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Amérique du Sud

 

Entretiens de l’AED – avec le Cardinal Porras, Venezuela

05.08.2019 in Adapted by Amanda Bridget Griffin, Amérique du Sud, Messe pour les chrétiens persécutés, PROJETS AED, Venezuela

Venezuela

Entretien avec le Cardinal Porras : « Le Venezuela souffre d’une économie de guerre »

by Maria Lozano & Josué Villalón , pour ACN International,
adapté par Amanda Griffin pour l’AED Canada,
Publié sur le web le 5 août, 2019

La situation sociale, politique et économique du Venezuela continue de se détériorer, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité pour la vie quotidienne. L’Église, avec le peuple, souffre des conséquences de cette crise et dans de nombreux diocèses du pays, le clergé ainsi que les autres agents pastoraux qui accomplissent un travail irremplaçable pour alléger les carences matérielles et spirituelles de la population, ont besoin d’aide pour survivre.

Le Cardinal Baltasar Porras, administrateur apostolique de Caracas et archevêque de Mérida, s’est entretenu avec représentants de l’Aide à l’Église en Détresse qui s’est rendue dans le pays pour voir de près quels étaient les besoins, et savoir comment les projets de la l’œuvre pontificale soutenaient le travail pastoral et social de l’Église vénézuélienne.

 


Le Venezuela n’est pas en guerre, mais en réalité, il vit en état de guerre. Que pensez-vous de cette appréciation ?

Nous sommes dans une situation atypique et sans précédent, qui n’est pas le produit d’une guerre, ni d’un conflit armé ou d’une catastrophe naturelle, mais qui a des conséquences similaires. Le régime politique qui dirige le Venezuela a brisé le pays, il a généré un conflit social qui va en s’accentuant. Il y a aussi la réalité de l’exil de tant de Vénézuéliens, quelque chose que l’on n’avait jamais connu ici auparavant. Les gens partent à cause de leur situation économique, de leurs idées politiques, d’autres à cause des brimades qu’ils subissent dans le pays dont l’appareil économique est pratiquement détruit. Il n’y a aucune sécurité juridique. De même, il n’y a pas assez de travail, et les soins de santé sont déficients. Les gens n’ont pas la possibilité d’apporter chez eux le minimum pour subvenir aux besoins de la famille. Les spécialistes qualifient tout cela d’économie de guerre.

 

Des voitures en attente pour de l’essence.

Nous avons entendu parler des négociations d’Oslo entre le gouvernement et l’opposition, mais il y a beaucoup de scepticisme à ce sujet. Pensez-vous que cela puisse vraiment être un pas en avant dans l’amélioration de la situation du pays ?

Il faut comprendre qu’au cours des vingt dernières années, lorsque le gouvernement a été en difficulté, il a appelé plusieurs fois au dialogue. Mais ces appels ne visaient qu’à faire trainer les choses, car le gouvernement n’avait pas la volonté sincère de négocier ni de concéder quoi que ce soit. Face à une telle situation, une grande partie de la population se méfie totalement et ne croit plus du tout au dialogue. Cependant, malgré cela, c’est l’occasion de découvrir s’il existe la volonté de restaurer la démocratie qui a totalement disparu dans le pays. Nous sommes très préoccupés par le fait qu’au cours de cette dernière année, depuis le phénomène Guaidó, le nombre de personnes arrêtées, torturées, tuées et disparues a augmenté et que ces actions impliquent non seulement des militaires de haut rang, mais également une partie de la population. Certains organismes d’État sont considérés comme une police nazie qui génère de la peur dans la population. Le gouvernement a perdu la rue, et la seule manière de contrôler les gens est de leur faire peur et de provoquer des pénuries d’essence, de nourriture et d’énergie.

 

Le transport est devenue un problème

Au cours de notre visite, nous avons vu que là où il y a une paroisse ou une œuvre de l’Église, les gens viennent chercher de l’aide, et se sentent réconfortés. Peut-on dire que l’Église au Venezuela est l’Église de l’Espérance ?

Les institutions publiques et privées ont été détruites, et la seule institution qui reste indemne est l’Église. C’est grâce à notre proximité avec les gens et à notre présence dans tous les domaines. En outre, l’Église a eu le courage de souligner les manquements de ce régime. Par peur, d’autres acteurs sociaux n’osent pas s’exprimer sur cette crise, car le gouvernement est menaçant, ferme les médias et attaque les entreprises.

 

En raison de cette position claire et ferme, l’Église subit également des menaces et des pressions. Peut-on dire que l’Église vénézuélienne est persécutée ?

Vous ne pouvez pas dire qu’elle ne l’est pas. Par exemple, dans le domaine de l’éducation, il y a des restrictions contre les établissements catholiques. Des obstacles apparaissent pour inciter l’Église elle-même à fermer ses écoles. Cela fait des années que nous subissons des pressions subtiles, mais aussi des menaces verbales et du harcèlement à l’encontre des œuvres à caractère social comme Caritas. Les paroisses sont attaquées par le gouvernement lui-même, par les conseils municipaux et les groupes pro-gouvernementaux dits « collectifs ». Par exemple, à Caracas, dans les quartiers populaires, les collectifs se mettent aux portes des églises paroissiales et écoutent ce que dit le prêtre dans son homélie. Si ça ne leur plait pas, les menaces commencent.

 

le cardinal Baltazar Enrique Porras dîne avec les pauvres

 

Que se passerait-il au Venezuela si l’Église catholique n’était pas présente ?

