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AFRIQUE

 

Tanzanie Offrandes de messe pour les prêtres du diocèse de Tunduru-Masasi

06.08.2020 in AFRIQUE, Tanzanie

Le diocèse de Tunduru-Masasi se situe tout au sud de la Tanzanie, à la frontière avec le Mozambique. 85% de la population de cette région est musulmane. Il n’y a que 11 % de catholiques – un peu plus de 100.000 personnes. Les 19 paroisses s’étendent sur d’immenses territoires où les fidèles vivent éparpillés dans de nombreux villages.

 

Les 34 prêtres et l’évêque du diocèse s’emploient sans relâche à administrer les sacrements aux fidèles et à s’occuper d’eux. Les grandes distances et le mauvais état des routes compliquent leur travail, mais ne diminuent pas leur zèle apostolique. Ils accomplissent leur devoir pour l’Amour de Dieu, car ils ne touchent pas de salaire. Ils dépendent des dons des fidèles, lesquels soutiennent leurs prêtres avec joie et du fond du cœur, mais sont eux-mêmes pauvres.

Cette année, la situation est particulièrement difficile : la pandémie de Coronavirus a provoqué une augmentation de la pauvreté. En outre, par peur de la contagion, il n’y a plus beaucoup de fidèles qui viennent à l’église, si bien que les quêtes rapportent peu. En temps « normal », les gens peuvent au moins aider leurs prêtres au moment des récoltes en leur offrant de la nourriture, mais comme si la pandémie ne suffisait pas, cette année la récolte est par ailleurs mauvaise en raison de pluies trop abondantes.

Mgr Filbert Felician Mhasi est très inquiet pour ses prêtres. C’est pourquoi il s’est adressé avec confiance à l’AED, car nous transmettons chaque année bien plus d’un million d’offrandes de messe aux prêtres dans le besoin dans le monde entier. L’année dernière, 40.096 prêtres ont célébré 1.378.635 messes aux intentions de nos bienfaiteurs, dont 38 pourcents en Afrique. Le don qu’un prêtre reçoit pour une messe est un signe de la gratitude du fidèle à l’intention duquel cette messe est célébrée. Ce n’est pas un « paiement », car les sacrements ne peuvent pas se vendre, mais il s’agit d’un geste d’amour à la suite d’une longue tradition au sein de l’Église. Malgré ce caractère symbolique, les offrandes de messe représentent dans de nombreuses régions du monde une contribution importante à la subsistance des prêtres, non seulement pour eux personnellement, mais aussi pour les besoins des paroisses.

Nous voudrions également aider Mgr Mhasi et lui avons promis de lui transmettre, ainsi qu’à ses 34 prêtres, des intentions de messe pour un montant total de 18.200 euros, soit 520 euros par prêtre pour une année entière. Les prêtres célébreront les messes aux intentions des bienfaiteurs.

AED Nouvelles – Mozambique : où est la communauté internationale ?

24.07.2020 in Actualités, AFRIQUE, Mozambique

AED Nouvelles – Mozambique : où est la communauté internationale ?

 « La communauté internationale ne prend pas conscience du problème de Cabo Delgado », déclare l’eurodéputé Paulo Rangel

« Le monde ne voit pas, ou ne veut pas voir, ce qui se passe dans la province de Cabo Delgado. »  C’est le point de vue exprimé par Paulo Rangel, membre du Parlement européen et vice-président du Parti populaire européen, sur la situation actuelle dans le nord-est du Mozambique, où de violentes attaques de groupes armés ont déjà causé des centaines de morts et laissé plus de 200 000 personnes sans abri.

« Cela devrait être une priorité absolue pour la communauté internationale. Pourtant, ce n’est pas le cas. »

 Par Paulo Aido pour l’AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
(24-07-2020)

« Il est déjà tard pour intervenir, mais mieux vaut tard que jamais. Nous sommes confrontés depuis 2017 à ces attaques qui se sont multipliées, et la communauté internationale n’a pas du tout pris conscience de ce problème ». Dans un entretien accordé à l’œuvre pontificale de charité

Aide à l’Église en Détresse (AED), Paulo Rangel décrit comme une « poudrière » la province de Cabo Delgado, et demande de l’aide pour la population touchée par la violence, en particulier pour les personnes déplacées qui ont perdu tout ce qu’elles avaient à cause des attaques de groupes armés. Ces groupes se réclament de l’État islamique (ÉI).

« Ce qui se passe actuellement à Cabo Delgado, c’est que les gens fuient vers les villes, où ils pensent que les attaques seront moins probables, parce qu’ils ont vu ce qui se passe dans les villages… En d’autres termes, ces déplacements de population ne sont pas seulement la conséquence directe des attaques contre les villages, mais c’est aussi une réaction de panique, totalement justifiée. Les gens s’enfuient pour se protéger, avant d’être attaqués ».

 

Attention : « il ne s’agit pas d’une guerre de religion »

Paulo Rangel: « Cela devrait être une priorité absolue pour la communauté internationale. Pourtant, ce n’est pas le cas. »

Pour l’eurodéputé, il est important de faire observer qu’il ne s’agit pas d’une guerre de religion car les victimes de la haine de ces groupes extrémistes sont autant chrétiennes que musulmanes. Il souligne également la position de l’évêque de Pemba, Mgr Luiz Fernando Lisboa, quant à cette question. « L’évêque de Pemba a été très clair dans toutes ses interventions prophétiques. Dans les appels qu’il a lancés (il a été le grand apôtre de cette cause), il a souligné que les musulmans souffraient aussi beaucoup. Les dirigeants musulmans sont également extrêmement préoccupés ».

