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Inde

 

Succès de l’AED : Inde Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

07.05.2020 in Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Succès de l’AED : Inde
Dix cyclomoteurs pour soutenir le travail pastoral

Mise en ligne le 7 mai, 2020

Les îles Andaman et Nicobar forment un chapelet de quelque 572 îles de l’océan Indien appartenant à l’union indienne. Seulement 37 d’entre elles sont habitées.

Et même sur les îles habitées, plus d’un tiers de la superficie constitue une forêt tropicale protégée. Elles sont aussi le foyer de nombreuses tribus indigènes aborigènes, y compris certaines qui sont totalement isolées et qui rejettent presque toutes les formes de contact avec le monde extérieur. Depuis les années 80, la population de ces îles ne cesse de croître, en raison des migrations en provenance du continent indien. Aujourd’hui, on y retrouve 380 000 personnes, dont un tiers vit dans la capitale, Port Blair.

Construction et inauguration de l’église St Patrick à Radhanagar, avec Mgr Aleixo das Neves Dias

 

Le diocèse catholique de Port Blair compte environ 34 000 fidèles, presque tous nicobarais. Les 16 paroisses du diocèse sont dispersées sur plusieurs îles, et il existe plus de 500 petites communautés chrétiennes. Pour voyager entre les îles, les prêtres ont besoin de bateaux. Mais, sur les îles, les routes sont difficiles. Presque aucun des prêtres n’a de voiture, et les vieux vélos et cyclomoteurs qui sont couramment utilisés sont très vite endommagés par ces routes en mauvais état.

 

C’est pourquoi, l’année dernière, l’administrateur diocésain a demandé à l’Aide à l’Église en Détresse de l’aider à acheter dix nouveaux cyclomoteurs pour le travail pastoral. Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu répondre rapidement avec un don de 13 500 dollars, et les cyclomoteurs ont été achetés. Les prêtres peuvent de nouveau atteindre plus facilement les catholiques dans les villages dispersés de ces îles.

 

Les dix prêtres qui ont bénéficié de ces nouveaux cyclomoteurs ont exprimé leur sincère gratitude. Grâce à votre aide, le diocèse peut désormais intensifier son action auprès de la jeunesse, par exemple, et il est plus facile d’aller à la rencontre de tous les fidèles catholiques du territoire.

Nos remerciements les plus chaleureux à tous nos bienfaiteurs!

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Récit de l’AED – Inde : couleur et consolation par temps de COVID-19

09.04.2020 in adaptation : Mario Bard, COVID19, Inde

Inde
 Couleur et consolation par temps de COVID 19

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Annie Desrosiers, AED Canada
Mise en ligne le 9 avril, 2020

Le peuple indien est complètement bloqué par le COVID-19. D’autant plus qu’en Inde, des millions de travailleurs migrants se sont retrouvés au chômage à cause de l’arrêt total du pays, pour une période de 21 jours, tel qu’annoncé le mercredi 25 mars. Cette mesure a conduit à un exode massif jamais vu auparavant.

 

La religieuse indienne Christin Joseph décrit la situation à l’occasion d’une conversation avec l’œuvre de charité Aide à l’Église en Détresse (AED). « C’est un flux continu de dizaines de milliers de personnes qui retournent à pied dans leurs villages d’origine, parfois à plus d’un millier de kilomètres de là, en emmenant leurs enfants et leurs effets personnels dans des sacs. Tous les transports, à l’exception des services essentiels, ont été interrompus car les autorités luttent pour contenir l’épidémie qui a déjà infecté plus de 1 000 personnes ».

Selon la religieuse, la situation est aggravée par les températures très élevées (de 39 à 40 degrés Celsius), et parce qu’ils sont partis à pied, avec peu d’argent ou de nourriture, alors que les restaurants et les maisons d’hôtes sont fermés.

