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Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Projet de la semaine : Une bibliothèque pour les jeunes en Égypte

16.08.2018 in Non classifié(e)

Égypte

Équiper la bibliothèque du Diakona Development Center

Sheraton-Héliopolis est une banlieue du Caire qui n’existait pas encore il y a quelques décennies. Son nom provient du fait qu’autrefois, il n’y avait là que l’hôtel Sheraton, à proximité de l’aéroport. Aujourd’hui, c’est un quartier de 400 000 habitants.

L’Église catholique y a mis en place un centre pastoral du nom de Diakonia Development Center, qui sert les différents besoins pastoraux et sociaux de la paroisse. C’est là que se rencontrent également les enfants du groupe des bons samaritains.

Les 150 enfants et adolescents de ce groupe ont besoin d’une bibliothèque afin qu’ils puissent y apprendre à mieux connaître les Saintes Écritures. Tout d’abord, il est important que les chrétiens d’Égypte, tout spécialement parce qu’ils sont en situation de minorité, connaissent bien la Bible. En effet, on leur pose souvent des questions auxquelles ils doivent donner une réponse convaincante.

Ensuite, il arrive que les questions soient posées dans le but de provoquer ou de manipuler. Il est donc important que les enfants chrétiens, dès leur plus jeune âge, élargissent et approfondissent leur connaissance des Saintes Écritures et comprennent tout spécialement les passages de la Bible dont les non-chrétiens abusent pour accuser les fidèles chrétiens de tous les maux.

Finalement, il est encore plus important que les enfants comprennent ces passages dans le cadre de leur propre vie : qu’ils apprennent à être guidés par Dieu et à reconnaître l’action de sa Providence ; apprendre à mieux connaître Jésus-Christ et à croire profondément en son amour. Saint Jérôme disait : « Ne pas connaître les Saintes Écritures, c’est ne pas connaître le Christ ».

L’AED a promis 5 285 dollars pour équiper la bibliothèque.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Égypte – « Ma mère a été tuée par un terroriste qu’elle était en train d’aider ».

03.05.2018 in ACN International, Égypte, Engy Magdy, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano, Moyen-Orient, Persécution, Voyagez avec AED

La photo du défunt pape Kyrillos VI dans l’église de Ménas, porte les traces de la fusillade

Égypte

« Ma mère a été tuée par un terroriste qu’elle était en train d’aider ».

Aide à l’Église en Détresse (AED) a recueilli le témoignage percutant de la fille d’une des victimes des attentats du Caire de décembre dernier.

 

Le 29 décembre 2017, des hommes armés ont attaqué des fidèles qui sortaient d’une église copte orthodoxe, dans la banlieue sud du Caire. Cette attaque, revendiquée par le groupe État islamique (ÉI), a eu lieu environ dix minutes après la fin de la messe, dans l’église Saint Ménas, et s’est soldée par la mort de neuf personnes. L’une des victimes était une jeune mère nommée Nermeen Sadiq. Sa fille de treize ans, Nesma Wael, était à ses côtés quand elle a reçu le premier coup de feu. Nesma a raconté cette tragédie à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse.

« Quand la messe s’est terminée, ma cousine, ma mère et moi avons quitté l’église. Ma mère portait un crucifix dans ses mains et aucune d’entre nous ne portait de voile. Dans les quartiers pauvres, les femmes musulmanes portent souvent des voiles pour se distinguer des femmes chrétiennes.

Nous sommes entrées dans une rue latérale et avons vu un homme s’approcher de l’église à moto, et en tomber à cause d’un nid-de-poule. Ma mère est rapidement venue à son aide et lui a demandé : ‘‘Au nom de Jésus-Christ, est-ce que tout va bien ?’’. L’homme s’est rapidement relevé, et en un clin d’œil, a ouvert le feu sur nous avec une arme automatique qu’il a tirée de sous son gilet.

Le Caire, Égypte, 2018 : Nesma, 13 ans et sa soeur Karen, huit ans. Elles ont perdu leur mère dans l’attaque contre une église le 29 décembre 2017. « Ceci est mon message à toutes les personnes persécutées dans le monde : N’ayez pas peur ! Nos vies sont entre les mains de Dieu et nous devons rester fidèles à notre foi ».

Dès que ma cousine et moi avons vu l’arme, nous nous sommes cachées derrière ma mère, qui nous a crié de nous enfuir en courant. Le terroriste lui a d’abord tiré dans le bras alors qu’elle essayait encore de nous protéger. Nous nous sommes enfuies, mais ma mère est tombée et n’a pas pu s’échapper avec nous. La distance entre nous et le terroriste au moment où il a sorti sa mitraillette était d’un peu plus d’un mètre. Ma cousine et moi avons couru jusqu’à un petit supermarché, où la vendeuse nous a cachées derrière le frigo. De notre cachette, nous pouvions voir l’homme nous chercher du regard. Comme il ne pouvait pas nous voir, il est retourné vers ma mère et lui a tiré dessus à plusieurs reprises.

Tout cela s’est produit en l’espace de quelques minutes. Quand le terroriste est parti et nous avons couru vers ma mère. Beaucoup de gens sont venus, mais personne ne s’est approché pour lui porter assistance, alors qu’elle était encore vivante. J’ai appelé mon père, mais il n’a pas décroché. J’ai réussi à localiser mon oncle qui est venu immédiatement. Puis une ambulance est arrivée, mais le personnel d’urgence a refusé de faire rentrer ma mère dans l’ambulance avant que nous ayons obtenu la permission des agents de sécurité. Ils étaient en train de chercher le terroriste dans les rues, ainsi qu’un autre tireur qui avait attaqué des gens devant l’église.

Puis une fusillade a commencé et les gens se sont enfuis. Ma cousine, mon oncle et moi sommes restés avec ma mère. Elle m’a regardée et m’a dit : ‘‘N’aie pas peur, je suis avec toi. Obéis à ton père et prends soin de ta sœur’’. Lorsque la fusillade s’est arrêtée, je suis retournée à l’église pour chercher ma petite sœur, Karen, qui a huit ans et qui y était restée parce que l’office pour les enfants n’était pas encore terminé. J’ai vu trois personnes que je connaissais gisant dans des flaques de sang. Elles avaient été assassinées devant l’église.

Quand ma mère a enfin été transportée dans l’ambulance, elle était déjà morte.

 

Chandelles dans une église Copte du Caire.

Aujourd’hui, je ne vais plus toute seule dans la rue ; mon père m’accompagne toujours partout. Malgré la douleur qui me serre le cœur – ma mère me manque beaucoup –, je suis heureuse d’avoir été avec elle pendant l’attaque. De plus, je n’ai pas été blessée pendant l’attaque : c’est Dieu qui a voulu la choisir pour aller au ciel.

Je ne veux pas quitter mon pays, mais il est clair que je veux trouver le moyen d’étudier et de vivre de manière plus insouciante, d’autant plus que notre situation économique n’est pas bonne. Mon père, 35 ans, est chauffeur, mais il n’a pas de travail stable. Ma mère était la principale source de revenus de notre famille : elle était infirmière au centre néphrologique du Caire. Je veux devenir médecin et me spécialiser en néphrologie, parce que c’était le rêve que ma mère avait pour moi.

Ceci est mon message à toutes les personnes persécutées dans le monde : N’ayez pas peur ! Nos vies sont entre les mains de Dieu et nous devons rester fidèles à notre foi ».

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Communiqué AED – le pape François en Égypte

27.04.2017 in AED Canada, AFRIQUE, Dialogue interreligieux, Égypte, Entrevue, Mario Bard, Moyen-Orient, Vues D'ailleurs

Le pape François en Égypte

« recoudre les liens avec l’Islam »

 

Montréal, mercredi 26 avril 2017 – Le père Samir Khalil Samir, jésuite, spécialiste de l’Islam et professeur à l’Institut des études orientales à Rome, était de passage dans les bureaux canadiens d’Aide à l’Église en Détresse jeudi dernier (20 avril 2017). Égyptien d’origine et né au Caire, nous lui avons demandé ce qu’il pensait de la visite du pape en Égypte, de l’importance du dialogue entre islam et christianisme et de la crainte de voir le Moyen-Orient se vider des chrétiens.
Extraits de cette rencontre.

Propos recueillis par Mario Bard,
Aide à l’Église en Détresse Canada

 

AED : Que diriez-vous au pape François à propos de son voyage en Égypte? Est-ce que vous lui diriez de rester à Rome ou bien d’y aller?

P. Samir: Je pense que, tel qu’il est, il faut qu’il y aille. Ce n’est pas quelqu’un qui a peur. D’autre part, si l’on examine les possibilités d’un attentat, je pense que l’Égypte, ne serait-ce que pour son honneur, fera l’impossible pour le protéger et s’assurer qu’il n’y ait aucun élément dangereux aux alentours. De ce point de vue, je pense que les choses devraient aller normalement.

Par ailleurs, il y a le caractère du pape François qui pourrait dire : ‘‘je ne crains rien et je suis au milieu du peuple. Et si je dois mourir, et bien je suis comme n’importe qui, simplement parce je me trouve dans cet endroit [où a lieu un attentat].’’  Donc, cela pourrait expliquer pourquoi il n’a pas renoncé à son voyage.

D’autant plus que ça fait longtemps qu’il veut recoudre les liens entre le Vatican et l’Islam. Et ceci, il me l’a dit personnellement à l’occasion d’une demi-heure en tête à tête que j’ai eue avec lui il y a quelques mois. Il m’a dit : « Pourquoi est-ce que j’insiste sur le fait que l’Islam est une religion de paix ? Parce qu’il nous faut d’abord refaire l’amitié avec les musulmans et avec Al-Azhar. »

Pourquoi faut-il « recoudre les liens » ? Que s’est-il passé?

Je rappelle le contexte ; il y a eu l’attaque à Alexandrie de l’église copte pour la fête de Noël, il y a six ans. Quelqu’un s’est fait exploser et il y a eu des dizaines de morts. Quelques jours après, le pape Benoît XVI qui rencontrait les ambassadeurs près le Saint-Siège a dit : « Je demande au président de la République d’Égypte de protéger les chrétiens. » À ce moment, l’Imam Ahmed el-Tayeb, recteur de l’Université Al-Azhar, a dit que cela était inacceptable que le pape se mêle de la politique égyptienne. Il a rompu les relations avec Rome. Aujourd’hui, après plusieurs essais infructueux, les relations ont repris. Et c’était le but principal du pape François; de rétablir les relations avec l’Islam et notamment avec Al-Azhar qui représente la majorité des musulmans du monde, c’est-à-dire 80 %. C’est une autorité morale, intellectuelle incontournable.

Père Samir, pourquoi est-ce important qu’il y ait du dialogue interreligieux avec l’Islam?

D’abord parce que l’Islam est la seconde plus grande religion du monde. Il y a plus de 1,5 milliard de musulmans, répartis dans presque tous les pays du monde. On ne peut pas l’ignorer. Ensuite, parce que l’Islam est une religion monothéiste, à côté du judaïsme et du christianisme. Et donc, il faut qu’on puisse dialoguer avec eux. Je pense que c’est ça qui est essentiel ; ce n’est pas un but politique. C’est de dire, essayons de nous entendre. De même qu’on mène le dialogue avec les Juifs.