Les enfants souffrent particulièrement

Tout le monde souffre de cette violence, tous sont victimes de la destruction brutale qui a frappé cette région déjà si pauvre. C’est également pour cette raison que l’aide de la communauté internationale est urgente. « Nous parlons de l’une des régions les plus pauvres du monde », déclare l’eurodéputé. « Ces personnes vivaient déjà dans une extrême pauvreté, avec de grandes difficultés. Le problème est qu’à l’heure actuelle, ces gens risquent de mourir, de perdre leur maison, d’être déplacés… ».

Paulo Rangel décrit à l’œuvre pontificale de charité l’atmosphère de peur et de violence extrême qui s’abat sur la région. « À l’heure actuelle, nous savons qu’il y a des jeunes filles qui sont enlevées, réduites en esclavage, qui deviennent des esclaves sexuelles de certains de ces guérilleros, de ces insurgés, de ces terroristes… Nous savons que des milices djihadistes recrutent des jeunes, dont certains très jeunes âgés de 14, 15, 16 ans. Il est clair que ces jeunes garçons sont sous la contrainte. S’ils refusent de rejoindre le groupe, ils pourraient être tués…

Récits de l’AED – Algérie : Sur les traces de Charles de Foucauld

23.07.2020 in ACN Feature, AFRIQUE, Algérie, Construction, PROJETS AED

Récits de l’AED – Algérie :
Sur les traces de Charles de Foucauld

Le défi de maintenir une présence féminine chrétienne à Tamanrasset

Le 27 mai dernier, le pape François a reconnu l’attribution au bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916) d’un deuxième miracle,ouvrant ainsi la voie à sa canonisation. Tué à Tamanrasset au cœur du Sahara au sud de l’Algérie, le célèbre ermite français, ancien officier, s’était converti, radicalement à 28 ans, à une vie contemplative abandonnée à la volonté du Père et centrée sur l’eucharistie.

Par Christophe Fontaine, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada.
(23-07-2020)

 

Moine trappiste à 32 ans, il quitte sept ans plus tard la vie cistercienne et s’installe pendant trois ans à Nazareth en tant qu’homme à tout faire auprès des clarisses. Il y partage son temps entre le travail manuel, l’adoration et la méditation de l’Écriture, notamment sur la vie cachée de Jésus à Nazareth. Il décide alors de l’imiter dans le silence et la discrétion. Il se sent désormais poussé à accepter d’être prêtre afin de rejoindre les peuples les plus lointains. Ordonné prêtre le 9 juin 1901, il s’établit au sud du Maroc à Beni-Abbès. Là, il construit non pas un ermitage mais une fraternité, une « Khaoua », c’est-à-dire un lieu ouvert à tous : chrétiens, musulmans, juifs.

 

Disponible aux pauvres, rachetant des esclaves, donnant l’hospitalité à tous ceux de passage, il partage son temps entre de nombreuses heures de prières (notamment la nuit), ses activités manuelles et agricoles et les visites qu’il reçoit. Charles de Foucauld se fixe finalement en 1905 à Tamanrasset, venu rejoindre dans le massif montagneux du Hoggar des hommes et des femmes, des Touaregs, que le désert isolait du monde. Là, il se voulait frère de tous, gratuitement, sans prédication, respectueusement et sans distinction de religion ou d’origine, en menant un quotidien ordinaire et dépouillé.

 

L’« apostolat de la bonté »

« Vivant à Tamanrasset depuis plus de 20 ans, l’annonce de la canonisation de Charles de Foucauld produit en moi une joie intérieure, renouvelle ma foi et vivifie ma présence en pays musulman », confie à l’œuvre internationale Aide à l’Église en Détresse (AED), sœur Martine Devriendt de la Congrégation des Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld, dont la spiritualité s’inspire du futur saint. « L’annonce de cette canonisation confirme de manière officielle dans l’Église les intuitions de cet homme, d’autant plus que ces intuitions me paraissent très actuelles où que nous vivions : prière, vie sobre, amitié, proximité des personnes en situation de précarité. » Et à Tamanrasset, petit village au début du XXe siècle devenu une ville cosmopolite de 150 000 habitants, cette vocation s’illustre encore et comme Charles de Foucauld en son temps par la présence notamment des Petites Sœurs, qui est fraternelle, discrète, contemplative, tournée vers le service, au milieu des musulmans du pays et ce, sans aucune velléité de prosélytisme. Dans le sillage de Charles de Foucauld qui a écrit dans ses Carnets de Tamanrasset « Mon apostolat doit être l’apostolat de la bonté. En me voyant, on doit se dire : ‘Puisque cet homme est si bon, sa religion doit être bonne’. Si l’on me demande pourquoi je suis doux et bon, je dois dire : ‘Parce que je suis le serviteur d’un bien plus bon que moi. Si vous saviez combien est bon mon Maître JESUS’ ».

 

La Congrégation des Petites Sœurs du Sacré-Cœur –de Charles de Foucauld fait partie de la douzaine de congrégations religieuses dans le monde se réclamant, à l’instar de groupes de laïcs, de la spiritualité du futur saint. Contemplatives au cœur du monde, les Petites Sœurs sont nées en 1933 et sont arrivées à Tamanrasset en 1952, à proximité de l’ermitage du bienheureux qui y a passé les onze dernières années de sa vie.