En Inde, le manque de travail, en particulier dans les États pauvres du nord comme le Jharkhand, l’Odisha, le Bengale, le Bihar et l’Uttar Pradesh, force beaucoup de gens à émigrer vers les grandes villes des États du sud. Ces états sont plus riches et proposent davantage d’offres d’emploi. « Des milliers de ces migrants sont de simples travailleurs journaliers qui vivent dans des appartements exigus et travaillent de longues heures pour quelques dollars par jour, dans des conditions souvent dangereuses et sans sécurité sociale. Le peu d’argent qui leur reste après avoir couvert leurs dépenses, ils l’économisent pour leurs familles. Maintenant que tout le travail a cessé, ils veulent retourner dans leurs villages d’origine », explique la religieuse de la Congrégation des Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix (SCSC).

 

Soeur Christine est responsable de petites communautés chrétiennes en Inde. On en compte 85 000 sur tout le territoire indien.

Au pied de la Croix

Sœur Christin gère les Small Christians Communities (SCC), ces petites communautés de chrétiens qui se forment là où les prêtres ne peuvent pas souvent se rendre et où les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier ou célébrer la liturgie de la Parole. Il y a environ 85 000 SCC éparpillées à travers toute l’Inde. Les catholiques indiens font souvent partie des classes inférieures de la société et sont confrontés à des discriminations de plus en plus violentes. C’est pourquoi Sœur Christin, en temps normal, parcourt des milliers de kilomètres pour les instruire et les encourager.

Mais avec le COVID-19, la situation a changé. Sœur Christine a soudain la voix qui tremble, on remarque sa douleur quand elle s’exprime: « J’ai plus de 65 ans et ma santé est précaire, alors les autorités ne me laisseront pas sortir et faire quoi que ce soit. Être à la maison, totalement bloquée, et entendre ce qui arrive à nos pauvres, me donne l’impression d’être au pied de la Croix, impuissante, incapable de les atteindre et de les aider. C’est très douloureux. Je ne peux rien faire d’autre que regarder la Croix en souffrant, et tout remettre au Seigneur, qui est celui qui comprend le mieux la douleur humaine ».

 

Les membres des SCC vont voir leurs voisins dans le besoin

Son ton change lorsqu’elle commence à parler des SCC : « Ce qui me réconforte grandement, c’est que bon nombre de nos petites communautés chrétiennes réagissent à la situation par des milliers de petites initiatives. Tout en respectant les mesures ordonnées. Par exemple à Mangalore, Chandigarh, Calcutta et Pune, elles identifient les personnes dans le besoin et leur distribuent de la nourriture. À tous, qu’ils soient catholiques, protestants, hindous ou musulmans, sans discrimination.

Bon nombre de ces petites initiatives ne seraient pas possibles, souligne Sœur Christin, « sans l’aide de la police et du gouvernement ». Dans le Sikkim, la SCC aide « à la distribution de désinfectants pour les mains et de masques dans les zones rurales, avec l’aide de membres du groupe de travail de l’État ».

Effort de l’Église pour soutenir des chrétiens touchés par la pandémie de la COVID-19.

Les SCC informent sur le virus et les mesures de protection à suivre. Par ailleurs : « elles fournissent une aide constante par WhatsApp et par textos, donnant des lignes directrices d’intentions de prière spéciales pour cette situation de pandémie et ses conséquences. Il faut s’adapter à cette nouvelle façon d’être une Église et aimer activement pendant ce confinement », explique la religieuse indienne. Faisant référence au travail des petites communautés dans le Jharkhand, dans le nord-est du pays, où se trouvent de nombreuses communautés tribales. Un autre exemple est celui de l’un des animateurs de la communauté, à Calcutta, qui prie le Chemin de Croix de chez lui par haut-parleur, tandis que les familles chrétiennes du quartier s’unissent à lui en lui répondant de chez elles.

À Delhi, les restrictions imposées par les autorités gouvernementales sont très sévères. Emmanuel Johnson, animateur de SCC dans la capitale indienne, dit qu’il n’est pas facile de se déplacer, mais que les SCC aident à distribuer des rations alimentaires aux travailleurs journaliers et aux familles en détresse. « En outre, nous avons lancé une initiative de prière familiale pour les 21 prochains jours, à 19 heures chaque soir. Nous nous réunissons dans nos foyers avec les membres de la famille et prions le chapelet en union avec les personnes infectées par le virus. Comme les laïcs ne peuvent pas assister à la messe, nous avons également commencé la lecture quotidienne de la prière de la Communion Spirituelle, que beaucoup de laïcs ne connaissaient pas auparavant ».

« Pour ma part, je les encourage et je les motive en restant constamment en lien par WhatsApp, textos et courriers électroniques », conclut la religieuse, non sans remercier ceux qui ont rendu possible le développement de ces groupes, qui sont aujourd’hui une goutte de réconfort pour des milliers de personnes qui souffrent en Inde des conséquences de l’épidémie : « Je suis très reconnaissante à l’ AED pour l’aide que nous avons reçue pendant tant d’années, pour la formation de nos petites communautés chrétiennes. Je suis certaine que les bienfaiteurs de l’AED n’auraient jamais pensé que grâce à leur aide, nous pourrions maintenant être un foyer de réconfort pendant la crise du Coronavirus.

Cependant, la tragédie est grande. L’Inde a besoin de votre prière et de vos dons. Ne nous oubliez pas. Que Dieu vous bénisse tous ! »

Unissons-nous pour soutenir nos frères et nos sœurs chrétiens qui vivent en Inde.

Inde : empêcher le pays de devenir un État confessionnel

05.02.2020 in Inde

Inde
Empêcher le pays de devenir un État confessionnel

Propos recueillis par Doreen Abi Raad, collaboratrice ACN International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 5 février 2020

 

Des millions de manifestants dans toute l’Inde ont protesté contre l’amendement controversé à la loi sur la citoyenneté (CAA), qui n’accélère l’acquisition de la citoyenneté que pour les réfugiés non musulmans. Les critiques accusent la CAA de créer un dangereux précédent pour le pays, en utilisant la religion comme critère de citoyenneté.


Le gouvernement indien prévoit également la mise en œuvre de deux autres mesures en matière de citoyenneté – le Registre national de la population et le Registre national de la citoyenneté – qui pourraient avoir une incidence négative sur la communauté chrétienne de l’Inde. Comme la plupart des chrétiens indiens n’ont pas l’acte de naissance requis pour prouver leur citoyenneté, ils pourraient être contraints de s’identifier comme hindous.

Le Père jésuite Cédric Prakash est le fondateur de Prashant, le Centre jésuite pour les droits de l’homme, la justice et la paix, basé à Ahmedabad, dans l’État du Gujarat, qui est, avec ses six millions d’habitants, la 6e ville de l’Inde. Il fait partie d’une campagne nationale de citoyens, Nous le peuple de l’Inde, dont le but est d’exiger le retrait immédiat et sans condition de la CAA, du Registre national de la citoyenneté (RNC) et du Registre national de la population (RNP). Le Père Prakash s’est entretenu avec l’Aide à l’Église en Détresse.

 

 

« En garantissant la citoyenneté à tous les sans-papiers à l’exception des musulmans, la CAA risque de déchirer le pays, de rouvrir les blessures de la partition [entre l’Inde et le Pakistan], et finalement, de détruire les principes laïques et démocratiques de la Constitution. De plus, cette loi est manifestement discriminatoire, elle divise et est radicale. Elle est également clairement inconstitutionnelle et va à l’encontre de l’esprit du cadre laïque et démocratique de l’Inde. »

 

« Le peuple réclame une société plus juste, plus humaine et plus égalitaire, dans laquelle sa dignité et ses droits soient respectés. En tant qu’être humain, chrétien et jésuite, je n’ai pas d’autre choix que d’écouter et de répondre à ces cris, surtout en essayant d’accompagner, comme je le peux, ceux qui souffrent. La personne et le message de Jésus lui-même sont ma force motrice. »

 

« Les lois sur la citoyenneté sont particulièrement problématiques pour les chrétiens, puisque la majorité des citoyens indiens n’ont pas de certificat de naissance officiel délivré par le gouvernement. Auparavant, les documents d’identité tels qu’un permis de conduire, un passeport ou un certificat de l’école secondaire étaient acceptés comme preuve de naissance. Et pour les chrétiens, en particulier les catholiques, un certificat de baptême suffisait.  Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, pour prouver que vous êtes un citoyen indien, vous devez produire un certificat de naissance provenant d’une agence gouvernementale officielle. »

« En Inde, un nombre considérable de chrétiens appartiennent aux castes inférieures et aux groupes ethniques autochtones, la plupart d’entre eux étant originaires de régions reculées du pays. Pour eux, obtenir le certificat de naissance obligatoire est impossible ».

