Alep : peur et traumatisme persistent malgré le retour à la normale

L’organisation Aide à l’Église en Détresse (AED) s’engage à aider la communauté chrétienne de Syrie à reconstruire ses maisons et ses vies.

La violence à Alep, deuxième ville la plus importante de Syrie, s’est atténuée après le retrait des forces de la coalition dirigée par les Kurdes qui occupaient deux quartiers en défi des forces gouvernementales.*

Bien qu’aucune des parties au conflit n’ait pris la communauté chrétienne pour cible, de nombreux chrétiens ont perdu leurs maisons et leurs biens lors des combats, selon Marielle Boutros (photo), responsable du bureau de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) à Beyrouth, qui couvre également la Syrie.

« De nombreuses maisons chrétiennes ont été brûlées ou autrement endommagées. Nous travaillons encore sur les chiffres, mais de mémoire je peux dire que nous avons environ 25 maisons entièrement détruites et environ 350 qui ont subi des dégâts mineurs, moyens ou majeurs. L’Église évalue actuellement les dommages pour voir comment aider les chrétiens à retourner dans leurs maisons et à reconstruire », explique Boutros. L’AED s’est engagé à aider la communauté chrétienne à retourner chez elle et a déjà plusieurs projets en cours pour réparer les dégâts et reconstruire ce qui a été détruit, en coordination avec les institutions locales de l’Église.

La violence a malheureusement fait des morts et laissé d’autres blessés, pris dans des tirs croisés.

Alep – Syrie – Le 7 janvier 2026, le père Fadi Azar a accueilli des personnes âgées et des enfants fuyant les conflits.

Entre-temps, la vie a repris son cours normal à Alep, mais l’état d’esprit des habitants est plus difficile à réparer, affirme Boutros. « Pour le moment, les choses sont très calmes, revenues à la normale, mais ce qui est réellement affecté, c’est la psychologie des gens, la situation, la peur, le traumatisme qui a résulté de cette mini-guerre survenue à Alep. Cela a ravivé des souvenirs de la guerre civile, des traumatismes qui étaient probablement enfouis depuis longtemps. Ainsi, nous voyons que les gens vont bien, les magasins sont ouverts, les cours ont repris, mais ce qui n’est pas encore revenu à la normale, c’est l’état émotionnel des personnes. »

Elle estime que la situation est d’autant plus tragique que lors de sa dernière visite en Syrie, en décembre, pour une conférence d’organisations caritatives chrétiennes actives dans le pays, elle avait observé un optimisme naissant au sein de la communauté locale. « Je suis repartie avec des impressions positives à cause des gens, en fait. Parce que les chrétiens commencent à penser plus librement, ils sont davantage capables de rêver et prêts à investir de nouveau en eux-mêmes, à aimer à nouveau leur pays, même si de graves problèmes demeurent », explique-t-elle, tout en précisant que cela ne s’applique pas nécessairement à d’autres minorités religieuses ou ethniques, comme les Druzes ou les Alaouites, qui ont subi des persécutions plus graves au cours de l’année écoulée.

*Enfin, le vendredi 30 janvier 2026, un accord a été annoncé entre le gouvernement et les FDS. Prions pour que cette étape conduise à une paix et à une stabilité durables.

Continuez à prier pour la paix et pour les communautés chrétiennes en Syrie. L’icône de Notre-Dame des Douleurs, Consolatrice des Syriens, a été écrite en 2019 pour soutenir moralement et spirituellement tous les Syriens.

Aide à l’Église en Détresse (AED) mène plusieurs projets dans le nord-est de la Syrie, notamment un soutien à des camps d’été pour enfants, des intentions de messe pour soutenir le clergé local, ainsi qu’une aide financière aux écoles chrétiennes. L’organisation reste en contact étroit avec les communautés chrétiennes locales.

« Il est temps pour la Syrie de tourner la page sur des années de conflit. Le peuple syrien veut simplement vivre en paix », conclut Marielle Boutros.