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VOYAGER AVEC L’AED – JORDANIE

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Jordanie

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« Ma foi m’interdit de faire des distinctions pour des raisons de religion »

 Le Pape François rencontrera des réfugiés en Jordanie – Beaucoup d’entre eux bénéficient du soutien de « L’Aide à l’Église en détresse »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Il ne reste que quelques semaines avant que le Pape François entreprenne son voyage au Proche-Orient et le Père Khalil Jaar est déjà très excité. C’est avec fierté que ce curé de la paroisse de Sainte-Marie de Nazareth qui se situe dans le quartier de Marka, à Amman, capitale de la Jordanie, nous a exprimé son enthousiasme : « On m’a demandé d’organiser la venue de deux cars avec des réfugiés pour qu’ils rencontrent le Saint Père. Il ne m’a pas fallu réfléchir longtemps avant d’accepter. Environ une quarantaine de nos paroissiens participeront à cette entrevue. Au total, on prévoit que 200 réfugiés et 200 malades et handicapés rencontreront le Pape le 24 mai 2014 sur le site du baptême du Seigneur, le long du Jourdain. »

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©AED/ACN Le père Khalil Jaar célébrant une messe dans sa paroisse: Sainte-Marie de Nazareth

Œuvrer pour la dignité des réfugiés

Il s’occupe particulièrement des personnes qui ont fui les situations terribles en Syrie et en Irak et qui ont cherché refuge en Jordanie, le pays limitrophe de la Syrie et de l’Irak. « Ici au Proche-Orient, nous sommes témoins d’une crise d’une ampleur incommensurable en termes de réfugiés. Des millions de gens sont en fuite », déplore-t-il. Cela fait des années que le Père Jaar œuvre pour que les réfugiés puissent vivre dignement. Il sait ce que représentent la fuite et les déplacements forcés puisqu’il est né à Bethléem de parents palestiniens. Il en a donc fait l’expérience très tôt dans sa vie.

« Notre travail a commencé lorsque la situation en Irak est devenue incontrôlable à la suite de l’invasion américaine en 2003. À présent, nous sommes frappés de plein fouet par les répercussions de la crise en Syrie. » Rien que depuis le début de l’année 2014, 400 nouvelles familles chrétiennes ont frappé à la porte du Père Jaar. Il s’agissait bien sûr de familles syriennes, mais de plus en plus aussi de familles iraquiennes.

D’une part, ce sont les familles qui, il y a des années, avaient fui l’Iraq pour se réfugier en Syrie et qui ont aujourd’hui tout perdu, une fois de plus. Mais il y a également des familles qui viennent directement d’Iraq. « Pendant des années, il semblait que le nord de l’Iraq – et sa zone kurde autonome –  soit sûr, mais entre-temps, la terreur s’y est aussi implantée. De nombreux chrétiens ayant fui Bagdad et le sud de l’Iraq pour partir dans le nord doivent maintenant, à nouveau, faire leurs bagages. » À travers sa propre expérience, le Père Jaar est conscient à quel point l’Irak est dangereux. « J’ai moi-même déjà été enlevé à Bagdad. C’était peu après l’invasion américaine en 2003. Je dois rendre grâce à Dieu d’avoir retrouvé ma liberté. »

Des camps de réfugiés se transforment en bourbiers

Régulièrement, les familles de réfugiés se rassemblent dans le centre paroissial pour recevoir de l’aide : des denrées alimentaires de base comme le riz, le lait en poudre, le thé et le sucre ainsi que des vêtements et des jouets pour les enfants. « Sans la générosité des bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), nous ne pourrions leur accorder ce soutien », assure le Père Jaar plein de reconnaissance.

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©AED/ACN Les familles de réfugiés se rassemblent dans le centre paroissial pour recevoir de l’aide

Les hivers qui, au Proche-Orient, peuvent également être longs et froids, constituent un défi particulier. On distribue alors des couvertures, des vêtements chauds et des radiateurs à gaz aux familles. La situation s’avère particulièrement grave dans les camps de réfugiés. La neige ou l’eau de fonte rendent insupportable la vie dans les tentes. Des camps de réfugiés entiers se transforment alors en bourbiers. Le Père Jaar a donc créé un propre projet d’aide en hiver. « En particulier aussi grâce à l’AED, je peux réagir rapidement en cas de besoin. J’ai pu acheter et mettre en place de vrais conteneurs habitables, résistants aux intempéries, pour remplacer les tentes. » Cette aide bénéficie à des musulmans syriens.

Il n’y a en effet pas de chrétiens dans les grands camps tels que Zaatari, au nord de la Jordanie, près de la frontière syrienne. « Ce serait trop dangereux pour eux. Dès que des familles chrétiennes en provenance de Syrie arrivent dans les camps, l’administration des camps m’appelle et je viens les chercher chez moi, dans ma paroisse. » Il ne fait aucune distinction de religion. « Évidemment que j’aide des familles musulmanes. Ce sont aussi des enfants de Dieu. Je ne peux donc faire aucune distinction entre musulmans ou chrétiens dans le besoin. Ma foi me l’interdit. »

 

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©AED/ACN Camp de réfugiés à Zaatari, au nord de la Jordanie

Le prêtre le plus heureux du monde

Eu égard à la grande détresse, le Père Jaar insiste sur le fait que les réfugiés acceptent toute l’aide dont ils peuvent bénéficier. « Notre soutien est soumis à la condition que les familles se fassent enregistrer auprès de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Plusieurs ont peur de s’enregistrer, car ils craignent que cela puisse avoir des conséquences négatives lorsqu’ils retourneront en Syrie. Pour ma part, je les encourage à s’inscrire pour qu’ils obtiennent le statut de réfugié et aient droit à des prestations de l’Office de secours des Nations unies, comme des soins de santé gratuits. »

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©AED/ACN Père Khalil Jaar, le prêtre le plus heureux du monde

La Jordanie a certes accueilli des centaines de milliers de Syriens et d’Irakiens, mais ils n’ont droit à aucune aide. Officiellement, les réfugiés ne sont que des « hôtes » en Jordanie. En effet, le Royaume hachémite n’a jamais ratifié la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, qui leur accorde certains droits tels que les soins de santé, la scolarisation des enfants etc. Voilà pourquoi l’AED avait déjà soutenu le Père Jaar en 2011 pour qu’il puisse se charger des frais de scolarité des enfants irakiens dans des établissements scolaires catholiques.

Parfois, le père Jaar a l’impression que son travail est comme une goutte d’eau dans un océan : « Mais il faut bien commencer quelque part. D’une manière ou d’une autre, grâce à ce travail, je suis le prêtre le plus heureux du monde. » À présent, il se réjouit particulièrement de rencontrer Sa Sainteté le Pape François. « Il est important que les réfugiés vivent la solidarité du Pape. Cela leur donnera de l’espoir et l’impression qu’on ne les oublie pas. »

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