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Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Projet de la semaine AED – Besoin de rénovations sur l’Ile de Puna, Équateur

01.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Amérique Latine, Construction, Equateur, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Projet de la semaine AED – Équateur

Rénovation d’un presbytère sur l’île de Puná

Mis-en-ligne le 1er novembre, 2019

 

L’île de Puná fait environ 900 kilomètres carrés et est située au sud de la côte équatorienne. Elle compte 7 000 habitants. C’est une région pauvre où le tourisme a tout récemment été encouragé. Les habitants y vivent donc non seulement de la pêche traditionnelle pratiquée à petite échelle, mais aussi de l’artisanat touristique.

 

Cette île est importante dans l’histoire de l’Église en Amérique latine, car elle a été le lieu où, en 1541, le premier évêque de Cusco, qui fut aussi l’un des premiers évêques d’Amérique latine, a souffert le martyre. L’évangélisation de l’île revêt donc un sens particulier pour l’histoire de l’Église locale.

 

Mais, malgré cette longue histoire de présence chrétienne, une paroisse n’y a été érigée qu’en 2018 ! Elle couvre les 13 villages de l’île. Le curé, le père Celso Miguel Montesdeoca Robles, souhaite y raviver la vie ecclésiale. Un certain nombre de choses ont déjà été accomplies. Ainsi, il y a maintenant la catéchèse pour les enfants, les adolescents et les adultes, la pastorale des jeunes, et des groupes qui rendent visite aux malades.

 

Le curé voudrait maintenant que les chefs de groupe soient mieux formés, et que d’autres personnes se joignent encore à eux. Les religieuses de la Congrégation des « Filles de Marie » aident aussi le curé dans son travail.

 

Hélas, le presbytère est dans un état pitoyable : les rénovations y sont devenues urgentes. Il faut savoir que la région est régulièrement touchée par des secousses sismiques, ce qui endommage les murs. Puis, le tremblement de terre dévastateur de 2016 a causé des dommages encore plus graves. Sans compter l’air marin, chargé en nitrates, qui abîme aussi le vieux bâtiment. Et, comme si ce n’était pas assez, il est mal protégé contre les bandits qui maraudent dans la région. Enfin, il faut aussi remplacer les anciennes canalisations d’eau et les vieux câbles électriques.

L’Aide à l’Église en Détresse voudrait donc offrir une aide de 21 900 dollars afin de répondre à l’urgence des travaux de rénovation. 

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Syrie : jour de fête à Marmarita !

11.10.2019 in Construction, PROJETS AED, Syrie

Syrie

Aujourd’hui est un jour de fête

Cérémonie d’inauguration de l’église Haret Saraya, détruite par les djihadistes en 2012

Par Marta Garda, ACN-International
Révision française : Hélène Poisson, AED-Canada
 

 

Marmarita/Königstein. – Le soir tombe dans la vallée des chrétiens. En haut de la colline, la célèbre forteresse historique du Krak des Chevaliers, construite aux XI-XIIe siècles par l’Ordre des hospitaliers, semble contempler l’arrivée des invités. C’est jour de fête dans l’église Haret Saraya, à Al-Husn. Les trompettes et les tambours jouent sans s’arrêter.

L’église, consacrée à Notre-Dame, resplendit de ses murs récemment peints en blanc et de son iconostase aux couleurs vives. « Elle a été reconstruite comme elle était », déclare l’archevêque gréco-catholique local, Mgr Nikolas Sawad, également archevêque de Lattaquié.

En 2012, l’église a été saccagée et incendiée par les djihadistes qui dominaient la vallée du haut du Krak des Chevaliers. Ils ont démoli la croix, profané les icônes et mutilé les images pieuses. Les locaux paroissiaux et le presbytère, dont les murs ont perdu jusqu’à leurs fils électriques, n’ont pas non plus été épargnés.

Mais sept ans plus tard – symboliquement, le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix – l’église et les cœurs sont à nouveau radieux et le petit temple est bondé à l’occasion de la bénédiction des lieux. Des prêtres catholiques et orthodoxes de la région y assistent. Dehors, dans la cour, devant les laïcs, la chorale orthodoxe Notre-Dame Al-Wadi entonne des chants d’espoir, de paix et de pardon, faisant mémoire des disparus, assassinés ou exilés de la guerre, et invitant les chrétiens à rester dans leur pays.

