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Info AED – Covid-19, une occasion de paix manquée

29.06.2020 in Amélie de la Hougue, liberté religieuse, MONDE, PAIX, Pape François

AED Information
Covid-19, une occasion de paix manquée

Par Amélie de la Hougue, AED France
Mise en ligne le 29 juin, 2020

Il y a plus de deux mois, l’Onu lançait un appel pour un cessez-le-feu mondial, visant à se concentrer sur la lutte contre la COVID-19. Six jours après, le pape reprenait cet appel.  L’Aide à l’Église en Détresse (AED) a contacté des responsables d’Église sur le terrain des pays en conflit pour savoir ce qu’il en était. Bilan : en dépit de la COVID-19, la guerre et de la terreur continuent. Tour d’horizon au Cameroun, en Syrie, aux Philippines, en Ukraine, au Nigeria, en Irak, au Mexique et en Centrafrique.

Philippines – 2018

« La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie » déclarait le 23 mars 2020 Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu. « L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies », a-t-il déclaré. Espérant que confrontés à une maladie qui frappe indistinctement toutes les nations, les hommes en prendraient conscience. Reprenant cet appel dimanche 29 mars,
le pape François demandait « la création de couloirs pour l’aide humanitaire, l’ouverture à la diplomatie et l’attention envers ceux qui se trouvent dans une situation de grande
vulnérabilité ».

 

Ukraine de l’est

Une opportunité pour retrouver la paix ?

« Chez nous, le conflit continue » déplore Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda, au CAMEROUN. Certes, plusieurs chefs du camp sécessionniste en région anglophone, conscients des enjeux, ont accepté de signer un cessez-le-feu global, mais « ils n’ont pas beaucoup d’influence sur les combattants sur le terrain » reconnait l’évêque.

 

Père Sebastian D’Ambra

Même constat au nord de la SYRIE, dans la région d’Hassaké, où « les avions de guerre continuent de remplir le ciel et les attaques ne s’arrêtent pas » selon Mgr Nidal Thomas, vicaire de l’Église chaldéenne à Al-Jazeera : « Nous n’avons eu que deux ou trois jours consécutifs de calme depuis l’apparition du coronavirus. » La pandémie surprend le pays dans un état de grande fragilité après neuf ans de guerre. La Syrie a perdu 60% de ses médecins et seul un quart des structures hospitalières est en état de marche. Elle subit aussi la crise économique du Liban voisin touché par une pénurie de dollars, et souffre des sanctions internationales qui pèsent lourd sur son économie.

 

Idem aux PHILIPPINES, où le cessez-le-feu entre le gouvernement et le NPA (New People’s Army) n’a pas tenu. Selon le Père Sebastian D’Ambra, missionnaire sur place, « il y a encore des escarmouches d’Abu Sayyaf [ndlr : organisation terroriste islamiste] à Jolo et dans la région de Cotabato », au sud du pays. Pourtant, le prêtre reconnait « qu’il y maintenant plus de retenue car les deux camps ont peur du coronavirus et d’une présence plus visible de militaires. »

 

Tragédie dans la tragédie

Même si elle ne fait plus les titres des journaux, la guerre continue dans la région du Donbass, en UKRAINE, rappelle Mgr Pavio Honcharuk, évêque de Kharkiv, dont le diocèse est partiellement en zone de conflit. Et l’arrivée du coronavirus révèle combien « le système des oligarques a fragilisé le réseau sanitaire ukrainien, en particulier dans les campagnes. La pandémie met à nu la corruption généralisée des dirigeants, conséquence de l’Histoire du pays. Pendant les 70 ans de communisme, la famille et les valeurs traditionnelles ont été sapées par le gouvernement. » La perte des solidarités met en danger les personnes les plus pauvres.

