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Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Syrie : jour de fête à Marmarita !

11.10.2019 in Construction, PROJETS AED, Syrie

Syrie

Aujourd’hui est un jour de fête

Cérémonie d’inauguration de l’église Haret Saraya, détruite par les djihadistes en 2012

Par Marta Garda, ACN-International
Révision française : Hélène Poisson, AED-Canada
 

 

Marmarita/Königstein. – Le soir tombe dans la vallée des chrétiens. En haut de la colline, la célèbre forteresse historique du Krak des Chevaliers, construite aux XI-XIIe siècles par l’Ordre des hospitaliers, semble contempler l’arrivée des invités. C’est jour de fête dans l’église Haret Saraya, à Al-Husn. Les trompettes et les tambours jouent sans s’arrêter.

L’église, consacrée à Notre-Dame, resplendit de ses murs récemment peints en blanc et de son iconostase aux couleurs vives. « Elle a été reconstruite comme elle était », déclare l’archevêque gréco-catholique local, Mgr Nikolas Sawad, également archevêque de Lattaquié.

En 2012, l’église a été saccagée et incendiée par les djihadistes qui dominaient la vallée du haut du Krak des Chevaliers. Ils ont démoli la croix, profané les icônes et mutilé les images pieuses. Les locaux paroissiaux et le presbytère, dont les murs ont perdu jusqu’à leurs fils électriques, n’ont pas non plus été épargnés.

Mais sept ans plus tard – symboliquement, le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix – l’église et les cœurs sont à nouveau radieux et le petit temple est bondé à l’occasion de la bénédiction des lieux. Des prêtres catholiques et orthodoxes de la région y assistent. Dehors, dans la cour, devant les laïcs, la chorale orthodoxe Notre-Dame Al-Wadi entonne des chants d’espoir, de paix et de pardon, faisant mémoire des disparus, assassinés ou exilés de la guerre, et invitant les chrétiens à rester dans leur pays.

« Après la rénovation de l’église, il reste à rénover les pierres vivantes, nos cœurs », dit à l’assemblée le Père Andrzej Halemba, responsable des projets au Moyen-Orient de la Fondation Aide à l’Église en Détresse. « Nos cœurs sont brisés par la violence, divisés et furieux à cause de ce qui s’est passé dans nos vies. Il faut maintenant les reconstruire dans l’amour du Christ. Prions pour la paix en Syrie. »

L’œuvre pontificale de charité l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu non seulement la rénovation de l’église Haret Saraya, mais aussi les installations paroissiales et le presbytère. Des chambres d’hôtes et des locaux commerciaux ont également été construits à proximité du Krak des Chevaliers, qui recommencera bientôt à accueillir des visiteurs. Il s’agit là d’un pari sur la pérennité de l’héritage dans ses lieux d’origine. « L’AED est le Simon de Cyrène qui nous soutient et nous aide à porter la croix », a dit Mgr Sawad à la fin de la fête.

 

Les projets de reconstruction dans les quartiers chrétiens du village d’Al-Husn soutenus par l’AED à hauteur de plus de 255 000 dollars, s’inscrivent dans le cadre de son programme de reconstruction des zones chrétiennes touchées par la guerre dans les différents diocèses de Syrie.

Communiqué AED – Projet : Une goutte de lait

19.07.2019 in ACN Canada, ACN International, Par Mario Bard, Syrie

AED Canada adopte le projet à Homs en Syrie

Objectif : 378 000 dollars d’ici le 30 septembre prochain pour les enfants de 0 à 10 ans de la ville de Homs.

 

Montréal, 18 juillet 2019 – « En Syrie, malgré l’arrêt presque complet des violences, tout reste à faire ! », s’exclame Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse Canada (AED). Avec son équipe, elle lance ces jours-ci une campagne pour un projet nommé Une goutte de lait, dont l’objectif est de fournir du lait pour six mois aux enfants de 0 à 10 ans d’un quartier de la ville de Homs en Syrie. Pour y arriver, l’AED Canada doit récolter 378 000 dollars.

 

 

Homs : une campagne pour redonner l’espérance

« Nous sommes très heureux de parrainer ce projet, créé tout d’abord à Alep en 2015 par le médecin québécois d’origine syrienne, Nabil Antaki », explique Mme Lalonde.
« Très rapidement, le docteur Antaki s’est aperçu que les besoins étaient grands et c’est pourquoi, en 2017, il s’est tourné vers l’AED afin que le projet, devenu indispensable, puisse continuer. »

 

«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire»

Tout comme l’ancien bastion économique de la Syrie qu’était Alep, la ville de Homs a aussi été dévastée par le conflit sanglant qui a débuté en mars 2011 et fait entre 300 000 et 550 000 morts, selon les organisations. Au plus fort des conflits, dix millions de personnes étaient déplacées et réfugiées, dans ou bien hors du pays.

