fbpx
X
Faire un don

Un « Bethléem » pour les chrétiens irakiens

 

L’œuvre internationale de charité catholique Aide à l’Église en Détresse lance la campagne « Retour aux racines », retour à la terre ancestrale.  

L’Avent est la période « d’attente de l’Avènement ». Pour des milliers de chrétiens irakiens, l’attente s’est prolongée indéfiniment après leur expulsion par le groupe terroriste Daech. Depuis 2014, ils ont été nombreux à devoir quitter leurs villages. À présent que le territoire est libéré, ils veulent retourner dans ces lieux qui ont vu naitre leurs ancêtres depuis l’aube de la chrétienté. Par contre, leurs maisons ont été détruites, ou endommagées et pillées par le groupe terroriste. L’Aide à l’Église en Détresse (AED) contribue à ramener les réfugiés chrétiens dans leur patrie. 

Retrouver ses racines, portion déménagement !

 

Dès maintenant, l’AED lance un appel aux dons juste avant Noël afin que les déplacés puissent faire leur « Retour aux racines », leur retour sur les terres ancestrales. Le père Andrzej Halemba, responsable de projet à l’AED pour le Moyen-Orient, rattache cette campagne de levée de fond à l’Avent : « Bethléem signifie ‘maison du pain’. Nous aimerions que les chrétiens de la plaine de Ninive puissent eux aussi avoir à nouveau un ‘Bethléem’, une demeure et une vie », ajoute le responsable.

 

La « tâche est cyclopéenne »

 

D’abord, l’AED veut permettre à quelque 8 000 familles de retourner dans leurs villages en Irak. Pour cela, il faut reconstruire 5 000 habitations, situées au nord-est de la plaine de Ninive. Souvent, deux familles se partagent une maison. Avec 3 000 $ en moyenne par maison, il est possible de refaire la toiture, les portes, les fenêtres et les installations sanitaires. Puis, 15 000 enfants et adolescents reçoivent ces jours-ci un cadeau de Noël qui contient un manteau et des friandises. Ces sont des religieuses et des catéchètes du diocèse d’Erbil qui ont préparé les présents.

 

Selon les informations du Comité de reconstruction de Ninive, seulement 27 pour cent des familles sont revenues. Et sur place, la situation reste tendue. Il faut réhabiliter ou reconstruire plus de 10 000 maisons pour ceux qui retournent au pays. La zone de reconstruction comprend neuf localités dont Qaraqosh (Bakhdida), Bartella et Teleskuf. Les coûts totaux, y compris les infrastructures – électricité, eau courante, etc. – en plus d’au moins 360 bâtiments cléricaux situés dans cette région, sont estimés à quelque 335 millions de dollars. « Par-delà toutes les frontières, avec notre campagne  ‘Retour aux racines’, nous lançons un appel à contribuer à cette tâche cyclopéenne. »

Discussion de quelques responsables du projet de reconstruction dans la plaine de Ninive. (père Andrzej Halemba, père George et Sabah Zakaria. Photo: Jaco Klamer/ACN)

Après l’exode, ne pas oublier les chrétiens déplacés

 

Jusqu’à maintenant, et grâce aux bienfaiteurs du monde entier, l’AED a pu rapatrier des milliers de chrétiens dans leur village d’origine : « Au début, notre aide consistait à mener des projets de secours d’urgence et à fournir des conteneurs transformés en habitation afin que les déplacés aient un toit et que les enfants puissent aller à l’école », explique Johannes Heereman, président exécutif de l’AED. « Heureusement, beaucoup de déplacés ont pu s’installer dans des maisons qu’ils se partagent à plusieurs familles ». Depuis 2014, l’œuvre internationale de charité a fourni des aides au logement, des colis alimentaires, des aides à la subsistance pour les prêtres et les religieuses déplacés ainsi que pour la reconstruction de chapelles.

 

Sur une période de presque trois ans, l’AED a recueilli plus de 51 millions de dollars pour financer le retour des chrétiens en Irak. « Néanmoins, nous avons encore beaucoup de travail à faire », souligne M. Heereman. Pour ces chrétiens marqués par la souffrance, les dons et les prières sont d’égale importance. À travers cette action, l’AED veut rendre plus tangible l’espoir d’un « Bethléem » individuel pour les réfugiés irakiens : « Leur terre d’origine est encore profondément marquée par la guerre. Et pourtant, ils veulent retourner à leurs racines. C’est courageux », affirme le président de l’AED qui rappelle : « Après l’exode, nous ne devons pas oublier la minorité chrétienne. »

Cérémonie en septembre 2017 en dehors de l’église Saint-Georges, Bartela.

 

Texte original : Karla Sponar, ACN-International
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED-Canada

 


 

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents