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Égypte

 

Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Égypte – « Ma mère a été tuée par un terroriste qu’elle était en train d’aider ».

03.05.2018 in ACN International, Égypte, Engy Magdy, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano, Moyen-Orient, Persécution, Voyagez avec AED

La photo du défunt pape Kyrillos VI dans l’église de Ménas, porte les traces de la fusillade

Égypte

« Ma mère a été tuée par un terroriste qu’elle était en train d’aider ».

Aide à l’Église en Détresse (AED) a recueilli le témoignage percutant de la fille d’une des victimes des attentats du Caire de décembre dernier.

 

Le 29 décembre 2017, des hommes armés ont attaqué des fidèles qui sortaient d’une église copte orthodoxe, dans la banlieue sud du Caire. Cette attaque, revendiquée par le groupe État islamique (ÉI), a eu lieu environ dix minutes après la fin de la messe, dans l’église Saint Ménas, et s’est soldée par la mort de neuf personnes. L’une des victimes était une jeune mère nommée Nermeen Sadiq. Sa fille de treize ans, Nesma Wael, était à ses côtés quand elle a reçu le premier coup de feu. Nesma a raconté cette tragédie à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse.

« Quand la messe s’est terminée, ma cousine, ma mère et moi avons quitté l’église. Ma mère portait un crucifix dans ses mains et aucune d’entre nous ne portait de voile. Dans les quartiers pauvres, les femmes musulmanes portent souvent des voiles pour se distinguer des femmes chrétiennes.

Nous sommes entrées dans une rue latérale et avons vu un homme s’approcher de l’église à moto, et en tomber à cause d’un nid-de-poule. Ma mère est rapidement venue à son aide et lui a demandé : ‘‘Au nom de Jésus-Christ, est-ce que tout va bien ?’’. L’homme s’est rapidement relevé, et en un clin d’œil, a ouvert le feu sur nous avec une arme automatique qu’il a tirée de sous son gilet.

Le Caire, Égypte, 2018 : Nesma, 13 ans et sa soeur Karen, huit ans. Elles ont perdu leur mère dans l’attaque contre une église le 29 décembre 2017. « Ceci est mon message à toutes les personnes persécutées dans le monde : N’ayez pas peur ! Nos vies sont entre les mains de Dieu et nous devons rester fidèles à notre foi ».

Dès que ma cousine et moi avons vu l’arme, nous nous sommes cachées derrière ma mère, qui nous a crié de nous enfuir en courant. Le terroriste lui a d’abord tiré dans le bras alors qu’elle essayait encore de nous protéger. Nous nous sommes enfuies, mais ma mère est tombée et n’a pas pu s’échapper avec nous. La distance entre nous et le terroriste au moment où il a sorti sa mitraillette était d’un peu plus d’un mètre. Ma cousine et moi avons couru jusqu’à un petit supermarché, où la vendeuse nous a cachées derrière le frigo. De notre cachette, nous pouvions voir l’homme nous chercher du regard. Comme il ne pouvait pas nous voir, il est retourné vers ma mère et lui a tiré dessus à plusieurs reprises.

Tout cela s’est produit en l’espace de quelques minutes. Quand le terroriste est parti et nous avons couru vers ma mère. Beaucoup de gens sont venus, mais personne ne s’est approché pour lui porter assistance, alors qu’elle était encore vivante. J’ai appelé mon père, mais il n’a pas décroché. J’ai réussi à localiser mon oncle qui est venu immédiatement. Puis une ambulance est arrivée, mais le personnel d’urgence a refusé de faire rentrer ma mère dans l’ambulance avant que nous ayons obtenu la permission des agents de sécurité. Ils étaient en train de chercher le terroriste dans les rues, ainsi qu’un autre tireur qui avait attaqué des gens devant l’église.

Puis une fusillade a commencé et les gens se sont enfuis. Ma cousine, mon oncle et moi sommes restés avec ma mère. Elle m’a regardée et m’a dit : ‘‘N’aie pas peur, je suis avec toi. Obéis à ton père et prends soin de ta sœur’’. Lorsque la fusillade s’est arrêtée, je suis retournée à l’église pour chercher ma petite sœur, Karen, qui a huit ans et qui y était restée parce que l’office pour les enfants n’était pas encore terminé. J’ai vu trois personnes que je connaissais gisant dans des flaques de sang. Elles avaient été assassinées devant l’église.

Quand ma mère a enfin été transportée dans l’ambulance, elle était déjà morte.

 

Chandelles dans une église Copte du Caire.

Aujourd’hui, je ne vais plus toute seule dans la rue ; mon père m’accompagne toujours partout. Malgré la douleur qui me serre le cœur – ma mère me manque beaucoup –, je suis heureuse d’avoir été avec elle pendant l’attaque. De plus, je n’ai pas été blessée pendant l’attaque : c’est Dieu qui a voulu la choisir pour aller au ciel.

Je ne veux pas quitter mon pays, mais il est clair que je veux trouver le moyen d’étudier et de vivre de manière plus insouciante, d’autant plus que notre situation économique n’est pas bonne. Mon père, 35 ans, est chauffeur, mais il n’a pas de travail stable. Ma mère était la principale source de revenus de notre famille : elle était infirmière au centre néphrologique du Caire. Je veux devenir médecin et me spécialiser en néphrologie, parce que c’était le rêve que ma mère avait pour moi.

Ceci est mon message à toutes les personnes persécutées dans le monde : N’ayez pas peur ! Nos vies sont entre les mains de Dieu et nous devons rester fidèles à notre foi ».

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Entrevue AED: Monseigneur Kyrillos William Samaan, évêque catholique copte d’Assiout

26.05.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED Brésil, Égypte, Rodrigo Arantes

Égypte 

« C’est notre pays. Nous ne le quitterons jamais. »

 

Entrevue avec Monseigneur Kyrillos William Samaan, évêque catholique copte d’Assiout, à l’occasion de sa visite auprès du bureau national de la fondation pontificale L’Aide à l’Église en Détresse au Brésil

 

Entrevue par Rodrigo Arantes (AED Brésil)
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 

AED – Que signifie être Chrétien en Égypte aujourd’hui ?

Mgr Kyrillos – Être chrétien en Égypte aujourd’hui signifie ressentir la joie d’être le sel, le sel qui donne la vie, qui donne son goût à la vie. C’est le levain qui fait lever une poignée de farine au sens qu’il modifie la société et fait toute la différence. L’Évangile ne nous trompe pas lorsque Jésus-Christ dit : ‘‘Si les gens m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Mais n’ayez pas peur, je serai auprès de vous, et nul ne vous ravira votre joie’’. C’est cela la joie que nous vivons, même en des moments de persécution et de tristesse.