 

 

De la musique et de la poésie pour une goutte de bonté

« La nécessité est la mère de l’invention », disait le célèbre philosophe Platon. Mais, dans le cas de Chantal Roussety, on peut dit dire que la nécessité a été la mère de sa générosité ! En effet, la musicienne – piano et orgue entre autres – tient depuis trois ans son petit appartement de l’est de Montréal, des concerts où la quinzaine de personnes présentes donnent spécifiquement pour le projet Une goutte de lait. « La vue continuelle de photos de guerre depuis tant d’années, et en particulier celles d’enfants, a fini par me donner la nausée parce que je me sentais impuissante à les aider », explique avec franchise Mme Roussety.

 

« La phrase d’Einstein – Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui regardent sans rien faire – m’a atteinte droit au cœur. Puis, une connaissance m’a parlé du projet de la Goutte de lait de l’Aide à l’Église en Détresse. Alors, j’ai décidé de mettre ma propre goutte, si je puis dire, pour aider à soulager un océan de misère. »

 

Marie-Claude Lalonde est très heureuse de cette initiative. « Cette année, les concerts ont permis d’amasser plus de 3000 $, permettant ainsi d’atteindre un montant de plus de 7 000 $ en trois ans, une très belle réussite qui tient à la générosité incroyable de Chantal, devenue une amie et bienfaitrice pour les enfants et pour l’AED », explique-t-elle. « Ces concerts sont maintenant incontournables pour nous, et bien sûr, pour les enfants de Syrie. »

 

D’ailleurs, pour la quatrième édition, Mme Roussety espère agrandir le cercle de ceux et celles qui pourront financer le projet Une goutte de lait, tout en profitant d’une soirée artistique agréable et remplie d’émotions. « Nous cherchons déjà une salle, car chez moi, ça devient un peu à l’étroit », explique cette dernière. « Et puis, j’ai le goût de partager mon amour de la musique et des arts, tout en soutenant un projet qui aide concrètement et sûrement ces enfants de la guerre.»

 

En attendant, le grand public peut donner dès maintenant au projet
Une goutte de lait pour les enfants de Homs.

  • En donnant directement sur la page sécurisée :
  • En téléphonant au 1-800-585-6333, poste 222 ou bien 225
  • Par la poste :
    Aide à l’Église en Détresse Canada
    Une goutte de lait
    P. 670, Succursale H
    Montréal QC H3G 2M6

Au nom des enfants de Homs : Merci!


 

Pour toutes demandes d’entrevues à ce sujet, merci de me contacter :
Mario Bard, responsable de l’information, AED-Canada-ACN-Canada
(514) 932-0552, poste 224, ou sans frais, au 1-800-585-6333, poste 224.
Cell. : 514-967-8340     
com@acn-canada.org

 

 

 

 

AED : Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

25.03.2019 in Adaptation Mario Bard, Syrie, Voyager avec l'AED

Depuis 2011, Aide à l’Église en Détresse a soutenu 308 projets d’urgence

Huitième anniversaire de la guerre en Syrie

Montréal, mardi 2 avril 2019 – Le 15 mars dernier marquait le triste huitième anniversaire du début de la guerre en Syrie. L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) continue d’offrir son soutien à l’Église locale et en particulier, aux 127 185 familles chrétiennes enregistrées en Syrie, selon les données de l’organisme.

La guerre syrienne a conduit à la plus grande catastrophe pour l’humanité depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 12 millions de réfugiés et de déplacés internes au plus fort du conflit.

De plus, les chrétiens de Syrie ne représentent désormais que 3% de la population, alors qu’avant la guerre, ils étaient 10%. Ils ont souffert, non seulement des conséquences des combats et de l’embargo, mais aussi de persécutions religieuses infligées par les groupes djihadistes ayant participé au conflit.

Pendant ces huit années de guerre, 1 707 chrétiens ont été tués, 677 enlevés, 1 309 propriétés ecclésiales ont été détruites et 7 802 propriétés et maisons appartenant à des chrétiens ont été endommagées ou détruites.

44,2 millions de dollars en aide

Du début du conflit en mars 2011 jusqu’à la fin de l’année 2018, l’AED a donné 44,2 millions de dollars, montant dirigé vers 738 projets d’aide à l’Église en détresse dans tout le pays, grâce au travail de neuf Églises chrétiennes différentes et 130 collaborateurs locaux. Sur cet ensemble, 80% des 738 projets réalisés ont servi à de l’aide d’urgence, dont 308 projets d’une extrême urgence pour les familles chrétiennes n’ayant pas quitté le pays (35,2 millions de dollars).

Jusqu’à maintenant, ce sont 10% des projets qui ont servi à la reconstruction de maisons et de bâtiments ecclésiaux et six pour cent étaient destinés à la subsistance des prêtres, à travers le programme des offrandes de messe et une aide pastorale.

Urgence, reconstruction et pastorale

Au Canada, un projet pour soutenir le programme Une goutte de lait se déroule depuis deux ans. Des concerts intimes, initiative de la pianiste Chantal Roussety, ont permis d’amasser 3374 $ « Le montant est bien modeste en comparaison du
chiffre total », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Mais, depuis trois ans, ce projet personnel développé par Mme Roussety est un geste solidaire qui nous fait chaud au cœur. »

 Au total, c’est plus de 17 000 dollars qui ont été amassés au Canada pour ce programme.

Destiné aux enfants de moins de 10 ans, Une goutte de lait a représenté 15% du budget de toutes les aides d’urgence. Enfin, plus de trois millions de dollars ont été attribués au paiement des loyers des familles chrétiennes déplacées, et plus de 1,4 million de dollars ont servi à la reconstruction des maisons des familles.

 

Les 13 principaux projets d’aide d’urgence accomplie au cours de ces huit années de guerre ont été les suivants : aide de premières urgences, sacs alimentaires, bourses d’études pour étudiants, aide médicale, location de maisons, chauffage, électricité, gaz et eau, lait et couches pour enfants, médicaments, cadeaux de Noël pour les enfants, vêtements chauds, fournitures scolaires et orientation professionnelle.

Appel du Pape François

Au cours de ces huit années de guerre, le pape François n’a cessé de dénoncer l’injustice de la guerre en Syrie, et a constamment gardé à l’esprit la souffrance des chrétiens.

« Prions et aidons les chrétiens à rester en Syrie et au Moyen-Orient comme des témoins de la miséricorde, du pardon et de la réconciliation. Que la prière de l’Église les aide à ressentir la proximité du Dieu fidèle et que toute conscience soit poussée à s’engager sincèrement en faveur de la paix. Et que Dieu, notre Seigneur, pardonne à ceux qui font la guerre, ceux qui fabriquent des armes pour se détruire, et qu’il convertisse leurs cœurs. Prions pour la paix dans la bien-aimée Syrie », a-t-il dit.

Syrie – L’AED soutient un plan « crucial » pour l’avenir de la communauté chrétienne

25.02.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Construction, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, PROJETS AED, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

Un plan d’action qui veut permettre à des milliers de chrétiens de retourner chez eux dans la ville syrienne de Homs a été approuvé dans le cadre d’un programme de réparation de maisons impliquant des responsables ecclésiaux et une œuvre de charité catholique de premier plan : Aide à l’Église en Détresse (AED).

Par John Pontifex pour ACN-International

Lors de la réunion à Homs, les dirigeants de cinq communautés ecclésiales ont signé l’Accord du Comité de Reconstruction de Homs qui prévoit que l’AED répare 300 maisons dans le cadre de la première étape du plan.

L’AED participera également en partie à la deuxième phase de reconstruction lors de laquelle 980 maisons supplémentaires doivent être reconstruites – 80 pour la communauté gréco-catholique melkite, 600 pour la communauté grecque orthodoxe et 300 pour des familles syriaques orthodoxes.

Soulignant l’importance de cet accord, le coordonnateur des projets de l’AED au Moyen-Orient, le Père Andrzej Halemba, a déclaré : « Cet accord est l’une des étapes les plus importantes dans le rétablissement de la communauté chrétienne à Homs. L’engagement à reconstruire autant de maisons apporte aux gens désespérés une lueur d’espoir ; celle de pouvoir revenir dans cette ville qui est l’une des plus importantes pour les chrétiens de toute la Syrie ».

Le père Andrzej Halemba, responsable de projet pour le Moyen-Orient et Mgr Nicolas Sawaf, archevêque grecque catholique melkite de Lattaquié.

Lueur d’espoir pour la communauté chrétienne de Homs

Des chrétiens heureux de retrouver leur ville et de pouvoir y habiter de nouveau.

L’évêque grec orthodoxe de Homs, Mgr Georges Abou Zakhem, a déclaré : « Les gens ont besoin de revenir dans leurs maisons, mais ils ne le peuvent pas sans l’aide de l’AED ».

Un prêtre melkite, le Père Bolos Manhal, a déclaré : « Je suis très heureux que les gens aient cette merveilleuse occasion de retourner chez eux. Ils ont tant souffert, et pour beaucoup d’entre eux, revenir à la maison sera la réalisation d’un rêve.

« Ils ont dû dépenser tant d’argent pour louer un endroit où vivre que la reconstruction de leurs maisons représente une pression énorme sur les budgets familiaux. Mais comme il y a plus de possibilités d’emploi en ville qu’à la campagne, ils pourront maintenant en profiter ».

L’AED contribuera aux frais à hauteur de 4 600 dollars par maison réparée.

Avec plus de 12 500 maisons détruites à Homs et 37 500 gravement endommagées, de nombreux chrétiens vivent depuis sept ans dans la vallée des chrétiens toute proche.

Au plus fort du conflit en 2014, il restait moins de 100 chrétiens dans la vieille ville de Homs, et les attaques ciblées des extrémistes islamistes avaient obligé près de 250 000 chrétiens à partir.

L’année dernière, l’AED a piloté un programme de réparation de 100 maisons appartenant à des familles melkites et syro-orthodoxes, dont 85 sont déjà à nouveau habitées, tandis que les autres devront être restituées au début de la nouvelle année scolaire, à l’automne.

