Mozambique : des religieuses attaquées, un évêque dénonce la violence

Ce n’est pas la première fois qu’une communauté religieuse est violemment attaquée dans ce pays africain, qui continue par ailleurs à faire face à une insurrection armée dans le nord. (Photo de bannière : le 30 avril dernier, une église historique a été totalement détruite lors d’une attaque.)

Le président de la Conférence épiscopale du Mozambique a dénoncé une « augmentation exponentielle » de la criminalité dans le pays à la suite d’une attaque contre la résidence d’une communauté de religieuses dans l’archidiocèse de Nampula.

Mgr Inácio Saure, archevêque de Nampula et président de la Conférence épiscopale du Mozambique

L’agression a eu lieu le 8 août à Mecuburi. Peu après minuit, des criminels ont escaladé les murs de la propriété et se sont introduits dans le bâtiment, qui sert également de foyer pour jeunes filles.

Au cours de cette épreuve, deux religieuses ont été physiquement agressées et ont dû recevoir des soins médicaux. Un agent de sécurité a également été battu avec une extrême violence et se trouve actuellement dans un état critique à l’hôpital, selon Mgr Inácio Saure, archevêque de Nampula et président de la Conférence épiscopale du Mozambique.

Dans un message adressé à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) peu après les faits, l’archevêque a indiqué que les deux religieuses agressées, toutes deux originaires du Kenya, résident désormais dans une autre communauté religieuse à Nampula.

Il a également précisé que, contrairement à certaines rumeurs, aucune des religieuses n’a été victime d’agression sexuelle.

« Ce n’est pas le moment de faire de grandes déclarations sur cette affaire, mais la criminalité augmente de manière exponentielle à Nampula et dans le pays en général », a déclaré l’archevêque à l’AED.

Cette intrusion fait écho à un incident similaire survenu il y a un peu plus d’un an, en juin, dans le diocèse de Pemba. Un groupe de 18 criminels armés de machettes, de barres de fer et d’autres armes avait alors fait irruption dans la maison des Sœurs Mercédaires du Saint-Sacrement.

Les assaillants avaient neutralisé les gardiens et dérobé des ordinateurs, des téléphones portables ainsi que le peu d’argent dont disposaient les religieuses. Ils avaient ensuite conduit les sœurs dans la chapelle, menaçant de décapiter l’une d’entre elles et de mettre le feu au bâtiment avec toutes les autres enfermées à l’intérieur. Finalement, ils avaient renoncé à leurs menaces avant de quitter les lieux.

Plus récemment, un individu s’est introduit dans la résidence de l’évêque de Quelimane (photo) et a abattu le prélat. Un prêtre, un gardien et le jardinier ont été arrêtés par la police, mais le crime n’a toujours pas été élucidé. Le pape Léon a récemment écrit au président du Mozambique pour demander des explications.

Parallèlement, le diocèse de Pemba, qui couvre la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays, reste confronté à une insurrection armée menée par des groupes djihadistes. Le conflit a causé au moins 6 300 morts et 1,2 million de déplacés internes. Des dizaines d’églises et de bâtiments appartenant à l’Église ont été attaqués et incendiés. Au moins un catéchiste et une religieuse, l’Italienne Maria Coppi, ont été tués.

L’AED soutient plusieurs projets au Mozambique et accompagne depuis plusieurs années l’Église locale dans sa réponse à la crise qui touche la province de Cabo Delgado.