La situation serait pire et s’aggraverait pour beaucoup de gens. Cela nous fait mal de voir notre peuple comme ça. Avec le phénomène de l’émigration, nous qui sommes restés, sommes privés d’affection parce que la famille et l’environnement dans lequel nous avons vécu ont disparu. Ceux d’entre nous qui sont restés ressentent un manque de compagnie et souffrent aussi parce que les choses ne se passent pas bien pour beaucoup de ceux qui sont partis. Le Venezuela devient un problème géopolitique qui affecte d’autres pays. Il y a déjà 4 millions de vénézuéliens à l’extérieur du pays : 1,5 million en Colombie, 700.000 au Pérou, 400.000 au Chili, 500.000 en Floride – la moitié d’entre eux sans papiers – et beaucoup d’autres dans d’autres pays d’Amérique et d’Europe. C’est très triste.

 

La pauvreté augmente

Qu’est-ce que le pape François vous dit au cours de vos rencontres ?

Le Pape connaît très bien la situation vénézuélienne, il la connaissait avant même de devenir pape. En outre, ses plus proches collaborateurs, comme le secrétaire d’État du Vatican, ont eu des relations directes avec le Venezuela et sont fortement impliqués. Le Pape fait confiance aux instances locales de l’Église. Lors de la dernière rencontre de tout l’épiscopat vénézuélien avec le Saint-Père, il nous a dit : « J’approuve tout ce que vous faites ». Certains se demandent pourquoi il ne parle plus du Venezuela. Des choses sont faites, mais discrètement, entre autres pour ne pas nuire aux organisations qui aident l’Église vénézuélienne.

 

Un dernier message pour les personnes qui, à travers l’AED, collaborent avec l’Église vénézuélienne ?

La proximité de nombreuses institutions, pas exclusivement catholiques, est un baume sur nos plaies. Nous remercions notamment de tout cœur l’AED, non seulement pour son aide matérielle, mais aussi pour l’harmonie spirituelle exprimée avant tout par la prière. Il y a quelque chose qu’il faut reconnaître : grâce à l’aide que nous recevons de l’AED à travers les intentions de messe, les difficultés des paroisses sont grandement atténuées, ce qui permet de consacrer d’autres ressources au renforcement du travail social. Vous nous aidez à rester présents et à aider les personnes qui en ont le plus besoin.

 

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

03.06.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Amérique du Sud, Venezuela, Voyager avec l'AED

AED-Entrevue – Au Venezuela, lueurs d’espoir au milieu de la crise

Entrevue et texte par Maria Lozano, ACN International
Adapté par Mario Bard 
Publié sur le web, 3 juin, 2019

Crise au Venezuela : « Une petite lueur d’espoir »

Au Venezuela, il semble qu’un premier pas vers le changement ait été franchi grâce aux premiers entretiens qui se sont déroulés à Oslo, en Norvège entre du 25 au 29 mai, précédés de contacts faits à la mi-mai.

Avec la collaboration du gouvernement de ce pays neutre, ces contacts constituent une première tentative pour résoudre la crise. Il s’agit « d’entretiens exploratoires » entre des représentants du gouvernement de Nicolás Maduro et des représentants de l’opposition, comme l’explique le Père José Virtuoso, recteur de l’Université catholique Andrés Bello à Caracas (Venezuela). Cela fait apparaître « une petite lueur d’espoir » explique le prêtre jésuite dans un entretien qu’il a accordé à l’Aide à l’Église en Détresse (AED).

 


Êtes-vous optimiste quant aux pourparlers d’Oslo ?

Oui. Nous savions que des rencontres informelles s’étaient déjà déroulées entre l’opposition et le gouvernement de Nicolás Maduro. Il s’agissait plutôt d’entretiens exploratoires – sans aucun engagement. Cette fois-ci, les contacts à Oslo impliquent l’engagement « officiel » d’un gouvernement, en l’occurrence celui de la Norvège. C’est un premier aspect positif. Le deuxième aspect positif est que cela démontre que le gouvernement du président Nicolás Maduro et celui du président Juan Guaidó sont ouverts pour chercher des possibilités d’entente. Il ne faut exclure aucune possibilité permettant de sortir de la crise vénézuélienne.

 

Ces entretiens se situent encore dans une phase très précoce. Est-ce qu’il y a Déjà des mesures concrètes qui en résultent ?

Il n’y a encore rien de concret et la manière de procéder n’a même pas encore été déterminée. Jusqu’à présent, il s’agit d’étapes exploratoires. Toutes les parties présentes – autant le gouvernement norvégien que le gouvernement Maduro ainsi que le président Guaidó – ont évoqué un processus exploratoire. En aucun cas nous ne pouvons parler d’un processus de dialogue ou de négociation. Nous sommes encore dans un processus de recherche de solutions.

 

Est-ce que ces tentatives de rapprochement sont en lien avec l’action de Juan Guaidó qui, le 30 avril dernier, a appelé l’armée à le soutenir ?

Je pense que depuis le 30 avril, nous sommes clairement dans une impasse : ni le gouvernement Maduro – qui souhaite écraser ses ennemis – ni le président par intérim Guaidó – qui veut mettre un terme à l’usurpation du pouvoir – n’ont bougé. Pour sortir de cette impasse qui est devenue manifeste le 30 avril dernier, nous devons chercher d’autres issues, nous devons explorer d’autres possibilités.

