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AFRIQUE

 

Projet de la semaine de l’AED : Un centre de jeunesse au Bénin

19.09.2019 in Bénin, Voyager avec l'AED

Bénin

Un centre d’évangélisation pour les jeunes

 

Au Bénin, il y a une soif et un besoin constant d’approfondir la foi catholique. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les musulmans sont majoritaires au nord, mais on compte principalement des chrétiens et des adeptes de religions africaines traditionnelles dans le sud.

 

Beaucoup de ces derniers pratiquent le vaudou. La superstition est répandue, même parmi les chrétiens. Il est donc important qu’ils approfondissent constamment leur foi et c’est pourquoi l’éducation est la priorité de l’Église locale. C’est pourquoi une école d’évangélisation pour les jeunes âgés de 18 à 30 ans a été créée en 2014 dans la ville de Cotonou, le centre économique et le siège du gouvernement du pays. La ville est située dans l’extrême sud, sur la côte atlantique.

Le projet, appelé Jeunesse Bonheur, est financé par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Il est issu du projet Jeunesse Lumière, fondé en France par le père Daniel Ange. Pendant un an, les participants vivent leur foi ensemble et ils apprennent à mieux la connaître et à la transmettre. Et tout cela, dans la joie ! Dans le cadre de la formation, les jeunes vont, entre autres, dans les écoles et les familles, rendent visite aux prisonniers et aux personnes âgées et partagent avec eux leur expérience de foi.

 

L’école

Avec une telle école d’évangélisation, l’Église du Bénin est une pionnière en Afrique. Depuis 2014, les adolescents et les jeunes adultes ont la possibilité de participer au programme dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Certains fruits sont tangibles et visibles pour l’Église locale : parmi les jeunes qui ont participé au programme pendant ses quatre premières années d’existence, douze sont entrés au séminaire et cinq dans un ordre religieux. Certains ont fondé une famille chrétienne, et d’autres ont travaillé dans le domaine ecclésial.

 

Cependant, l’école a été lancée dans des conditions précaires. Cela n’enlève rien à l’enthousiasme des participants, mais à long terme, des locaux plus appropriés seront nécessaires, y compris afin d’accueillir plus de participants. En effet, des jeunes d’autres pays africains vont bientôt venir participer au programme. Le projet de bâtiment sera construit en plusieurs phases, mais la première partie – la résidence pour les jeunes hommes – est déjà en cours de construction.

L’AED a promis 75 000 dollars pour soutenir les travaux.

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Récit de l’AED – travail interreligieux au Niger

30.07.2019 in AFRIQUE, Niger, Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald

Niger

pour répandre le bien, des conférences interreligieuses

« Moins d’un pour cent des quelque quinze millions d’habitants du diocèse de Maradi sont chrétiens », raconte l’évêque Mgr Ambroise Ouédraogo lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse (AED). L’ecclésiastique de 70 ans est le premier, et jusqu’à présent seul évêque du diocèse de Maradi, l’un des deux diocèses du Niger en Afrique de l’Ouest.

Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald, for ACN International, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 30 juillet, 2019

L’évêque affirme que pendant des années, les quelque 5 000 à 6 000 catholiques de son diocèse ont coexisté en grande partie en sécurité avec la population majoritairement musulmane, et il ajoute : « Cela a changé en 2015, lorsque la parution de caricatures critiques à l’égard de l’islam dans le journal satirique français Charlie Hebdo a déclenché une vague de violence. » Lors des nombreuses exactions qui ont éclaté dans l’ensemble du pays, au moins dix chrétiens ont été tués en l’espace de quelques heures seulement, et plus de 70 églises et autres institutions chrétiennes ont été détruites. Environ 80 pour cent des églises chrétiennes du pays ont été touchées, en particulier dans les régions de Niamey et de Zinder.

 

« Les chrétiens avaient terriblement peur des islamistes radicaux. Et comme des incidents contre des chrétiens se produisent sans cesse à intervalles irréguliers, cette peur persiste », poursuit Mgr Ouédraogo. Il y a une quinzaine de jours seulement, l’église protestante de Maradi, située sur le territoire de son diocèse, a été incendiée par des groupes radicaux qui voulaient ainsi protester contre l’incarcération d’un imam. Ce dernier a été arrêté parce qu’il a déclaré dans ses prêches être contre un projet de loi qui prévoit un contrôle plus poussé des sources financières lors de la construction et de l’exploitation de lieux de culte privés. Malgré les manifestations, la loi a été adoptée le lundi 17 juin par le parlement du Niger.

 

Le mal se répand comme « une traînée de poudre »

À 8 km de Maradi où s’est produite la dernière attaque vit Sœur Marie Catherine Kingbo avec sa communauté, la « Fraternité des Servantes du Christ ». Dans un entretien avec Aide à l’Église en Détresse, elle raconte : « Nous nous attendions certes à des attaques, mais nous ne pensions pas que cette attaque pourrait être déclenchée par un projet de loi. » Venue au Niger il y a quinze ans, cette religieuse ne reconnaît plus la situation. À l’époque, il n’y avait presque pas de tensions interreligieuses, affirme-t-elle. « Aujourd’hui, j’entends même des musulmans dire qu’il y a trop de mosquées et d’écoles coraniques, mais trop peu de puits et de cliniques ». Par crainte des attaques islamistes, sa communauté et les élèves auxquelles elle donne ses cours sont sous protection permanente de la police. « Le mal qui s’est déchaîné en Libye, en Syrie et dans d’autres pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient se répand ici aussi comme une traînée de poudre », déplore-t-elle.