On dit que le Moyen-Orient est en train de se vider des chrétiens. Qu’est-ce qui peut être fait pour que le vent change? Même des musulmans ne veulent pas que cette situation survienne.

La plupart des musulmans disent : ‘‘On a besoin des chrétiens’’. Il y a eu récemment en Égypte une émission de radio qui a impressionné tout le monde. Pendant huit minutes, le thème était les écoles chrétiennes qui ont formé l’intelligentsia de l’Égypte au 19e et au 20e siècle.

On voit aussi le Liban qui est le seul pays du monde arabe qui ait une certaine parité, précisément parce que ce sont les chrétiens qui l’ont construit, même si aujourd’hui, ils ne sont plus que 35 % de la population. Au parlement, les musulmans veulent qu’il y ait 64 musulmans et 64 chrétiens parce qu’ils disent que c’est essentiel. Ceci est reconnu par tous les musulmans qui réfléchissent.

D’autre part, sur la disparition des chrétiens du Moyen-Orient ; en Égypte, ce sont eux qui sont, pour ainsi dire, les autochtones ! On a conscience que si on veut maintenir la conscience nationale, on ne peut pas éliminer les chrétiens. Malheureusement, pour des motifs politico-économico-religieux, les chrétiens s’en vont de plus en plus. Et ce qui se passe en ce moment est voulu par ISIS (État islamique/Daesh). Mais, ce sont des fanatiques. Globalement, les musulmans ne sont pas fanatiques. Ils manquent de courage pour dire : on doit les arrêter. Au lieu de dire cela, ils disent : ça n’a rien à voir avec l’Islam, ce qui ne résout rien. Mais, au fond de leur cœur, la majorité des musulmans disent : non, ça, c’est une honte !

Maintenant, pour qu’ils restent, il faut les aider pour qu’ils puissent demeurer dans leurs maisons. En Égypte, ça ne pose pas de problème majeur à cause du grand nombre de chrétiens (près de 10 millions). Mais en Irak et en Syrie, où on a détruit les maisons des chrétiens, rester demande un courage énorme. C’est ce que font les patriarches, dont le patriarche Sako des Chaldéens de Babylone. Il lutte de toutes ses forces pour que les chrétiens ne migrent pas, pour qu’ils restent, pour sauver l’Église locale. Et c’est la même chose en Syrie.

Il faut les aider à rester. Les aider financièrement si on peut, mais aussi les aider moralement en les soutenant et en essayant d’arrêter ce crime qu’est ISIS. »

Aide à l’Église en Détresse va aider 3000 jeunes venus de partout dans le pays qui se rendront en pèlerinage au Caire pour participer à la visite du Pape François les 28 et 29 avril. Le voyage a débuté mardi 25 avril et comprend des célébrations liturgiques dans différents sanctuaires sur la route menant au Caire, la célébration de messes, des confessions, ainsi qu’une visite dans les hôpitaux du Caire le jour précédant l’arrivée du Saint-Père. Le groupe rassemble 250 représentants de chaque diocèse catholique égyptien, en plus des 1 000 participants originaires de la capitale.

 

 


 

Égypte « Priez pour les familles touchées ! »

11.04.2017 in #callitgenocide, Adaptation Mario Bard, Égypte, Eva-Maria Kolmann, Persécution

Égypte
 

« Priez pour les familles touchées ! »

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Égypte, demande aux fidèles du monde entier de prier pour les proches des victimes des attentats qui ont été commis contre deux églises coptes orthodoxes à Tanta et Alexandrie, le dimanche des Rameaux neuf avril, causant la mort d’au moins 44 personnes et en blessant plus de 120.

Mgr Kyrillos déclare avoir lui-même reçu de nombreux messages du monde entier dans lesquels les gens l’ont assuré, lui et les chrétiens d’Égypte, de leurs prières et de leurs pensées. « La prière est ce qu’il y a de plus important que nous puissions maintenant demander », a-t-il souligné lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse.

 

Malheureusement, il fallait s’attendre à ce qu’il y ait d’autres attentats. « Notre sentiment de sécurité n’était pas très fort », a expliqué Mgr Kyrillos. L’attentat de décembre 2016 contre l’église Saint-Pierre et Saint Paul au Caire – qui a causé la mort de près de 30 personnes –, a été perçu comme un « prélude ». Cependant, tout le monde a été « surpris » par l’attentat de dimanche, parce qu’on ne peut jamais prédire quand et où de tels attentats auront lieu.

 

L’évêque a souligné qu’il existait, tant du côté de l’État que du côté de l’Église, l’intention de renforcer la coopération afin de mieux protéger les églises. « J’ai reçu la visite d’un agent de sécurité qui m’a demandé ce dont nous avons besoin. Il nous a proposé d’entraîner les jeunes et les adultes, afin de pouvoir unir toutes les forces et accroître la sécurité. Il y a 550 églises chrétiennes à Assiout. Grâce à Dieu, rien n’est arrivé ici, mais nous ne sommes pas assez préparés pour de tels événements », a expliqué Mgr Kyrillos.

 

La visite de François, « plus importante que jamais. »

 

Interrogé quant au risque d’un exode des chrétiens comme en Irak ou en Syrie, Mgr Kyrillos s’est déclaré convaincu que les attentats ne provoqueraient pas une migration à grande échelle. « En Égypte, les gens tiennent beaucoup à leur pays, et tous se considèrent comme égyptiens — qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il y a une plus grande cohésion qu’ailleurs au sein de la population ». Par contre, il considère que les terroristes ont l’intention de détruire cette cohésion.

