fbpx

Cameroun

 

Cameroun – L’Église continue à parler malgré les menaces – AED-Entrevue

15.02.2019 in ACN International, AED Canada, AFRIQUE, Afrique, By Thomas Oswald, Cameroun, Cameroun, Entrevue AED, Maria Lozano, Mario Bard, Voyagez avec AED

Cameroun 

La parole de l’Église n’est pas la bienvenue

Les zones anglophones du Cameroun sont continuellement secouées par le conflit qui oppose les groupes séparatistes anglophones au gouvernement central francophone. Dans ce contexte de lutte fratricide, l’Église tente de renouer le dialogue entre les parties. Mgr Emmanuel Abbo, 49 ans, évêque de Ngaoundéré, francophone, et Mgr Michael Bibi, évêque auxiliaire de Bamenda, anglophone, témoignent de la situation de leur pays. Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenue avec eux. Propos recueillis par Thomas Oswald.

Photo plus haut : séminariste tué le 4 octobre dernier Akiata Gerard Anjiangwe sans aucun autre motif que celui de faire peur à l’Église et de la taire dans son désir d’aide à pacifier le pays.

*** 

Mgr Emmanuel Abbo: « Les nouvelles ne sont pas rassurantes ».

AED : Peut-on parler de « guerre civile » dans les zones anglophones ?

Mgr Michael Bibi : Les élections du mois d’octobre 2018 auraient dû permettre aux populations de cette région de s’exprimer par la voie démocratique. Dans les faits, les choses sont plus compliquées, car il y a un très grand nombre de déplacés internes, et que très peu de Camerounais ont pu effectivement voter. Les conditions ne sont malheureusement pas réunies pour un exercice démocratique apaisé. Or, c’est pourtant par le dialogue franc, inclusif, que nous pourrons sortir de cette crise. Pour le moment, on n’entend que les autorités religieuses !

Mgr Emmanuel Abbo : Je ne suis pas sur place, mais les nouvelles qui nous parviennent ne sont pas rassurantes. Nous recevons vraiment des informations très variées donc on ne peut pas se prononcer objectivement.

 

AED : À plusieurs reprises, l’Église camerounaise a tiré la sonnette d’alarme pour avertir de la situation des clercs, prêtres et religieux, qui se situent dans ces zones anglophones. Quel rôle peut-elle jouer ? 

Mgr Michael Bibi : L’Église est en première ligne. Un prêtre et un séminariste ont été abattus en région anglophone. Concernant ce dernier, ce fut une véritable exécution, mise en scène devant son église, en présence des paroissiens. Et ces deux cas ne sont malheureusement pas isolés. Je reçois des nouvelles inquiétantes de beaucoup de religieux qui se font tirer dessus, kidnapper et rançonner. J’ai moi-même été arrêté, mais ils m’ont relâché quelques heures après.

Je peux témoigner que le clergé qui demeure en zone anglophone est particulièrement menacé. Pourtant, nous parlons vrai : nous disons la vérité ! Nous disons aux jeunes de rester à l’école et de ne pas rejoindre les milices, que cela ne mène à rien, et les milices nous accusent de faire le jeu du gouvernement. Nous dénonçons aussi l’action de l’armée gouvernementale, nous demandons à ce que la région soit démilitarisée, et du coup nous sommes catalogués comme prorebelles par les autorités ! Notre parole de vérité n’est pas la bienvenue dans ce conflit fratricide. La vérité c’est que les deux camps tuent, et ne font qu’ajouter de la violence à la violence.

Mgr Emmanuel Abbo : L’Église apporte une contribution pour la résolution des conflits et pour le maintien de la paix. La conférence épiscopale prend des initiatives, mais nous préférons opérer en silence pour approcher les parties en conflit et trouver des solutions adaptées, car la médiatisation risque de nuire à la réussite de ces initiatives.

 

AED : Comment se porte l’Église dans votre pays ?

Mgr Michael Bibi : Grâce à Dieu, la foi des Camerounais est puissante. La messe dominicale est suivie avec ferveur, et nous avons des vocations sacerdotales. Il faudrait à présent que nos dirigeants soient, eux aussi, illuminés par cette foi.

Mgr Michael Bibi: « Or, c’est pourtant par le dialogue franc, que nous pourrons sortir de cette crise. »

Mgr Emmanuel Abbo : Mon diocèse a été évangélisé il y a à peine soixante ans. Les Oblats de Marie Immaculée, d’origine française, sont arrivés dans les années 50. Trois éléments donnent à espérer. Les prêtres de mon diocèse sont très jeunes, très dynamiques, avec qui j’entretiens une excellente collaboration ; nous avons une présence religieuse qui partage nos préoccupations pastorales et, malgré la pauvreté ambiante, nous avons des fidèles qui sont prêts à faire ce dont ils sont capables pour que notre Église aille de l’avant.

