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Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Égypte « Priez pour les familles touchées ! »

11.04.2017 in #callitgenocide, Adaptation Mario Bard, Égypte, Eva-Maria Kolmann, Persécution

Égypte
 

« Priez pour les familles touchées ! »

Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Égypte, demande aux fidèles du monde entier de prier pour les proches des victimes des attentats qui ont été commis contre deux églises coptes orthodoxes à Tanta et Alexandrie, le dimanche des Rameaux neuf avril, causant la mort d’au moins 44 personnes et en blessant plus de 120.

Mgr Kyrillos déclare avoir lui-même reçu de nombreux messages du monde entier dans lesquels les gens l’ont assuré, lui et les chrétiens d’Égypte, de leurs prières et de leurs pensées. « La prière est ce qu’il y a de plus important que nous puissions maintenant demander », a-t-il souligné lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse.

 

Malheureusement, il fallait s’attendre à ce qu’il y ait d’autres attentats. « Notre sentiment de sécurité n’était pas très fort », a expliqué Mgr Kyrillos. L’attentat de décembre 2016 contre l’église Saint-Pierre et Saint Paul au Caire – qui a causé la mort de près de 30 personnes –, a été perçu comme un « prélude ». Cependant, tout le monde a été « surpris » par l’attentat de dimanche, parce qu’on ne peut jamais prédire quand et où de tels attentats auront lieu.

 

L’évêque a souligné qu’il existait, tant du côté de l’État que du côté de l’Église, l’intention de renforcer la coopération afin de mieux protéger les églises. « J’ai reçu la visite d’un agent de sécurité qui m’a demandé ce dont nous avons besoin. Il nous a proposé d’entraîner les jeunes et les adultes, afin de pouvoir unir toutes les forces et accroître la sécurité. Il y a 550 églises chrétiennes à Assiout. Grâce à Dieu, rien n’est arrivé ici, mais nous ne sommes pas assez préparés pour de tels événements », a expliqué Mgr Kyrillos.

 

La visite de François, « plus importante que jamais. »

 

Interrogé quant au risque d’un exode des chrétiens comme en Irak ou en Syrie, Mgr Kyrillos s’est déclaré convaincu que les attentats ne provoqueraient pas une migration à grande échelle. « En Égypte, les gens tiennent beaucoup à leur pays, et tous se considèrent comme égyptiens — qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il y a une plus grande cohésion qu’ailleurs au sein de la population ». Par contre, il considère que les terroristes ont l’intention de détruire cette cohésion.

 

Enfin, l’évêque estime que la visite du Pape François en Égypte, prévue les 28 et 29 avril 2017, est désormais « plus importante que jamais ». Il est convaincu que le voyage ne sera pas annulé, étant donné que le Pape « a toujours eu le courage, justement dans de telles situations, de venir et de redonner de la force aux gens ». Il attend du Pape un message clair de paix.

 

Eva-Maria Kolmann, ACN International
Adaptation : Mario Bard, AED-Canada


 

COMMUNIQUÉ: Égypte – Une nouvelle Constitution et l’espoir nouveau d’un avenir radieux

22.01.2014 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

Les évêques coptes catholiques d’Égypte ont salué le résultat du référendum sur la nouvelle Constitution du pays, qui représente selon eux une étape cruciale vers la liberté religieuse et les autres libertés civiles.

John Pontifex

John Pontifex, AED Royaume-Uni

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, mardi 21 janvier, 2014 – Au cours d’entretiens avec l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr Kyrillos William, évêque d’Assiout, en Haute-Egypte, Mgr Antonios Aziz Mina, évêque de Gizeh et Mgr Joannes Zakaria, évêque de Louxor, ont tous fait part de leur grande joie concernant le vote de la semaine dernière, qui s’est officiellement conclu par un « oui » à 98 % en faveur de la nouvelle Constitution, élaborée dans le cadre du régime provisoire du pays.