 

Enfin, l’évêque estime que la visite du Pape François en Égypte, prévue les 28 et 29 avril 2017, est désormais « plus importante que jamais ». Il est convaincu que le voyage ne sera pas annulé, étant donné que le Pape « a toujours eu le courage, justement dans de telles situations, de venir et de redonner de la force aux gens ». Il attend du Pape un message clair de paix.

 

Eva-Maria Kolmann, ACN International
Adaptation : Mario Bard, AED-Canada


 

Entrevue AED avec Mgr Kyrillos William, Égypte

23.12.2016 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Andrea Krogmann, Égypte, Entrevue, Moyen-Orient

Égypte

entre peur et confiance en Dieu

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout estime que le dernier attentat perpétré contre la cathédrale copte du Caire attise encore plus la peur de subir d’autres attentats islamistes en Égypte.

Paradoxalement, l’évêque d’Assiout révèle en entrevue avec Aide à l’Église en Détresse qu’il ressent chez les chrétiens du pays une « grande confiance en Dieu ». Il juge de manière positive l’engagement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en faveur de l’avenir de son pays.

Entrevue réalisée par Andrea Krogmann, AED-International

AED : Monseigneur, dans une perspective chrétienne, quelle est votre opinion au sujet de la situation actuelle en

Mgr Kyrillos William. Malgré tout, les chrétiens du pays ont une « grande confiance en Dieu ».

Égypte?

Mgr Kyrillos : Le dernier épisode de terreur brutale exercée contre des fidèles au Caire a profondément endeuillé les chrétiens. Nous sommes bouleversés. Mardi (20 décembre), l’Église copte a recensé la 26e martyre victime du dernier attentat, une fillette de dix ans qui est morte de ses blessures.

En même temps, nous percevons beaucoup de confiance en Dieu et de force. Comme dans le cas des attaques précédentes, nous voyons que, lorsque la terreur est utilisée pour empêcher les croyants de se rendre à l’église, les gens y viennent encore plus nombreux que d’habitude.

 

Quelles ont été les réactions de votre entourage non chrétien?

On nous témoigne beaucoup de solidarité et de compassion! Beaucoup de gens nous ont téléphoné ou sont même venus pour nous présenter leurs condoléances. L’État a immédiatement réagi et lancé une enquête. Le président en personne a dit qu’il n’aurait pas pu se rendre aux funérailles des victimes sans pouvoir nommer un auteur.

Cela veut dire beaucoup si l’on se rappelle que dans d’autres cas, par exemple concernant l’attentat commis il y a quelques années à Alexandrie, il n’existe à ce jour aucune trace des auteurs. Dans ces cas-là, les gens pensent que la police et l’État soutiennent les auteurs des attentats. Cette fois, c’est différent.

Un président [Égyptien] qui se rend, en personne, aux funérailles et qui serre la main à chacun des proches et à tous les représentants de l’Église, c’est un signal vraiment fort.

 

Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II a présidé les funérailles des victimes de l’attentat du 11 décembre dernier.

L’attentat du Caire a-t-il attisé la peur d’autres attentats durant les fêtes de Noël?

Oui, la peur est toujours présente. Daech a annoncé encore d’autres attentats, ce n’est donc pas exclu.

 

A-t-on pris des mesures de sécurité particulières?

Les forces responsables sont venues nous voir et nous ont demandé de coopérer avec elles. En sus de la protection extérieure qui est de leur ressort, elles veulent entraîner nos gens, les former, leur apprendre comment être attentifs. Par exemple, nos scouts, qui sont chargé de maintenir l’ordre durant les festivités bénéficie de la part des autorités d’une formation à la sécurité civile.

De plus, nous envisageons mettre en place des détecteurs de métaux devant notre cathédrale et notre maison d’hôtes. C’est onéreux, mais important.

 

Les chrétiens se sentent-ils suffisamment protégés ainsi?

Cela fait des années que des soldats sont postés devant de nombreuses églises. Mais le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas très bien équipés ni bien entraînés, de sorte que beaucoup d’églises disent alors qu’elles n’en ont pas besoin parce que cela ne sert pas à grand-chose.

Il faudrait trouver de meilleures méthodes, par exemple des forces mieux formées et mieux équipées. Mais lors des fêtes majeures, il y a évidemment aussi des mesures exceptionnelles, par exemple des barrages routiers et un dispositif de sécurité nettement accru.

 

Quels sont vos vœux de Noël pour votre pays et vos fidèles?

Bien entendu, je souhaite que la paix revienne dans notre pays. Nous voyons bien les efforts de notre président qui veut que l’Égypte ait un avenir. Ces efforts sont sapés par les actes terroristes. Le pays a besoin de calme, également pour le tourisme, qui constitue une source importante de revenus. Sans ce calme, les touristes ne viendront pas en Égypte.

Coptic Orthodox Pope Tawadros II led the funeral for the victims of the bomb that exploded on 11.12.2016 during Sunday Mass in a chapel at Cairo's main Coptic Cathedral. Please always watermark these pictures when using them online.

Le Patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, préside les funérailles des victimes des attentats du 11 décembre dernier.

Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux chrétiens en Égypte pour la construction d’églises, la formation de prêtres et la pastorale des jeunes gens. Environ dix pour cent de la population égyptienne se composent de chrétiens, dont la majorité appartient à l’Église copte orthodoxe. Les quelque 250 000 catholiques du pays sont majoritairement membres de l’Église copte catholique.

Par Andrea Krogmann, Aide à l’Église en Détresse AED international
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

 


 

Entrevues : « Nous allons prier pour État islamique (ÉI) »

27.12.2015 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Aide à l'Église en détresse., Année de la Miséricorde, Déplacés, Irak, Liban, Mario Bard, Moyen-Orient, Oliver Maksan, PAIX, Persécution, Prière, Refugiés, Terre Sainte

Catholiques du monde arabe: 

« Nous allons prier pour l’État islamique »

 

L’Année sainte de la Miséricorde solennellement proclamée le pape François le 8 décembre à Rome est accueillie avec joie par les catholiques du monde arabe, du Maroc à l’Irak. Aide a l’Église en Détresse (AED) a contacté ses partenaires dans la région.

 

Le Père Dankha Issa est un moine de l’ordre chaldéen d’Alqosh. Des centaines de chrétiens déplacés ont cherché refuge dans cette ville lorsque leurs propres villages ont été conquis l’année dernière en été par les djihadistes. Cette ville ancestrale exclusivement chrétienne se situe au nord de l’Irak. À vol d’oiseau, le monastère Notre-Dame des Semences d’Alqosh n’est qu’à environ quinze kilomètres du front de l’ÉI. Depuis les montagnes d’Alqosh, la nuit, on peut apercevoir les lumières de l’ÉI.

Au centre, le père Issa, qui a dû fuir la violence de l'ÉI en 2014. « Ce jubilé nous redonne espoir. Espérons donc que cette année éteindra le feu de la haine et apportera la paix. »

Au centre, le père Issa, qui a dû fuir la violence de l’ÉI en 2014. « Ce jubilé nous redonne espoir. Espérons donc que cette année éteindra le feu de la haine et apportera la paix. »

 

« Nous sommes très reconnaissants à notre Saint-Père d’avoir proclamé l’Année sainte de la Miséricorde. C’est une période de grâce pour nous », affirme le prêtre, lui-même obligé l’année dernière en juin de s’enfuir de Mossoul devant les troupes de l’ÉI. « Ce jubilé nous redonne espoir. Espérons donc que cette année éteindra le feu de la haine et apportera la paix. » Pour le Père Dankha Issa, il est important que les chrétiens d’Alqosh ressentent la bonté de Dieu pardonnant tous les péchés.

« Cette année, c’est particulièrement la Miséricorde de Dieu envers nous autres pécheurs qui nous est rappelée. Dieu nous pardonne. Mais cela signifie aussi que nous devons nous pardonner les uns aux autres, même aux gens de l’ÉI, qui nous ont fait tant de mal. Car en fait, lorsque l’on est chrétien, on doit aussi aimer ses ennemis. »

 

Le Père Dankha Issa est conscient que c’est loin d’être facile. « Sur le plan humain, c’est à peine possible. Mais dans la foi, c’est plus facile. Dieu peut tout.» Le moine espère surtout que les djihadistes se détourneront de la violence. « Bien entendu, nous avons l’espoir que Dieu ouvre et adoucisse le cœur des gens de Daech, afin qu’ils cessent leurs agissements meurtriers. Prions à ce qu’Il chasse de leurs cœurs la haine et la violence et que l’amour y entre. » Cette année également, son monastère veut permettre aux réfugiés de ressentir la Miséricorde divine. « Comme par le passé, nous les soutiendrons avec des denrées alimentaires et autres choses. Mais nous voulons en particulier prier ensemble, surtout le Rosaire. Nous sommes les membres souffrant du corps du Christ et nous nous unissons ainsi à l’Église universelle et au pape. »

 

 

Décisif d’aimer comme Jésus

 

Au Liban, le Père Raymond Abdo veut profiter de l’Année sainte pour donner une réponse chrétienne à la persécution des chrétiens au Proche-Orient. « Les gens qui persécutent les chrétiens doivent rencontrer Jésus-Christ. La Miséricorde signifie donc de ne pas accepter de haïr ces gens », affirme ce carme de Tripoli, au nord du pays. « Il nous faut du courage pour prier pour eux et pour les aimer. En effet, ils ne savent pas ce qu’ils font lorsqu’ils persécutent des chrétiens. C’est ainsi que Jésus a agi sur la croix. »

Le père Raymond Abdo, supérieur des carmes du Liban, en compagnie d'une religieuse. « La Miséricorde signifie donc de ne pas accepter de haïr ces gens »

Le père Raymond Abdo, supérieur des carmes du Liban, en compagnie d’une religieuse. « La Miséricorde signifie donc de ne pas accepter de haïr ces gens »

 

Selon le Père Raymond, en cette Année de la Miséricorde, il est décisif d’aimer comme Jésus a aimé, et cet amour inclut également des croyants d’autres religions.

 

« L’Église au Proche-Orient exerce ses activités dans de nombreuses institutions fréquentées par des non-chrétiens. Nous devons aimer ces gens et être pour eux un modèle de la Miséricorde de l’Évangile. Jésus-Christ l’a fait avec les non-juifs. » Dans les établissements scolaires où il enseigne, 65 pour cent des élèves sont musulmans. Il ajoute « Respecter les élèves musulmans tout comme les élèves chrétiens : pour moi, c’est cela que signifie la Miséricorde. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Année de la Miséricorde est aussi célébrée à Gaza. Au cours des dernières années, la mince bande palestinienne le long de la Méditerranée a été le théâtre de plusieurs conflits israélo-palestiniens avec plusieurs centaines de morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de sans-abris. Nulle part, le conflit entre Israéliens et palestiniens ne s’exprime de façon aussi brutale qu’ici.

 

Plus de 1,8 million de personnes, dont seulement environ 1300 chrétiens, vivent dans cette région à forte densité de population. Le nombre de catholiques dépasse à peine les 160 personnes. Le Père Mario da Silva est curé de la communauté catholique de la Sainte-Famille. La légende veut que celle-ci ait traversé l’actuelle bande de Gaza lors de son périple en Égypte.