« Après la rénovation de l’église, il reste à rénover les pierres vivantes, nos cœurs », dit à l’assemblée le Père Andrzej Halemba, responsable des projets au Moyen-Orient de la Fondation Aide à l’Église en Détresse. « Nos cœurs sont brisés par la violence, divisés et furieux à cause de ce qui s’est passé dans nos vies. Il faut maintenant les reconstruire dans l’amour du Christ. Prions pour la paix en Syrie. »

L’œuvre pontificale de charité l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu non seulement la rénovation de l’église Haret Saraya, mais aussi les installations paroissiales et le presbytère. Des chambres d’hôtes et des locaux commerciaux ont également été construits à proximité du Krak des Chevaliers, qui recommencera bientôt à accueillir des visiteurs. Il s’agit là d’un pari sur la pérennité de l’héritage dans ses lieux d’origine. « L’AED est le Simon de Cyrène qui nous soutient et nous aide à porter la croix », a dit Mgr Sawad à la fin de la fête.

 

Les projets de reconstruction dans les quartiers chrétiens du village d’Al-Husn soutenus par l’AED à hauteur de plus de 255 000 dollars, s’inscrivent dans le cadre de son programme de reconstruction des zones chrétiennes touchées par la guerre dans les différents diocèses de Syrie.

AED-Nouvelles : l’appel du patriarche chaldéen Sako pour que les droits des minorités soient garantis en Irak

27.05.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Irak, Moyen-Orient, persécution

 Irak

Une « discrimination constante et l’incertitude » poussent les chrétiens à quitter l’Irak

 

Le chef de l’Église chaldéenne interpelle le gouvernement irakien à mettre en place et à faire respecter les lois « qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques ».

Montréal, le 24 mai 2019 – « L’absence de mesures sérieuses » pour protéger les droits des religions minoritaires dans le pays, estime le cardinal Louis Raphaël Sako dans une déclaration dont Aide à l’Église en Détresse (AED) a obtenu copie, « poussera le reste des chrétiens et les minorités à choisir l’émigration ».

Les chrétiens et les minorités « ont joué un rôle important en enrichissant la diversité culturelle, sociale et économique de l’Irak, en faisant de précieuses contributions à l’éducation, à la santé, à l’administration publique et aux services sociaux », estime le cardinal. Sans eux, l’Irak deviendrait « un pays uniformisé [qui] pourrait s’isoler du monde et [qui] pourrait engendrer une sorte de radicalisme [et] de fanatisme ethnique et sectaire ».

 

Dans sa déclaration, le patriarche Sako énumère un certain nombre de facteurs qui poussent les chrétiens et les autres minorités à quitter le pays. Il s’agit notamment de la « fragilité de la situation en matière de sécurité » et de la « faiblesse institutionnelle de l’Irak en matière de justice », de l’incapacité de l’État à protéger les non-musulmans contre la discrimination dans les domaines de « l’éducation, l’emploi et la vie sociale », ainsi qu’au niveau politique. Le cardinal déplore que des chrétiens exceptionnellement compétents au niveau professionnel se voient refuser des postes, uniquement à cause de leur foi. Ce sont « la qualification et la compétence », insiste le cardinal, et non la religion d’un individu, qui devraient être des « critères d’embauche ».

 

Les chrétiens privés de sièges au parlement 

De plus, le patriarche fait observer que les chrétiens sont privés de leur quota légitime de cinq sièges au Parlement irakien. Il en appelle à la mise en place d’un « droit civil pour tous les Irakiens », plutôt qu’à la soumission des chrétiens et des autres minorités religieuses « à un Tribunal islamique en ce qui concerne les questions spirituelles, religieuses, de mariages, de successions, etc. ».

Le patriarche Sako propose également un certain nombre de « mesures concrètes » supplémentaires pour lutter contre « les injustices et la discrimination » subies par les minorités religieuses. Il appelle les dirigeants irakiens et les « pouvoirs politiques » à combattre « l’extrémisme religieux qui fait usage de la violence » et à prendre des mesures pour « désarmer les milices, assurer la sécurité et la stabilité, lutter contre l’extrémisme, la discrimination, le terrorisme et la corruption ».

Dans sa déclaration, le cardinal insiste pour que les dirigeants politiques irakiens promeuvent des « valeurs de citoyenneté » au soutien du bien commun, en s’inspirant des « principes de liberté, de dignité, de démocratie, de justice sociale et de véritable relation entre tous les citoyens irakiens, indépendamment de leurs affiliations religieuse, culturelle et ethnique ». De telles politiques apporteront aux minorités religieuses irakiennes une « coexistence harmonieuse avec les musulmans ».

Enfin, le patriarche appelle à l’adoption de lois qui contribuent à créer « de bonnes conditions qui garantissent aux chrétiens et aux autres minorités religieuses… la pleine citoyenneté et la liberté de pratiquer leurs religions sans équivoques, de préserver leur patrimoine, les monuments archéologiques et historiques comme une partie intégrante de la civilisation irakienne, afin de leur permettre de continuer à vivre dignement ».

Par Joop Koopman pour ACN-International
et Mario Bard, AED-Canada
Publié lundi le 27 mai, 2019

 

Communiqué AED – Aide à l’Église en Détresse Internationale reçoit le prix Path to Peace Award 2019

24.05.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, AED États Unis, PAIX, Par Joop Koopman, persécution

Aide à l’Église en Détresse,       « cheffe de file » mondiale et
« voix » pour les chrétiens persécutés

NYC/Montréal, 23 mai 2019 – Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies et président de la Fondation Path to Peace, a salué Aide à l’Église en Détresse (AED), lauréate du Prix Path to Peace 2019, comme étant « l’organisation qui est cheffe de file dans le monde concernant la persécution dont sont victimes les chrétiens dans le monde – [elle met des mots sur ce phénomène] – et chose encore plus importante, [c’est une organisation] qui répond par l’action ».

 

Par Joop Koopman, AED-USA et Mario Bard, AED-Canada
Publié sur le web le 24 mai, 2019

S’exprimant le 22 mai 2019 lors du gala annuel de remise des prix de la fondation Path to Peace, à l’Hôtel Pierre de New York, Mgr Auza a déclaré que la fondation à voulu honorer l’AED « comme étant une voix criant dans le désert, un écho aux voix des chrétiens appelant au secours ». L’archevêque a déclaré que les rapports bisannuels de l’AED – Persécutés et oubliés et Liberté religieuse dans le monde – sont « les meilleurs rapports qui existent, chacun détaillant respectivement : les ravages de la
christianophobie ainsi que la situation de la liberté religieuse dans 196 pays.

« On ne saurait trop insister sur l’importance de l’information fournie par ces rapports », a déclaré l’archevêque, même si l’AED rend « un service encore plus grand par tout son travail sur le terrain ». Mgr Auza – qui en tant que jeune prêtre originaire des Philippines a reçu une bourse de l’AED lui permettant d’étudier à Rome – a souligné en particulier le travail de l’AED dans la plaine de Ninive en Irak, où l’organisation
« dirige ce que l’on a appelé un plan Marshall pour la reconstruction des maisons, institutions, églises ainsi que la reconstruction de la vie des familles chrétiennes, en réponse à la destruction du groupe État islamique ».

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Erbil, Irak, décembre 2014 : grâce à l’AED, ces enfants et leurs familles déplacés
à cause de la barbarie du groupe État islamique retrouvent une vie stable. Et le sourire !

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Irak, début 2017 : les chrétiens de la plaine de Ninive retrouvent leurs églises et nombre d’objets sacrés profanés. Sur la photo, une statue de Notre-Dame de la paix dont la tête a été coupée et que quelqu’un a tirée au niveau de la position du cœur : signes de haine envers les chrétiens.

Être une voix, grâce aux bienfaiteurs

Thomas Heine-Geldern, président de l’AED Internationale, a déclaré que cet honneur revient à tous
« ces chrétiens qui, du seul fait de leur foi, sont persécutés, opprimés, discriminés ou réduits au silence. Ce soir, en leur prêtant ma voix, j’espère que leur martyr sera un peu moins silencieux. »

Il a ajouté : « Notre travail ne serait pas possible sans le soutien indéfectible de nos bienfaiteurs dans le monde entier. Nous existons grâce à leur extraordinaire soutien moral et financier et nous devons garder à l’esprit que c’est souvent l’obole de la veuve qui nous aide. Nous nous appuyons sur nos bienfaiteurs pour construire des ponts de foi, d’espérance et de charité pour soutenir l’Église persécutée. »

L’AED a été fondée en 1947 par un jeune prêtre et chanoine Prémontré néerlandais, le Père Werenfried van Straaten (1913 -2003), afin de répondre aux besoins des réfugiés et des personnes déplacées dans l’Allemagne de l’après-guerre. Aujourd’hui, l’AED est une œuvre de charité pontificale qui, avec plus de 5 000 projets en moyenne à travers le monde chaque année, soutient les chrétiens persécutés et en détresse.

Ces projets sont dédiés à la construction d’églises et de chapelles, à la formation de séminaristes, religieux, religieuses et catéchistes laïcs, à l’aide d’urgence et à procurer des moyens de transport mis au service de l’Église.