 

Cependant, Sœur Catherine est persuadée que si le mal se répand, le bien, quant à lui, se répand également. Sa congrégation met sur pied de nombreuses actions qui bénéficient à la société : les religieuses soutiennent les femmes en détresse et elles organisent aussi chaque année une rencontre entre les chrétiens et les musulmans. En 2006, 28 personnes ont participé à la première de ces conférences interreligieuses. En 2018, il y a eu en tout 350 participants. Les relations avec les imams locaux et les voisins sont bonnes, assure Sœur Catherine. Pour elle, il est donc absolument exclu de limiter ses activités par peur de l’extrémisme : « Nous ne partirons pas. Ils ont peut-être des fusils, mais nous, nous avons Jésus ! »

« Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens »

C’est également ce que pense l’évêque Mgr Ouédraogo. Pour lui aussi, il a toujours été exclu de remettre en question la collaboration et le dialogue avec les musulmans. « Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens », souligne l’évêque. « De 95 à 98 pour cent des élèves de nos institutions scolaires sont musulmans, et Caritas mène également des projets dans des régions presque exclusivement peuplées de musulmans. Nous ne faisons aucune différence. Et cela restera ainsi. »

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église du Niger depuis de longues années et y finance entre autres la formation dans la foi, comme elle soutient les prêtres du pays à travers des aides à la subsistance.

ENTRETIEN AED, Tunisie : Notre mission ici est de témoigner

05.07.2019 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE

ENTRETIEN AED: Tunisie  

Notre mission ici est de témoigner

À l’époque des Phéniciens, la ville de Carthage est celle qui donne le plus de martyrs à l’Église après celle de Rome. Au 21e siècle, la ville – maintenant nommée Tunis et capitale de la Tunisie – est devenue une Église « très fragile », nous a raconté Mgr Ilario Antoniazzi, archevêque de Tunis, dans un entretien accordé en juin dernier à Maria Lozano lors de sa visite au bureau international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

* À noter : l’entrevue a été réalisée avant les deux attentats kamikazes du 27 juin dernier, qui ont fait un mort et huit blessés, au centre de Tunis.

Par Maria Lozano, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 7  juillet 2019

 

M: Quelle est la situation en Tunisie, huit ans après le « printemps arabe » ?

P: Le printemps arabe avait donné beaucoup d’espoir de plus de liberté et de bien-être. Mais il manquait un leader qui pouvait dire à la population comment y parvenir. C’est pourquoi beaucoup de gens ont été déçus. Pour beaucoup, l’avenir paraît donc incertain. Les gens aspirent aujourd’hui à plus de travail et de sécurité afin de retrouver plus de sérénité et de tranquillité. En ce qui concerne la situation de l’Église, la vérité est que nous ne pouvons pas nous plaindre. Nous pouvons faire ce que nous voulons à l’intérieur de l’Église et aller n’importe où sans demander la permission. Nous sommes libres et c’est bien.

M: Que voulez-vous dire quand vous dites que vous êtes libres ? De quels aspects parlez-vous, étant donné l’action très limitée qu’a l’Église dans cette société ?

Nous sommes régis par un modus vivendi, un accord signé en 1964 entre le Saint-Siège et la Tunisie sous la présidence de Habib Bourguiba. Avant cela, l’armée française avait été expulsée de Tunisie. L’Église était considérée comme le « bras long » de la France, des colonisateurs. C’est ainsi que presque tous les biens de l’Église ont été confisqués en Tunisie. Nous avions 125 églises, et il ne nous en reste que quatre. Cela a rendu l’Église fragile, mais en même temps cela nous a servi à quelque chose : notre foi est devenue plus forte. Comme nous ne pouvons pas compter sur le soutien des hommes et n’avons rien, nous sommes obligés de nous tourner vers Dieu et de lui demander tout ce dont nous avons besoin, et qu’Il nous donne la force de travailler dans la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement en Tunisie. Notre modus vivendi a des aspects négatifs pour l’Église, mais en même temps l’a obligée à se concentrer sur l’essentiel, le spirituel.

Nous avions 125 églises, et il ne nous en reste que quatre.

M: Étant donné que 99% de la population est musulmane, l’Église vit une situation très fragile. Que fait l’Église dans votre pays ?

P: Nous ne sommes que des missionnaires. Le missionnaire est quelqu’un qui témoigne de la présence du Christ là où Il n’est pas connu. En Tunisie, le Christ n’est pas connu. Tous les chrétiens sont des étrangers : des étudiants originaires pour la plupart d’Afrique subsaharienne, ou des entrepreneurs qui sont venus travailler en Tunisie. Nous devons les soutenir et bien les accueillir, et ce n’est pas toujours facile, parce qu’on n’entend jamais les cloches. Toutes les activités ecclésiales étant à l’intérieur de l’église, on ne voit rien depuis l’extérieur. Il n’est pas facile d’entrer en contact avec eux, mais une fois que nous y sommes parvenus, ils font activement partie de l’Église en Tunisie. Nous comptons ainsi entre quinze et vingt mille chrétiens. Il n’est pas facile d’avoir des statistiques parce que, par exemple, les étudiants s’en vont une fois qu’ils ont terminé leurs études et il en arrive d’autres.

Selon nos calculs, nous perdons chaque année un quart de nos fidèles, mais il en arrive un autre quart. Cela signifie que tous les quatre ans, les fidèles qui sont avec nous ont été complètement renouvelés. De ce fait, il n’est pas facile de faire des projets à long terme dans l’Église, ou avec l’Église, car ceux qui commencent un projet ne le terminent presque jamais, et ceux qui arrivent ne savent pas de quoi il s’agit. Il n’y a pas de stabilité : c’est une difficulté supplémentaire pour notre Église.