En 2018, le plan de rénovation de Homs faisait partie d’un programme qui a déjà permis la réparation de près de 500 maisons à travers la Syrie, dont beaucoup à Alep. (25-02-2019)

Depuis le début de la crise en Syrie en 2011, l’AED a achevé 750 projets impliquant 150 partenaires.

Union de prière avec Pape François pour les petits enfants de la Syrie

03.12.2018 in Adaptation Mario Bard, PAIX, Pape, Pape François, Par Marta Petrosillo, Prière

 Initiative de l’AED
50 000 bougies pour la paix en Syrie !

Aide à l’Église en Détresse (AED) lance pour Noël une campagne de prière, de solidarité intitulée des « Bougies pour la paix en Syrie ». La campagne a commencé ce dimanche 2 décembre, premier dimanche de l’Avent, par l’allumage symbolique d’une bougie par le Saint-Père à la fin de l’Angélus.

Ces derniers jours, cette initiative a permis l’implication de plus de 50 000 enfants de différentes religions, originaires de nombreuses villes syriennes fortement touchées par la guerre, dont Alep, Damas, Homs, Marmarita, Hassaké, Tartus et Lattaquié. Les enfants ont prié et peint des dessins sur le thème de la paix pour décorer leurs bougies : des croix, des colombes et des messages d’espérance à travers lesquels les petits Syriens, qui sont les premières victimes du conflit encore en cours, ont adressé au monde leur appel à la paix.

 

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse invite toute personne dans le monde à répondre au cri de paix des enfants de Syrie en allumant une bougie, comme l’a fait le Saint-Père, et ce, afin de répandre le message des petits Syriens et d’insuffler de l’espérance pendant le temps de l’avent.

 

La bougie que le Saint-Père a allumée a été fabriquée par un artisan du quartier de Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, et comporte des photos d’une quarantaine d’enfants, originaires d’Alep pour la plupart, le logo de la campagne (une colombe dont les ailes ont la forme d’une main d’enfant, avec l’inscription « la paix pour les enfants – Syrie 2018 [Peace for the Children Syria 2018] ») et le logo de l’AED.

L’AED avait déjà donné la parole aux petits Syriens en 2016, en apportant leurs dessins pour la paix au Parlement européen.

 

Canada : une réponse de prière et de petits gestes solidaires

« Au Canada, les bienfaiteurs qui reçoivent le Bulletin pourront faire directement un cadeau de Noël pour la Syrie », indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’AED. « Nous les invitons plus spécialement à prier afin que les familles de Syrie puissent pleinement goûter à la joie d’un Noël pacifique. Nous espérons que les Noëls à venir se vivent aussi dans la paix. » Aide à l’Église en Détresse a déjà fait parvenir 22,5 millions de dollars pour la reconstruction en Syrie, qui s’ajoutent aux 44 millions de dollars déjà donnés depuis le début du conflit en 2011.

De plus, depuis deux ans à Montréal, une activité permet d’amasser des fonds pour le programme La goutte de lait.

Récit de l’AED : Syrie – Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

12.10.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, by Josue Villalon, Syrie

Syrie

Les nouveaux « Nazaréens » de la vallée des chrétiens

 

Marmarita, Syrie : distribution des bons alimentaires, des prescriptions et collecte des loyers. (Photo d’archive).

Chaque mois, Aide à l’Église en Détresse soutient le Centre Saint-Pierre de Marmarita dans la Vallée des chrétiens en Syrie. Ainsi, celui-ci peut aider des milliers de personnes déplacées par la guerre.

 

Nasra est l’un des vingt villages éparpillés dans la région, connue sous le nom de Vallée des Chrétiens (Wadi Al-Nasara, en arabe). Nasra signifie littéralement « Nazaréen ». Dans le monde arabe et musulman, ce mot désigne les chrétiens. Depuis plusieurs années, près d’une centaine de familles ont fui la guerre et proviennent d’autres régions du pays vivent dans ce petit village. La famille Mussa fait partie de ces nouveaux « nazaréens » de la Vallée des Chrétiens.

Récit par Josué Villalon, adaptation française au Canada : Mario Bard

 

Marwan Mussa est le père de famille. « Nous avons dû fuir Homs où nous vivions, parce que les bombardements se rapprochaient de plus en plus de notre quartier. Le bruit des bombes et les tirs étaient très intenses. Nous ne savions pas si nous allions mourir un jour lors d’une de ces attaques comme ce fut le cas pour un voisin ». Ils ont alors décidé de venir dans la Vallée des Chrétiens, plus sécuritaire et qui ne se trouve qu’à une heure de route de leur maison. Ils ont trouvé un petit appartement où vivre de manière provisoire jusqu’à ce que les combats se terminent.

