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Inde

 

Inde — Histoire de succès de l’AED

07.11.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde, Motorisation, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Inde — Histoire de succès de l’AED

Une voiture pour aller rencontrer des tribus défavorisées

Sœur Christine est membre de la Congrégation des sœurs de la Charité de la Sainte-Croix, dans la province de l’Inde Orientale. Depuis des années, elle est engagée auprès des personnes défavorisées, des pauvres, principalement des tribus autochtones de l’est de l’Inde. Aujourd’hui, elle a beaucoup d’expérience et coordonne désormais le travail au sein des petites communautés chrétiennes qui se sont formées, là où — malheureusement — des prêtres viennent rarement. La plupart du temps, les fidèles se réunissent avec un catéchiste pour prier, vivre une liturgie de la Parole et pour discuter.

 

Pour rencontrer ces communautés, Sœur Christine doit parcourir de longues distances, souvent sur de mauvaises routes et dans des régions accidentées. Sa voiture lui a été bien utile pendant huit ans, mais comme elle s’en servait beaucoup, elle a commencé à tomber sans cesse en panne et avait besoin de plus en plus de réparations, qui devenaient de plus en plus coûteuses.

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont fait don de 15000 dollars, Sœur Christine a maintenant le plaisir d’avoir une nouvelle voiture. Elle écrit : « Que Dieu vous comble tous de ses bénédictions. Soyez certains de mes prières et des prières de nos paroissiens ».

 

Inde — Projet AED de la semaine

18.10.2019 in Adaptation Mario Bard, Inde, PROJETS AED, Subsistance, Voyager avec l'AED

Projet AED de la semaine – Inde Aide à la formation pour 23 séminaristes

La Congrégation de Sainte-Croix a été officiellement fondée au Mans en France en 1837. Elle est née de la fusion des Frères de Saint-Joseph — fondé en 1820 par le père Jacques Dujarié —, et des Prêtres auxiliaires du Mans, fondé par le chanoine Basile Moreau en 1835. À cette époque postrévolutionnaire, toute une génération de jeunes a grandi en ne recevant pratiquement aucune éducation chrétienne et catholique. Cette communauté masculine est donc née du désir d’un groupe de jeunes hommes d’éduquer les jeunes dans les campagnes. Les Sainte-Croix comme on les appelle souvent ont connu une évolution fulgurante : à peine 25 ans après la fondation, ils étaient déjà en Algérie, aux États-Unis, au Canada, en Italie et au Bengale oriental (aujourd’hui l’Inde et le Bangladesh).

De nos jours, les religieux de la congrégation sont présents dans 16 pays. Ils s’occupent de l’instruction religieuse des jeunes et dirigent des écoles, car ils estiment que l’éducation spirituelle est l’arrière-plan requis pour s’attaquer, grâce à une foi chrétienne instruite, profonde et réfléchie, aux problèmes pressants de l’époque actuelle. Les Canadiens les connaissent très bien puisque l’un d’eux, le saint et thaumaturge Frère André Bessette, a fondé l’oratoire Saint-Joseph en 1904 à Montréal. Ce haut lieu de pèlerinage reçoit aujourd’hui en moyenne plus de deux millions de visiteurs par année.

 

D’abord, les familles

En Inde, la congrégation compte quatre provinces et est particulièrement active. Elle bénéficie également de nombreuses vocations. Les pères Indiens de la Sainte-Croix ne travaillent donc pas seulement dans ce pays, mais ils se mettent également au service de l’Église universelle en tant que missionnaires dans d’autres pays.

De nos jours —, et ce partout dans le monde —, il devient de plus en plus important d’aider les familles et les jeunes à s’enraciner profondément dans la foi chrétienne, face à la diffusion du consumérisme et aux nombreux défis créés par le phénomène de la mondialisation. Pour y arriver, les prêtres doivent être bien formés. Dans la province d’Inde du Sud, 23 jeunes hommes se préparent actuellement au sacerdoce. L’Aide à l’Église en Détresse souhaiterait contribuer et les aider à payer leurs frais de formation avec un montant de 10 350 $. Les séminaristes prient pour tous ceux qui les aideront ! Merci à tous ceux et celles qui pourront le faire, et merci de prier pour ces séminaristes.

Nouvelles de l’AED : Inde et liberté religieuse

04.10.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Inde, liberté religieuse

Inde et liberté religieuse

«Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité».

Texte par Matthias Böhnke. ACN International
Adaptation par Mario Bard pour le bureau canadien

« Pour les chrétiens de notre diocèse, les circonstances de la vie sont difficiles », explique à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr Stephen Antony, évêque de Tuticorin, diocèse situé au sud de l’Inde. « Pour pouvoir pratiquer notre foi, nous sommes soumis à de plus en plus de restrictions », indique également l’évêque âgé de 67 ans, qui était en visite ad limina à Rome avec 53 autres évêques indiens.

 

L’évêque affirme que le gouvernement indien s’efforce de transformer cet immense pays marqué par l’hindouisme en une nation unie, n’ayant qu’une seule langue et un seul point de vue politique. Il s’agit là d’un projet ambitieux, difficile sinon impossible à réaliser dans un pays multiple comportant 29 États fédéraux et qui, avec 1,37 milliard d’habitants, constitue le deuxième pays le plus peuplé du monde. Sur le plan démographique, l’Inde pourrait dès l’an prochain dépasser la Chine, actuellement première au classement.