Mgr Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja

 

En Afrique, au NIGERIA, c’est aussi la pauvreté qui inquiète l’Église. « Le principal danger associé à la Covid-19 pour le pays, c’est qu’elle risque de provoquer des famines parmi les plus pauvres. Elle déstabilise une économie déjà fragile » explique Mgr Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja. Le prélat soulignant que « le pays est encore en proie à des cas sporadiques d’attaques terroristes de Boko Haram, en particulier au Nord-Est du pays, depuis l’avènement de la pandémie. »

 

Patriarche chaldéen Louis Raphaël I Sako

En IRAK, si Daech a officiellement été éradiquée en 2017, il semblerait que des terroristes soient encore présents dans les régions de Kirkuk et Saladin. Et l’arrivée de la Covid révèlent des services sociaux en crise. « Ils ne se sont jamais relevés de l’effondrement du régime de Saddam Hussein en 2003 », analyse le Patriarche chaldéen Louis Raphaël I Sako : « Il y a beaucoup de problèmes – pas d’argent, pas assez d’hôpitaux, de médecins ou d’équipements – et le confinement est contraire à la culture locale, surtout pour les hommes. » Pourtant, avec 5000 cas de malades du coronavirus, « les gens doivent rester à la maison. C’est le seul moyen d’être en sécurité. »

 

 

 

Une Église aux portes ouvertes

 « La violence de notre société n’a pas diminué », regrette Mgr Carlos Garfias Merlos, vice-président de la Conférence des évêques du MEXIQUE. Les narcotrafiquants n’ont vraisemblablement pas reçu le message du pape François. Mais dans de telles circonstances, l’Église continue plus que jamais à « ouvrir ses portes aux victimes d’agressions », rapporte l’archevêque. En ces temps de confinement, l’Église doit être une « Église en sortie », selon l’expression du pape François.

 

Mgr Bertrand Guy Richard Appora-Ngalanibé, évêque coadjuteur de Bambari

Les groupes armés qui sévissent en RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE n’ont également pas reçu le message du cessez-le-feu, dénonce Mgr Bertrand Guy Richard Appora-Ngalanibé, évêque coadjuteur de Bambari. « Hélas ! Dans certaines zones de la République Centrafricaine, les groupes armés se livrent à des combats stratégiques, dans le but d’étendre leur suprématie et continuer à piller les ressources naturelles du pays », déplore-t-il. Cependant, des initiatives interreligieuses démontrent que cette crise peut être une occasion de resserrer les liens entre les concitoyens : « Avec le concours de nos frères protestants et musulmans, réunis au sein de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, à Bambari, nous nous évertuons à faire des campagnes de sensibilisation sur cette pandémie dont beaucoup minimisent encore la portée et la dangerosité. »

 

Face à ces conflits qui durent, ACN veut rappeler que les guerres continuent pendant la pandémie et ne peut qu’encourager les dirigeants au cessez-le feu, priant pour que la communauté internationale s’engage au-delà de la rhétorique.

 

COVID-19 : L’Église en détresse a toujours besoin de vous  – En lire plus!

AED Information — Syrie : amour, prières et solidarité en ces temps difficiles.

31.03.2020 in COVID19

AED Information — Syrie
De la Syrie : amour, prières et solidarité

Coronavirus : message d’une religieuse syrienne

Par John Pontifex, AED Grande-Bretagne
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 31 mars 2020

Sœur Annie Demerjian, une religieuse, qui coordonne des secours d’urgence en Syrie, a réagi à la pandémie de coronavirus en envoyant un message de prière et de solidarité aux amis et aux bienfaiteurs de l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED).

Dans un message audio envoyé le vendredi 27 mars, sœur Annie Demerjian, l’une des principales collaboratrices des projets de l’AED en Syrie, s’adresse aux bienfaiteurs l’œuvre de charité pontificale. « Ce que le monde traverse en ce moment est très douloureux. Dans cette période du coronavirus, ne paniquez pas face aux nouvelles et suivez les instructions en matière sanitaire », a-t-elle expliqué.

Membre de la congrégation Jésus-Marie, elle remercie les bienfaiteurs de l’AED pour leur aide depuis près de dix ans. Dans le contexte de la Syrie, ce soutien consiste à fournir des paniers alimentaires et des produits d’hygiène, des vêtements et des médicaments pour les plus vulnérables d’Alep et d’autres endroits en Syrie. Elle les assure aussi de ses prières en cette période d’urgence au niveau international.