En parlant de l’Égypte, les évêques ont déclaré qu’un résultat à une majorité aussi écrasante donnait au gouvernement un mandat clair pour agir conformément aux préceptes de la Constitution, qui sont considérés comme centrés sur le principe de la liberté pour tous – sans considération de race, de religion, de sexe ni d’âge.

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©AED/ACN Mgr Kyrillos William

Les évêques ont souligné le contraste entre la nouvelle Constitution et la précédente, ratifiée en décembre 2012 sous le Président déchu Mohammed Morsi, ancien membre des Frères Musulmans, qui était considérée comme favorisant les droits des musulmans au détriment de ceux d’autrui. Les évêques ont également souligné l’accent mis par la nouvelle Constitution sur les femmes, les enfants et les personnes handicapées, dont les droits étaient selon eux largement absents de l’ancienne Constitution.

Les évêques ont de plus déclaré que les droits des chrétiens étaient bien représentés dans la nouvelle Constitution. Mgr William et Mgr Zakaria ont tous deux cité des extraits de la Constitution, faisant ressortir le besoin prioritaire d’une nouvelle législation relative à la construction des églises, un processus qui, jusqu’à présent, a été très lent et lourd pour les responsables coptes. La Constitution ouvre la voie à l’élection d’un nouveau Parlement et d’un nouveau gouvernement, et les évêques ont déclaré qu’une fois les changements mis en place, ils espéraient que le nouveau régime fasse avancer la législation recommandée sur la construction d’églises. Les évêques ont dit qu’en Égypte il y avait un soutien public écrasant en faveur de la liberté religieuse.

Une Constitution qui unifie

Ils ont dit que cela allait de soi, compte tenu du résultat du référendum qui a fait apparaître que 20 millions d’électeurs avaient voté « oui » à la nouvelle Constitution, soit un taux beaucoup plus élevé que celui du précédent referendum qui avait été sanctionné par une participation bien plus faible et seulement 64 % de votes favorables.

Les Frères Musulmans ont exhorté leurs partisans à s’abstenir de voter la semaine dernière et, en réponse aux craintes que les Frères Musulmans ne régissent maintenant avec violence, les évêques ont déclaré que les islamistes n’étaient désormais plus capables de résister à l’élan de changement et de liberté.

En réfléchissant au sujet du résultat, Mgr Zakaria a précisé : « Je pense que nous sommes sur le point de commencer un nouvel avenir et une nouvelle vie. Avant le référendum, j’ai parlé à mes fidèles au cours des messes que je célébrais et je leur ai demandé de voter. J’ai dit que je serais le premier à aller voter pour cette Constitution. C’est un moment très important pour l’avenir de l’Égypte. Quand je suis allé voter, l’endroit était bondé – beaucoup de femmes ont participé – et ce n’était pas le cas qu’à Louxor, mais dans l’ensemble du pays. »

En se disant très, très heureux du résultat de la Constitution, Mgr William a ajouté : « Quand le résultat nous est parvenu, les gens chantaient et dansaient de joie. Ceux qui ont préparé la Constitution ont essayé de penser à toutes les catégories – surtout aux femmes, aux enfants et aux minorités religieuses ».

ÉGYPTE 3Mgr Aziz Mina qui était dans la commission chargée de rédiger la Constitution a décrit ainsi son agréable surprise du « oui » voté à la quasi-unanimité : « Je suis très satisfait du résultat. C’est un bon résultat pour les coptes modérés et pour les autres. Il s’agit d’une Constitution qui, lorsqu’elle s’appliquera à travers la loi, donnera des droits égaux à toutes les religions – aux chrétiens et aux autres. C’est une bonne Constitution parce qu’elle unifie tous les égyptiens – les femmes, les enfants et tous les groupes religieux. »

Enfin, l’évêque a souligné un chapitre de la Constitution sur la culture de l’Égypte, disant qu’elle faisait spécifiquement référence à la période de l’Égypte antique et à la période copte, qui étaient jusqu’à présent largement ignorées par les islamistes qui s’intéressaient uniquement à l’ère islamique, postérieure au VIIème siècle.