Quelle est l’attitude adoptée par l’Église ? Il y a presque deux ans, l’Église a participé à des tentatives de dialogue. Mais, se sentant instrumentalisée, elle s’est retirée…

Les tentatives précédentes, que ce soit les entretiens auxquels le Vatican a participé au début ou plus tard avec le processus entre le gouvernement et l’opposition à Saint-Domingue, ont échoué. Je pense que ces rencontres n’étaient pas bien préparées et ont été mal développées. Considérons l’exemple de la Colombie : là-bas, les entretiens et les accords entre le gouvernement colombien et les FARC reposaient sur un processus très long et très bien préparé, qui n’a été entamé qu’au moment où il existait déjà une véritable volonté de négociation. Au Venezuela, cette volonté n’existe pas encore véritablement. Elle doit d’abord être construite et renforcée. Il ne faut pas aller trop vite, parce que le processus pourrait être abandonné. Je pense que c’est ce qui s’est passé lors des tentatives précédentes. Nous devons essayer de trouver une voie stable pour parvenir à un accord éventuel. C’est pourquoi je dis que ce sera un processus lent et difficile. Mais je pense qu’au final, les Vénézuéliens le veulent.

Comparer aux tentatives antérieures, croyez-vous que cette fois sera différente, parce que Nicolás Maduro a compris que ça ne pouvait pas continuer ainsi ?

Je pense que, non seulement l’opposition, mais tous les Vénézuéliens ont des doutes considérables et surveillent avec défiance les avancées de ces processus. Le gouvernement reste déterminé à ne pas reconnaître l’opposition et la possibilité d’un accord. Pour cette raison, nous continuons d’entrevoir les choses avec un certain scepticisme. Mais d’une manière ou d’une autre, nous nous engageons sur cette voie. Comme il y a là une petite lueur d’espoir, nous devons essayer de l’entretenir afin qu’elle ne s’éteigne pas, mais qu’au contraire, elle devienne encore plus claire. Par ailleurs, l’ONU soutient ce processus, les pays du groupe de Lima le voient positivement ainsi que les pays de l’Union européenne. Je crois que la communauté internationale, y compris les États-Unis qui ont adopté une position plus dure, s’accorde pour dire qu’une solution sans violence est préférable à une solution violente. Et c’est évidemment la position de l’Église : faciliter, soutenir, créer les conditions d’une solution pacifique au conflit vénézuélien.

Évoquons maintenant la situation de la population. Les médias du monde entier ont parlé des coupures d’électricité durant plusieurs jours sur l’ensemble du Venezuela. Qu’en est-il actuellement de cette situation ainsi que du ravitaillement en denrées alimentaires dans le pays ?

L’approvisionnement énergétique s’est normalisé dans les grandes villes, en particulier dans le centre du pays, comme à Caracas et dans d’autres villes importantes du centre. En revanche, dans les régions frontalières, c’est un véritable drame. Dans l’État du Zulia, à la frontière de la Colombie, la situation est déplorable. C’est l’État le plus peuplé, comptant la deuxième plus grande ville du pays, mais l’alimentation électrique y reste toujours très irrégulière. La situation est similaire dans les deux États frontaliers de Táchira et de Mérida, à l’ouest du pays, où vit une très grande partie de la population. Ainsi, ce problème s’est résolu dans certaines parties du pays et dans d’autres, c’est toujours le même drame. C’est terrible !

 

Nicolás Maduro a maintenant permis à la Croix-Rouge d’entrer pour fournir de l’aide humanitaire. Est-ce que c’est une solution ?

En réalité, l’aide humanitaire est fortement réduite. Ainsi, certaines fournitures médicales et des groupes électrogènes ont été livrés à des hôpitaux, ce qui est une bonne chose. Mais, on a l’impression que beaucoup de pays aimeraient coopérer de manière plus active en envoyant à la population du matériel médical, des médicaments et des denrées alimentaires, mais qu’on ne leur en donne pas la possibilité.

En qualité de recteur de l’université, vous êtes particulièrement préoccupé par la question de l’éducation. Comment se présente la situation dans ce domaine ?

Je suis très inquiet à cause du système éducatif qui se détériore au Venezuela. Les enfants et les jeunes ne peuvent venir régulièrement en classe à cause des problèmes de transport ou d’alimentation. Tous nos établissements scolaires, nos lycées et nos universités souffrent des terribles conséquences de l’émigration des enseignants et des professeurs. Étudier au Venezuela devient presque un exploit.

 

 

Il y a presque deux ans que nous parlons de la situation au Venezuela. Le moment pourrait arriver où les gens diront : « Eh bien, on ne peut rien faire ! » Comment ne pas perdre courage ?

Le Venezuela a un besoin urgent de l’aide du monde entier. Après la Deuxième Guerre mondiale ainsi que dans les terribles années 1950, durant les années de la reconstruction, beaucoup d’Européens sont venus s’établir au Venezuela. Je suis moi-même fils d’un immigrant européen, d’un Italien venu de Sicile. Beaucoup de Vénézuéliens sont des enfants ou des petits-enfants d’immigrants qui ont beaucoup apporté au pays. L’Europe devrait rendre le soutien que le Venezuela lui a donné à d’autres époques. Il s’agit là d’un soutien solidaire et d’un soutien économique qui peuvent être fournis de nombreuses façons. Je voudrais encourager à persévérer dans ce soutien, car il engendre un sentiment de solidarité très important.

Projet de la semaine AED – Brésil – Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

27.02.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Brésil, Catéchèse, Catéchètes, Eva-Maria Kolmann, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, PROJETS AED, Projets pastorale, Voyagez avec AED

Brésil – Projet de la semaine AED

Matériel de catéchèse pour le travail pastoral

Le « Missao Belem » (Mission Bethléem) est une communauté spirituelle qui s’occupe principalement des personnes sans-abries, des toxicomanes et des personnes isolées ou celles qui vivent en situation de crise. Les membres de la Communauté, qui se décrivent comme des « missionnaires », vivent 24 heures sur 24 avec les personnes sans-abries, souvent même dans les rues, et partagent leur vie. Ce faisant, ils essaient de rendre tangible la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour ceux qui sont en marge de la société.

