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Info AED – Covid-19, une occasion de paix manquée

29.06.2020 in Amélie de la Hougue, liberté religieuse, MONDE, PAIX, Pape François

AED Information
Covid-19, une occasion de paix manquée

Par Amélie de la Hougue, AED France
Mise en ligne le 29 juin, 2020

Il y a plus de deux mois, l’Onu lançait un appel pour un cessez-le-feu mondial, visant à se concentrer sur la lutte contre la COVID-19. Six jours après, le pape reprenait cet appel.  L’Aide à l’Église en Détresse (AED) a contacté des responsables d’Église sur le terrain des pays en conflit pour savoir ce qu’il en était. Bilan : en dépit de la COVID-19, la guerre et de la terreur continuent. Tour d’horizon au Cameroun, en Syrie, aux Philippines, en Ukraine, au Nigeria, en Irak, au Mexique et en Centrafrique.

Philippines – 2018

« La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie » déclarait le 23 mars 2020 Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu. « L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies », a-t-il déclaré. Espérant que confrontés à une maladie qui frappe indistinctement toutes les nations, les hommes en prendraient conscience. Reprenant cet appel dimanche 29 mars,
le pape François demandait « la création de couloirs pour l’aide humanitaire, l’ouverture à la diplomatie et l’attention envers ceux qui se trouvent dans une situation de grande
vulnérabilité ».

 

Ukraine de l’est

Une opportunité pour retrouver la paix ?

« Chez nous, le conflit continue » déplore Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda, au CAMEROUN. Certes, plusieurs chefs du camp sécessionniste en région anglophone, conscients des enjeux, ont accepté de signer un cessez-le-feu global, mais « ils n’ont pas beaucoup d’influence sur les combattants sur le terrain » reconnait l’évêque.

 

Père Sebastian D’Ambra

Même constat au nord de la SYRIE, dans la région d’Hassaké, où « les avions de guerre continuent de remplir le ciel et les attaques ne s’arrêtent pas » selon Mgr Nidal Thomas, vicaire de l’Église chaldéenne à Al-Jazeera : « Nous n’avons eu que deux ou trois jours consécutifs de calme depuis l’apparition du coronavirus. » La pandémie surprend le pays dans un état de grande fragilité après neuf ans de guerre. La Syrie a perdu 60% de ses médecins et seul un quart des structures hospitalières est en état de marche. Elle subit aussi la crise économique du Liban voisin touché par une pénurie de dollars, et souffre des sanctions internationales qui pèsent lourd sur son économie.

 

Idem aux PHILIPPINES, où le cessez-le-feu entre le gouvernement et le NPA (New People’s Army) n’a pas tenu. Selon le Père Sebastian D’Ambra, missionnaire sur place, « il y a encore des escarmouches d’Abu Sayyaf [ndlr : organisation terroriste islamiste] à Jolo et dans la région de Cotabato », au sud du pays. Pourtant, le prêtre reconnait « qu’il y maintenant plus de retenue car les deux camps ont peur du coronavirus et d’une présence plus visible de militaires. »

 

Tragédie dans la tragédie

Même si elle ne fait plus les titres des journaux, la guerre continue dans la région du Donbass, en UKRAINE, rappelle Mgr Pavio Honcharuk, évêque de Kharkiv, dont le diocèse est partiellement en zone de conflit. Et l’arrivée du coronavirus révèle combien « le système des oligarques a fragilisé le réseau sanitaire ukrainien, en particulier dans les campagnes. La pandémie met à nu la corruption généralisée des dirigeants, conséquence de l’Histoire du pays. Pendant les 70 ans de communisme, la famille et les valeurs traditionnelles ont été sapées par le gouvernement. » La perte des solidarités met en danger les personnes les plus pauvres.

Mgr Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja

 

En Afrique, au NIGERIA, c’est aussi la pauvreté qui inquiète l’Église. « Le principal danger associé à la Covid-19 pour le pays, c’est qu’elle risque de provoquer des famines parmi les plus pauvres. Elle déstabilise une économie déjà fragile » explique Mgr Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja. Le prélat soulignant que « le pays est encore en proie à des cas sporadiques d’attaques terroristes de Boko Haram, en particulier au Nord-Est du pays, depuis l’avènement de la pandémie. »

 

Patriarche chaldéen Louis Raphaël I Sako

En IRAK, si Daech a officiellement été éradiquée en 2017, il semblerait que des terroristes soient encore présents dans les régions de Kirkuk et Saladin. Et l’arrivée de la Covid révèlent des services sociaux en crise. « Ils ne se sont jamais relevés de l’effondrement du régime de Saddam Hussein en 2003 », analyse le Patriarche chaldéen Louis Raphaël I Sako : « Il y a beaucoup de problèmes – pas d’argent, pas assez d’hôpitaux, de médecins ou d’équipements – et le confinement est contraire à la culture locale, surtout pour les hommes. » Pourtant, avec 5000 cas de malades du coronavirus, « les gens doivent rester à la maison. C’est le seul moyen d’être en sécurité. »

 

 

 

Une Église aux portes ouvertes

 « La violence de notre société n’a pas diminué », regrette Mgr Carlos Garfias Merlos, vice-président de la Conférence des évêques du MEXIQUE. Les narcotrafiquants n’ont vraisemblablement pas reçu le message du pape François. Mais dans de telles circonstances, l’Église continue plus que jamais à « ouvrir ses portes aux victimes d’agressions », rapporte l’archevêque. En ces temps de confinement, l’Église doit être une « Église en sortie », selon l’expression du pape François.

 

Mgr Bertrand Guy Richard Appora-Ngalanibé, évêque coadjuteur de Bambari

Les groupes armés qui sévissent en RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE n’ont également pas reçu le message du cessez-le-feu, dénonce Mgr Bertrand Guy Richard Appora-Ngalanibé, évêque coadjuteur de Bambari. « Hélas ! Dans certaines zones de la République Centrafricaine, les groupes armés se livrent à des combats stratégiques, dans le but d’étendre leur suprématie et continuer à piller les ressources naturelles du pays », déplore-t-il. Cependant, des initiatives interreligieuses démontrent que cette crise peut être une occasion de resserrer les liens entre les concitoyens : « Avec le concours de nos frères protestants et musulmans, réunis au sein de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, à Bambari, nous nous évertuons à faire des campagnes de sensibilisation sur cette pandémie dont beaucoup minimisent encore la portée et la dangerosité. »

 

Face à ces conflits qui durent, ACN veut rappeler que les guerres continuent pendant la pandémie et ne peut qu’encourager les dirigeants au cessez-le feu, priant pour que la communauté internationale s’engage au-delà de la rhétorique.

 

COVID-19 : L’Église en détresse a toujours besoin de vous  – En lire plus!

Communiqué de presse – Aide à l’Église en Détresse – Rapport 2019

17.06.2020 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Rapport annuel

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – pour diffusion immédiate

Aide à l’Église en Détresse – Rapport 2019
Prier, informer et agir, plus fondamental que jamais!

Propos recueillis AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 17 juin, 2020

Königstein-im-Taunus-Montréal, mercredi 17 juin 2020Près de 160 millions de dollars collecté par l’Aide à l’Église en Détresse l’an dernier.

Avec ses 23 bureaux nationaux et plus de 330 000 bienfaiteurs partout dans le monde, l’œuvre pontificale internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) a collecté en 2019 plus de 157,95 millions de dollars de dons pour les chrétiens persécutés et en détresse dans le monde, un niveau équivalent à l’année 2018. À cela s’ajoute un solde de 7,58 millions provenant des années précédentes. Ce sont donc 165,2 millions de dollars qui ont permis de financer l’ensemble des activités de l’organisme international. De ce chiffre, 132,8 millions de dollars ont servi à financer directement les projets, le reste étant répartis entre les secteurs de l’administration, de la collecte de fonds et du travail d’information.

 

Sénégal : une religieuse Dominicaine de l’Immaculée-Conception de Diassap. Nous soutenons sa communauté, laquelle peut ainsi se concentrer sur son travail avec les jeunes.

Au Canada, un joueur modeste, mais reconnu année après année comme un organisme international incontournable, ce sont 5 000 bienfaiteurs qui ont permis d’amasser 1,9 million de dollars, un montant avec lequel ont été financé plusieurs programmes dont les besoins urgents, les intentions de messe et le projet Une goutte de lait en Syrie.

 

« C’est un défi très grand de continuer, année après année, de parler de nos frères et sœurs dans la foi qui vivent des situations de détresse, que ce soit à cause de la persécution religieuse ou bien de la misère matérielle dans laquelle ils vivent », explique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED au Canada. « Je me réjouis que de plus en plus de gens soient solidaires, entre autres, dans la jeune génération. » Ainsi en Alberta, des jeunes du primaire se sensibilisent depuis deux ans à la question de la discrimination et de la persécution religieuse. « Ils sont impressionnants ! », se réjouit Mme Lalonde.

 

« Par ailleurs, avec la pandémie de la COVID-19, les phénomènes de discrimination et de persécution n’ont fait aucune pause », explique-t-elle. « Donc, en plus de continuer à soutenir ces Églises comme à l’habitude, nous les aidons à répondre aux besoins de leur communauté en temps de pandémie. Le Pakistan est un triste exemple où des Imams ont lancé des appels à ne pas aider les chrétiens touchés par les effets du confinement. Nous avons donc répondu présents », raconte Mme Lalonde, qui rappelle qu’une somme de 7,5 millions de dollars a déjà été envoyée par l’AED dans différentes parties du monde. « Un soutien qui se poursuivra », assure-t-elle.

 

Aujourd’hui, il y a environ 200 millions de chrétiens dans le monde qui ne peuvent pas pratiquer librement leur foi, et il y a plus de 80 pays dans le monde où le droit fondamental à la liberté religieuse n’est pas garanti. À notre époque, les chrétiens sont opprimés ou discriminés dans plus de 40 pays. En 2019, l’AED a continué à donner une voix aux chrétiens persécutés dans des institutions telles que l’ONU et l’Union Européenne.

Au Venezuela, l’Église est l’une des principales institutions vers laquelle se tournent la population, autant pour la vie spirituelle que matérielle, en ce temps de crise économique, politique et sociale sans précédent.

 

Du soutien dans plus du tiers des diocèses catholiques du monde

Avec l’aide supplémentaire de près de 7,28 millions de dollars recueillis les années précédentes, l’œuvre a pu financer des activités pour une valeur totale de 165,2 millions de dollars. 80,4% des dons – 132,8 millions de dollars –, sont allés vers les trois domaines considérés par l’AED comme les principaux « piliers » de sa mission : mettre en œuvre des projets d’aide, informer sur la situation des chrétiens dans différents pays et encourager à prier pour les chrétiens qui souffrent.

L’organisation a soutenu 5 230 projets, soit 211 de plus qu’en 2018, pour répondre à de multiples besoins dans 139 pays, principalement en Afrique et au Moyen-Orient (112,7 millions de dollars). L’ensemble des projets a bénéficié à 1 162 diocèses, soit plus du tiers de tous les diocèses du monde.

En Ukraine, des enfants prient le Rosaire dans le cadre de la campagne de prière internationale Un million d’enfants prient le Rosaire.