 

Cependant, la guerre s’est poursuivie et cela fait déjà plus de cinq ans que les Mussa vivent à Nasra. « Autrefois, j’étais maçon, maintenant je travaille dans un fournil, mais je ne gagne pas assez pour subvenir à tous nos besoins », dit Marwan. Sa famille est l’une des quelque 350 familles que soutient le Centre d’aide Saint Pierre de la paroisse melkite catholique Saint Pierre, dans le village voisin de Marmarita.

« L’Église nous a littéralement sauvé la vie. »

Il y a neuf mois, Marwan travaillait dans un jardin près de chez lui quand il s’est soudainement effondré au sol. Son fils Gabi a réussi à le relever et à l’emmener au centre de soins du village. De là, il a été transféré à l’hôpital de Tartus, ville située sur la côte, à plus d’une heure de route. « J’ai ressenti une douleur intense au thorax », raconte Marwan à un groupe de représentants de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) qui le visite. Le diagnostic : une crise cardiaque. Mais, le personnel de l’hôpital de Tartus n’a pas été en mesure de le soigner, si bien qu’il a été envoyé à l’hôpital de Homs, à deux heures de route en sens inverse.

Nahila, Gabi et Marwan Mussa

« Les médecins m’ont dit que c’était un miracle d’avoir survécu à l’opération, car j’avais 90% de l’artère obstruée. On m’a posé deux stents (extenseur vasculaire) et maintenant je vais bien, même si je ne peux pas faire beaucoup d’efforts ». Marwan continue son traitement et se rend régulièrement pour des examens médicaux à l’hôpital de Mzeina dans la Vallée des Chrétiens.

 

« Ma femme, Nahila, est également traitée là-bas, parce qu’elle a un cancer ». Tous les médicaments et les soins médicaux sont financés par l’AED, à travers le Centre d’aide Saint Pierre à Marmarita. « Nous sommes très reconnaissants pour cette aide. Nous savons que beaucoup de gens de différents pays envoient leur argent ici. Nous remercions également l’équipe de bénévoles de Saint Pierre, pour leur présence et pour nous avoir aidés dans nos besoins les plus urgents ».

 

Nahila Murad, la mère de la famille, a un regard cristallin. Elle acquiesce à toutes les paroles que Marwan prononce. « J’ai un cancer de l’intestin. Nous recevons également de l’aide pour payer mon traitement. Quand les médecins ont détecté la tumeur, ils n’avaient pas beaucoup d’espoir pour moi. Je suis une femme qui a une vie spirituelle forte, alors j’ai dit que j’acceptais l’opération et maintenant je vais mieux ». Nahila et son mari nous disent qu’ils ne savent pas comment nous remercier pour les 130 dollars qu’ils reçoivent chaque mois pour les médicaments et les consultations.

 

Marmarita, Syrie, hiver 2016 : distribution des bons alimentaires, collecte des loyers, et l’on vient chercher ses prescriptions de médicaments. La pharmacie est pratiquement devenue un magasin général !

La foi de ces authentiques « Nazaréens » est visible. Nahila nous explique que les pires moments ont été quand son autre fils Dani a disparu. « Nous sommes restés deux ans sans nouvelle. Nous pensions qu’il avait été tué sur le front. Mais il y a un mois, il est venu nous rendre visite et ça a été un nouveau miracle divin dans notre maison ». Dani leur a raconté qu’il portait toujours une petite Bible sur lui et la lisait tous les jours. « Il ne s’est pas séparé de la Parole de Dieu, et maintenant, nous savons que le Seigneur ne l’a pas abandonné non plus ».

 

 

Par l’intermédiaire du centre d’aide Saint Pierre de Marmarita, Aide à l’Église en Détresse soutient chaque mois des centaines de familles déplacées dans toute la région de la Vallée des Chrétiens. L’aide mensuelle de 50 000 dollars est destinée au paiement d’opérations chirurgicales, de médicaments et d’autres traitements médicaux, tels que des analyses, des fauteuils roulants ou des lunettes.
* Le soutien d’urgence apporté par l’AED entre Juillet et décembre est de 433,068 $

Nouvelles de AED – Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

23.07.2018 in ACN International, Adapted by Amanda Bridget Griffin, Maria Lozano, Moyen-Orient, Pastorale familiale, PROJETS AED, Refugiés, Syrie, Syrie

Aide à l’Église en Détresse

Plus de 4,5 millions de dollars pour 40 projets en Syrie

Hôpital San Luis Hospital, Aleppo. 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a accordé un nouveau soutien à plus de quarante projets pour la pastorale ainsi que de l’aide d’urgence en faveur de chrétiens syriens de différents rites. L’AED tente ainsi d’améliorer la situation difficile dont souffrent les habitants du pays, causée par les récentes sanctions économiques, notamment l’embargo commercial sur le pétrole. Dans une rencontre effectuée le 27 juin à l’occasion d’une conférence devant le Parlement européen à Bruxelles, Mgr Joseph Tobji, évêque maronite d’Alep, a mis en garde contre ce genre de restrictions : « Elles tuent le peuple syrien autant que les armes ».

