Plus de 30 000 déplacés alors que la violence s’intensifie au Liban
Aide à l’Église en Détresse (AED) est restée en contact avec ses partenaires de projets dans les zones touchées par les frappes aériennes afin d’évaluer les besoins en aide d’urgence. (Photo de bannière : archive de mai 2025 alors que la région du sud du pays était touchée par des bombardements destructeurs).
Près de 30 000 personnes ont été déplacées à la suite d’une vague de frappes aériennes nocturnes qui ont touché le Liban le lundi 2 mars, selon les chiffres publiés par le gouvernement libanais. Ces attaques ont brisé le calme fragile qui prévalait ces derniers mois.
Selon le personnel local de l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) au Liban, plus de dix frappes aériennes puissantes ont visé la banlieue sud de Beyrouth vers 2 h 30 du matin lundi. Des explosions ont été entendues bien au-delà de la capitale, notamment dans la région de Keserwan. D’autres frappes ont ciblé le sud du Liban et la vallée de la Beqaa.
Après des mois de frappes israéliennes quasi quotidiennes, les tensions se sont intensifiées lorsque le Hezbollah a revendiqué des tirs de missiles en direction d’Israël, provoquant une riposte immédiate et mettant effectivement fin au fragile cessez-le-feu.
Des avertissements d’évacuation auraient été envoyés à environ 50 villages, poussant des milliers de familles à prendre la route. Les autoroutes quittant le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth ont rapidement été saturées. De nombreuses familles sont restées coincées dans les embouteillages pendant des heures alors que le déplacement se déroulait, a rapporté le personnel local de l’AED.
Tout au long de la journée, l’œuvre pontificale est restée en contact direct avec les partenaires ecclésiaux de ses projets, évêques et communautés religieuses, afin d’évaluer les conditions de sécurité et les besoins humanitaires urgents.
À Saïda, l’archevêque grec-melkite Elie Haddad a décrit l’atmosphère tendue : « Des missiles passent au-dessus de nos têtes. »
La région n’a pas encore été directement touchée, mais des écoles publiques ont ouvert leurs portes pour accueillir les familles déplacées, et des centres paroissiaux ont commencé à recevoir ceux qui fuient les bombardements.
Plus au sud, à Tyr, l’archevêque grec-melkite Georges Iskandar a indiqué à l’AED que des infrastructures de l’Église hébergent déjà des familles chrétiennes. Il estime qu’environ 800 familles chrétiennes de son diocèse pourraient bientôt avoir besoin d’aide si l’escalade se poursuit.
Décrivant le coût humain de la reprise des violences, il a déclaré : « Les gens sont épuisés; ils craignent pour leurs enfants et pour leur avenir; ils aspirent à une vie simple et ordinaire : qu’un enfant puisse aller à l’école sans peur, qu’une personne âgée puisse dormir paisiblement dans sa maison, qu’un père et une mère puissent travailler pour gagner leur pain quotidien dans la dignité. »
« En tant que pasteur de cette Église locale, ma première préoccupation est de rester proche de ces personnes innocentes : être présent parmi elles, écouter leur souffrance, prier avec elles et leur rappeler que leur dignité est protégée aux yeux de Dieu, et que l’espérance chrétienne ne repose pas sur des rapports de force mais sur la foi au Seigneur de l’histoire, qui veut la paix pour son peuple. »
L’archevêque maronite Charbel Abdallah, de Tyr, a indiqué que si de nombreux habitants de la ville restent pour l’instant chez eux, des chrétiens des villages frontaliers ont commencé à évacuer.
« Ce sont les nôtres »

Dans la vallée de la Beqaa, la crise se déroule d’une manière qui rappelle la guerre de 2024. L’évêque maronite Hanna Rahme, de Baalbek–Deir El Ahmar, a rapporté que des familles musulmanes et chrétiennes de Baalbek cherchent de nouveau refuge à Deir El Ahmar. Beaucoup d’entre elles sont les mêmes familles qui y avaient été accueillies lors du conflit précédent. Des écoles publiques ont rouvert pour héberger les déplacés, et l’église Sainte-Nohra offre également un abri.
Malgré des moyens extrêmement limités, l’évêque Rahme a insisté sur le fait que l’Église n’abandonnera pas ceux qui sont dans le besoin : « Ce sont les nôtres; nous prendrons soin d’eux avec ce que nous avons. »
Dans le village voisin de Zboud, environ 100 personnes ont trouvé refuge dans une école tenue par les Sœurs du Bon Service. L’établissement a désormais atteint sa pleine capacité. Sœur Jocelyne Joumaa a averti : « Nous sommes en sécurité pour le moment, mais ce sera certainement bientôt notre tour. »
Alors que le gouvernement libanais a ouvert des abris publics et mis en place des lignes d’urgence, la situation demeure extrêmement volatile. Plusieurs diocèses ont indiqué que si l’escalade se poursuit, ils pourraient être contraints de solliciter une aide internationale pour fournir nourriture, trousses d’urgence et soutien de base aux familles déplacées.
Aide à l’Église en Détresse continue de suivre de près l’évolution de la situation et se tient prête à intervenir à mesure que les besoins se préciseront dans les prochains jours. L’œuvre appelle également à la prière pour la paix et la stabilité au Liban et dans l’ensemble du Moyen-Orient.
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