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Irak

 

Nouvelle de l’AED — Irak – Batnaya vit de nouveau grâce à l’Aide à l’Église en Détresse !  

17.03.2020 in Irak

 

Irak
Batnaya vit de nouveau

Texte par ACN International
Adaptation du texte Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 17 mars, 2020

Un programme massif d’investissement vient d’être lancé par Aide à l’Église en Détresse (AED). Il est destiné à redonner vie à un village chrétien d’Irak qui avait été presque entièrement rasé après être tombé aux mains de l’État islamique (ÉI).

 

Le plan conçu pour Batnaya — village catholique chaldéen — par l’œuvre catholique de charité Aide à l’Église en Détresse, prévoit la restauration de l’église paroissiale Saint-Cyriaque, la réparation de la chapelle de l’Immaculée-Conception, de la salle paroissiale, de la bibliothèque et de la maison paroissiale (presbytère). Il est aussi prévu de reconstruire le couvent dominicain Saint-Oraha qui a été totalement détruit ainsi que l’école maternelle gérée par des religieuses et qui pourra accueillir 125 enfants.

 

Ce projet est considéré comme crucial pour la renaissance d’un village dans lequel 99 % des 997 maisons appartenant à des chrétiens ont été détruites par plus de deux années d’occupation islamiste.

 

Annonçant son projet pour le plus dévasté des 13 villes et villages chrétiens de la plaine de Ninive occupés par l’État islamique, le directeur des projets de l’AED pour le Moyen-Orient, le père Andrzej Halemba, a décrit le programme comme « un nouveau pas courageux pour assurer l’avenir de Batnaya. Même si la situation n’est pas très claire, nous voyons l’importance de ce signe d’espérance. L’AED est déterminée à aider les chrétiens à rester. Notre tâche est de soutenir les gens qui voudraient revenir ».

 

Des statues décapitées et des autels brisés, signatures de l’ÉI

Reconstruire Batnaya est une tâche immense, car le village était sur la ligne de front des combats entre l’État islamique et les forces de la coalition. Après la fin de l’occupation par l’État islamique en octobre 2016, le village a été laissé à l’abandon comme une ville fantôme. Batnaya est un territoire que se disputaient le gouvernement fédéral irakien et le gouvernement régional kurde. Des engins explosifs n’ayant pas explosé et disséminés partout sur le territoire ont retardé les travaux qui n’ont pu commencer qu’après la fin d’un vaste programme de déminage. La restauration a également été entravée par les vastes tunnels creusés sous le village par les prisonniers de l’État islamique qui se cachaient sous terre pour échapper aux bombardements.

 

Plus récemment, des travaux ont été mis en œuvre pour réparer les maisons, l’approvisionnement en eau et en électricité et les écoles, et des familles ont enfin commencé à revenir l’été dernier. Depuis huit mois, 300 personnes sont rentrées et les responsables ecclésiaux pensent maintenant que des centaines d’autres vont revenir après avoir été déplacées pendant des années dans les villes et villages voisins.

Les extrémistes avaient brisé des autels, décapité des statues et graffité des messages antichrétiens blasphématoires sur les murs. Les travaux dans l’église et la chapelle comprendront le remplacement des fenêtres, des portes et des tuiles sur le toit, une reprise totale de la décoration et l’effacement des graffitis laissés par l’ÉI, par exemple : « Esclaves de la Croix, nous allons tous vous tuer. Ceci est un territoire islamique. Vous n’avez pas votre place ici. »

 

Pour de nombreux chrétiens, le retour a permis de surmonter les souvenirs laissés par l’État islamique qui a peint un « n », signifiant « nazaréen » (chrétien) sur leurs maisons, et leur a ordonné de payer l’impôt islamique de la djizya ou de se convertir à l’islam, sans quoi ils seraient exécutés par le fil de l’épée. Le repeuplement de Batnaya est essentiel pour rétablir la présence chrétienne dans la plaine de Ninive.

 

Irak – plaine de Ninive : Batnaya renaît de ses cendres !

25.02.2020 in Irak, Voyagez avec AED

Irak
Batnaya renaît de ses cendres

Article de Irmina Nockiewicz et Maria Lozano, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 25 février, 2020

 

Batnaya est une ville située à environ 24 km au nord de Mossoul, dans la plaine de Ninive en Irak.Avant l’arrivée du groupe État islamique (ÉI), elle comptait 950 familles, toutes catholiques chaldéennes. La ligne de front entre l’ÉI et les Peshmergas* traversait ce village qui a certainement été l’un des endroits les plus durement touchés par les combats, par l’invasion des terroristes islamiques et par les bombardements des troupes de la coalition alliée.

 

Selon une étude menée par l’organisme international de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), seules dix des 977 maisons de la zone sont restées indemnes après la libération de la région à l’automne 2016, les deux tiers de ces maisons ayant été complètement détruites ou brûlées1. C’est pourquoi, et bien que les habitants déplacés de Batnaya se soient réunis à Pâques 2017 pour célébrer leur toute première messe après plus de deux ans d’occupation terroriste, toute idée de retour semblait impossible. Pendant plus de deux ans, Batnaya a été une ville fantôme.

 

Une famille de pionniers soutenue par le curé

 

Du moins, c’était la situation jusqu’à l’été dernier. La première famille s’est présentée le 22 juin 2019. Sa maison était en mauvais état, mais Faris Hanna Naamo voulait revenir. « Après tout, c’était ma maison », explique-t-il à l’AED. Il a été assez têtu pour convaincre sa femme Hana, et avec leurs trois enfants, de revenir. « Il n’y avait pas d’électricité, pas d’eau courante ou bien des voisins. Même quelque chose d’aussi simple que d’aller faire ses courses était risqué, car il fallait parcourir cinq kilomètres en traversant les points de contrôle jusqu’à la ville la plus proche, Teleskuf », explique Faris.

 

« Têtu ou persévérant ? » se demande à voix haute le père Aram Rameel Hanna, curé de Batnaya, qui, dès le début, a été un soutien très important pour la famille de Faris. Le couple lui est très reconnaissant, car, comme ils l’assurent à l’AED, il n’y a pas eu un seul jour pendant cette terrible période sans que le père Aram ne rende visite à la famille :
« Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans lui. Nous avons traversé des moments très durs, où il était difficile de croire que tout irait mieux. Je me souviens que ma plus jeune fille, Nour, n’avait pas d’amis avec qui jouer, elle n’avait que sa sœur aînée. Elle prenait sa bicyclette et traversait les rues vides pendant toute la journée. J’avais de la peine pour elle. Quand le père Aram est arrivé, ça a été pour nous un grand cadeau, nous redonnant courage. Ça a été une bouffée d’air frais qui a affermi notre foi. Grâce à lui, nous avons pu rester fermes dans la foi ».