Je suis le seul évêque de Tunisie parce que, peu à peu, la Tunisie a abandonné la foi chrétienne et aujourd’hui, la population est complètement musulmane.

M : Mais les racines de la Tunisie sont chrétiennes ! Cela ne doit-il pas être vu et ressenti ?

P: En Tunisie, on disait la messe en latin avant que ce soit le cas à Rome. Le christianisme est arrivé en Tunisie au cours des premiers siècles de l’Église. Rappelons-nous saint Cyprien, saint Augustin et tous les martyrs que nous avons eus en Tunisie. Après Rome, la ville qui a donné le plus de martyrs à l’Église est celle de Carthage, c’est-à-dire Tunis. Le pays comptait environ 120 évêques et l’évêque de Carthage était considéré comme le primat de l’Afrique, qui avait autorité sur tous les évêques d’Afrique. Bien sûr, aujourd’hui, il n’y a plus 120 évêques. Je suis le seul évêque de Tunisie parce que, peu à peu, la Tunisie a abandonné la foi chrétienne et aujourd’hui, la population est complètement musulmane.

M: Nous ne pouvons pas voir l’avenir, mais certains pensent que dans cent ou deux cents ans, l’Europe aussi pourrait avoir perdu la foi et vivre une situation similaire à celle de l’Afrique du Nord. Que pensez-vous que nous puissions faire pour éviter que cela ne se produise ?

P: Il est vrai que l’Europe est en danger. Toutefois, pas parce que les musulmans sont des intrus, mais parce que nous n’accordons pas d’importance à la foi que nous avons. Regardons en revanche comment vivent les musulmans : le jour de la prière, tout le monde va à la mosquée. Dans notre pays, les églises sont vides. Les musulmans ont des enfants, mais les chrétiens en ont de moins en moins. Peu à peu, nous nous suicidons par manque de fidèles, par manque d’enfants. Il suffit de regarder nos églises en Europe, la grande majorité de ceux qui prient est âgée de 60 ans ou plus. Où sont les jeunes ?

 

 

M: Un autre facteur est le manque de prêtres. En Europe, l’âge moyen des prêtres est élevé. Quelle est la situation dans votre pays ?

P: Je suis peut-être le seul évêque au monde qui se plaint que ses prêtres sont trop jeunes. Actuellement, parmi mes prêtres, il y a deux ou trois prêtres qui ont 90 ans. Mais le plus vieux du reste des prêtres a 45 ans. Nous n’avons pas assez de prêtres plus âgés qui aient une connaissance historique de la Tunisie, de la société, de l’Église et de tout. C’est quelque chose qui nous manque. De même pour son travail d’assistance aux religieuses, aux autres prêtres… il est nécessaire que le prêtre ait une expérience pastorale et religieuse.

 

M: En Tunisie, toutes les religieuses et tous les prêtres sont-ils des missionnaires venus de l’étranger ?

P: Oui. Il n’y a pas de prêtres tunisiens. Les religieuses ainsi que les prêtres proviennent de congrégations. La plupart d’entre eux viennent faire une mission de 5 à 10 ans et ensuite retournent dans leur pays. Nous manquons d’une présence fixe de prêtres.

 

M: Caritas joue un rôle important, mais pas uniquement pour les chrétiens…

P: Caritas n’est pas un « mouvement » de l’Église, quelque chose qui fait partie de l’Église. Pour nous, Caritas est l’Église. Ça représente une grande responsabilité. Avec son aide, tout ce que nous faisons peut atteindre les familles, la société, là où ni un prêtre ni une religieuse ne peut aller. Caritas est donc considérée comme le missionnaire de l’Église. Elle témoigne du Christ, d’un Christ qui aime, qui aide les gens à travers toutes ces personnes qui travaillent à Caritas. Quand quelqu’un arrive, nous ne lui demandons jamais quelle est sa religion, mais quelle est sa souffrance. Que ce soit un chrétien ou non, c’est quelque chose qui n’a pas d’importance pour Caritas. Nous avons des chrétiens, ceux qui viennent sont surtout africains, mais il y a aussi de nombreux Tunisiens. Nous avons des activités dans des quartiers de Tunisie qui sont à 100% musulmans, et nous sommes là pour aider les femmes à apprendre un métier, par exemple confectionner des sucreries, afin de pouvoir mener une vie indépendante. Une fois qu’elles sont formées sur un métier, elles peuvent gagner de l’argent et vivre une vie plus digne.

 

M. Que diriez-vous aux bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse ? Que pouvons-nous faire pour la Tunisie, pour vous aider dans votre travail épiscopal ?

P: Nous avons une Église fragile, parce que son activité est très limitée, fragile aussi à cause de la question des moyens de subsistance, parce que tout ce que nous avions nous a été pris. De plus, quels que soient nos besoins, nous devons demander l’aide à l’étranger. Aide à l’Église en Détresse joue un rôle très important pour nous, pour garantir que nous puissions continuer notre travail et notre apostolat, en particulier au milieu de ce peuple qui a besoin de témoignages. Être là, cela signifie rendre témoignage du Christ par sa propre vie, et non uniquement par des mots. C’est montrer par notre conduite qui est le Christ, un Christ qui aime, un Christ qui pardonne. Les Tunisiens n’auront jamais un Évangile dans leurs foyers, mais nous sommes l’Évangile qu’ils peuvent lire à travers notre comportement. Et toute l’aide que nous recevons de l’AED nous permet de témoigner, par notre vie, de qui est le Christ. Ensuite, c’est Lui qui donne la grâce qui touche les cœurs, pas nous. Je tiens à remercier l’AED pour toute l’aide qu’elle nous fournit. Parce que cela nous aide à rester debout, cela nous aide à poursuivre notre mission.