À nouveau, l’Afrique est la région où l’AED a le plus de projets avec 29,6% de l’aide dédiée aux projets, soit près d’un tiers.  Ces fonds y ont permis de financer un total de 1 766 projets. La République Démocratique du Congo, en raison des graves conflits qu’elle subit, de l‘indifférence internationale et de sa vaste superficie de plus de deux millions de km², est le pays africain où l’AED a réalisé le plus de projets en 2019, le plaçant en troisième position au niveau mondial : 268 projets y ont été financés pour un montant 4,9 millions de dollars.

Puis, ce sont 22,1% des dons destinés aux projets qui ont été consacrés au soutien des minorités chrétiennes dont l’existence est menacée au Moyen-Orient, berceau du christianisme. En Syrie, qui souffre toujours de la guerre, l’AED a financé 132 projets pour un total de près de 11,3 millions de dollars, axés sur l’aide d’urgence et de survie. L’autre grand bénéficiaire a été l’Irak, où, après la reconstruction de plus de 6 000 maisons ces dernières années, s’est ouverte une nouvelle phase pour la reconstruction des lieux de culte et des monastères. Parmi les 50 grands projets approuvés par l’œuvre pour un total de 8,3 millions en Irak, figure la reconstruction de la cathédrale Al-Tahira de Karakoch, la plus grande église chrétienne du pays.

Autre pays touché par la guerre et une grande pauvreté économique, mais doté d‘une grande richesse spirituelle : l’Ukraine. Ce pays a été la priorité de l’AED en Europe de l’Est avec près de 300 projets et plus de 5,9 millions alloués en 2019.

En Amérique latine, après le Brésil, le Venezuela est devenu le pays qui reçoit le plus d’aide. L’AED a financé 108 projets pour soutenir l’Église vénézuélienne qui est, pour de nombreux habitants, le seul soutien dans ce pays qui souffre d’une immense usure sociale en raison de sa situation politique et économique. De même sur le continent asiatique, l’AED a accordé la priorité au Pakistan et à l’Inde, car le fanatisme religieux – respectivement islamiste et nationaliste hindou – menace et discrimine les chrétiens.

Syrie : une famille dit Merci ! aux bienfaiteurs et bienfaitrices.

 

Au-delà de l’aspect géographique, en 2019, 1 378 635 messes ont été célébrées aux intentions des bienfaiteurs de l’AED, ce qui représente 15,9% du total des dons. Cela a permis à l’œuvre de soutenir 40 096 prêtres – un sur dix dans le monde. La plupart d’entre eux utilisent les honoraires de messe non seulement pour leur propre subsistance, mais aussi pour mener à bien leur travail pastoral et social.

 

Pour plus d’informations, visitez le site web de l’AED Canada : acn-canada.org. 

+Lire le rapport

Pandémie de la COVID-19 L’Église en détresse a toujours besoin de vous !

09.04.2020 in ACN Canada, Par Mario Bard

Pandémie de la COVID-19
L’Église en détresse a toujours besoin de vous!

Montréal, 6 avril 2020 — Malgré la pandémie de la COVID-19 qui fait rage partout dans le monde, les activités du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) continuent en mode télétravail. «Plus que jamais, les Églises en détresse dans le monde ont besoin de nous», indique Marie-Claude Lalonde, directrice nationale. «Les gens peuvent continuer à les soutenir en utilisant notre site web.»

Mme Lalonde indique que, présentement, nous pouvons répondre solidairement à l’Église en détresse grâce entre autres aux intentions de messes pour les prêtres, à l’aide à la subsistance pour les religieuses et le soutien aux médias catholiques. En effet, dans de nombreux pays, ceux-ci sont les seuls à pouvoir communiquer les directives de santé à leurs auditeurs.

De plus, ils soutiennent spirituellement les chrétiens qui écoutent. Ils diffusent des liturgies spécialement préparées pour la radio, en cette Semaine sainte qui commence. « Les médias catholiques invitent non seulement à suivre les règles, mais ils informent et réconfortent des gens qui autrement, seraient seuls et sans information », souligne Mme Lalonde.

« Il faut également soutenir les prêtres et les religieuses qui sont des intervenants de première ligne dans plusieurs pays. Nous pouvons toujours aider les prêtres avec des messes, mais pour les religieuses, il faut carrément les aider à survivre », souligne-t-elle.

Par ailleurs, des messages de solidarité parviennent de partout. « Tous les jours, nous recevons des messages d’encouragement et de solidarité dans la prière de la part de tous nos partenaires. Donc, nous continuons le travail et nous désirons faire savoir à tous nos bienfaiteurs et bienfaitrices qu’ils peuvent continuer à faire des dons par le biais de notre site web : www.acn-canada.org/fr, en cliquant sur le bouton rouge indiqué ‘don’ situé en haut de la page.»

Enfin, l’AED Canada est présente dans les médias sociaux sur les plateformes Facebook, Twitter et Instagram. « J’espère que tous nos bienfaiteurs prennent soin d’eux. En ce début de Semaine sainte, je souhaite qu’ils conservent leur courage et qu’ils puissent tout de même vivre des moments de joie en cette période difficile »,
indique Marie-Claude Lalonde. Pour donner en ligne sur le site web de l’Aide à l’Église en Détresse Canada, www.acn-canada.org/fr.

 

Projet de la semaine AED – Ukraine : achever la construction d’un centre paroissial

31.03.2020 in Construction, PROJETS AED, Ukraine, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Projet de la semaine AED – Ukraine

Aide à l’achèvement d’un centre paroissial à Voyutychi

Encore aujourd’hui, les conséquences de la persécution de l’Église par l’Union soviétique se font sentir en Ukraine. De nombreux bâtiments dont l’Église avait été expropriée par les communistes. Ils n’ont pas encore été rendus ou sont dans un état pitoyable. Ceux qui ont été redonnés ne pourront être réparés que progressivement ou bien ils seront carrément reconstruits quand leur rénovation est impossible.