 

Le père Aram insiste pour minimiser son importance, en disant que, à chacune de ses visites, il ne venait que pour prendre une tasse de thé. Pourtant – ce n’est un secret pour personne –, ce prêtre formé à Harvard et qui dirigeait un centre d’aide pour les personnes souffrant de traumatismes et de syndromes liés au stress dans la ville voisine d’Alqosh était sur le point de partir du pays pour terminer ses études, car il avait reçu une bourse. C’est son évêque qui lui a demandé de s’occuper de Batnaya.  Il est resté.

 

Le  « Marché des rapatriés » gagne de nouveaux clients

 

Après la famille de Faris et Hana, une autre famille a eu le courage de revenir : Ghaliy Nouh Oraha, sa femme Sandra et leurs cinq enfants. Ils sont revenus à Batnaya le 25 septembre 2019. Il y avait donc déjà deux familles. Diver Salem, un commerçant, a pensé qu’il était temps d’ouvrir un commerce. C’est ainsi qu’est né le « Marché des rapatriés ». L’audace de Diver Salem a impressionné le père Andrzej Halemba, responsable des projets de l’AED pour le Moyen-Orient. « Diver Salem m’a confié qu’il avait pressenti que le temps était venu, mais je ne sais pas comment il a pu s’imaginer que d’autres familles le verraient aussi de cette façon. Il n’aurait jamais survécu avec seulement deux familles comme clients. Bien sûr, il y a des familles qui se sont senties plus en sécurité grâce à la présence d’un magasin, mais maintenant 75 familles sont déjà revenues ! Je crois que c’est clairement une œuvre de la Providence ; sinon, cela n’aurait pas si bien fonctionné».

 

« J’ai même rencontré un homme qui est revenu d’Allemagne et qui attendait que sa femme le rejoigne », poursuit le père Andrzej Halemba. Il fait référence à Basher Kiryakos Hanna qui, tout comme son épouse, ne se sentait pas chez lui en Europe et est revenu dès qu’il a pu. « Cependant, ce n’est pas facile », souligne le père Halemba, « nous ne pouvons pas oublier les atrocités qui se sont produites en Irak : le danger était réel, et les gens étaient morts de peur. Maintenant, Batnaya refait surface timidement, il y a plus de 300 chrétiens dans la ville, et je suis sûr que d’autres viendront si nous les aidons avec l’AED».

 

Une nouvelle garderie

 

D’ailleurs, il s’agit d’une aide indispensable. En effet, il y a des projets qui sont d’une importance fondamentale pour la vie de la communauté. Les chrétiens de Batnaya ont besoin d’une église, d’un lieu de rencontre et d’une garderie pour leurs enfants. Un autobus scolaire passe chaque matin et prend une vingtaine d’enfants, enthousiastes de retrouver leurs amis et d’apprendre de nouvelles choses. Mais pour les plus jeunes enfants, il n’y a toujours pas de garderie. Les Sœurs dominicaines de Catherine de Sienne, présentes à Batnaya depuis plus de cent ans, ont dû fuir avec la population et l’ont accompagnée pendant l’exil à Ankawa et à Duhok. Aujourd’hui, elles veulent revenir pour continuer à la servir. Elles ont un double projet : reconstruire une garderie et leur couvent, tous deux bombardés pendant les combats. Avec le soutien de l’AED, elles espèrepèrent obtenir des dons pour enfin démarrer les travaux. « Inch’allah [si Dieu le veut] », disent les religieuses qui, bien qu’ayant beaucoup souffert ces dernières années, n’ont perdu ni leur courage ni l’espérance en Dieu.

 

L’église de Mar Kriakhos et la chapelle consacrée à l’Immaculée Conception, profanée, brûlée et pillée par les terroristes de l’ÉI, attendent aussi de l’aide pour leur reconstruction. Les statues ont été décapitées, les vitraux détruits, les terroristes ont utilisé les lieux comme zone de tir et ont dessiné des graffitis en arabe et en allemand : « Esclaves de la croix, nous allons tous vous tuer. Ici, c’est la terre de l’Islam, il n’y a pas de place pour vous ».

 

Fari et Hana, Ghaily et Sandra, Basher Kiryakos ou Diver Salem ont eu le courage et l’audace de revenir et de montrer que leur foi et leur amour pour la terre de leurs ancêtres étaient plus forts que la peur et les menaces. L’AED s’est engagée à les aider à atteindre leur but.

 

*Combattant Kurde

 

  1. Informations disponibles (en anglais seulement) à l’adresse web suivante :

https://www.nrciraq.org/nineveh-plains-destruction-images/destroyed-and-burnt-properties-of-batnaya/

 

Entretien de l’AED – Chrétiens et musulmans unis pour protester au Liban

22.01.2020 in Adaptation Mario Bard, Adaptation Mario Bard, Irak

Liban

Chrétiens et musulmans unis pour protester

La crise politique et économique est liée à la vague migratoire en provenance des pays voisins

Propos recueillis par Maria Lozano, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié le 22 janvier, 2020

Le Liban est l’un des 40 plus petits pays au monde, mais il abrite la plus grande proportion de réfugiés par habitant. En raison de sa proximité avec Israël et la Syrie, des milliers de palestiniens et de syriens ont cherché refuge dans ce pays qui, malgré une guerre cruelle dans les années 1990, est l’un des plus démocratiques du Proche-Orient. La présence de plus d’un million de réfugiés a placé un lourd fardeau sur les épaules du gouvernement, et a conduit à une aggravation de la crise politique et économique que le pays subit. L’archevêque melkite gréco-catholique de Furzol, Zahlé et la Bekaa, Mgr Issam John Darwish, évoque dans un entretien avec Maria Lozano, de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), les manifestations qui ont lieu dans tout le pays depuis le 17 octobre 2019, ainsi que l’immigration et ses conséquences.

 

 

L’archevêque grec melkite Issam John Darwish, éparchie de Zahle, Furzol et de la Bekaa.


AED : Quelle est la position de l’Église en ce qui concerne les manifestations qui ont lieu au Liban ? Et quelles sont les principales demandes du peuple ?