Projet de la semaine AED : construction d’une chapelle au Bénin

26.06.2019 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE

Projet de la semaine AED – Bénin

Construction d’une chapelle dans un village

 

La paroisse de la Sainte Trinité, à Guilmaro, est située dans le nord-ouest du Bénin. Comme presque toutes les paroisses en Afrique, elle s’étend sur une vaste zone où se trouve de nombreux villages. Beaucoup de gens doivent parcourir un long chemin pour assister à la messe.

 

Le village de Damouti est la plus grande localité de la paroisse. Il dispose d’une modeste chapelle de terre – on devrait plutôt parler d’une hutte – où les fidèles se rassemblent pour prier. Le prêtre y vient régulièrement pour célébrer la messe, et ce sans compter les autres activités comme les temps de prières pour le mois de Marie, la prière du chapelet tout l’année et la catéchèse.

 

Une ouverture à la Bonne Nouvelle du Christ

 

Ce petit bâtiment en terre est devenu beaucoup trop exigu pour accueillir les fidèles. Pendant la messe, plus de la moitié des fidèles restent dehors. Pendant la saison sèche, ils sont exposés à la chaleur et à un soleil brûlant, et pendant la saison des pluies, ils ne sont pas protégés des fortes pluies. Par ailleurs, il est difficile de suivre la messe quand on se trouve à l’extérieur.

Or, le nombre de fidèles augmente. Chaque année, il y a de nombreux baptêmes. Une majorité des habitants de la paroisse – soixante pour cents – sont adeptes de religions africaines traditionnelles. Parmi eux, beaucoup sont ouverts à la Bonne Nouvelle du Christ.

 

Une modeste chapelle de terre, à remplacer car elle est devenue trop petite!

Les fidèles voudraient une plus grande chapelle. Étant donné qu’ils n’ont pas les moyens de collecter par eux-mêmes la totalité des fonds nécessaires, c’est avec confiance que le Père Noël Kolida s’est adressé à l’Aide à l’Église en Détresse. Nous aimerions soutenir la construction de l’église grâce à un montant de 22 500 dollars. Qui veut participer ?

 

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Projet de la semaine AED – Des prêtres du Libéria ont besoin de recharger leur batterie spirituelle

29.05.2019 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, PROJETS AED, Projets pastorale

Libéria

Recharger les batteries spirituelles des prêtres qui en ont besoin

De 1989 à 2003, le Libéria a connu l’une des guerres civiles les plus sanglantes du continent africain. Encore aujourd’hui, les habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest souffrent toujours des conséquences associées à cette période sombre de leur histoire.

 

Plus du deux tiers des quelque cinq millions de Libériens ne croient toujours pas en une paix durable. Cela est dû, entre autres choses, au fait qu’il n’y a eu aucune procédure judiciaire à l’encontre des criminels de guerre. À tous les niveaux de la société, il règne une profonde méfiance. « Plus que l’infrastructure, ce sont nos âmes qui ont été détruites », déclare le Père Dennis Nimene, président de la Conférence épiscopale.

Pour l’Église aussi, les conséquences de la guerre sont un défi majeur. Après la fin de la guerre et après la crise d’Ebola, des sessions de guérison psychologique des traumatismes ont été offertes, mais il manque toujours la dimension spirituelle est essentielle.

 

« Plus que l’infrastructure, ce sont nos âmes qui ont été détruites »

En 2019, les évêques aimeraient donc proposer aux prêtres de faire des exercices spirituels afin qu’ils puissent ensuite mieux aider les laïcs. Cette année, 25 prêtres du diocèse du Cap des Palmes auront ainsi l’occasion de se ressourcer spirituellement, de reprendre des forces, d’échanger des idées les uns avec les autres et de prendre un nouveau départ dans leurs paroisses. Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient cet important projet à hauteur de 6 900 dollars. Cela représente 276 dollars par prêtre pour les frais de déplacement, d’hébergement et les repas.

 

Un petit investissement qui représente un grand impact !

 

Merci de prier pour la réussite de ce projet.

Et, si vous le pouvez, merci d’agir pour ces prêtres.

Union de prière avec le peuple du Libéria.

Publié le 29 mai, 2019

Mozambique AED-Nouvelles Le pape François est attendu en septembre !

03.04.2019 in ACN International, AFRIQUE, Maria Lozano, Mozambique

Mozambique AED-Nouvelles
Le pape François est attendu en septembre !
Montréal, 2 avril 2019 – C’est mercredi dernier le 27 mars que le bureau de presse du Saint-Siège a annoncé les dates de la visite du pape François au Mozambique : du 4 au 10 septembre 2019. Le Saint-Père visitera non seulement ce pays qui vient d’être frappé brutalement par le cyclone Idai, mais aussi Madagascar et l’île Maurice, qui se situent à proximité.