 

Nous rencontrons des défis énormes. Sur le plan pastoral, le diocèse ne dispose pas de suffisamment de prêtres – j’ai donc fait appel à des prêtres fidei donum – et nous n’avons pas assez de ressources humaines et matérielles. Sur le plan social, nous souhaitons reconstruire nos écoles et centres de soins, en dur. Sur le plan du développement, nous souhaitons accompagner notre population, très pauvre, en organisant des associations, ou des coopératives. Une des priorités du plan pastoral est la construction d’un centre pastoral diocésain, destiné à abriter les formations que nous souhaitons organiser pour former nos 343 catéchistes et 57 prêtres.

 

AED : Que souhaitez-vous dire à nos bienfaiteurs ?

Mgr Michael Bibi : Nous avons besoin des prières de l’Aide à l’Église en Détresse. Nous avons aussi besoin d’une aide concrète pour les victimes du conflit de la région anglophone, conformément à la parole de Jésus : « J’avais faim, vous m’avez nourri, j’étais nu, vous m’avez vêtu ».

Mgr Emmanuel Abbo : Je veux leur dire merci pour leur générosité, ils nous sont d’un grand soutien dans nos diocèses, particulièrement au Cameroun, car l’AED nous soutient beaucoup dans nos projets pastoraux. Soyez encore plus généreux, car nos soucis et nos préoccupations sont croissants.

*** 

Une belle nouvelle de l’AED pour un autre évêque, Mgr Georges Nkuo: 

Ayant été informé de notre décision de financer différents projets dans son diocèse de Kumbo, Mgr George Nkuo nous écrit un message de remerciement :

« Vous avez attribué des bourses pour nos 110 grands séminaristes, pour notre bureau responsable de la pastorale des familles, pour les novices des Sœurs Tertiaires et pour les Frères de Saint-Martin de Porres. Je tiens à vous remercier sincèrement de votre aimable considération.

Ces subventions arrivent à un moment où l’Église de notre province ecclésiale traverse une période très difficile et où notre revenu local a été sérieusement affecté à cause de la guerre qui sévit dans nos régions. Aussi, vous pouvez imaginer le soulagement que votre aide a apporté à nos diverses communautés.
Je m’empresse d’écrire en leur nom pour vous dire « Merci ! ».

Encore une fois merci et que Dieu continue à vous bénir, vous et nos bienfaiteurs.

+George »


 

Projet de la semaine AED: Centrafrique

16.08.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Cameroun, Centreafrique, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Centrafrique et Cameroun

Formation pour 39 jeunes carmes

 

Très tôt, certaines personnes savent exactement ce qu’elles veulent. Dès l’âge de cinq ans, le petit Jean Thierry Ebogo du Cameroun sait qu’il veut devenir prêtre. Pour lui, être prêtre signifie « être Jésus ». Quand il entre au Carmel en 2003 à l’âge de 21 ans, l’objet de ses rêves semble être à portée de main.

 

Malheureusement, à peine un an plus tard, une tumeur maligne est trouvée sur sa jambe droite. Tout est fait pour le guérir, mais, malgré l’amputation, la maladie progresse. Quand il est emmené en Italie en 2005 pour y suivre un traitement, il a déjà des métastases.

 

Le 8 décembre 2005 – fête de l’Immaculée Conception –, il prononce ses vœux perpétuels dans la chambre où il est hospitalisé. Son seul souci est de savoir s’il sera ordonné prêtre. Il endure de fortes douleurs en souriant et les offre en faveur des vocations sacerdotales et religieuses. « Je voudrais juste être guéri pour devenir prêtre », dit-il. Mais son plus grand rêve ne se réalise pas ; il meurt en odeur de sainteté le 5 janvier 2006, à l’âge de 23 ans. Une foule immense participe à ses funérailles. Nommé Serviteur de Dieu, son procès en béatification au niveau diocésain se termine en 2014 à Milan.

 

Des jeunes persévérants et « courageux »

Avant de mourir, le jeune Jean Thierry Ebogo promet d’offrir à l’Afrique une véritable « pluie » de vocations sacerdotales. Il semble avoir tenu parole puisqu’au Cameroun et surtout en République centrafricaine, l’ordre des Carmes déchaux reçoit de nombreuses vocations.

Au Cameroun, patrie de Jean Thierry Ebogo, douze jeunes hommes sont actuellement en formation. En République centrafricaine (RC), un pays où sévit une pauvreté extrême et qui fait régulièrement les grands titres à cause de la violence, 27 jeunes carmes suivent l’appel de Dieu et se préparent à faire leurs vœux perpétuels et à être ordonnés prêtres. Par le don de leur vie, ils veulent contribuer à ce que la paix dans leur pays puisse enfin devenir réalité.

