Le cardinal Parolin dénonce la persécution des chrétiens dans un discours à l’ONU

Le secrétaire d’État du Saint-Siège a également attiré l’attention sur les nombreux conflits qui continuent de ravager le monde.

Le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, a fermement dénoncé la persécution dont sont victimes les chrétiens dans de nombreuses régions du monde lors d’un discours (en anglais) prononcé le 26 septembre 2026.

Le cardinal Pietro Parolin en octobre 2025, lors du lancement du Rapport sur la liberté religieuse 2025 à Rome.

S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le cardinal Parolin a déclaré que « malheureusement, dans de nombreuses régions du monde, les chrétiens continuent de souffrir de discrimination, de violence et même de persécution ouverte simplement en raison de leur foi. Des églises sont attaquées, des communautés déplacées, et des personnes sont tuées ou emprisonnées ».

« Tout en condamnant toutes les formes de discrimination religieuse, le Saint-Siège élève sa voix en faveur de ces frères et sœurs, non pas dans un esprit de défense exclusive, mais parce que la défense de la liberté d’une communauté renforce la liberté de toutes les autres. Garder le silence face à de telles souffrances constituerait une trahison de la mission de l’Église et des droits humains universels que la communauté internationale s’est engagée à défendre », a ajouté le cardinal.

Une icône, objet sacré du christianisme, détruite à l’église Saint-Georges de Maloula, Syrie (2021).

La liberté religieuse constitue l’un des piliers de l’action de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED). Outre la publication du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde, l’organisation internationale a également lancé une pétition appelant au respect de la liberté religieuse comme droit fondamental et non comme un privilège.

Selon l’édition 2025 du rapport, plus de 5,4 milliards de personnes  soit près des deux tiers de l’humanité, vivent dans des pays où la liberté religieuse n’est pas pleinement garantie. Le rapport identifie de graves violations dans 62 pays : 24 sont classés dans la catégorie de la persécution et 38 dans celle de la discrimination.

Bien qu’il soit difficile d’établir des chiffres précis, puisque tous les chrétiens d’un même pays ne sont pas confrontés au même niveau de difficulté, l’AED estime qu’environ 220 millions de chrétiens vivent dans des régions où ils risquent directement d’être victimes de persécutions.

Des hosties consacrées, brûlées lors de l’une des nombreuses attaques contre les chrétiens dans le diocèse de Makurdi, au Nigeria. Une véritable profanation pour les catholiques.

Évoquant la situation de nombreux réfugiés, migrants et demandeurs d’asile, le secrétaire d’État a insisté sur le fait que la dignité de chaque personne « ne dépend ni de sa situation géographique ni de son statut socio-économique ».

« Ceux qui migrent, ou qui sont contraints de migrer, conservent toujours leur dignité. Il est essentiel de continuer à s’attaquer aux causes profondes afin que migrer redevienne un choix et non une nécessité imposée par les circonstances. Il est important de ne pas ignorer le sort de ceux qui cherchent refuge, de ceux qui ont été forcés de quitter leur patrie et de ceux qui entreprennent des voyages périlleux. »

Guerres et crises humanitaires

La situation en Terre Sainte, et plus largement au Moyen-Orient, a occupé une place importante lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Le cardinal Parolin y a fait référence tout en évoquant également d’autres conflits à travers le monde.

« Le Saint-Siège réitère son appel à mettre fin aux violences continues contre la population civile palestinienne en Cisjordanie, en particulier à l’escalade des hostilités, aux démolitions d’habitations et aux restrictions de circulation qui provoquent le déplacement des communautés palestiniennes. »

Selon les partenaires de projet de l’AED sur le terrain, les chrétiens sont particulièrement touchés par ces déplacements.

Attaque par des colons israéliens en juillet 2025, contre le village chrétien de Taybeh, en Cisjordanie.

Évoquant la situation en République démocratique du Congo, le cardinal Parolin a déclaré :

« Le Saint-Siège est préoccupé par les attaques terroristes, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, qui visent à plusieurs reprises la population civile, y compris les communautés chrétiennes, et se traduisent par des assassinats, des enlèvements et la destruction de villages ainsi que de structures ecclésiales. »

Le discours a également mentionné la situation au Soudan, au Soudan du Sud, en Somalie et dans la région du Sahel, ainsi que le sort des Rohingyas et les violences qui frappent la province de Cabo Delgado, au Mozambique, un sujet sur lequel l’AED alerte depuis plusieurs années.

Le secrétaire d’État a également évoqué les pays d’Amérique latine, notamment le Venezuela, Haïti, Cuba et le Nicaragua, ainsi que le processus de paix actuellement en cours entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Le Saint-Siège n’est pas membre à part entière de l’Organisation des Nations unies. Il dispose du statut d’État observateur permanent, qui lui permet de participer aux débats et aux assemblées, de présenter des propositions et de siéger à l’Assemblée générale, sans toutefois disposer du droit de vote ni du pouvoir de parrainer des résolutions.