 

«Nous devons nous entraider»

 

La religieuse confie qu’elle et ses sœurs prient chaque jour le chapelet « pour le
monde », en ajoutant : « Notre foi ne consiste pas à appuyer sur un bouton magique en s’attendant à ce que tout aille bien. La douleur et la souffrance sont là, mais nous ne devons pas non plus oublier que la résurrection est là tous les jours. »

 

Au regard de ses expériences à Alep, dans le nord de la Syrie, elle dit encore : « Nous devons aider ceux qui en ont le plus besoin. Nous devons nous entraider, nous remonter le moral et les événements passeront. »

 

Sœur Annie, qui met en garde contre l’impact du virus sur une Syrie encore ébranlée par des années de conflit, explique : « À Alep, nos groupes de volontaires continuent de visiter les maisons où il est possible de le faire sans danger et avec beaucoup de prudence. Nous aidons les personnes âgées, notamment parce que beaucoup d’entre elles n’ont aucun autre soutien. À Damas, nos sœurs les aident en achetant ce dont elles ont besoin pour qu’elles n’aient pas à sortir. Elles ne peuvent compter sur rien. Comment survivront-elles ? »

 

Enfin, Sœur Annie mentionne que des progrès ont été réalisés dans le cadre d’un projet de l’AED, un système de bons d’achat dans les supermarchés pour 260 familles, parmi lesquelles des personnes âgées, et d’un plan de paiement des loyers pour les plus vulnérables. La religieuse ajoute : « À tous nos bienfaiteurs de l’AED, nous disons très sincèrement : Merci pour votre formidable générosité. Vous nous aidez depuis tant d’années et ne cessez de le faire. Que Dieu continue de vous bénir et de vous garder, vous et vos familles, en sécurité et en bonne santé.»

Partout dans le monde, les membres de l’Église catholique sont actifs afin de réconforter les personnes touchées par la pandémie provoquée par la COVID-19. Aide à l’Église en Détresse continue à soutenir l’Église. Merci de continuer, comme vous le pouvez, à les soutenir : https://secure.acn-canada.org/fr/donner/dons/

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Projet de la semaine AED – soutenir ceux qui sont dans le besoin au Liban

04.03.2020 in ACN-International, AED, Aide d'urgence, Liban, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie

Projet de la semaine AED —
Liban
Aider les personnes pauvres qui cherchent refuge à Zahlé.

Par le Service international de projets de l’AED
Adaptation : AED Canada
Mise en ligne : 4 mars 2020

 

Saint-Jean-le-Miséricordieux s’est rendu célèbre par son amour extraordinaire pour les personnes pauvres. Partout où il voyait un besoin urgent, une détresse, il tentait de toutes ses forces et par tous les moyens de l’alléger. Quand il est devenu patriarche d’Alexandrie, on raconte qu’il a nourrissait quotidiennement 7900 pauvres! Il est mort vers l’an 619 et est vénéré en tant que saint par les chrétiens catholiques et orthodoxes.

 

Dans la ville de Zahlé au Liban, située non loin de la frontière avec la Syrie, un projet d’aide humanitaire initié par l’Église gréco-catholique melkite porte son nom. Depuis décembre 2015, la Table de Saint-Jean-le-Miséricordieux est un lieu d’accueil pour les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer un repas chaud tous les jours — dont de nombreux réfugiés syriens —, mais aussi pour de plus en plus de citoyens libanais.

 

Nourrir à la fois le corps et l’esprit

Chaque jour, 1 000 personnes y reçoivent un repas chaud. Environ 800 viennent aux locaux de la Table alors que 200 autres personnes handicapées, fragiles ou malades, reçoivent la visite d’employés, leur nourriture étant livrée, non sans qu’ils reçoivent également un peu de consolation morale et de compassion humaine.

 

En plus de la nourriture pour le corps, les gens reçoivent également une nourriture spirituelle et un soutien moral. Ce projet est une contribution importante pour empêcher l’exode des chrétiens de la région, dont plusieurs souhaitent émigrer afin d’assurer une vie et un avenir meilleurs à leur famille. À nouveau cette année, nous soutenons ce projet avec un montant de 1 320 000 dollars pour toute l’année.

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner Projet de la semaine. 


 

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Syrie : jour de fête à Marmarita !

11.10.2019 in Construction, PROJETS AED, Syrie

Syrie

Aujourd’hui est un jour de fête

Cérémonie d’inauguration de l’église Haret Saraya, détruite par les djihadistes en 2012

Par Marta Garda, ACN-International
Révision française : Hélène Poisson, AED-Canada
 

 

Marmarita/Königstein. – Le soir tombe dans la vallée des chrétiens. En haut de la colline, la célèbre forteresse historique du Krak des Chevaliers, construite aux XI-XIIe siècles par l’Ordre des hospitaliers, semble contempler l’arrivée des invités. C’est jour de fête dans l’église Haret Saraya, à Al-Husn. Les trompettes et les tambours jouent sans s’arrêter.

L’église, consacrée à Notre-Dame, resplendit de ses murs récemment peints en blanc et de son iconostase aux couleurs vives. « Elle a été reconstruite comme elle était », déclare l’archevêque gréco-catholique local, Mgr Nikolas Sawad, également archevêque de Lattaquié.

En 2012, l’église a été saccagée et incendiée par les djihadistes qui dominaient la vallée du haut du Krak des Chevaliers. Ils ont démoli la croix, profané les icônes et mutilé les images pieuses. Les locaux paroissiaux et le presbytère, dont les murs ont perdu jusqu’à leurs fils électriques, n’ont pas non plus été épargnés.

Mais sept ans plus tard – symboliquement, le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix – l’église et les cœurs sont à nouveau radieux et le petit temple est bondé à l’occasion de la bénédiction des lieux. Des prêtres catholiques et orthodoxes de la région y assistent. Dehors, dans la cour, devant les laïcs, la chorale orthodoxe Notre-Dame Al-Wadi entonne des chants d’espoir, de paix et de pardon, faisant mémoire des disparus, assassinés ou exilés de la guerre, et invitant les chrétiens à rester dans leur pays.

« Après la rénovation de l’église, il reste à rénover les pierres vivantes, nos cœurs », dit à l’assemblée le Père Andrzej Halemba, responsable des projets au Moyen-Orient de la Fondation Aide à l’Église en Détresse. « Nos cœurs sont brisés par la violence, divisés et furieux à cause de ce qui s’est passé dans nos vies. Il faut maintenant les reconstruire dans l’amour du Christ. Prions pour la paix en Syrie. »

L’œuvre pontificale de charité l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu non seulement la rénovation de l’église Haret Saraya, mais aussi les installations paroissiales et le presbytère. Des chambres d’hôtes et des locaux commerciaux ont également été construits à proximité du Krak des Chevaliers, qui recommencera bientôt à accueillir des visiteurs. Il s’agit là d’un pari sur la pérennité de l’héritage dans ses lieux d’origine. « L’AED est le Simon de Cyrène qui nous soutient et nous aide à porter la croix », a dit Mgr Sawad à la fin de la fête.

 

Les projets de reconstruction dans les quartiers chrétiens du village d’Al-Husn soutenus par l’AED à hauteur de plus de 255 000 dollars, s’inscrivent dans le cadre de son programme de reconstruction des zones chrétiennes touchées par la guerre dans les différents diocèses de Syrie.

Communiqué AED – Projet : Une goutte de lait

19.07.2019 in ACN Canada, ACN International, Par Mario Bard, Syrie

AED Canada adopte le projet à Homs en Syrie

Objectif : 378 000 dollars d’ici le 30 septembre prochain pour les enfants de 0 à 10 ans de la ville de Homs.

 

Montréal, 18 juillet 2019 – « En Syrie, malgré l’arrêt presque complet des violences, tout reste à faire ! », s’exclame Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED). Avec son équipe, elle lance ces jours-ci une campagne pour un projet nommé Une goutte de lait, dont l’objectif est de fournir du lait pour six mois aux enfants de 0 à 10 ans d’un quartier de la ville de Homs en Syrie. Pour y arriver, l’AED Canada doit récolter 378 000 dollars.

 

 

Homs : une campagne pour redonner l’espérance

« Nous sommes très heureux de parrainer ce projet, créé tout d’abord à Alep en 2015 par le médecin québécois d’origine syrienne, Nabil Antaki », explique Mme Lalonde.
« Très rapidement, le docteur Antaki s’est aperçu que les besoins étaient grands et c’est pourquoi, en 2017, il s’est tourné vers l’AED afin que le projet, devenu indispensable, puisse continuer. »

 

«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire»

Tout comme l’ancien bastion économique de la Syrie qu’était Alep, la ville de Homs a aussi été dévastée par le conflit sanglant qui a débuté en mars 2011 et fait entre 300 000 et 550 000 morts, selon les organisations. Au plus fort des conflits, dix millions de personnes étaient déplacées et réfugiées, dans ou bien hors du pays.

 

 

De la musique et de la poésie pour une goutte de bonté

« La nécessité est la mère de l’invention », disait le célèbre philosophe Platon. Mais, dans le cas de Chantal Roussety, on peut dit dire que la nécessité a été la mère de sa générosité ! En effet, la musicienne – piano et orgue entre autres – tient depuis trois ans son petit appartement de l’est de Montréal, des concerts où la quinzaine de personnes présentes donnent spécifiquement pour le projet Une goutte de lait. « La vue continuelle de photos de guerre depuis tant d’années, et en particulier celles d’enfants, a fini par me donner la nausée parce que je me sentais impuissante à les aider », explique avec franchise Mme Roussety.

 

« La phrase d’Einstein – Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire – m’a atteinte droit au cœur. Puis, une connaissance m’a parlé du projet de la Goutte de lait de l’Aide à l’Église en Détresse. Alors, j’ai décidé de mettre ma propre goutte, si je puis dire, pour aider à soulager un océan de misère. »

 

Marie-Claude Lalonde est très heureuse de cette initiative. « Cette année, les concerts ont permis d’amasser plus de 3000 $, permettant ainsi d’atteindre un montant de plus de 7 000 $ en trois ans, une très belle réussite qui tient à la générosité incroyable de Chantal, devenue une amie et bienfaitrice pour les enfants et pour l’AED », explique-t-elle. « Ces concerts sont maintenant incontournables pour nous, et bien sûr, pour les enfants de Syrie. »

 

D’ailleurs, pour la quatrième édition, Mme Roussety espère agrandir le cercle de ceux et celles qui pourront financer le projet Une goutte de lait, tout en profitant d’une soirée artistique agréable et remplie d’émotions. « Nous cherchons déjà une salle, car chez moi, ça devient un peu à l’étroit », explique cette dernière. « Et puis, j’ai le goût de partager mon amour de la musique et des arts, tout en soutenant un projet qui aide concrètement et sûrement ces enfants de la guerre.»

 

En attendant, le grand public peut donner dès maintenant au projet
Une goutte de lait pour les enfants de Homs.

  • En donnant directement sur la page sécurisée :
  • En téléphonant au 1-800-585-6333, poste 222 ou bien 225
  • Par la poste :
    Aide à l’Église en Détresse Canada
    Une goutte de lait
    P. 670, Succursale H
    Montréal QC H3G 2M6

Au nom des enfants de Homs : Merci!


 

Pour toutes demandes d’entrevues à ce sujet, merci de me contacter :
Mario Bard, responsable de l’information, AED-Canada-ACN-Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 224.
Cell. : 514-967-8340     
com@acn-canada.org

 

 

 

 

AED : Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

25.03.2019 in Adaptation Mario Bard, Syrie, Voyager avec l'AED

Depuis 2011, Aide à l’Église en Détresse a soutenu 308 projets d’urgence

Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

Montréal, mardi 2 avril 2019 – Le 15 mars dernier marquait le triste huitième anniversaire du début de la guerre en Syrie. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) continue d’offrir son soutien à l’Église locale et en particulier, aux 127 185 familles chrétiennes enregistrées en Syrie, selon les données de l’organisme.

La guerre syrienne a conduit à la plus grande catastrophe pour l’humanité depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 12 millions de réfugiés et de déplacés internes au plus fort du conflit.

De plus, les chrétiens de Syrie ne représentent désormais que 3% de la population, alors qu’avant la guerre, ils étaient 10%. Ils ont souffert, non seulement des conséquences des combats et de l’embargo, mais aussi de persécutions religieuses infligées par les groupes djihadistes ayant participé au conflit.

Pendant ces huit années de guerre, 1 707 chrétiens ont été tués, 677 enlevés, 1 309 propriétés ecclésiales ont été détruites et 7 802 propriétés et maisons appartenant à des chrétiens ont été endommagées ou détruites.

44,2 millions de dollars en aide

Du début du conflit en mars 2011 jusqu’à la fin de l’année 2018, l’AED a donné 44,2 millions de dollars, montant dirigé vers 738 projets d’aide à l’Église en détresse dans tout le pays, grâce au travail de neuf Églises chrétiennes différentes et 130 collaborateurs locaux. Sur cet ensemble, 80% des 738 projets réalisés ont servi à de l’aide d’urgence, dont 308 projets d’une extrême urgence pour les familles chrétiennes n’ayant pas quitté le pays (35,2 millions de dollars).

Jusqu’à maintenant, ce sont 10% des projets qui ont servi à la reconstruction de maisons et de bâtiments ecclésiaux et six pour cent étaient destinés à la subsistance des prêtres, à travers le programme des offrandes de messe et une aide pastorale.

Urgence, reconstruction et pastorale

Au Canada, un projet pour soutenir le programme Une goutte de lait se déroule depuis deux ans. Des concerts intimes, initiative de la pianiste Chantal Roussety, ont permis d’amasser 3374 $ « Le montant est bien modeste en comparaison du
chiffre total », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Mais, depuis trois ans, ce projet personnel développé par Mme Roussety est un geste solidaire qui nous fait chaud au cœur. »

 Au total, c’est plus de 17 000 dollars qui ont été amassés au Canada pour ce programme.

Destiné aux enfants de moins de 10 ans, Une goutte de lait a représenté 15% du budget de toutes les aides d’urgence. Enfin, plus de trois millions de dollars ont été attribués au paiement des loyers des familles chrétiennes déplacées, et plus de 1,4 million de dollars ont servi à la reconstruction des maisons des familles.

 

Les 13 principaux projets d’aide d’urgence accomplie au cours de ces huit années de guerre ont été les suivants : aide de premières urgences, sacs alimentaires, bourses d’études pour étudiants, aide médicale, location de maisons, chauffage, électricité, gaz et eau, lait et couches pour enfants, médicaments, cadeaux de Noël pour les enfants, vêtements chauds, fournitures scolaires et orientation professionnelle.

Appel du Pape François

Au cours de ces huit années de guerre, le pape François n’a cessé de dénoncer l’injustice de la guerre en Syrie, et a constamment gardé à l’esprit la souffrance des chrétiens.

« Prions et aidons les chrétiens à rester en Syrie et au Moyen-Orient comme des témoins de la miséricorde, du pardon et de la réconciliation. Que la prière de l’Église les aide à ressentir la proximité du Dieu fidèle et que toute conscience soit poussée à s’engager sincèrement en faveur de la paix. Et que Dieu, notre Seigneur, pardonne à ceux qui font la guerre, ceux qui fabriquent des armes pour se détruire, et qu’il convertisse leurs cœurs. Prions pour la paix dans la bien-aimée Syrie », a-t-il dit.

Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Union de prière avec Pape François pour les petits enfants de la Syrie

03.12.2018 in Adaptation Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, Prière

 Initiative de l’AED
50 000 bougies pour la paix en Syrie !

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance pour Noël une campagne de prière, de solidarité intitulée des « Bougies pour la paix en Syrie ». La campagne a commencé ce dimanche 2 décembre, premier dimanche de l’Avent, par l’allumage symbolique d’une bougie par le Saint-Père à la fin de l’Angélus.

Ces derniers jours, cette initiative a permis l’implication de plus de 50 000 enfants de différentes religions, originaires de nombreuses villes syriennes fortement touchées par la guerre, dont Alep, Damas, Homs, Marmarita, Hassaké, Tartus et Lattaquié. Les enfants ont prié et peint des dessins sur le thème de la paix pour décorer leurs bougies : des croix, des colombes et des messages d’espérance à travers lesquels les petits Syriens, qui sont les premières victimes du conflit encore en cours, ont adressé au monde leur appel à la paix.

 

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse invite toute personne dans le monde à répondre au cri de paix des enfants de Syrie en allumant une bougie, comme l’a fait le Saint-Père, et ce, afin de répandre le message des petits Syriens et d’insuffler de l’espérance pendant le temps de l’avent.

 

La bougie que le Saint-Père a allumée a été fabriquée par un artisan du quartier de Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, et comporte des photos d’une quarantaine d’enfants, originaires d’Alep pour la plupart, le logo de la campagne (une colombe dont les ailes ont la forme d’une main d’enfant, avec l’inscription « la paix pour les enfants – Syrie 2018 [Peace for the Children Syria 2018] ») et le logo de l’AED.

L’AED avait déjà donné la parole aux petits Syriens en 2016, en apportant leurs dessins pour la paix au Parlement européen.

 

Canada : une réponse de prière et de petits gestes solidaires

« Au Canada, les bienfaiteurs qui reçoivent le Bulletin pourront faire directement un cadeau de Noël pour la Syrie », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Nous les invitons plus spécialement à prier afin que les familles de Syrie puissent pleinement goûter à la joie d’un Noël pacifique. Nous espérons que les Noëls à venir se vivent aussi dans la paix. » Aide à l’Église en Détresse a déjà fait parvenir 22,5 millions de dollars pour la reconstruction en Syrie, qui s’ajoutent aux 44 millions de dollars déjà donnés depuis le début du conflit en 2011.

De plus, depuis deux ans à Montréal, une activité permet d’amasser des fonds pour le programme La goutte de lait.

Récit de l’AED : Syrie – Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

12.10.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Josue Villalon, Syrie

Syrie

Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

 

Marmarita, Syrie : distribution des bons alimentaires, des prescriptions et collecte des loyers. (Photo d’archive).

Chaque mois, Aide à l’Église en Détresse soutient le Centre Saint-Pierre de Marmarita dans la Vallée des chrétiens en Syrie. Ainsi, celui-ci peut aider des milliers de personnes déplacées par la guerre.

 

Nasra est l’un des vingt villages éparpillés dans la région, connue sous le nom de Vallée des Chrétiens (Wadi Al-Nasara, en arabe). Nasra signifie littéralement « Nazaréen ». Dans le monde arabe et musulman, ce mot désigne les chrétiens. Depuis plusieurs années, près d’une centaine de familles ont fui la guerre et proviennent d’autres régions du pays vivent dans ce petit village. La famille Mussa fait partie de ces nouveaux « nazaréens » de la Vallée des Chrétiens.

Récit par Josué Villalon, adaptation française au Canada : Mario Bard

 

Marwan Mussa est le père de famille. « Nous avons dû fuir Homs où nous vivions, parce que les bombardements se rapprochaient de plus en plus de notre quartier. Le bruit des bombes et les tirs étaient très intenses. Nous ne savions pas si nous allions mourir un jour lors d’une de ces attaques comme ce fut le cas pour un voisin ». Ils ont alors décidé de venir dans la Vallée des Chrétiens, plus sécuritaire et qui ne se trouve qu’à une heure de route de leur maison. Ils ont trouvé un petit appartement où vivre de manière provisoire jusqu’à ce que les combats se terminent.

 

Cependant, la guerre s’est poursuivie et cela fait déjà plus de cinq ans que les Mussa vivent à Nasra. « Autrefois, j’étais maçon, maintenant je travaille dans un fournil, mais je ne gagne pas assez pour subvenir à tous nos besoins », dit Marwan. Sa famille est l’une des quelque 350 familles que soutient le Centre d’aide Saint Pierre de la paroisse melkite catholique Saint Pierre, dans le village voisin de Marmarita.

« L’Église nous a littéralement sauvé la vie. »

Il y a neuf mois, Marwan travaillait dans un jardin près de chez lui quand il s’est soudainement effondré au sol. Son fils Gabi a réussi à le relever et à l’emmener au centre de soins du village. De là, il a été transféré à l’hôpital de Tartus, ville située sur la côte, à plus d’une heure de route. « J’ai ressenti une douleur intense au thorax », raconte Marwan à un groupe de représentants de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) qui le visite. Le diagnostic : une crise cardiaque. Mais, le personnel de l’hôpital de Tartus n’a pas été en mesure de le soigner, si bien qu’il a été envoyé à l’hôpital de Homs, à deux heures de route en sens inverse.

Nahila, Gabi et Marwan Mussa

« Les médecins m’ont dit que c’était un miracle d’avoir survécu à l’opération, car j’avais 90% de l’artère obstruée. On m’a posé deux stents (extenseur vasculaire) et maintenant je vais bien, même si je ne peux pas faire beaucoup d’efforts ». Marwan continue son traitement et se rend régulièrement pour des examens médicaux à l’hôpital de Mzeina dans la Vallée des Chrétiens.

 

« Ma femme, Nahila, est également traitée là-bas, parce qu’elle a un cancer ». Tous les médicaments et les soins médicaux sont financés par l’AED, à travers le Centre d’aide Saint Pierre à Marmarita. « Nous sommes très reconnaissants pour cette aide. Nous savons que beaucoup de gens de différents pays envoient leur argent ici. Nous remercions également l’équipe de bénévoles de Saint Pierre, pour leur présence et pour nous avoir aidés dans nos besoins les plus urgents ».

 

Nahila Murad, la mère de la famille, a un regard cristallin. Elle acquiesce à toutes les paroles que Marwan prononce. « J’ai un cancer de l’intestin. Nous recevons également de l’aide pour payer mon traitement. Quand les médecins ont détecté la tumeur, ils n’avaient pas beaucoup d’espoir pour moi. Je suis une femme qui a une vie spirituelle forte, alors j’ai dit que j’acceptais l’opération et maintenant je vais mieux ». Nahila et son mari nous disent qu’ils ne savent pas comment nous remercier pour les 130 dollars qu’ils reçoivent chaque mois pour les médicaments et les consultations.

 

Marmarita, Syrie, hiver 2016 : distribution des bons alimentaires, collecte des loyers, et l’on vient chercher ses prescriptions de médicaments. La pharmacie est pratiquement devenue un magasin général !

La foi de ces authentiques « Nazaréens » est visible. Nahila nous explique que les pires moments ont été quand son autre fils Dani a disparu. « Nous sommes restés deux ans sans nouvelle. Nous pensions qu’il avait été tué sur le front. Mais il y a un mois, il est venu nous rendre visite et ça a été un nouveau miracle divin dans notre maison ». Dani leur a raconté qu’il portait toujours une petite Bible sur lui et la lisait tous les jours. « Il ne s’est pas séparé de la Parole de Dieu, et maintenant, nous savons que le Seigneur ne l’a pas abandonné non plus ».

 

 

Par l’intermédiaire du centre d’aide Saint Pierre de Marmarita, Aide à l’Église en Détresse soutient chaque mois des centaines de familles déplacées dans toute la région de la Vallée des Chrétiens. L’aide mensuelle de 50 000 dollars est destinée au paiement d’opérations chirurgicales, de médicaments et d’autres traitements médicaux, tels que des analyses, des fauteuils roulants ou des lunettes.
* Le soutien d’urgence apporté par l’AED entre Juillet et décembre est de 433,068 $