L’Église du Mozambique attend la visite papale avec beaucoup d’impatience. Monseigneur Adriano Langa, évêque du diocèse d’Inhambane, dans le sud du Mozambique, a expliqué à la l’Aide à l’Église en Détresse (AED) qu’en septembre 2018, le président de la République du Mozambique s’est rendu au Vatican et a invité le pape François à visiter son pays, réitérant ainsi une invitation que les évêques lui avaient déjà lancée. Le pape avait répondu : « oui, si ma santé est bonne ».
Ce sera la deuxième fois qu’un pape se rend au Mozambique, après la visite historique de saint Jean-Paul II en 1988. « Nous sommes tous prêts à [organiser] et aussi à préparer les fidèles. C’est notre souhait. Qui ne voudrait pas que le pape vienne dans son pays ? », a déclaré Mgr Langa.
Pour sa part, Mgr Claudio Dalla Zuanna, archevêque de Beira – ville du centre-est du pays qui a énormément souffert du cyclone Idai – a rapidement transmis la nouvelle à ses fidèles, dans un communiqué que l’AED a également reçu : « Aujourd’hui, 27 mars, nous avons reçu la bonne nouvelle de la visite du pape François dans notre pays en septembre prochain. Bien que la visite ait déjà été planifiée avant le passage du cyclone, beaucoup de gens se demandent maintenant si le pape viendra nous rendre visite à Beira pour nous réconforter. Nous espérons que cela se produira ».

Martyrs de Guiúa
Le rêve de nombreux Mozambicains est que l’ordre du jour pontifical comprenne un déplacement au centre catéchétique de Guiúa. Cela semble toutefois peu probable, parce qu’il se trouve dans le diocèse d’Inhambane, très éloigné de la capitale Maputo, point central de la visite du pape François. Le centre catéchétique raconte l’histoire du martyre de plus d’une vingtaine de catéchistes mozambicains, victimes de l’un des épisodes les plus violents de la guerre civile.

« L’étape diocésaine du processus de béatification vient de s’achever en mars », explique Mgr Langa, soulignant que Guiúa constitue une référence dans la vie chrétienne du pays. « Guiúa dispose d’un sanctuaire consacré à Marie, Reine des martyrs, qui est un mémorial du souvenir de cet événement dramatique du massacre des catéchistes, et un lieu de pèlerinage », explique le prélat. Des milliers de personnes s’y rendent chaque année, démontrant ainsi l’énorme dévotion du peuple mozambicain à la Vierge. « Nous demandons à Marie de porter ses enfants dans ses bras devant l’autel ». L’attente d’une rapide reconnaissance par le Saint-Siège du martyre des catéchistes de Guiúa « est très grande ».

Merci beaucoup à l’AED !
Malgré les séquelles de la guerre, de la violence et la catastrophe naturelle récente qui a ravagé le pays, le Mozambique et son Église continuent de faire preuve d’une grande vitalité, et le diocèse d’Inhambane en est un exemple. « Il y a des vocations dans notre séminaire. Pour la première fois depuis son ouverture, nous comptons 30 futurs prêtres. Nous n’en avons jamais eu autant auparavant. Malheureusement, la maison dans laquelle ils sont logés était une maison paroissiale comptant très peu de chambres ».
La volonté d’améliorer la structure physique du séminaire d’Inhambane est l’une des raisons qui ont conduit le prélat à rendre visite au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse. Il s’agit d’un projet concret qui peut devenir réalité grâce à la générosité des bienfaiteurs de l’organisme international de charité et dont Mgr Langa a déjà fait l’expérience dans le passé à travers différents projets d’aide : « Je suis venu dire merci à tous les bienfaiteurs qui donnent vie à cette Fondation, et qui nous donnent vie à nous aussi. De fait, il y a beaucoup de projets que nous réalisons et beaucoup de moyens dont nous bénéficions, tels que des véhicules que nous utilisons dans le diocèse, qui viennent de l’AED. Tout cela a été possible grâce à votre œuvre qui nous aide à annoncer l’Évangile. Aide à l’Église en Détresse nous a donné des jambes, nous a donné des bras, nous a donné des yeux et nous a donné une bouche pour proclamer l’Évangile. Merci beaucoup ! ».

Nouvelles de l’AED : Nigeria « Carnage » dans l’État de Kaduna

01.04.2019 in ACN International, ACN-International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Nigéria, Par Marta Petrosillo

Nigeria
« Carnage » dans l’État de Kaduna

 

Depuis février dans l’État de Kaduna, 130 morts et 10 000 personnes déplacées à cause des bergers peuls

Montréal, 27 mars 2019 – « Aux violences de Boko Haram se sont jointes celles causées par les bergers islamistes peuls. Si le groupe État islamique a perdu du terrain en Irak et en Syrie, le Nigeria est actuellement le pays qui enregistre la plus grande activité terroriste au niveau mondial. Notre pays représente le futur “espoir ” du fondamentalisme islamique ». C’est ce qu’a déclaré hier Don Joseph Bature Fidelis, prêtre du diocèse de Maiduguri, en s’exprimant lors d’une rencontre organisée par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) avec quelques membres des représentations diplomatiques européennes près le Saint-Siège.

Les rapports qui parviennent à l’AED ces jours-ci sont dramatiques. Depuis le début du mois de février, rien que dans l’État de Kaduna, plus de 130 personnes – principalement de l’ethnie Adara – auraient été tuées par des bergers islamistes de l’ethnie peule. Il s’agit d’une vague de violence qui a également provoqué le déplacement de 10 000 personnes et la destruction d’environ 150 habitations. « Ces dernières attaques ont anéanti diverses communautés et porté la crise humanitaire à des niveaux de gravité très élevés », écrit à l’AED le Père Williams Kaura Abba, un prêtre du diocèse de Kaduna.

« La vague actuelle de meurtres a débuté le dimanche 10 février 2019, lorsque les bergers peuls ont tué 10 chrétiens, dont une femme enceinte à Ungwar Barde, dans le district de Maro (région de Kajuru) ».

