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VOYAGER AVEC L’AED – L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

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©AED/ACN

 

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier. Compte tenu de la visite du Pape François la fin de semaine dernière, et puisque la rencontre avec le Patriarche Bartholoméo 1er était au cœur de cette visite, nous vous proposons un texte racontant l’évolution du dialogue entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe depuis 1992.

Aujourd’hui:  L’AED et le dialogue avec l’Église orthodoxe

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Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AEDE Canada

Avec plus de 100 millions de membres, l’Église russe orthodoxe est la plus grande et la plus influente des Églises orthodoxes. À la demande du Pape Jean-Paul II, Aide à l’Église en Détresse (AED) s’engage particulièrement depuis 1992/1993 en faveur du dialogue avec l’Église orthodoxe en Russie. Le Père Werenfried van Straaten, fondateur de L’AED, s’ est rendu deux fois en Russie en 1992 et 1994, malgré son âge, où il a rencontré le Patriarche Alexis II de Moscou et de nombreux évêques orthodoxes, auxquels il a promis ses prières et son aide.

En effet, au bout de 70 années de persécution, l’Église orthodoxe de Russie devait autant repartir à zéro que l’Église catholique. Après la chute de l’Union soviétique, il était convenu de rappeler aux chrétiens catholiques que le « dialogue de l’amour » entre les deux Églises – que le Concile Vatican II avait désignées des années auparavant comme « Églises sœurs » -, ne se déroule pas à un niveau théologique et académique, mais plutôt dans un esprit d’« œcuménisme de la solidarité », comme aimait l’appeler le père Werenfried van Straaten.

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©AED/ACN

Reconstituer l’unité

 

« Au bout de 1000 ans de malentendus et d’inimité réciproque, nous devons à présent prendre conscience de notre unité et être prêts à la reconstituer. L’unité de la foi et des sacrements qui ne s’est jamais perdue. Et nous devons réaliser cette unité dans la prière et l’amour dès  maintenant. » Le Pape s’est fait rapporter les détails de chacun des deux voyages en Russie par le Père Werenfried van Straaten, et trouvait de la plus grande importance d’être personnellement informé quant à l’évolution de ce travail. Cette mission adressée à l’AED a été réitérée par le Pape Benoît XVI.

C’était également le Pape Jean-Paul II qui a restitué en 2004 l’icône de Notre-Dame de Kazan à l’Église russe orthodoxe. Elle avait disparu au cours des troubles de la Révolution d’octobre en 1917 et est parvenue en Occident en 1920. Après une odyssée à travers le monde, elle est réapparue en 1964 à l’Exposition mondiale de New York. « L’Armée bleue », aujourd’hui appelée « Apostolat mondial de Notre-Dame de Fatima », a fait l’acquisition de l’icône et l’a amenée à Fatima.

Russia: The Icon of Our Lady of Kazan (also known as "Kazanskaya
©AED/ACN

En 1993, l’icône fut remise comme présent au Pape Jean- Paul II. Celui-ci l’a conservée dans ses appartements privés au Vatican en lui témoignant une fervente vénération. Au cours du recueillement d’adieux de l’icône de Notre-Dame de Kazan, il a affirmé : « Combien de fois, depuis ce jour, ai-je invoqué la Mère de Dieu de Kazan, en lui demandant de protéger et de guider le peuple russe qui nourrit une dévotion particulière pour elle et de faire en sorte que l’unité compromise se solidifie au plus vite. »

Le 8 avril 2005, lors des cérémonies funéraires organisées à l’occasion du décès du Pape Jean-Paul II, le Patriarcat de Moscou y a délégué son président du département des relations extérieures, le métropolite Cyrille qui, seulement quatre ans plus tard, devait devenir Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Le 24 avril 2005, il a participé également à l’intronisation du Pape Benoît XVI. Durant le pontificat de ce dernier, le contact entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou devint de plus en plus étroit.

De nombreux évêques russes ont rendu visite au Pape Benoît XVI, tandis que d’éminents cardinaux ont entrepris le voyage en Russie. Au cours de l’été 2006, une traduction russe de l’ouvrage de Joseph Ratzinger « Introduction au christianisme », soutenue par l’AED, a été publiée en Russie, afin de permettre aux lecteurs russes d’accéder directement à la théologie de son auteur. La traduction russe a été accueillie avec un grand enthousiasme.

Une première à la télévision russe

Le 16 avril 2008, date du 81ème anniversaire du Pape Benoît XVI, s’est déroulé un événement majeur dans la relation entre le Vatican et la Russie. En effet, pour la première fois, une chaîne de télévision d’État a diffusé en Russie un documentaire sur le Pape. L’apogée du film consistait dans un discours du Saint-Père, au cours duquel, pour la première fois dans l’histoire, le chef de l’Église catholique s’est adressé à la télévision au peuple russe pour lui exprimer son estime. Le message était destiné au Patriarche Alexis II., chef de l’Église russe orthodoxe, aux chrétiens orthodoxes, aux évêques catholiques et aux catholiques de Russie ainsi qu’à tous les habitants de la Russie.

Dans son discours partiellement tenu en russe, le Pape Benoît XVI a souligné notamment la nécessité d’un dialogue interchrétien. Le documentaire, dont la création avait été initiée et soutenue par  l’AED, témoignait en outre d’étapes importantes dans la vie et les œuvres de Joseph Ratzinger, le Pape Benoît XVI, dont la biographie est encore peu connue du peuple russe.

L’importance du film s’est aussi traduit par le fait qu’un mois après la diffusion du film, le cardinal Tarcisio Bertone qui, à cette époque, était cardinal secrétaire d’État au Vatican, et le cardinal Walter Kasper, alors Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, se fassent rapporter personnellement les réactions positives suscitées par ce documentaire dans les médias et la société russes.

Une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI

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©AED/ACN

En 2008, une lettre manuscrite du Pape Benoît XVI, adressée au Patriarche Alexis II, a attiré fortement l’attention, y compris des médias. La missive fut remise à son destinataire par le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, alors qu’il se rendait à Moscou du 30 septembre au 3 octobre sur l’invitation du Patriarche. Celui-ci s’est montré « très ému » par la lettre du Pape. Il a formulé sa réponse en termes chaleureux et a exprimé au Pape « son plus profond respect et sa sincère bienveillance ».

Il a écrit en outre qu’il se réjouissait « des perspectives croissantes dans l’évolution des bonnes relations et d’une coopération positive entre nos deux Églises. Le fondement solide pour cela existe dans nos racines communes et dans les positions que nous partageons en ce qui concerne de nombreux problèmes touchant le monde d’aujourd’hui. »

Le 27 janvier 2009, le Métropolite Cyrille fut élu Patriarche de Moscou de toute la Russie. Le cardinal Walter Kasper, le nonce apostolique et archevêque Antonio Mennini, l’archevêque catholique de Moscou, Paolo Pezzi ainsi que l’évêque de Ratisbonne, Ludwig Müller, aujourd’hui préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ont assisté à la cérémonie d’intronisation du nouveau Patriarche le 1er février 2009. Cette cérémonie s’est déroulée à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Les délégués de l’Église catholique ont remis une lettre de félicitations du Pape Benoît XVI, dans laquelle celui-ci exprimait « sa fervente confiance » en une poursuite de la coopération « afin de trouver des voies et des formes d’encouragement et de renforcement de la communion dans le Corps du Christ »,. Il soulignait de plus son souhait de voir « les bonnes relations » entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe s’affermir davantage. Il a offert au Patriarche un calice en « gage du souhait de bientôt atteindre l’unité entière ».

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©AED/ACN

Une « alliance stratégique »

La notion d’une « alliance stratégique » dans la coopération des deux Églises a émergé de plus en plus au cours des années suivantes. Le concept était fondé sur le fait que chacune d’entre elles se trouvait confrontée dans le monde moderne à de très nombreux défis, auxquels elles devraient faire face ensemble. Ces défis comportent notamment l’oppression et la persécution de chrétiens dans des pays où ils sont minoritaires, les réflexions sur l’islam, une hostilité toujours croissante face au christianisme – également en Europe -, la laïcité, le relativisme et le matérialisme croissants ainsi que le recul du respect de la vie humaine et de la famille chrétienne, également dans la politique.

Ces questions d’éthique et de nombreux autres points exigent que les chrétiens de différentes confessions élèvent leurs voix à l’unisson. Lors d’une foule de rencontres s’étant déroulées au cours des dernières années entre d’éminents délégués des Églises russe orthodoxe et catholique, les deux parties ont souligné et souligneront toujours leur pleine concordance dans le domaine de l’éthique et des valeurs chrétiennes.

L’une des premières rencontres entre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le Métropolite Hilarion (Alfeïev), président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, ont eu lieu le 19 mars 2011, lors d’un congrès organisé en Allemagne par l’AED. Rétrospectivement, le cardinal a souligné que cette rencontre avait été « très positive » et « importante » » pour « mettre en évidence la dimension publique du dialogue avec l’Église orthodoxe et pour le rendre visible aux yeux de l’opinion publique. ».

En janvier 2014, dans un entretien accordé à l’AED, le cardinal Koch a mis l’accent sur l’importance de la dernière année pour l’œcuménisme. La rencontre à Jérusalem entre le Pape François et le Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée a été « éminemment importante ». En ce qui concerne les premières grandes étapes vers l’unité, entreprises à l’époque du Concile Vatican II, il a affirmé : « En lisant aujourd’hui les textes rédigés jadis, je suis saisi par cette passion pour l’unité exprimée par ces textes. Il faut que cette passion soit préservée et que nous en reprenions à nouveau conscience cette année. »

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©AED/ACN

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a fait l’éloge de l’engagement de l’AED dans le dialogue avec l’Église russe orthodoxe, et a souligné l’importance de son fondateur, le père Werenfried van Straaten qui, « toute sa vie durant, s’est engagé particulièrement en faveur de l’Église en Europe de l’Est. Il est très positif qu’il ait également élargi cet engagement à l’église russe orthodoxe après la chute de l’union soviétique ». Le cardinal Koch a encouragé l’œuvre de bienfaisance à poursuivre le dialogue avec l’Église russe orthodoxe.

 

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