Communiqué : Égypte – Les évêques coptes catholiques espèrent une nouvelle constitution pour tous les Égyptiens

18.09.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte
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©AED/ACN
Mgr Kyrillos William

Reinhard Backes, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Montréal, le 18 septembre 2013. Les évêques coptes catholiques d’Assiout et Minya Mgr. Kyrillos William et Mgr.  Botros Hanna affichent leur soulagement face aux derniers développements politiques en Égypte. « Sous les Frères musulmans, nous avons assisté à une polarisation sans précédent. On reprochait aux chrétiens d’être contre l’Islam. Les églises étaient prises pour cible, les postes de police étaient incendiés. Mais des musulmans modérés se sont interposés pour nous protéger », confie Mgr. Kyrillos William lors d’une visite de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED). « Désormais, les Égyptiens sont unis et c’est ensemble qu’ils s’opposent à l’extrémisme et au terrorisme », explique Mgr Kyrillos William.

Lors de l’entretien mené avec des collaborateurs de l’AED, Mgr Botros Hanna de Minya s’est lui aussi déclaré soulagé : « Nous avons les mêmes problèmes et les mêmes espoirs que nos voisins musulmans. Ensemble, nous trouverons des solutions. Il est essentiel que nous nous respections mutuellement et que nous maintenions le dialogue. » Mgr Botros Hanna a poursuivi en tenant les propos suivants : « Il n’y a pas de guerre de religions dans mon pays, mais un conflit entre les extrémistes et le peuple égyptien. »

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©AED/ACN
Mgr Botros Fahim Awad Hanna

Mgr Botros Hanna s’est montré inquiet face aux immenses disparités sociales et au grand nombre d’analphabètes en Égypte – deux phénomènes qui font l’affaire des extrémistes. D’après Mgr Botros Hanna, « l’Égypte a besoin d’éducation, d’écoles, de respect des droits de l’homme et des minorités ».

Mgr Kyrillos William et Mgr Botros Hanna se montrent confiants quant à l’élaboration d’une nouvelle constitution qui tiendra compte des intérêts de tous les Égyptiens. D’après les deux évêques, plusieurs représentants de la prestigieuse université islamique al-Azhar du Caire et plusieurs représentants des églises chrétiennes y travaillent, en poursuivant l’objectif d’une séparation de la religion et de l’État. Prés de 85 % des Égyptiens sont des musulmans sunnites Tandis que 10 à 15 % sont chrétiens. Le nombre de catholiques s’élève à environ 200 000.

Égypte – Les représentants religieux égyptiens sont pleins d’espérance

12.07.2013 in AED, Aide à l'Église en détresse., Égypte

 Université Al-Azhar au Caire : « Nous ne voulons pas d’État islamique » – Le patriarche copte catholique exige le droit à la construction rapide d’églises – L’évêque copte orthodoxe proclame que « la démocratie est plus que le règne de la majorité »

Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canda

En rencontre avec à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), des représentants religieux d’Égypte ont exprimé leurs espérances concernant une évolution positive dans leur pays ébranlé par les crises suite à la chute du Frère musulman Mohamed Morsi.

KyrillosMgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout en Haute-Égypte, a dit dans une interview accordée mardi à l’AED qu’il déplorait les nombreuses victimes lors des affrontements ayant eu lieu lundi matin au Caire entre l’armée et les partisans du président destitué Mohamed Morsi. Il est question de plus de 50 morts et de centaines de blessés. « C’est triste », regrette l’évêque.

Mgr Kyrillos a entre-temps exprimé son espérance quant au retour au calme : « Il n’y aura pas de guerre civile. D’ailleurs, qui y lutterait contre qui ? Le peuple n’a aucune raison de le faire. Je n’exclus toutefois pas des actes de violence isolés commis par les Frères musulmans, mais l’armée et la police sont trop puissantes », a poursuivi le prélat.

