Montréal, 22 octobre 2025 — « La perte de liberté religieuse, de conscience et de conviction suit pratiquement la même courbe que celle de la liberté de presse, encore une fois cette année. »
Ce constat, Marie-Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse (AED) Canada depuis 25 ans, l’observe de plus en plus clairement.
« La carte préparée par Reporters sans frontières (RSF) pour son rapport et celle que l’AED a produite pour le Rapport sur la Liberté Religieuse dans le Monde 2025 ne mentent pas. La perte de liberté de la presse, telle qu’enregistrée par RSF et la perte de liberté religieuse documentée par l’AED dans son rapport publié le 21 octobre, est quasi similaire. C’est inquiétant ! »
Si elle n’est malheureusement pas surprise par la dégradation de ce droit fondamental ailleurs dans le monde, Mme Lalonde s’inquiète désormais de la montée de la violence et des gestes d’intolérance ici même, au Canada. « J’avais l’habitude de dire qu’ici, il s’agissait surtout d’indifférence ou d’inconfort face au fait religieux. Ce n’est plus le cas. Depuis deux ans, nous voyons augmenter les crimes haineux à caractère religieux, et surtout, une discrimination à peine cachée. »
Elle ajoute : « Au Québec, il est difficile de ne pas s’inquiéter quand les déclarations du gouvernement de M. Legault glissent vers une laïcité fermée, opposée à toute expression religieuse dans l’espace public. En ce sens, je partage les préoccupations des évêques du Québec. Jusqu’où ira-t-on dans la restriction de la liberté religieuse ? »
Une liberté à protéger
Le Rapport 2025 de l’AED souligne pour le Canada une hausse de 32 % des crimes haineux à caractère religieux, touchant surtout les communautés juives et musulmanes — une tendance également observée dans d’autres pays de l’OCSE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).
Entre 2021 et 2024, 33 églises ont été incendiées au Canada, dont 24 confirmées comme des actes criminels. « Il y a de quoi être inquiets », souligne Mme Lalonde.
Autre sujet de préoccupation : la liberté de conscience face à l’euthanasie. « Le personnel de santé ou des institutions comme la Maison Saint-Raphaël, à Montréal, pourront-ils continuer à offrir des soins qui sont respectueux des valeurs que le personnel et la direction de l’établissement portent ? » s’interroge-t-elle. « Cette question se pose désormais partout au Canada, et il faut réaffirmer clairement l’importance du respect de la liberté de conscience, sans oublier la liberté religieuse, bien sûr. D’ailleurs, faire autrement serait une atteinte grave à ces droits fondamentaux, protégés par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de la personne. La liberté religieuse est une liberté à protéger, et comme le dit notre slogan de cette année : la liberté religieuse est un droit, non un privilège », conclut-elle.
Pour en savoir plus :
📘 Consultez le rapport complet et signez la pétition pour défendre le droit fondamental à la liberté de pensée, de conscience et de religion, et ce, partout dans le monde :
👉 www.acn-canada.org/fr/rlr