 

À quels dangers un chrétien en Égypte est-il exposé ?

Le défi au quotidien réside dans le simple fait d’être chrétien ; cela constitue déjà un obstacle. Il en est ainsi parce qu’un groupe extrémiste est d’avis que la rédemption ne peut se faire qu’à travers une seule religion, à travers l’islam. Cette minorité compromet la vie des chrétiens. En effet, son objectif est de les anéantir. Mais nous mettons tout notre optimisme dans la parole de Jésus : « Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »

Nous, les chrétiens, avons répondu : « C’est notre pays. Nous ne le quitterons jamais. Vous ne vivrez pas en Égypte sans nous, et nous ne vivrons pas en Égypte sans vous. »

Comment se sentent les chrétiens égyptiens en étant persécutés dans le même pays que celui où Jésus et ses parents avaient trouvé refuge pour fuir la persécution d’Hérode ?

L’Égypte a toujours été une terre d’accueil. Cependant, lorsque les extrémistes – les Frères musulmans – ont pris le pouvoir et la présidence, ils ont affirmé publiquement : « Nous voulons chasser les chrétiens. Ils ont tous des passeports, nous allons les envoyer aux États-Unis et au Canada. Nous voulons transformer l’Égypte en califat, en une république musulmane. » Nous, les chrétiens, avons répondu : « C’est notre pays. Nous ne le quitterons jamais. Vous ne vivrez pas en Égypte sans nous, et nous ne vivrons pas en Égypte sans vous. »

 

Après le synode des Églises d’Orient, Sa Sainteté le pape Benoît XVI a dit qu’un Moyen-Orient sans les minorités chrétiennes ne serait pas le Moyen-Orient. Avant l’invasion des Arabes, les chrétiens avaient déjà leur civilisation. Après, ils se sont adaptés à une coexistence avec les musulmans. Tous peuvent continuer à vivre ensemble jusqu’à la fin.

 

Quelles sont les attentes des chrétiens en Égypte après la récente visite de Sa Sainteté le pape François ?

Le voyage du Saint-Père en Égypte a sans aucun doute conforté la présence des chrétiens. Il démontre que le petit troupeau de catholiques – ils sont moins de 92 000 fidèles – n’est pas isolé. Les catholiques du monde entier se montrent solidaires envers nous. Considéré depuis un point de vue œcuménique, ce voyage représente pour les chrétiens en général la semence qui donnera de meilleurs fruits, notamment, au niveau des relations entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe après la rencontre entre Leurs Saintetés le pape François et le pape Tawadros II, qui ont signé des documents visant un rapprochement. Ils ont constaté : « Nous avons beaucoup plus de points en commun que de choses qui nous séparent. »

Bishop Kyrillos Willian Samaan à CNBB (Brazilian Conference of Bishops of Brazil) à Aparecida. De gauche à droite: José Corrêa (ancien directeur de l’AED Brésil comme traducteur), Bishop Kyrillos Willian Samaan, Bishop Murilo Krieger (vice president du CNBB), Cardinal Sérgio da Rocha (president du CNBB) and Mgr Leonardo Ulrich Steiner (secrétaire générale du CNBB)

Il a dit que la violence et la terreur commises au nom de Dieu ou d’Allah sont une aberration et une profanation. Ce ne sont pas des actions religieuses

Ce voyage montre également la volonté de l’actuel patriarche de l’Église copte orthodoxe de se rapprocher de l’Église catholique – bien plus que ne l’avait jamais fait son défunt prédécesseur. Cela renforce les liens entre les Églises d’Orient catholique, romaine catholique et orthodoxe. Face aux musulmans, ce voyage a créé une brèche dans le mur causé par une remarque de Sa Sainteté le pape Benoît XVI qui avait été mal interprétée (septembre 2006). Grâce à la visite du pape François, les musulmans ont une attitude plus ouverte face au dialogue avec les chrétiens, notamment grâce à l’accolade « entre frères » du Saint-Père et du Grand imam de la mosquée et recteur de l’université Al-Azhar. La photo de ce geste qui a fait le tour du monde rappelle l’accolade entre Saint-François d’Assise et le sultan d’Égypte il y a 800 ans. Par ailleurs, le pape a souligné son respect envers les musulmans. Il a dit que la violence et la terreur commises au nom de Dieu ou d’Allah sont une aberration et une profanation. Ce ne sont pas des actions religieuses. Le pape a rendu hommage au travail de l’actuel président égyptien qui, en peu de temps, a modifié l’image de son pays – disant qu’il le transforme en un pays moderne, qu’il s’occupe du pays et de ses citoyens.

Néanmoins, ce qui est beaucoup plus important que le soutien financier, c’est que l’AED prête sa voix aux chrétiens qui, dans leur propre pays, n’ont pas le droit de s’exprimer, afin qu’ils puissent être entendus dans le monde entier. Nous l’apprécions énormément

Quelles sont les réalisations de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse en Égypte ?

Aide à l’Église en Détresse a apporté beaucoup de soutien en Égypte. Lors d’une rencontre en Allemagne, le président exécutif d’AED m’a montré une liste de tous les projets de soutien qui ont bénéficié à mon diocèse au cours des 10 dernières années. Cela correspondait à une somme assez élevée. Ces aides ont permis de construire des églises, de permettre aux futurs prêtres de terminer leur formation, de construire des couvents pour des religieuses, d’acheter des véhicules, etc. Tout ceci a bénéficié à la pastorale. J’ai également été très surpris du grand nombre de diocèses et d’églises locales du monde entier qui ont contribué à nous soutenir. En effet, nous ne disposons d’aucune autre source de financement. Les prêtres vivent des intentions de messe annuelles – mais ce ne sont que des sommes mineures. Néanmoins, ce qui est beaucoup plus important que le soutien financier, c’est que l’AED prête sa voix aux chrétiens qui, dans leur propre pays, n’ont pas le droit de s’exprimer, afin qu’ils puissent être entendus dans le monde entier. Nous l’apprécions énormément. C’est très important pour tous ceux qui se sentent exclus et discriminés. Je remercie Aide à l’Église en Détresse quand, en qualité d’œuvre bien organisée, elle diffuse la voix des chrétiens à l’échelle mondiale. En outre, AED appelle le monde entier à prier pour un peuple, pour un pays. C’est un geste important, car la prière en communauté est capable de déplacer des montagnes. Personnellement, j’ai visité plusieurs bureaux de l’œuvre dans le monde. C’était remarquable de voir que partout, il régnait le même esprit. Autant le personnel que les bénévoles partagent une profonde spiritualité. C’est absolument fantastique !

 

Les aides qui bénéficient à l’Égypte proviennent des milliers de bienfaiteurs qui, souvent, ne peuvent faire qu’un petit don, mais qui contribuent ainsi à ce travail. Que pouvez-vous leur dire ?

Ils sont les saints de notre époque. Ils imitent la veuve mendiante du temple qui ne donne que deux piécettes pour ceux qui sont le plus dans le besoin. C’est d’eux que nous pouvons apprendre la signification de Pentecôte.

 

Comment parvenez-vous à rester aussi calme malgré autant de soucis ?

Sa Sainteté le pape Jean XXIII qui, durant son pontificat, était confronté à de nombreux problèmes apportait toujours ses soucis au tabernacle. Il les déchargeait et disait alors à Dieu : « Ces problèmes ne sont pas les miens. Ce sont les Tiens. Occupe-Toi d’eux ! » Sur son bureau, le pape François a une image de Saint-Joseph endormi. Chaque fois qu’il rencontre un problème, il écrit sur un bout de papier : « Tu dors, mais rêve de mon problème et donne-moi une solution. »

 


 

Communiqué AED – le pape François en Égypte

27.04.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Dialogue interreligieux, Égypte, Entrevue, Mario Bard, Moyen-Orient, Vues D'ailleurs

Le pape François en Égypte

« recoudre les liens avec l’Islam »

 

Montréal, mercredi 26 avril 2017 – Le père Samir Khalil Samir, jésuite, spécialiste de l’Islam et professeur à l’Institut des études orientales à Rome, était de passage dans les bureaux canadiens d’Aide à l’Église en Détresse jeudi dernier (20 avril 2017). Égyptien d’origine et né au Caire, nous lui avons demandé ce qu’il pensait de la visite du pape en Égypte, de l’importance du dialogue entre islam et christianisme et de la crainte de voir le Moyen-Orient se vider des chrétiens.
Extraits de cette rencontre.

Propos recueillis par Mario Bard,
Aide à l’Église en Détresse Canada

 

AED : Que diriez-vous au pape François à propos de son voyage en Égypte? Est-ce que vous lui diriez de rester à Rome ou bien d’y aller?

P. Samir: Je pense que, tel qu’il est, il faut qu’il y aille. Ce n’est pas quelqu’un qui a peur. D’autre part, si l’on examine les possibilités d’un attentat, je pense que l’Égypte, ne serait-ce que pour son honneur, fera l’impossible pour le protéger et s’assurer qu’il n’y ait aucun élément dangereux aux alentours. De ce point de vue, je pense que les choses devraient aller normalement.

Par ailleurs, il y a le caractère du pape François qui pourrait dire : ‘‘je ne crains rien et je suis au milieu du peuple. Et si je dois mourir, et bien je suis comme n’importe qui, simplement parce je me trouve dans cet endroit [où a lieu un attentat].’’  Donc, cela pourrait expliquer pourquoi il n’a pas renoncé à son voyage.

D’autant plus que ça fait longtemps qu’il veut recoudre les liens entre le Vatican et l’Islam. Et ceci, il me l’a dit personnellement à l’occasion d’une demi-heure en tête à tête que j’ai eue avec lui il y a quelques mois. Il m’a dit : « Pourquoi est-ce que j’insiste sur le fait que l’Islam est une religion de paix ? Parce qu’il nous faut d’abord refaire l’amitié avec les musulmans et avec Al-Azhar. »

Pourquoi faut-il « recoudre les liens » ? Que s’est-il passé?

Je rappelle le contexte ; il y a eu l’attaque à Alexandrie de l’église copte pour la fête de Noël, il y a six ans. Quelqu’un s’est fait exploser et il y a eu des dizaines de morts. Quelques jours après, le pape Benoît XVI qui rencontrait les ambassadeurs près le Saint-Siège a dit : « Je demande au président de la République d’Égypte de protéger les chrétiens. » À ce moment, l’Imam Ahmed el-Tayeb, recteur de l’Université Al-Azhar, a dit que cela était inacceptable que le pape se mêle de la politique égyptienne. Il a rompu les relations avec Rome. Aujourd’hui, après plusieurs essais infructueux, les relations ont repris. Et c’était le but principal du pape François; de rétablir les relations avec l’Islam et notamment avec Al-Azhar qui représente la majorité des musulmans du monde, c’est-à-dire 80 %. C’est une autorité morale, intellectuelle incontournable.

Père Samir, pourquoi est-ce important qu’il y ait du dialogue interreligieux avec l’Islam?

D’abord parce que l’Islam est la seconde plus grande religion du monde. Il y a plus de 1,5 milliard de musulmans, répartis dans presque tous les pays du monde. On ne peut pas l’ignorer. Ensuite, parce que l’Islam est une religion monothéiste, à côté du judaïsme et du christianisme. Et donc, il faut qu’on puisse dialoguer avec eux. Je pense que c’est ça qui est essentiel ; ce n’est pas un but politique. C’est de dire, essayons de nous entendre. De même qu’on mène le dialogue avec les Juifs.

On dit que le Moyen-Orient est en train de se vider des chrétiens. Qu’est-ce qui peut être fait pour que le vent change? Même des musulmans ne veulent pas que cette situation survienne.

La plupart des musulmans disent : ‘‘On a besoin des chrétiens’’. Il y a eu récemment en Égypte une émission de radio qui a impressionné tout le monde. Pendant huit minutes, le thème était les écoles chrétiennes qui ont formé l’intelligentsia de l’Égypte au 19e et au 20e siècle.

On voit aussi le Liban qui est le seul pays du monde arabe qui ait une certaine parité, précisément parce que ce sont les chrétiens qui l’ont construit, même si aujourd’hui, ils ne sont plus que 35 % de la population. Au parlement, les musulmans veulent qu’il y ait 64 musulmans et 64 chrétiens parce qu’ils disent que c’est essentiel. Ceci est reconnu par tous les musulmans qui réfléchissent.

D’autre part, sur la disparition des chrétiens du Moyen-Orient ; en Égypte, ce sont eux qui sont, pour ainsi dire, les autochtones ! On a conscience que si on veut maintenir la conscience nationale, on ne peut pas éliminer les chrétiens. Malheureusement, pour des motifs politico-économico-religieux, les chrétiens s’en vont de plus en plus. Et ce qui se passe en ce moment est voulu par ISIS (État islamique/Daesh). Mais, ce sont des fanatiques. Globalement, les musulmans ne sont pas fanatiques. Ils manquent de courage pour dire : on doit les arrêter. Au lieu de dire cela, ils disent : ça n’a rien à voir avec l’Islam, ce qui ne résout rien. Mais, au fond de leur cœur, la majorité des musulmans disent : non, ça, c’est une honte !