La paroisse catholique romaine Sainte-Catherine-d’Alexandrie à Voyutychi, dans l’ouest de l’Ukraine (district de Lviv), a été rouverte en 1990 après le changement de régime politique. Cependant, le chemin a été long avant que l’église ne soit restaurée. De plus, le presbytère était en si mauvais état qu’on a dû le démolir. Aujourd’hui, les prêtres vivent dans des pièces étroites et inadaptées, au-dessus de la sacristie de l’église, car ils n’ont pas de logement.

Il n’y a pas non plus d’espaces adaptés pour les nombreuses activités de cette paroisse dynamique qui rassemble 148 familles. Les groupes d’enfants et de jeunes, les enfants de chœur, le club des aînés, la Légion de Marie, la chorale paroissiale et bien d’autres groupes doivent se contenter de locaux inappropriés, ce qui nuit au travail pastoral.

Il a donc été décidé de construire un centre paroissial. Celui-ci permettra de loger les deux prêtres et d’avoir des locaux pour les activités des différents groupes de la paroisse. Les travaux ont déjà commencé. Le père Victor Palczynski nous a demandé de l’aide pour les terminer, et c’est avec plaisir que nous soutenons cette paroisse avec un montant de 15 000 dollars.

(Mise en ligne au Canada : 30-03-2020)

Donner en ligne pour ce projet ou pour tout autre projet semblable. Merci !


 

AED Information — Syrie : amour, prières et solidarité en ces temps difficiles.

31.03.2020 in COVID19

AED Information — Syrie
De la Syrie : amour, prières et solidarité

Coronavirus : message d’une religieuse syrienne

Par John Pontifex, AED Grande-Bretagne
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 31 mars 2020

Sœur Annie Demerjian, une religieuse, qui coordonne des secours d’urgence en Syrie, a réagi à la pandémie de coronavirus en envoyant un message de prière et de solidarité aux amis et aux bienfaiteurs de l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED).

Dans un message audio envoyé le vendredi 27 mars, sœur Annie Demerjian, l’une des principales collaboratrices des projets de l’AED en Syrie, s’adresse aux bienfaiteurs l’œuvre de charité pontificale. « Ce que le monde traverse en ce moment est très douloureux. Dans cette période du coronavirus, ne paniquez pas face aux nouvelles et suivez les instructions en matière sanitaire », a-t-elle expliqué.

Membre de la congrégation Jésus-Marie, elle remercie les bienfaiteurs de l’AED pour leur aide depuis près de dix ans. Dans le contexte de la Syrie, ce soutien consiste à fournir des paniers alimentaires et des produits d’hygiène, des vêtements et des médicaments pour les plus vulnérables d’Alep et d’autres endroits en Syrie. Elle les assure aussi de ses prières en cette période d’urgence au niveau international.

 

«Nous devons nous entraider»

 

La religieuse confie qu’elle et ses sœurs prient chaque jour le chapelet « pour le
monde », en ajoutant : « Notre foi ne consiste pas à appuyer sur un bouton magique en s’attendant à ce que tout aille bien. La douleur et la souffrance sont là, mais nous ne devons pas non plus oublier que la résurrection est là tous les jours. »

 

Au regard de ses expériences à Alep, dans le nord de la Syrie, elle dit encore : « Nous devons aider ceux qui en ont le plus besoin. Nous devons nous entraider, nous remonter le moral et les événements passeront. »

 

Sœur Annie, qui met en garde contre l’impact du virus sur une Syrie encore ébranlée par des années de conflit, explique : « À Alep, nos groupes de volontaires continuent de visiter les maisons où il est possible de le faire sans danger et avec beaucoup de prudence. Nous aidons les personnes âgées, notamment parce que beaucoup d’entre elles n’ont aucun autre soutien. À Damas, nos sœurs les aident en achetant ce dont elles ont besoin pour qu’elles n’aient pas à sortir. Elles ne peuvent compter sur rien. Comment survivront-elles ? »

 

Enfin, Sœur Annie mentionne que des progrès ont été réalisés dans le cadre d’un projet de l’AED, un système de bons d’achat dans les supermarchés pour 260 familles, parmi lesquelles des personnes âgées, et d’un plan de paiement des loyers pour les plus vulnérables. La religieuse ajoute : « À tous nos bienfaiteurs de l’AED, nous disons très sincèrement : Merci pour votre formidable générosité. Vous nous aidez depuis tant d’années et ne cessez de le faire. Que Dieu continue de vous bénir et de vous garder, vous et vos familles, en sécurité et en bonne santé.»

Partout dans le monde, les membres de l’Église catholique sont actifs afin de réconforter les personnes touchées par la pandémie provoquée par la COVID-19. Aide à l’Église en Détresse continue à soutenir l’Église. Merci de continuer, comme vous le pouvez, à les soutenir : https://secure.acn-canada.org/fr/donner/dons/

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Pandémie du coronavirus-19 – lettre du président international de l’AED

23.03.2020 in ACN International, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Pandémie du coronavirus-19
lettre du président international de l’AED

Königstein, Allemagne, siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)
Le 18 mars 2020

Chers amis,

« Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. »

Alors que, le Mercredi des Cendres, nous nous préparions tous pour le Carême de cette année, aucun d’entre nous ne pensait que cette période de pénitence nous défierait de cette manière. En un rien de temps, nous avons découvert que notre sécurité terrestre et notre liberté étaient ébranlées par une pandémie.

Jusqu’à présent, aucun d’entre nous n’avait vécu une situation aussi extraordinaire. Nous considérons maintenant comme bonnes et raisonnables des mesures administratives qui, pour nous, étaient impensables il y a encore quelques semaines. Mais comment notre foi et notre sentiment de sécurité en Dieu résistent-ils à ces chocs inattendus?

