L’Église locale espère que cette visite marquera un « avant et un après », plus de quarante ans après la dernière.
Attention : ce texte a été écrit avant la visite du pape Léon qui s’y déroule du 21 au 23 avril, dernière étape d’un périple africain qui l’a aussi mené en Algérie, au Cameroun et en Angola.
L’Église en Guinée équatoriale vit un temps d’espérance profonde et de préparation spirituelle en vue de la visite prochaine de Sa Sainteté le pape Léon XIV. Cet événement historique coïncide avec les célébrations du 170e anniversaire de la première évangélisation du pays, en 1855.
Plus de quarante ans après la visite de Jean-Paul II en 1982, les fidèles se préparent intensément à accueillir le Saint-Père. Les deux visites diffèrent toutefois grandement. « En 1982, la visite apostolique s’inscrivait dans un voyage plus large en Afrique et constituait davantage une étape. Cette fois-ci, la visite est spécifiquement consacrée à la Guinée équatoriale, ce qui souligne son importance symbolique et pastorale pour le pays », explique le père Sebastián Mba Nguema Mokuy, recteur du grand séminaire interdiocésain « La Purísima » à Bata.
« À cette occasion, saint Jean-Paul II a laissé un message qui m’est resté en mémoire : “Guinée équatoriale, lève-toi.” Aujourd’hui, cet appel résonne avec encore plus de force. C’est cet esprit que nous devons retrouver », confie-t-il à l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED).

Une mobilisation spirituelle à grande échelle des croyants
Chaque diocèse du pays organise des rencontres de formation, des sessions de catéchèse et diverses activités pastorales. « Cette fin de semaine, j’ai pris la parole lors d’une conférence de préparation spirituelle réunissant entre 500 et 600 fidèles à Mongomo, issus de groupes et d’associations apostoliques, afin de préparer leurs cœurs à l’arrivée du pape », explique le prêtre.
La devise de ce voyage papal, prévu du 21 au 23 avril, est :
Le Christ, lumière de la Guinée équatoriale, vers un avenir d’espérance, une invitation à redécouvrir la foi comme guide moral et source de transformation sociale.
La Guinée équatoriale compte environ 1,5 million d’habitants, dont plus de 97 % se déclarent chrétiens, parmi lesquels 85 % sont des catholiques baptisés. Il subsiste toutefois de nombreuses situations où la foi se mêle à des pratiques religieuses traditionnelles, ce qui rend la visite du pape particulièrement significative.

Selon le père Sebastián, cette visite intervient dans un contexte de défis pastoraux, notamment la croissance de groupes sectaires, la sécularisation et certaines tensions sociales. « Le peuple a peu à peu perdu l’élan spirituel reçu en 1982. L’arrivée du pape doit être un temps d’aggiornamento, de transformation profonde », affirme-t-il, ajoutant qu’il « doit y avoir un avant et un après cette visite. C’est un moment de renouveau intérieur, de rencontre avec le Christ et de consolidation de notre foi en tant que communauté. »
Une rencontre avec les jeunes, les familles et les plus vulnérables
Le programme du voyage comprend plusieurs moments pastoraux forts. L’un des plus marquants sera la grande rencontre avec les jeunes, les familles et les mouvements apostoliques au stade de Bata.
Cet événement s’inscrit dans une initiative récente de l’Église locale. Le Rassemblement national des jeunes a tenu sa première édition en 2024, avec le soutien de l’Aide à l’Église en Détresse. Inspirée par les Journées mondiales de la jeunesse auxquelles participait le pape François, l’Église en Guinée équatoriale a décidé d’en faire un événement biennal.
L’édition prévue en 2026 devait initialement se tenir à Malabo, mais elle a été déplacée à Bata afin de coïncider avec la visite du Saint-Père, renforçant ainsi sa portée ecclésiale et nationale.
Le pape visitera également un centre psychiatrique, portant un message d’espérance aux plus vulnérables, et présidera un moment de prière pour les victimes des explosions du 7 mars 2021 à Bata. Ces explosions, survenues dans une caserne militaire, ont fait plus d’une centaine de morts et environ 500 blessés. Cette tragédie, causée par la détonation accidentelle d’explosifs stockés, a profondément marqué la société et demeure un symbole de souffrance collective.
Le rôle essentiel de l’AED pour l’Église locale

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) accompagne depuis longtemps l’Église en Guinée équatoriale, en soutenant la formation des séminaristes, la construction d’infrastructures et le travail pastoral dans un contexte de ressources très limitées.
Le grand séminaire interdiocésain, qui accueille 76 étudiants, manque de matériel essentiel. « Nous sommes très heureux de recevoir cette aide, car elle rend notre mission possible », souligne le père Sebastián. « Ce n’est pas seulement une aide matérielle, mais un signe concret de la charité de l’Église universelle. »
« Dieu est proche de notre peuple », conclut-il. « Nous espérons que cette visite ravivera notre foi et nous aidera à avancer avec espérance vers l’avenir. »
Le message du prêtre est clair : « Nous ne devons pas voir les difficultés comme une fatalité, mais comme une occasion de reconstruire. Aujourd’hui, comme en 1982, nous continuons d’entendre cet appel fort : Guinée équatoriale, lève-toi ! »