 

« S’ils disent qu’ils sont hindous, leur absence de papiers pourra être négligeable. Mais s’ils insistent pour dire qu’ils sont chrétiens et qu’ils sont incapables de produire la documentation requise, ils risquent d’être déclarés apatrides. Ils pourraient alors être envoyés dans des camps de détention et même être expulsés Dieu sait où. Tout cela aura des implications très graves pour l’avenir des chrétiens ».

 

« Ce sont des temps extrêmement difficiles pour les chrétiens en Inde. Il y a eu des attaques constantes contre les pasteurs, les prêtres et les chrétiens laïcs. Les biens de l’Église sont ciblés. L’intimidation, le harcèlement et le dénigrement des chrétiens par des groupes nationalistes proches de l’idéologie appelée Hindutva se poursuivent avec une régularité effrayante. »

 

« L’Hindutva n’a rien à voir avec l’hindouisme dominant, qui est dans l’ensemble plutôt tolérant. Il y a un très faible pourcentage d’Indiens qui souscrivent à l’idéologie Hindutva, mais aujourd’hui ils contrôlent les rênes du pouvoir au niveau du gouvernement central et de certains États indiens. Ceux qui adhèrent à l’Hindutva croient au dicton fasciste « une nation, une religion, une langue ». Tous les autres sont censés se soumettre, et les membres des minorités, en particulier chrétiennes et musulmanes, sont traités comme des citoyens de seconde classe ».


Les chrétiens en Inde sont environ 30 à 35 millions, dont environ 70% de catholiques. Malgré ce chiffre impressionnant, ils ne représentent que 2,3 % de la population indienne.

Projet de la semaine : Construction d’une nouvelle église en Inde

17.01.2020 in Construction, Inde, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Histoire de succès — Inde

Construction d’une nouvelle église

 Publié sur le web le 17 janvier 2020

Les fidèles du village de Majerburi, dans l’ouest de l’État indien d’Assam, sont ravis de leur nouvelle église. Les nombreux catholiques pratiquants ont enfin de la place dans l’église. Nos bienfaiteurs ont fait don de 93 300 $. La consécration a été une fête grande et joyeuse, et les paroissiens continuent de prier pour tous ceux qui ont contribué à faire de ce vieux rêve une réalité.

 

Un peu d’histoire…

En 1983, des membres de la communauté des Capucins avaient mis en place un poste missionnaire et une école primaire dans le village de Majerburi. Puis, en 2012, la paroisse Saint-François a été fondée. Cependant, elle ne disposait que d’une petite chapelle, dans laquelle il était impossible d’accueillir tous les fidèles. Les dimanches et jours fériés, au moins une centaine de personnes devaient rester à l’extérieur de la chapelle.

 

Quant à eux, les enfants des villages éloignés qui ne peuvent aller à l’école que s’ils habitent à l’internat ne pouvaient pas, eux non plus, venir à la messe le dimanche en raison du manque de place. Sans compter tous les élèves et professeurs d’un nouveau collège fondé en 2016 par des religieuses !

 

Et, même si les fidèles sont fermement ancrés dans la foi et participent activement à la vie de l’Église, ils sont trop pauvres pour réunir les fonds nécessaires à la construction d’une église plus grande. Le travail d’une grande partie de cette population — composées de différentes ethnies autochtones — est essentiellement lié à de l’agriculture de subsistance. Ils ramassent du bois de chauffage dans la forêt, cultivent des légumes pour les vendre au marché. Même en faisant de grands sacrifices, ils n’auraient pas été en mesure de réaliser le rêve de construire leur nouvelle église. Leur curé, le Père Kuriakose Kattoopara, s’était donc adressé à l’AED avec confiance. Lui et ses fidèles prient pour tous ceux qui les ont aidés, et sont extrêmement heureux et reconnaissants ! « Que Dieu le rende à tous ceux qui apporté leur aide ! »

 

Inde – Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

15.01.2020 in AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Inde, International Catholic Charity Aid to the Church in Need

Inde

Une religieuse, survivante d’une agression sexuelle, redonne espoir à son peuple.