 

Apporter son aide pour la conversion des cœurs

 

Depuis quelques années déjà, ce Brésilien de l’institut argentin du verbe incarné (IVE) vit à Gaza-ville. Il y a déjà été témoin de plusieurs guerres. « Cette Année sainte représente une grande chance », indique-t-il à l’AED. « Nous, les chrétiens, pouvons réapprendre ce que signifie la Miséricorde de Dieu. Cela signifie aussi qu’il convient à nouveau de réfléchir sur la réalité du péché. Nous dépendons entièrement du pardon de Dieu. Nous avons l’occasion de ressentir d’une nouvelle manière le sacrement du Pardon. » Le Père Mario da Silva veut donc proposer en été des exercices de retraite mettant l’accent sur la Miséricorde de Dieu. En 2016, les sermons dominicaux porteront de manière plus soutenue sur la thématique du pardon.

Le père Mario da Silva. Cette photo fût prise durant un cessez-le-feu dans la Bande da Gaza, en août 2014. « Cette Année sainte représente une grande chance ».

Le père Mario Da Silva. Cette photo fût prise durant un cessez-le-feu dans la Bande da Gaza, en août 2014. « Cette Année sainte représente une grande chance ».

 

Pour le Père Da Silva, l’une des conséquences de la Miséricorde que Dieu témoigne envers les hommes se reflète dans le pardon que nous accordons les uns aux autres. « Depuis les tous premiers moments ici à Gaza, j’ai naturellement ressenti la haine que la population porte en soi à cause de la politique israélienne. Cette haine trouve ses racines dans l’injustice que les gens subissent ici jour pour jour. La haine est peut-être moins marquée parmi les chrétiens parce que le pardon fait partie de notre croyance. Mais évidemment, eux aussi connaissent ce sentiment. Ce n’est qu’humain. », estime le prêtre.

 

« Les guerres, la destruction, le niveau chômage élevé, également parmi les chrétiens : tout cela ronge les gens. Néanmoins, en tant que prêtre, je ne conçois pas ma mission primaire dans le changement de la situation politique. Ce n’est pas entre nos mains, bien qu’évidemment, l’Église nomme l’injustice par son nom. Ce que nous pouvons toutefois faire, c’est d’apporter notre aide afin que nos cœurs se convertissent », estime-t-il.

 

Redonner une culture du pardon

En Égypte, qui a une frontière commune avec la Bande de Gaza, la conversion des cœurs est également au centre des activités. Depuis quelques mois, le Père Beshoi est prêtre dans la localité chrétienne d’Azareia, en Haute-Égypte, près d’Assiout. Le religieux catholique copte voudrait faire renouer ses fidèles avec le sacrement de la Pénitence. « Nous avons besoin du pardon de Dieu. Chez nous, il y a tant de d’actes de vengeance à cause de l’honneur familial souillé. Les raisons sont souvent futiles. Mais les enchères montent jusqu’à ce qu’il y ait des morts. Et ce, alors que notre localité ne compte que des chrétiens.»

Un baptême en Égypte.

Un baptême en Égypte.

Selon lui, les habitants « se sont adaptés à la culture islamique environnante. Dans l’islam, Dieu est seulement considéré comme un législateur qui punit si l’on ne respecte pas ses commandements. C’est cette mentalité que je veux changer. Je veux mieux faire comprendre à mes frères et sœurs que Dieu est un Père miséricordieux qui nous pardonne. Et que c’est également la raison pour laquelle nous aussi devons nous pardonner mutuellement. L’Année de la Miséricorde tombe donc à point pour moi. »

 

Les problèmes sont nombreux, particulièrement parmi les adolescents de la localité. « Beaucoup d’entre eux se droguent, parce qu’ils se sentent mal aimés et incompris. Je veux leur montrer que Dieu les aime et les attend les bras ouverts. Je sais que Dieu peut accomplir des miracles dans les âmes. Récemment, un homme de presque soixante ans est venu me voir pour se confesser. C’était la première fois de sa vie qu’il le faisait ! J’espère que cette année, il y aura beaucoup de ces petits miracles ! »

 

L’Année sainte est également célébrée à l’extrême limite occidentale du monde arabe. Certes, le Maroc ne compte que peu de catholiques, dont la plupart sont d’ailleurs des étrangers. Mais ces rares catholiques participent activement à la vie de l’Église universelle, par exemple les sœurs de l’ordre du Carmel à Tanger.

« Nous accueillons cette Année sainte avec joie et reconnaissance. C’est une grande grâce que nous souhaitons vivre en communauté avec toute l’Église. Avec notre pauvreté et nos faiblesses, et en pleine conscience de notre nature pécheresse, nous sommes tous en route vers l’étreinte de Notre Père dont nous avons tant besoin », dit Sœur Maria Virtudes à l’AED.

Cette religieuse d’origine espagnole est mère prieure de la communauté des moniales. Celles-ci ont entamé le jubilé par une veillée de prières. « Nous avons imploré le Seigneur présent dans l’Eucharistie, en chantant à tour de rôle l’hymne composée à l’occasion de l’Année sainte, et nous sommes recueillies dans de longs moments d’adoration silencieuse. Avec la Vierge immaculée, nous y étions en communion avec toute l’Église. »

Des religieuses au Couvent des Carmélites de Tanger, au Maroc.

Des religieuses au Couvent des Carmélites de Tanger, au Maroc.