Le père Cyriaque Soumbou, l’un des formateurs des futurs religieux à Bouar en RC, déclare : « C’est une joie de voir ces jeunes hommes qui, au milieu des vicissitudes de la vie quotidienne et en dépit de toutes les tentations, essaient de donner un sens à leur propre vie en se laissant conduire par l’Esprit saint, dans la recherche de la volonté de Dieu. Les jeunes séminaristes sont pour moi des perles précieuses, ils sont une raison de remercier, parce qu’ils sont l’avenir du Carmel thérésien ». Lui-même s’était senti attiré dès l’enfance par la solitude et la vie de prière des Carmes, mais aussi par la joie de vivre en communauté et le fait de se consacrer au service du prochain. Un exemple de vie donné par les missionnaires italiens qui ont amené l’ordre des Carmes dans sa patrie et qui y travaillent encore aujourd’hui. « Je suis sûr que cette joie intérieure n’est pas le fruit des efforts humains, mais que Jésus nous unit. Comme est douce la main du Seigneur qui veut m’accompagner ! Les enseignements de Sainte Thérèse d’Avila sont toujours clairs : l’humilité compte dans la vie religieuse. Il ne faut pas compter sur ses propres forces, mais sur la grâce de Dieu », raconte le père Cyriaque pour décrire ses expériences personnelles.

 

Fidèle à sa mission, Aide à l’Église en Détresse soutient les 39 jeunes Carmes de Bangui, Bouar et Yaoundé afin qu’ils puissent poursuivre leur formation, grâce à un montant de 35 478 dollars.

 

 

 


 

Entrevue AED: Aide d’urgence au Cameroun

03.11.2016 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Aide d'urgence, Cameroun, Chrétiens Catholique

Cameroun

Terrorisme : l’Afrique oubliée

La population de Maroua-Mokolo vit dans la peur. En effet, ce diocèse situé dans la région frontalière du Nigéria est sans cesse le théâtre d’attentats perpétrés par Boko Haram.

Lorsque Mgr Bruno Ateba Edo, évêque du lieu, célèbre l’Eucharistie sous un arbre, les fidèles se tiennent souvent par la main et forment une chaîne humaine. Ils veulent ainsi empêcher les kamikazes de rester anonymes et de se mêler à la foule en prière. Avant la messe, des volontaires contrôlent si les personnes qui souhaitent assister au culte portent sur elles des armes ou des explosifs. Les grands sacs à main sont également interdits.

 

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme lieu de prière pour les 5.000 catholiques nigérians réfugiés dans le diocèse de Maroua-Mokolo

 

Le risque est particulièrement important lors de rassemblements de foules. Et pourtant, cela ne dissuade pas les fidèles catholiques de se rassembler pour prier : « La prière est notre force et notre espoir. Nous avons besoin de la prière! Nous voulons prier! Surtout, la prière au sein de la communauté est un signe d’espoir », affirme l’évêque.

En février dernier dans la localité de Mémé, deux kamikazes ont entraîné au moins vingt personnes dans la mort en se faisant exploser sur le marché et en ont blessé des douzaines. Par contre, la prière a sauvé d’autres personnes. « À l’heure de l’attentat, beaucoup de femmes travaillant sur le marché et d’autres personnes du village venaient juste d’aller à l’église pour participer à la prière du Chemin de croix. Elles disent : “Nous sommes encore en vie parce que nous étions dans l’église. Sans le chemin de croix, nous serions mortes.” »

 

« que des Africains »…

Mgr Ateba Edo est déçu que les médias internationaux ne tiennent pratiquement jamais compte de la situation dramatique dans son diocèse. « Je souhaiterais que ce qui se passe chez nous, au nord du Cameroun, suscite plus d’attention. Lorsque quelque chose survient en Europe, cette nouvelle fait immédiatement le tour du monde. C’est comme un tremblement de terre. Mais lorsque des gens meurent ici au Cameroun ou dans d’autres pays africains, ce n’est pas un grand sujet d’intérêt. Certaines personnes pensent probablement que les victimes ne sont “que des Africains”, alors qu’on dit tellement souvent que le monde d’aujourd’hui est un village. Les médias doivent exercer une plus grande pression. Ils en ont le pouvoir et la force. Je voudrais dire aux médias : regardez-y de très près, partout où quelque chose de grave arrive, et parlez-en! »

 

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme lieu de prière pour les 5.000 catholiques nigérians réfugiés dans le diocèse de Maroua-Mokolo

 

La pastorale des réfugiés catholiques est assurée par un prêtre nigérian qui parle leur langue. Aide à l’Église en Détresse à apporter un soutien de 21 750 dollars à la construction d’une chapelle. L’évêque en est très reconnaissant : « Il y a presque 5 000 catholiques dans ce camp. Tous les dimanches, deux messes y sont maintenant célébrées. Un lieu de prière est un signe important. Merci de nous avoir aidés! »

Plus de 50 000 Camerounais viennent s’ajouter aux réfugiés nigérians. Ils ont fui des villages situés directement près de la frontière, où la situation est particulièrement dangereuse. La plupart de ces Camerounais ont pu trouver refuge chez des amis, des connaissances ou des proches. Ils ne bénéficient que du soutien de l’Église catholique. L’année dernière, AED a donc fourni une aide d’urgence de 109 500 dollars afin que ces déplacés puissent être soutenus.

Il faut savoir que le diocèse ne peut soutenir tant de monde. L’évêque lui-même est pauvre; il vit dans une petite pièce sans salle de bain. Il n’a même pas d’église épiscopale. Sa richesse, ce sont les gens de son diocèse.