Ici, les manifestations ont un arrière-plan strictement économique. Les religions n’ont rien à voir avec elles. Les chrétiens pratiquent leur religion normalement, sans aucun problème. Le principal élément déclencheur des manifestations a été que le gouvernement a envisagé d’imposer des taxes supplémentaires aux citoyens. Aujourd’hui, la majorité des personnes qui prennent part aux manifestations n’ont plus confiance dans le gouvernement. Leurs principales revendications sont un gouvernement de spécialistes pour sauver le pays, la transparence des comptes en banque des politiciens, et la récupération de l’argent pillé.

AED : Qui sont les manifestants ? S’agit-il surtout de jeunes comme dans les autres pays où des manifestations sociales ont lieu ? Pensez-vous que les gens ont une réelle chance d’être entendus ?

En fait, tout le monde proteste. Les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les chrétiens et les musulmans, les étudiants et les parents, et les manifestations n’ont pas toutes lieu au même endroit. Il y a des manifestations dans toutes les régions du Liban, même à Zahlé.

Les gens font de leur mieux pour se faire entendre. Les politiciens font des discours et leur promettent qu’ils sont prêts à faire des changements, mais le peuple semble avoir perdu toute confiance en eux. Ils les appellent à démissionner.

Le programme humanitaire de la Table de Saint-Jean le Miséricordieux, pour les réfugiés syriens et autres personnes dans le besoin de la région de Zahle et de la Bekaa.

AED : Pensez-vous que ces événements auront un impact positif sur l’unité du pays ?

Ces événements sont certainement quelque chose qui n’était jamais arrivé au Liban auparavant. Les chrétiens et les musulmans de toutes les régions du Liban ont les mêmes exigences. Les gens sont unis derrière des demandes vitales telles que le rejet de la fiscalité [actuelle], la demande d’une assurance maladie, les besoins en électricité, les plaintes concernant la corruption et la très mauvaise situation économique dans laquelle ils vivent. Ces manifestations n’ont pas d’arrière-plan politique. Les gens demandent à tous les politiciens de démissionner.

 

AED : Tous les chefs religieux ont apporté leur soutien au peuple, à l’exception des chiites. Pourquoi ?

En fait, je n’ai pas de réponse à cette question. Il pourrait y avoir une raison politique, ou peut-être ont-ils peur que si le gouvernement démissionne, nous soyons confrontés à un effondrement économique dramatique. Et c’est ce dont certains politiciens et chefs religieux ont peur.

Families with Archbishop John Darwish at St John the Merciful Table, Zahle, Lebanon, providing meals to displaced families

Mgr John Darwish avec des familles à l’organisme de la Tablée de Saint-Jean le Miséricordieux. Une oeuvre qui soutient les familles déplacées de sa région.

Comment les manifestations affectent-elles la vie quotidienne dans votre région ?

Jusqu’à présent, les gens ont obtenu le nécessaire. Mais si les manifestations durent plus longtemps sans aucune solution de la part du gouvernement, nous pourrions faire face à de plus gros problèmes. La plupart des routes sont fermées chaque matin par les manifestants. À cause de cela, beaucoup de gens ne peuvent pas atteindre leur lieu de travail.

 

AED : C’est le Liban qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant dans le monde. L’Église de Zahlé s’occupe-t-elle aussi des réfugiés ?

Huit ans après le début de la crise syrienne, on estime qu’il y a plus d’1,5 million de réfugiés syriens, en plus d’un grand nombre de réfugiés palestiniens. Et on ne voit pas la fin de cette situation. Notre archidiocèse melkite gréco-catholique de Zahlé et de la Bekaa a joué un rôle de premier plan dans l’aide aux syriens déplacés. Nous les avons soutenus et aidés depuis le début de leur déplacement au Liban jusqu’à aujourd’hui, en particulier les réfugiés chrétiens qui étaient et sont encore invisibles pour toutes les communautés européennes et internationales, parce qu’ils vivent dans des camps. Ils continuent donc d’être négligés en ce qui concerne l’aide et les soutiens. Le nombre de familles chrétiennes déplacées était de plus de 2000, dont 800 dans notre région.

 

AED : Il s’agit d’un nombre immense de réfugiés par rapport à la faible population du Liban. Est-ce que cela a des répercussions au Liban ? La crise actuelle dans le pays est-elle liée à la crise des réfugiés ?

Eh bien, la présence des réfugiés a une incidence sur la situation économique au Liban. Le Liban est un petit pays avec de nombreux problèmes politiques et économiques. Leur présence a été source de fardeaux supplémentaires pour le gouvernement. Le taux de chômage a augmenté. Aujourd’hui, les libanais et les syriens ont du mal à trouver un emploi. La situation économique est très mauvaise, le gouvernement a essayé de résoudre le problème en soumettant les citoyens libanais à des impôts supplémentaires, et c’est là la principale cause du lancement des manifestations.

Célébration de la Journée des migrants et des réfugiés, soulignée le 29 septembre dernier. « Jésus est mon Rocher » est écrit sur la pierre tenue par Mgr John Darwish.

AED : La situation en Irak et en Syrie s’est améliorée. C’est de là-bas que viennent la plupart des réfugiés. Ont-ils commencé à rentrer chez eux ?

Une petite minorité est retournée dans son pays d’origine. La majorité des réfugiés émigrent vers l’Europe ou le Canada, à la recherche d’un avenir meilleur. À Zahlé, beaucoup d’entre eux sont partis sans rien nous dire, parce qu’ils savent que nous ne sommes pas en faveur de leur émigration. Les autres familles sont toujours ici à Zahlé, et nous en prenons soin.

 

AED : En quoi consiste l’aide de l’AED ?

L’Aide à l’Église en Détresse aide les réfugiés en leur donnant la possibilité d’avoir un repas chaud tous les jours à la « Table de Saint Jean le Miséricordieux », mais aussi par l’aide humanitaire, y compris la distribution de colis alimentaires, trousses d’hygiène, couches, mazout pour le chauffage, par l’aide au paiement des loyers, des frais de scolarité et l’assistance médicale.

Cette aide est très importante pour les réfugiés, d’autant plus que le Liban connaît une crise économique et un taux de chômage élevé. Les libanais eux-mêmes souffrent de cette grave situation économique depuis longtemps, et c’est la principale cause qui a déclenché le soulèvement et les manifestations de rue.