« Cette aide doit servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne »

 

L’archevêque maronite d’Alep, Mgr Joseph Tobji, dans sa cathédrale bombardée, située en plein coeur de la vieille ville.

« Pourquoi des enfants et des malades doivent-ils mourir par manque de médicaments ? Pourquoi des chômeurs, licenciés à cause de l’embargo, doivent-ils mourir de faim ? », a demandé l’évêque aux députés européens.

En réaction à cet appel d’urgence et à d’autres appels similaires lancés par les Églises catholique et orthodoxe locales en Syrie, l’AED a accordé une enveloppe de plus de trois millions de dollars pour assurer la subsistance et les soins médicaux de familles dans la détresse, déplacées dans plusieurs zones du pays, en particulier à Alep et à Homs.

 

Selon Mgr Tobji, la migration constitue un autre grave problème en Syrie. Elle représente « une blessure dangereuse qui continue de saigner ». L’immense vague des migrants forcés comporte évidemment aussi des chrétiens syriens. Si ces derniers formaient déjà une minorité auparavant, ils « vont disparaître maintenant totalement [de Syrie] si la situation engendrée par la guerre ne se termine pas bientôt ». Il ne reste plus qu’un tiers des chrétiens qui y vivaient avant la guerre. Au vu d’un tel taux d’émigration, l’évêque maronite se demande qui pourrait bien reconstruire le pays maintenant. En effet, la Syrie est un pays « sans productivité, sans main-d’œuvre, une société sans vie ». En qualité de « passerelle culturelle » entre l’Occident et l’Orient, les chrétiens jouent un rôle décisif à titre d’élément pacifique et pacifiant au sein de la société syrienne. Selon les prévisions de l’évêque, « si les chrétiens venaient à disparaître, beaucoup de problèmes pourraient surgir, pas seulement pour le pays même, mais aussi pour l’Europe : la Syrie n’en est éloignée que de quelques kilomètres ».

 

 

Que les enfants redécouvrent leur capacité à jouer !

Au cours des prochains mois, l’AED s’est donné comme autre grand objectif de soutenir les enfants et les jeunes gens, qui représentent, en principe, l’avenir du pays. Toutefois, le souci des parents concernant l’avenir de leurs enfants est justement la cause de l’émigration de nombreuses familles chrétiennes. Par conséquent, un quart des projets accordés par l’AED vont l’être au bénéfice de la jeunesse. D’une part, l’AED a débuté plusieurs projets de bourses scolaires, car beaucoup de familles ont perdu leurs maisons et leurs emplois et ne disposent donc plus d’aucun moyen pour assurer l’éducation de leurs enfants. La détresse économique oblige de nombreuses familles à chercher leur avenir en dehors du pays.

Un des projets soutenus par l’AED : Laissez moi vivre mon enfance! Des enfants nés sous les bombes reçoivent un peu de répit, grâce à vos dons et au travail de l’Église.

 

Au fil des prochains mois, ce programme bénéficiera à 1215 élèves et 437 étudiants à Homs, ainsi qu’à 105 étudiants à Damas. En outre, l’AED a donné son accord pour fournir des aides à la scolarisation d’enfants de 300 familles en détresse à Damas ainsi que d’enfants malades et d’orphelins.

 

D’autres projets sont prévus pour l’assistance aux enfants et aux d’adolescents d’Alep, traumatisés au bout de sept années de guerre et de conflits. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais quitté la ville au cours des sept dernières années et ne connaissent rien d’autre que la guerre. Ils ont besoin d’aide pour guérir et pour se développer sur le plan spirituel et psychique. Le Père Antoine Tahan, prêtre de l’église arménienne catholique de la Sainte-Croix, a pu convaincre un groupe de jeunes bénévoles de l’épauler dans son initiative « Let me Live My Childhood » (Laissez-moi vivre mon enfance). Le prêtre affirme : « Nous remercions l’AED de ce projet qui doit aider les enfants à se défaire de leurs ‘vêtements d’adulte’, afin de renouer avec les dons irremplaçables de l’enfance. Nous voudrions qu’ils redécouvrent la capacité de jouer, qu’ils redeviennent simplement des enfants ». Par ailleurs, l’AED soutient plusieurs cours d’été pour adolescents, organisés par les Églises catholiques maronite et syriaque orthodoxes d’Alep. Cette ville a certainement le plus souffert de la guerre.

 

Fidèle à son caractère pastoral, Aide à l’Église en Détresse fournira presque un demi-million d’euros pour la remise en état de plusieurs églises et de monastères, notamment les cathédrales maronite et syriaque catholiques d’Alep, ainsi que pour le soutien de la formation de séminaristes et pour la subsistance de prêtres. À ce sujet, l’évêque Mgr Tobji affirme : « L’Église est la première porte à laquelle les gens frappent », pour ajouter : « Cependant, sans le soutien des bienfaiteurs et des organisations et œuvres de bienfaisance de l’Église, comme l’AED », l’Église locale serait incapable d’assurer cet appui. « Ces aides doivent servir à reconstruire le pays et à redonner une vie digne ».

L’évêque maronite d’Alep adresse un appel désespéré à l’Occident : « Faites quelque chose de bien, aidez-nous à trouver la paix. »

Une mission d’aide soutenue par Aide à l’Église en Détresse. Merci de continuer à  nous soutenir, pour l’avenir de cette petite fille! 

 

 

Syrie – Des jeunes coordonnent de l’aide pour 2000 familles

01.05.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Aide alimentaire, Aide d'urgence, by Josue Villalon, Déplacés, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Moyen-Orient, Pape François, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie – Marmarita

Des jeunes coordonnent de l’aide pour 2000 familles

Certains d’entre eux sont également des déplacés, mais ils n’hésitent pas à aider tout le monde : « Jésus est notre motivation ».

AED (Josué Villalón, Marmarita) – Onze jeunes forment l’équipe de volontaires du centre Saint- Pierre, de l’église gréco-catholique de Marmarita, au cœur de la vallée des chrétiens, une région de Syrie proche de la frontière libanaise. Dans cette région, il y a de nombreuses personnes déplacées par la guerre, venant de tout le pays : Damas, Homs, Alep, etc. Chaque mois, cette équipe de bénévoles coordonne l’aide offerte à 2000 familles par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED). Ils sont les messagers, mais ils sont aussi le message.

« Notre motivation, c’est Jésus. Pouvoir aider ces gens qui en ont besoin est quelque chose qui touche nos cœurs. Personnellement, c’est la raison pour laquelle je continue de vivre en Syrie », raconte Elías Jahloum, coordinateur du centre, que tout le monde ici appelle « Ili ». Tandis qu’il discute avec une délégation de l’AED, son téléphone cellulaire n’arrête pas de sonner. « Les familles ont vraiment confiance en moi, beaucoup me considèrent comme un fils. J’accompagne les malades à l’hôpital, puis je vais leur rendre visite à la maison ».

 

Syrie, mars 2018: de gauche à droite, Raja Mallouhi et Issam Ahwesh, volontaires à Marmarita, dans la Vallée des chrétiens. 

 

Le soutien que l’œuvre pontificale AED fournit à travers l’Église locale se concentre principalement sur deux types d’aide. D’une part, il s’agit de payer les loyers : « Cela fait longtemps que les familles déplacées n’ont plus l’épargne nécessaire pour payer un logement, et les rares personnes qui ont obtenu un emploi gagnent à peine ce qu’il faut pour vivre », explique Majd Jallhoum, sœur d’Ili et secrétaire de centre. « L’autre grand projet concerne les soins de santé et le paiement des médicaments. Il n’y a aucun hôpital public dans toute la vallée des chrétiens, les traitements coûtent très cher, ainsi que les médicaments ».

Tous les six mois, l’AED finance ces deux projets grâce à un montant de 422,800 dollars. « Pour les loyers, nous soutenons 340 familles qui reçoivent mensuellement par ménage environ 25,000 livres syriennes (75,50 dollars). Nous tenons compte du fait qu’actuellement, un salaire moyen en Syrie n’est que de 90,60 dollars ». Dans la région de la vallée des chrétiens, le loyer moyen est de 226,50 dollars par mois, et en été ce prix augmente parce qu’il s’agit d’une zone « touristique » en raison de son climat plus frais.

Aucun des jeunes volontaires ne reçoit de l’argent en échange de son travail. Cependant, certains d’entre eux sont des déplacés et reçoivent tout de même de l’aide en fonction de leurs besoins : « Moi, par exemple, je reçois de l’aide pour mon transport aller-retour de chez moi à l’Université, située à Homs, à une heure de route. Je n’ai jamais arrêté mes études malgré la guerre, grâce au soutien de l’AED », explique Issam Ahwesh, qui est âgé de 22 ans et étudie l’ingénierie informatique. Cette année, il obtiendra son diplôme : « Ma mère serait très heureuse de me voir apporter mon aide ici et elle se réjouirait aussi que je sois enfin diplômé. Elle est morte quelques années avant la guerre ».

 

Une équipe œcuménique

Les 11 jeunes du centre de Marmarita appartiennent à différentes Églises, de différents rites. « Certains d’entre nous sont gréco-catholiques, d’autres syro-catholiques et d’autres enfin sont orthodoxes. Nous ne faisons pas de distinctions, nous aidons tout le monde dans la mesure de ce que nous pouvons faire, et nous sommes au service du Père Walid ». Walid Iskandafy est un prêtre gréco-catholique qui est actuellement curé de l’église Saint-Pierre.

Après leurs journées de travail, les garçons du groupe vont jouer au football ensemble. Raja Mallouhi, qui étudie l’économie à Homs, dit qu’autrefois il avait l’habitude de jouer dans une équipe de sa ville natale : « Ici, mon équipe préférée est Al-Karama, c’était la meilleure équipe de football du pays avant la guerre. En dehors de la Syrie, je suis fan de l’Atletico Madrid ».