Il est compréhensible que nous nous préoccupions d’abord des malades et des victimes de l’épidémie que nous connaissons. Que nous pensions aux personnes âgées auxquelles nous ne sommes plus censés rendre visite ; ou aux petits-enfants que les plus âgés d’entre nous n’ont plus le droit d’accueillir. Pour beaucoup de gens, et certainement certains d’entre vous, des préoccupations économiques s’ajoutent désormais aussi à cela.

Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. Et nous comprenons maintenant beaucoup plus clairement ce que signifie former une église domestique avec nos enfants et prier ensemble. C’est ainsi que les gens prient là où il n’y a pas de lieux de culte. Nous avons toujours la technologie qui nous permet de participer à des offices religieux retransmis en direct par Internet ou par d’autres moyens. Pour nous, il est donc plus facile d’être en contact non seulement avec Dieu, mais aussi avec nos amis et avec la communauté mondiale des fidèles. Beaucoup de nos frères et sœurs persécutés et souffrants sont privés de ces moyens techniques.

Pendant ce Carême, nous suivons Jésus-Christ au désert de manière plus directe. Dans nos peurs, nous apprenons plus clairement ce que signifie se sentir parfois aussi abandonnés par Dieu. Mais nous pouvons toujours nous soutenir les uns les autres dans la prière. Nous pouvons nous reposer sur la certitude que le pont d’amour et de foi entre les bienfaiteurs, les collaborateurs de l’AED et nos partenaires de projet traverse le monde entier, et que notre prière commune aidera à surmonter cette crise mondiale. Ces derniers jours, nous avons justement reçu de très nombreux messages du Sénégal, du Burkina Faso, du Brésil, d’Haïti ou des Philippines, dont les auteurs nous assuraient de leurs prières pour tous les bienfaiteurs de l’AED.

Notre vie quotidienne a radicalement changé. Mais laissons-nous guider par le principe qui a fait ses preuves, selon lequel chaque crise porte en elle une chance. Cette chance consiste à utiliser le temps soudainement disponible pour grandir intérieurement, pour nous rapprocher de Dieu en prenant avec nous tous ceux qui sont particulièrement proches de nous : nos conjoints, enfants, frères et sœurs et parents. Et puis aussi nos frères et sœurs dans la foi – dans le quartier et dans le monde.

Cela a lieu dans la prière, seul ou en commun, et cela se fait en offrant les difficultés et tourments des semaines à venir pour tous ceux que nous ne pouvons pas aider directement en ce moment ou dont la situation est plus difficile que la nôtre du fait de la maladie ou de la solitude. Pensons également aux familles qui sont aujourd’hui particulièrement confrontées à l’exiguïté des logements. Et n’oublions pas nos frères et sœurs des pays où les chrétiens sont persécutés et discriminés – ils ont souvent des soucis bien plus graves que le virus. Par exemple, continuons de soutenir par des offrandes de messes tous les prêtres de nos pays partenaires qui peuvent célébrer la messe pour nous.

Ces dernières années, j’ai pu à maintes reprises vous remercier pour votre générosité et votre aide en faveur de nos frères et sœurs opprimés ! Aujourd’hui, je vous invite à développer les trois piliers de l’AED, la prière, l’information et l’action, dans une fidélité créative à notre mission, en profitant ainsi de la crise comme d’une occasion de témoigner de Jésus-Christ. 

Peut-être que cette année le Carême durera plus longtemps que ce que le calendrier prévoit, mais Pâques approche. Utilisons ensemble ce temps d’affliction pour saisir plus profondément le mystère de la Résurrection.

C’est le vœu que je formule pour nous tous

En union de prières

Thomas Heine-Geldern
Président international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)


 

Venezuela « Nous voulons une issue pacifique »

18.02.2020 in adaptation : Mario Bard, Par Raquel Martin

Venezuela
«Nous voulons une issue pacifique»

Par Raquel Martin, ACN Espagne
Adaptation du texte, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 18 février, 2020

 

Le Cardinal vénézuélien Baltazar Porras a déclaré, lors d’une conférence de presse donnée au siège espagnol l’Aide à l’Église en Détresse (AED), que «les vrais changements se construisent toujours du bas vers le haut», et invité à tirer les leçons des erreurs, ainsi qu’à «ne pas tomber dans l’illusion de tous ces populismes qui font tant de dégâts à notre continent».

 

 

L’archevêque de Mérida et administrateur apostolique de Caracas soutient actuellement la campagne de ce bureau afin de soutenir l’Église du Venezuela.

Dans ce pays, 30 % des enfants souffrent de problèmes de malnutrition, 60 % des familles cherchent quotidiennement de la nourriture dans la rue, la censure a énormément augmenté, « 85 % des médias sont contrôlés et la presse libre est fortement menacée », estime-le cardinal. Il a ajouté que la disparition des jeunes était constante et que la répression était « énorme ».

 

L’Église vénézuélienne : avec le peuple

Cependant, l’Église catholique du Venezuela « ne perd ni l’espoir, ni sa créativité, ni sa persévérance », et se concentre pleinement sur l’aide aux populations dans cette crise sociale, politique, économique et humanitaire.   « L’Église travaille de façon créative pour servir les autres », a-t-il dit, réalisant un « travail de fourmi ». « La présence de l’Église est impressionnante dans les quartiers les plus populaires où elle s’investit avec une joie et un dévouement qui sont édifiants ».