 

Politiques favorisant les plus riches

Les élections parlementaires qui se sont déroulées cette année et ont été remportées haut la main — avec un résultat étonnamment élevé par le parti nationaliste BJP (Bharatiya Janata Party) du gouvernement du premier ministre Narendra Modi, ont encore exacerbé la situation : « Les circonstances dans lesquelles nous vivons actuellement ne sont pas particulièrement encourageantes. Le gouvernement prend de nombreuses décisions hâtives, de sorte que certaines choses deviennent imprévisibles. La politique ne se déploie plus qu’en faveur des gens riches dans la population. Les pauvres en pâtissent », déplore l’évêque.

 

Projet soutenu pas l’AED : moyen de transport pour le travail pastoral et social des religieuses de Saint-Charles Borromée, au couvent Saint-Charles, province de l’Est, Vilathikulam, Tutcorin District.

Environ 450 000 catholiques vivent dans le diocèse de Tuticorin, ce qui correspond à environ 17 pour cent de la population. Les attaques ciblées contre des fidèles et des groupes de pèlerins rendent la situation de plus en plus difficile. Mais elle empire surtout pour les hôpitaux et les plus de 200 établissements scolaires gérés par l’Église. Il y a un taux de chômage élevé non seulement chez les enseignants, mais aussi chez de nombreux petits paysans et ouvriers industriels à cause de l’absence de soutien de la part du gouvernement. L’évêque explique très clairement que dans cette région, beaucoup de gens sont tellement désespérés qu’ils ne voient aucune autre issue que de se suicider.

 

Néanmoins, en particulier après sa visite auprès du pape François à Rome, il perçoit un signe d’espoir : « Nous ne baisserons pas les bras dans notre lutte pour l’égalité, la justice et la fraternité », assure Mgr Stephen Antony et ajoute : « Nous espérons que bientôt, il régnera à nouveau plus de tolérance entre les hindous et les chrétiens et que la propension à la violence diminuera dans le pays. Je suis profondément reconnaissant à l’AED et à tous les bienfaiteurs qui ne cessent de nous soutenir dans tous les domaines de la pastorale en nous apportant le nécessaire et qui nous accompagnent par leurs prières. »

Succès de l’AED – Un puits pour un pensionnat tenu par des religieuses

19.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Inde

Inde – Succès de l’AED

Un puits pour un pensionnat tenu par des religieuses


La Congrégation des Filles de la Présentation de Marie au Temple a été fondée en Italie au XIXe siècle pour s’occuper des enfants et des jeunes filles. Les religieuses sont maintenant présentes en Italie, en Inde, à Djibouti et en Somalie. Elles s’y occupent d’écoles, de pensionnats, d’orphelinats, de léproseries, en plus de prendre soin des personnes âgées.


Publié sur le web le 19 juin, 2019

En Inde, les religieuses de cette congrégation s’occupent d’un pensionnat à Dhabhagudam, dans le diocèse d’Eluru (centre sud-est du pays), où vivent et étudient 140 à 150 enfants issus de villages isolés situés en pleine jungle. Pour ces enfants, c’est le seul moyen d’aller à l’école. Les habitants de la région sont très pauvres ; ils travaillent surtout comme ouvriers journaliers et vivent au jour le jour. De plus, presque personne ne sait lire ou écrire et l’alcoolisme y est répandu, ce qui détruit de nombreuses familles.

Pour les enfants, la vie dans des conditions aussi précaires serait déjà toute tracée d’avance, si ce n’était des religieuses qui leur donnent l’occasion d’aller à l’école. Et les fruits en sont visibles : l’analphabétisme diminue, les enfants sont moins exploités et il y a moins de mariages d’enfants. Certains des anciens élèves sont même devenus étudiants. Il est de plus en plus évident que l’éducation est la clé d’un avenir meilleur.

Un puits pour tous : grâce à vous !

Auparavant, les religieuses n’avaient qu’un seul puits, ce qui causait de plus en plus de soucis, car l’approvisionnement en eau du pensionnat, des religieuses elles-mêmes et de la population environnante n’était plus assuré. Ce sont surtout les personnes âgées du voisinage qui dépendent du puits pour avoir de l’eau potable. Nos bienfaiteurs ont donc offert une aide de 11 550 dollars pour que les religieuses aient un nouveau puits. Que Dieu vous le rende !

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

30.05.2019 in ACN International, Actualités, Inde, Mario Bard

AED-Nouvelle – Les résultats électoraux en Inde inspirent la crainte

Élections en Inde

La nouvelle victoire de Narendra Modi inspire la crainte aux minorités religieuses

 

Les élections législatives en Inde ont pris fin il y a quelques jours. Le parti nationaliste au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party) du premier ministre Narendra Modi, a de nouveau remporté la victoire de la plus grande élection démocratique au monde avec près de 900 millions d’électeurs. Selon cette source proche de l’Église, la victoire du BJP « suscite la frustration et la peur des minorités en Inde ».