Maintenant, pour qu’ils restent, il faut les aider pour qu’ils puissent demeurer dans leurs maisons. En Égypte, ça ne pose pas de problème majeur à cause du grand nombre de chrétiens (près de 10 millions). Mais en Irak et en Syrie, où on a détruit les maisons des chrétiens, rester demande un courage énorme. C’est ce que font les patriarches, dont le patriarche Sako des Chaldéens de Babylone. Il lutte de toutes ses forces pour que les chrétiens ne migrent pas, pour qu’ils restent, pour sauver l’Église locale. Et c’est la même chose en Syrie.

Il faut les aider à rester. Les aider financièrement si on peut, mais aussi les aider moralement en les soutenant et en essayant d’arrêter ce crime qu’est ISIS. »

Aide à l’Église en Détresse va aider 3000 jeunes venus de partout dans le pays qui se rendront en pèlerinage au Caire pour participer à la visite du Pape François les 28 et 29 avril. Le voyage a débuté mardi 25 avril et comprend des célébrations liturgiques dans différents sanctuaires sur la route menant au Caire, la célébration de messes, des confessions, ainsi qu’une visite dans les hôpitaux du Caire le jour précédant l’arrivée du Saint-Père. Le groupe rassemble 250 représentants de chaque diocèse catholique égyptien, en plus des 1 000 participants originaires de la capitale.

 

 


 

Égypte « Priez pour les familles touchées ! »

11.04.2017 in #callitgenocide, Adaptation Mario Bard, Égypte, Eva-Maria Kolmann, Persécution

Égypte
 

« Priez pour les familles touchées ! »

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Égypte, demande aux fidèles du monde entier de prier pour les proches des victimes des attentats qui ont été commis contre deux églises coptes orthodoxes à Tanta et Alexandrie, le dimanche des Rameaux neuf avril, causant la mort d’au moins 44 personnes et en blessant plus de 120.

Mgr Kyrillos déclare avoir lui-même reçu de nombreux messages du monde entier dans lesquels les gens l’ont assuré, lui et les chrétiens d’Égypte, de leurs prières et de leurs pensées. « La prière est ce qu’il y a de plus important que nous puissions maintenant demander », a-t-il souligné lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse.

 

Malheureusement, il fallait s’attendre à ce qu’il y ait d’autres attentats. « Notre sentiment de sécurité n’était pas très fort », a expliqué Mgr Kyrillos. L’attentat de décembre 2016 contre l’église Saint-Pierre et Saint Paul au Caire – qui a causé la mort de près de 30 personnes –, a été perçu comme un « prélude ». Cependant, tout le monde a été « surpris » par l’attentat de dimanche, parce qu’on ne peut jamais prédire quand et où de tels attentats auront lieu.

 

L’évêque a souligné qu’il existait, tant du côté de l’État que du côté de l’Église, l’intention de renforcer la coopération afin de mieux protéger les églises. « J’ai reçu la visite d’un agent de sécurité qui m’a demandé ce dont nous avons besoin. Il nous a proposé d’entraîner les jeunes et les adultes, afin de pouvoir unir toutes les forces et accroître la sécurité. Il y a 550 églises chrétiennes à Assiout. Grâce à Dieu, rien n’est arrivé ici, mais nous ne sommes pas assez préparés pour de tels événements », a expliqué Mgr Kyrillos.

 

La visite de François, « plus importante que jamais. »

 

Interrogé quant au risque d’un exode des chrétiens comme en Irak ou en Syrie, Mgr Kyrillos s’est déclaré convaincu que les attentats ne provoqueraient pas une migration à grande échelle. « En Égypte, les gens tiennent beaucoup à leur pays, et tous se considèrent comme égyptiens — qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il y a une plus grande cohésion qu’ailleurs au sein de la population ». Par contre, il considère que les terroristes ont l’intention de détruire cette cohésion.

 

Enfin, l’évêque estime que la visite du Pape François en Égypte, prévue les 28 et 29 avril 2017, est désormais « plus importante que jamais ». Il est convaincu que le voyage ne sera pas annulé, étant donné que le Pape « a toujours eu le courage, justement dans de telles situations, de venir et de redonner de la force aux gens ». Il attend du Pape un message clair de paix.

 

Eva-Maria Kolmann, ACN International
Adaptation : Mario Bard, AED-Canada


 

Entrevue AED avec Mgr Kyrillos William, Égypte

23.12.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Andrea Krogmann, Égypte, Entrevue, Moyen-Orient

Égypte

entre peur et confiance en Dieu

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout estime que le dernier attentat perpétré contre la cathédrale copte du Caire attise encore plus la peur de subir d’autres attentats islamistes en Égypte.

Paradoxalement, l’évêque d’Assiout révèle en entrevue avec Aide à l’Église en Détresse qu’il ressent chez les chrétiens du pays une « grande confiance en Dieu ». Il juge de manière positive l’engagement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en faveur de l’avenir de son pays.

Entrevue réalisée par Andrea Krogmann, AED-International

AED : Monseigneur, dans une perspective chrétienne, quelle est votre opinion au sujet de la situation actuelle en

Mgr Kyrillos William. Malgré tout, les chrétiens du pays ont une « grande confiance en Dieu ».

Égypte?

Mgr Kyrillos : Le dernier épisode de terreur brutale exercée contre des fidèles au Caire a profondément endeuillé les chrétiens. Nous sommes bouleversés. Mardi (20 décembre), l’Église copte a recensé la 26e martyre victime du dernier attentat, une fillette de dix ans qui est morte de ses blessures.

En même temps, nous percevons beaucoup de confiance en Dieu et de force. Comme dans le cas des attaques précédentes, nous voyons que, lorsque la terreur est utilisée pour empêcher les croyants de se rendre à l’église, les gens y viennent encore plus nombreux que d’habitude.

 

Quelles ont été les réactions de votre entourage non chrétien?

On nous témoigne beaucoup de solidarité et de compassion! Beaucoup de gens nous ont téléphoné ou sont même venus pour nous présenter leurs condoléances. L’État a immédiatement réagi et lancé une enquête. Le président en personne a dit qu’il n’aurait pas pu se rendre aux funérailles des victimes sans pouvoir nommer un auteur.

Cela veut dire beaucoup si l’on se rappelle que dans d’autres cas, par exemple concernant l’attentat commis il y a quelques années à Alexandrie, il n’existe à ce jour aucune trace des auteurs. Dans ces cas-là, les gens pensent que la police et l’État soutiennent les auteurs des attentats. Cette fois, c’est différent.

Un président [Égyptien] qui se rend, en personne, aux funérailles et qui serre la main à chacun des proches et à tous les représentants de l’Église, c’est un signal vraiment fort.