Il se réjouit particulièrement du grand nombre de vocations sacerdotales. Trente jeunes hommes du diocèse de Maroua-Mokolo se préparent actuellement à la prêtrise. Cette année, Mgr Ateba Edoa a déjà pu célébrer deux ordinations sacerdotales, et à la Toussaint, il célébrera l’ordination diaconale de trois jeunes aspirants à la prêtrise.

 

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Bishop Bruno Ateba Edo (Diocese of Maroua-Mokolo ) and Bishop Oliver Dashe Doeme (from the diocese of Maiduguri in Nigeria) at a refugee camp Used as Illustration for the Internet Project CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 16/00099 PrID: 1602589

Mgr Bruno Ateba Edo (Diocèse de Maroua-Mokolo ) et Mgr Oliver Dashe Doeme ( diocèse de Maiduguri à Nigeria)

Malgré tout : un « merveilleux dialogue

Malgré tous les problèmes avec Boko Haram, Mgr Ateba Edo affirme être ravi qu’il y ait un “merveilleux dialogue” avec les musulmans. De nombreux enfants musulmans — parmi eux les fils et filles de chefs religieux — fréquentent des écoles catholiques. “Les musulmans normaux sont contre Boko Haram”, assure-t-il.

Tous les jours, après l’Eucharistie, les fidèles catholiques prient pour que Dieu leur accorde la paix. D’ailleurs, la situation s’est déjà un peu améliorée. En effet, les exactions armées militaires que Boko Haram commettait dans cette région ont diminué. C’est que l’organisation terroriste a été affaiblie par les interventions militaires communes des troupes armées du Nigéria, du Niger, du Cameroun et du Tchad.

“Maintenant, l’espoir des gens repose en premier lieu sur leur foi en Dieu”, ne cesse de souligner l’évêque. “Nous mettons notre confiance dans la prière. La prière est notre force. Nous prions parce que nous avons besoin de paix. Et malgré les attentats, nous n’arrêterons pas de nous rassembler et de prier ensemble afin que Dieu nous accorde cette paix!”

 

Au Cameroun, l’aide annuelle d’Aide à l’Église en Détresse s’élève à environ 2,19 millions de dollars.

Par Eva-Maria Kolmann, AED International
adaptation : Mario Bard, AED Canada

 

 


 

Entrevue : attaques au Cameroun

04.03.2016 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Amélie de La Hougue, Cameroun, Déplacés, Mario Bard, Voyager avec l'AED

Photo du haut: Mgr Bruno Ateba Edo

Cameroun

« toute la population a peur des kamikazes »

 Vendredi 19 février, un double attentat-suicide sur un marché à Mémé, dans le nord du Cameroun, a fait au moins 20 morts et plusieurs dizaines de blessés. L’attaque, perpétrée par deux jeunes femmes kamikazes, a été attribuée à Boko Haram. Depuis 2013, selon le gouvernement, plus de 1 200 personnes ont été tuées dans la région de l’Extrême-Nord. Mgr Bruno Ateba Edo, évêque de cette région du diocèse de Maroua-Mokolo, répond aux questions d’Aide à l’Église en Détresse (AED).

AED: Monseigneur, qui sont visés par ces attentats ?
Mgr Ateba Edo: C’est toute la population qui est visé ! Que ce soit des musulmans, des chrétiens, des païens, c’est toute la population qui est visé dans un marché ! Parfois ça peut être un groupe de chrétiens mais à Mémé, la semaine dernière, c’était au marché.

Comment réagissent les camerounais ?
Tout le monde a peur des kamikazes. Il y a une psychose. Quand il y a des regroupements comme les marchés, on ne sait pas qui est qui, et on ne peut pas surveiller….On a mis en place des Comités de vigilance dans les villages pour essayer de protéger les lieux, mais malgré cela, il y a souvent des infiltrés.

Qui font partie de ces Comités ?
Ce sont des gens du village, qui travaillent en collaboration avec l’armée, car pour faire cela, il faut bien connaitre la région, la langue…ils travaillent d’arrache-pied avec l’armée.

Voyez-vous un exode de la population Nord du Cameroun?
Les kamikazes sont le long de la frontière, sauf de temps en temps, il y a des attentats ailleurs à cause d’infiltrés, comme ce qui s’est passé à Mémé qui est pourtant à 35 kms de la frontière. La population s’installe donc beaucoup à Maroua, la grande ville (un peu plus à l’intérieur des terres). En ville, il y a la sécurité, le problème est près des frontières. Car la frontière est très poreuse, il n’y a pas de frontière comme en Europe. Ici, la même grande tribu, la même grande famille est sur différents pays : l’oncle est au Cameroun, la sœur est au Nigeria …parfois, même une partie de la maison est au Cameroun et l’autre au Nigeria.

Déjà au milieu de l'année 2015, il y avait des personnes déplacées dans cette région du diocèse de Maroua-Mokolo, à cause de la violence.