Oliver Maksan: AED International
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada

Égypte – En marge de la société

25.06.2015 in Adaptation Robert Lalonde, Égypte, Femme, Oliver Maksan

A Scene from Mukattam, an area in Cairo where mostly Coptic ChriÉgypte

En marge de la société

L’Église catholique en Égypte gère un établissement pour jeunes filles en difficultés – Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église pour permettre aux jeunes femmes de retrouver le chemin de la vie

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde. AED Canada

C’est un établissement absolument unique en Haute Égypte. Il est situé dans un village un peu à l’écart. Son nom ne sera pas divulgué ici pour assurer sa protection. Même les habitants de cette localité chrétienne ignorent ce qui se passe exactement dans cette maison. En effet, c’est un sujet extrêmement délicat.

Depuis quelques années, des jeunes filles chrétiennes qui ont de grands problèmes y trouvent refuge. Ce sont des jeunes femmes qui risquent d’être expulsées par leur famille et leur société. L’établissement est géré par des religieuses catholiques. « Les jeunes filles et les jeunes femmes qui viennent chez nous ont de grands problèmes », explique la religieuse qui dirige cette maison.

« L’amour chrétien est la clé »

Egypt, October/November 2012 A young Coptic woman lights a candl

Appelons-la sœur Mariam. « C’est pourquoi les prêtres de leurs villages d’origine les envoient ici. Certaines ont consommé des drogues ou entretenu une liaison avec un homme ; d’autres ont déjà séjourné en prison. Leurs familles les rejettent donc surtout parce qu’elles craignent de perdre leur bonne réputation. Notre mission est de leur donner espoir et de rediriger leurs jeunes vies vers la bonne voie. L’amour chrétien, ajoute sœur Mariam, est la clé du cœur de ces jeunes filles. Il est important qu’elles se sentent bien ici et qu’elles nous fassent confiance. Voilà pourquoi nous agissons d’une part de manière très discrète et que d’autre part, nous tentons de leur donner le sentiment d’être chez elles. »

Douze jeunes filles de 15 ans et plus vivent actuellement en permanence dans cette maison tandis que treize autres ne viennent que durant la journée. L’ambiance est détendue et gaie. « Je suis tellement reconnaissante de pouvoir être ici. Les bonnes sœurs sont nos amies », dit une très jeune fille qui n’a rejoint cet établissement que récemment. « Ici, on me prépare à la vie. En outre, les religieuses nous rapprochent de Dieu. »

La durée de cet accompagnement est variable, pouvant aller de quelques mois à quelques années. « Notre approche est axée sur différents niveaux, explique Sœur Mariam. D’une part, les filles apprennent chez nous un métier, comme celui de coiffeuse ou de couturière. Cela leur permet d’utiliser judicieusement le temps qu’elles passent chez nous. Plus tard, elles en tireront aussi une certaine indépendance. D’autre part, nous tentons d’approfondir leur relation avec Dieu. À notre avis, c’est absolument essentiel pour que les jeunes filles reprennent leur vie en main. La religiosité de la plupart d’entre elles n’était qu’assez superficielle avant leur arrivée ici. La prière et le service religieux à des heures fixes font donc partie intégrante du quotidien chez nous. »

Obliger une jeune fille chrétienne à se convertir à l’islam

 

Egypt, October/November 2012 Young praying woman, with covered hL’environnement humain des jeunes filles est également intégré. « Souvent, le comportement des jeunes filles dissimule aussi un problème plus profond au sein de la famille. Nous intégrons donc non seulement des psychologues à notre action, mais surtout les parents. Nous leur disons que peut-être que leur fille ne s’est pas sentie suffisamment aimée et que c’est pour cela qu’elle a cherché à avoir une relation avec un homme ou qu’elle s’est adonnée à la consommation de drogues. Dans beaucoup de cas, ajoute sœur Mariam, la réconciliation avec la famille réussit, particulièrement lorsque les familles perçoivent un changement dans le comportement de leur fille. Mais ce n’est pas toujours le cas. Une fois, la famille a refusé de réintégrer la jeune fille. Elle a donc dû aller vivre au Caire. »

La principale condition d’une réconciliation au sein de la famille est notamment qu’il ne soit pas encore publiquement connu qu’il y a eu des relations sexuelles avant le mariage. Sinon, ni les jeunes filles ni les familles n’ont le choix. « Si leur entourage apprend qu’une fille a eu des relations sexuelles hors mariage, elle est déshonorée. Sa famille ne pourra alors plus la soutenir. Il y a d’ailleurs déjà eu de nombreux cas de crimes d’honneur, même dans des familles chrétiennes. Malheureusement, cela n’a rien d’inhabituel dans les milieux ruraux. »

Les difficultés empirent encore lorsque des limites de religion sont dépassées. « En fait, c’est cela le problème principal. C’est très fréquent, assure Sœur Mariam. Lorsqu’une jeune fille chrétienne couche avec un musulman ou tombe même enceinte de lui, il s’ensuit de grands conflits à dimension religieuse. En Égypte, explique la religieuse, on ne se marie pas avec quelqu’un d’une autre religion que la sienne. Au point de vue social, ce n’est pas accepté. Et si ça l’est, la femme doit se convertir. »

À cela, viennent s’y ajouter les cas de chantage. « Chaque année, il y a des cas où un jeune musulman couche avec une jeune fille chrétienne et le filme avec son téléphone portable. Il se sert alors de cet enregistrement pour faire chanter la fille. Soit elle se convertit à l’islam, soit il menace de publier la vidéo. » Un prêtre que nous appellerons ici Kyrillos assure l’encadrement spirituel dans cet établissement. Il connaît toute une série de ces cas : « Rien que dans notre province, nous avons été témoins de 70 cas de ce genre au cours des dix dernières années, dans le but d’obliger une jeune fille chrétienne à se convertir à l’islam. Et nous ne parlons ici que des cas qui nous sont connus. En réalité, les chiffres sont probablement beaucoup plus élevés. »