 

« Les cinq dernières années avec Modi au pouvoir ont suscité de nombreuses inquiétudes et ont été très difficiles pour nous. Nous craignons que les cinq prochaines années ne soient pires », souligne cette source qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.

 

« Le fait que le parti nationaliste hindou BJP ait remporté une telle victoire nous inquiète. Tout d’abord, parce que le nationalisme hindou se développe et les minorités, tant chrétiennes que musulmanes, sont souvent abandonnées à l’injustice sociale et sont ouvertement discriminées pour des motifs religieux. Mais aussi parce que l’économie est en chute libre depuis quelques années et que les pauvres sont maintenant plus pauvres qu’auparavant. Les classes modestes sont négligées et les riches sont les seuls gagnants. »

 

Manipulation du vote

 

Comme il l’a déclaré à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), « le nationalisme hindou ne veut pas de changements dans la structure sociale et de nombreux Indiens vivent dans un état de semi-esclavage. Les gens des classes inférieures sont utilisés et exploités. » Parmi les rares institutions qui tentent de changer cela, il y a l’Église et « c’est l’une des raisons pour lesquelles nous faisons l’objet de discrimination et d’oppression ».

 

Cette source ajoute que beaucoup de gens sont sous le choc : « Nous ne pouvons pas croire ce qui est arrivé. Même dans les états et les circonscriptions où les sondages donnaient des prévisions moins favorables à Modi, son parti a finalement remporté beaucoup plus de sièges que prévu ». En plus d’informations de certains médias selon lesquels il y aurait eu des cas de manipulation du système électronique de vote, il existe également des accusations portant sur l’achat de voix. Ainsi notre source témoigne :
« J’ai vu comment des centaines de pauvres journaliers qui avaient été rassemblés quelques jours avant les élections ont reçu 3 000 roupies (près de 60 $) du Parti nationaliste populaire [BJP].»

 

Demandant de prier pour son pays, cette source conclut: « Il est très dangereux de parler contre le gouvernement. Presque personne n’ose aujourd’hui : c’est devenu un parti autoritaire. Mais je veux que vous sachiez comment nous allons. Le monde doit savoir que la situation est mauvaise et que nous avons peur. Nous avons déjà eu cinq ans de peur et nous nous demandons à quoi ressemblera l’avenir ».

 

Nous vous invitons à prier pour les peuples de l’Inde, à prier pour les minorités religieuses menacées de discrimination et de persécution dans certains États, et à prier pour nos sœurs et frères chrétiens. Amen.

 

 

Par Maria Lozano, AED International
Adapté par Amanda Bridget Griffin, ACN Canada
Publication sur le web : jeudi le 30 mai, 2019

Entretien de l’AED : Inde les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

18.04.2019 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Inde, liberté religieuse

Inde
les attaques contre les minorités chrétiennes sont de plus en plus violentes

 

L’Inde vient d’entamer son processus électoral qui se déroulera en sept étapes, du 11 avril au 19 mai. Il est de plus en plus à craindre que le pays le plus peuplé du monde ne devienne une nation hindoue théocratique, car le parti prohindou Bharatiya Janata (BJP) cherche à obtenir un second mandat. Au cours de son mandat actuel, selon le Rapport sur la liberté religieuse de la Fondation AED, il y a eu une augmentation des violences interreligieuses. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, 86 personnes sont mortes et 2 321 autres ont été blessées au cours de 703 manifestations de violence sectaire. En 2017, il y a eu 111 morts et 2 384 blessés au cours des 822 incidents qui ont été répertoriés.

 

Le dernier cas s’est produit le 26 mars dernier au collège catholique (Higher Secondary School) Little Flower de Chinnasalem, dans le Tamil Nadu : une foule de fondamentalistes hindous ont démoli l’école et même essayé d’étrangler les religieuses responsables du lycée. Maria Lozano qui travaille à l’information pour l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse, a interviewé Monseigneur Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne, pour discuter des élections et de la gravité de cet événement.

 

Entrevue : Maria Lozano, ACN-International
Révision française au Canada : Hélène Poisson
Mise en ligne : 18 avril 2019

AED : Nous avons entendu parler de l’augmentation des attaques fondamentalistes contre les minorités dans d’autres parties de l’Inde, en particulier dans le nord du pays, mais la violence brutale de celle-ci nous a surpris. Comment vous l’expliquez-vous ?

 

L’année dernière, le fondamentalisme a plus ou moins augmenté dans le Tamil Nadu. Ce sont surtout les « églises domestiques » évangéliques ou protestantes qui s’en sont plaintes. Un de leurs membres publie sur le web des récits de tabassage de chrétiens, en prière dans leurs églises, ou évoque la destruction d’une petite église. Mais jusqu’à présent, en tant qu’Église catholique, nous n’avions pas subi ce genre d’attaque ouverte, du moins pas d’attaque d’une telle ampleur. Il n’y a eu que de petites choses ici où là. Il y a deux ans, il y a eu, le Vendredi saint, quand une foule nous a empêchés de célébrer l’office à un endroit. Nous avons ainsi eu des incidents ici ou là. Cependant, les Églises protestantes, groupes protestants et autres petites confessions ont eu beaucoup d’ennuis au cours de ces deux dernières années. Je n’ai donc pas été surpris que, finalement, on nous attaque aussi. Mais le fait qu’il s’agisse d’une attaque de si grande ampleur est vraiment effrayant.

