Profanation à Medjugorje, dernière d’une vague d’attaques d’églises

De l’Espagne aux États-Unis, plusieurs églises ont été vandalisées au cours des trois derniers mois. Bien que ces attaques semblent sans lien les unes avec les autres, elles montrent que la liberté religieuse ne doit pas être tenue pour acquise, même dans des pays à majorité chrétienne.

Le célèbre sanctuaire européen de Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine, a été vandalisé et profané dans les premières heures du mardi 28 juillet.

Juillet 2026 : Sur le socle de la statue de la Vierge Marie, l’inscription « Le diable en jupe » a été peinte en slovène. Les autorités ont recouvert la statue après qu’un vandale a lancé de la peinture noire sur son visage.

Les autorités locales enquêtent sur cet incident, qui a notamment impliqué la profanation d’une statue de la Vierge Marie ainsi que des dommages causés par un incendie.

Ce cas est le plus récent d’une vague d’attaques contre des églises dans plusieurs pays d’Europe et des Amériques. Ces actes comprennent du vandalisme, des profanations, des incendies criminels ou des vols, suscitant des inquiétudes face à un phénomène grandissant d’attaques visant les lieux de culte chrétiens.

Si les circonstances et les motivations diffèrent d’un cas à l’autre, tous présentent un point commun : des églises et des symboles religieux chrétiens ont été délibérément pris pour cible. La succession de ces incidents a alarmé les communautés locales et ravivé les inquiétudes face à une hostilité croissante envers les lieux de culte, même dans des pays où les chrétiens constituent la majorité de la population.

Selon les informations recueillies par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) à partir de reportages des médias locaux, des incidents se sont produits en Espagne, en France, en Italie, en Allemagne, en Irlande du Nord, en Belgique, en Colombie, au Nicaragua, en Pologne, au Mexique, en République dominicaine et aux États-Unis.

Au Nicaragua, un pays où l’Église subit depuis plusieurs années une grave persécution de la part de l’État, une église a été cambriolée à deux reprises dans le diocèse d’Estelí, les 13 et 16 juin. Les voleurs ont emporté des instruments de musique et du mobilier, mais ils ont également détruit une image de Jésus dans la paroisse San Francisco de Asís. Le père Muñoz a exprimé son regret face à ce qui s’est passé, affirmant que cet incident révélait une perte de valeurs et de respect pour le sacré. Le prêtre a ajouté que les responsables de ce crime ignoraient le caractère sacré de la maison de Dieu et a souligné qu’ils avaient également volé une bonbonne de gaz.

Un autre incident très préoccupant s’est produit dans le sud-ouest de la France, où des individus se sont introduits dans une église de Mugron et ont volé le Saint-Sacrement dans le tabernacle. Le cambriolage a eu lieu entre les 14 et 17 juin et fait l’objet d’une enquête des autorités. Un crime similaire s’est produit entre les 5 et 6 juillet dans l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Lille, où des objets liturgiques ainsi que le tabernacle contenant les hosties consacrées ont été volés. Le 5 juillet, un homme a été arrêté après être entré dans l’église Saint-Étienne de Mulhouse et avoir vandalisé la croix de l’autel, plusieurs bancs et des confessionnaux. L’homme a ensuite été déclaré pénalement irresponsable en raison de son état psychiatrique par les autorités. Ces événements sont les plus récents d’une longue série d’incidents visant des églises en France, où les incendies criminels contre des églises catholiques sont devenus relativement fréquents. Le 12 juin, quelques jours avant la profanation de Mugron, deux églises ont été partiellement détruites par des incendies, en Bretagne et dans le Gers. Un peu plus d’une semaine plus tard, le 24 juin, une nappe d’autel a été incendiée dans une église de Val d’Oust. Des incendies criminels similaires ou des tentatives d’incendie ont également été signalés en Belgique le 8 juin, en Italie le 16 juin, en Irlande du Nord le 28 juin et en Allemagne le 29 juin. Une semaine plus tôt, le 22 juin en Allemagne, un homme avait été arrêté pour avoir gravement endommagé l’orgue d’une église ainsi que des œuvres d’art religieux dans une église de Friesoythe.