Projets soutenus par l’AED en Irak Nouvelle phase de reconstruction

03.12.2019 in Construction, Irak, Persecution of Christians, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projets soutenus par l’AED en Irak
Nouvelle phase de reconstruction

 Par Xavier Bisits, ACN International
et Mario Bard, AED Canada 

Mis en ligne le 3 décembre, 2019

Ce n’est qu’en mars de cette année que l’État islamique a perdu les derniers vestiges de son « califat » en Syrie, et il y a un peu plus d’un mois qu’Abou Bakr Al-Baghdadi, le terroriste le plus célèbre au monde, est mort au cours d’une opération menée par des soldats américains.

 

Deux ans après la libération de Mossoul de ses suzerains islamistes, dans la plaine de Ninive – région chrétienne située au nord de Mossoul – la vie reprend lentement avec l’aide de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le 30 octobre, Philipp Ozores, Secrétaire général de l’AED, s’est rendu dans la plaine de Ninive pour annoncer le début d’une nouvelle et importante étape de soutien pour cette région : la rénovation des propriétés de l’Église afin de redonner un sentiment de sécurité aux résidents qui sont de retour au pays.

Plus de 35 millions de dollars depuis 2014

Environ 45 % de la population chrétienne de cette région est revenue. Les magasins ont rouvert, de nombreuses maisons ont été réparées, et la vie de l’Église a repris : catéchèse, radio, écoles et groupes de femmes. Ce retour à la normale a été rendue possible en grande partie  grâce aux bienfaiteurs de l’AED qui ont permis à l’oeuvre pontificale de s’engager dans un vaste programme d’aide d’urgence et de rénovation des maisons. Depuis 2014, l’AED a dépensé plus de 35 millions de dollars d’aide d’urgence pour soutenir les chrétiens déplacés en Irak, principalement par le biais de l’aide alimentaire et des aides au paiement des loyers.

 

Dans la plaine de Ninive, l’AED a financé la rénovation de 2 086 maisons, soit 37 % de l’ensemble des maisons ayant été réparées. Ce programme, d’une valeur de plus de 9,6 millions de dollars, a permis le financement de maisons à Qaraqosh, Bartella, Tesqopa, Karamless, Bashiqa et Bahzani.

 

Rétablir la confiance et la sécurité

 

Cependant, l’émigration reste une menace sérieuse pour l’avenir de la région car certaines personnes perdent l’espoir que le christianisme puisse de nouveau s’épanouir un jour en Irak. Ils partent vers des pays comme l’Australie et l’Allemagne chercher un avenir meilleur. Le taux d’émigration est tel qu’il est urgent de prendre des mesures pour rétablir la sécurité et donner des raisons positives aux chrétiens irakiens de rester dans leur patrie.

Dans ce contexte, l’AED s’engage dans une nouvelle phase de projets visant à assurer la sécurité des personnes dans les villes où elles se sont réinstallées. Il s’agit de projets de reconstruction d’infrastructures ecclésiales dans plusieurs villes de la région.

Ozores a assisté à une réunion du Comité de Reconstruction de Ninive (CRN), présidée par le Père Andrzej Halemba, responsable de la section Moyen Orient de l’AED, pour annoncer plusieurs de ces projets. Des représentants de l’Église syro-catholique (Père Georges Jahola), de l’Église syro-orthodoxe (Père Jacob Yasso) et de l’Église catholique chaldéenne (Père Thabet Habib) ont assisté à cette réunion. M. Ozores a affirmé aux participants la solidarité de l’Église catholique mondiale : « Nous sommes avec vous, et nous resterons avec vous en Irak. »

 

Restaurer la plus grande église d’Irak

 

Le projet principal est la grande église Al-Tahira, la plus grande église d’Irak, située à Qaraqosh (aussi appelée Baghdeda), la plus grande ville chrétienne d’Irak qui est à 95% syro-catholique.  L’AED soutiendra la restauration de l’intérieur de l’église évaluée à 765 000 dollars. Cet intérieur a été gravement endommagé par le feu. En effet, avant de fuir la ville, les militants de l’État Islamique ont empilé les bancs et autres meubles et ont tout incendié.

 

Les paroissiens se rassemblent chaque jour dans les vestiges de l’église, bien que beaucoup soient affligés parce qu’ils doivent prier dans une église manifestement profanée alors qu’elle était autrefois la fierté de la ville. De nombreuses personnes ne se sont pas encore remises du traumatisme du déplacement, de l’assassinat de leurs proches, et du fait que leur maison ait été colonisée pendant deux ans par des fanatiques islamistes et leurs esclaves yézidis. L’AED espère que ce projet redonnera espoir aux chrétiens restés en Irak – un fragile ensemble représentant à peine  10 % des 1,5 million de chrétiens qui vivaient dans le pays avant le déclenchement de la guerre civile et le meurtre, pour des raisons religieuses, d’au moins mille chrétiens.

 

Bien que les chrétiens de la plaine de Ninive aient prouvé leur résilience, en cette période critique de reconstruction, ils espèrent ne pas être oubliés.

« C’est notre pays, et c’est un témoignage que nous pouvons donner pour le Christ … Je profite de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui nous aident, car une Œuvre telle que l’AED ne pourrait pas nous aider sans le soutien de ses bienfaiteurs ».

 

Une fois l’intérieur restauré, d’autres travaux devront être faits pour restaurer l’extérieur endommagé et le clocher du bâtiment. L’archevêque syro-catholique de Mossoul, Mgr Petros Mouche, a déclaré à l’AED : « Pour nous, cette église est un symbole. Elle a été construite en 1932 par les habitants de Qaraqosh. Pour cette raison, nous voulons qu’elle reste un symbole chrétien afin d’encourager les gens, en particulier les habitants de Qaraqosh, à rester ici  C’est notre pays, et c’est un témoignage que nous pouvons donner pour le Christ … Je profite de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui nous aident, car une Œuvre telle que l’AED ne pourrait pas nous aider sans le soutien de ses bienfaiteurs ».

L’AED a également approuvé plus de 1,3 millions de dollars d’aide pour la reconstruction de la salle paroissiale Najem Al-Mashrik à Bashiqa, une ville yézidie-chrétienne, avec une importante population syro-orthodoxe. La salle permettra à l’Eglise de célébrer à nouveau de grands mariages et encouragera ainsi les jeunes à se construire un avenir dans leur patrie, plutôt que de se tourner vers des pays étrangers.