 

Une présence féminine essentielle

Comme l’explique sœur Martine à l’AED, « la présence féminine chrétienne à Tamanrasset est importante car les femmes peuvent pénétrer dans les familles et avoir ainsi accès à toutes les couches de la population musulmane, en particulier les plus pauvres et les plus fragiles : les femmes, les enfants, et en particulier celles et ceux qui ont un handicap et qui sont très nombreux. Cela se concrétise par l’écoute des femmes, des visites à domicile, à l’hôpital, dans les prisons, ou encore à travers des démarches administratives, médicales, ou lors des moments de deuils ou de fête.

 

Aussi, Tamanrasset, tout au sud du diocèse de Laghouat-Ghardaïa, est devenu un carrefour où toute l’Algérie et l’Afrique se croisent ».  Les gens du terroir sont Harratins, Touaregs et côtoient des Algériens venant de toutes les régions du pays : Arabes, Kabyles, Mozabites… Les années de terrorisme (1992 à 2000) ont poussé beaucoup de gens du Nord à chercher plus de tranquillité dans la région qui compte aussi de nombreux migrants subsahariens. Les Nigériens et les Maliens viennent pour travailler et les « autres subsahariens » espèrent aller vers l’Europe. Parmi eux, nombreux sont chrétiens, et les sœurs sont pour eux source de réconfort et de soutien spirituel. « Une mission partagée avec les trois Petits Frères de Jésus de Tamanrasset et bientôt un nouveau prêtre qui attend son visa. Cela fait 15 mois qu’il n’y a plus de prêtre pour la paroisse », explique à l’AED sœur Martine.

 

Tamanrasset, Algérie : la vieille construction de terre. L’AED a collaboré à la construction d’un nouvel habitat pour les religieuses et des volontaires du monde entier.

Depuis cinq ans, elle est la seule de sa communauté à vivre sur place. Les religieuses âgées ayant dû rentrer en France. Pour la congrégation, est alors apparu comme une priorité de reconstituer une véritable présence et fraternité chrétienne et féminine à Tamanrasset.  « Comme c’est le cas de bien d’autres congrégations, surtout dans les lieux de frontières, nous ne pouvons plus maintenir seules ces communautés, par manque de renouvellement de personnes. Nous ne pouvons plus penser à des communautés de sœurs de la même congrégation ou de la même spiritualité. Il s’agit maintenant de faire fraternité dans la diversité des charismes des congrégations et de femmes laïques, qui veulent s’engager pour un temps plus ou moins long », écrivaient les sœurs en septembre 2019.

 

Elles lançaient alors un appel aux dons pour reconstruire le lieu de vie existant et ainsi offrir un accueil plus adéquat – autonomie et sécurité – à celles qui se sentiraient appelées à vivre dans la réalité de Tamanrasset. L’AED a décidé de cofinancer ce projet. « La réponse est arrivée avec l’annonce de la canonisation de Charles de Foucauld, ce qui est providentiel, et rend notre projet encore plus actuel », a écrit à l’œuvre, Sœur Isabel Lara Jaén, prieure générale des Petites Sœurs du Sacré-Cœur – du Père de Foucauld. Le bâti initial – en toub (terre) – nécessitait d’être abandonné. Peu pratique, difficile d’entretien, compliqué à rénover, sans confort (petites chambres, manque d’aération et de lumière, toilettes à l’extérieur…), il a été totalement démoli. La construction de quatre studios offrira une indépendance nécessaire pour des femmes venues d’horizons bien différents avec certes une large autonomie, mais aussi avec un projet de mission commun : une vie de prière et une vie solidaire au milieu des musulmans et auprès des migrants subsahariens chrétiens.

 

Le gros-œuvre est aujourd’hui terminé. Les travaux de finition devraient être terminés pour le début de l’automne. Parallèlement à la recherche de fonds en septembre 2019, les religieuses avaient lancé un appel dans le journal catholique français La Croix pour inviter laïques ou religieuses désireuses de vivre pour au moins un an en fraternité. « Quelques personnes devaient venir voir et la pandémie de la Covid-19 a empêché tout voyage ces derniers mois. Mais l’appel est toujours d’actualité ! », ne se décourage pas pour autant sœur Martine.

 

Histoire de succès de l’AED – République Démocratique du Congo (RDC)

16.07.2020 in AFRIQUE, PROJETS AED, Publication, République Démocratique du Congo (RDC)

Histoire de succès de l’AED – République Démocratique du Congo (RDC)

Des missels en langue ciluba

 

La langue ciluba est parlée par environ six millions de personnes dans la région du Kasaï, située dans le sud-est de la République Démocratique du Congo. C’est l’une des quatre langues nationales de ce pays d’Afrique centrale.

 

Il y a quelques années, les évêques des huit diocèses de la région ont reconnu l’urgence de republier les livres liturgiques dans cette langue. Car d’une part, les livres étaient déjà épuisés, et d’autre part il fallait beaucoup les retravailler et puis les corriger du point de vue linguistique.

 

Théâtre de violence

 

La région du Kasaï est une région très pauvre et abandonnée. De plus, en 2016 et 2017, il y a eu de véritables excès de violences, causant la mort de plusieurs milliers de personnes. De nombreuses fosses communes ont été retrouvées. Sans compter les bâtiments ecclésiastiques qui ont été attaqués, pillés et incendiés, comme la cathédrale et le siège épiscopal de Luebo.

 

Le gouvernement est presque absent de la région. L’Église doit s’occuper de tous les besoins de la population et trouver des solutions, dans les limites de ses capacités.

 

La première préoccupation de l’Église

 

Cependant, l’être humain ne vit pas que de pain, et l’Église a toujours à l’esprit le salut des âmes humaines. La célébration eucharistique est « la source et le sommet de la vie et de la mission de l’Église », comme cela est écrit dans le document conciliaire Lumen Gentium. C’est pourquoi la publication de livres liturgiques figurait en tête des priorités des évêques de la région.