Le Père Kyrillos a remercié l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse du soutien accordé à son établissement. « Nous sauvons ici la vie de jeunes femmes. Je remercie les donateurs de leur générosité, également au nom de nos jeunes filles. C’est la prière qui est décisive. Merci de prier pour nos jeunes femmes ! »

Vidéo de la Conférence de Marie-Claude Lalonde : Le sort tragique des chrétiens d’Orient

27.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Français, Irak, Persécution, PROJETS AED, Syrie

Robert Lalonde, AED Canada

Marie-ClaudeLe jeudi 22 janvier dernier, Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de Aide à l’Église en Détresse (AED) Canada, présentait une conférence sur le thème Le sort tragique des chrétiens d’Orient. Cette présentation, intitulée Le sort tragique des chrétiens du Moyen-Orient et organisée par le Centre culturel chrétien de Montréal, a attiré près d’une centaine de personnes. Pour écouter la vidéo de cette conférence, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien suivant : Le sort tragique des chrétiens d’Orient (vidéo produite par le Centre étudiant Benoît La croix)

ACN-20140930-13998Rappelons qu’un ouvrage intitulé Rapport sur la liberté religieuse dans le monde de 2014 a été publié par l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance AED, au début de novembre 2014. Ce rapport, publié tous les deux ans, qui a été compilé par des journalistes, des universitaires et des commentateurs, révèle des problèmes inquiétants pour les croyants dans 116 pays sur 196 dans le monde.

« Cet ouvrage qui démontre que la liberté religieuse est compromise dans près de 60 % des pays à travers le monde, nous explique Marie-Claude Lalonde, devrait envoyer aux gouvernements et aux chefs religieux le signal que cette question ne peut plus être ignorée. »

En plus du portrait tracé par la directrice nationale quant à la persécution vécue par les chrétiens lors des événements tragiques ayant eu lieu l’été dernier en Irak, Marie-Claude Lalonde a également parlé de la situation que vivent les chrétiens au Liban, en Égypte et en Syrie où persiste un conflit depuis mars 2011.

Et Marie-Claude de conclure enfin : «  Le programme de secours d’urgence de 5,77 millions de dollars – un des plus importants de l’histoire de l’AED -, qui est dorénavant en cours de réalisation en Irak, démontre l’ampleur du drame vécu par nos frères et sœurs irakiens. Nous avons toutefois beaucoup de travail devant nous, précise-t-elle, car nous savons que ces projets sont loin de mettre un terme à cette innommable catastrophe. La menace reste constante et la fragilité de leur cœur non moins persistante. »

https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

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COMMUNIQUÉ: Conférence de Marie-Claude Lalonde à Montréal : Le sort tragique des chrétiens d’Orient

21.01.2015 in AED, Aide à l'Église en détresse., Français, Irak, Persécution, PROJETS AED, Syrie

Robert Lalonde, AED CanadaMarie-Claude

Montréal, le mercredi 21 janvier, 2015 – Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de Aide à l’Église en Détresse (AED) Canada, présentera une conférence sur le thème Le sort tragique des chrétiens d’Orient. Cette présentation aura lieu le jeudi 22 janvier, à 19h30, au 2715 chemin de la Côte Sainte-Catherine, à Montréal.

ACN-20140930-13998Rappelons qu’un ouvrage intitulé Rapport sur la liberté religieuse dans le monde de 2014 a été publié par l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance AED, au début de novembre 2014. Ce rapport, publié tous les deux ans, qui a été compilé par des journalistes, des universitaires et des commentateurs, révèle des problèmes inquiétants pour les croyants dans 116 pays sur 196 dans le monde.

« Cet ouvrage qui démontre que la liberté religieuse est compromise dans près de 60 % des pays à travers le monde, nous explique Marie-Claude Lalonde, devrait envoyer aux gouvernements et aux chefs religieux le signal que cette question ne peut plus être ignorée. »

En plus du portrait que tracera la directrice nationale quant à la persécution vécue par les chrétiens lors des événements tragiques ayant eu lieu l’été dernier en Irak, Marie-Claude Lalonde parlera également de la situation que vivent les chrétiens au Liban, en Égypte et en Syrie où persiste un conflit depuis mars 2011.

ACN-20140731-11989De plus, les participants auront l’occasion d’entendre le témoignage de la Dr Catherine Elian, médecin syrienne qui a reçu sa formation médicale à Alep, en Syrie, et à Paris. Cette dernière, qui est établie à Montréal depuis deux ans, connaît bien la situation vécue par les chrétiens puisque certains membres de sa famille y demeurent toujours.

Et Marie-Claude de conclure enfin : «  Le programme de secours d’urgence de 5,77 millions de dollars – un des plus importants de l’histoire de l’AED -, qui est dorénavant en cours de réalisation en Irak, démontre l’ampleur du drame vécu par nos frères et sœurs irakiens. Nous avons toutefois beaucoup de travail devant nous, précise-t-elle, car nous savons que ces projets sont loin de mettre un terme à cette innommable catastrophe. La menace reste constante et la fragilité de leur cœur non moins persistante. »

https://secure.acn-aed-ca.org/fr/

Si vous êtes intéressé à contribuer une aide financière pour ce projet, veuillez téléphoner au: (514) 932-0552 poste 226

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À propos de l’AED

Aide à l’Église en Détresse (AED) est une association catholique internationale qui a pour mandat « le service de la charité fraternelle envers les Églises locales les plus souffrantes et nécessiteuses ». Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement l’Église en détresse dans plus de 145 pays.