Le diocèse de Saltillo, au Mexique, a également été touché par un vol du Saint-Sacrement dans le tabernacle le 12 juin. Dans ce cas, il semble toutefois que les criminels recherchaient les vases sacrés plutôt que l’Eucharistie elle-même, puisqu’ils ont abandonné les hosties consacrées à proximité. L’évêque du diocèse a appelé à la prière et a ordonné un acte de réparation avant que l’église puisse être de nouveau utilisée.

Plus récemment, le 12 juillet, des criminels se sont introduits dans trois églises différentes du diocèse de Saint-Domingue, en République dominicaine. Ils ont forcé les tabernacles afin de voler des vases sacrés, laissant l’Eucharistie répandue sur le sol et sur l’autel.

Des actes de vandalisme ont également été commis en Espagne. En Catalogne, un groupe de jeunes s’est introduit dans l’église Notre-Dame-de-la-Paix, à Òdena, le 19 mai, causant d’importants dommages matériels à l’intérieur de l’édifice, profanant l’autel et une Bible, volant des objets métalliques, notamment des instruments, et couvrant les murs de graffitis. Cet acte a suscité la colère des habitants, d’autant plus que les autorités ont choisi de fermer l’église afin d’éviter d’autres problèmes plutôt que de renforcer les mesures de sécurité.

Le 8 juin, un jeune homme a été arrêté après avoir vandalisé et profané l’église de l’Assomption à Łubów, en Pologne. Apparemment en état d’ébriété, il a uriné sur le sol de l’église et endommagé plusieurs objets religieux.

Un incident plus grave s’est produit en Colombie le 18 juin, lorsqu’un groupe armé non identifié a utilisé des drones pour lancer des explosifs au cours de combats dans la région du Catatumbo. Une église chrétienne située dans une zone rurale de Tibú a été touchée, blessant l’épouse d’un pasteur. Le lendemain, une autre attaque par drone dans le même secteur a tué un garçon de dix ans et blessé cinq autres personnes. Le nord de la Colombie est l’une des régions les plus touchées par la violence interne, mais les raisons de cette attaque demeurent inconnues.

À Cali, en Colombie, une statue a été vandalisée dans la chapelle La Ermita.

Toujours en Colombie, mais cette fois dans la ville de Cali, un homme a causé d’importants dégâts à la chapelle La Ermita, brisant des statues et détruisant de précieuses œuvres d’art sacré le 6 mai. L’auteur des faits, âgé de 27 ans, a été rapidement arrêté et les autorités estiment qu’il souffrait d’un épisode psychotique. La population locale est néanmoins demeurée profondément choquée et bouleversée par les dégâts causés lors de cet accès de violence.

La veille, à Oakland, en Californie, des assaillants non identifiés ont endommagé l’église Saint-Columba, brisant des croix et d’autres images religieuses, et allant jusqu’à détériorer une fontaine érigée à la mémoire de six étudiants irlandais décédés dans un accident en 2015. La Conférence des évêques catholiques des États-Unis tient une liste de ce type d’incidents, qui est régulièrement mise à jour.

Cette vague d’attaques confirme la mise en garde formulée par l’expert en liberté religieuse José Luis Bazán, l’un des auteurs du Rapport sur la liberté religieuse dans le monde de l’AED, selon laquelle la liberté religieuse et le droit à la liberté de culte ne sont pas acquis, même dans les pays à majorité chrétienne.

Bien que ces incidents diffèrent par leur nature et leur gravité, leur fréquence sur une période aussi courte suscite des inquiétudes quant à la protection des lieux de culte et au respect des croyances religieuses.

Ils rappellent également que les menaces contre la liberté religieuse peuvent aussi se manifester par des attaques répétées contre les communautés religieuses et leurs lieux sacrés dans les pays occidentaux.

En octobre 2020, une vague de manifestations a également pris pour cible des églises au Chili. Ici, sur un mur de l’église de l’Assomption, à Santiago, on peut lire : « Jusqu’à la voir brûler. »

S’adressant au Parlement espagnol le 8 juin, le pape Léon XIV a souligné que « la liberté de pensée, de conscience et de religion » est « une question décisive pour toute société véritablement démocratique ». Il a également déclaré qu’un État authentique « reconnaît la dimension religieuse de la personne » et que, par conséquent, « il ne se contente pas de la respecter, mais il la protège également ».

Les récentes attaques contre des églises à travers l’Europe et les Amériques rappellent que la protection de la liberté religieuse consiste non seulement à défendre le droit de croire, mais aussi à veiller à ce que les lieux de culte soient respectés et protégés.