 

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont offert 29 000 dollars, la première édition du nouveau lectionnaire a pu être imprimée. La joie est grande, et les évêques, les prêtres et les fidèles des huit diocèses de la région du Kasaï remercient chaleureusement tous ceux qui ont offert leur aide !

Projet AED de la semaine – Burkina Faso : soutien à la radio catholique

30.06.2020 in Adaptation Mario Bard, Burkina Faso, Média, PROJETS AED

Burkina Faso

Soutien à la radio catholique

Cela fait déjà plus de 50 ans que l’Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’évangélisation par l’intermédiaire des médias de masse, en particulier la radio. En effet, le père Werenfried van Straaten, fondateur de notre Œuvre de bienfaisance, avait compris très tôt que grâce aux médias modernes, l’Église pouvait atteindre les foyers des fidèles des régions où les distances sont très grandes et où il y a trop peu de prêtres, quand les fidèles ne peuvent pas aller à l’Église.

 

C’est surtout en Afrique que la radio est le média idéal pour atteindre les gens. Elle joue un rôle important dans la transmission de la foi et dans le domaine de l’éducation et du développement, en particulier dans les zones éloignées et difficiles d’accès.

Au Burkina Faso, il y a des stations de radio diocésaines depuis 10 ans. Douze diocèses sur quinze ont leur propre station de radio et la Conférence épiscopale a désormais fusionné ces stations. C’est une manière pour elle d’unir ses forces pour affronter problèmes nombreux du pays.

 

Accompagner dans les zones de crises

La radio joue un rôle particulier dans le nord du pays. Là-bas, plus de 750 000 personnes sont en fuite, plus de 1 000 écoles sont fermées à cause des attentats et attaques terroristes, et l’insécurité et le chaos se répandent. Dans les zones en crise, la radio est un outil important qui accompagne les gens et les affermis dans la foi, les informe, les aide par des conseils pratiques à reconstruire leur vie, et fournie aux enfants et aux adolescents un niveau minimum d’éducation. La radio promeut également la réconciliation et la paix.

 

L’impact de la COVID-19

La crise du coronavirus a encore renforcé le rôle important joué par la radio. En effet, elle permet de diffuser des conseils importants en matière de prévention. Enfin, les gens peuvent participer à la célébration de l’Eucharistie et prier ensemble à distance.

 

L’AED contribue au développement de la radio catholique à hauteur de 14,500 dollars.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nouvelles AED – Mozambique – des carmélites témoignent de la « barbarie »

22.06.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Mozambique

Mozambique
des carmélites témoignent de la « barbarie »

Trois jours d’attaques djhadistes dans la ville de Macomia 

Propos recueillis 
Paulo Aido & Christophe Lafontaine, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 22 juin, 2020

À la fin du mois de mai, des groupes terroristes ont sévi dans la ville de Macomia dans la province gazière de Cabo Delgado au nord-est du Mozambique. Les Carmélites Thérèsiennes de saint Joseph, présentes dans la ville depuis 16 ans, y accomplissent un travail remarquable dans le domaine de l’éducation. Quelques jours après l’attaque, elles sont revenues sur les lieux et racontent ce qui s’est passé. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) qui leur avait rendu visite en 2015 et les a soutenues au travers de plusieurs projets, exprime aujourd’hui sa consternation face à ce qui s’est passé.

 

L’attaque a commencé à l’aube du 28 mai.  « Elle a été violente, cruelle et a duré trois
jours », explique sur sa page Facebook, sœur Blanca Nubia Castaño, du carmel de Macomia.

Elle et les autres religieuses, conscientes « du risque » qu’elles prenaient, ont abandonné le siège de leur mission quelques jours avant l’attaque.Celui-ci comprend une école et un pensionnat.

« Depuis deux ans et demi », écrit sœur Blanca, la région de Macomia et toute la province de Cabo Delgado sont « terrifiées » par les attaques cruelles de groupes armés djihadistes. Leurs motivations, selon les experts, pourraient être liées à la découverte de riches gisements sous-marins de gaz au large des côtes de cette province. Leurs opérations se sont intensifiées depuis le début de l’année. Ils sèment la terreur parmi la population, brûlent les villages, s’attaquent aux civils le long des voies de communication et dans les transports publics.

 

Le jeudi 4 juin, « bien que les risques ne soient pas complètement écartés », les religieuses ont décidé de retourner à Macomia pour voir  l’ampleur des dégâts causés par les terroristes. Mais elles ont aussi voulu « visiter, encourager et aider au moins [les] employés et leurs familles. »

 

Selon les mots de sœur Blanca Nubia Castaño, la destruction a été violente. « À la suite de cette barbarie, la zone urbaine a été complètement démolie, la plupart des infrastructures de l’État ont été endommagées et la zone commerciale réduite en cendres. »

Outre la destruction matérielle, le bilan humain reste à déterminer. « Nous ne connaissons toujours pas le nombre de victimes civiles ni celles des forces [de sécurité]. Le 3 juin, les gens ont commencé à retourner lentement dans leurs maisons, qui pour certaines ont été brûlées, d’autres pillées… Souvenez-vous qu’il y a seulement un an, nous subissions le passage destructeur du cyclone Kenneth… » Cette dépression tropicale a en effet particulièrement touché la province de Cabo Delgado causant des dégâts considérables.

