Mgr Jeanbart croyait que, sans la sollicitude de Dieu, les chrétiens de Syrie auraient été anéantis pendant la guerre civile.
C’est avec tristesse que l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) a appris le décès de son partenaire de longue date, l’archevêque Jean-Clément Jeanbart, âgé de 83 ans, mort la fin de semaine dernière.

L’AED entretenait depuis de nombreuses années une relation étroite avec l’archevêque, décédé soudainement lors d’un voyage en France.
« Recevoir la nouvelle du décès d’un partenaire de projet est toujours un choc, surtout lorsqu’il s’agit de quelqu’un que nous avons accompagné si longtemps et à travers tant de souffrances durant la guerre. Mais en tant que chrétienne, et connaissant la foi de l’archevêque et sa confiance en Jésus-Christ, ma tristesse s’accompagne de la certitude qu’il se réjouit désormais de la récompense accordée pour son engagement infatigable envers la communauté que le Seigneur lui avait confiée », a déclaré Regina Lynch, présidente du conseil exécutif de l’AED Internationale.

Jean-Clément Jeanbart est né à Aleppo, en Syrie, en 1943, sixième d’une famille melkite catholique fervente de douze enfants. Il est entré au séminaire dès l’âge de 11 ans, avant de poursuivre ses études à Alep puis d’y revenir définitivement à 19 ans. Il a été ordonné prêtre en 1968.
Très jeune déjà, il ressentait un appel particulier au service de la jeunesse, engagement qu’il a maintenu jusqu’aux dernières années de sa vie.
L’archevêque Jeanbart a dirigé l’archéparchie melkite d’Alep de 1995 jusqu’à sa retraite en 2021. Il a activement œuvré à améliorer la vie spirituelle et matérielle de ses fidèles, convaincu que cela était essentiel pour aider les chrétiens à demeurer dans leur patrie. Il s’est également beaucoup investi dans les relations œcuméniques, notamment en collaborant avec l’Église grecque orthodoxe de Syrie pour construire l’église de l’Unité, partagée par les melkites et les orthodoxes.

L’archevêque Jeanbart n’a jamais cessé de parler publiquement des souffrances des chrétiens syriens. Pendant la guerre civile syrienne, il est devenu l’un des plus fervents défenseurs de la survie du christianisme en Syrie, mettant régulièrement en garde contre la disparition des anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient.
Lorsque la guerre a éclaté en Syrie, il a refusé de quitter Alep malgré le danger constant. Après qu’un bâtiment paroissial eut été frappé par un missile en 2016, il écrivait à l’AED pour exprimer sa gratitude qu’aucun jeune ni aucun prêtre n’ait été blessé. « Le lendemain, lorsqu’une grande foule s’est rassemblée pour la messe dominicale, je ne trouvais pas les mots, mais j’ai invité les fidèles à se joindre à moi dans une prière d’action de grâce au Seigneur qui, une fois de plus, avait jugé bon de nous protéger. Ce fut une belle occasion de rappeler aux chrétiens qu’ils ne sont pas seuls et que notre Bon Pasteur est toujours là, tout près de nous, et qu’Il ne nous laisse jamais orphelins ni sans secours. »
« Lorsque nous regardons le chemin parcouru durant ces cinq années de cette guerre impitoyable, nous ne pouvons manquer de reconnaître l’action salvatrice de Dieu parmi nous. Cette guerre terrible, infernale, nous aurait complètement détruits ou plongés dans le désespoir et la folie sans sa tendre sollicitude. Sans sa protection providentielle, les bombardements incessants que nous avons subis nous auraient anéantis depuis longtemps », concluait l’archevêque.

« Malheureusement, l’archevêque Jeanbart n’aura pas vécu assez longtemps pour voir le retour complet de la paix et de la stabilité dans son pays. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il intercède désormais afin que la paix du Christ bénisse la Syrie et l’ensemble du Moyen-Orient », a déclaré Regina Lynch.
En 2016, Mgr Jeanbart participait à un panel au Grand séminaire de Montréal, alors situé sur la rue Sherbrooke. L’AED Canada avait participé à ce panel. Il avait également accordé un entretien à l’agence de presse Présence Info.





