fbpx
X
Faire un don

Terre Sainte – Un vieux rêve chrétien se réalise

«L’Aide à l’Église en Détresse» soutient un projet de construction de logements pour chrétiens arabes à Jérusalem

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaACN-20140103-03987

« Nous avons dû attendre longtemps, mais notre rêve est enfin devenu réalité », a déclaré Rami et Ramia un jeune couple chrétien qui vit depuis peu avec leurs trois enfants entre quatre murs qui leur appartiennent dorénavant. Jusqu’ici, quoi de plus normal. Mais pas à Jérusalem, l’une des villes les plus compliquées au monde.

Le projet de construction de logements dans le sud de la ville sainte, achevé cette année sous la direction du Patriarcat latin de Jérusalem, est quelque chose de spécial. Il offre une nouvelle demeure à 72 familles chrétiennes de toutes confessions. « Pour les chrétiens arabes, il n’est pas facile d’acquérir des propriétés à Jérusalem. Ils se trouvent entre tous les fronts », dit Rami.

Le projet de construction de logements remonte à une idée de Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin, qui lui est venue à l’esprit au cours de la deuxième intifada. A cette époque, en 2003, l’exode chrétien de Terre Sainte était particulièrement fort. « Nous voulions faire quelque chose contre l’émigration chrétienne de Jérusalem », dit l’évêque chargé de Jérusalem. « Beaucoup se demandaient avec scepticisme si cela se réaliserait. Avec l’aide de Dieu, nous avons aujourd’hui réussi. » Le projet a également été soutenu financièrement par l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED).

500 candidats inscrits

Un collaborateur du Patriarcat latin explique les critères selon lesquels les familles ont été sélectionnées. Il y avait plus de candidats que de logements. « Près de 500 candidats se sont d’abord inscrits. Cela révèle l’étendue des besoins de logements abordables pour les chrétiens. Malheureusement, nous n’avons pas pu satisfaire toutes les demandes. Nous voulions favoriser les familles chrétiennes de la classe moyenne de Jérusalem qui n’avaient pas de propriété en ville alors qu’elles participent d’une manière ou d’une autre à la vie de l’Église. À cet égard, nous avions particulièrement à cœur les jeunes familles. »

C’est ainsi que les résidents sont enseignants dans des écoles chrétiennes, travaillent dans des hôpitaux chrétiens, ou – comme dans le cas de Rami – pour une organisation de défense des droits de l’homme. « Nous devons dès maintenant nous efforcer de rembourser le prêt pour l’appartement. La somme a malheureusement presque doublé au cours des dernières années en raison des coûts imprévus. De toute façon, la vie est chère à Jérusalem. Si on ne fait pas attention, ça ne va pas. »

ACN-20140103-03990
©AED/ACN

Son épouse Ramia, enseignante dans une école chrétienne, ajoute : « C’est pourquoi nous avons vécu ces huit dernières années chez mes beaux-parents, pour économiser de l’argent. Ça n’a pas toujours été facile, mais en fin de compte, les efforts ont porté leurs fruits. » Pourtant, ils n’ont pas fini de se serrer la ceinture pour rembourser le prêt. « C‘est d’un cœur lourd que nous avons dû désinscrire les enfants du cours de violon et du groupe de danse folklorique, et cette année, nous n’avons même pas pu nous offrir de vacances d’été. À la place, nous avons visité les lieux saints avec eux », raconte Ramia. Les enfants sont tout de même heureux. « Ici, nous nous sommes même fait beaucoup d’amis », raconte Jack, 11 ans, qui joue au football dans la cour avec ses deux frères.

Les parents aussi se sentent bien. « C’est comme une île chrétienne. Tout le monde aide tout le monde. Nous nous rencontrons pour des barbecues et d’autres réjouissances. L’ambiance est vraiment bonne. Ici, on peut vivre bien en tant que chrétien. Il y a même une église catholique pas loin. Nous y allons le dimanche à la messe », explique Ramia.

Il y a quelques tensions avec le voisinage musulman. « Tout le monde ici confirmera que le muezzin de la mosquée voisine crie plus fort depuis que nous, chrétiens, avons emménagé ici. » Il en va ainsi au Proche-Orient. Dès que des chrétiens construisent une église, une mosquée pousse à côté. Maintenant que nous avons ici des logements chrétiens, ils allument les haut-parleurs du minaret », explique Ramia. « Ne vous méprenez pas. Ma meilleure amie est musulmane. Mais j’ai tendance à penser que nous, les chrétiens, sommes plus ouverts et tolérants. Cependant, ce ne sont que de petites choses. Jérusalem est notre ville sainte. Pourquoi devrions-nous partir ? », conclut-elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents