de l’aide d’urgence en faveur de chrétiens syriens de différents rites. L’AED tente ainsi d’améliorer la situation difficile dont souffrent les habitants du pays, causée par les récentes sanctions économiques, notamment l’embargo commercial sur le pétrole. Dans une rencontre effectuée le 27 juin à l’occasion d’une conférence devant le Parlement européen à Bruxelles, Mgr Joseph Tobji, évêque maronite d’Alep, a mis en garde contre ce genre de restrictions : « Elles tuent le peuple syrien autant que les armes ».

« Cette aide doit servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne »

 

L’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobji, dans sa cathédrale bombardée, située en plein coeur de la vieille ville.

« Pourquoi des enfants et des malades doivent-ils mourir par manque de médicaments ? Pourquoi des chômeurs, licenciés à cause de l’embargo, doivent-ils mourir de faim ? », a demandé l’évêque aux députés européens.

En réaction à cet appel d’urgence et à d’autres appels similaires lancés par les Églises catholique et orthodoxe locales en Syrie, l’AED a accordé une enveloppe de plus de trois millions de dollars pour assurer la subsistance et les soins médicaux de familles dans la détresse, déplacées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Alep et à Homs.

 

Selon Mgr Tobji, la migration constitue un autre grave problème en Syrie. Elle représente « une blessure dangereuse qui continue de saigner ». L’immense vague des migrants forcés comporte évidemment aussi des chrétiens syriens. Si ces derniers formaient déjà une minorité auparavant, ils « vont disparaître maintenant totalement [de Syrie] si la situation engendrée par la guerre ne se termine pas bientôt ». Il ne reste plus qu’un tiers des chrétiens qui y vivaient avant la guerre. Au vu d’un tel taux d’émigration, l’évêque maronite se demande qui pourrait bien reconstruire le pays maintenant. En effet, la Syrie est un pays « sans productivité, sans main-d’œuvre, une société sans vie ». En qualité de « passerelle culturelle » entre l’Occident et l’Orient, les chrétiens jouent un rôle décisif à titre d’élément pacifique et pacifiant au sein de la société syrienne. Selon les prévisions de l’évêque, « si les chrétiens venaient à disparaître, beaucoup de problèmes pourraient surgir, pas seulement pour le pays même, mais aussi pour l’Europe : la Syrie n’en est éloignée que de quelques kilomètres ».

 

 

Que les enfants redécouvrent leur capacité à jouer !

Au cours des prochains mois, l’AED s’est donné comme autre grand objectif de soutenir les enfants et les jeunes gens, qui représentent, en principe, l’avenir du pays. Toutefois, le souci des parents concernant l’avenir de leurs enfants est justement la cause de l’émigration de nombreuses familles chrétiennes. Par conséquent, un quart des projets accordés par l’AED vont l’être au bénéfice de la jeunesse. D’une part, l’AED a débuté plusieurs projets de bourses scolaires, car beaucoup de familles ont perdu leurs maisons et leurs emplois et ne disposent donc plus d’aucun moyen pour assurer l’éducation de leurs enfants. La détresse économique oblige de nombreuses familles à chercher leur avenir en dehors du pays.

Un des projets soutenus par l’AED : Laissez moi vivre mon enfance! Des enfants nés sous les bombes reçoivent un peu de répit, grâce à vos dons et au travail de l’Église.

 

Au fil des prochains mois, ce programme bénéficiera à 1215 élèves et 437 étudiants à Homs, ainsi qu’à 105 étudiants à Damas. En outre, l’AED a donné son accord pour fournir des aides à la scolarisation d’enfants de 300 familles en détresse à Damas ainsi que d’enfants malades et d’orphelins.

 

D’autres projets sont prévus pour l’assistance aux enfants et aux d’adolescents d’Alep, traumatisés au bout de sept années de guerre et de conflits. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté la ville au cours des sept dernières années et ne connaissent rien d’autre que la guerre. Ils ont besoin d’aide pour guérir et pour se développer sur le plan spirituel et psychique. Le Père Antoine Tahan, prêtre de l’église arménienne catholique de la Sainte-Croix, a pu convaincre un groupe de jeunes bénévoles de l’épauler dans son initiative « Let me Live My Childhood » (Laissez-moi vivre mon enfance). Le prêtre affirme : « Nous remercions l’AED de ce projet qui doit aider les enfants à se défaire de leurs ‘vêtements d’adulte’, afin de renouer avec les dons irremplaçables de l’enfance. Nous voudrions qu’ils redécouvrent la capacité de jouer, qu’ils redeviennent simplement des enfants ». Par ailleurs, l’AED soutient plusieurs cours d’été pour adolescents, organisés par les Églises catholiques maronite et syriaque orthodoxes d’Alep. Cette ville a certainement le plus souffert de la guerre.

 

Fidèle à son caractère pastoral, Aide à l’Église en Détresse fournira presque un demi-million d’euros pour la remise en état de plusieurs églises et de monastères, notamment les cathédrales maronite et syriaque catholiques d’Alep, ainsi que pour le soutien de la formation de séminaristes et pour la subsistance de prêtres. À ce sujet, l’évêque Mgr Tobji affirme : « L’Église est la première porte à laquelle les gens frappent », pour ajouter : « Cependant, sans le soutien des bienfaiteurs et des organisations et œuvres de bienfaisance de l’Église, comme l’AED », l’Église locale serait incapable d’assurer cet appui. « Ces aides doivent servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne ».

L’évêque maronite d’Alep adresse un appel désespéré à l’Occident : « Faites quelque chose de bien, aidez-nous à trouver la paix. »

Une mission d’aide soutenue par Aide à l’Église en Détresse. Merci de continuer à  nous soutenir, pour l’avenir de cette petite fille! 

 

 

Rencontre de l’AED : les 300 chrétiens du Krak des Chevaliers

19.04.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Josue Villalon, Chrétiens Catholique, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Les 300 chrétiens du Krak des Chevaliers

Le Père George Maamary, curé de l’église de l’Assomption située à côté de la célèbre forteresse, demande la reconstruction de l’église afin que les familles puissent revenir rapidement.

Le père Georges Maamary, prêtre de la paroisse Al Hosn, petite ville située tout près du Krak. L’église a été détruite par les djihadistes qui ont pris la ville et le fort, libérés en 2014.

Rencontre réalisée par Josué Villalón de l’AED-Espagne

Qalat’al Hosn est petite ville de la région de la vallée des chrétiens, en Syrie, connu pour l’impressionnante forteresse qui le surplombe, le Krak des Chevaliers. Le site fait partie du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO et constitue l’un des joyaux historiques de Syrie, un lieu qui attirait des gens du monde entier avant la guerre.

« Un groupe de salafistes et d’extrémistes musulmans, dont beaucoup sont originaires du Liban, a traversé la frontière qui n’est qu’à 30 kilomètres. Ils ont pris le contrôle de la forteresse et du village », raconte George Maamary, curé de la paroisse locale. « À leur arrivée, ils se sont dirigés vers l’église, où je vivais, sont entrés en faisant usage de la force et m’ont enlevé. Ils m’ont tabassé, et j’ai dû ensuite être opéré du dos. Dieu merci, ma séquestration a duré peu de temps, j’ai été échangé contre un djihadiste qui était détenu par le gouvernement ».

La ville comptait 25 000 habitants, de différentes religions, principalement, des musulmans sunnites et chiites. Il y avait aussi 300 chrétiens qui vivaient à proximité de l’unique église, Notre-Dame de l’Assomption, appartenant à l’Église catholique grecque.

Dès que la nouvelle de l’enlèvement du Père Maamary est parvenue aux oreilles des voisins chrétiens, ils ont tous quitté leurs foyers de peur que la même chose ne leur arrive. « C’était un avertissement. Par la suite, aucune famille chrétienne n’est revenue vivre ici ». C’était il y a plus de six ans.

Les groupes rebelles ont voulu faire de la forteresse une seconde Palmyre. Un lieu historique, de renommée mondiale, ayant par ailleurs une très grande importance stratégique et sentimentale pour les Syriens. La forteresse a été endommagée par les groupes rebelles et par les combats, ainsi qu’une bonne partie de la ville. En 2014, le Krak des Chevaliers a été repris par l’armée syrienne. C’est le seul endroit, au sein de la vallée des chrétiens, où il y ait eu des affrontements. Maintenant, cette région est devenue une zone où vivent de nombreuses personnes déplacées, car c’est un endroit plus calme à l’intérieur du pays.

L’église et les maisons des chrétiens sont des endroits qui ont subi des pillages. « La vie de la communauté tournait autour de l’église. Nous avions un terrain de basketball et des locaux pour la catéchèse et d’autres réunions. Vous voyez ce qu’ils sont devenus » dit le Père Maamary à une délégation de l’œuvre pontificale Aide l’Église en Détresse. L’église est reliée à des locaux où il y avait autrefois un hôtel appelé « Jean-Paul II » qui accueillait les touristes venant visiter la forteresse. Il y avait également d’autres locaux, comptant jusqu’à 17 magasins : un restaurant, un café et plusieurs magasins de souvenirs et de cadeaux.

Syrie, Mars 2018 : les pères George et Bassam Maamary (à gauche et à droite) sont cousins. Au centre, un chrétien revenu qui répare sa maison, Samir Bashur. 

Une blessure profonde

Après les combats, le conflit a continué. La vengeance des troupes gouvernementales alliées au gouvernement d’Al-Assad, de religion chiite, contre les sunnites, a été épouvantable. Le prêtre s’est alors hâté de revenir et de marquer les maisons des chrétiens avec des croix noires, afin que les militaires ne les incendient pas.

« Avant les affrontements, la convivialité entre chrétiens et musulmans était bonne » dit le Père George. La guerre a laissé une grande blessure qui prendra des années à cicatriser. « Maintenant, la sécurité est revenue dans la région, mais nous n’avons ni l’eau ni l’électricité ». C’est pourquoi les chrétiens n’ont pas encore été en mesure de revenir, bien que le village ait été libéré il y a 4 ans. « L’impuissance de ces familles est très grande ; elles sont déplacées dans des villages de la vallée des chrétiens, comme Marmarita et Kafra, à seulement 10 kilomètres d’ici. Pourtant, elles ne peuvent pas encore revenir ».

Près de l’église de l’Assomption, il y a plusieurs maisons qui ont déjà commencé à être reconstruites. L’une d’elles appartient à la famille de Bassam Maamary, cousin du Père George et prêtre lui aussi : « J’ai commencé à reconstruire la maison avec mon propre argent, pour montrer aux voisins qu’il est possible de revenir, qu’il y a de l’espoir ».

Un jeune du nom de Wagdi Yazzi les aide pour le câblage. Il est aussi d’Al Hosn. « Il ne manque plus grand-chose pour que nous revenions. Auparavant, nous avons besoin que le gouvernement remette l’eau et l’électricité ». Il continue : « La vie ici était très agréable et calme. Nous avions des contacts avec des gens de nombreuses régions du monde et nous étions très ouverts ».

Un autre voisin apparaît au détour d’une ruelle. C’est Samir Bashur. Il raconte qu’il travaille aussi à sa maison et vient de temps en temps pour réparer progressivement les dégâts. Il croit que pour que les gens reviennent définitivement, il faudra reconstruire l’église. « C’est un endroit très important pour nous, où nous célébrions ensemble les cérémonies les plus importantes, où nous nous rencontrions et priions avec notre curé ».

 

Le père Georges tient dans ses mains une icône détruite par les djihadistes. 

Le Père George assure qu’il n’a pas perdu le contact avec les familles. « Nous faisons l’impossible pour les aider au jour le jour et pour qu’elles puissent retourner chez elles ». Il remercie pour l’aide reçue à travers « l’Aide à l’Église en Détresse », qui a permis de s’occuper des personnes déplacées pendant ces années, et il espère aussi pouvoir bientôt commencer la reconstruction de l’église.

 

« Nous prions pour la paix dans notre pays. Nous prions aussi pour toutes les personnes qui, depuis leur pays, nous aident. Vous êtes tous invités à venir ici, nous avons besoin que les gens et les touristes reviennent ». Enfin, le Père Maamary remercie le Pape François qui a envoyé chaque année une aide directe aux familles et aux prêtres. « C’est un homme humble, il fait de grandes choses pour la Syrie, y compris par sa prière et ses messages de paix ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Projet de la semaine AED – Liban – Nourrir plus que le corps

11.04.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide d'urgence, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Liban, Moyen-Orient, Syrie, Voyagez avec AED

Projet de la Semaine AED – Liban

nourrir plus que le corps

Pour beaucoup de gens, un repas chaud par jour est quelque chose qui va de soi. Par contre, dans la ville de Zahlé au Liban, la détresse est particulièrement importante. Située à proximité de la frontière syrienne, elle accueille de nombreux réfugiés qui ont dû abandonner tous leurs biens en Syrie. De plus, même au sein même de la population née ici, il y a beaucoup de nécessiteux, en particulier des personnes âgées et des enfants dont personne ne s’occupe.

C’est pourquoi, en 2015, l’Église melkite gréco-catholique a créé le programme alimentaire humanitaire Table de Saint Jean le Miséricordieux. Ce grand Saint du 7e siècle de notre Ère est célèbre pour son amour extraordinaire des personnes pauvres. Partout où il voyait de la détresse, il essayait de la soulager de toutes ses forces. On raconte qu’après être devenu Patriarche d’Alexandrie, il a nourri 7 900 pauvres tous les jours. Il mourut vers l’an 619 et est vénéré comme un saint par les chrétiens catholiques et orthodoxes.

Grâce au projet de l’Église melkite gréco-catholique, 1 000 personnes reçoivent désormais un repas complet par jour. C’est 400 de plus que l’an dernier. De plus, des réfugiés syriens ont été engagés dans la cuisine de l’établissement ; ils ont un travail ! Enfin, grâce au travail d’une diététicienne d’un hôpital catholique de la ville, on s’assure que la nourriture soit équilibrée et saine.

Des réfugiés syriens prient avant le repas. la dimension spirituelle aide les participants à ressentir « l’amour de Jésus le Sauveur.»

Par contre, à la Table de Saint Jean, il n’y a pas que la nourriture qui compte. Il s’agit aussi que les invités ressentent l’Amour de Dieu et l’affection d’autres personnes. Beaucoup se sentent seuls. Pour eux, la « Table » est devenue un point de rencontre où ils peuvent non seulement manger, mais aussi parler à d’autres personnes, recevoir quelques sourires et être regardés avec sollicitude. Avant chaque repas, une prière est dite et un chant religieux est entonné. Pour les promoteurs du projet, c’est aussi et surtout d’une aide pour l’âme qu’il s’agit. La dimension spirituelle de l’aide doit être perceptible de tous.

« Grâce à cela, nous ressentons tous l’amour de Jésus le Sauveur. C’est un signe de son Amour pour nous, les Hommes, qui guérit toutes les blessures », déclare une assistante.
Les personnes âgées et les malades qui ne peuvent plus quitter leur maison reçoivent leur repas à domicile grâce à des bénévoles.

Aide à l’Église en Détresse a soutenu ce projet dès le début. Cette année encore, son soutien s’élève à 1 178 000 pour une nouvelle année.

 

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ?
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Merci !

 

Projet de la Table de Saint Jean le Miséricordieux, à Zahlé au Liban. Des réfugiés syriens bénéficient chaque jour, non seulement d’un repas chaud, mais également d’un soutien spirituel.                                                          


 

Syrie – Quand le ciel se noircit de bombes – Communiqué

22.02.2018 in AED Royaume-Uni, Aide à l'Église en détresse., Communiqué, Informations, Moyen-Orient, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Quand le ciel se noircit de bombes

Montréal-Königstein, 22 février 2018 – Aide à l’Église en Détresse (AED) a contacté une religieuse de Damas, à la suite de l’attaque qui a eu lieu mardi, l’une des plus meurtrières à toucher la capitale syrienne dans ce conflit qui dure maintenant depuis sept ans. « Hier, c’était comme l’enfer! », a raconté Sœur Annie Demerjian, partenaire de projet de premier plan de l’AED.

« J’ai vu des gens prendre leurs enfants et courir. Une roquette est tombée sur le toit de la maison du patriarche située tout près. Je ne sais pas pourquoi, mais elle n’a pas explosé. Si cela était arrivé, nous aurions pu être tués », a raconté la religieuse, membre de la Congrégation de Jésus et de Marie.

Un obus ayant servi à une attaque dans le quartier chrétien de Damas en Syrie. 

Elle a aussi raconté que les fenêtres de l’hôtellerie pour étudiants où elle travaille ont tremblé à cause des bombes ; les étudiants ont trouvé refuge dans la sécurité relative des corridors.

Depuis trois jours, Damas est secouée par une série d’attaques qui auraient tué jusqu’à maintenant plus de 250 personnes. « Mardi, c’était comme l’enfer. Il pleuvait des bombes. Il y avait tellement d’obus et tant de personnes ont été blessées. » Sœur Annie a indiqué que plusieurs écoles ont fermé leurs portes même si ce n’est pas une période de vacances officielles.