 

Venezuela – Cardinal Baltazar Enrique Porras partage un repas avec ceux dans le besoin

Les paroisses des diocèses du Venezuela sont devenues des cantines sociales et des dispensaires médicaux, a expliqué le cardinal : « Les gens s’unissent pour apporter des solutions aux problèmes communs » et ce sont « les gens simples et humbles qui offrent et fournissent le peu qu’ils ont, comme dans l’Évangile ». Selon le cardinal vénézuélien, le travail des prêtres, religieux et laïcs qui aident les autres est incroyable : « Non seulement ils donnent à manger, mais ils accompagnent aussi et donnent de leur temps avec dévouement. C’est surtout d’affection que les gens sont orphelins aujourd’hui ».

 

En ce qui concerne l’avenir de son pays, l’archevêque de Mérida a ajouté : « Nous voulons une issue pacifique et démocratique à cette situation, sans discours guerrier : nous avons tous besoin les uns des autres. Quelque chose doit être fait au-delà des croyances et des idéologies politiques, grâce à une prise de conscience profonde en faveur du présent et de l’avenir ».

Aide à l’Église en Détresse, fidèle à sa mission de soutien pastoral, aident les prêtres, les religieux, les religieuses, les laïcs, les catéchistes et les séminaristes. De plus, et de manière exceptionnelle, l’AED soutient des projets d’urgence humanitaire comme entre autres le financement des cantines paroissiales, le forage de puits ou l’achat de générateurs électriques.

 

Projet de la semaine de l’AED : Un moyen de transport pour des religieuses enen Biélorussie

30.01.2020 in ACN International, Motorisation, PROJETS AED

Biélorussie

Une voiture pour les dominicaines de Baranovitchy

 Publié sur le web le 30 janvier, 2020

 

Dès 1992, immédiatement après la fin de l’Union soviétique, trois dominicaines sont venues de Pologne en Biélorussie et ont commencé leur travail dans la ville de Baranovitchy. Leur exemple a dû être probant, car la communauté jouit aujourd’hui d’un nombre important de vocations locales. Actuellement, 18 religieuses sont d’origines biélorusses. D’autres jeunes femmes voudraient aussi entrer dans la communauté, active dans quatre localités.

 

Dans la paroisse catholique de Baranovitchy, une ville de 170 000 habitants, les religieuses accomplissent des services diaconaux, enseignent le catéchisme, travaillent avec les enfants et les adolescents et s’occupent des malades et des personnes âgées. En plus de catéchiser une centaine d’enfants et d’adolescents, elles préparent les adultes à recevoir les sacrements, conduisent les personnes âgées et malades à l’église et apportent la communion aux malades, les réconfortent et les aident. Pendant la période de Noël, les dominicaines font des paquets-cadeaux composés de vêtements, de nourriture et de médicaments pour les nécessiteux.

 

Besoin urgent d’une voiture

Les trois religieuses de Baranovitchy disposent d’une petite voiture qui a plus de dix ans, mais l’entretenir et la réparer demandent de plus en plus d’argent. Elles ont donc besoin de toute urgence d’un véhicule qui fonctionne parfaitement, car, en plus de leurs visites pastorales, elles se rendent régulièrement à Pinsk — où se trouve le siège du diocèse —, afin de participer à des journées de retraite et de formation. La distance est de 180 kilomètres. Enfin, la maison de formation de leur communauté religieuse est située à Minsk (située à 190 km), et ce, sans compter les quatre autres maisons de leur communauté en Biélorussie, situées à une distance pouvant aller jusqu’à 300 kilomètres. Un véhicule est essentiel !

 

Comme les religieuses ne peuvent réunir les fonds nécessaires pour acheter un nouveau véhicule, elles se sont adressées à l’AED avec confiance. Pour leur travail, il serait utile que la nouvelle voiture ait aussi un coffre un peu plus grand, car elles doivent souvent transporter des objets — par exemple des colis de Noël.

Nous voulons les aider à acheter une nouvelle voiture en leur donnant un montant de 15 000 dollars. Les religieuses remercient à l’avance tous leurs bienfaiteurs et prient pour eux.

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Nigeria : Réflexion spirituelle sur les dernières attaques terroristes. 

23.01.2020 in Adaptation Mario Bard, Nigeria, persécution

 

Nigeria

«Les ténèbres peuvent se développer, mais elles ne triomphent jamais.»
Réflexion spirituelle sur les dernières attaques terroristes. 

 

Propos recueillis par Tobore Ovuorie
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le the web le 23 janvier, 2020

La Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (PAOEI) a publié le 26 décembre 2019 une vidéo de ses combattants décapitant 10 otages chrétiens aux yeux bandés. Puis, une autre vidéo est apparue le jour de Noël, montrant un onzième otage être abattu.

 

Les noms des victimes n’ont pas été divulgués, mais une vidéo plus ancienne de la PAOEI a révélé qu’elles provenaient des États de Borno et Yobe (Nigeria). La terreur pratiquée par la PAOEI et Boko Haram a profondément marqué les Nigérians, en particulier les chrétiens du pays, qui ont subi un nouveau choc à l’annonce de la décapitation, le 26 décembre, des membres d’un cortège nuptial à Gwoza, dans l’État de Borno.

 

 

L’Aide à l’Église en Détresse a parlé de ces assassinats avec le Père Panachy Longinus Ogbede, prêtre catholique de l’église de la Visitation, à Lagos, au Nigeria. Voici une réflexion spirituelle sur ces événements.

 

« Nous ne devons jamais accepter la violence. Elle ne fait pas partie de notre culture. Les Nigérians traditionnels sont connus pour aimer la discussion ; nos ancêtres nous ont appris que la devise “œil pour un œil, dent pour dent” laissait tout le monde aveugle et édenté. Il y aura toujours des façons meilleures et plus efficaces d’exprimer nos griefs.