Attaques particulièrement cruelles

Le prêtre a raconté à l’œuvre pontificale de charité la situation dramatique de l’hôpital de Kajuru, évoquant en particulier le cas d’un enfant de 5 ans gravement blessé. « Ils ont d’abord essayé de le tuer avec des fusils, puis avec une machette, mais heureusement Dieu l’a protégé ». Insatisfaits, les bergers peuls l’ont ensuite violemment frappé à la colonne vertébrale avec des bâtons. Maintenant, il est paralysé. « Ce pauvre enfant a également perdu une de ses sœurs pendant l’attaque, tandis que sa mère lutte pour sa survie dans un autre hôpital ».

La cruauté avec laquelle les Peuls agissent est horrible. « Même les animaux ne tuent pas comme ça », ajoute le Père Kaura Abba, qui note également l’inefficacité de la réponse des autorités locales. « Ni le gouverneur de Kaduna ni aucun représentant du gouvernement fédéral n’a daigné rendre visite aux victimes ou consoler leurs proches. Seules les communautés chrétiennesse chargent de fournir des soins et des médicaments aux blessés ».

Le 19 mars, une manifestation pacifique a été organisée dans la capitale Abuja. À cette occasion, le Père Kaura Abba a lancé un appel à la communauté internationale, désormais relayé par l’AED : « Nous vous demandons de faire pression sur le gouvernement nigérian pour qu’il vienne en aide à notre peuple. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce carnage. Si nous voulons sauver ce qui reste de notre humanité, les organismes gouvernementaux compétents doivent s’acquitter de leurs obligations sans avoir peur ».

 

Article de Marta Petrosillo pour ACN-International
Révision en français pour le Canada : Mario Bard, AED-Canada

Maroc – Entretien AED L’Église y est « bonne Samaritaine ! »

29.03.2019 in ACN International, AFRIQUE, Maria Lozano, Maria Lozano, Morocco

Maroc
Entretien de l'AED
L'Église est une "bonne Samaritaine"

Apprenons à mieux connaître le pays où le Pape François se rendra fin mars

À l’occasion d’une émission télévisée produite par Aide à l’Église en Détresse (AED), María Lozano a interviewé Mgr Cristóbal López Romero, évêque de Rabat. Salésien de Don Bosco, Mgr López Romero raconte ce que cela signifie de vivre et de travailler dans cet État d’Afrique du Nord.

L’universalité de l’Église catholique est visible en de nombreux endroits où le christianisme est minoritaire, par exemple au Maroc, un pays qui compte 37 millions d’habitants, avec 99,9% de musulmans et seulement 0,08% de catholiques.

Là-bas, une Église petite en nombre, mais grande dans ses activités assume son travail pastoral pour les fidèles catholiques. Mais surtout, elle s’engage en faveur de la frange la plus défavorisée de la population marocaine et des milliers de jeunes d’Afrique subsaharienne qui traversent le désert à la recherche d’un avenir dans une Europe qu’ils idéalisent. C’est là, à la lisière entre l’Afrique et l’Europe, que se rendra Sa Sainteté le pape François les 30 et 31 mars sur invitation du roi Mohamed VI et des évêques du pays qui l’ont convié à Rabat et à Casablanca.

 « L’Église catholique existe bien au Maroc », affirme l’évêque dans un élan de fierté tout au début de l’entretien. « C’est une Église vivante et jeune, riche en grâces et empreinte du désir fervent de témoigner. » Ce pays du Maghreb a deux cathédrales, dont l’une se trouve à Tanger, et l’autre à Rabat. La première date de l’époque du protectorat espagnol, la seconde de celle du protectorat français. L’évêque poursuit dans sa narration : « Dans nos églises, il y a plus de personnes jeunes que de personnes âgées, plus d’hommes que de femmes et plus de Noirs que de Blancs. » Au Maroc, l’Église se compose principalement de fidèles étrangers originaires de plus de cent pays différents. Ils travaillent généralement dans des entreprises qui ont des succursales au Maroc.

Par ailleurs, nombre d’entre eux sont originaires de pays subsahariens, comme le Congo, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Ces chrétiens viennent au Maroc pour y faire des études et trouvent dans l’Église catholique le « cocon spirituel » qu’ils recherchent. Les religieux catholiques qui travaillent dans le pays viennent également de plus de quarante nations différentes. À ce sujet, Mgr López Romero explique « qu’être catholique signifie être universel ». Cette universalité implique que les êtres humains laissent de côté leurs particularités individuelles et se concentrent sur leurs points communs : « Nous nous focalisons sur ce qui est important, ce qui est essentiel. Les différences nous enrichissent, nous nous ouvrons les uns aux autres, et nous percevons les différences comme autant de chances, et non comme des problèmes. »

L’Église est une « bonne Samaritaine »