 

Lors de l’attaque de fin mai, la mission des Carmélites Thérèsiennes de saint Joseph a été épargnée, semble-t-il, uniquement parce qu’elle est située relativement en dehors de la zone attaquée par les terroristes. « Notre mission a été sauvée parce qu’elle se trouve dans les hauteurs, à côté d’une base militaire. » Pour des raisons de sécurité, elles ont dû retourner le jour même dans l’autre mission où elles avaient fui ne pouvant rester à Macomia.

 

Crise méconnue, ignorée par la communauté internationale

Depuis fin 2017, les violences dans la région ont fait plus de 1 100 morts, dont 700 civils, selon l’organisation non gouvernementale Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled). Les violences ont provoqué le déplacement de 200 000 personnes, depuis fin 2017, selon l’Organisation des Nations unies. D’après les mêmes sources, la dernière opération contre la ville de Macomia, qui accueillait déjà 30 000 déplacés, a causé un nouvel exode.

Le pape a attiré l’attention du monde sur cette crise méconnue lors de son message Urbi et Orbi en avril dernier, pour le dimanche de Pâques.

En 2015, une délégation de l’Aide à l’Église en Détresse s’était rendue chez les carmélites de Macomia, à qui l’œuvre internationale de charité avait fourni une voiture pour soutenir leur travail pastoral. « Je suis profondément désolé de la situation à Macomia surtout que j’ai fait la connaissance personnellement des religieuses lors de mon dernier voyage au
Mozambique », a déclaré Rafael d’Aqui, responsable des projets au Mozambique à l’AED. Le travail des religieuses l’a particulièrement impressionné et il explique que « leur engagement ne s’étend pas seulement au pensionnat qu’elles dirigent, mais aussi à l’ensemble de la population environnante ». Outre les élèves dont elles s’occupent, elles sont attentives aux familles et aux professeurs. Il y a aussi un programme d’aide pour apprendre aux mères l’allaitement et pour procurer les soins de base à leurs bébés.

Projet de la semaine – Soutien à la pastorale des jeunes et des familles dans la corne de l’Afrique

03.06.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Ethiopie

Projet de la semaine – Éthiopie

Soutien à la pastorale des jeunes et des familles

dans la corne de l’Afrique

Info du département des projets, AED International
Mise en ligne le 3 juin, 2020

Situé dans la Corne de l’Afrique, à l’est du continent, l’Éthiopie est un pays de contraste. D’une part, on y retrouve une forte croissance économique, et d’autre part, une grande pauvreté. Environ 80 groupes ethniques vivent sur son territoire et elles ont des cultures et des langues très différentes. Au niveau religieux, cinquante-huit pourcents des 109 millions d’habitants sont des chrétiens orthodoxes. Les catholiques représentent un peu moins de deux pourcents de la population du pays. Paradoxalement, l’Église catholique y gère de nombreuses écoles, maternelles et institutions sociales.

Les Salésiens de Don Bosco fournissent ainsi des services importants dans cinq régions d’Éthiopie. La communauté travaille est présente dans le pays depuis 1975. Elle est particulièrement active en faveur des jeunes défavorisés, par exemple les enfants des rues. Elle leur donne un foyer, les accompagne pédagogiquement et les aide à obtenir une formation scolaire et professionnelle.

Les Salésiens sont aussi responsables de la paroisse Marie, Secours des Chrétiens, à Adwa, fondée en 1990. On y retrouve 220 fidèles catholiques. Ici, les gens vivent au jour le jour. La plupart des familles ont un revenu mensuel de 35 à 70 dollars, ce qui n’est pas suffisant pour vivre. De plus, il y a beaucoup de problèmes dans les familles et elles ont besoin de beaucoup de soutien.

Les Salésiens sont donc présents surtout auprès des jeunes, des adolescents et des familles.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) voudrait soutenir leur travail à hauteur de 22,313 $

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nouvelles de l’AED – Burkina Faso : aucun arrêt du terrorisme en temps de pandémie

19.05.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Burkina Faso, Maria Lozano

Burkina Faso
Aucun arrêt du terrorisme en temps de pandémie

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Publié sur le web le 19 mai, 2020

Au Burkina Faso, la menace terroriste qui touche plus particulièrement cinq régions du nord et de l’est du Burkina Faso est «éclipsée par la pandémie de la Covid-19», ont affirmé plusieurs sources locales consultées par l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). Pour les populations directement touchées par les attaques terroristes, le coronavirus est «un malheur dans le malheur», selon ces mêmes sources.

Les personnes interrogées dans les diocèses de Dori, Kaya et Fada N’Gourma, tous gravement affectés par les conséquences du terrorisme, s’accordent à dire que « la gravité de la situation est la même, voire pire par endroits » qu’avant la pandémie, avec près d’un million de personnes déplacées et l’absence totale de réponse des autorités nationales et internationales.

Dans les départements de Bourzanga (région du centre-nord) et Djibo (région du Sahel), les attaques sont quotidiennes. Selon des sources, des zones entières sont isolées, non pas à cause du confinement dû à la pandémie, mais en raison de l’insécurité complète dont elles souffrent. Les quelques villages encore peuplés abritent des milliers de déplacés internes, mais sont de plus en plus séparés du reste du pays.

Abriter des milliers de réfugiés sous attaque

Cela concerne notamment la ville de Djibo, bloquée par des terroristes depuis la mi-janvier 2020. Comme l’ont décrit les sources consultées par l’œuvre de charité pontificale, « il n’y a pas de transport, pas d’approvisionnement, pas de possibilité d’entrer ou de sortir, il y a pénurie d’eau, de carburant, de nourriture, il y a des coupures d’électricité, etc. ».