L’an dernier, les bienfaiteurs de l’AED ont donné plus de 150 millions de dollars. Depuis 2011, l’AED a alloué aux chrétiens syriens et irakiens menacés par le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes plus de 105 millions de dollars permettant ainsi d’assurer la survie du christianisme dans cette région.

Chrétiens persécutés : devant l’ONU grâce à l’AED

 

« La liberté religieuse est un droit de l’homme fondamental », a déclaré Thomas Heine-Geldern. Il est de la responsabilité de toutes les nations et des ONG internationales de protéger le droit à la liberté religieuse de chaque individu. Nous ne devons pas renoncer à la lutte pour la pleine réalisation de ce droit humain fondamental, indissociable de la dignité de tout être humain. »

En conclusion, il a ajouté que « nous avons tous l’obligation de répondre et de manifester notre solidarité avec les communautés chrétiennes persécutées. Et notre travail n’est pas le plus difficile. Des hommes et des femmes courageux – des évêques, des prêtres, des religieuses et des laïques bénévoles – se tiennent aux côtés des fidèles en première ligne, confrontés à la persécution, à la haine et à la violence. Serviteurs ultimes de la paix, ils restent auprès de leur peuple. Je leur offre aussi ce prix Path to Peace 2019. »

La Fondation Path to Peace soutient divers aspects du travail de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l’ONU. Elle finance également des projets humanitaires dans différents pays en développement. Parmi les précédents lauréats du Prix Path to Peace figurent le Cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie, le prince Henri de Luxembourg et la Reine Sofia d’Espagne.

Dans son allocution, Mgr Auza a déclaré que « la Mission du Saint-Siège n’aurait pas été en mesure de faire ce qu’elle a essayé de faire pour la défense des chrétiens aux Nations unies sans la collaboration efficace et constante de l’AED-USA ».

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Mgr Bernadito Auza et M. Thomas Heine-Geldern, lors de la soirée de gala le 22 mai dernier à NYC.

L’AED au Canada

 

Au Canada, le bureau national de l’Aide à l’Église en Détresse est situé à Montréal depuis plus de 30 ans. Celui-ci sensibilise, récolte des fonds et organise diverses activités, dont depuis cinq ans à Montréal, une messe pour les chrétiens persécutés, présidée par l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine. Et, pour une deuxième année consécutive, le bureau national canadien coordonnera le Mercredi rouge, prévu le 20 novembre prochain. Des activités de sensibilisation sont déjà confirmées ou en cours de l’être à Montréal, Toronto et Calgary, entre autres. Pour plus d’information ou bien pour participer, téléphonez au 1-800-585-6333, poste 226.

Projet de la semaine AED : Projet de transport en RDC

22.05.2019 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, AED-Canada, Afrique, Congo, Motorisation, PROJETS AED

République Démocratique du Congo (RDC)

Réparation un outil essentiel pour voyager sur le fleuve Congo

Le diocèse de Lisala est l’un des plus anciens et représente – avec une superficie de plus de 67 600 kilomètres carrés –, l’un des plus grands diocèses de République Démocratique du Congo. Il se situe dans le nord du pays et est sillonné par le fleuve Congo et plusieurs de ses bras.

Les voies navigables sont très importantes pour la vie de l’Église. En fait, on peut dire que le bateau appelé Magnificat est un moyen de transport vital pour la pastorale. Cependant, il a été gravement endommagé en septembre 2018 alors qu’il voguait vers Kinshasa, surpris par une tempête à un endroit où il ne pouvait pas faire escale. La tempête a projeté le bateau contre un arbre qui dépassait au-dessus de l’eau. Il a été éventré et a presque complètement coulé. Les gens qui étaient à bord ont réussi à se sauver, mais les dégâts matériels étant importants. Un prêtre et d’autres personnes ont dû se rendre en pirogue jusqu’au lieu de l’accident. 

Besoin d’expertise

Après des tentatives de réparation, il est vite devenu clair que cela serait beaucoup plus difficile qu’initialement prévu. Il faut plus de matériel et de compétences techniques, deux moteurs sont défectueux en plus d’une expertise technique pour réparer les brèches.

Pour que ce bateau missionnaire essentiel à la pastorale soit rapidement remis en service, nous avons promis une aide de 13 200 dollars.

Informations AED – Nigeria : les attaques des bergers Peuls, « une bombe à retardement »

19.12.2018 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, liberté religieuse, Nigéria

Nigeria

Mgr William Avenya, évêque de Gboko au Nigeria

Les attaques des bergers peuls, « une bombe à retardement »

Le nord du Nigeria subit les attaques de Boko Haram, organisation terroriste de renommée internationale. Mais il ne s’agit pas du seul défi auquel est confronté le pays le plus peuplé d’Afrique : les attaques sanglantes des Peuls contre les fermiers chrétiens se multiplient dans la ceinture centrale du pays.

