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Moyen-Orient

 

Entretien de l’AED – Rapport de l’administrateur apostolique sur la situation actuelle en Terre Sainte

11.09.2019 in Daniele Pîccini, Entrevue AED, Informations, Israël, Réalisation Tobias Lehner, Terre Sainte

Entretien de l’AED – Terre Sainte

«Le fondamentalisme religieux relègue les chrétiens aux marges de la société»

Par Daniele Piccini & Tobias Lehner, ACN International

Mgr Pierbattista Pizzaballa a déjà passé plus de trois décennies de sa vie en Terre Sainte. En 2016, ce Franciscain a été nommé archevêque et administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem. Lors d’une visite au siège de l’AED, en Allemagne, il s’est entretenu avec notre collègue Daniele Piccini. Mgr Pizzabella a expliqué pourquoi les décisions politiques internationales actuelles exacerbent le conflit en Terre Sainte et pourquoi l’Église compte sur le pouvoir des petits pas.


 

Mgr Pierbattista Pizzaballa, archevêque et administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem en visite au bureau Allemand de l’AED pour un entretien télévisé le 4 juin 2019.

AED : Votre Excellence, quelle est la situation actuelle des chrétiens en Terre Sainte?

Mgr Pierbattista Pizzaballa : On dit souvent que dans le territoire considéré comme la Terre Sainte au sens strict, il existe trois groupes : les Israéliens, les Palestiniens et les chrétiens. Mais les chrétiens ne sont pas un « troisième peuple ». Les chrétiens appartiennent au peuple au sein duquel ils vivent. En tant que chrétiens, nous n’avons aucune revendication territoriale. Pour un juif ou un musulman, la rencontre avec un chrétien ne constitue jamais un danger. Et pourtant, la vie n’est pas facile pour les chrétiens : il est plus difficile [aujourd’hui] pour les chrétiens de trouver du travail ou un logement. Les conditions de vie sont beaucoup plus difficiles.

 

La liberté religieuse est-elle sévèrement restreinte pour les chrétiens en Terre Sainte?
Il faut différencier les approches. La liberté de culte est une chose, la liberté de conscience en est une autre. La liberté de culte existe : les chrétiens peuvent célébrer leurs offices religieux et organiser leur vie communautaire. Bénéficier de la liberté de conscience signifie que chaque fidèle peut s’exprimer librement, et que les membres des autres religions peuvent décider en toute liberté de se convertir au christianisme, s’ils le souhaitent. C’est ici que les choses se compliquent.

En Terre Sainte, la politique joue toujours un grand rôle. Par exemple, dès que l’on décide de se rendre à certains endroits pour une visite, celle-ci peut facilement se transformer en question politique. Je vous donne un exemple : des chrétiens de Bethléem veulent se rendre au Saint-Sépulcre à Jérusalem pour y prier. Souvent, ce n’est pas possible parce qu’ils ont besoin d’un permis. S’agit-il donc ici d’une question de liberté religieuse, ou s’agit-il simplement de politique et ils ne peuvent pas se rendre au Saint-Sépulcre parce qu’ils sont Palestiniens ? Tous ces facteurs sont intimement mêlés.

La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens.

Récemment, le gouvernement des États-Unis a transféré son ambassade à Jérusalem. Quels sont les effets perceptibles de cette décision politique?
Au quotidien, peu de choses ont changé a priori. Pourtant, le transfert de l’ambassade américaine représente une impasse politique. Toutes les questions concernant Jérusalem et qui n’intègrent pas les deux parties — les Israéliens et les Palestiniens — causent une profonde fracture à l’échelle politique. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Après le transfert de l’ambassade des États-Unis, les Palestiniens ont rompu toutes leurs relations avec le gouvernement américain, ce qui a mis un terme aux négociations entre Israël et les Territoires palestiniens, qui, de toute façon, avançaient à pas de tortue.

L’ancienne ville de Jérusalem.

Les derniers affrontements ont conduit à la radicalisation d’un nombre croissant de jeunes, en particulier parmi les Palestiniens. Cela a-t-il aussi des répercussions pour les chrétiens?
Il y a des Palestiniens qui appartiennent à des mouvements fondamentalistes. Mais il y a également de nombreux Palestiniens qui rejettent la violence. La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens. Ils vivent donc dans les mêmes conditions que les musulmans palestiniens. Le fondamentalisme religieux relègue très clairement les chrétiens a de la société. Nous faisons donc autant l’expérience de la coopération et de la solidarité que de l’exclusion et de la discrimination.

 

Un autre problème consiste dans l’émigration croissante des chrétiens…
L’émigration n’est pas un phénomène de masse, sinon, il y a longtemps que les chrétiens auraient disparu de Terre Sainte. L’émigration est faible, mais constante. Chaque année, lors de mes visites dans les paroisses, les prêtres me disent : « Cette année, nous avons perdu deux, trois familles ».

Terre Sainte, Mai 2011 – Le mur qui sépare physiquement la Palestine et Israël

 

Devant cette impasse politique, l’Église peut-elle faire quelque?
Les chrétiens constituent environ un pour cent de la population. Nous ne pouvons donc pas exiger d’obtenir le même poids politique que d’autres groupes. Néanmoins, l’Église entretient de solides relations dans le monde entier. Viennent s’y ajouter les millions de pèlerins chrétiens venus du monde entier. Notre mission consiste à transmettre aux gens le message suivant : Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce pays. Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce conflit. L’époque actuelle ne se prête pas aux grands gestes. L’Église doit tenter d’établir de petites connexions, de construire de petits ponts.

9 Jan. 2016 : l’Abbaye de la Dormition à Jérusalem, ciblée par des vandales.

 

Sa Sainteté le pape François a visité le pays en 2014. Est-ce que cette visite a influencé la situation politique, mais aussi la relation entre les chrétiens catholiques et orthodoxes?
Les visites pontificales constituent des éléments importants dans la mosaïque qui pavent la voie vers la paix, même si elles ne peuvent évidemment pas apporter le grand tournant. Au point de vue œcuménique, c’est différent : la visite du pape François s’inscrit dans la continuité de la célèbre rencontre entre Leurs Saintetés le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras, qui a eu lieu en 1964 à Jérusalem. Dans ce contexte, la visite du pape François, et en particulier sa prière œcuménique dans l’église du Saint-Sépulcre, représentait un tournant décisif et perceptible dans les relations entre les chrétiens catholiques et orthodoxes.

 

 

 

Soutien financier pour la mise en place du cours :              « Guérir la haine spirituelle : l’accompagnement dans des situations de conflit.»

Depuis de longues années, l’AED est proche des chrétiens de Terre Sainte. À Jérusalem par exemple, l’œuvre finance un séminaire interreligieux intitulé «Construire le pardon, surmonter la haine», auquel participent des centaines de chrétiens, de juifs et de musulmans. Pouvez-vous nous parler brièvement de cette initiative?
D’abord et avant tout, je tiens à remercier l’AED, parce que l’œuvre de bienfaisance fait beaucoup de choses en Terre Sainte. Vous soutenez de nombreux projets dont ce séminaire organisé par le centre Rossing. Daniel Rossing était juif et convaincu que Jérusalem en particulier devait être un lieu où toutes les religions se sentent chez elles. De nombreux jeunes qui ont participé à ces cours emportent leurs expériences dans leur vie professionnelle. Ainsi, la religion qui est pourtant souvent un facteur de séparation en Terre Sainte, devient ici un point commun.

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019

 

L’Irak aspire à des temps meilleurs pour son Église et sa population

12.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Entrevue AED, Irak, Moyen-Orient

Mgr Petros Mouche est l’archevêque syro-catholique de Mossoul, deuxième plus grande ville d’Irak. Elle avait été capturée par le groupe État islamique à l’été 2014. Aujourd’hui, le groupe État islamique (ÉI) ayant quitté Mossoul et les plaines de Ninive, les communautés chrétiennes reviennent lentement à la vie. Des milliers de fidèles Irakiens, qui ont passé plus de trois ans en exil au Kurdistan, se sont réinstallés dans leurs anciens foyers, villages et villes. Lors d’un entretien accordé à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse, Mgr Mouche, qui supervise également l’Église syro-catholique à Kirkouk et au Kurdistan, fait le point sur la situation :

Texte et entretien par Ragheb Elias Karash, pour ACN International

Date de publication au Canada: Vendredi le 14 avril, 2019

Des changements positifs se sont produits dans notre région, personne ne peut le nier. Les choses n’ont peut-être pas encore atteint le niveau souhaité, mais il y a des signes très clairs et concrets de progrès. Cependant, ce n’est pas grâce à l’État : c’est grâce aux organisations confessionnelles et humanitaires qui se sont précipitées pour nous soutenir.

Nous manquons toutefois toujours de fonds pour achever la reconstruction de toutes les maisons qui ont été très gravement endommagées ou complètement détruites ; nous attendons et espérons que des gouvernements, tels que ceux du Royaume-Uni et de Hongrie, interviennent et nous aident sur ce front.

Les problèmes ne se termineront pas tant que la cupidité prévaudra

Quant à la création d’emplois, il y a très peu d’initiatives ; nous avons fait de nombreuses demandes à plusieurs entreprises américaines, britanniques, françaises et même saoudiennes pour lancer des projets majeurs dans la région, afin que notre peuple puisse survivre, et surtout, que nos jeunes puissent trouver du travail, mais nous attendons toujours. Le gouvernement irakien a fait de nombreuses promesses, mais peu de projets ont été mis en œuvre. Notre confiance dans l’État est faible. Nous sommes convaincus que, si de bonnes occasions se présentaient, beaucoup d’entre nous retourneraient à Qaraqosh — s’ils pouvaient y vivre dans la paix et la stabilité.

Les problèmes ne se termineront pas tant que la cupidité prévaudra; tant que seuls les forts prévaudront et que les droits des pauvres soient écrasés aussi longtemps que l’État restera faible et que la loi ne sera pas appliquée. Mais notre espérance est en Dieu et nous prions pour que le groupe État islamique ne revienne jamais. Pour leur sécurité et leur bien-être général, les chrétiens dépendent de l’État de droit et de l’intégrité du gouvernement, c’est cela qui peut garantir notre sécurité et celle de l’Église.

L’Église dans son ensemble, ses évêques, ses prêtres et ses laïcs, ne ménagent pas ses efforts pour revendiquer les droits de sa communauté et pour que soit sécurisée une région où nous puissions vivre dans la dignité et la paix. Les responsables de l’Église font de leur mieux pour répandre la confiance et l’espérance dans notre communauté, mais sans forcer quiconque à revenir, rester ou se déplacer. Il appartient à chaque famille de prendre pour elle-même cette décision, la décision qui garantira sa dignité, son avenir, et en particulier l’avenir de ses enfants.

Voici mon message aux chrétiens qui ont quitté Qaraqosh, où qu’ils soient, toujours en Irak ou déjà dans des pays étrangers :

» Qaraqosh est la mère qui vous a nourris de l’amour pour Dieu, l’amour pour l’Église et de l’amour pour la terre. Qaraqosh restera votre mère, malgré la tristesse que votre absence lui cause. Cette ville est votre cœur, elle reste attachée à vous et ses yeux observent chacun de vos pas. Elle est heureuse quand vous êtes heureux, elle s’inquiète de votre destin quand vous n’êtes pas heureux. Ses portes vous restent ouvertes. Qaraqosh est prête à tout moment à vous accueillir à nouveau — Qaraqosh vous demande de rester fidèles au lait pur dont elle vous a nourris ! »

Mgr-Petros-Mouche

Depuis 2014, Aide à l’Église en Détresse a été à l’avant-garde du soutien des chrétiens irakiens avec des projets s’élevant au total à plus de 40 millions de dollars, dont l’aide humanitaire aux fidèles ayant fui vers le Kurdistan pour échapper au groupe État islamique, la réparation et la reconstruction de maisons de chrétiens dans les plaines de Ninive, et, actuellement, la reconstruction et la réparation des infrastructures ecclésiales dans le nord de l’Irak.

Rencontre AED – Syrie : Miriam, la voix d’Alep

08.04.2019 in Moyen-Orient, Syrie

Syrie – Rencontre AED
Miriam, la voix d’Alep

Montréal, lundi 8 avril 2019 – À Alep, le nombre de chrétiens a été divisé par cinq pendant la guerre. La crise économique et l’absence de perspectives professionnelles angoissent en particulier les jeunes qui font face à un taux de chômage estimé à 78 % ! Pierre Macqueron du bureau français de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a rencontré Miriam, une voix qui transforme.

Dimanche 17 mars, en fin d’après-midi. Sur scène, une chorale, composée d’une soixantaine d’enfants et de jeunes, entourés de cinq musiciens., le Mouvement de Jeunesse Orthodoxe célèbre le 63e anniversaire de sa création. Dans la salle, comble, le public semble apprécier. Un concert, simple, qui s’est fait rare, ces dernières années, dans cette ville d’Alep, qui était pourtant la capitale économique du pays avant la guerre.

Une jeunesse angoissée

Parmi ces jeunes choristes, Miriam Toubal, 23 ans, étudiante en biotechnologie, anime la chorale des enfants. Une heure par semaine, durant une année, elle leur a fait répéter ces chants. Des répétitions plus sereines que pendant la guerre, même si celle-ci n’avait pas empêché les choristes de chercher à se réunir.

Très vite, Miriam confie être angoissée quant à son avenir. Trouver un bon emploi, pour pouvoir continuer à vivre correctement, constitue un défi de taille dans une ville brisée par six années de guerre puis par l’embargo économique. En Syrie, le taux de chômage des jeunes est estimé à 78%. Et nombreux sont ceux qui s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs proches.

Une activité paralysée

Depuis la fin des combats, la situation ne s’est pas améliorée dans cette ville autrefois prospère – bien au contraire. Nombreux sont les Alépins à témoigner de la difficulté de la vie quotidienne : la reprise économique, tant espérée, se fait attendre ; travailler ne suffit pas à subvenir aux besoins du quotidien, tant les prix ont augmenté. Le souk, dont les 13 kilomètres de boutiques faisaient la fierté de la ville et classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, est en ruines et n’a pas encore été restauré. Devant ce qui était autrefois sa boutique, Elias Farah, qui y retourne pour la première fois, ne cache pas son émotion et constate, inquiet, que l’ensemble menace de s’effondrer.

L’ancienne capitale économique du pays souffre énormément de l’embargo économique. « Ce sont les pauvres et les gens simples, surtout, qui subissent la situation », affirme Mgr Antoine Chahda, archevêque syro-catholique d’Alep. La guerre se poursuit et l’absence de perspective nourrit la tristesse des familles et la désespérance de nombreux chrétiens. Dans la banlieue d’Alep, la zone industrielle offre un visage désolant : les usines, endommagées, ont été pillées et on n’observe pas la moindre activité.

Une aide structurée

Pour faire face aux besoins de la vie quotidienne, que ce soit à Alep ou à Homs, la communauté chrétienne s’est organisée et compte sur la générosité de l’Église universelle. Autrefois prospère, elle est devenue mendiante, constate Mgr George Abu Zakham, évêque grec orthodoxe de Homs, qui fait observer que les aides en provenance de l’étranger diminuent.

Le soutien apporté par l’AED, sous forme d’aide médicale et alimentaire, au logement et à l’éducation, demeure indispensable à de nombreuses familles. Pour répartir équitablement ces aides entre les différentes communautés chrétiennes, des comités de laïcs ont été mis en place. Ils ont pour mission d’identifier les besoins les plus urgents et d’assurer un suivi minutieux de l’aide apportée. Une formule efficace et qui permet aux Églises de travailler ensemble. Une aide, indispensable, qui permet de faire briller « une nouvelle étincelle dans l’air brumeux de l’horreur d’une ville en cendres » (1). Et dont Miriam s’est fait, l’espace d’un instant, la voix.

(1) Le cri d’Alep, Les Frangines

En Syrie, de mars 2011 à fin 2018, l’AED a affecté 44,2 millions de dollars à travers 738 projets et 80% d’entre eux ont été consacrés à fournir une aide d’urgence, pour un montant de 35,2 millions de dollars.

Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

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Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Projet de la semaine AED – L’église rénovée du couvent des carmélites à Haïfa

14.02.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Israël, Mario Bard, Moyen-Orient, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Israël – Histoire de succès AED!

L’église du couvent des Carmélites d’Haïfa rénovée! 

 

Les religieuses carmélites d’Haïfa pendant la messe dans leur église rénovée.

Les Carmélites de Haïfa se réjouissent. Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 45 000 dollars, l’église de leur monastère est enfin rénovée. Leur église, consacrée à la Vierge du Mont Carmel, a été construite en 1937. Faute d’argent, aucune réparation n’avait été faites depuis. Or, les infiltrations d’eau de pluie et l’humidité ont endommagé le bâtiment. Pour les religieuses, la paroisse locale et les pèlerins leur rendant visite, cela représentait un danger de plus en plus grand pour la santé.

 

Les dix-sept religieuses qui vivent dans le monastère sont originaires de onze pays différents. Leur porte est ouverte à tout moment aux personnes qui veulent venir chez elles. Les fidèles des environs confient leurs intentions de prière tandis que les pèlerins qui viennent en Terre Sainte de partout dans le monde leur posent de nombreuses questions sur la foi. L’endroit où vivent les religieuses se trouve sur le versant nord du Mont Carmel, qui est, dans un sens, le berceau de l’ordre des Carmes. C’est autour de 1150 que les premiers Carmes se sont installés en ermites précisément ici, sur le Mont Carmel, où selon les Saintes Écritures le prophète Élie avait montré, à travers une intervention divine, que son Dieu était le vrai Dieu et que l’idolâtrie des prêtres de Baal était mauvaise (cf. 1 Rois 18, 16-46).

 

L’ordre des Carmes s’est rapidement répandu dans d’autres pays où il a également connu des mutations. C’est ainsi qu’il été réformé par Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix en Espagne au XVIe siècle, de manière à correspondre encore davantage à son esprit originel.

 

Pour gagner leur vie, les religieuses de Haïfa cuisent des hosties et fabriquent des souvenirs pour les pèlerins. Mais sans notre aide, elles n’auraient pu réparer l’église de leur monastère. Grâce à l’aide à vous, l’église est rénovée et elle a été de nouveau consacrée le 15 octobre, en la fête de Sainte Thérèse d’Avila.

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Au nom de ses religieuses, Sœur Maira de l’Enfant Jésus, la prieure, remercie tous ceux qui ont apporté leur aide : « Nous espérons qu’il s’agit là du début d’un renouveau de la vie de prière, tant pour notre église locale que pour les pèlerins qui traversent la Terre Sainte et restent prier le Seigneur dans notre chapelle de Notre-Dame du Mont Carmel. C’est avec joie que nous vous exprimons notre gratitude et renouvelons nos prières et nos sacrifices pour l’Église et le monde entier ».

 

La fête à la Table de Dieu : en action de grâce pour les pèlerins, les paroissiens d’Haïfa et les bienfaiteurs de l’AED!

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Si vous désirez donner pour un projet similaire, merci de cliquer sur le bouton ci-dessous
Merci de soutenir les partenaires de l’Aide à l’Église en Détresse partout dans le monde!

 

 

 

 

 

 


 

 

Émirats arabes unis – visite historique

04.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, By Oliver Maksan, Émirats arabes unis, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, liberté religieuse, Mario Bard, Moyen-Orient, Voyagez avec AED

Abu Dhabi – AED Informations

« Une visite historique »

Le pape François est à Abu Dhabi jusqu’à demain, 5 février. Bien que cet émirat soit plus tolérant que les autres États musulmans de la région envers les chrétiens, la pleine liberté religieuse n’existe pas aux Émirats arabes unis.

Mgr Paul Hinder : « L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres ! »

Dans une entrevue accordée à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) peu avant la visite de Sa Sainteté le pape François à Abu Dhabi, l’Église locale souligne le soutien dont elle bénéficie de la part des musulmans. L’évêque Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, a évoqué une visite « historique » et déclaré : « C’est la première fois qu’une célébration eucharistique se déroulera dans un domaine public mis à disposition à cet effet par le gouvernement ». Mgr Hinder, Capucin suisse, espère qu’environ 130 000 fidèles vont se réunir pour la messe célébrée le 5 février par le pape François dans la capitale des Émirats arabes unis, au dernier jour de sa visite, débutée le dimanche 3 février.

Dans l’histoire de l’Église, il s’agit de la toute première visite d’un pape dans la péninsule arabique. Mgr Hinder poursuit : « J’ai reçu plusieurs demandes venant de musulmans, qui voulaient savoir comment ils pourraient nous aider lors des préparatifs. Nombreux sont ceux qui ont manifesté leur intérêt d’assister à la messe. Le gouvernement fait aussi tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de nos fidèles puissent voir le pape.»

Les Émirats arabes unis sont considérés comme étant relativement ouverts et tolérants envers les non-musulmans. Le rapport sur la liberté religieuse de l’AED évoque l’initiative du prince héritier d’Abu Dhabi de rebaptiser la mosquée Sheik Zayed en mosquée Marie mère de Jésus. Le prince héritier souhaitait que cette décision renforce les liens humains entre les croyants de différentes religions. « Cela fait quinze ans que je vis à Abu Dhabi et je n’ai encore jamais perçu d’hostilité », déclare Mgr Hinder et il ajoute : « Bien entendu, nous savons que dans tous les pays islamiques, les non-musulmans – et pas seulement les chrétiens – doivent se soumettre aux règles sociales de l’islam. D’un autre côté, je vois aussi au sein de la population locale un grand respect pour les chrétiens. C’est ce que nous ressentons particulièrement maintenant, à l’approche de la visite du Pape.»

Alors qu’en Arabie Saoudite, comme l’explique l’évêque, les offices religieux sont uniquement tolérés dans un cadre privé et avec des groupes relativement petits, il existe aux Émirats arabes unis des églises où des milliers de fidèles se rendent régulièrement pour assister à la messe. En fait, presque un million de catholiques de différents rites vivent aux Émirats arabes unis ! Ils sont presque tous des travailleurs immigrés qui séjournent dans le pays pour une période limitée. Nombre d’entre eux sont originaires d’Inde, des Philippines ou du Sri Lanka. Ils sont accueillis dans neuf paroisses. Mgr Hinder espère qu’il y aura d’autres constructions d’églises. « Il serait souhaitable d’avoir plus d’églises, car le nombre de paroisses dont nous disposons est encore insuffisant par rapport au nombre de fidèles qui vivent ici. »

Voyage du pape : répondre à l’Esprit même de l’Évangile

Le rapport sur la liberté religieuse publié en 2018 par l’AED souligne que l’islam est la religion d’État aux Émirats. La charia, la loi islamique, est l’une des sources principales de la législation. Le rapport dit littéralement que « seuls les musulmans sont autorisés à faire du prosélytisme; les adeptes d’autres religions qui sont pris en flagrant délit de vouloir convertir des musulmans peuvent être punis. Les non-ressortissants sont également menacés de retrait de leur permis de séjour et d’expulsion ». Selon ce rapport, les églises chrétiennes n’ont pas le d

 

roit d’avoir des clochers ni d’être décorées avec des croix. La conversion de musulmans au christianisme est interdite. À ce sujet, Mgr Hinder explique : « Je ne connais aucun pays musulman où la liberté religieuse est totale. Même là où la conversion d’un musulman à une autre religion n’est pas sanctionnée par le droit pénal local, l’environnement social – et surtout la famille – réagit par l’ostracisme et même la violence physique. Comme je l’ai dit, la liberté de culte est plus ou moins grande selon les pays.»

Le vicaire apostolique espère surtout que la visite papale aura un effet sur l’ambiance générale : « J’espère que la visite du Pape changera positivement l’ambiance générale. Néanmoins, nous ne devons pas attendre trop de miracles d’une telle visite. L’essentiel, c’est que nous-mêmes, les chrétiens, soyons des témoins crédibles du message de Jésus-Christ. Cela signifie également de supporter dans l’humilité que nous ne jouions pas un rôle de premier plan au sein de cette société. Parfois, il suffit de bien jouer son simple rôle secondaire pour enthousiasmer les autres !»

Le Père Andrzej Halemba, responsable de cette région au sein de l’AED, est d’accord avec Mgr Hinder : « La visite du Saint-Père constitue un grand encouragement pour les chrétiens qui travaillent dans le Golfe d’Arabie. Ils éprouvent ici la solidarité de l’Église universelle ». Le Père Halemba considère comme particulièrement importante la rencontre interreligieuse du pape avec les représentants de l’islam qui se déroule aujourd’hui. « En tendant la main aux musulmans, le Pape répond à la mission de l’Évangile, car il s’agit d’un dialogue de Dieu avec les hommes, qui se poursuit comme un dialogue de personne à personne. »


 

Projet de la semaine de l’AED: Liban – 5 000 bibles pour les jeunes de l’archidiocèse de Zahlé

14.11.2018 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Jeunes, Liban, Moyen-Orient

Projet de la semaine de l’AED: Liban
5 000 bibles pour les jeunes de l’archidiocèse de Zahlé

Dans le diocèse de Zahlé, une jeune – 2012, à ce moment-là séminariste – prie devant l’icône du Christ. On peut penser que c’est un des fruits d’une pastorale jeunesse qui est pratiquée de manière intensive.

De plus en plus de chrétiens quittent le Moyen-Orient. Cet exode affecte non seulement la Syrie et l’Irak, mais aussi le Liban. Dans ce pays qui encore récemment était le seul pays moyen-oriental à majorité chrétienne, ces derniers forment désormais – une fois de plus – une minorité qui s’amenuise. Pendant la guerre civile qui de 1975-1990, 700 000 chrétiens avaient déjà quitté le pays. Aujourd’hui, l’exode continue; les chrétiens ne représentent plus que 34 pour cent de la population totale de 4,1 millions d’habitants. Les jeunes de moins de 25 ans représentent un peu moins du quart des chrétiens.

La vague d’émigration des chrétiens du Moyen-Orient est sans cesse comparée à un « tsunami ». Le Patriarche Gregorios III, écrivait en août 2015 dans une lettre ouverte à la jeunesse : « La vague d’émigration générale parmi les jeunes, en particulier en Syrie, mais aussi au Liban et en Irak, me brise le cœur, me blesse profondément, et m’a donné le coup de grâce. Quel est l’avenir de l’Église face à un tel tsunami d’émigration ? Qu’adviendra-t-il de notre patrie ? Qu’adviendra-t-il de nos paroisses et de nos institutions ecclésiastiques ? »

Pour contrer ce phénomène, l’Église se mobilise. Dans les 40 paroisses de l’Église gréco-catholique melkite de l’archidiocèse de Zahlé, la pastorale des jeunes est intensive. Nous considérons que, plus les jeunes sont enracinés dans la foi et la vie ecclésiale, moins ils sont susceptibles de quitter leur patrie. Il y a donc des réunions hebdomadaires et des événements mensuels afin de faire grandir les jeunes dans la foi. Chacun des nouveaux participants reçoit un exemplaire des Saintes Écritures des mains d’un prêtre.

C’est pourquoi nous avons promis 37 500 dollars pour 5 000 Bibles supplémentaires.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nouvelles de AED – Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

23.07.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Maria Lozano, Moyen-Orient, Pastorale familiale, PROJETS AED, Refugiés, Syrie, Syrie

Aide à l’Église en Détresse

Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

Hôpital San Luis Hospital, Aleppo. 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a accordé un nouveau soutien à plus de quarante projets pour la pastorale ainsi que de l’aide d’urgence en faveur de chrétiens syriens de différents rites. L’AED tente ainsi d’améliorer la situation difficile dont souffrent les habitants du pays, causée par les récentes sanctions économiques, notamment l’embargo commercial sur le pétrole. Dans une rencontre effectuée le 27 juin à l’occasion d’une conférence devant le Parlement européen à Bruxelles, Mgr Joseph Tobji, évêque maronite d’Alep, a mis en garde contre ce genre de restrictions : « Elles tuent le peuple syrien autant que les armes ».

« Cette aide doit servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne »

 

L’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobji, dans sa cathédrale bombardée, située en plein coeur de la vieille ville.

« Pourquoi des enfants et des malades doivent-ils mourir par manque de médicaments ? Pourquoi des chômeurs, licenciés à cause de l’embargo, doivent-ils mourir de faim ? », a demandé l’évêque aux députés européens.

En réaction à cet appel d’urgence et à d’autres appels similaires lancés par les Églises catholique et orthodoxe locales en Syrie, l’AED a accordé une enveloppe de plus de trois millions de dollars pour assurer la subsistance et les soins médicaux de familles dans la détresse, déplacées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Alep et à Homs.

