Rapporteure spéciale pour la liberté religieuse et de conviction des Nations unies Nazila Ghanea : « La société civile joue un rôle crucial dans la défense de la liberté de religion ou de conviction »
À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes d’actes de violence en raison de leur religion ou de leurs convictions, la Rapporteure spéciale des Nations unies a adressé un message vidéo à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) (disponible en anglais sur notre page YouTube), soulignant l’urgence de défendre la liberté de religion ou de conviction pour tous.

Dans ce message vidéo adressé à l’AED à l’approche de la Journée internationale qui est célébrée chaque année le 22 août, la Rapporteure spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Mme Nazila Ghanea, a déclaré :
« La nécessité de défendre la liberté de religion ou de conviction, et de le faire à tous les niveaux — local, régional et mondial — est véritablement urgente. Partout dans le monde, d’innombrables personnes subissent chaque jour, inutilement, des violations de leurs droits de la personne et de leurs libertés fondamentales, uniquement en raison de leur religion ou de leurs convictions. »
À l’occasion de cette journée internationale, Mme Ghanea a appelé à un engagement renouvelé en faveur de la protection de l’un des droits humains les plus fondamentaux au monde.
Dans son message, elle rappelle que la liberté de pensée, de conscience et de religion est garantie par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle réaffirme également qu’elle doit l’être par de nombreux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de la personne.

Elle a souligné que ces droits continuent d’être bafoués, évoquant la réalité vécue par d’innombrables victimes à travers le monde : des femmes, des hommes, des jeunes et même des nouveau-nés emprisonnés en raison de préjugés religieux ; des discriminations enracinées non seulement dans la société, mais aussi au sein des gouvernements, des systèmes judiciaires, des services d’immigration et des administrations pénitentiaires ; ainsi que des violences perpétrées par des milices qui détruisent des communautés entières, confisquent des terres et contraignent des familles à l’exil.
Mme Ghanea a également souligné que ces violations touchent des personnes de religions et de convictions très diverses. Elle a cité notamment les chrétiens déplacés par la violence, les musulmans dont les lieux de culte sont attaqués, les bahaïs emprisonnés en raison de leur foi, les familles juives confrontées à des violences antisémites et les humanistes contraints de cacher leurs convictions.

« Les violences ne prennent pas toujours les mêmes formes. Leur gravité varie selon les périodes, les victimes et les lieux. Mais elles constituent toutes des violations des droits humains et de la liberté de religion ou de conviction », a-t-elle déclaré.
Dans son message, la Rapporteure spéciale a insisté sur le rôle indispensable de la société civile dans la protection du droit à la liberté de religion ou de conviction.
« La société civile joue un rôle crucial pour lutter contre ces violations, pour défendre l’humanité et l’égalité des victimes, quelle que soit leur appartenance religieuse ou philosophique. Elle joue un rôle essentiel dans le signalement des abus, dans la promotion de la compréhension mutuelle et du bon voisinage au niveau local, en temps de guerre comme de paix, dans l’obtention de réparation et dans le soutien aux processus de reconstruction. »
Le message de Mme Ghanea reflète étroitement les objectifs de la Pétition Article 18 de l’AED, lancée à l’occasion du 25e anniversaire du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde. Inspirée de l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, cette pétition appelle les gouvernements à respecter, protéger et promouvoir le droit de toute personne à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
La Pétition Article 18 de l’AED vise à donner une voix à ceux qui ne peuvent pas vivre librement selon leur religion, à sensibiliser le public au sort des millions de personnes qui continuent de souffrir dans le monde en raison de leur religion ou de leurs convictions, et à encourager la solidarité ainsi que des actions concrètes en faveur de ce droit humain universel.
Plus de 32 500 personnes à travers le monde — parmi lesquels des évêques, des responsables religieux et des représentants de la société civile et d’institutions publiques de nombreux pays — ont déjà signé la pétition de l’AED. L’œuvre pontificale invite les personnes, les communautés et les institutions à unir leur voix à cette initiative en faveur d’un droit humain universel qui appartient à chacun.
Mme Ghanea a conclu son message en déclarant :
« La nécessité de redynamiser et de mieux coordonner nos efforts, ainsi que de renforcer notre détermination à protéger et promouvoir le droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction, demeure permanente et urgente. Cette journée est l’occasion de réaffirmer son importance pour tous. »
La Pétition Article 18 de l’AED peut être signée à l’adresse suivante :
www.acn-canada.org/fr/rlr.