 

Cependant, beaucoup de gens pensent autrement. Ils tireraient avantage d’une relation plus forte avec Dieu, conduisant à des relations plus positives avec les autres êtres humains. C’est ainsi que l’être humain devient sacré à nos yeux. Nous sommes en train de perdre rapidement notre sens du sacré, ainsi que notre sens de la communauté. L’égoïsme et le relativisme se sont glissés partout, et nous avons oublié qu’il y a encore des vérités objectives. Il n’est pas juste de tuer ses frères et sœurs. Il n’est pas juste de se comporter cruellement. J’implore Boko Haram et la PAOEI de reconsidérer leurs moyens d’action.

 

 

Petite fille à la messe du Dimanche à Sainte-Rita, Kaduna

Rester et vivre libres

 

La vérité est que les chrétiens ne peuvent pas quitter leur patrie. Où émigrerions-nous ? Et pour combien de temps ? Nous sommes des étrangers où que nous allions. Nous ne sommes en sécurité que sur les terres de nos parents. Nous devons apprendre à être tolérants et forts ; nous devons rester et vivre libres.

 

Les Écritures nous ont prédit des temps difficiles, mais les temps difficiles ne durent pas. Les gens solides durent. La vie est remplie de hauts et de bas qui sont souvent le résultat de l’égoïsme humain. Et il y aura toujours un Judas parmi les disciples. Il y aura toujours un enfant qui s’égare, qui prend un chemin alors que tous les autres prennent un autre chemin. Et quand cela arrive, on voit que cela marche rarement.

 

C’est lorsque les choses changent que nous trouvons des occasions de croissance. Et pour réaliser cette croissance, nous devons accepter l’instabilité, l’imperfection et l’incertitude. La vie est un mystère et exige que nous soyons en formation permanente. Il y a de la lumière au bout du tunnel, mais nous devons traverser ce tunnel avant de l’atteindre, ou même de la voir.

 

Les premiers apôtres ont également été persécutés. Mais le Christ n’a jamais abandonné son Église. Sans Lui, nous serions tous partis. Les ténèbres peuvent prospérer, mais elles ne triomphent jamais ».

 

 

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire : le miracle du changement politique !

12.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Aide à l'Église en détresse., Voyager avec l'AED

Aide à l’Église en Détresse dans l’histoire

Le miracle du changement politique!

Par Tobias Lehner & Volker Niggewöhner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Le 9 novembre 2019 a marqué le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. C’est une étape décisive dans les événements qui ont conduit à l’effondrement du communisme en Europe. Un rêve devint réalité pour de nombreuses personnes : des chrétiens dévoués de toutes confessions et de nombreuses organisations qui ont travaillé sans relâche au cours des décennies précédentes pour provoquer ce changement politique. Parmi ces organisations figure l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) et son fondateur, le prémontré néerlandais Père Werenfried van Straaten (1913-2003).

 

42 ans d’attente et d’efforts en vue d’un changement politique

Les événements entourant la chute du Mur n’ont pas surpris l’œuvre de bienfaisance. Dès le début, c’était ce qui était visé par l’engagement de l’AED. « Après avoir attendu ce tournant pendant 42 ans, notre crédibilité est maintenant en jeu si nous n’aidons pas l’Église persécutée en redoublant notre volonté de faire des sacrifices. Même là où elle a été libérée de ses chaînes, elle reste démunie. Sans prêtres, sans programmes radiophoniques et sans livres, la libération est vaine », écrivait le Père Werenfried aux bienfaiteurs de l’AED. Les défis que l’œuvre allait alors affronter rappelaient ses débuts de pionnière.

Jetons un regard en arrière. En 1947, à l’initiative du Pape Pie XII, le Père Werenfried lance une campagne pour aider les Allemands déplacés et expulsés de l’Est. En 1952, après avoir reçu des informations qui faisaient état de violations des droits de l’homme et de persécutions contre l’Église dans les pays nouvellement placés sous le régime communiste, il étendit les opérations de secours à ces régions. Voilà pourquoi, durant les premières années, l’œuvre s’est appelée Aide aux prêtres de l’Est, pour être renommée Aide à l’Église en Détresse en 1969.

La situation dans les pays derrière le rideau de fer était différente d’un État à l’autre. L’Union soviétique était considérée comme un territoire inaccessible. Seules des émissions radiophoniques provenant de l’étranger permettaient d’y diffuser la Bonne Nouvelle de l’Évangile — ou alors il fallait recourir à la contrebande. Dans d’autres pays, en particulier en Pologne et en Yougoslavie, il était possible de soutenir davantage.

L’œuvre considérait qu’une autre de ses missions importantes résidait dans l’information du public. Il fallait que le monde occidental sache ce qui se passait à l’Est. C’est ainsi que le Père Werenfried s’est exprimé dans des centaines d’homélies sur la situation de l’Église persécutée en Europe de l’Est, devenant lui-même le porte-parole des opprimés privés de leur voix.

Derrière le Rideau de fer, en Pologne, le cardinal Karol Wojtyla, qui deviendra Jean-Paul II, visite le chantier de l’église de Nowa Huta (1977). Le régime communiste avait voulu une nouvelle ville sans Dieu : la population en a décidé autrement…

«Armés» pour la paix

À partir des années 1960, l’AED a étendu son soutien à d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine et l’Afrique, mais l’aide à l’Europe de l’Est est demeurée l’une de ses préoccupations majeures. Ses efforts ont été inspirés par les paroles du Pape Pie XII qui avait dit un jour au Père Werenfried : « Tout le monde se prépare à la guerre, mais presque personne ne pense à préparer la paix au cas où elle arriverait soudainement ». Et c’est devenu l’objectif du Père Werenfried qui voulait être préparé pour le « jour J ».