AED : Cela a sans doute été un choc énorme pour les sœurs de la Congrégation franciscaine du Cœur immaculé de Marie, qui administrent l’école depuis 74 ans. Quelle est la situation actuelle à Chinnasalem ? Comment vont les religieuses ?

 

C’est une petite ville. Les religieuses ont fait un excellent travail pour les enfants très pauvres. Et, de fait, le pensionnat accueille des jeunes filles qui proviennent de régions où les familles vivent dans un grand dénuement. Le pensionnat vise à aider ces enfants. J’ai parlé aux religieuses hier (11 avril 2019) et j’ai également parlé avec l’archevêque ; et pour l’instant, quelques personnes ont été arrêtées et nous attendons d’autres arrestations. Mais, pour moi, l’important n’est pas ce qui se passe après une attaque. Pour moi, ce que nous devons nous demander, c’est comment ces incidents peuvent se produire dans une société civilisée.

 

AED : Plus que l’incident lui-même, malgré sa gravité, c’est la dimension sociale qu’il implique qui vous préoccupe ?

 

Exactement. Comment est-il possible que tant de haine se répande au sein de la société ? Et que pouvons-nous faire pour empêcher cette haine de se répandre ? C’est exactement ça la question. Il y a des groupes qui font la promotion de la haine, et rien les arrête ; encore davantage dans les médias sociaux ou dans la vie réelle, il semble qu’ils bénéficient d’une protection et de privilèges politiques. Et même d’une approbation politique, et c’est ça le gros problème. Le problème n’est pas que ces petits groupes exigent quelque chose de nous ou présentent des charges contre nous ou nous accusent. Le problème est que, de fait, les dirigeants politiques les encouragent.

 

AED : Pensez-vous que cette augmentation du nombre d’incidents au cours de la dernière année soit liée aux élections ?

 

Il se peut que cela soit lié aux élections, mais je pense que c’est un problème de long terme. Vous voyez, ma position est très simple à ce sujet. Une fois que vous plantez la semence de la haine, une fois que vous faites ressortir la bête, la bête de la colère, de la haine, de la violence, cet animal ne peut pas être contrôlé. Et c’est ce qui me préoccupe. Tous ceux qui propagent cette haine doivent connaître les dommages qu’ils infligent à la société, et le fait que cela devient incontrôlable. Et si on ne peut plus la contrôler, nous aurons un gros problème.

 

AED : Mais ce sont surtout les minorités qui sont particulièrement visées ?

 

Oui, ce sont les minorités qui sont concernées. Mais je pensais aujourd’hui à ce beau poème attribué à un pasteur luthérien allemand : « D’abord, ils sont venus pour les socialistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas socialiste. Puis ils sont venus pour les syndicalistes, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas syndicaliste. Puis ils sont venus pour les juifs, et je n’ai rien dit, parce que je n’étais pas juif. Puis ils sont venus pour moi, et là, il n’y avait plus personne pour me défendre ». Je fais donc mention maintenant de ce poème, parce qu’on commence par une minorité, puis on s’attaque à la seconde. En ce moment, les musulmans sont attaqués, les dalits sont attaqués, et nous sommes attaqués… Nous ne savons pas quel groupe sera les prochains.

 

AED : Voulez-vous dire que finalement le fondamentalisme nationaliste que les dirigeants politiques soutiennent va nuire à tout le pays ?

 

Je dois dire une chose pour être juste : une grande majorité d’hindous et une grande majorité d’Indiens, quelle que soit leur religion, sont tolérants. Nous nous acceptons mutuellement, et nous coexistons sans difficulté. Nous vivons ensemble depuis des milliers d’années, c’est une société multiculturelle, multireligieuse et diversifiée. Mais voilà que tout d’un coup, nous arrivons à une situation où certains groupes se renforcent et propagent cette haine. Ce n’est pas acceptable, parce qu’en fin de compte, c’est la nation qui en souffrira. Pas seulement les minorités.

 

AED : L’Inde prend-elle le chemin de la théocratie comme le Pakistan ?

 

Deux pays sont nés en 1947, le Pakistan et l’Inde. Ils ont décidé que le Pakistan serait un pays fondé sur une religion, l’Islam. En revanche, les pères fondateurs de l’Inde ont décidé que nous ne serions pas basés sur une religion ou une culture, mais que l’Inde serait multiculturelle et multireligieuse, avec différentes langues et régions. Et après cela, le pays a vécu en paix.

 

AED : Qui sont ces gens qui veulent changer cette caractéristique fondatrice, et pourquoi ?

 

Il s’agit de certains groupes fondamentalistes qui surgissent dans toutes les sociétés, et les groupes fondamentalistes nuisent toujours à la société. Mais quand les groupes fondamentalistes commencent à recevoir le soutien ouvert ou caché d’autrui, alors ils deviennent dangereux.

 

AED : Quelle est la réaction de la communauté chrétienne quand elle entend de telles nouvelles ? Ces incidents doivent-ils faire peur à ses membres ?