« Nous devons continuer. La vie est plus forte que la mort », a-t-elle dit à l’AED. « Nous ne savons pas combien de temps cette violence va continuer, mais ça ne peut pas durer toujours. Le Seigneur a été bon avec nous. Jusqu’à maintenant, aucune de nos religieuses n’a été blessée, mais tant d’autres ont souffert. S’il vous plaît, priez pour nous. La seule voie possible pour nous est la prière. » ¸

Les chrétiens laissés à eux-mêmes

Dans un rapport publié récemment, Caritas déplore le fait que les médias
« négligent malheureusement une partie de l’histoire syrienne », soulignant que « la plupart des reportages journalistiques se concentrent sur les frappes aériennes faites par la Syrie et la Russie sur l’Est du quartier de Ghouta », et qu’inversement, peu d’informations sont rapportées concernant la situation à Damas, ville qui est pourtant sous attaque d’obus de mortier depuis le début de 2018.

 

Soeur Annie Demerjian : «  Nous devons continuer. La vie est plus forte que la mort »

« Certains quartiers de Damas ont été attaqués aux obus de mortier depuis le 22 janvier, spécialement les quartiers de Bab Touma, Abbassyin, Kassaa, Koussour et Jaramana. », indique encore Caritas. La majeure partie des chrétiens de Damas vit dans sa banlieue est, et l’on y trouve également la majorité des couvents, monastères et organismes de charité catholiques de la ville. « Depuis le 5 février, et jusqu’à maintenant, plus de 200 obus de mortier ont frappé le quartier est de Damas, causant la mort d’au moins 28 personnes et blessant 90 personnes », indique Caritas.

 

Le père Andrzej Halemba, responsable de projets pour la Syrie à l’AED, en appelle à la prière « pour les chrétiens syriens, qui vivent présentement des moments extrêmement difficiles ». Il en appelle également à la « fin des hostilités et de tout bombardement sur l’est de Ghouta et la ville de Damas, où des centaines de civils, dont chrétiens, vivent dans la terreur jour et nuit à cause des attaques incessantes. »

Aide à l’Église en Détresse s’engage à continuer à soutenir les chrétiens de Syrie qui traversent la guerre civile. En 2017, l’AED a soutenu la réalisation de plus de 140 projets dans ce pays, la plupart étant des projets d’urgence – nourriture, soins médicaux, aide au logement – mais aussi de l’aide pastorale par du soutien aux religieuses, l’attribution d’intentions de messe aux prêtres et la réparation d’églises et de couvents.

Avec votre aide, nous pouvons soutenir les chrétiens de Syrie qui vivent toujours l’horreur de la violence, jour après jour. Soyez assurés que votre don fera la différence pour les chrétiens dans le besoin. Merci!

Don par le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse
(indiquez-
Pour la Syrie dans le formulaire à la case commentaires) :
https://secure.acn-canada.org/fr/donner/dons/

 

Une carte montre les quartiers touchés par les bombes

L’Église universelle doit continuer son soutien

02.02.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Nigéria, par Tobias Lehner, Persécution, Syrie

En Syrie et au Nigeria

L’Église universelle doit continuer son soutien

Lors d’une conférence donnée en fin de semaine dernière à Cologne en Allemagne, deux évêques invités ont insisté sur la situation dramatique actuellement vécue par les chrétiens de leur pays, le Nigeria et la Syrie. Invités par la branche allemande de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), les conférenciers – Mgr Matthew Man-Oso Ndagoso, archevêque de Kaduna, dans le nord du Nigeria, et Mgr Joseph Tobji, archevêque maronite d’Alep (Syrie) – ont souligné que la violence, les menaces persistantes ainsi que le grand nombre de réfugiés en fuite de leur pays pourraient mener à la fin du christianisme dans leurs régions respectives.

 

En Syrie, même si Daech (l’État islamique) a presque disparu, il existe de nombreux groupes similaires qui sont toujours en activité, indique Mgr Tobji. Et bien qu’en Syrie et à Alep, la vie revienne lentement et que les gens reprennent courage, il estime que les conséquences de la guerre se font toujours sentir.

 

Soeurs Marie-Claire Zacar et Pascale. Religieuses Notre-Dame du Perpétuel Secours, elles s’occupent d’une garderie qui a été rénovée grâce à l’aide de l’Aide à l’Église en Détresse. 

« Tout le peuple syrien est perdant », déclare l’archevêque. « Partout règnent la pauvreté, le chômage. Les maisons et la coexistence sociale et morale ont subi d’incroyables dégâts, il y a du découragement et l’on a plus confiance en l’avenir ». Ici, le soutien de l’Église est particulièrement important. Il a particulièrement remercié le dévouement et la générosité de l’Aide à l’Église en Détresse. « Beaucoup de gens en Syrie l’admettent ouvertement : sans l’Église, nous serions morts », déclare Mgr Tobji.

 

Émigration : conséquence dramatique

Par ailleurs, il est critique quant au rôle joué par la communauté internationale : « Il est parfaitement clair pour tout le monde que les raisons d’une guerre aussi catastrophique que nous traversons maintenant depuis sept ans n’ont rien à voir avec la demande de démocratie ou de liberté. Il s’agit plutôt du sale petit jeu de l’économie mondiale ». Les principaux facteurs sont le commerce des armes, la question des ressources telles que le pétrole et le gaz, la situation économique et géographique favorable du pays et les antagonismes de la politique mondiale. Pour les puissances du monde, la Syrie est comme une tarte dont tout le monde veut avoir la plus grosse part.

Ce sont surtout les jeunes et les personnes instruites qui ont fui la Syrie à cause de la guerre et du manque de perspectives d’avenir, et les conséquences sont dramatiques. Le nombre de chrétiens en Syrie a été divisé par trois et même avec le retour des réfugiés intérieurs chez eux, ceux qui étaient partis à l’étranger y sont restés.

 

Nigeria : l’instruction religieuse chrétienne a été partiellement interdite

Dans le nord du Nigeria aussi, des milliers de personnes ont fui la guerre, les menaces et l’oppression. « Les chrétiens sont non seulement exposés aux attaques du groupe terroriste islamiste Boko Haram, mais ils subissent également une discrimination systématique, et sont désavantagés par l’État », explique Mgr Matthew Mano-Oso Ndagoso, archevêque de Kaduna, un centre important de l’Islam au Nigeria.

Nigeria, mars 2017. Chemin de croix dans la paroisse de Murumba.

 

Le pays le plus peuplé d’Afrique est le seul dans le monde où la population de chrétiens et de musulmans soit à peu près la même ; les chrétiens sont majoritaires dans le sud et les musulmans, dans le nord. Dans certains États du nord, la législation islamique de la charia a même été introduite. Dans d’autres provinces, l’instruction religieuse chrétienne n’est plus autorisée, ce qui n’est pas le cas de l’instruction religieuse islamique. Les professeurs de cette religion sont employés par l’État et sont rémunérés par des fonds publics. Les mosquées sont également construites avec de l’argent public, tandis que l’on refuse aux chrétiens les terrains sur lesquels ils pourraient construire des églises.

 

Mgr Ndagoso réclame, notamment pour la minorité chrétienne du nord, « un traitement juste, fondé sur l’équité et d’honnêtes relations de réciprocité, indépendamment de la croyance religieuse, de l’appartenance tribale, de l’affiliation politique et du statut social. Les chrétiens du Nigeria veulent que leurs droits fondamentaux et leur liberté soient respectés et préservés dans tout le pays ».

 

L’AED travaille à faire connaître

 

L’archevêque a salué le soutien et la solidarité manifestés par l’Aide à l’Église en Détresse (AED), « qui a toujours été là pour notre peuple en cas de détresse ». En raison de l’incertitude de la situation, certains évêques n’osent même pas aller dans le nord du Nigeria. L’AED est un « porte-parole » qui fait connaître au public, à l’échelle internationale, les peurs, les craintes, les soucis et les difficultés de la minorité chrétienne persécutée.

 

Il est donc d’une urgente nécessité de se solidariser avec les chrétiens persécutés du monde entier, a réaffirmé Berthold Pelster, expert en droits de l’Homme pour l’AED-Allemagne, dans les explications qu’il a données lors de l’événement. « Nous observons une avancée des idéologies religieuses intolérantes depuis environ trente à quarante ans, en particulier dans certaines parties du monde islamique. Depuis 2011, les bouleversements dans le monde arabe ont débouché sur de terribles excès. Des idées radicales islamiques se répandent maintenant de plus en plus sur le continent africain ».

 

Il est donc crucial d’alerter l’opinion publique mondiale à propos des violations du droit fondamental à la liberté religieuse. Les chrétiens persécutés et affligés puisent leur force essentiellement dans leur foi, sachant qu’ils ne sont pas abandonnés à leur sort par l’Église universelle.

 

L’AED témoigne de la persécution des chrétiens dans le monde entier et observe le développement de la liberté religieuse dans 196 pays. L’œuvre pontificale est l’unique organisation non gouvernementale qui publie régulièrement ses conclusions, tous les deux ans, soit sur la persécution spécifique aux chrétiens (Persécutés et oubliés), soit sur la situation de la liberté religieuse dans le monde (Religious-Freedom-Report.org). Le prochain rapport mondial sur la liberté religieuse sera présenté à l’automne de cette année.