Cette communauté encore jeune, fondée au Brésil en 2005, s’occupe actuellement de 160 maisons missionnaires et de sept centres de transit dans 70 villes au Brésil, en Haïti et en Italie.

À l’heure actuelle, 2 000 sans-abri sont soignés par 70 membres consacrés de la communauté et 200 bénévoles à temps plein. Ils vivent tous ensemble comme dans une grande famille. Dans cette atmosphère familiale, les personnes ayant vécu dans la rue se réhabituent lentement à un rythme de vie régulier et peuvent découvrir le potentiel qu’ils ont en eux. Pour cela, des établissements thérapeutiques coopèrent avec la communauté. Celle-ci offre également la possibilité d’effectuer une formation professionnelle ou de se réintégrer à la vie professionnelle.

Par ailleurs, les enfants de la rue sont aidés, dans la mesure du possible, à retourner dans leur famille. Lorsque cela est impossible, ils sont placés dans des familles d’accueil ou d’adoption, en accord avec les autorités compétentes.

Jusqu’à maintenant, 50 000 personnes ont été prises en charge par la communauté. Près de la moitié d’entre elles sont revenues à une vie normale. Beaucoup ont également trouvé la foi et ont été baptisées. Il est particulièrement émouvant de voir des hommes d’âge avancé, après des années d’errance ou de toxicomanie, porter les vêtements blancs du baptême en tenant une bougie baptismale, ou être des « premiers communiants ». Il est particulièrement visible que le baptême leur offre une nouvelle vie en tant qu’enfants de Dieu.

Les cours d’évangélisation de la Communauté sont appréciés et sont une réussite. Jusqu’à présent, 1 400 personnes ont participé à ces événements. Elles se préparent ainsi à la tâche de prêcher l’Évangile aux personnes qui sont loin de l’Église, et en particulier aux groupes sociaux marginalisés. Ces personnes peuvent distribuer du matériel de catéchèse quand les gens qu’ils rencontrent le demandent.

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) voudrait aider à acquérir le matériel nécessaire pour les quatre prochaines années, et a donc promis 69 150 dollars.


 

Venezuela – Appel à prier pour le pays ce dimanche 10 février!

08.02.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Maria Lozano, Prière, Venezuela, Voyagez avec AED

Venezuela

Appel à prier le dimanche 10 février

Dans un communiqué conjoint publié le lundi 4 février, la Conférence épiscopale vénézuélienne, la Conférence des religieux et religieuses et le Conseil national des laïcs du Venezuela se déclarent soucieux « d’éviter de plus grandes souffrances au peuple », tout en espérant un changement dans le cours politique et démocratique que vit le Venezuela.

Photo : María Alejandra Mora (SoyMAM)

« Avec détermination et espoir », ils aspirent à la recherche « d’un changement politique par le biais d’un processus de transition pacifique et transparent, conduisant à des élections libres et légitimes pour reprendre le cours démocratique et parvenir au rétablissement de l’État de droit, à la reconstruction du tissu social, à la relance d’une production économique, au rétablissement de la morale et à l’unité de tous les Vénézuéliens.» Les auteurs du communiqué indiquent aussi : « C’est une situation difficile qui s’inscrit dans l’histoire du Venezuela et que le peuple vénézuélien, le clergé vénézuélien et la communauté internationale vivent avec beaucoup d’espoir et, en même temps, avec une grande inquiétude.»

Les présidents des trois instances religieuses les plus représentatives de l’Église catholique du pays dénoncent dans le communiqué « la répression croissante pour des raisons politiques, la violation des droits de l’homme et les détentions arbitraires et sélectives » et insistent pour que cette transition se fasse de manière pacifique et en accord avec la Constitution nationale.

Ils saluent le travail de tous ceux qui, malgré les risques, défendent et promeuvent les droits de l’homme en temps de crise et les encouragent à continuer à s’occuper des «   victimes qui souffrent d’injustice ». Ils indiquent également : « Nous demandons le respect et la sécurité personnelle et juridique de ceux qui exercent ce service digne au Venezuela. » Ils rappellent ainsi que l’Eglise catholique s’est engagée envers la population la plus touchée, « agissant selon les principes d’indépendance, d’impartialité et d’humanité » et qu’elle demande « les autorisations nécessaires pour bénéficier de l’aide humanitaire afin d’atténuer l’impact de la crise sur les personnes les plus vulnérables. Nous – Caritas Venezuela et les diverses institutions d’assistance sociale de l’Église agissant sur tout le territoire national, nous nous engageons à continuer le service que nous avons rendu avec équité, inclusion, transparence et efficacité. »

Le communiqué se termine en appelant à prier le dimanche 10 février dans « toutes les églises, maisons et communautés, demandant au Seigneur de nous accorder la paix, la réconciliation, la liberté, la santé spirituelle et corporelle ».

Une situation sans précédent

La situation politique actuelle au Venezuela est la conséquence des élections présidentielles de mai 2018 qui, selon la version officielle du gouvernement, ont été remportées par Nicolás Maduro, mais qui ont été qualifiées d’élections illégitimes par la plupart des pays de la communauté internationale, dont l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, l’Espagne et les États-Unis, car elles ont fait l’objet de diverses irrégularités. Ainsi, selon ce constat, le Président Maduro, à la fin de son mandat précédent le 10 janvier, est devenu illégitime et non reconnu comme Président de la République.

En conséquence et selon la constitution vénézuélienne, le président de l’Assemblée nationale du pays, en l’occurrence Juan Gerardo Guaidó, est devenu président responsable du Venezuela. Ainsi, le 11 janvier 2019, Guaidó a annoncé qu’il assumait l’article 233 de la Constitution pour convoquer de nouvelles élections nationales et le 23 janvier, il a prêté serment comme Président responsable du Venezuela.