 

Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II a présidé les funérailles des victimes de l’attentat du 11 décembre dernier.

L’attentat du Caire a-t-il attisé la peur d’autres attentats durant les fêtes de Noël?

Oui, la peur est toujours présente. Daech a annoncé encore d’autres attentats, ce n’est donc pas exclu.

 

A-t-on pris des mesures de sécurité particulières?

Les forces responsables sont venues nous voir et nous ont demandé de coopérer avec elles. En sus de la protection extérieure qui est de leur ressort, elles veulent entraîner nos gens, les former, leur apprendre comment être attentifs. Par exemple, nos scouts, qui sont chargé de maintenir l’ordre durant les festivités bénéficie de la part des autorités d’une formation à la sécurité civile.

De plus, nous envisageons mettre en place des détecteurs de métaux devant notre cathédrale et notre maison d’hôtes. C’est onéreux, mais important.

 

Les chrétiens se sentent-ils suffisamment protégés ainsi?

Cela fait des années que des soldats sont postés devant de nombreuses églises. Mais le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas très bien équipés ni bien entraînés, de sorte que beaucoup d’églises disent alors qu’elles n’en ont pas besoin parce que cela ne sert pas à grand-chose.

Il faudrait trouver de meilleures méthodes, par exemple des forces mieux formées et mieux équipées. Mais lors des fêtes majeures, il y a évidemment aussi des mesures exceptionnelles, par exemple des barrages routiers et un dispositif de sécurité nettement accru.

 

Quels sont vos vœux de Noël pour votre pays et vos fidèles?

Bien entendu, je souhaite que la paix revienne dans notre pays. Nous voyons bien les efforts de notre président qui veut que l’Égypte ait un avenir. Ces efforts sont sapés par les actes terroristes. Le pays a besoin de calme, également pour le tourisme, qui constitue une source importante de revenus. Sans ce calme, les touristes ne viendront pas en Égypte.

Coptic Orthodox Pope Tawadros II led the funeral for the victims of the bomb that exploded on 11.12.2016 during Sunday Mass in a chapel at Cairo's main Coptic Cathedral. Please always watermark these pictures when using them online.

Le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, préside les funérailles des victimes des attentats du 11 décembre dernier.

Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux chrétiens en Égypte pour la construction d’églises, la formation de prêtres et la pastorale des jeunes gens. Environ dix pour cent de la population égyptienne se composent de chrétiens, dont la majorité appartient à l’Église copte orthodoxe. Les quelque 250 000 catholiques du pays sont majoritairement membres de l’Église copte catholique.

Par Andrea Krogmann, Aide à l’Église en Détresse AED international
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 


 

Entrevue-AED : amélioration pour les chrétiens d’Égypte

07.06.2016 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte, Entrevue, liberté religieuse, Moyen-Orient, Oliver Maksan, Pape François, Voyager avec l'AED

Égypte

La glace est rompue

La rencontre entre le Pape et le Grand Imam est très favorablement accueillie en Égypte. Et selon notre témoin, la situation des chrétiens s’améliore!

Par Oliver Maksan, ACN International

Après la rencontre entre le Pape François et le professeur Ahmed al-Tayeb, Grand Imam de l’université sunnite Al-Azhar, qui s’est déroulée le 23 mai dernier au Vatican, l’espoir d’un rapprochement entre les chrétiens et les musulmans d’Égypte est grand.

 

« C’était la première fois que le Grand Imam de l’université Al-Azhar a rendu visite au Pape. Visiblement, la rencontre a été très cordiale, comme on pouvait le voir au langage du corps et à la familiarité entre les deux hommes », a déclaré le Père Rafik Greiche, responsable du département des médias de l’Église catholique en Égypte, dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse.

Le père Antoine Rafic Greiche, responsable du Département des médias de l'Église catholique en Égypte. Le départ du président Morsi est vu comme « un miracle de Dieu » par nombre de chrétiens d'Égypte.

Le père Antoine Rafic Greiche, responsable du Département des médias de l’Église catholique en Égypte. Le départ du président Morsi a été vu comme « un miracle de Dieu » par nombre de chrétiens d’Égypte.

 

« Nous croyons que cela a permis de rompre la glace des relations entre le Vatican et l’université Al-Azhar. Bien que la reprise du dialogue officiel, suspendu en 2011 par l’Université Al-Azhar, n’ait pas encore été déclarée explicitement, ce n’est qu’une simple formalité. Je suis fermement convaincu que le dialogue sera repris », estime le père Greiche.

 

La plus importante institution islamique d’Égypte – qui jouit d’une très grande réputation dans l’ensemble du monde sunnite – avait interrompu le dialogue avec le Saint-Siège en 2011. La raison invoquée était la demande publique du Pape émérite Benoît XVI de mieux protéger la liberté de religion en Égypte. Al-Azhar avait considéré cet appel comme une ingérence inadmissible dans les affaires intérieures de l’Égypte. L’ancien Pape s’était exprimé à la suite de l’attentat sanglant commis contre une église copte le jour de l’An 2011 à Alexandrie, qui avait coûté la vie à 21 personnes et fait plus de 70 blessés.

 

Cela « concerne tous les chrétiens »

 

Le Père Greiche a mis l’accent sur l’accueil positif suscité par cette entrevue dans les médias égyptiens. « Autant à la télévision que dans les journaux, la rencontre était à la une. En général, elle a fait l’objet de commentaires très positifs. » Selon le père Greiche, cet entretien revêt en outre une dimension non seulement interreligieuse, mais aussi œcuménique. « Sa Sainteté le pape Tawadros, primat de l’Église copte orthodoxe, avait plusieurs fois encouragé le Grand Imam à engager le dialogue avec l’Église catholique. Si une telle rencontre et une reprise du dialogue peuvent avoir lieu, cela ne concerne évidemment pas seulement les rapports entre les musulmans et les catholiques, mais tous les chrétiens. »

 

Chrétiens : la situation s’améliore!

 

Le Père Greiche a souligné que sous la direction du Grand Imam Ahmed al-Tayeb, l’Université Al-Azhar s’efforçait d’entreprendre une réforme des manuels d’enseignement et scolaires dans les établissements scolaires et universitaires subordonnés à son autorité. « Ils s’efforcent de trouver un nouveau langage en ce qui nous concerne. Mais, il y a encore beaucoup à faire à ce niveau. C’est un processus qui durera des années. Ce qui est toutefois plus décisif que de modifier le contenu de livres, c’est que les mentalités dans la tête des imams changent », affirme le Père Greiche.

 

Project trip of Agnieszka Dzieduszycka and Ilona BudzbonIl souligne que, depuis la destitution en juillet 2013 de l’ancien président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, la situation des chrétiens s’est beaucoup améliorée en Égypte. « La situation actuelle n’est pas comparable à celle qui régnait durant le gouvernement des Frères musulmans. Aujourd’hui, les relations entre les chefs religieux et les autorités sont excellentes. Bien entendu, il reste encore de très nombreux problèmes. Mais, j’ai l’impression que concernant notre situation, il existe une prise de conscience croissante parmi les musulmans », explique le prêtre grec catholique.

 

« Ce qui est le plus urgent pour nous, c’est bien entendu la question de la construction d’églises qui, jusqu’à présent, est soumise à des restrictions sévères. Maintenant, cinq églises ont fait parvenir un projet de loi à l’Assemblée législative. Le président Abdel Fattah al-Sissi nous avait demandé un projet. Nous espérons que celui-ci sera délibéré et adopté durant la période de session de l’Assemblée législative jusqu’en octobre. Après tout, nous avons plus de députés chrétiens que jamais au Parlement, et beaucoup de musulmans sont à nos côtés. Certes, les députés salafistes s’y opposeront. Par contre, ils ne sont pas trop nombreux. Je suis donc optimiste. »

 

Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église catholique d’Égypte depuis de longues années, en finançant de nombreux projets pastoraux ainsi que la construction d’églises.

Project trip of Agnieszka Dzieduszycka and Ilona Budzbon

 


 

Égypte – En marge de la société

25.06.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Égypte, Femme, Oliver Maksan

A Scene from Mukattam, an area in Cairo where mostly Coptic ChriÉgypte

En marge de la société

L’Église catholique en Égypte gère un établissement pour jeunes filles en difficultés – Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église pour permettre aux jeunes femmes de retrouver le chemin de la vie

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde. AED Canada

C’est un établissement absolument unique en Haute Égypte. Il est situé dans un village un peu à l’écart. Son nom ne sera pas divulgué ici pour assurer sa protection. Même les habitants de cette localité chrétienne ignorent ce qui se passe exactement dans cette maison. En effet, c’est un sujet extrêmement délicat.

Depuis quelques années, des jeunes filles chrétiennes qui ont de grands problèmes y trouvent refuge. Ce sont des jeunes femmes qui risquent d’être expulsées par leur famille et leur société. L’établissement est géré par des religieuses catholiques. « Les jeunes filles et les jeunes femmes qui viennent chez nous ont de grands problèmes », explique la religieuse qui dirige cette maison.

« L’amour chrétien est la clé »

Egypt, October/November 2012 A young Coptic woman lights a candl

Appelons-la sœur Mariam. « C’est pourquoi les prêtres de leurs villages d’origine les envoient ici. Certaines ont consommé des drogues ou entretenu une liaison avec un homme ; d’autres ont déjà séjourné en prison. Leurs familles les rejettent donc surtout parce qu’elles craignent de perdre leur bonne réputation. Notre mission est de leur donner espoir et de rediriger leurs jeunes vies vers la bonne voie. L’amour chrétien, ajoute sœur Mariam, est la clé du cœur de ces jeunes filles. Il est important qu’elles se sentent bien ici et qu’elles nous fassent confiance. Voilà pourquoi nous agissons d’une part de manière très discrète et que d’autre part, nous tentons de leur donner le sentiment d’être chez elles. »

Douze jeunes filles de 15 ans et plus vivent actuellement en permanence dans cette maison tandis que treize autres ne viennent que durant la journée. L’ambiance est détendue et gaie. « Je suis tellement reconnaissante de pouvoir être ici. Les bonnes sœurs sont nos amies », dit une très jeune fille qui n’a rejoint cet établissement que récemment. « Ici, on me prépare à la vie. En outre, les religieuses nous rapprochent de Dieu. »

La durée de cet accompagnement est variable, pouvant aller de quelques mois à quelques années. « Notre approche est axée sur différents niveaux, explique Sœur Mariam. D’une part, les filles apprennent chez nous un métier, comme celui de coiffeuse ou de couturière. Cela leur permet d’utiliser judicieusement le temps qu’elles passent chez nous. Plus tard, elles en tireront aussi une certaine indépendance. D’autre part, nous tentons d’approfondir leur relation avec Dieu. À notre avis, c’est absolument essentiel pour que les jeunes filles reprennent leur vie en main. La religiosité de la plupart d’entre elles n’était qu’assez superficielle avant leur arrivée ici. La prière et le service religieux à des heures fixes font donc partie intégrante du quotidien chez nous. »

Obliger une jeune fille chrétienne à se convertir à l’islam

 

Egypt, October/November 2012 Young praying woman, with covered hL’environnement humain des jeunes filles est également intégré. « Souvent, le comportement des jeunes filles dissimule aussi un problème plus profond au sein de la famille. Nous intégrons donc non seulement des psychologues à notre action, mais surtout les parents. Nous leur disons que peut-être que leur fille ne s’est pas sentie suffisamment aimée et que c’est pour cela qu’elle a cherché à avoir une relation avec un homme ou qu’elle s’est adonnée à la consommation de drogues. Dans beaucoup de cas, ajoute sœur Mariam, la réconciliation avec la famille réussit, particulièrement lorsque les familles perçoivent un changement dans le comportement de leur fille. Mais ce n’est pas toujours le cas. Une fois, la famille a refusé de réintégrer la jeune fille. Elle a donc dû aller vivre au Caire. »

La principale condition d’une réconciliation au sein de la famille est notamment qu’il ne soit pas encore publiquement connu qu’il y a eu des relations sexuelles avant le mariage. Sinon, ni les jeunes filles ni les familles n’ont le choix. « Si leur entourage apprend qu’une fille a eu des relations sexuelles hors mariage, elle est déshonorée. Sa famille ne pourra alors plus la soutenir. Il y a d’ailleurs déjà eu de nombreux cas de crimes d’honneur, même dans des familles chrétiennes. Malheureusement, cela n’a rien d’inhabituel dans les milieux ruraux. »

Les difficultés empirent encore lorsque des limites de religion sont dépassées. « En fait, c’est cela le problème principal. C’est très fréquent, assure Sœur Mariam. Lorsqu’une jeune fille chrétienne couche avec un musulman ou tombe même enceinte de lui, il s’ensuit de grands conflits à dimension religieuse. En Égypte, explique la religieuse, on ne se marie pas avec quelqu’un d’une autre religion que la sienne. Au point de vue social, ce n’est pas accepté. Et si ça l’est, la femme doit se convertir. »