« Ce sont les joueurs du Real Madrid et je suis l’entraîneur, Zinedine Zidane », lance le père Iskandafy, tandis que les onze éclatent de rire. Ils forment un groupe très uni. Le prêtre reconnaît qu’à chaque fois qu’il y a une nouvelle demande d’aide ou un problème avec l’une des familles, ils en discutent ensemble et essaient de résoudre le problème ensemble.

 

Inspirés par le Pape

Lama Jomia vient d’obtenir son diplôme en tourisme et s’occupe des visites aux familles déplacées : « Il y a quelques années, le Pape François a dit aux jeunes de ne pas avoir peur d’aller à contre-courant et d’être fidèles à Jésus. Ces paroles nous encouragent à poursuivre notre travail, alors que dans notre pays il n’y a que la guerre et la haine ».

Pour eux, la foi est la principale raison de rester à Marmarita et d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Un autre jeune du groupe, Rafic Assi, conclut : « Aux jeunes d’Europe et du monde entier, je dirais que le plus important, ce ne sont pas les choses matérielles. Qu’ils profitent bien de leur vie et rendent grâce de vivre dans un lieu en paix. Nous ne pensions pas que nous allions vivre ainsi, mais nous ne perdons pas espoir ».

 

À gauche, Majd et une famille qu’elle accompagne.                                                                                               


 

Appel pour la Syrie – « À quoi a servi cette guerre ? … S’il vous plaît, priez pour nous. »

20.04.2018 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Guerre, Moyen-Orient, Syrie, Voyagez avec AED

Syrie

« À quoi a servi cette guerre ? … S’il vous plaît, priez pour nous. »

 

Mgr Jean Arbach, archevêque Grecque Melkite catholique de Homs, a fait parvenir à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), un message où se font sentir fatigue et tristesse quant à la situation en Syrie, après sept années de guerre et les événements des dernières semaines.

 

« Les gens n’en peuvent plus. Ils veulent avoir une vie normale, dormir paisiblement, se réveiller pour aller travailler et non pas à cause du bruit des bombes. Maintenant ça suffit, c’en est trop », écrit-il. Le prélat demande, par l’intermédiaire l’AED que l’on prie pour eux. « Nous avons besoin de prière, de prière et encore de prière. C’est la seule chose qui nous donnera l’unité dans ce pays », répète-t-il tout en rappelant que le pape François a également demandé que nous priions, car ce qui se passe en Syrie – comme il l’explique – ne concerne pas seulement ce pays, mais a traversé les frontières, et le monde entier a besoin de paix. « À quoi a servi cette guerre ? » se demande-t-il. « Tout est détruit, il y a des millions de réfugiés… Puissent les politiciens du monde entier travailler pour la paix et non pour la guerre », insiste-t-il désespérément.

Cette photo a été prise en janvier 2016, lorsque Mgr Arbach a pu revenir dans on patelin. Depuis, les icônes et les fresques de son église, Notre-Dame de Yabrud, ont été remplacées. 

 

Malgré cette terrible situation, l’évêque estime que le peuple syrien ne perd ni son courage ni la foi, en voyant comment son pays se relève. L’AED apporte son aide dans la région de Homs, à travers plusieurs projets tels que des bourses pour 4 000 étudiants, de la nourriture, des médicaments et la reconstruction, aussi bien de maisons particulières que d’édifices religieux. Selon Mgr Arbach, 80% des églises et centres de catéchèse ont déjà été reconstruits.

Violation « flagrante » du droit international

Par ailleurs, dans un autre communiqué envoyé à l’AED, les trois patriarches des Églises présentes en Syrie1 ont dénoncé les attaques lancées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie en réponse à une attaque chimique présumée du gouvernement syrien dans la ville de Douma. Il s’agit d’une situation terrible que les dirigeants religieux définissent comme « une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies », qui « n’est ni justifiée ni étayée par des preuves suffisantes et claires ».

Ils insistent sur le fait que ces attaques constituent « une agression brutale qui détruit toute possibilité d’une solution politique pacifique, et qui ne mène qu’à des complications majeures ». Par ailleurs, celle-ci « encourage les organisations terroristes en leur donnant l’élan nécessaire pour poursuivre le terrorisme ».

Appel aux Églises des pays qui ont participé à l’attaque

Dans leur communiqué, les patriarches exhortent « toutes les Églises des pays qui ont participé à l’attaque à remplir leur devoir chrétien, en conformité avec l’Évangile, en condamnant cette agression et en appelant leurs gouvernements à s’engager pour la protection de la paix internationale »

 

  1. Il s’agit des patriarches suivants :
    le patriarche orthodoxe grec d’Antioche et de tout l’Orient, Jean X ;

le patriarche orthodoxe syrien d’Antioche et de tout l’Orient, Ignace Éphrem II ;

le patriarche grec melkite catholique d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem, Joseph Absi.

 

Aide à l’Église en Détresse continue son soutien en Syrie.
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En mars dernier, la guerre en Syrie est entrée dans sa 8e année.