 

Le Père Daniel Behnam, prêtre local, a déclaré : « Nous sommes heureux d’entamer la reconstruction de la salle Najem Al-Mashrik. Ce projet contribuera à assurer la survie des familles chrétiennes et leur fournira des services importants. Il aidera en particulier les jeunes en leur offrant un espace pour des activités pastorales, culturelles et sociales ».

 

L’AED a également récemment approuvé 13 autres projets d’une valeur de plus d’un million de dollars pour les chrétiens syro-catholiques, chaldéens et syro-orthodoxes, tous destinés à la reconstruction des biens ecclésiastiques endommagés par les djihadistes de l’État Islamique.

 

L’AED, Aide à l’Église en Détresse, est une œuvre pontificale de charité qui dépend principalement de petits donateurs pour apporter soutien et espérance à l’Église pauvre et persécutée.

Entrevue de l’AED – tentative de radicalisation du système judiciaire en Irak

20.09.2019 in Entrevue AED, Irak

Irak
tentative de radicalisation du système judiciaire

Les chrétiens craignent l’instauration d’une théocratie, à l’heure où les parlementaires tentent de présenter des changements à la Cour suprême fédérale, qui interprète la Constitution et détermine la constitutionnalité des lois et des règlements.

Entrevue réalisée en août dernier par Xavie Bisits, ACN-International

Dans un pays où les chrétiens sont aux prises avec des attentats à la bombe ciblés, des enlèvements et des discriminations, leurs leaders sont confrontés à une nouvelle  crise : une tentative de donner aux religieux islamiques le droit de vote à la Cour suprême fédérale.

Cette décision, qui n’a pas encore été prise, rapprocherait l’Irak d’une théocratie semblable au régime iranien où les non-musulmans sont contraints de vivre sous la charia, la loi islamique. Par exemple, en Iran les chrétiennes sont forcées de porter le voile, et l’alcool est complètement interdit.

Le changement inclurait la présence de quatre juristes islamiques parmi les 13 membres qui votent à la Cour suprême fédérale du pays. Toutes les décisions nécessiteraient le soutien d’au moins trois de ces quatre juristes, ce qui radicaliserait de manière drastique le système judiciaire du pays.

Irak, Karamlesh (Karamles), juillet 2019 – édifices touchées par Daesh

Droits de l’homme menacés

En août dernier, Muna Yako, professeure et militante chrétienne irakienne experte en droit constitutionnel, a expliqué à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) que bien que la Constitution se réfère à l’Islam comme fondement du droit, elle fait également référence à l’importance de la démocratie et des droits de l’homme.

 

Ce changement à la Cour suprême fédérale signifierait probablement que la loi islamique ait toujours préséance : « La Cour est nécessaire pour interpréter la Constitution. Actuellement, lorsqu’une affaire est portée devant la Cour suprême fédérale, j’espère qu’elle accorde parfois la priorité aux droits de l’homme et à la démocratie. Mais si ces juristes islamistes rejoignent la Cour, nous n’aurons plus aucune chance de donner la priorité à la démocratie ou aux droits de l’homme ».

 

Cela signifierait également la fin de toute tentative d’abroger les lois qui discriminent les minorités religieuses et qui les traitent comme des citoyens de seconde classe. Par exemple, la loi actuelle dit que les non-musulmans peuvent se convertir à l’Islam, mais l’inverse ne peut pas avoir lieu. De même, les chrétiens ne sont pas autorisés à épouser des femmes musulmanes sans se convertir à l’Islam, ce qui est une « discrimination anticonstitutionnelle ».

 

« Le gouvernement irakien nous a déçus jusqu’à présent, mais j’espère toujours qu’il y aura un changement. Toutefois, si cette loi est adoptée, je n’aurai plus aucun espoir. Cela fera de l’Irak une théocratie, parce que toutes les lois seront fondées sur la religion, par exemple les règles sur l’habillement et l’alcool ».

 

Muna Yako craint qu’à la suite d’un tel changement – « terrifiant » -, davantage de chrétiens quittent le pays : « Nous ne serions plus qu’un souvenir, tout comme les juifs ». La plupart des chrétiens font partie de groupes autochtones présents dans le pays depuis des milliers d’années.

 

Mgr Sako à Rome – 2018

Dans une lettre adressée au Président du Parlement irakien, le Cardinal Raphaël Sako I, Patriarche de l’Église catholique chaldéenne, a fait part de sa préoccupation en ce qui concerne cette proposition, faite « après toutes les souffrances que nous avons endurées, comme le terrorisme, les déplacements de population, les pillages, les meurtres et les vols ». Il a exprimé sa crainte que cette proposition ne menace l’avenir des chrétiens dans le pays, en appliquant la loi islamique aux chrétiens dans des domaines personnels comme le droit des successions.

 

Cet avis est partagé par d’autres juristes. Le Dr Majida Sanaan-Guharzi, dans le journal Kurdistan 24, estime que ce changement « pourrait modifier considérablement la fonction de la Cour, en promouvant un État de plus en plus théocratique dans lequel les règles religieuses sont premières sur le système juridique actuel, principalement laïque ».

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient d’importants projets en Irak. L’organisme international a principalement contribué à apporter une aide d’urgence aux chrétiens touchés par le groupe État islamique (ÉI). Elle se concentre maintenant surtout sur la reconstruction des bâtiments ecclésiaux qui ont été délibérément attaqués au cours des trois années d’occupation.

Novembre 2018, église de Qaraqosh, maintenant en reconstruction

Récit de l’AED – Irak

10.07.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Xavier Bisits & Maria Lozano, Irak, persécution

Récit de l’AED – Irak

Mossoul, libéré depuis deux ans…
mais les chrétiens ont toujours peur d’y revenir

Il y a exactement deux ans, le 10 juillet 2017, le gouvernement irakien déclarait officiellement la défaite du groupe État islamique (ÉI). La libération de Mossoul a eu lieu trois ans après que la ville ait été soumise à une stricte charia, impliquant des conversions forcées, des exécutions de masse et la réapparition de l’esclavagisme.

 

 par Xavier Bisits & Maria Lozano, ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié le 10  juillet 2019

 

Lorsque la ville a été libérée, « personne ne croyait que les chrétiens retourneraient à Mossoul », a expliqué en entrevue à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le prêtre syro-catholique Amanuel Adel Kloo.