Questionné sur les raisons pour lesquelles les jeunes gens fuient l’Afrique, Mgr López Romero explique que la majorité des jeunes migrants sont principalement motivés par des raisons économiques. Ils fuient la pauvreté et le chômage, mais beaucoup d’entre eux fuient également la guerre, les combats, les persécutions ou les catastrophes naturelles. Selon l’évêque de Rabat, le problème de la migration des Africains sera difficile à résoudre tant que, « en Europe, on continuera à jeter à la poubelle 30% des denrées alimentaires produites et de vivre dans l’abondance et le luxe » tout en exigeant en même temps que ceux « qui vivent dans la misère se soumettent à leur sort sans rien entreprendre », et tant que la société ne prendra pas conscience de ce comportement. « L’Europe qui protège ses frontières pour ne pas devoir partager ce qui appartient à tous et que l’Europe s’est appropriée, ce qui relève d’un comportement peu chrétien, et même inhumain », s’indigne le religieux. Il rappelle aussi les paroles du Pape François : « Le capitalisme tue ». « Au lieu d’apporter de l’aide, nous devrions payer pour les matières premières que nous exploitons. Faisons le nécessaire pour que les groupes multinationaux payent leurs dettes fiscales ». Il demande que l’Afrique ne soit pas aidée « par des miettes, mais par la justice et des plans de développement ». « Sans amour, nous ne sommes rien, et sans justice, nous sommes encore moins. »

L’évêque revient sur son sujet précédent et poursuit : « Le jeune Marocain est emprisonné dans son propre pays ». En raison de sa situation géographique, le Maroc souffre du fait qu’il n’y a pas de sortie réaliste du pays. Au sud, il y a l’immense désert du Sahara, à l’ouest, l’Océan Atlantique, à l’est, l’Algérie – et la frontière de ce pays est fermée à cause de la guerre. Quant au nord, il y a l’Europe. « Beaucoup de jeunes gens marocains demandent en désignant l’Espagne : Pourquoi peuvent-ils venir ici, et moi je n’ai pas le droit d’y aller ? »

La liberté de culte existe-t-elle au Maroc ?

C’est une vraie question à laquelle sera confronté le Pape François lors de son voyage. Comme le constatait l’AED dans son édition 2018 du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde, le Royaume du Maroc est un État musulman souverain en vertu de sa Constitution. L’article 3 de la Constitution marocaine stipule que « L’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes. »

Cependant, la Constitution elle-même interdit aux partis politiques d’apporter des modifications législatives ou constitutionnelles contraires à l’islam. En ce qui concerne la liberté de culte, le Parlement européen reconnaît que celle-ci est certes ancrée dans la Constitution marocaine, mais que « les chrétiens et surtout les musulmans qui se sont convertis au christianisme font face à de nombreuses formes de discrimination et ne sont pas autorisés à mettre les pieds dans une église. » En vertu du Code pénal marocain, il est interdit aux non-musulmans de convertir des musulmans ou « d’ébranler leur foi ». La distribution de publications religieuses non islamiques est également soumise à des restrictions de la part des autorités.

 

Par Mónica Zorita et Maria Lozano, ACN-International. Révision française au Canada : Mario Bard, AED-Canada.

29 mars 2019

Une maison d’exercices spirituels pour religieuses

20.03.2019 in AFRIQUE, Formation, Formation religieuse, Malawi, Religieuses

Malawi

La Congrégation des Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus est une communauté religieuse locale fondée en 1929 et qui œuvre au Malawi et en Zambie, des pays situés en Afrique australe. La congrégation compte aujourd’hui 168 religieuses ayant fait leurs vœux perpétuels qui continuent à grandir, des jeunes femmes continuant à joindre la communauté.

Au Malawi, la congrégation dirige sa propre école primaire et sa garderie. En Zambie, elle dispose de sa propre école secondaire. L’éducation des filles, est une préoccupation majeure pour les religieuses. Sans cette éducation, ces jeunes filles n’auraient aucun avenir. Certaines des religieuses s’occupent quant à elles des malades et des femmes enceintes dans les zones rurales où il n’y a pas de soins de santé, ni eau potable. Pour se rendre dans ces villages, elles doivent parcourir de longues distances.

Ces femmes se battent également pour les albinos, que le soleil peut blesser en raison de l’absence de pigmentation de leur peau. Cependant, non seulement les albinos souffrent-ils physiquement, mais ils sont également discriminés et exclus de la société. Les religieuses les accueillent et prennent soin de leurs problèmes médicaux spécifiques, ainsi que de leur souffrance psychique. Sans compter leur présence auprès des personnes dans le besoin, en particulier des enfants souffrant de malnutrition. Enfin, certaines d’entre elles travaillent en paroisse, y font la catéchèse et aident les prêtres pour la pastorale. La plupart des religieuses travaillent pour l’amour de Dieu, là où on a besoin d’elles.

L’AED soutient un nouveau lieu d’arrêt

Il est important d’affermir les religieuses dans leur vie spirituelle et leur vocation, afin qu’elles puissent recharger leurs batteries et se retirer au moins une fois par an pour faire une retraite. Elles doivent aussi pouvoir participer à des formations complémentaires. Jusqu’à présent, les chambres du noviciat étaient utilisées à cette fin. Cependant, la communauté grandit, si bien que les chambres du noviciat servent maintenant exclusivement à cette utilité.

C’est pourquoi la direction de la congrégation a décidé de construire un bâtiment destiné aux retraites et aux sessions de formation. Les religieuses ont elles-mêmes participé à la fabrication des briques et sont allées ramasser du sable. Une grande partie du bâtiment est déjà debout, mais elles nous ont demandé de l’aide pour finir les travaux. Nous avons promis 22 500 dollars pour les portes, les fenêtres, les toilettes, les plaques de tôle pour la toiture et d’autres matériaux nécessaires à l’achèvement de ce lieu de retraite.

Merci de ce que vous pourrez faire pour aider l’Église dans son travail spirituel, qu’elle fait aussi avec celui de l’aide matériel, afin de maintenir dans le cœur de la population espérance et foi dans l’adversité.