Déjà au milieu de l’année 2015, il y avait des personnes déplacées dans cette région du diocèse de Maroua-Mokolo, à cause de la violence.

Les relations entre les musulmans et les chrétiens ont-elles changées avec l’extension de Boko Haram ?
Entre les chrétiens et les musulmans, nous avons un bon dialogue, une bonne collaboration. Par exemple, les enfants du chef du village fréquentent nos écoles catholiques. Nous avons tous peur des kamikazes, musulmans ou chrétiens.

Boko Haram semble s’affaiblir, qu’en pensez-vous ?
Militairement parlant, ils sont déjà anéantis. Mais il reste les kamikazes. A l’époque, c’était des attaques armées, maintenant ce sont des attentats…

Comment agit l’Église pour rassurer les fidèles ?
Nous prêchons l’espérance et nous prions pour la Paix. Nous avons une prière pour la Paix que j’ai composée, nous la prions chaque jour après la messe. Et nous prêchons beaucoup la Miséricorde divine en cette année de la Miséricorde. Nous avons aussi demandé aux fidèles de poser des Actes de Miséricorde auprès des déplacés (déplacés internes et réfugiés du Nigeria). Nous disons à nos fidèles que malgré les kamikazes, malgré la guerre, notre prière va beaucoup nous aider.

 

Entrevue: Amélie de La Hougue, AED Intl

 


 

Projet de la semaine : aide à la subsistance pour trois religieuses

27.01.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Aide à la subsistance, Cameroun, Vues D'ailleurs

Cameroun

 

Aide à la subsistance pour trois religieuses

Les Sœurs de la Divine Providence travaillent au Cameroun depuis 1999. En 2002, elles sont également venues dans le diocèse de Mbalmayo, qui se trouve au centre du pays. Elles y vivent et y travaillent dans la station missionnaire d’Ayos. Elles ont repris une école de sœurs françaises qui sert maintenant de centre de formation pour les femmes et les jeunes filles. 

 

Soeur Célestina visite une femme âgée à la maison.

Soeur Célestina visite une femme âgée à la maison.

 

 

Ces dernières y apprennent à coudre et à broder. 47 femmes et 14 jeunes filles y suivent actuellement des cours. En 2012, les sœurs ont par ailleurs également ouvert un dispensaire où elles soignent diverses maladies. Il y a aussi un service de maternité dans lequel 236 enfants ont vu le jour rien que l’an dernier.

 

 

Trois religieuses travaillent à Ayos. Sœur Célestine, la mère supérieure, est infirmière et dirige le centre de santé. Elle enseigne également l’hygiène aux jeunes filles et dirige un groupe des « amis de la Divine Providence ».

Sœur Danuta fait la catéchèse et apprend aux femmes et aux jeunes filles à coudre et à broder. Sœur Gaëlle est responsable de la catéchèse des plus jeunes enfants de la paroisse.
Ses cours sont très fréquentés :
300 enfants y participent !
Elle est également responsable de la bibliothèque.

 

 

Les religieuses fournissent un service précieux et travaillent beaucoup, mais elles ne touchent aucun salaire. Il faudrait, au sens strict, que « Dieu le leur rende ». Mais comme il faut bien qu’elles financent leurs modestes conditions de vie, elles nous ont demandé de l’aide.

Nous voudrions contribuer à les aider avec un montant de 2 175 dollars canadiens pour une année entière.

 

 

Les religieuses travaillent aussi en éducation.

Les religieuses travaillent aussi en éducation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Boko Haram a détruit, l’AED reconstruit

27.11.2015 in Adaptation Mario Bard, AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Cameroun, Déplacés, Écoles, Éducation, Voyager avec l'AED

Cameroun

Boko Haram a détruit, l’AED reconstruit

 

En 2014, le groupe djihadiste Boko Haram a attiré l’attention du monde entier lorsqu’il a enlevé au Nigéria 276 lycéennes entre 16 et 18 ans. Le hashtag #BringBackOurGirls a été mondialement utilisé et diffusé à travers 2,3 millions de tweets, notamment de la part de personnalités telles que Michelle Obama, Première dame des États-Unis.

 

Aussi terrible qu’ait été cet enlèvement, il n’est pas resté le seul incident durant le long règne de terreur de Boko Haram. Au cours des six dernières années, 2,1 millions de personnes ont perdu leur foyer, obligées de fuir à cause des attaques de Boko Haram contre des villages du Nigéria et des pays limitrophes.

 

Selon des informations d’UNICEF, 1,4 million de ces déplacés sont des enfants. Nombre d’entre eux ont quitté les régions du nord du Nigeria, anciennement sous contrôle de Boko Haram, et se sont enfuis au Cameroun, à l’intérieur des terres. Beaucoup de personnes ont également été déplacées au Cameroun, en particulier celles qui vivaient à proximité de la frontière avec le Nigéria.

 

En traduction libre, le nom du groupe Boko Haram signifie L’éducation occidentale est un péché. Les attaques du groupe perpétrées contre des établissements scolaires, comme dans le cas de l’enlèvement connu sous le hashtag #BringBackOurGirls, ont eu des conséquences extrêmement néfastes sur les efforts du Cameroun de fournir une éducation scolaire à ses enfants.