 

Le Père Kloo a décidé de revenir. Actuellement, il est le seul prêtre de Mossoul. Il sent que sa mission est de « servir sous la croix » et de « maintenir et sauver l’héritage historique du peuple chrétien », notamment des églises datant de plus de 1 200 ans. Dans le cadre de cette mission, il est en train de reconstruire l’église de l’Annonciation, qui sera la première église à être reconstruite à Mossoul.

 

Le nombre de chrétiens qui sont retournés à Mossoul est d’environ 30 ou 40 personnes. Mais il existe une communauté beaucoup plus importante de voyageurs « itinérants ». D’une part, il y a environ 1 000 étudiants chrétiens qui se rendent chaque jour à l’université de Mossoul à partir des villes voisines. À cela, s’ajoutent plusieurs centaines de travailleurs, dont beaucoup travaillent pour le gouvernement à la réparation du réseau d’approvisionnement en eau et du réseau électrique de Mossoul, qui sont encore très endommagés. Le Père Kloo espère que certains de ces chrétiens finiront par retourner à Mossoul.

 

 

En 2003, la communauté chrétienne de Mossoul comptait environ 35 000 fidèles. Au cours des onze années qui ont suivi le début de la guerre contre Saddam Hussein, leur nombre a chuté tragiquement, les meurtres et enlèvements de chrétiens étant quasiment quotidiens. Beaucoup d’églises chaldéennes ont fermé avant même l’invasion du groupe ÉI. Par exemple, un grand nombre de personnes ont quitté Mossoul après les meurtres du père Ragheed en 2007 et celui de Mgr Faraj Raho, évêque chaldéen, en 2008. En 2014, il restait 15 000 fidèles de différentes Églises dans la ville : Église chaldéenne, syro-orthodoxes, syro-catholiques et quelques familles arméniennes. Avec l’arrivée des djihadistes, les cloches qui sonnaient à Mossoul depuis près de deux mille ans ont cessé de sonner. Des milliers de chrétiens ont immédiatement fui la ville. Ceux qui ne s’étaient pas échappés ont été forcés de se convertir ou ont été exécutés.

Renaissance du christianisme dans son berceau d’Irak

Aujourd’hui, bien qu’il n’y ait pratiquement plus de chrétiens dans la ville l’instant, Mossoul reste le siège « nominal » de deux évêchés importants en Irak. Les deux diocèses ont été consolidés ces derniers mois par la nomination de nouveaux évêques : en janvier, Mgr Najeeb Michaeel Moussa, à la tête de l’archevêché catholique chaldéen de Mossoul, et en juin, Mgr Nizar Semaan, archevêque coadjuteur de Mgr Petros Mouché, de l’archéparchie syro-catholique de Mossoul.

 

… « l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront »

Le Père Kloo espère construire ensuite un complexe comportant des logements pour les étudiants ainsi que pour les personnes dans le besoin. Selon lui, la chose la plus urgente est de construire une école, car étant donné que la quasi-totalité du million d’habitants de Mossoul est de confession musulmane, aucune école chrétienne n’est disponible dans la ville. C’est un point décisif pour le retour des familles.

 

 

 

Ce prêtre syro-catholique espère que l’église de l’Annonciation sera prête dans trois mois. Et il espère encore plus que cela déclenchera une renaissance du Christianisme dans cette ville historique. « Les gens ont encore peur. Cependant, lorsque l’église et les autres bâtiments seront ouverts, les gens se sentiront en sécurité… et beaucoup de gens reviendront ».

 

À la suite de l’invasion de Mossoul et des plaines de Ninive au cours de l’été 2014, l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a fourni de la nourriture, des abris, des médicaments et une éducation aux chrétiens déplacés et aux autres personnes arrivant à Erbil (capitale du Kurdistan irakien) et ailleurs. Quand les communautés ont commencé à rentrer chez elles après l’expulsion de l’ÉI, l’organisme de bienfaisance a entrepris de reconstruire des maisons, des couvents, des églises et d’autres structures.

Les bienfaiteurs de l’AED ont versé près de 64 millions de dollars d’aide en Irak, de 2014 à Mai 2019.

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019

 

L’Irak aspire à des temps meilleurs pour son Église et sa population

12.04.2019 in Adaptation Mario Bard, Aide à l'Église en détresse., Entrevue AED, Irak, Moyen-Orient

Mgr Petros Mouche est l’archevêque syro-catholique de Mossoul, deuxième plus grande ville d’Irak. Elle avait été capturée par le groupe État islamique à l’été 2014. Aujourd’hui, le groupe État islamique (ÉI) ayant quitté Mossoul et les plaines de Ninive, les communautés chrétiennes reviennent lentement à la vie. Des milliers de fidèles Irakiens, qui ont passé plus de trois ans en exil au Kurdistan, se sont réinstallés dans leurs anciens foyers, villages et villes. Lors d’un entretien accordé à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse, Mgr Mouche, qui supervise également l’Église syro-catholique à Kirkouk et au Kurdistan, fait le point sur la situation :

Texte et entretien par Ragheb Elias Karash, pour ACN International

Date de publication au Canada: Vendredi le 14 avril, 2019

Des changements positifs se sont produits dans notre région, personne ne peut le nier. Les choses n’ont peut-être pas encore atteint le niveau souhaité, mais il y a des signes très clairs et concrets de progrès. Cependant, ce n’est pas grâce à l’État : c’est grâce aux organisations confessionnelles et humanitaires qui se sont précipitées pour nous soutenir.

Nous manquons toutefois toujours de fonds pour achever la reconstruction de toutes les maisons qui ont été très gravement endommagées ou complètement détruites ; nous attendons et espérons que des gouvernements, tels que ceux du Royaume-Uni et de Hongrie, interviennent et nous aident sur ce front.

Les problèmes ne se termineront pas tant que la cupidité prévaudra

Quant à la création d’emplois, il y a très peu d’initiatives ; nous avons fait de nombreuses demandes à plusieurs entreprises américaines, britanniques, françaises et même saoudiennes pour lancer des projets majeurs dans la région, afin que notre peuple puisse survivre, et surtout, que nos jeunes puissent trouver du travail, mais nous attendons toujours. Le gouvernement irakien a fait de nombreuses promesses, mais peu de projets ont été mis en œuvre. Notre confiance dans l’État est faible. Nous sommes convaincus que, si de bonnes occasions se présentaient, beaucoup d’entre nous retourneraient à Qaraqosh — s’ils pouvaient y vivre dans la paix et la stabilité.