En tant que chrétiens, nous faisons confiance au Seigneur, nous n’avons pas peur. Quand j’ai demandé aux sœurs de Chinnasalem : « Avez-vous peur ? », elles m’ont répondu : « Non, nous allons continuer notre travail ». Et je pense que c’est notre esprit, nous continuerons notre travail, nous n’aurons peur de personne. Nous pensons à Jésus qui nous a dit : « Craignez ceux qui peuvent prendre votre âme, et non ceux qui peuvent détruire votre corps ». Il s’agit donc d’un principe de base.

Nous allons donc poursuivre notre travail, nous continuerons à servir les plus pauvres d’entre les pauvres. Nous savons que cela nous apportera des difficultés, cela nous vaudra des persécutions, et même la souffrance, mais nous continuerons de faire notre travail pour les pauvres, pour Dieu et pour Jésus.

 

AED : Une dernière question : pensez-vous justement que le fait que vous travailliez avec les personnes les plus pauvres et socialement méprisées soit une des raisons pour lesquelles certaines personnes ne semblent pas aimer le travail de l’Église ?

 

Nous avons un dicton dans ma propre langue locale, le Konkani : « On ne jette des pierres qu’à un arbre qui donne du fruit ». On ne jette pas de pierres à un arbre stérile, mais uniquement à un arbre qui porte du fruit. En effet, il y a des gens qui n’aiment pas que nous servions les pauvres, et je pense que c’est la vraie raison pour laquelle nous sommes attaqués.

 

Project de la semaine de l’AED : Aide à la formation pour 28 jeunes religieuses en Inde

17.10.2018 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Formation, Formation religieuse, Inde, PROJETS AED

Inde

Aide à la formation pour 28 jeunes religieuses

 

Dans le nord-est de l’Inde, l’Église catholique est encore jeune : elle a célébré en 2016, le 120e anniversaire de sa présence. Par contre en certains endroits, les missionnaires ne sont arrivés qu’à la deuxième moitié du 20e siècle.

 

Le nord-est est isolé et sous-développé. On y observe des troubles politiques et des conflits, une grande pauvreté et de nombreux autres problèmes. Cependant, l’Église ici est très vivante : près de deux millions de catholiques y vivent désormais et le nombre de vocations au sacerdoce et à la vie religieuse est en augmentation.

 

Une délégation de jeunes religieuses de la Croix de Chavanod du nord-est à Guwahati, Inde (2015-2017)

 

Les Sœurs de la Croix de Chavanod sont présentes dans le nord-est de l’Inde depuis 37 ans. Récemment, une nouvelle province de leur congrégation a été érigée à Guwahati. Là-bas, la congrégation a 18 monastères, avec 96 sœurs professes. Elles s’occupent des malades et des enfants souffrant de déficiences physiques et mentales. Également, elles enseignent la couture, la broderie et la fabrication de décorations aux jeunes filles qui viennent de familles pauvres et qui n’ont pas les moyens de continuer leur éducation, afin qu’elles puissent gagner leur vie. Enfin, elles apportent leur aide et leurs conseils aux familles et aux femmes et elles tentent de transmettre aux gens l’amour de Dieu. C’est précisément parce que l’Église est si jeune dans la région qu’il reste beaucoup à faire pour que la foi s’enracine vraiment en profondeur dans les âmes.

 

Les étudiantes religieuses à Borgaon dans le district d’Assam.

Il y a 28 jeunes religieuses qui sont toujours en formation. Comme la plupart des fidèles catholiques, elles proviennent de familles pauvres appartenant à des minorités ethniques. La congrégation a besoin d’aide pour leur donner une bonne formation spirituelle et professionnelle. Certaines des jeunes femmes doivent également passer un diplôme universitaire afin de mieux relever tous ces défis. Nous aimerions les aider grâce à un montant de 25,368 dollars.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Projet de la semaine AED : Consécration d’une chapelle, cœur du village – Inde

08.08.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Canada, Construction, Inde

Histoire de succès de l’AED… en Inde!

Consécration d’une chapelle, cœur du village

Le 5 mai 2018 était un grand jour de fête pour les fidèles de Vipparu Ouest : leur belle chapelle toute neuve a été consacrée ! Ils attendaient ce moment depuis 16 ans. Jusqu’à présent, ils n’avaient qu’une très petite chapelle, construite avec de l’amiante, et qui menaçait de s’effondrer à tout moment. De plus, elle n’offrait plus suffisamment de place pour les fidèles de plus en plus nombreux. Cela faisait longtemps que les fidèles rêvaient de construire une nouvelle église. Et malgré les grands sacrifices qu’ils faisaient, les fonds étaient toujours insuffisants. 

Vipparu Ouest est un village qui fait partie de la paroisse de Tadepalligudem (centre-est du pays). Dans onze villages, presque tout le monde est déjà baptisé, et il y a beaucoup de candidats au baptême dans d’autres villages. Le prêtre doit donc rendre visite aux gens dans de nombreux villages.

La chapelle est très importante parce qu’elle est au cœur de la vie ecclésiale, y compris en dehors des messes et des heures de catéchisme. « Les fidèles sont pleinement convaincus que c’est là que Dieu demeure », nous raconte le curé. « Alors, ils vont dans la chapelle même quand le prêtre ne peut pas venir, et ils déposent leurs soucis devant Jésus ».

La chapelle est consacrée à l’Enfant Jésus de Prague, qui est particulièrement vénéré par les fidèles en Inde. On y trouve d’ailleurs plusieurs grands sanctuaires consacrés à l’Enfant Jésus de Prague : il s’agit même des plus grands sanctuaires au monde consacrés à cette dévotion ! De plus en plus de chapelles et d’églises lui sont consacrées jusque dans les régions les plus reculées.

 

 

Nos bienfaiteurs répondent présents !

Nos bienfaiteurs ont offert 15 100 dollars pour la construction de la chapelle. Les travaux ont été réalisés par les fidèles eux-mêmes, sous la supervision d’un spécialiste de la construction, mais c’est grâce à l’aide de nos bienfaiteurs que les matériaux de construction nécessaires ont pu être achetés.

« La consécration a été une journée inoubliable », nous écrit le père Dharma Raju Matta. L’évêque du diocèse, Mgr Jaya Rao Polimera était venu spécialement d’Eluru pour consacrer la chapelle. Après la célébration, il a pris beaucoup de temps pour écouter les problèmes des fidèles et être proche d’eux.

« Nous aimerions exprimer notre profonde et sincère gratitude pour votre contribution importante à notre mission », dit le curé. Les fidèles prient régulièrement le rosaire pour tous ceux qui les ont aidés !

 

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Projet de la semaine AED : Aide à la formation en Inde

08.05.2018 in Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Inde, PROJETS AED, Séminaristes, Subsistance

Inde

Aide à la formation pour 31 futurs prêtres

 

De bonnes nouvelles nous parviennent du diocèse de Sambalpur dans l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde. Le nombre de vocations sacerdotales n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Pour y arriver, le diocèse a mis en place un apostolat vivant dans les écoles. Ainsi, les jeunes peuvent très tôt envisager l’idée que Dieu les appelle.

Par exemple, les prêtres vont lire aux jeunes des récits tirés des Saintes Écritures dans lesquels quelqu’un reçoit un appel de Dieu. En classe de sixième, les jeunes qui se sentent appelés vont d’abord au petit séminaire où ils obtiendront leur diplôme.  Pendant trois ans, on nourrit leur vie spirituelle ; ils ont donc le temps de réfléchir  et de se questionner avant d’entrer au séminaire.

Actuellement, 31 jeunes hommes se préparent à l’ordination sacerdotale. Bien que ce soit une grande joie de compter autant de vocations, c’est aussi un grand défi pour le diocèse. L’État d’Odisha est l’un des plus pauvres du pays, et les chrétiens sont parmi les groupes plus pauvres et les plus défavorisés de la population. Les séminaristes sont souvent issus de familles très pauvres, et en paroisse, les fidèles sont trop pauvres pour soutenir la formation des prêtres.

Le diocèse doit donc subvenir à tous les besoins des séminaristes : hébergement, vêtements, chaussures, nourriture, soins médicaux, matériel didactique… Les coûts augmentent et le séminaire dépend de l’aide en provenance de l’étranger.

Les séminaristes sont censés recevoir une bonne éducation à tous égards : ils doivent acquérir de vastes connaissances, développer leur vie spirituelle et leur vie de prière, et devenir également des personnes ayant une grande maturité humaine. En plus des études, un accompagnement spirituel intensif et une vie de prière vivante sont essentiels.

 

 Ils doivent aussi pratiquer la vie communautaire 

Afin d’acquérir une expérience pratique de la pastorale, les futurs prêtres passent l’été dans différentes paroisses de villages isolés et dans des bidonvilles. Ils rendent visite aux malades, prient avec les familles, enseignent la catéchèse aux enfants, donnent des cours sur la Bible aux adolescents et dirigent les veillées de prière. C’est comme cela qu’ils apprennent à connaître la vie en communauté et le travail pastoral. Afin d’affermir leur vie spirituelle et leur vocation, ils participent à des journées de recueillement et de retraite. Une fois par an, ils passent trois jours avec l’évêque et avec les prêtres du diocèse.

Aide à l’Église en Détresse aide les séminaristes, grâce à un montant d’un peu plus de 14 000 $, à poursuivre leur formation une année de plus.

 

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AED-Entrevue – Inde – L’Église lutte contre la discrimination

20.04.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, Asie, Dalits, Discrimination, Entrevue AED, Inde, Inde, Par Joop Koopman, Voyagez avec AED

Inde

L’Église est au service de tous et lutte contre la discrimination

 

Mgr Sarat Chandra Nayak, évêque de Berhampur a récemment été nommé par la Conférence catholique des évêques de l’Inde (CBCI) à la présidence de la Commission des castes répertoriées et autres castes inférieures. Une part importante de la tâche de cette commission consiste à façonner les politiques de l’Église à l’égard des Dalits du pays – caste la plus basse de la hiérarchie hindoue, anciennement connue sous le nom « d’intouchables » – qui subissent une sévère discrimination dans la société indienne. Les Dalits représentent 65% de la population catholique indienne, soit près de 20 millions de personnes. Mgr Nayak est originaire de Kandhamal, situé dans l’État d’Odisha, où une centaine de chrétiens ont été assassinés par une foule hindoue en 2008. Il est l’un des 12 évêques Dalits du pays, qui compte en tout 224 évêques. Aide à l’Église en Détresse s’est entretenue avec lui.

 

Pourquoi les Dalits chrétiens (et musulmans) sont-ils toujours privés de discrimination positive, alors que la Constitution indienne garantit l’égalité des droits à tous les citoyens ?

Mgr Sarat Chandra Nayak, évêque du diocèse de Berhampur en Inde. Lui-même un des 12 Dalits de la conférence épiscopale, sa devise est Être un serviteur heureux.

L’Inde a obtenu de l’Angleterre son indépendance en 1947 et la Constitution indienne est entrée en vigueur en janvier 1950. Elle garantissait l’égalité des droits fondamentaux à tous ses citoyens, indépendamment des castes et des croyances. Le 10 août 1950, un décret présidentiel est entré en vigueur pour octroyer aux populations tribales et Dalits de religion hindoue le bénéfice de la discrimination positive afin de pondérer leur faible statut socio-économique, après des siècles de négligence et de discrimination. Cependant, les Dalits appartenant à d’autres religions n’ont pas été inclus. Finalement, les Dalits bouddhistes et sikhs se sont vus accorder le statut de « castes répertoriées », et les avantages afférents. Par contre, les Dalits musulmans et chrétiens restent encore aujourd’hui privés de ces droits, malgré les protestations et les appels continus au gouvernement au cours des 60 dernières années.

Les gouvernements précédents, dirigés principalement par le parti du Congrès, n’avaient pas la volonté politique d’amender la Constitution, même lorsqu’ils disposaient de la majorité absolue au Parlement. Le gouvernement actuel du BJP, avec son idéologie nationaliste hindoue, est ouvertement hostile à l’extension constitutionnelle de la discrimination positive aux Dalits musulmans et chrétiens.

 

L’Église est-elle en mesure de changer la situation et quelle est sa stratégie ?

Les chrétiens ne représentent que 2,5% de la population totale du pays, de sorte que politiquement, l’Église n’a pas été en mesure de faire grand-chose pour contester la constitutionnalité du décret présidentiel de 1950. Il doit être contesté, dans la mesure où il discrimine purement et simplement sur une base religieuse, ce qui va à l’encontre des principes fondamentaux de la Constitution indienne selon lesquels tous les citoyens doivent être traités sur un pied d’égalité, indépendamment de leur caste, croyance, sexe ou religion. Jusqu’à maintenant, les manifestations pacifiques soutenues par l’Église n’ont rien donné, bien que la couverture médiatique ait porté cette question à l’attention du grand public.

 

La stratégie de l’Église consiste à tenter de combattre cela aux côtés des musulmans et des gens de bonne volonté d’autres religions et de diverses idéologies politiques. L’Église essaie aussi d’unir tous les Dalits sur cette question. Malheureusement, les Dalits hindous, bouddhistes et sikhs sont préoccupés par le fait que l’extension des avantages aux musulmans et aux chrétiens pourrait réduire les leurs. Enfin, l’Église aborde la question du point de vue des droits de l’homme. La privation des chrétiens Dalits est une violation des droits de l’homme, une violation des normes internationales.

 

Certaines personnes croient que si les Dalits chrétiens bénéficiaient des avantages prévus par le gouvernement, de nombreux Dalits hindous se convertiraient au christianisme. Quels sont les aspects de la vie chrétienne qui sont attractifs pour les hindous des castes inférieures ?

La peur des conversions de masse au christianisme semble infondée ; présumer que les Dalits changeraient de religion pour obtenir des avantages matériels est encore une autre manière dégradante de les considérer.

La stratégie hindoue – indépendamment des idéologies politiques – a été de diffuser dans la majorité hindoue la peur d’un véritable exode. Les faits prouvent le contraire : même si les chrétiens Dalits sont privés des avantages du décret gouvernemental, et même si, dans certains États, ils souffrent de discriminations, ils restent fidèles à leur foi, même au point de souffrir le martyre. De plus, lorsque les dispositions en matière de discrimination positive ont été étendues aux bouddhistes et aux sikhs, les Dalits musulmans et chrétiens ou encore les Dalits hindous n’ont pas rejoint ces confessions.

Lors d’une visite d’une délégation de l’AED, arrêt dans un temple hindou. 

 

Cependant, il est vrai que les chrétiens sont connus pour leur mode de vie pacifique, orienté vers le service, respectueux de tous les hommes et dédié à l’œuvre missionnaire. Les fondamentalistes hindous tentent d’entraver les services rendus par les chrétiens, par exemple dans les domaines de l’éducation, des soins de santé ou des services sociaux, de peur que les gens ne soient attirés et embrassent la foi chrétienne. Dans neuf États, des lois anti-conversion sont en vigueur pour empêcher toute conversion. Bien qu’ils ne représentent que 2,5% de la population, les chrétiens fournissent 20% des services du pays dans différents domaines : pourtant, la taille de la communauté chrétienne n’a pas beaucoup augmenté en Inde.

 

Pouvez-vous expliquer pourquoi les nationalistes hindous sont si hostiles au christianisme ?

Tout d’abord, ils associent la domination coloniale britannique au christianisme. Les Britanniques qui sont venus en Inde étaient relativement peu nombreux, et pourtant, ils l’ont gouvernée pendant plus de 200 ans. Les nationalistes hindous craignent que s’il y a plus de chrétiens en Inde, ils ne gouvernent à nouveau l’Inde. Le christianisme est considéré comme une religion étrangère. Deuxièmement, le christianisme remet en cause divers préceptes et pratiques religieuses de l’hindouisme, et les hindous craignent de perdre leur influence.

Par exemple, la foi chrétienne a contesté la pratique séculaire du Sati pratha selon laquelle une veuve était brûlée vive avec le cadavre de son mari. La religion hindoue soutenait que les femmes n’ont pas d’existence indépendamment de leur mari, que les veuves n’ont pas le droit d’exister, de posséder des biens ou de se remarier. Cette pratique est presque entièrement éradiquée aujourd’hui. Deuxièmement, il y a le Jati pratha (le système des castes), qui classe les gens en fonction de leur naissance et les traites en conséquence comme inférieurs ou supérieurs. Les relations sociales ne sont pas autorisées entre les différentes castes.

Les Dalits sont considérés comme des parias ou des intouchables – et même le fait de croiser leur ombre est considéré comme quelque chose qui rend impur. Le système de castes ne permet pas à une personne d’avoir un métier autre que celui attribué à sa caste ou à sa famille. L’Église s’efforce d’éradiquer ce système. Elle favorise et soutient l’égalité en droits et en dignité de chaque citoyen.

L’idéologie hindutwa adoptée par les nationalistes hindous tente d’imposer le nationalisme culturel, dont le but est : une culture, une langue et une religion. Tout en étant fidèle aux enseignements du Christ, l’Église reconnaît, respecte et favorise le pluralisme des cultures et des langues.

Enfin, l’hindouisme est imprégné de nombreuses croyances sombres, y compris la pratique de la magie noire, de la sorcellerie, etc., qui sont utilisées pour exploiter, torturer et faire chanter les gens. L’Église, par l’éducation et la sensibilisation, en particulier auprès des Dalits et des peuples tribaux, libère les gens de ces forces maléfiques.

 

Que font les évêques pour lutter contre la discrimination des Dalits catholiques au sein même de l’Église ?

Lors de nombreuses réunions nationales, les évêques de l’Inde ont publié des déclarations appelant à la fin de la discrimination des Dalits et du système des castes, non seulement au sein de l’Église, mais aussi dans la société en général. Cependant, le système des castes semble être profondément enraciné dans la psyché de nombreux Indiens, y compris les chrétiens. Des « restes » du système des castes survivent même après le baptême. Maintenant, en adoptant officiellement leur politique en ce qui concerne les Dalits au sein de l’Église, les évêques indiens se sont engagés dans une campagne visant à responsabiliser les Dalits et à éduquer tous les fidèles, réaffirmant l’égalité de tous, et soulignant le fait que les Dalits doivent bénéficier de l’égalité des chances dans les différents domaines professionnels et sociaux.

Février 2018 : célébration de l’Eucharistie.                                                                                                                    

Comment se manifeste la tension entre la notion de pureté profondément enracinée dans l’Hindouisme et le message de l’Évangile, selon lequel tous les hommes et toutes les femmes sont tout aussi dignes aux yeux de Dieu ?

Le système des castes en Inde n’est pas seulement une partie de la religion hindoue – il fait partie de la culture indienne. Même si la Constitution indienne interdit la pratique du système des castes, il existe toujours. Et malheureusement, il continue aussi d’exister parmi les chrétiens.

Dans le passé, dans le cadre d’une stratégie missionnaire d’évangélisation, le système des castes a été toléré par certains missionnaires, et cette attitude persiste encore partiellement aujourd’hui. On pense que le christianisme a d’abord été amené par saint Thomas au Kerala et dans certaines parties du Tamil Nadu (extrême sud du pays).

Pendant des siècles, les chrétiens de la caste supérieure locale ont revendiqué être des descendants directs de l’apôtre. En raison de cette mentalité de caste, la foi est restée confinée à cette région et ne s’est pas propagée à d’autres parties du pays pendant plus de 1 500 ans. C’est seulement lorsque saint François Xavier est venu en Inde que le christianisme s’est répandu (16e siècle).

 

Vous-même êtes Dalit. Quelle a été votre expérience en poursuivant votre vocation dans l’Église ?

Personnellement, je n’ai pas connu de discrimination pendant mon enfance, ni même pendant ma formation au séminaire. Non seulement le fait de discriminer les gens en fonction de leur appartenance à une caste n’est pas chrétien, mais ce n’est pas non plus humain. Je suis heureux d’être prêtre, et je considère mon sacerdoce comme le plus grand don que Dieu m’a fait pour le bien de Son peuple. L’épiscopat est une responsabilité supplémentaire et j’essaie « d’être un serviteur heureux », qui est la devise que j’ai choisie pour mon épiscopat. Étant Dalit, le concept d’être un serviteur peut me sembler plus facile à comprendre qu’à d’autres. Et en tant que chrétien de première génération dans ma famille, ma foi en Christ m’apporte un grand bonheur, car elle est encore nouvelle et non contaminée.