Selon le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR), près de 150 000 déplacés internes vivent à Djibo, la capitale provinciale. Une autre ville subissant le blocus serait Arbinda, qui abrite 60 000 personnes déplacées internes. Ces deux localités sont les dernières enclaves de vie dans la province, et le seul rempart de protection pour beaucoup de personnes face à l’occupation terroriste.

Un prêtre déplacé du diocèse de Kaya, dans la région du centre-nord, a raconté à l’AED une situation similaire : « Les villages sont presque déserts, ils ont perdu leur rythme de vie, bien qu’il y ait encore des signes d’espérance. Dans ma paroisse, où beaucoup de gens ont cherché refuge, il y a des problèmes liés aux besoins fondamentaux. Le problème crucial reste l’eau. Il est très difficile d’obtenir ce précieux liquide, et cela oblige les femmes, avec tous les risques que cela comporte, à retourner dans les villages voisins abandonnés, qui sont menacés par les terroristes, afin de tenter d’en obtenir et de transporter cette eau avec des tricycles ».

Toujours à Kaya, il y a d’importantes communautés, comme à Namisgma et Dablo, qui sont coupées des villes qui les approvisionnaient jusqu’à présent. Et après des attaques répétées, les terroristes se sont installés dans le gros village de Pensa, détachant de facto cette ville du reste du territoire.

Appel au gouvernement national et à la communauté internationale

Selon les personnes qui se sont confiées à l’AED, les autorités locales et nationales partagent le drame que vit la population, mais la plupart du temps, leurs efforts sont vite anéantis faute de moyens conséquents. Beaucoup regrettent qu’à l’extérieur du pays, l’ampleur de la tragédie ne soit pas comprise : « Sur les 75 villages de ma paroisse, il n’y en a plus que dix encore habité. Tout le monde est parti. Compte tenu de l’abandon de certains villages, une grande partie du territoire se retrouve aux mains des terroristes, échappant au contrôle de l’État », souligne un prêtre du diocèse de Kaya, qui a également dû fuir à cause des menaces à l’encontre de sa paroisse.

Bien qu’il y ait une présence de troupes étrangères, principalement françaises, de nombreux Burkinabés sont sceptiques et se plaignent de ne voir aucun résultat. Ils critiquent également le fait que si l’armée nationale disposait des mêmes conditions de transport et d’armement que les forces étrangères, elle pourrait être plus efficace.

En général, la plupart des Burkinabés se sentent impuissants face à ce malheur,
« d’autant plus qu’en ce moment, l’accent est mis sur la pandémie de Coronavirus, oubliant que le terrorisme fait aussi des victimes, encore plus que le Covid-19 », déplore le prêtre.

Nombreux sont ceux qui appellent les autorités à faire preuve de la même détermination et du même sérieux en ce qui concerne l’amélioration de la situation des déplacés internes à l’intérieur du pays et la lutte contre le terrorisme, qu’en ce qui concerne la lutte contre la pandémie. « Les deux dangers sont réels. Nous sommes coincés au milieu. Et il est très difficile de savoir ce qu’il y a de pire. En tous cas, les conséquences sont les mêmes. Ils créent tous deux des situations de mort » – déclare avec affliction un autre partenaire de la Fondation AED, de la région de Fada N’Gourma, qui vient de recevoir une aide pour construire un mur de sécurité dans sa paroisse, après avoir subi de violentes incursions.

Depuis près de cinq ans, le Burkina Faso est frappé par une vague de terrorisme sans précédent. En février 2020, une délégation de la l’oeuvre de charité, AED, s’est rendue dans le pays pour évaluer les problèmes vécus par les chrétiens dans le nord du pays et réitérer la solidarité de l’Église universelle. Selon les données recueillies par l’AED au cours de la visite, le nombre de déplacés internes s’élève à près d’un million de personnes.

Depuis 2019, plus de 1 000 personnes — chrétiens, adeptes de la religion traditionnelle, musulmans et militaires — ont été tuées. Treize prêtres et 193 coordonnateurs pastoraux ont dû quitter leurs zones d’intervention pastorale pour trouver refuge dans des paroisses encore sûres. Il faut préciser enfin qu’au moins huit paroisses sont fermées et sept communautés religieuses de différentes congrégations ont dû fuir vers des endroits plus sûrs.

Entrevue AED – Mozambique : la guerre silencieuse

28.04.2020 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Mozambique

Mozambique
La guerre silencieuse

 

«Il est important que l’on sache ce qui se passe — 52 jeunes ont été massacrés le 7 avril pour avoir refusé de se joindre aux insurgés».

 

Propos recueillis par Maria Lozano, AED International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

Le pape François a été l’une des rares personnes en autorité au niveau international à parler publiquement de la violence terroriste dans la province de Cabo Delgado qui est située au nord du Mozambique. Cette tragédie a été ignorée par beaucoup, et reste inconnue pour bien d’autres. Maria Lozano de l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), s’est entretenue avec Mgr Luiz Fernando Lisboa, évêque catholique qui est à la tête du diocèse de Pemba, situé dans la province de Cabo Delgado, pour analyser la situation.

 

 

 

Il y a quelques semaines, nous avons entendu parler d’attaques contre la ville de Mocímboa da Praia, située au nord de votre diocèse. Quelle est la situation là-bas en ce moment?