Les problèmes ne se termineront pas tant que la cupidité prévaudra; tant que seuls les forts prévaudront et que les droits des pauvres soient écrasés aussi longtemps que l’État restera faible et que la loi ne sera pas appliquée. Mais notre espérance est en Dieu et nous prions pour que le groupe État islamique ne revienne jamais. Pour leur sécurité et leur bien-être général, les chrétiens dépendent de l’État de droit et de l’intégrité du gouvernement, c’est cela qui peut garantir notre sécurité et celle de l’Église.

L’Église dans son ensemble, ses évêques, ses prêtres et ses laïcs, ne ménagent pas ses efforts pour revendiquer les droits de sa communauté et pour que soit sécurisée une région où nous puissions vivre dans la dignité et la paix. Les responsables de l’Église font de leur mieux pour répandre la confiance et l’espérance dans notre communauté, mais sans forcer quiconque à revenir, rester ou se déplacer. Il appartient à chaque famille de prendre pour elle-même cette décision, la décision qui garantira sa dignité, son avenir, et en particulier l’avenir de ses enfants.

Voici mon message aux chrétiens qui ont quitté Qaraqosh, où qu’ils soient, toujours en Irak ou déjà dans des pays étrangers :

» Qaraqosh est la mère qui vous a nourris de l’amour pour Dieu, l’amour pour l’Église et de l’amour pour la terre. Qaraqosh restera votre mère, malgré la tristesse que votre absence lui cause. Cette ville est votre cœur, elle reste attachée à vous et ses yeux observent chacun de vos pas. Elle est heureuse quand vous êtes heureux, elle s’inquiète de votre destin quand vous n’êtes pas heureux. Ses portes vous restent ouvertes. Qaraqosh est prête à tout moment à vous accueillir à nouveau — Qaraqosh vous demande de rester fidèles au lait pur dont elle vous a nourris ! »

Mgr-Petros-Mouche

Depuis 2014, Aide à l’Église en Détresse a été à l’avant-garde du soutien des chrétiens irakiens avec des projets s’élevant au total à plus de 40 millions de dollars, dont l’aide humanitaire aux fidèles ayant fui vers le Kurdistan pour échapper au groupe État islamique, la réparation et la reconstruction de maisons de chrétiens dans les plaines de Ninive, et, actuellement, la reconstruction et la réparation des infrastructures ecclésiales dans le nord de l’Irak.

Irak – La Lamborghini du pape pour reconstruire ! – AED-Infos

26.02.2019 in ACN International, adaptation : Mario Bard, Communications, Communiqué, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Aide à l’Église en Détresse en Irak

La Lamborghini du pape pour reconstruire

Montréal, 26 février 2019 – Grâce au don de 300 000 dollars reçu à la suite de la vente aux enchères de la Lamborghini offerte au Pape François, Aide à l’Église en Détresse (AED) pourra financer deux nouveaux projets au profit des familles chrétiennes et d’autres minorités revenues s’installer dans la plaine de Ninive.

Par Marta Petrosillo pour ACN-International et Mario Bard, AED-Canada

« Il est heureux que le pape François ait choisi de redistribuer les profits de ce qui est d’abord un cadeau. Bien sûr, notre organisme est honoré de participer à la redistribution des fruits de la vente », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED-Canada. « Ce projet pour le retour des chrétiens dans la plaine de Ninive était audacieux il y a deux ans, car l’insécurité était encore très grande. Finalement, l’AED a eu raison d’aller de l’avant avec d’autres partenaires, afin d’assurer ce retour des chrétiens en Irak : ils reviennent de plus en plus nombreux. »

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

La destruction du centre paroissial a été totale.

Le 15 novembre 2017, le Saint-Père a décidé de faire don à l’AED d’une partie du montant de la vente de la Lamborghini Huracan qui lui avait été offerte par le constructeur automobile. Aujourd’hui, l’AED permet au geste du pape François de se concrétiser à travers le financement de la reconstruction de deux bâtiments de l’Église syro-catholique qui avaient été détruits par la guerre : le jardin d’enfants « Vierge Marie » et le centre polyvalent de la paroisse du même nom.

Les deux bâtiments sont situés à Bashiqa, à seulement 30 kilomètres de Mossoul. Le village a été gravement touché par la guerre, mais la communauté chrétienne est revenue en grand nombre. De fait, 405 des 580 habitations détruites ont déjà été réparées, et 50 % des chrétiens sont revenus, soit 1 585 personnes.

Les deux opérations financées grâce au produit de la vente de la Lamborghini bénéficieront également aux autres minorités de la ville, car le centre polyvalent, capable d’accueillir plus de 1 000 personnes, sera utilisé pour les mariages et les fêtes religieuses des différentes communautés. Ce sera le plus grand centre de la région, et il sera à la disposition de plus de 30 000 personnes, appartenant à différentes ethnies et confessions.

Le retour : un succès inespéré !

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Un peu plus de deux ans après la libération des villages de la plaine de Ninive, le nombre de chrétiens ayant pu rentrer chez eux a dépassé les prévisions les plus optimistes. Le 11 janvier dernier, le nombre de familles ayant regagné leurs villages s’élevait à 9 108, soit près de 46 % des 19 832 familles qui y vivaient en 2014 avant l’arrivée de l’État islamique. Cela est dû à l’immense travail de reconstruction – largement financé par l’AED – qui a jusqu’ici permis de reconstruire ou de réparer 41 % des 14 035 habitations détruites ou endommagées par l’État islamique.

L’œuvre pontificale de charité ainsi que les Églises locales ont été à l’avant-garde de cette opération qui a trouvé dans le Saint-Père un bienfaiteur assidu. En 2016, le Pape François avait déjà financé à hauteur de 150 000 dollars la clinique Saint-Joseph d’Erbil, qui donne une assistance médicale gratuite.

Ce don supplémentaire du Saint-Père permettra aux chrétiens de vivre leur foi et d’assurer un avenir en Irak à leurs enfants. Il constituera en même temps un message fort et une invitation à une coexistence pacifique entre les religions, dans une région où le fondamentalisme a malheureusement détérioré les relations interreligieuses.

Depuis 2014, l’AED a déjà fait don de plus de 60 millions de dollars pour soutenir les chrétiens irakiens. Dans la plaine de Ninive, l'espoir est plus que jamais présent!  Merci de continuer à nous aider à soutenir l'Église en Irak dans ses efforts de reconstruction!

Irak : enfin, une porte ouverte vers l’espérance!