Propos recueillis par Anto Akkara, ACN International
Adapté par Mario Bard, ACN Canada
Publié sur le web le 15 janvier, 2020

 

Le district de Khandamal dans l’État de l’Odisha où ont eu lieu en 2008 les émeutes antichrétiennes menées par des hindous radicaux.

En août 2008, le district de Kandhamal, dans l’État d’Odisha, a été le théâtre de la pire persécution antichrétienne de l’histoire indienne contemporaine. Elle a été déclenchée par le meurtre d’un leader hindou local. Les radicaux hindous ont qualifié ce meurtre de «conspiration chrétienne internationale», accusant le Pape, l’Europe et les États-Unis. Ils ont appelé à la vengeance contre les chrétiens, entraînant la mort de 100 personnes et la destruction de 300 églises et 6000 maisons. Sept chrétiens, accusés à tort du meurtre du Swami*, ont passé neuf ans en prison. Début décembre, les cinq autres chrétiens ont finalement été libérés sous caution.

 

Pendant la vague de violence qui a balayé le district de Kandhamal, Sœur Meena Barwa a été violée et exhibée à moitié nue dans les rues. Après des années de traumatisme et de procédures judiciaires, qui sont toujours en cours, Sœur Barwa a décidé de s’inscrire dans une faculté de droit et de travailler pour les personnes marginalisées. Elle s’est récemment entretenue avec l’Aide à l’Église en Détresse.

 

 Courage et traumatisme

« Le traumatisme était presque insupportable, et j’ai déménagé plusieurs fois pour ma propre sécurité, parfois dans des endroits où je ne pouvais pas parler la langue locale. J’ai même dû porter des déguisements. Pendant des années, j’ai été séparée de ma famille. Et les nuits étaient particulièrement mauvaises. Je rêvais souvent de l’agression. Le fait de savoir que les chrétiens de Kandhamal souffraient ne faisait qu’ajouter à ma douleur.

De temps en temps, je retournais dans l’État d’Odisha pour des procédures judiciaires. Le premier procès m’a à nouveau traumatisée. Je n’ai pas pu dormir pendant les jours qui l’ont suivi. J’ai été humiliée, offensée et torturée mentalement. J’en ai développé une sérieuse aversion pour le système judiciaire indien.

Mais cela ne m’a pas abattue. J’ai décidé d’agir au nom de tous ceux qui ont souffert avec moi, d’obtenir justice pour eux. En 2009, je me suis inscrite anonymement dans une université hors d’Odisha. J’étais juste l’une des jeunes filles hébergées par le couvent. En 2015, j’ai commencé un cursus d’études juridiques de trois ans, tout en continuant à remplir mes obligations de religieuse.

« La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. »

 

«Tribals» catholiques du district de Kandamal, État de l’Odisha, là où les émeutes antichrétiennes ont eu lieu en 2008. Ces villageois ont été chassés de leurs terres, ont tout perdu et ont été relocalisés après qu’ils aient passé plusieurs mois dans la forêt ou bien dans des camps de réfugiés situés ailleurs dans le district.

Une force née de la souffrance et des grâces de Dieu

Beaucoup de choses ont changé au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, je mène une vie normale, et je suis devenue beaucoup plus forte. Les gens que j’ai rencontrés m’ont aidée à oublier ma douleur. Je les considère comme des bénédictions de Dieu. Ce sont des anges qui ont été envoyés pour me guider, afin que je ne me complaise pas dans mon malheur. Au lieu de cela, je me suis relevée de mon traumatisme, et j’ai trouvé un moyen d’apporter de l’espoir aux miens. Je suis devenue plus humble, plus patiente et plus humaine.

Je prie le Seigneur tous les jours. La prière n’a de sens que lorsque je pardonne. Comment puis-je prier le Notre Père si je ne pardonne pas ? En pardonnant à mes agresseurs, je me suis libérée de mon traumatisme, de ma peur, de ma honte, de mon humiliation et de ma colère. Je sens que je vis une vie normale et je suis heureuse parce que je leur ai pardonné. Sinon, je serais devenue folle. Je n’ai pas de ressentiment envers mes agresseurs. Je souhaite seulement qu’ils deviennent de bonnes personnes.