À cela, viennent s’y ajouter les cas de chantage. « Chaque année, il y a des cas où un jeune musulman couche avec une jeune fille chrétienne et le filme avec son téléphone portable. Il se sert alors de cet enregistrement pour faire chanter la fille. Soit elle se convertit à l’islam, soit il menace de publier la vidéo. » Un prêtre que nous appellerons ici Kyrillos assure l’encadrement spirituel dans cet établissement. Il connaît toute une série de ces cas : « Rien que dans notre province, nous avons été témoins de 70 cas de ce genre au cours des dix dernières années, dans le but d’obliger une jeune fille chrétienne à se convertir à l’islam. Et nous ne parlons ici que des cas qui nous sont connus. En réalité, les chiffres sont probablement beaucoup plus élevés. »

Le Père Kyrillos a remercié l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse du soutien accordé à son établissement. « Nous sauvons ici la vie de jeunes femmes. Je remercie les donateurs de leur générosité, également au nom de nos jeunes filles. C’est la prière qui est décisive. Merci de prier pour nos jeunes femmes ! »

Égypte – « Ce sont de vrais martyrs »

24.03.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte, Pape, Persécution

L’Égypte après l’assassinat de coptes : le moral des chrétiens du Nil oscille entre affliction et optimisme In february 2015 an ACN Delegation with Fr. Halemba visited the

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

L’Égypte entière a été bouleversée quand, à la mi-février, le meurtre de 21 égyptiens coptes-orthodoxes par les terroristes de l’État islamique en Libye a été révélé. Les photos de chrétiens, habillés en orange, agenouillés devant leurs bourreaux en cagoule noire, le sang issu de ces bestiales décapitations qui s’est ensuite mélangé aux vagues de la Méditerranée, tout cela a profondément marqué la mémoire collective nationale sur les rives du Nil.

De beaux signes de solidarité

L’Église copte orthodoxe a déjà reconnu comme martyrs les 21 personnes assassinées et les a inscrites à son calendrier des Saints. Les catholiques les considèrent-ils aussi comme des martyrs ? « Oui, sans hésiter », estime Mgr. Kyrillos William Samaan, évêque copte catholique d’Assiout, en Haute-Egypte. « C’est ce qu’a dit le Pape François le jour même. Il les a reconnus comme martyrs. Ils ont été tués parce qu’ils étaient chrétiens. Les tueurs étaient à la recherche de chrétiens qu’ils pourraient enlever. Ils sont restés pleinement fidèles jusqu’au bout. Ils sont restés fidèles à Jésus. Leurs dernières paroles ont été des paroles telles que : Seigneur Jésus, aie pitié. C’est pourquoi ce sont de vrais martyrs. Y compris pour nous catholiques ».

In february 2015 an ACN Delegation with Fr. Halemba visited theImmédiatement après le crime, la tristesse et la colère se sont installées, se souvient Mgr Kyrillos. « Mais la forte réaction de notre Président et les frappes aériennes contre les positions de l’État Islamique en Libye ont calmé le peuple. C’est surtout la visite de condoléances du Président au Pape copte orthodoxe Tawadros qui nous a touchés, nous chrétiens. »

Comme le raconte encore l’évêque, il a donné beaucoup de beaux signes de solidarité. « Le gouverneur de la province d’où sont originaires la plupart des martyrs a ordonné la construction d’une grande église à leur mémoire, aux frais de l’État. De plus, leur village natal a été renommé en leur honneur et s’appelle désormais le village des martyrs. Le Premier Ministre a visité la localité et une somme d’argent a été attribuée aux familles touchées. Cela les réconforte. L’Égypte est sur le chemin du renouveau. »

Beaucoup de chrétiens, comme l’explique l’évêque, relatent que des musulmans leur ont adressé leurs condoléances pour ces meurtres. Mais il y a eu aussi des réactions de haine. Un cheikh salafiste a exprimé son approbation des meurtres : « L’État islamique a agi correctement en abattant les moutons chrétiens », pouvait-on lire dans les journaux égyptiens.

 

« …nous sommes tous Égyptiens »

Mais de telles positions ne sont pas représentatives, estime Mgr Kyrillos. « Je dirais que les meurtres ont rapproché les musulmans et les chrétiens. Le sentiment dominant est que ce sont des égyptiens qui ont été attaqués. C’est important. Cela montre que nous sommes tous égyptiens, quelle que soit notre religion. » C’est le ton que le Président Sissi avait déjà affiché lors de sa visite surprise à la cathédrale orthodoxe copte du Caire, à l’occasion de la Noël orthodoxe. « Beaucoup l’avaient souhaitée, mais personne ne s’attendait sérieusement à ce que le chef de l’État se rende pour Noël à la cathédrale copte du Caire. Le Président Sissi l’a fait. Il a parlé du fond du cœur. Son message était à l’effet que nous tous, chrétiens et musulmans, sommes égyptiens. Un point c’est tout. Il a souligné très fortement l’idée de citoyenneté commune. Les gens étaient ravis. La visite a été un signe fort. Il faut voir dans quel contexte elle a eu lieu. Il y a en effet beaucoup de musulmans radicaux qui disent que les musulmans ne devraient pas congratuler les chrétiens pour leurs fêtes, parce que ce serait contre l’Islam. La visite du Président pour Noël a été sa réponse à de telles idées. Je dirais que c’est un tournant dans l’histoire des chrétiens d’Égypte. »

In February 2015 an ACN Delegation with Fr. Halemba visited the

Il n’en allait pas ainsi il y a encore peu de temps, souligne l’évêque. « Au cours de la présidence de Morsi, les radicaux pensaient qu’ils avaient le feu vert pour se retourner contre nous, chrétiens. Beaucoup de chrétiens se sont sentis étrangers dans leur propre pays. Les radicaux pensaient que nous devions partir, que nous avions tous des visas occidentaux et devions émigrer en Australie ou au Canada ».

Un regard positif sur l’avenir

Le point culminant des violences anti-chrétiennes a été atteint en août 2013 quand les musulmans radicaux ont également incendié des églises et des magasins chrétiens dans le diocèse de Mgr Kyrillos. Les frères musulmans voulaient se venger sur les chrétiens qu’ils rendaient responsables de la déposition du Président Mohammed Morsi, proche des frères musulmans. « Aujourd’hui ce sentiment de menace a disparu. Avec Sissi, nous avons un regard positif sur l’avenir ».

In February 2015 an ACN Delegation with Fr. Halemba visited theMgr Kyrillos ne craint pas non plus une éventuelle résurgence des islamistes lors des prochaines élections législatives. « Je pense que les Égyptiens ont très bien vu, au cours du règne des frères musulmans, comment et où ces derniers dirigeaient le pays. Les frères musulmans ont placé leurs intérêts avant les intérêts de notre pays. Beaucoup de musulmans qui avaient voté pour les frères musulmans s’en rendent également compte. Les Égyptiens ne veulent pas que cela recommence. Les gens savent pour qui ils veulent et ne veulent pas voter. »

C’est également ainsi que Joseph, un jeune étudiant catholique de Sohag, ville de Haute-Égypte, voit les choses : « Avec le Président Sissi, les choses évoluent dans la bonne direction. Nous avons confiance en lui. Il a appelé l’Islam à se réformer. C’est une bonne approche. Mais bien sûr, un seul homme ne peut pas changer la mentalité de tout un pays du jour au lendemain. Je ne peux pas le croire. Nous devons faire preuve de patience. »

 

Égypte – Première église catholique sur le Sinaï

20.02.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Chrétiens Catholique, Égypte, Français, PROJETS AED

Marie-Claude

« Je me souviens, lors d’un de mes voyages en Égypte, avoir parlé à l’évêque qui rêvait d’une église précisément sur ce lieu. Il était alors difficile d’imaginer que pareil rêve pourrait un jour se réaliser dans cet environnement où il n’y avait rien aux alentours, sinon la culture d’arbres fruitiers. Ajoutez à cela toutes les difficultés administratives à traverser pour l’obtention d’un permis de construction et tous les obstacles à franchir pour la construire une fois le permis obtenu. Je comprends combien les catholiques ont dû être heureux pour l’inauguration de cette église. » Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada

  Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

On February 15th 2015 the first Catholic church on Sinai peninsu

Jusqu’à la dernière minute, on a mis la main à l’aménagement intérieur, posant les plinthes et polissant le marbre. Mais, le dimanche 15 février au matin, elle était achevée : la première église catholique sur le Sinaï. « C’est un grand jour et une joie pour les catholiques d’Égypte », a affirmé lors de l’inauguration Mgr Makarios, évêque copte-catholique d’Ismaïlia, à l’évêché duquel est rattaché Sharm el-Cheikh.

Dans la célèbre station balnéaire, des centaines d’hôtels s’alignent le long de la côte, renommée pour ses spectaculaires massifs de coraux. « Nous avons, certes, quelques lieux du culte sur le Sinaï, mais ce sont des chapelles, voire de simples pièces dans des maisons ordinaires. L’église Notre Dame de la Paix est le premier véritable édifice religieux érigé uniquement pour l’adoration de Dieu », précise Mgr Makarios.

Trois messes chaque dimancheFebruary 15th 2015 the first Catholic church on Sinai peninsula

La demande de permis de construire pour l’église avait été déposée en 2003. Après la pose de la première pierre, en 2005, les travaux ont peiné à avancer. En Égypte, la construction d’une église prend un caractère politique, et de nombreux obstacles se dressent continuellement. « Un jour, alors que les choses n’avançaient pas, nous sommes allés voir l’épouse du président de l’époque, Moubarak. Susanne Moubarak avait fait sa scolarité chez des religieuses. Elle a pris fait et cause pour nous, à la suite de quoi le gouverneur ne pouvait plus s’opposer au projet », se souvient Mgr Makarios. « C’est d’ailleurs Madame Moubarak qui a choisi le nom de l’église. Nous voulions l’appeler différemment : Maria Stella Maris – l’étoile de la mer. Mais elle a suggéré de prendre Notre Dame de la Paix comme patronne. Une proposition à laquelle nous nous sommes volontiers ralliés. »

Bolos Garas, le curé de l’église, officie à Sharm depuis 2010. « Lorsque je suis arrivé ici, il n’y avait pas encore d’église, juste les fondations de la cave. Nous avons alors dressé des toiles de tente pour célébrer la messe. Voir l’église enfin terminée est donc un moment très émouvant, et ce pas seulement pour moi. L’un de nos fidèles, un vieil Italien, est venu récemment me voir pour me dire qu’il pouvait mourir en paix, maintenant qu’il avait entendu sonner les cloches dans le clocher. »

Le curé Bolos célèbrera désormais trois messes chaque dimanche dans l’église. « Je suis prêtre copte-catholique, mais nous n’avons ici que peu de fidèles coptes-catholiques, quelques familles seulement. La plupart de nos fidèles sont des touristes ou des travailleurs étrangers. C’est pourquoi, le dimanche, je célèbre la messe pas seulement selon mon rite, mais aussi selon le rite romain, en italien et en anglais. »

« …une âme pour nous »

On February 15th 2015 the first Catholic church on Sinai peninsuLa messe célébrée en anglais est fréquentée par les saisonniers philippins qui travaillent dans les hôtels de Sharm. « L’église, c’est comme notre maison. Bien qu’étant très loin de notre patrie, nous nous sommes sentis immédiatement chez nous dans l’église catholique. Nous sommes heureux que notre belle église soit achevée », affirme Mary, une Philippine employée dans un hôtel.

La messe en italien, en revanche, est fréquentée surtout par des retraités italiens qui passent l’hiver à Sharm, attirés par la douceur du climat. « Nous sommes tellement heureux. Sharm a toujours été un superbe endroit, mais il a aussi désormais véritablement une âme pour nous », constate Giovanni, retraité originaire de la Vénétie, dans le nord de l’Italie. Une chorale s’est même constituée parmi la communauté des retraités italiens. Ce sont d’ailleurs eux qui ont chanté dimanche, lors de la cérémonie religieuse d’inauguration.

On february 15th 2015 the first Catholic church on Sinai peninsu

C’est au patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, chef de l’Église copte-catholique d’Égypte, qui compte environ 200 000 fidèles, qu’il revenait de diriger la cérémonie, tenue selon le rite copte, qui a duré plusieurs heures. Le gouverneur de la région était, lui aussi, présent à l’inauguration. Dans son allocution, il a souligné comme il était important que les chrétiens aient leur propre lieu de culte. « C’est un endroit où on prie pour la paix », a-t-il clamé aux fidèles.

La construction de l’église a bénéficié du soutien financier de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse. Le Père Andrzej Halemba, qui dirige les projets au Proche-Orient, explique pourquoi : « Jusqu’à présent, de nombreux catholiques n’avait pas de véritable point de chute à Sharm. Cela a maintenant changé. On n’aurait pas pu donner à cette église de meilleur nom que Notre Dame de la Paix. L’Égypte et la région ont besoin de paix, comme l’a également souligné l’évêque copte-orthodoxe dans son allocution. »

Mgr Makarios a ajouté : « Que Dieu bénisse les bienfaiteurs de l’AED pour leur générosité. Le soutien de catholiques du monde entier pour une église qui est, en retour, au service de catholiques du monde entier, montre que nous sommes tous unis dans le Corps mystique du Christ. »

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Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

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