Histoire de la semaine : Prions ensemble pour le Moyen Orient

06.07.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Espagne, Irak, Jordanie, Moyen-Orient, par by Raquel Martin & Maria Lozano, Prière

Irak et Jordanie

On ne peut concevoir un Moyen-Orient sans chrétiens
Le nonce apostolique en Irak et en Jordanie

Le Nonce apostolique en Irak et en Jordanie, Mgr Alberto Ortega, a rendu visite, mercredi dernier, au bureau espagnol de l’Aide à l’Église en Détresse. Lors de sa visite à l’œuvre pontificale dans sa ville natale, Madrid, Mgr Ortega a souligné l’importance de cette grande manifestation de prière et de réflexion que le Pape François va célébrer demain, samedi 7 juillet, à Bari en Italie, avec les Patriarches des Églises orientales. À cette occasion sera abordée la situation complexe des chrétiens dans la région.
C’est un geste pour « regarder vers l’orient », a-t-il expliqué, « le lieu où la foi est née, où la paix devrait être vécue et où, pourtant, il y a des conflits. C’est un endroit où les chrétiens sont appelés à jouer un rôle important ».

Pour le Nonce apostolique en Irak et en Jordanie, « l’organisation de cet événement est quelque chose de très beau de par la valeur de la prière qu’il porte, qui est-ce qu’il y a de mieux, et qui plus est, une prière conjointe : les catholiques, les orthodoxes, tous les chrétiens… vont prier ensemble, et indirectement, vont attirer l’attention de la communauté internationale pour soutenir la paix et le développement de ces pays ainsi que la présence chrétienne comme un bien qui bénéficie à tous ».


« Un Moyen-Orient sans chrétiens ne peut se concevoir. Ce ne serait pas le Moyen-Orient, ce serait autre chose, et il est très important de maintenir ce geste qui prouve que des groupes qui ne partagent pas la même foi peuvent vivre ensemble, se respecter et construire un pays ensemble » a ajouté Mgr. Ortega.
Au Moyen-Orient, les chrétiens ont toujours eu la mission « d’être des instruments de paix et de réconciliation, d’unité et de développement. Être des témoins silencieux est une mission, parce que là-bas ils ne peuvent pas prêcher ouvertement la présence du Seigneur ».
Mais « cette mission très simple et très discrète transforme la réalité et touche les cœurs », a-t-il souligné, « et se manifeste à travers les diverses activités de l’Église : écoles, dispensaires, hôpitaux, action caritative de l’Église ».

Un nouveau cardinal: de la joie aussi pour les musulmans

 

Patriarche chaldéen Louis Sako à Rome pour la conférence ‘Retour au racines’ à Rome, Septembre 2017 Photo: Christian Gennari

Mgr Ortega vient de rentrer de Rome après avoir participé au consistoire de création des nouveaux cardinaux, dont le Patriarche chaldéen Louis Sako.
Selon lui, ce geste du Pape François est « un soutien aux chrétiens d’Irak, de tout le Proche-Orient et de toute la région », et la nouvelle de ce geste a été reçue avec beaucoup de gratitude et de joie.
« La nouvelle a été très bien accueillie, non seulement par les chrétiens, mais aussi par les musulmans. De nombreux signes de reconnaissance et de proximité ont été adressés au Patriarche par des musulmans, à commencer par le président irakien, le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, de nombreuses personnalités ainsi que des gens simples qui ont vu dans cette nomination un geste de proximité du pape envers leur pays et les chrétiens ».

Le nouveau cardinal Louis Sako aura désormais une voix « plus forte, qui porte plus, avec une plus grande autorité morale » pour soutenir et défendre les chrétiens dans son pays, a-t-il déclaré.
Plaine de Ninive : près de la moitié des chrétiens sont déjà revenus
Le nonce apostolique en Irak a affirmé que la situation dans le pays s’était maintenant « un peu améliorée » et que les chrétiens étaient peu à peu en train de rentrer dans leurs foyers de la plaine de Ninive, « grâce à l’aide d’organisations telles que l’Aide à l’Église en Détresse » et d’autres, ainsi que de certains gouvernements ».

Procession à Qaraqosh pour le dimanche des rameaux, Mgr Alberto Ortega Martin Photo: Iban de la Sota.

« Près de la moitié des chrétiens sont rentrés chez eux, et c’est une bonne nouvelle. À Karakoch, la ville qui compte le plus grand nombre de chrétiens, plus de 5 000 familles sont revenues. Peu à peu, dans certains villages chrétiens, la vie retrouve son apparence normale », explique-t-il.
Le nonce apostolique en Irak a toutefois ajouté que « beaucoup reste à faire », et il attend « que les aides continuent d’affluer, car les gens peuvent revenir s’ils ont leur maison, s’ils trouvent du travail, et pour cela il est essentiel que l’aide internationale, l’aide de l’Église, continue, parce que les chrétiens ont tout perdu à cause de

leur foi ».

 

Une mère et sa fille de retour à la maison à Quaraqosh, reconstruit grâce aux bienfaiteurs de l’AED.

En fin de compte, les chrétiens d’Irak veulent « qu’on les reconnaisse de plus en plus en tant que citoyens, avec les mêmes droits et les mêmes obligations que le reste de la population, et que le travail qu’ils font pour le bien de tous soit apprécié. Ce sont souvent les musulmans eux-mêmes, leurs voisins, qui disent qu’ils veulent qu’ils restent et qui demandent qu’ils ne s’en aillent pas, car c’est mieux avec eux ».
Pour le nonce en Irak, les chrétiens d’Irak ont donné deux leçons à l’ensemble de l’Église universelle : « la valeur de leur foi et de leur union au Seigneur, parce qu’ils ont tout perdu sans y réfléchir à deux fois, et parce qu’ils ont renoncé à leur maison et à leur emploi… »

 

Ils ont également donné une « leçon spectaculaire du pardon. Entendre ces chrétiens qui pardonnent et qui prient pour ceux qui les ont persécutés est un témoignage de l’action du Seigneur. Il est humainement très difficile de pardonner à celui qui vous a jeté hors de chez vous, qui a fait en sorte que vous perdiez tout ou qui a assassiné un de vos proches ».

De 2011 à juin 2018, L’AED a fourni plus de 60,5 millions de dollars pour des projets pastoraux et d’aide d’urgence en Irak. Seulement en 2017, ACN a donné 14,3 millions de dollars. Aide à l’Église en Détresse est l’organisation qui fournit le plus d’aides dans la plaine de Ninive.