 

Emergency help for displaced people Maroua MokoloL’éducation, une expression de l’amour

 

Dans les zones d’incursions de Boko Haram, de nombreux établissements scolaires ont tout simplement été abandonnés. Le jour de la rentrée, en septembre 2014, 173 établissements du primaire et du secondaire sont restés fermés, et 25 000 élèves n’ont pu commencer normalement leur année scolaire.

 

Un grand nombre de ces élèves ont déménagé dans le diocèse de Maroua-Mokolo, engendrant un énorme besoin en organismes de formation supplémentaires.

 

Sous la direction de l’évêque Mgr Bruno Ateba Edo et du vicaire général Mgr Gilbert Damba, le diocèse de Maroua-Mokolo relève ce défi. Avec le soutien d’Aide à l’Église en Détresse (AED), le diocèse prendra en charge cette année les frais de scolarité de mille enfants déplacés et mettra à leur disposition les fournitures scolaires nécessaires. Ces enfants seront choisis parmi les plus nécessiteux et la moitié des boursiers seront des filles.

 

D’autres soutiens seront également renforcés. Des documents officiels, par exemple des certificats de naissance, seront établis pour les enfants. Des enfants fortement traumatisés bénéficieront d’un suivi psychologique. Les boursiers seront répartis sur plus de cinquante établissements scolaires du primaire et du secondaire, et chaque élève pourra fréquenter l’école la plus proche.

 

Par ailleurs, le diocèse de Maroua-Mokolo agrandira les salles de ses écoles catholiques et construira cinq nouvelles salles de classe. Le programme du diocèse en faveur des enfants déplacés démontre bien que l’éducation est l’une des expressions de l’amour que Jésus-Christ porte à chaque enfant et à chaque être humain.

 

L’AED soutien avec un fonds d’aide de plus de 108 000 dollars canadiens.

 

Texte de Harold Fickett et Maria Lozano, AED international. Adaptation : Mario Bard AED-Canada

L’AED à Radio VM : Cameroun au coeur!

27.10.2015 in AED, AED Canada, Cameroun, Éducation, Vues D'ailleurs

Vues d’ailleurs à Radio VM

Cameroun au coeur! 

Soerur Yvette entourée de deux religieuses camerounaises: soeur Brigitte Minkada (à gauche) et soeur Justine Konaï.

Soerur Yvette entourée de deux religieuses camerounaises: soeur Brigitte Minkada (à
gauche) et soeur Justine Konaï.

Soeur Yvette Dubois est membre de la Congrégation de Notre-Dame. Depuis plus 20 ans, elle travaille auprès de la population camerounaise dans la formation de nouvelles religieuses. Allez là-bas a été un appel à rencontrer les plus pauvres. Appel qui s’est transformé en coup de coeur pour la population de ce qui est surnommé « L’Afrique en miniature ».

Ne manquez pas Vues d’ailleurs, mercredi 19 h, sur les ondes de Radio VM.
En rediffusion jeudi à 23 h 30 et samedi à 4 h 30.

Cette émission est proposée en partenariat avec Radio VM
par le bureau canadien de Aide à l’Église en Détresse (AED).

Merci à Stéphanie Manseau pour l’aide à la réalisation de cette émission.
Photos: CND

Vues d’ailleurs à Radio VM

20.10.2015 in AED Canada, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Cameroun, Mario Bard, Radio Ville Marie, Radio VM, Vues D'ailleurs


Mercredi 21 octobre, 19 h sur Vue d’ailleurs à Radio VM :

L’Évangile vit toujours et porte visage

NoFrancois_Marie_C1_96dpi[1]s invités parlent d’une figure importante de la communauté nouvelle québécoise des Franciscains de l’Emmanuel, soutenue par Aide à l’Église en Détresse depuis son implantation au Cameroun.

Décédé en 2012 à l’âge de 50 ans, le frère François-Marie a profondément touché les personnes qui l’ont côtoyé, en particulier les nouveaux religieux de son coin d’adoption. Un témoignage qui révèle que les figures d’Évangile sont encore bien présentes aujourd’hui!

Invités:
Anne Garon, auteure
Frère Denis-Antoine, Franciscains de l’Emmanuel

Liens d’intérêts :
Éditions Novalis, éditeur de Comme une flûte de roseau
Communauté des Franciscains de l’Emmanuel

Cameroun – La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

10.09.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Antonia von Alten, Cameroun, Construction, Formation religieux, Prière, PROJETS AED, Refugiés
CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available

CAMEROUN / MAROUA-MOKOLO Mgr Bruno Ateba

Cameroun

La terreur causée par Boko Haram atteint les villes

 Antonia von Alten, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 Après des attentats-suicide ayant causé plus de 30 morts en juillet dans la ville épiscopale de Maroua, les habitants du nord du Cameroun sont effrayés. Des mesures de sécurité draconiennes ont été prises pour pouvoir célébrer les messes dominicales. La normalité ne revient que lentement. Mgr Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, est malgré tout plein d’espoir. Il compte sur la prière et le dialogue entre chrétiens et musulmans.