 

« Il m’a donné la force de servir les autres »

Je suis reconnaissante pour ma vie et pour la force et la motivation qui m’ont toutes été données par Dieu. Il est ma force, même si mon procès traîne. Et Il m’a donné la force de servir les autres.

Le peuple de Kandhamal a beaucoup souffert, mais il a mis toute sa confiance dans le Seigneur. La souffrance en soi est une grâce. Je la vois comme un défi pour grandir. L’attitude de la communauté chrétienne à l’égard de ce qui s’est passé à Kandhamal en 2008 n’est pas négative. Ses membres ont de l’espoir et ont une foi plus profonde. La tragédie les a rendus plus forts. Une parole de Saint Paul me vient à l’esprit : “Qui peut nous séparer de l’Amour du Christ ?” C’est ce que vivent les gens de Kandhamal. »

* Mot en sanskrit qui signifie littéralement «celui qui sait».

 


 

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) offre un livre, Une initiative de Dieu, dans lequel Robert Lalonde et Marie-Claude Lalonde livrent le contenu d’entrevues réalisées en 2015 avec des religieuses de partout dans le monde, dont Sœur Meena. Disponible au bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse : 514-932-0552, poste 227, ou encore en écrivant à info@acn-canada.org. Don suggéré de 20 $. Tous les profits seront remis aux œuvres pastorales soutenues par l’AED dans plus de 140 pays.

 

 

Inde — Histoire de succès de l’AED

07.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Inde — Histoire de succès de l’AED

Une voiture pour aller rencontrer des tribus défavorisées

Sœur Christine est membre de la Congrégation des sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, dans la province de l’Inde Orientale. Depuis des années, elle est engagée auprès des personnes défavorisées, des pauvres, principalement des tribus autochtones de l’est de l’Inde. Aujourd’hui, elle a beaucoup d’expérience et coordonne désormais le travail au sein des petites communautés chrétiennes qui se sont formées, là où — malheureusement — des prêtres viennent rarement. La plupart du temps, les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier, vivre une liturgie de la Parole et pour discuter.

 

Pour rencontrer ces communautés, Sœur Christine doit parcourir de longues distances, souvent sur de mauvaises routes et dans des régions accidentées. Sa voiture lui a été bien utile pendant huit ans, mais comme elle s’en servait beaucoup, elle a commencé à tomber sans cesse en panne et avait besoin de plus en plus de réparations, qui devenaient de plus en plus coûteuses.

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 15000 dollars, Sœur Christine a maintenant le plaisir d’avoir une nouvelle voiture. Elle écrit : « Que Dieu vous comble tous de ses bénédictions. Soyez certains de mes prières et des prières de nos paroissiens ».

 

Inde — Projet AED de la semaine

18.10.2019 in Adaptation Mario Bard, Inde, PROJETS AED, Subsistance, Voyager avec l'AED

Projet AED de la semaine – Inde Aide à la formation pour 23 séminaristes

La Congrégation de Sainte-Croix a été officiellement fondée au Mans en France en 1837. Elle est née de la fusion des Frères de Saint-Joseph — fondé en 1820 par le père Jacques Dujarié —, et des Prêtres auxiliaires du Mans, fondé par le chanoine Basile Moreau en 1835. À cette époque postrévolutionnaire, toute une génération de jeunes a grandi en ne recevant pratiquement aucune éducation chrétienne et catholique. Cette communauté masculine est donc née du désir d’un groupe de jeunes hommes d’éduquer les jeunes dans les campagnes. Les Sainte-Croix comme on les appelle souvent ont connu une évolution fulgurante : à peine 25 ans après la fondation, ils étaient déjà en Algérie, aux États-Unis, au Canada, en Italie et au Bengale oriental (aujourd’hui l’Inde et le Bangladesh).