 

Dimanche 10 février, merci de prier pour un dénouement pacifique de la crise au Venezuela.


 

AED : Projet de la semaine AED – Bolivie

13.12.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Amérique du Sud, bolivie

Projet de la semaine AED – Bolivie

Soutien pour cinq religieuses présentes à Cochabamba

 

La Bolivie a longtemps été considérée comme le pays le plus pauvre du continent sud-américain. Bien que la situation économique s’y soit légèrement améliorée, une grande partie de la population n’en bénéficie pas. C’est le cas à Cochabamba, quatrième ville du pays par la taille. Bien qu’elle soit devenue un centre industriel, beaucoup de ses habitants continuent d’y vivre dans la pauvreté, et l’exode rural aggrave le problème, car de plus en plus de gens viennent en ville.

 

Photo: Carmelitas del Sagrado Corazón à Quillacollo, 2017, Soeur Griselda avec les enfants de l’école: Nuestra Señora de Urkupiña.

 

Depuis 2005, des Carmélites du Sacré-Cœur sont présentes dans deux paroisses de Quillacollo, un quartier situé dans l’ouest de la ville. À la différence des Carmélites déchaussées, mieux connus, qui vivent cloîtrées et dont l’ordre a été fondé par Sainte-Thérèse d’Avila, les Carmélites du Sacré-Cœur forment une communauté religieuse active.

 

Les cinq religieuses de Cochabamba ont créé un centre de formation pour les enfants, les adolescents et les femmes. Elles y proposent entre autres des cours d’alphabétisation et transmettent aux femmes des compétences afin qu’elles puissent gagner leur vie pour leur famille. Elles préparent les enfants à faire leur première communion, accompagnent les enfants, les adolescents et les adultes dans leur cheminement spirituel, organisent des retraites et jouent un rôle important dans l’annonce de la foi, dans une région qui manque de prêtres et où les paroisses sont immenses. De plus, elles conseillent et soutiennent les femmes victimes de violences conjugales.

 

Les religieuses nous ont demandé une aide à la subsistance, car elles doivent payer leurs déplacements, leurs soins médicaux, leur nourriture, etc. Nous leur avons donc promis un peu plus de 4 000 dollars!

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nouvelles de l’AED – Brésil : à « la haine, la colère et l’irresponsabilité »

05.11.2018 in Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Brésil, par Paolo Aldo, Père Werenfried van Straaten

Non à « la haine, la colère et l’irresponsabilité »

Cette entrevue a été réalisée quelques jours avant les élections brésiliennes qui ont porté au pouvoir le nouveau président Jais Bolsonaro.

Projet de l’AED en 2016 – Aide à la subsistence pour 109 missionaires consacrés.

À quelques jours des élections au Brésil, alors que le pays était fortement polarisé entre les deux candidats Fernando Haddad et Jair Bolsonaro, le cardinal archevêque de São Paulo, Mgr Odilo Scherer a lancé un message, rappelant « le haut degré de responsabilité qu’implique cet acte électoral. Le vote ne doit jamais être empreint de haine, de colère ou d’irresponsabilité à l’égard du bien commun. Voter est une question de conscience et le moment est venu pour chacun de faire personnellement quelque chose pour que le Brésil soit meilleur après les élections. En définitive, c’est ce qui compte ».

 

Les paroles du prélat étaient particulièrement pertinentes compte tenu du fait que le Brésil est l’un des pays qui compte le plus grand nombre de catholiques au monde (172 millions), mais aussi l’un des plus violents, avec plus de 60 000 homicides par an, ce qui représente environ 12,5% de tous les homicides de la planète.

Projet construction de centre de catéchèse à la paroisse Saint Antoine de Tefé.

Les élections qui ont eu lieu dimanche ont créé une barrière de discorde qui divise la population, estime l’archevêque, dressant les membres d’une même famille, les amis et même les États les uns contre les autres. C’est une période d’incertitude et de peur. La Conférence épiscopale du Brésil a également prévenu les catholiques de l’importance de cet acte de voter. Déjà en avril, elle avait diffusé « engagement et espérance », un texte contenant une réflexion sur les élections de 2018.

Dans ce document, les évêques exhortent « la population brésilienne à faire de ce moment difficile une occasion de grandir, en abandonnant les chemins de l’intolérance, du découragement et du désenchantement ». C’est ainsi que les prélats encouragent « les communautés ecclésiales à assumer, à la lumière de l’Évangile, la dimension politique de la foi, au service du Royaume de Dieu ». Les évêques brésiliens rappellent aussi que l’espérance doit toujours être présente, malgré les difficultés du quotidien. « Sans cesser d’avoir les pieds dans la dure réalité, nous sommes mus par l’espérance qui nous pousse à surmonter tout ce qui afflige le peuple ».

Père Werenfried en visite au Brésil, en 1977.
Projet: 300 camions pour la région de l’Amazone.

L’AED : engagée au Brésil dès les années 60

Aide à l’Église en Détresse (AED) est très engagée dans la promotion pastorale et sociale de l’Église au Brésil en faisant cet effort de dépassement auquel les évêques font référence dans le document « engagement et espérance ». Il s’agit là d’un travail qui remonte aux années 1960, lorsque le Père Werenfried van Straaten, fondateur de l’AED, avait envoyé un exemplaire de son livre « On m’appelle le Père au lard » à des évêques de différentes villes du monde.

Dans le diocèse de Juína, Mgr Nero Tondello a créé un salon  funéraire unique pour les plus pauvres.