Lorsqu’une nouvelle politique vit le jour en Union soviétique sous Mikhaïl Gorbatchev, l’AED augmenta entre 1987 et 1988 les aides allouées aux républiques soviétiques, qui passèrent alors de moins d’un million de dollars à 3,5 millions de dollars. C’est aussi dans cette période que le Père Werenfried commença des collectes de fonds pour la formation des prêtres dans les pays du bloc de l’Est. Chacune des deux initiatives s’avéra extrêmement utile, en particulier lorsqu’on regarde les événements qui surviendront par la suite.

La chute du mur de Berlin et les autres événements révolutionnaires marquèrent pour l’AED l’avènement du « Jour J ». Alors que dans le passé, l’aide devait rester secrète, elle pouvait maintenant être apportée ouvertement et parfois elle était même souhaitée par l’État. Une chose est sûre : le soutien dans ces pays restait toujours absolument indispensable. Dès 1990, les aides pour l’Europe de l’Est augmentèrent au point de dépasser les 22 millions de dollars, et atteignirent en 1994-1995 près de trente millions de dollars, ce qui équivalait à plus de 40 % de la totalité du soutien accordé à l’échelle mondiale par l’AED. Ce niveau a persisté jusqu’au passage au nouveau millénaire.

Soutien humanitaire et pastoral

Voici quelques — un des projets d’aide particulièrement remarquables réalisés dans les années qui ont suivi la chute du communisme. Pendant la Révolution roumaine, en décembre 1989, le Père Werenfried s’est rendu à Bucarest dès le lendemain de l’exécution du dictateur Ceaușescu et de son épouse. Auparavant, il avait été l’un des premiers à organiser une aide d’urgence pour atténuer la souffrance de la population roumaine.

En Ukraine, une relation particulière s’est établie entre l’AED et l’Église grecque catholique.. Lorsque son primat, le cardinal Myroslav Ivan Lioubatchivsky, a pu quitter son exil romain le 30 mars 1991 afin de retourner dans sa patrie,, il était accompagné par le Père Werenfried. Lors d’une sainte messe célébrée à Lviv, le fondateur de l’AED a fait une promesse solennelle : « Au nom de nos bienfaiteurs, je vous promets que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider dans la nouvelle évangélisation de l’Ukraine, vous les évêques, les prêtres et les religieuses, les séminaristes et l’ensemble du peuple des fidèles. »

L’AED a tenu promesse : la construction du Grand séminaire à Lviv devint l’un des plus grands projets de l’œuvre. Aujourd’hui, le séminaire de Lviv et ses 200 étudiants compte parmi les plus grands dans le monde.

 

Au programme : formation des prêtres, couvents et proclamation de l’Évangile

Dans les autres états d’Europe de l’Est, le financement de la formation des séminaristes était également une préoccupation majeure. À cela s’ajoutait l’aide apportée aux monastères contemplatifs, dont beaucoup avaient survécu aux années du communisme dans des conditions déplorables ou bien venaient tout juste d’être fondés. Dans de nombreux pays, l’Église était au bord du gouffre et ne possédait plus rien, puisque tous ses bâtiments avaient été confisqués sous le régime communiste et qu’il n’existait plus aucune structure d’organisation cléricale. Dans ces domaines également, l’AED apporta son soutien, en particulier aux petites Églises locales en Albanie, en Bulgarie, en Roumanie ou au Kazakhstan. Dans ces pays, les catholiques sont en minorité et trouvent peu de défenseurs dans la société.

 

Un œcuménisme vivant : reconstruire les ponts

En 1991, une mission spéciale pour la reconstruction spirituelle de l’Europe de l’Est a été confiée par la plus haute autorité : le Pape Jean-Paul II exprima pour la première fois à l’AED son idée d’intensifier le dialogue avec l’Église orthodoxe russe. Une approche qui trouva un terrain fertile chez le Père Werenfried. En octobre 1992, il se rendit pour la première fois en Russie avec une délégation. Là, il rencontra le Patriarche Aleksei II et d’autres dignitaires orthodoxes. Le père Werenfried a pu faire son rapport au pape au début de 1993 et le soutien de certains projets en faveur de l’Église russe orthodoxe vint donc compléter le soutien accordé aux communautés catholiques.

L’un des fameux bateaux chapelles.

Le projet le plus célèbre devint celui des fameux bateaux chapelle — des embarcations transformées en chapelle permettant aux prêtres de se rendre dans des communes où il n’y avait plus d’église. Le Père Werenfried était convaincu que « la nouvelle évangélisation indispensable de la Russie représentait la mission fondamentale de notre Église-sœur orthodoxe ». Comme celle-ci avait également souffert de la persécution sous le communisme et qu’elle devait repartir de zéro, il fallait maintenant la soutenir.

 

De bénéficiaires à bienfaiteurs

Regina Lynch, directrice du département des projets à l’Aide à l’Église en Détresse.

Depuis 1990, l’AED a soutenu l’Église en Europe de l’Est avec plus 750 millions de dollars. Même si, de nos jours, les priorités de l’aide se sont déplacées vers le Moyen-Orient et l’Afrique, les chrétiens d’Europe de l’Est ne sont pas tombés dans l’oubli. Ainsi, la petite Église extrêmement pauvre d’Ukraine se situe toujours au quatrième rang des pays soutenus par l’AED.

Enfin, il est intéressant de souligner que les communautés des anciens pays communistes n’ont pas été que des bénéficiaires. Peu après l’effondrement du rideau de fer, des actions de solidarité ont vu le jour chez des catholiques de différents pays qui, peu de temps auparavant, souffraient eux-mêmes de la persécution. La Pologne a joué et joue toujours un rôle majeur à cet égard. L’un des 23 bureaux nationaux de l’AED y est maintenant installé et un autre a été ouvert en Slovaquie, état qui faisait partie de l’ancienne Tchécoslovaquie. Ici aussi, le miracle du changement politique est à l’œuvre.