 

« C’est une bombe à retardement qui risque d’emporter le pays. » Tel est le constat accablant que dresse Mgr Amove Avenya, évêque de Gboko, avec qui Aide à l’Église en Détresse (AED) s’est entretenu. Dans son diocèse situé dans l’État à majorité chrétienne de Benue, « des Peuls lourdement armés tuent les femmes enceintes, massacrent les enfants, détruisent nos fermes. » Les paysans, chrétiens, y sont confrontés aux violentes attaques des Peuls, nomades musulmans de la bande du Sahel lourdement armés. Depuis 2010, ces attaques ont déjà fait plusieurs milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de population – impossible jusqu’à maintenant à quantifier.

 

Berger Peul et son troupeau. Nouveauté dans la guerre qui semble opposer les bergers et les agriculteurs : l’utilisation d’armes automatiques.Crédit: © Secretariat of Nigeria (CSN) Directorate of Social Communications

« Une bombe à retardement »

Le constat que dresse Mgr Avenya est d’autant plus préoccupant que les autorités nigérianes ne se mobilisent pas pour mettre fin à ces violences. Il dénonce, d’ailleurs à nouveau leur silence et celui des médias, alors que « les Peuls ont fait beaucoup plus de victimes en 2018 que Boko Haram », rappelle-t-il. « C’est une bombe à retardement, souligne-t-il, qui risque d’emporter le pays. »

 

De passage en Europe afin de présenter le Rapport 2018 sur la Liberté religieuse dans le monde, publié par l’AED, Mgr Avenya a rencontré des hommes politiques à Bruxelles qui, eux non plus, n’avaient pas l’air très informés de la situation dans le centre de son pays et de la menace que représentent les Peuls armés d’armes automatiques.

Kaduna au Nigeria, touchée par les violences des bergers peuls (2017).

« Nous ne perdons pas notre espérance »

Présentation du Rapport sur la liberté religieuse 2018 au Parlement européen, le 4 décembre dernier. De gauche à droite;
Dr Ulil Abshar Abdalla, Directeur de la Conférence Indonésienne pour la religion et la paix;
Mark von Riedemann, Directeur des Affaires publiques et de la liberté religieuse à l’Aide à l’Église en Détresse Internationale; son Excellence Mgr Alain Lebeaupin, nonce apostolique à l’Union Européenne; Son Excellence Mgr William Avenya, évêque de Gboko, Nigeria; Soeur Fida Chaaya, Damas en Syrie.

En juin dernier, Mgr Avenya avait pourtant adressé un appel bouleversant à la communauté internationale, l’exhortant à « ne pas attendre qu’un génocide ait eu lieu pour intervenir ». Et, à plusieurs reprises, la conférence épiscopale a appelé Muhammadu Buhari, le président de la République, à garantir effectivement la sécurité de son peuple ou, à défaut, à démissionner. Un appel ignoré : les violences se poursuivent et Muhammadu Buhari a prévu de se représenter aux élections qui auront lieu en février prochain.

« En attendant, fait savoir Mgr Avenya, l’Église continue à soigner les blessures. Nous ne perdons pas notre espérance. Mais nous avons besoin d’aide.»

 

Le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse soutient l’Église au Nigeria. Soyez généreux avec nos partenaires : http://bit.ly/AEDNigeria.

 Merci et priez pour et avec le peuple du Nigeria afin qu’ils vivent un Noël de paix ! 

 

Iran : « Une Église sans martyr serait comme un arbre sans fruit »

18.12.2018 in Adaptation Mario Bard, Iran, Par Thomas Oswald

Un crucifix sur l’un des murs de l’église catholique arménienne de Téhéran.

Iran

« Une Église sans martyr serait comme un arbre sans fruit »

Alors que les États-Unis ont mis en place de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran, Mgr Ramzi Garmou, archevêque de Téhéran et président de la Conférence épiscopale, s’est confié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Né au Kurdistan irakien, il réside en Iran depuis 1976 où il dirige la petite, mais très ancienne Église chaldéenne iranienne.

Propos recueillis par Thomas Oswald, ACN-International

 

Les États-Unis ont mis en place de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de votre pays d’adoption, l’Iran. Quelle est la situation sur place ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’Iran est frappé par des sanctions économiques. Je suis chrétien irakien d’origine, même si je suis en Iran depuis 1976. Croyez-moi ; ceux qui viennent de cette région savent que l’Amérique défend ses propres intérêts, à n’importe quel prix. En 2003, ils ont ravagé mon pays natal sous des prétextes futiles. Les Iraniens ont déjà de grandes difficultés pour trouver du travail, pour se nourrir, car la vie est très chère. Ils ne réclament pas de grands changements politiques ; ils veulent juste un emploi et du pain.

L’Église soutient ceux qui sont dans le besoin avec ses moyens, en particulier en participant aux frais de scolarité ou aux frais médicaux, mais elle a surtout une puissance spirituelle et la proximité avec les pauvres.

 

En Iran, les chrétiens sont-ils particulièrement défavorisés ?

Il leur est interdit d’exercer certaines fonctions, comme être directeur d’école, mais les communautés historiques chrétiennes sont globalement bien intégrées dans la société iranienne. Nos racines sont profondes ! La communauté chaldéenne, qui est à présent réduite à un minuscule troupeau de 4000 âmes, remonte aux temps apostoliques. C’est Thomas l’apôtre qui porta l’Évangile jusqu’en Perse et créa notre Église. L’Histoire l’a un peu oublié, mais nous avons envoyé des missionnaires jusqu’en Chine, bien avant les Occidentaux. À présent nous traversons une nouvelle période de crise, qui a débuté en 1979 avec la Révolution de Khomeiny. Toutes les écoles et les hôpitaux catholiques ont été fermés, diminuant considérablement notre rayonnement sur la société.

 

Mgr Ramzi Garmou, évêque de Téhéran en Iran.

Mais regardez notre histoire ! Les chrétiens ont connu des persécutions dès l’origine, sous l’Empire perse sassanide, jusqu’au VIIe siècle. À l’époque, les chrétiens étaient déjà soupçonnés d’être des traîtres, affiliés à l’Occident. Puis il y a eu les invasions mongoles. Mais il n’y a pas lieu de s’en étonner. Dans les Évangiles, Jésus lui-même avertit les disciples qu’ils seront persécutés à cause de son nom. L’Évangile correspond aux aspirations profondes de l’homme, mais son annonce s’accompagne de persécutions, et cela depuis la Pentecôte jusqu’à la fin du pèlerinage de l’Église sur Terre. Une Église sans martyr serait comme un arbre sans fruit !

 

Mais ne craignez-vous pas la disparition des chrétiens d’Iran ?

L’émigration massive des chrétiens, en particulier de la jeunesse et des forces vives, nous cause des inquiétudes. Pourtant, il ne faudrait pas regarder la situation avec un regard trop humain. La force et le dynamisme d’une communauté chrétienne ne dépendent pas de son nombre. Je crois d’ailleurs que notre situation est moins grave que celle des communautés chrétiennes en Occident. Elles baignent dans un milieu où la majorité des Européens ne croient pas ou bien sont indifférents, alors que nos voisins musulmans nous rappellent sans cesse à Dieu.

La seule question qui compte est de savoir si nous pouvons témoigner de la foi. Or, cela nous le pouvons. Sans faire de la publicité, mais simplement en vivant en chrétiens. Nous en voyons les fruits, car des musulmans viennent nous voir, et veulent découvrir le message de l’Évangile. Quand on leur demande ce qui leur a donné ce désir, ils répondent souvent que c’est parce qu’ils ont connu un voisin chrétien dont il voulait suivre l’exemple.

 

Constatez-vous des conversions au christianisme en Iran ?

C’est pour nous une question extrêmement délicate. Il faut déjà préciser que la plupart de ces conversions sont le fait des protestants évangéliques. Quant à nous, nous sommes sous étroite surveillance. Il arrive que d’anciens musulmans nous rejoignent, mais ils s’exposent à de graves ennuis, d’abord avec leurs familles, puis avec le régime. À titre d’exemple, nous avons deux séminaristes qui ont fait des séjours en prison parce qu’ils sont tous les deux des convertis.

Il nous est interdit, en particulier, de dire la messe en Persan. Nous aimons notre langue araméenne, la langue de Jésus lui-même, nous la parlons dans nos foyers, mais les Iraniens ne la comprennent pas. En restant cantonnés à cette langue, nous ne pouvons pas communiquer notre foi. Pour la même raison, nous ne sommes pas autorisés à avoir de Bible ou de livres saints en Persan.

 

Alors, comment expliquer la traduction du catéchisme de l’Église catholique par des ayatollahs chiites iraniens ?

Oui, ce fut un signe très encourageant d’ouverture, donné par des ayatollahs qui s’intéressaient au message de l’Église catholique. Cette histoire illustre les interrogations des religieux iraniens. Le clergé chiite manifeste du respect pour l’autorité morale internationale du Vatican. Il y a d’ailleurs un ambassadeur iranien au Vatican, et des étudiants font le voyage dans les deux sens. L’Iran est très isolé, elle vit sous la pression permanente de l’Arabie Saoudite et des États-Unis. Notre pays voit bien qu’il a intérêt à entretenir des rapports avec l’Occident.

 

L’Église catholique en Iran: un service aux plus pauvres de la société

Comment expliquer que certains jeunes se détournent de l’islam, dans un pays dominé par cette religion ? 

En imposant une religion, on provoque une réaction de rejet de la jeunesse, qui refuse qu’on lui dicte sa conduite. C’est ce qui peut expliquer, en partie, l’intérêt pour d’autres religions. Mais il y a aussi le fait que d’autres personnes renoncent à toute forme de religions. Hélas, une grande part de la jeunesse se perd dans la drogue, faute d’idéal. C’est une évasion facile, à portée de main, dans laquelle de jeunes gens sombrent irrémédiablement.

 

Voudriez-vous dire un mot aux bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse ?

Nous remercions l’Aide à l’Église en Détresse pour sa solidarité avec notre communauté chrétienne éloignée. Vous nous apportez une aide matérielle précieuse.

Par ailleurs en nous tenant informés de la situation des Églises en difficulté, vous favorisez le contact entre les chrétiens, même ceux qui sont les plus éloignés géographiquement.

 

Entrevue AED – Algérie : « Ils sont morts à leur poste de travail »

18.12.2018 in ACN Canada, ACN International, Adaptation Mario Bard, Adapted by Amanda Bridget Griffin

Algérie

« Ils sont mort à leur poste de travail»

Dans la paroisse de Skikda, une porte plus grande est créée. Elle apporte avec elle le désir d’un plus grand dialogue!

Entre 1994 et 1996, Mgr Pierre Claverie et dix-huit autres religieux et religieuses ont été assassinés pendant la guerre civile en Algérie. La cause de leur béatification s’est ouverte en 2007. Début 2018, Sa Sainteté le pape François a donné son accord pour la promulgation des décrets de béatification confirmant leur mort par « odium fidei » (haine de la foi) et reconnaissant ainsi leur martyre.

Le 8 décembre, la cérémonie de béatification aura lieu dans la cathédrale du diocèse d’Oran, où Mgr Pierre Claverie était évêque.

Sœur Yvonne Gera, qui appartient à la congrégation des Franciscaines missionnaires de Marie, a travaillé en Algérie pendant 22 ans, et connaissait personnellement chacun des dix-neuf martyrs. Elle parle des martyrs et de son vécu en Algérie à cette époque avec Grace Attu, du bureau national de L’Aide à l’Église en détresse (AED) de Malte.

AED : Le document officiel de la Congrégation pour les Causes des Saints fait référence aux dix-neuf martyrs sous le terme « Mgr Pierre Claverie et ses dix-huit compagnons ». Qui étaient-ils ?

 

 

Soeur Yvonne Gera, Franciscaine Missionnaire de Marie qui a travaillé en Algérie pendant plus de 20 ans.

Sr YVONNE GERA : Il s’agissait de l’évêque Mgr Pierre Claverie, de sept moines trappistes du monastère de Tibhirine, d’un frère mariste, de quatre Pères blancs et de six religieuses de différentes congrégations présentes en Algérie. Ils œuvraient tous pour la population et apportaient leur soutien aux pauvres, aux malades et aux enfants. Le frère Henri, mariste, travaillait à la bibliothèque du diocèse et était au service de plus d’un millier de jeunes, en particulier des enfants pauvres. Certaines des religieuses étaient infirmières. Les sept moines trappistes géraient une clinique – l’un d’entre eux était médecin – et ils soignaient les malades sans leur demander s’ils étaient musulmans ou chrétiens. L’évêque Mgr Claverie disait toujours la vérité au gouvernement et au peuple.

AED : Pouvez-vous nous expliquer dans quel contexte ces hommes et ces femmes ont trouvé la mort ?

SR YVONNE GERA : Je voudrais d’abord dire que la guerre en Algérie n’était pas une guerre de religion, mais une guerre civile. Les islamistes ont profité de la situation. Le 3 octobre 1993, tous les étrangers avaient été avertis que s’ils ne quittaient pas le pays avant la fin de l’année, ils seraient la cible d’attaques.

La veille de Noël, les terroristes sont venus au monastère. Ils voulaient de l’argent, mais le prieur leur a répondu « Nous vivons de nos récoltes ». Soudain, la cloche s’est mise à sonner pour appeler à la messe de la veillée de Noël, et il leur a dit « Aujourd’hui, le Roi de la paix est né », alors ils lui ont répondu en arabe « Ayisa », ce qui signifie qu’ils allaient revenir.

Cette sommation de quitter le pays ne s’adressait pas seulement aux religieux, mais aussi aux familles chrétiennes étrangères. C’est ainsi qu’entre 1992 et 1993, l’Église a perdu presque toutes les familles catholiques étrangères. Même si nous étions ciblés, nous sommes tous restés. Nous avions l’habitude de dire que le capitaine ne pouvait pas abandonner son navire même s’il sombrait. Nous sommes donc tous restés.

 

Une trentaine de jeunes provenant de l’Algérie ont participé à la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cracovie en Pologne en 2016.

 

AED : Ils seront tous béatifiés ensemble. Qu’ont-ils en commun ?

SR YVONNE GERA : À l’époque, presque tous les religieux devaient écrire à leur supérieur général pour lui dire s’ils étaient prêts à rester ou pas. Ceux qui avaient peur sont partis. Mais ces dix-neuf religieux et religieuses avaient un point commun : ils ont décidé de rester malgré les menaces qui planaient sur eux. Ils ont continué de travailler et de prendre soin des gens. Et ils sont tous morts à leur poste de travail.

 

AED : À cette époque, vous travailliez également en Algérie. Quelle a été votre expérience ?

SR YVONNE GERA : J’ai travaillé 22 ans en Algérie, dont 14 pendant la guerre. J’ignore pourquoi je suis en vie aujourd’hui et pourquoi je n’ai pas été tuée à cette époque. J’étais également dans le viseur. Tous les matins, je disais au Seigneur « Protégez-moi, aidez-moi à remplir mon devoir ».

Un matin, j’ai reçu un appel téléphonique de l’ambassadeur de France qui voulait parler à Mgr Henri Teissier. L’ambassadeur lui a dit : « Rendez-vous à l’hôpital français ». Nous sommes donc allés à l’hôpital français, et là, il y avait sept cercueils. Au début, ils ne voulaient pas ouvrir ces cercueils, mais Mgr Tessier leur a dit : « Si vous n’ouvrez pas les cercueils, je ne pourrai pas vous dire si ce sont des terroristes ou si ce sont des frères ». Alors ils ont ouvert les cercueils et dans chaque cercueil se trouvaient la tête de chacun des sept moines trappistes, seulement la tête. Tandis que j’attendais, Mgr Tessier m’a demandé « Voulez-vous les voir ? » et j’ai répondu « Oui, une dernière fois ». Ce fut une vision terrible.

 

Le père Paul-Elie lors d’une homélie.

 

L’Église a énormément souffert. Mais l’Église était présente. Nous n’allions jamais prêcher, mais toute personne qui venait nous voir était la bienvenue. J’étais responsable des cliniques de l’Église, et toutes ces cliniques étaient dotées d’un centre pour les enfants sous-alimentés ainsi que d’un centre pour les mères et leurs enfants. Tout était gratuit.

Nous n’avions jamais de difficultés avec les gens. Pendant le ramadan, nous étions invités tous les soirs dans différentes familles pour dîner avec elles. Dans la basilique Notre-Dame d’Afrique, il est écrit « Notre Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans ». Les jeunes femmes, chrétiennes ou musulmanes, qui ne pouvaient pas avoir d’enfant, venaient dans la basilique pour adresser leurs prières à Notre-Dame et y apportaient une poupée. Après avoir donné naissance à un enfant, elles venaient à la basilique pour le présenter à Notre-Dame.

 

AED : Quel message donneriez-vous aux prêtres et aux religieux travaillant dans des pays en crise, dont certains ont été enlevés ou vivent sous la menace constante ?

SR YVONNE GERA : Nous sommes missionnaires. Quoi qu’il arrive, nous sommes missionnaires et savons que c’est notre vocation, et je ne dirai qu’une chose : « Vous recevrez plus que vous ne donnerez ». Certes, c’est parfois difficile, mais le Seigneur nous a appelés. Si des êtres humains souffrent, nous souffrons avec eux. C’est notre vocation et le Seigneur est toujours là pour nous aider. Également dans la souffrance, et dans le martyre. Ces dix-neuf martyrs savaient qu’ils étaient menacés, mais ils sont restés. N’ayez pas peur, le Seigneur est là pour vous aider.

 

Pour obtenir plus d’informations sur la situation de la liberté de religion en Algérie, consulter https://religious-freedom-report.org/fr/home-fr/