Un exemplaire de ce livre s’était retrouvé entre les mains du Cardinal Dom Jaime Câmara, alors archevêque de Rio de Janeiro. Mgr Câmara y avait répondu par des remerciements, encourageant le Père Werenfried à inclure le Brésil dans son travail missionnaire. Dans sa lettre, le prélat déclarait : « En Amérique latine, nous ne sommes pas encore une Église persécutée, mais cela pourrait aussi nous arriver. Si un jour nous étions persécutés, vous nous aideriez, parce que c’est votre travail. Cependant, si vous nous aidez maintenant, ça coûtera moins cher ».

C’est avec cet appel – associé à une demande expresse du Pape Saint Jean XXIII – que l’AED a commencé son travail au Brésil, presque sous la forme d’un défi. Le Père Werenfried s’est même rendu au Brésil, a visité les grandes favelas et a été ému par le nombre de personnes affamées qui vivaient dans des conditions inhumaines. Dans une prière qu’il a écrite aux pieds du Christ Rédempteur, le Père Werenfried a dit qu’il ne pouvait rester indifférent à tout ce qu’il avait vu. « Ce que j’ai vu dans cette partie du monde est un scandale. Ici, Votre Église est plus vulnérable que partout ailleurs dans le monde ».

Depuis lors, l’AED a financé plus de 6 000 projets pastoraux au Brésil, dont beaucoup bénéficient directement à la sphère sociale. Citons par exemple, la construction de chapelles et de monastères dans les régions les plus défavorisées, suivies de projets de fourniture d’eau potable et d’énergie électrique, ou l’aide au transport des prêtres et des religieuses qui apportent éducation et soins médicaux là où personne ne veut investir.

C’est aussi le cas des bateaux pour l’immense fleuve Amazone. Avant que l’AED ne fournisse de nouveaux bateaux, les prêtres devaient naviguer sur le fleuve dans de vieilles et dangereuses embarcations, le voyage pouvant durer jusqu’à une centaine d’heures pour atteindre les communautés éparpillées le long des berges du fleuve.

Brésil, juillet 2018 – Achat d’un bateau pour la paroisse de Nossa Senhora Rainha da Paz Ilhas de Abaetetuba, pour remplacer celui qui a une trentaine d’années de service.

Cette vision prophétique du Père Werenfried qui a compris dès son premier voyage au Brésil qu’il était impératif d’aider cette immense nation a amené l’AED à soutenir étroitement l’Église brésilienne. Aujourd’hui encore, l’AED est fidèle à cet engagement et le Brésil est parmi les pays prioritaires bénéficiant de son aide.

Des nouvelles de l’AED : Le mensonge « crée une psychose de guerre »

03.08.2018 in Adaptation Mario Bard, AED, Amérique du Sud, Maria Lozano, Nicaragua

Nicaragua

Le mensonge « crée une psychose de guerre »

 

Des sources proches de l’Église du Nicaragua reprochent aux médias leur manque de neutralité et appellent à la prudence ceux qui lisent et entendent des informations sur la grave crise dont souffre les habitants du pays ces derniers mois, en particulier les informations provenant des réseaux sociaux ; dont bon nombre sont mensongères, comme ce fut le cas de la fausse nouvelle publiée la semaine dernière à propos de l’assassinat de l’évêque du diocèse d’Estelí, Mgr Abelardo Mata.

 

« La guerre que nous vivons ici est aussi une guerre médiatique, car c’est dans les médias que l’on débat en grande partie de ce conflit », assurent des sources qui demeurent anonymes par crainte de représailles, et qui se sont entretenus avec l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse. Elles estiment également le fait que « le mensonge, la confusion et l’obscurantisme que nous vivons en ce moment sont presque aussi graves que les balles qui sont tirées, parce qu’ils créent une psychose de la guerre, une psychose de la peur ».

 

Le manque d’impartialité affecte les deux parties au conflit dans ce pays d’Amérique centrale. « Les médias, qui sont des médias gouvernementaux, ne donnent aucune information quand une fusillade implique la police ou les paramilitaires, et s’ils en parlent, c’est en disant que la fusillade est due à des gangs ». Quant à ceux qui sont opposés au gouvernement, ils inventent des canulars et « ne donnent pas non plus d’information quand ils tuent des policiers ou des personnes liées au régime, ou quand ils brûlent les bureaux de la mairie ». Un exemple de cela serait le massacre de trois paysans dimanche dernier parce qu’ils étaient proches du Front sandiniste, un fait « qui n’est pas sorti dans les médias qui ne sont pas sur le front ».

 

Nicaragua, diocese de Managua, diocese de Yangon

De même, selon la source susmentionnée, l’une des préoccupations majeures est la radicalisation des fronts depuis le début du conflit, le 18 avril dernier, lorsque les citoyens ont été appelés sur les réseaux sociaux à rejeter les réformes de l’Institut nicaraguayen de sécurité sociale, qui comprennent une augmentation de la part que les travailleurs nicaraguayens doivent payer, ainsi qu’une réduction des pensions et des retraites. Les affrontements ont éclaté lorsque des partisans du gouvernement du président Daniel Ortega sont sortis pour soutenir les réformes. Depuis lors, la répression et les violences exercées par les forces paramilitaires pro-gouvernementales à l’encontre des manifestants se sont intensifiées.

 

« Il est important de se rappeler qu’il y a 30 ans, au Nicaragua, il y a eu une guerre, et que maintenant les plaies ont été rouvertes et qu’elles deviennent encore plus profondes. C’est de la haine ». Pour cette raison, la chose la plus urgente en ce moment est de créer « des processus de réconciliation, les vrais apôtres sont ceux qui parlent de pardon, de pardon, de pardon ».

 

Le cardinal Mauro Piacenza, président international de l’Aide à l’Église en Détresse, écoutant l’appel lancé par les évêques nicaraguayens dans leur dernier communiqué du 14 juillet, souligne l’importance des campagnes de prière pour le Nicaragua initiées dans différents pays du monde par l’œuvre pontificale AED. « Dans les moments difficiles comme celui que vit actuellement le Nicaragua, les gens voient dans l’Église un grand soutien moral. Il est donc essentiel de soutenir l’Église dans sa difficile mission. La mission principale de l’AED est d’accompagner l’assistance pastorale au moyen de l’information, afin d’attirer l’attention de toute la communauté chrétienne et du monde entier sur ces drames violents et douloureux. Et la prière est aussi un moteur et une force pour tout changement », ajoute le Cardinal Piacenza.

 

Projet de la semaine : Aide à la formation a Pérou

02.08.2018 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Amérique du Sud, Formation, PROJETS AED, Séminaristes

Pérou

Aide à la formation pour 19 séminaristes d’Amazonie

PERU / YURIMAGUAS 
Formation de 23 seminaristes dans le seminaire de Cristo Salvador, 2017. Photo: Un cours de philosophie et théologie débute avec  in  Mgr. José Luis Astigarraga (évèque émeritus de Yurimaguas – décèdé 20.01.2017).

Situé à l’est du Pérou, le vicariat apostolique de Yurimaguas est essentiellement recouvert de forêts vierges. Plusieurs tribus autochtones vivent ici. Dispersés dans une région plus grande que certains pays européens, on retrouve 224 000 catholiques. Pourtant, il n’y a que 25 prêtres qui s’occupent d’eux et qui doivent faire des voyages longs, dangereux et pénibles.

 

L’un des besoins les plus importants du vicariat est donc d’avoir davantage de prêtres. Ceux-ci peuvent administrer les sacrements aux fidèles et s’occuper de la pastorale. C’est ainsi qu’a été mis sur pied un apostolat des vocations qui porte déjà du fruit. En effet, 19 jeunes gens se préparent actuellement à devenir un jour prêtres. Sept d’entre eux suivent encore les deux années préparatoires de propédeutique à Yurimaguas, et les douze autres sont déjà entrés au séminaire du diocèse de Callao où ils étudient.

 

PERU / YURIMAGUAS  Formation de 23 seminaristes dans le seminaire de Cristo Salvador, 2017. Photo: Admission ad ordines avec Mgr. José Luis del Palacio.

Dans le passé, ce sont des missionnaires européens qui, malgré les difficultés de la situation, ont proclamé la Bonne Nouvelle. Aujourd’hui, les missionnaires sont moins nombreux, et les vocations proviennent de communautés locales. Les prêtres locaux ont grandi dans cette région. En plus d’être idéalement préparés aux conditions climatiques et particularités de la forêt tropicale, ils connaissent la population et ainsi, ils pourront probablement mieux répondre à leurs besoins spirituels.

Nous voudrions soutenir ces 19 jeunes hommes qui sont en route pour l’ordination, et pour ce faire, nous avons promis 8,530 dollars.

Amérique du Sud : Venezuela – Des prêtres, instruments de réconfort spirituel

30.07.2018 in Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Venezuela

Amérique du Sud 


Des prêtres, instruments de réconfort spirituel

« Beaucoup de gens arrivent en pleurant, avec de graves problèmes, inquiets ou tristes parce qu’ils quittent le pays, parce qu’ils n’ont rien à manger, ou qu’ils manquent de médicaments. Notre mission est de les réconforter à la lumière de la Parole de Dieu et par la prière », dit le Père Esteban Galvis, curé de l’église Notre-Dame de Lourdes située dans la ville d’Aguas Calientes (Venezuela), à la frontière entre la Colombie et le Venezuela.

« Nous sommes des pauvres qui prenons soin des pauvres. » 

L’attention portée aux migrants à la frontière et à la population locale appauvrie n’est pas que matérielle. Elle est aussi et surtout pastorale et spirituelle.

« Nous vivons une réalité très difficile. Nous nous trouvons dans une situation particulière », raconte le Père Estaban Galvis. « D’une part, les immigrés qui passent par nos paroisses et d’autre part la pauvreté des familles frontalières, les membres de notre communauté eux-mêmes, qui continuent d’être affectés par la situation critique du pays ».

« Nous sommes des pauvres qui prenons soin des pauvres. Ne serait-ce qu’avec un verre de limonade », dit-il.

Le curé raconte que « chaque personne ou chaque famille a sa propre histoire, mais tout le monde a confiance en Dieu. Et les gens cherchent auprès du prêtre et dans les paroisses un refuge qui les fortifie et les réconforte. Ils viennent se confesser et se remettre entre les mains de Dieu ».

 

« L’histoire de Juan Carlos est un bon exemple : il a voyagé avec sa femme et son fils en partant de l’État de Falcón pour se rendre dans un autre pays, mais il est arrivé ici sans argent pour pouvoir continuer »raconte le Père Galvis.

« Un homme qui pleurait avec sa femme parce qu’ils ne savaient pas quoi faire. La première chose que j’ai faite a été de prier avec eux pour demander à Dieu de nous éclairer, puis j’ai partagé ma nourriture avec eux. Et pendant la journée, une autre personne de la communauté leur a offert un endroit où passer la nuit. Ils ont alors décidé de rester dans la région, et pendant la journée, d’aller travailler à Cúcuta (Colombie). Peu à peu, ils ont résolu leurs problèmes, avec l’aide de Dieu ».

Dans les paroisses frontalières, la pastorale sociale a été renforcée, principalement par l’accompagnement spirituel, « qui est avant tout notre mission principale. Beaucoup de gens arrivent en pleurs à l’église, avec leurs problèmes et leurs soucis. Et c’est à nous d’être les instruments de Dieu pour consoler le peuple », estime le prêtre.