 

Selon Mgr Tobji, la migration constitue un autre grave problème en Syrie. Elle représente « une blessure dangereuse qui continue de saigner ». L’immense vague des migrants forcés comporte évidemment aussi des chrétiens syriens. Si ces derniers formaient déjà une minorité auparavant, ils « vont disparaître maintenant totalement [de Syrie] si la situation engendrée par la guerre ne se termine pas bientôt ». Il ne reste plus qu’un tiers des chrétiens qui y vivaient avant la guerre. Au vu d’un tel taux d’émigration, l’évêque maronite se demande qui pourrait bien reconstruire le pays maintenant. En effet, la Syrie est un pays « sans productivité, sans main-d’œuvre, une société sans vie ». En qualité de « passerelle culturelle » entre l’Occident et l’Orient, les chrétiens jouent un rôle décisif à titre d’élément pacifique et pacifiant au sein de la société syrienne. Selon les prévisions de l’évêque, « si les chrétiens venaient à disparaître, beaucoup de problèmes pourraient surgir, pas seulement pour le pays même, mais aussi pour l’Europe : la Syrie n’en est éloignée que de quelques kilomètres ».

 

 

Que les enfants redécouvrent leur capacité à jouer !

Au cours des prochains mois, l’AED s’est donné comme autre grand objectif de soutenir les enfants et les jeunes gens, qui représentent, en principe, l’avenir du pays. Toutefois, le souci des parents concernant l’avenir de leurs enfants est justement la cause de l’émigration de nombreuses familles chrétiennes. Par conséquent, un quart des projets accordés par l’AED vont l’être au bénéfice de la jeunesse. D’une part, l’AED a débuté plusieurs projets de bourses scolaires, car beaucoup de familles ont perdu leurs maisons et leurs emplois et ne disposent donc plus d’aucun moyen pour assurer l’éducation de leurs enfants. La détresse économique oblige de nombreuses familles à chercher leur avenir en dehors du pays.

Un des projets soutenus par l’AED : Laissez moi vivre mon enfance! Des enfants nés sous les bombes reçoivent un peu de répit, grâce à vos dons et au travail de l’Église.

 

Au fil des prochains mois, ce programme bénéficiera à 1215 élèves et 437 étudiants à Homs, ainsi qu’à 105 étudiants à Damas. En outre, l’AED a donné son accord pour fournir des aides à la scolarisation d’enfants de 300 familles en détresse à Damas ainsi que d’enfants malades et d’orphelins.

 

D’autres projets sont prévus pour l’assistance aux enfants et aux d’adolescents d’Alep, traumatisés au bout de sept années de guerre et de conflits. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté la ville au cours des sept dernières années et ne connaissent rien d’autre que la guerre. Ils ont besoin d’aide pour guérir et pour se développer sur le plan spirituel et psychique. Le Père Antoine Tahan, prêtre de l’église arménienne catholique de la Sainte-Croix, a pu convaincre un groupe de jeunes bénévoles de l’épauler dans son initiative « Let me Live My Childhood » (Laissez-moi vivre mon enfance). Le prêtre affirme : « Nous remercions l’AED de ce projet qui doit aider les enfants à se défaire de leurs ‘vêtements d’adulte’, afin de renouer avec les dons irremplaçables de l’enfance. Nous voudrions qu’ils redécouvrent la capacité de jouer, qu’ils redeviennent simplement des enfants ». Par ailleurs, l’AED soutient plusieurs cours d’été pour adolescents, organisés par les Églises catholiques maronite et syriaque orthodoxes d’Alep. Cette ville a certainement le plus souffert de la guerre.

 

Fidèle à son caractère pastoral, Aide à l’Église en Détresse fournira presque un demi-million d’euros pour la remise en état de plusieurs églises et de monastères, notamment les cathédrales maronite et syriaque catholiques d’Alep, ainsi que pour le soutien de la formation de séminaristes et pour la subsistance de prêtres. À ce sujet, l’évêque Mgr Tobji affirme : « L’Église est la première porte à laquelle les gens frappent », pour ajouter : « Cependant, sans le soutien des bienfaiteurs et des organisations et œuvres de bienfaisance de l’Église, comme l’AED », l’Église locale serait incapable d’assurer cet appui. « Ces aides doivent servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne ».

L’évêque maronite d’Alep adresse un appel désespéré à l’Occident : « Faites quelque chose de bien, aidez-nous à trouver la paix. »

Une mission d’aide soutenue par Aide à l’Église en Détresse. Merci de continuer à  nous soutenir, pour l’avenir de cette petite fille!