De nos jours, les religieux de la congrégation sont présents dans 16 pays. Ils s’occupent de l’instruction religieuse des jeunes et dirigent des écoles, car ils estiment que l’éducation spirituelle est l’arrière-plan requis pour s’attaquer, grâce à une foi chrétienne instruite, profonde et réfléchie, aux problèmes pressants de l’époque actuelle. Les Canadiens les connaissent très bien puisque l’un d’eux, le saint et thaumaturge Frère André Bessette, a fondé l’oratoire Saint-Joseph en 1904 à Montréal. Ce haut lieu de pèlerinage reçoit aujourd’hui en moyenne plus de deux millions de visiteurs par année.

 

D’abord, les familles

En Inde, la congrégation compte quatre provinces et est particulièrement active. Elle bénéficie également de nombreuses vocations. Les pères Indiens de la Sainte-Croix ne travaillent donc pas seulement dans ce pays, mais ils se mettent également au service de l’Église universelle en tant que missionnaires dans d’autres pays.

De nos jours —, et ce partout dans le monde —, il devient de plus en plus important d’aider les familles et les jeunes à s’enraciner profondément dans la foi chrétienne, face à la diffusion du consumérisme et aux nombreux défis créés par le phénomène de la mondialisation. Pour y arriver, les prêtres doivent être bien formés. Dans la province d’Inde du Sud, 23 jeunes hommes se préparent actuellement au sacerdoce. L’Aide à l’Église en Détresse souhaiterait contribuer et les aider à payer leurs frais de formation avec un montant de 10 350 $. Les séminaristes prient pour tous ceux qui les aideront ! Merci à tous ceux et celles qui pourront le faire, et merci de prier pour ces séminaristes.

Nouvelles de l’AED : Inde et liberté religieuse

04.10.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Inde, liberté religieuse

Inde et liberté religieuse

«Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité».

Texte par Matthias Böhnke. ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien

« Pour les chrétiens de notre diocèse, les circonstances de la vie sont difficiles », explique à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, diocèse situé au sud de l’Inde. « Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions », indique également l’évêque âgé de 67 ans, qui était en visite ad limina à Rome avec 53 autres évêques indiens.

 

L’évêque affirme que le gouvernement indien s’efforce de transformer cet immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, n’ayant qu’une seule langue et un seul point de vue politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays multiple comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Sur le plan démographique, l’Inde pourrait dès l’an prochain dépasser la Chine, actuellement première au classement.

 

Politiques favorisant les plus riches

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées haut la main — avec un résultat étonnamment élevé par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation : « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches dans la population. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

 

Projet soutenu pas l’AED : moyen de transport pour le travail pastoral et social des religieuses de Saint-Charles Borromée, au couvent Saint-Charles, province de l’Est, Vilathikulam, Tutcorin District.

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, ce qui correspond à environ 17 pour cent de la population. Les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile. Mais elle empire surtout pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Il y a un taux de chômage élevé non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien de la part du gouvernement. L’évêque explique très clairement que dans cette région, beaucoup de gens sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

 

Néanmoins, en particulier après sa visite auprès du pape François à Rome, il perçoit un signe d’espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure Mgr Stephen Antony et ajoute : « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »

Succès de l’AED – Un puits pour un pensionnat tenu par des religieuses

19.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde

Inde – Succès de l’AED

Un puits pour un pensionnat tenu par des religieuses


La Congrégation des Filles de la Présentation de Marie au Temple a été fondée en Italie au XIXe siècle pour s’occuper des enfants et des jeunes filles. Les religieuses sont maintenant présentes en Italie, en Inde, à Djibouti et en Somalie. Elles s’y occupent d’écoles, de pensionnats, d’orphelinats, de léproseries, en plus de prendre soin des personnes âgées.


Publié sur le web le 19 juin, 2019

En Inde, les religieuses de cette congrégation s’occupent d’un pensionnat à Dhabhagudam, dans le diocèse d’Eluru (centre sud-est du pays), où vivent et étudient 140 à 150 enfants issus de villages isolés situés en pleine jungle. Pour ces enfants, c’est le seul moyen d’aller à l’école. Les habitants de la région sont très pauvres ; ils travaillent surtout comme ouvriers journaliers et vivent au jour le jour. De plus, presque personne ne sait lire ou écrire et l’alcoolisme y est répandu, ce qui détruit de nombreuses familles.