 Pour des millions de catholiques en Europe, c’est la normalité, mais pour l’évêque du diocèse camerounais de Maroua-Mokolo, Mgr Bruno Ateba, il s’agit d’une importante intention de prière : célébrer dignement la messe dominicale dans une église – sans avoir peur d’un attentat.

Lors d’une visite à l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) à Königstein (Allemagne), cet évêque de 50 ans a signalé qu’il célébrait chaque dimanche plusieurs messes en plein air, rassemblant un total d’environ 3 000 fidèles – sous la soleil ou la pluie. À chaque fois, une chaîne humaine est formée autour de la communauté des fidèles ; ceux qui veulent participer à la messe doivent d’abord se soumettre à de stricts contrôles de sécurité. Malgré la terreur, les fidèles de Maroua gardent leur joie. « Nous aimons danser et chanter lors de la messe », dit Mgr Ateba. Ce bonheur est toujours là. « Car le Seigneur est notre refuge. »

Comme un vendredi saint

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Construction of a hangar as chapel for 5.000 catholic nigerian refugees in parish Zamay Minawao: The faithful celebrating holy mass Only this very small/bad file quality available

Les attentats-suicide de juillet ont été terribles. Plus de trente personnes ont été tuées dans l’attentat terroriste de juillet à Maroua, et il y a eu des centaines de blessés. L’horreur a encore été aggravée par le fait que ce sont probablement des jeunes filles qui ont été forcées par Boko Haram à cacher des bombes sous leur burqa et à se faire exploser en public. « Pour nous, c’est comme si c’était un vendredi saint », dit Mgr Ateba. « Mais nous ne perdons pas espoir. »

Le Cameroun se situe entre les foyers de tension actuellement les plus grands d’Afrique, le Nigéria et la République centrafricaine. Le Nigéria, où le groupe terroriste Boko Haram sévit de façon particulièrement cruelle, n’est qu’à 60 kilomètres de la capitale provinciale Maroua. Mgr Ateba nous a raconté que la population de la zone frontalière et de la capitale de la province était traumatisée et avait peur de nouvelles attaques. Il y a quelques jours (le 3 septembre), Boko Haram a encore frappé dans le nord : sur un marché très fréquenté du nord du Cameroun, deux femmes se sont fait exploser, causant un bain de sang.

Aux dires de Mgr Ateba, plus de cent mille personnes sont en fuite au Cameroun : 52 600 personnes – principalement issues du Nigéria, pays en crise – se trouvent dans le camp de réfugiés des Nations Unies de Minawao (situé à 40 km de Marauo). Plus de 50 000 Camerounais sont en fuite dans leur propre pays, par peur de Boko Haram. Beaucoup ont trouvé refuge chez des proches ou dans des salles publiques. L’évêque camerounais fait partir les missionnaires étrangers de la zone frontalière. « La vie est trop dangereuse pour des personnes à la peau blanche », a-t-il expliqué dans sa décision. Le nord du Cameroun vit surtout du tourisme. Mais les touristes ne viennent plus depuis que Boko Haram terrorise la région. « Nous sommes dépassés » : Mgr Ateba résume ainsi le sentiment des gens qui vivent du tourisme.

La prière et le dialogue

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo: Bishop Bruno Ateba Edo (Diocese of Maroua-Mokolo ) and Bishop Oliver Dashe Doeme (from the diocese of Maiduguri in Nigeria) at a camp for refugees and displaced people

Grâce à une forte présence militaire et policière, une certaine normalité se maintient à l’heure actuelle, mais la paix n’est pas encore gagnée. C’est pourquoi Mgr Ateba lance un appel à la communauté internationale : « Aidez-nous à trouver la paix. Nous ne pouvons rien faire sans la paix. La communauté internationale dispose de tous les moyens pour mettre un terme à la terreur causée par Boko Haram. »

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son diocèse à la mi-août, Mgr Ateba a invité les gens à la prière et à faire preuve de vigilance. « Il est important pour notre sécurité que nous coopérions avec les autorités publiques. Quiconque se retrouve face à quelqu’un qu’il ne connaît pas doit être vigilant. Les personnes suspectes doivent rapidement être signalées à la police. » Cela vaut en particulier dans la région frontalière, car à maints endroits, la frontière n’est pas nette. Les maisons des membres de la tribu des Kanuri sont souvent tout près de la frontière : « Elles ont une pièce au Nigeria, et une autre au Cameroun ». Pour les terroristes de Boko Haram, il est très facile d’entrer dans le pays.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00095 Emergency help for displaced people Maroua Mokolo:  Bishop Bruno Ateba Edo visiting a camp for refugees and displaced people, Minawo Zamay near Maroua Only this very small/bad file quality available

Comment arrêter le terrorisme de Boko Haram ? Pour Mgr Ateba, c’est clair : le plus important, c’est de prier. Et la deuxième chose la plus importante, c’est le dialogue entre chrétiens et musulmans. Au Cameroun, où 70 % des 20 millions d’habitants sont chrétiens, l’Église catholique jouit d’une bonne réputation. Selon Mgr Ateba, de nombreux musulmans vont dans les centres de soins catholiques quand ils sont malades et envoient leurs enfants dans les écoles catholiques. Mgr Ateba a écrit une prière pour la paix qui est récitée avant la bénédiction finale lors de toutes les messes célébrées dans son diocèse.