Ces derniers mois, non seulement Mocímboa da Praia, mais aussi Quissanga et Muidumbe ont été attaquées. Il s’agit de trois localités importantes qui sont victimes d’agressions. À l’heure actuelle, la situation est maîtrisée à Mocímboa da Praia, mais malheureusement il y a eu de nombreux cambriolages. Pendant les attaques, de nombreuses personnes ont fui le village pour se réfugier dans la forêt et y passer la nuit. Certaines personnes sans pitié en ont profité, et de nombreuses maisons ont été dévalisées ; de la nourriture, des vêtements et d’autres biens y ont été volés. La semaine dernière [20 avril], l’un de ces voleurs a été capturé et lynché par la population. Malheureusement, tout ce climat de terreur finit par créer de l’insécurité et favoriser un contexte criminel. Comme la population est fatiguée et très nerveuse, ce qui devait arriver est arrivé.

 

Vous avez mentionné Muidumbe. C’est précisément dans ce district qu’a eu lieu l’attaque la plus récente, le Vendredi saint 10 avril, contre la mission catholique du village de Muambula. Que sait-on d’autre sur cet événement

Sept villages ont été attaqués dans le district de Muidumbe, et ce pendant deux jours au cours de la Semaine sainte. Les attaques ont eu lieu entre autres le village de Muambula où se trouve la mission du Sacré-Cœur de Jésus (hameau de Nangololo). Les assaillants s’en sont pris à l’église et ont brûlé plusieurs bancs ainsi que la statue de Notre-Dame, en bois noir. Ils ont également brisé une statue du Sacré-Cœur de Jésus, patron de la paroisse. Heureusement, ils n’ont pas réussi à brûler toute l’église, mais seulement les bancs.

 

Était-ce la première attaque contre une église?

Ce n’est pas la première attaque contre une église. Environ cinq ou six chapelles ont déjà été attaquées et incendiées, mais c’est aussi arrivé à des mosquées. Toutefois, il semble que dernièrement, l’objectif soit que les églises chrétiennes. Ce qui est tragique pour nous, c’est que cette mission de Nangololo avait près de 100 ans et était la deuxième mission du diocèse. Cette attaque a donc été très affligeante de par son caractère symbolique.

 

Est-il vrai qu’il y a eu un autre massacre dans l’un des villages du district de Muidumbe?

Oui, c’était le 7 avril à Xitaxi. Pour notre plus grande tristesse, 52 jeunes hommes ont été massacrés parce qu’ils avaient refusé de rejoindre le rang des insurgés. Pour nous, ce sont de véritables martyrs de la paix parce qu’ils n’ont pas accepté de participer à la violence, à la guerre et c’est pourquoi ils ont été tués.

 

De combien d’attaques avez-vous eu connaissance depuis le début de l’année 2020?

Je ne connais pas exactement le nombre d’attaques qui ont eu lieu. Comme je l’ai dit, sept villages ont été ciblés rien qu’au cours de la dernière semaine. Aujourd’hui, j’ai lu un rapport qui évoquait 26 attaques pour cette année. Mais honnêtement, je pense que le chiffre est plus élevé.

Les attentats terroristes ont augmenté depuis 2017, le Mozambique est passé d’un pays sûr à un pays jugé à risque par de nombreuses ambassades. Pourquoi le Mozambique est-il devenu le théâtre de la terreur islamique? Que cherchent exactement les terroristes?

 

Je pense que ce changement de perception internationale est dû à la guerre dans le Cabo Delgado. Ici dans le nord, mais aussi dans le centre du pays, il y a eu des attaques contre des convois de passagers, ce qui crée clairement de l’insécurité dans le pays. Cependant, je ne dirais pas que le Mozambique soit une scène de terreur islamique. Les dernières attaques auraient été revendiquées par l’État islamique, mais il y a encore des doutes à ce sujet. Certains disent qu’il s’agirait d’un petit groupe local qui aurait utilisé le nom de l’État islamique, d’autres estiment qu’il s’agit vraiment de l’État islamique. La vérité, c’est que nous ne savons pas. Nous ne savons pas non plus ce qui se cache derrière tout cela, mais nous imaginons que les ressources naturelles sont convoitées. Il y a beaucoup d’intérêts en cause, et ceux qui financent tout cela ont trouvé un terrain favorable en raison de la pauvreté et du manque de perspectives lié au chômage des jeunes. Cabo Delgado a toujours été une province très pauvre, abandonnée de tous, y compris par les autorités. Nous assistons à la somme de tous ces facteurs.

Les auteurs de ces actes d’horreur sont-ils les mêmes partout? D’où viennent-ils?

Comme je le disais, nous ne savons pas exactement qui sont les auteurs de ces actes. Nous avons remarqué qu’auparavant ils ne s’attaquaient qu’à un seul site à la fois, mais ces derniers temps ils agissent en même temps, à au moins deux endroits différents… Nous ne savons pas non plus d’où ils viennent, mais de nombreux rapports avancent que certains d’entre eux sont mozambicains, et que les autres viendraient de Tanzanie et d’autres pays…

 

Mais comment œuvrent-ils? Y a-t-il une zone sous contrôle terroriste ou font-ils des raids pour repartir ensuite?

Je ne sais pas si nous pouvons dire qu’il y a une zone sous le contrôle des terroristes, mais de fait il y a une région où ils agissent davantage. Les habitants des villages voisins ont dû quitter leurs maisons et ne peuvent pas rentrer, parce que les terroristes partent d’ici pour se rendre ailleurs puis reviennent.

 

Ces agressions ont-elles une composante religieuse?