Pour les enfants, la vie dans des conditions aussi précaires serait déjà toute tracée d’avance, si ce n’était des religieuses qui leur donnent l’occasion d’aller à l’école. Et les fruits en sont visibles : l’analphabétisme diminue, les enfants sont moins exploités et il y a moins de mariages d’enfants. Certains des anciens élèves sont même devenus étudiants. Il est de plus en plus évident que l’éducation est la clé d’un avenir meilleur.

Un puits pour tous : grâce à vous !

Auparavant, les religieuses n’avaient qu’un seul puits, ce qui causait de plus en plus de soucis, car l’approvisionnement en eau du pensionnat, des religieuses elles-mêmes et de la population environnante n’était plus assuré. Ce sont surtout les personnes âgées du voisinage qui dépendent du puits pour avoir de l’eau potable. Nos bienfaiteurs ont donc offert une aide de 11 550 dollars pour que les religieuses aient un nouveau puits. Que Dieu vous le rende !

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

30.05.2019 in ACN International, Actualités, Inde, Mario Bard

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

Élections en Inde

La nouvelle victoire de Narendra Modi inspire la crainte aux minorités religieuses

 

Les élections législatives en Inde ont pris fin il y a quelques jours. Le parti nationaliste au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party) du premier ministre Narendra Modi, a de nouveau remporté la victoire de la plus grande élection démocratique au monde avec près de 900 millions d’électeurs. Selon cette source proche de l’Église, la victoire du BJP « suscite la frustration et la peur des minorités en Inde ».

 

« Les cinq dernières années avec Modi au pouvoir ont suscité de nombreuses inquiétudes et ont été très difficiles pour nous. Nous craignons que les cinq prochaines années ne soient pires », souligne cette source qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.

 

« Le fait que le parti nationaliste hindou BJP ait remporté une telle victoire nous inquiète. Tout d’abord, parce que le nationalisme hindou se développe et les minorités, tant chrétiennes que musulmanes, sont souvent abandonnées à l’injustice sociale et sont ouvertement discriminées pour des motifs religieux. Mais aussi parce que l’économie est en chute libre depuis quelques années et que les pauvres sont maintenant plus pauvres qu’auparavant. Les classes modestes sont négligées et les riches sont les seuls gagnants. »

 

Manipulation du vote

 

Comme il l’a déclaré à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), « le nationalisme hindou ne veut pas de changements dans la structure sociale et de nombreux Indiens vivent dans un état de semi-esclavage. Les gens des classes inférieures sont utilisés et exploités. » Parmi les rares institutions qui tentent de changer cela, il y a l’Église et « c’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons l’objet de discrimination et d’oppression ».

 

Cette source ajoute que beaucoup de gens sont sous le choc : « Nous ne pouvons pas croire ce qui est arrivé. Même dans les états et les circonscriptions où les sondages donnaient des prévisions moins favorables à Modi, son parti a finalement remporté beaucoup plus de sièges que prévu ». En plus d’informations de certains médias selon lesquels il y aurait eu des cas de manipulation du système électronique de vote, il existe également des accusations portant sur l’achat de voix. Ainsi notre source témoigne :
« J’ai vu comment des centaines de pauvres journaliers qui avaient été rassemblés quelques jours avant les élections ont reçu 3 000 roupies (près de 60 $) du Parti nationaliste populaire [BJP].»

 

Demandant de prier pour son pays, cette source conclut: « Il est très dangereux de parler contre le gouvernement. Presque personne n’ose aujourd’hui : c’est devenu un parti autoritaire. Mais je veux que vous sachiez comment nous allons. Le monde doit savoir que la situation est mauvaise et que nous avons peur. Nous avons déjà eu cinq ans de peur et nous nous demandons à quoi ressemblera l’avenir ».

 

Nous vous invitons à prier pour les peuples de l’Inde, à prier pour les minorités religieuses menacées de discrimination et de persécution dans certains États, et à prier pour nos sœurs et frères chrétiens. Amen.

 

 

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Amanda Bridget Griffin, ACN Canada
Publication sur le web : jeudi le 30 mai, 2019