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VOYAGER AVEC L’AED – Burkina Faso

VOYAGER AVEC L’AED est le titre de l’infolettre qui sera diffusée chaque vendredi sur notre blogue. Cette nouvelle hebdomadaire sera pour nous l’occasion de vous faire connaître tantôt les besoins de soutien qu’a l’Église, tantôt les projets que nous avons réalisés, et ce, dans les pays du monde entier.

Aujourd’hui:  Burkina Faso

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Soutien à un centre pour jeunes filles enceintes

AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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©AED/ACN

Au Burkina Faso, la position sociale des femmes est très mauvaise. À peine 14 % d’entre elles savent lire et écrire. Le nombre de jeunes filles élevant seules un ou plusieurs enfants est en augmentation. L’influence des médias incite au développement de la liberté sexuelle, mais si une grossesse en est la conséquence, en général, le jeune père ne veut pas s’acquitter de ses responsabilités. Les parents de la jeune fille ne s’occupent généralement pas non plus de l’enfant. La plupart d’entre eux mettent leur fille enceinte à la porte – souvent sous le prétexte que d’après les conceptions traditionnelles, si une fille accouche dans la maison de ses propres parents, cela porte malheur.

Certaines des filles essaient d’une façon ou d’une autre d’avorter, au péril de leur vie. D’autres mettent l’enfant au monde, mais l’abandonnent au coin d’une rue. Il y en a aussi qui tentent de gagner leur vie, pour elles-mêmes et leur enfant. Elles tombent alors souvent dans la prostitution pour assurer la survie quotidienne. C’est ainsi que commence un cercle vicieux, car beaucoup sont alors infectées par le VIH, ce qui augmente leur misère. De plus, les jeunes femmes retombent souvent rapidement enceintes, ce qui rend leur vie encore plus difficile.

À Dedougou, l’Église catholique a mis en place un Centre pour jeunes filles enceintes et jeunes mères, où elles sont accueillies et prises en charge à tous égards. Elles reçoivent une aide matérielle, pratique et pastorale et peuvent également suivre une formation professionnelle.

Elodie est l’une des jeunes mères dont l’histoire s’est bien terminée. À dix-sept ans, elle a été mariée par sa famille musulmane intégriste à un homme beaucoup plus âgé qu’elle ne connaissait pas et qui avait déjà plusieurs épouses. Elle n’avait pas d’autre choix, sinon elle aurait été rejetée par sa famille. Les deux mois qui ont suivi le mariage ont été pour elle un enfer. Elle décida alors de s’enfuir. Elle réussit à arriver dans la capitale, à 150 kilomètres de là, mais elle n’y connaissait personne. Il lui vint spontanément à l’esprit de chercher refuge auprès de religieuses catholiques qui l’accueillirent effectivement avec amour.

Le Centre « Carmen Kisito »

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©AED/ACN

Les sœurs ont vite réalisé qu’Elodie était enceinte et l’ont mise en contact avec le Centre « Carmen Kisito » à Dédougou. « Je nourrissais dans mon cœur une grande haine contre ma famille et contre l’homme à qui j’avais été mariée de force. Je ne voulais jamais les revoir. Je n’arrivais même pas à accepter ma fille Djami parce qu’à mes yeux, elle était responsable de mon malheur. Cependant, plus j’apprenais à connaître Jésus, plus je sentais que je devais leur pardonner à tous.

Après un parcours de trois ans, je devais recevoir le baptême à Pâques. J’étais pleine de joie à la pensée que Dieu me pardonne tous mes péchés et me renouvelle. C’est là que j’ai compris que je devais aussi pardonner à tous ceux qui m’avaient fait souffrir. La haine et la vengeance ne devaient pas avoir de place dans ma vie. Je leur ai donc pardonné dans mon cœur. Le baptême a été un grand moment de bonheur pour moi. J’ai été plongée dans une joie que je n’avais jamais connue. Une paix profonde régnait dans mon cœur ».

Après son baptême, Elodie est allée dans sa famille pour se réconcilier avec elle. « Pour moi, ça n’a pas été facile, ça a été un combat intérieur,  mais par la grâce de Dieu, j’ai pu les rencontrer. Mon père a été à la fois surpris et très heureux de revoir sa fille après près de cinq ans, et la réconciliation avec ma famille a été une grande joie. » Elle n’a jamais revu l’homme à qui elle avait été mariée de force, mais dans son cœur, elle lui a pardonné à lui aussi. Aujourd’hui, Elodie vole de ses propres ailes : elle a fait une formation de coiffeuse et gagne sa vie pour elle et sa petite fille.

Encore cette année aussi, Aide à l’Église en Détresse soutient le travail du Centre à raison de 29 400$.

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