 

Inflation et frontière fermée : mission

Dans le cadre de ses activités pastorales, la paroisse organise des journées d’adoration eucharistique et un accompagnement spirituel permanent pour les personnes en quête de réconfort.

« Depuis la fermeture de la frontière », dit le Père Galvis, « nous encourageons des campagnes d’action sociale en partageant un peu de nourriture, mais l’inflation est en train de rendre ce travail impossible. Nous continuons à aider, mais avec le minimum, et ce sont surtout les personnes âgées et les enfants que nous aidons. Parce que nous n’arrivons pas à aider tout le monde ».

 

Le « rapport sur la mobilité humaine vénézuélienne », publié en mai par le service aux réfugiés des Jésuites du Venezuela, précise que les principales raisons qui ont poussé les Vénézuéliens à traverser la frontière sont l’insécurité, l’inquiétude face à ce qui se passe dans le pays, la faim, les niveaux élevés de stress au quotidien, l’incertitude de ne pas savoir ce qui va se passer et le manque de médicaments pour les traitements médicaux. Ce sont 83,6% des gens qui ont émigré, à la recherche d’un cadre de vie plus sûr, et 31,2% ont été obligés de quitter leur ville d’origine.

Récemment, l’Assemblée des Laïcs frontaliers a été tenue. Avec les prêtres et l’évêque du diocèse de San Cristóbal, ils ont réaffirmé leur engagement permanent au service de la pastorale spécifique à la zone frontalière.

 

Le Père Esteban Galvis souligne qu’il est urgent que les chrétiens s’engagent à « prier et jeûner, ce qui aidera à sortir de cette situation ». Et enfin, il nous invite à nous joindre à cette mission : « Nous sommes la consolation de ceux qui vivent et souffrent à la frontière. J’invite ceux qui voudraient se joindre à cette mission de prier à le faire pour la situation que les gens vivent ici, car Dieu est notre seule force ».

 

Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est récemment rendue dans la ville de San Antonio de Tachira (en Colombie) pour offrir de l’aide et manifester de la solidarité aux diocèses frontaliers du Venezuela et de la Colombie dans cette situation difficile.  L’AED étudie les aides futures à apporter au projet d’une maison des migrants.

 

 

Des nouvelles de AED « Masaya est sous une pluie de balles »

19.07.2018 in Nicaragua, PAIX, Persécution, Prière

Nicaragua

« Masaya est sous une pluie de balles »

Cardinal Leopoldo José Brenes Solórzano, diocèse de Managua à Nicaragua

Un cardinal demande de faire  « pression sur le gouvernement afin qu’il respecte l’Église et la population ».

« Exercez des pressions sur le gouvernement, afin qu’il respecte les évêques, les prêtres et la population ». C’est l’appel lancé par le Cardinal Leopoldo José Brenes Solorzano, archevêque de Managua, au Nicaragua, par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse.

Le Cardinal mentionne également la situation difficile à Masaya, ville située à 30 kilomètres au sud de Managua, qui est devenue le symbole de la résistance au gouvernement du président Daniel Ortega. Mardi, le 17 juillet, la ville a été assiégée dès six heures du matin (heure locale), par « plus d’un millier de militaires et de policiers. Il n’y a pas de morts pour l’instant, mais les blessés seront certainement nombreux. La ville a été noyée sous une pluie de balles ».

Ces dernières heures, le Cardinal Brenes a invité la population de Masaya et des autres zones assiégées à rester à la maison, afin qu’il n’y ait pas de morts. « C’est un moment très difficile pour tout le pays ».

Alors que les affrontements entre les forces loyalistes et l’opposition se poursuivent depuis des mois, l’Église fait maintenant l’objet de menaces dans ce pays latino-américain. Le 9 juillet, le cardinal a été agressé par des paramilitaires dans la Basilique Saint-Sébastien, à Diriamba, de même que son auxiliaire, Mgr José Silvio Báez, et le nonce apostolique, Waldemar Stanisław Sommertag. Le 16 juillet, Mgr Abelardo Mata, évêque d’Estelí, a miraculeusement échappé à une embuscade armée attribuée aux forces paramilitaires. Désormais, la répression du gouvernement sandiniste de Daniel Ortega s’exerce ouvertement contre l’Église. « Après avoir écouté l’invitation du Pape François à faire office d’hôpital de campagne, beaucoup de nos paroisses ont donné refuge à ceux qui cherchaient à être en sécurité, et ont porté secours aux blessés, explique le cardinal, ce qui n’a certainement pas plu au gouvernement. Tout comme il n’a pas apprécié notre empressement à tenter de démanteler ces forces paramilitaires ».

« La répression du gouvernement sandiniste de Daniel Ortega s’exerce ouvertement contre l’Église. »

Dans ce contexte si délicat, le cardinal Brenes adresse un appel à l’Occident et en particulier aux catholiques, afin que le gouvernement Ortega soit appelé à respecter l’Église et le peuple nicaraguayen. « J’invite en même temps chacun à lancer une chaîne de prière et à soutenir concrètement nos prêtres à travers des intentions de messe. Bon nombre de prêtre, qui doivent en effet célébrer en privé, ne reçoivent pas d’offrande de messe et n’ont donc aucun moyen de subsistance ».

« Nous sommes très proches de l’Église et du peuple du Nicaragua, à qui nous adressons notre solidarité et nos prières », déclare Regina Lynch, directrice du département des projets de l’AED pour le monde entier. « Dans les mois à venir, nous visiterons le Nicaragua afin de renforcer nos liens de communion dans la prière et dans l’assistance pastorale »