Zanzibar (Tanzanie) – Récit – Souvenirs amers du temps de la terreur

08.03.2019 in ACN Canada, ACN Feature, ACN International, Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Persécution, Tanzanie, Violences, Voyagez avec AED

Le Père Damas Mfoi est prêtre catholique dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, sur la côte de Tanzanie. Zanzibar est à prédominance musulmane et comprend une petite communauté chrétienne. Depuis 2010, le Père Mfoi est curé de paroisse sur l’île principale d’Unguja.

Père Damas Mfoi : « Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux.»

En 2012, la communauté insulaire qui vivait paisiblement a été témoin d’une série d’attaques violentes contre des chefs religieux. Un religieux musulman a été brûlé à l’acide pendant l’automne ; un prêtre catholique a été blessé par balle le jour de Noël, et un autre a été tué par balle au mois de février suivant. Des tracts ont aussi été distribués pour inciter à la violence. Certains portaient la marque du groupe islamiste radical Uamsho. Cependant, la responsabilité des attentats n’a pas encore été revendiquée ou officiellement attribuée. Le Père Mfoi raconte à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le temps de la terreur.

 

Propos recueillis par Anne Kidmose

 

C’était le soir de Noël 2012. J’avais prévu d’aller souper avec d’autres dirigeants de l’Église quand nous avons appris que le père Ambrose venait d’être blessé par balle. Nous étions en état de choc, et nous ne pouvions plus partager notre repas. Nous étions effrayés. Nous nous sommes précipités à l’hôpital, mais avec discrétion, car il avait été annoncé par le biais de tracts que les dirigeants de l’Église seraient tués et que les églises seraient détruites.

 

Quand nous sommes arrivés, le père Ambrose perdait encore beaucoup de sang et il ne pouvait pas parler. Le lendemain, il a été transporté par avion à Dar es-Salaam pour y être soigné. Après cet évènement, c’est notre foi qui nous a donné la force de rester. Les gens sur le continent nous incitaient à rentrer chez nous, mais en tant que chrétiens engagés dans l’Évangile, nous savions dès le début que notre mission était une mission de souffrance et que nos vies pouvaient être menacées. Il n’y a pas eu de départ.

 

D’autres tracts ont alors été distribués, disant que les musulmans ne devraient pas autoriser la vente d’alcool ou la présence d’églises. Les tracts étaient anonymes, mais aujourd’hui, nous savons qui en étaient les auteurs. Bien que certains pensaient qu’il ne s’agissait que de faibles menaces, nous ne savions pas ce qui allait se passer. Moins de trois mois plus tard, une nouvelle tragédie nous a frappés et le Père Evaristus Mushi en a été la victime.

 

C’était un dimanche matin à 7 h 15. Je disais la messe dans une petite église. Un voisin non catholique est entré en courant ; il a crié : « Père Damas, j’ai quelque chose à vous dire ! » Il m’a alors informé que le père Mushi était mort, victime d’une fusillade. Un homme lui avait tiré dessus ce matin-là, alors qu’il se garait devant son église. Je me suis rendu dans les autres églises pour célébrer la messe ; maintenant que le Père Mushi était mort, je devais accomplir seule la mission du Christ.

 

La nouvelle de la mort du Père Mushi s’est répandue dans toute la communauté, mais ce n’était pas la fin. Après l’avoir enterré et lui avoir rendu un dernier hommage, un groupe de femmes est venu à mes portes en pleurant. Je leur ai dit : » Ne pleurez plus maintenant. Le Père Mushi est aux cieux”. L’une d’elles a répondu : » Père, elle ne pleure pas sur le Père Mushi. Elle pleure à cause de vous”. Les assaillants m’avaient en effet pris pour cible parce que j’avais construit trop d’églises.

 

Le lendemain matin, je me suis enfui sur le continent, et un mois plus tard, je suis revenu. Je pensais en moi même : « Nous ne pouvons pas abandonner notre mission. Jésus ne voudrait pas nous voir échouer. Il y a encore des chrétiens ici, pourquoi leurs chefs devraient-ils s’en aller ?”

 

Tombe du père Evaristus Miushi tué devant son église le 17 février 2013.

À mon retour, j’ai constaté que la police avait établi sur mon terrain un poste de surveillance et, au cours des deux années suivantes, les policiers ont patrouillé dans la zone en raison de la tension qui persistait. Le gouvernement a bien pris soin de nous, mais nous savions surtout que Dieu nous protégeait. Quand on m’a offert un garde du corps, j’ai refusé. Je crois que l’œuvre de Jésus n’a pas besoin de mitrailleuse ; il a promis à son peuple qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps.

 

Six ou sept mois se sont écoulés, et pendant un certain temps, nous avons pensé que le pire était passé, même si la sécurité était encore très stricte. Mais en septembre, un prêtre a été arrosé d’acide alors qu’il quittait son café habituel. Il a survécu à l’attaque, mais a subi de graves blessures.

 

Il n’y a pas moyen de se remettre de ce qui s’est passé, et comme les assaillants sont peut-être encore actifs, nous ne sommes pas complètement en sécurité. Mais à travers tous ces problèmes, nous continuons notre travail de dialogue interreligieux. Nous parlons aux membres de la communauté et nous leur disons que nous croyons que Dieu nous a tous créés et qu’il nous a donné la liberté de croire de la manière dont on nous l’a appris. On enseigne aux musulmans qui est Mahomet, aux chrétiens qui est Jésus-Christ. Nous devrions tous faire de notre mieux pour respecter cela et éviter de mélanger la politique et la religion. »

En 2017, l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu des projets de l’Église en Tanzanie à hauteur de plus de 2,5 millions de dollars.

Mise en ligne:  8 mars 2019