Il est difficile de répondre. Depuis le début, les hautes autorités musulmanes de Cabo Delgado  et de tout le pays se sont démarquées de ces attentats et ont déclaré qu’elles n’avaient rien à voir avec tout cela. Il y a quelques jours, elles ont écrit une nouvelle lettre, la seconde, pour prendre leurs distances. Elles soulignent dans leurs déclarations que l’Islam est une religion de paix et de compréhension mutuelle entre les peuples, entre les religions. Elles ne veulent pas de violence. On ne peut pas dire que ces attaques aient été menées par des groupes religieux. Au Cabo Delgado et dans le reste du Mozambique, nous n’avons jamais eu de problèmes interreligieux, pas même entre responsables religieux. Nous avons à plusieurs reprises agi ensemble : prières, déclarations et marches pour la paix.

 

Les religieuses et les prêtres de la région sont-ils en danger?

Nous avons des religieux, hommes et femmes, dans toute cette région où les attaques ont lieu. Les représentants des autorités, tels que les enseignants et le personnel de la santé, ont quitté la région parce que les bâtiments publics y étaient attaqués. Une grande partie de la population est partie, effrayée. Plusieurs organisations non gouvernementales étrangères qui opéraient sur le territoire sont également parties parce qu’elles étaient menacées. J’ai demandé aux missionnaires de partir, parce qu’en tant qu’évêque diocésain, je suis responsable, étant donné que le risque d’attaques était immédiat et qu’ils étaient les seuls à être restés. Les églises ayant commencé à être attaquées, la violence prenait une tournure religieuse. Je dois les protéger, bien qu’ils veuillent revenir dès que possible pour servir le peuple.

 

Que fait le gouvernement central pour remédier à cette situation?

Le gouvernement central a renforcé les forces de défense. Il participe à ces efforts, mais je ne sais pas s’il serait possible de faire davantage. En tout les cas, il est là pour la défense. Cependant, il y a beaucoup de jeunes dans les forces de défense qui sont là par pure obligation, et au moment des attaques il y a beaucoup de déserteurs qui s’enfuient dans la forêt avec la population. Ils sont très peu préparés et ne savent pas comment faire face à cette situation. Je ressens beaucoup de pitié pour les jeunes qui vont se battre, parce que beaucoup de leurs pairs ont déjà perdu la vie.

Pendant son message de Pâques, le Saint-Père a parlé du Mozambique. Il est l’une des rares voix à avoir brisé le silence…

Oui, le jour de Pâques, après la célébration de l’Eucharistie et la bénédiction urbi et orbi, le Saint-Père a parlé de la situation mondiale, de la pandémie et des divers conflits dans le monde. Pour nous, cela a été très important qu’il cite la crise humanitaire dans le Cabo Delgado, parce qu’il existe une certaine « loi du silence ».

 

Que voulez-vous dire en parlant de la «loi du silence »?

La situation est très grave parce qu’on ne peut pas parler librement. Certains journalistes du pays ont été arrêtés et beaucoup ont vu leurs caméras et leurs appareils-photo confisqués. Il y a un journaliste de la radio communautaire de Palma, Ibraimo Abu Mbaruco, porté disparu depuis le 7 avril. Il est important que l’on sache ce qui se passe et que les organismes internationaux, tels que les Nations Unies, l’Union européenne ou l’Union africaine, agissent. Ici, les gens ont beaucoup souffert. Il y a des centaines de morts, des milliers de personnes qui ont dû quitter leurs maisons. Dans notre province, il y a plus de 200 000 personnes déplacées. C’est une injustice qui crie vers le ciel. Les gens d’ici sont très pauvres, et à cause de cette guerre ils sont en train de perdre le peu qu’ils ont. Je demande de l’aide et de la solidarité pour mon peuple, afin qu’il puisse vivre à nouveau en paix, comme il le désire et le mérite.

(27-04-2020)

COVID-19 : Comment vivent les partenaires de projets de l’AED au Mali ?

20.04.2020 in AFRIQUE, Annie Desrosiers, Mali

COVID-19 : Comment vivent les partenaires de projets de l’AED au Mali ?


L’impact de la pandémie dans les pays en développement est très important. Malgré tout, ils pensent à nous. Voici des propos tristes, mais teintés d’espoir et de foi en Dieu, recueillis par l’Aide à l’Église en Détresse dans le diocèse de Ségou au Mali.

 

« Nul n’ignore ce qui se passe aujourd’hui à travers le monde. Cette année 2020 se terminera comment ? Qui peut répondre ? DIEU SEUL ! Oui, Dieu Seul. La maladie à coronavirus est bien réelle au Mali aujourd’hui. Nous en sommes à 144 cas et 13 décès (selon le communiqué du ministère de la Santé du 16 avril dernier). Je crois que l’impact sur la population sera énorme, surtout dans les pays pauvres. Ici, comme ailleurs, les églises sont fermées, les déplacements inutiles sont interdits. Le couvre-feu est trop lourd pour les petits commerçants maliens qui ont déjà du mal à s’en sortir. L’argent est de plus en plus rare, les activités génératrices de revenus sont réduites. Je crois que c’est dur partout dans le monde. »

 

« À Pâques, nous n’avons pas pu baptiser nos catéchumènes. Nous le ferons quand les églises seront ouvertes. Cependant, on a pu célébrer le triduum Pascal en petits groupes. J’ai célébré au postulat des Sœurs servantes du Sacré-Cœur à Ségou. À chaque célébration, on était une vingtaine de personnes. On espère que la maladie à coronavirus sera vite vaincue. »

 

Dans ses conditions particulières, nos dons sont primordiaux pour soutenir les communautés défavorisées et souffrantes.

 

Merci de donner pour soutenir l’Église pauvre et persécutée.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

#AEDSolidaritéCOVID19