En 2014, Aide à l’Église en Détresse a soutenu le travail pastoral au Cameroun à hauteur de plus de 1 638 500 $. Mgr Ateba en est très reconnaissant. Cela fait des années que l’AED soutient le diocèse de Maroua-Mokolo pour la formation des séminaristes et des prêtres. Près du camp de réfugiés de Minawao, une salle a également été construite – grâce aux bienfaiteurs de l’AED – pour que les réfugiés catholiques du camp puissent se réunir pour prier et assister à la messe. Un autre grand projet auquel l’AED a accordé de l’argent est la construction d’une cathédrale à Maroua, une demande que Mgr Ateba avait à cœur. Les fondations sont déjà posées et maintenant, il n’y a plus qu’à monter les murs.

faire-un-don

 

Cameroun – Une salle pour servir d’église

19.06.2015 in AFRIQUE, Cameroun, Persécution, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Bishop Bruno Ateba Edo CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 ConstruVOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Cameroun

Une salle pour servir d’église aux catholiques ayant fui Boko Haram

 

Non seulement le Nigeria souffre des violentes attaques de l’organisation terroriste Boko Haram, mais aussi le nord du pays voisin, le Cameroun. Pourtant, ces attentats n’attirent que peu l’attention du public.

Mgr Bruno Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, un diocèse frontalier, le déplore : « Ce qui s’est passé à Paris, lors des attentats, nous le vivons tous les jours ici et personne n’en parle dans le monde. » Le monde entier tourne plutôt son regard vers le Moyen-Orient. Rien que dans son diocèse, deux employés, trois catéchistes et plus d’une trentaine d’autres chrétiens ont été tués depuis l’automne de l’année 2014. À cela s’ajoutent de nombreux enlèvements.

Boko Haram enlève notamment beaucoup d’enfants et de jeunes pour qu’ils servent de « chair à canon ». D’autres sont remis aux terroristes par leurs familles contre de l’argent et de fausses promesses. Ces derniers mois, à peu près 2 000 enfants et adolescents de 5 à 15 ans ont été initiés de cette manière à la violence de Boko Haram. Il y a aussi des filles parmi eux.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094 Construction d'un hangar comme

Si les chrétiens sont touchés par la terreur, beaucoup de musulmans en sont également les victimes. Dans plusieurs localités, des mosquées ont été incendiées et des imams égorgés parce qu’ils ne voulaient pas suivre les consignes de Boko Haram. Depuis décembre 2013, la communauté musulmane camerounaise se positionne de plus en plus clairement contre Boko Haram, lui refusant toute autorisation de se prétendre musulman. Il arrive souvent que des musulmans aident des chrétiens en danger, raconte l’évêque de Maroua-Mokolo : « C’est avec eux que nous portons cette souffrance ».

L’infrastructure de la région concernée, qui est l’une des plus pauvres du Cameroun, a été gravement endommagée. À cause de la terreur, plus de 110 écoles et 13 centres de santé ont été fermés, et des postes de police ont été détruits. Beaucoup de gens sont en fuite. Rien que dans le diocèse de Maroua-Mokolo, plus de 55 000 personnes ont pris la fuite. Beaucoup ont trouvé à se loger auprès d’amis ou de parents, et plus de 22 000 ont trouvé refuge quelque part en pleine nature.

CAMEROON / MAROUA-MOKOLO 15/00094Construction d'un hangar comme

À la population locale en fuite s’ajoute l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés du Nigeria, qui tentent également d’échapper à la violence de Boko Haram. Au total, plus d’un million de personnes doit être en train de fuir Boko Haram et des milliers d’entre elles viennent dans le nord du Cameroun.

Mgr Ateba, évêque de Maroua-Mokolo, lance un appel à la communauté internationale : « Aujourd’hui, nous implorons votre attention, votre prière et votre aide. Aidez-nous à faire cesser cette brutalité sans nom qui détruit tout espoir d’avenir et réduit à néant le travail de plusieurs générations de croyants qui travaillent au coude à coude. » Et l’évêque d’ajouter : « Cependant. nous notons avec admiration que, malgré la peur et le danger, de nombreuses communautés chrétiennes continuent à se rassembler pour la prière, comme autant de petites lucioles de foi allumées dans la nuit ».

20 230 $ permettraient à l’Aide à l’Église en Détresse de soutenir la construction d’une grande salle dans laquelle les 5 200 réfugiés catholiques actuels du camp de Minawao pourraient se réunir pour prier et assister à la messe, et être pris en charge pastoralement.

faire-un-don