Mardi dernier, la nomination d’un chef du gouvernement montrerait cependant une lente normalisation de la situation ainsi qu’une évolution dans la transition politique. « De toute façon, la vie de la plupart des gens continue normalement en Égypte », a expliqué l’évêque. Concernant les Frères musulmans, il a ajouté que nul n’était exclu du processus politique. « Les Frères musulmans sont invités à s’ouvrir à la réconciliation nationale. »

« L’Égypte n’est pas la Syrie »

Le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, primat de l’Église copte catholique, avait auparavant déclaré dans un entretien accordé vendredi au Caire à l’AED que la destitution du président égyptien Mohamed Morsi, qui s’est déroulée la semaine dernière, devait être située entre un putsch militaire et une deuxième révolution du peuple. « En fait, l’armée ne s’est pas emparée du pouvoir. D’ailleurs, le peuple souhaitait un changement et avait demandé de l’aide à l’armée. Heureusement que notre armée est du côté du peuple. L’Égypte n’est pas la Syrie », a affirmé le patriarche.

Morsi n’aurait pas su remplir les attentes qu’on avait mises en lui. « J’avais l’impression qu’il n’était pas préparé à cette tâche. Je crois que l’un des problèmes principaux était aussi que Morsi n’était pas vraiment le président. Il avait lui-même un président, en l’occurrence le chef des Frères musulmans et d’autres personnes de cette société internationale. C’est de là qu’il a reçu ses instructions », a estimé le patriarche.

Patriarche IbrahimQuestionné au sujet de son espérance concernant la nouvelle Constitution égyptienne, le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak a répondu : « J’espère un État civil garantissant la liberté de chacun. » Le primat a toutefois exclu une relation entre l’État et la religion sur le modèle français. « Nous sommes un pays marqué par la religion. La majorité de la population est de croyance musulmane ou copte orthodoxe. C’est un fait dont il faut aussi tenir compte. »

Les chrétiens : une cible facile

Toutefois, le patriarche a exigé avec insistance que soient instaurées des modifications concernant les procédures de permis de construction d’églises chrétiennes. « Je trouve qu’une demande de permis de construire une église devrait être traitée comme n’importe quelle autre demande de permis de ce genre. La réglementation en matière de construction doit être respectée. Mais une fois que cela est réglé, il faudrait alors en rester là. » Jusqu’à présent, c’est le chef d’État en personne qui devait statuer sur un permis de construction. Souvent, il pouvait se passer dix ans ou plus avant que le demandeur ne reçoive de réponse.

Globalement, le patriarche Ibrahim se dit optimiste pour ce qui est de l’avenir du pays : « Si les Égyptiens en ont seulement la volonté, alors ils pourront surmonter les problèmes économiques et politiques. Depuis la révolution du 25 janvier 2011, nous avons été ici témoins d’événements que nous aurions crus impossibles auparavant. En ce sens, je suis optimiste. »

Mgr Thomas, l’évêque copte orthodoxe de Qussia, en Haute-Égypte, a également défendu la destitution du président Morsi par l’armée égyptienne. Lui aussi, dans un entretien avec l’AED, il a souligné dimanche : « Ce n’était pas un coup d’État, mais une révolution née du peuple. Nous sommes heureux que l’armée ait repris le flambeau. Les chrétiens ont beaucoup souffert sous les Frères musulmans. »

Ainsi, en comparaison de l’époque où l’ancien chef d’État Hosni Moubarak était au pouvoir, les poursuites judiciaires de chrétiens auraient augmenté de manière significative en raison de la législation sur le blasphème. « En l’espace d’un an, nous avions de nombreux cas », a affirmé l’évêque. Par ailleurs, beaucoup de chrétiens auraient été enlevés par des islamistes qui auraient exigé des rançons pour leur libération. Il y aurait eu sans cesse des exactions violentes contre des chrétiens et leurs institutions. La protection aurait manqué. Des plaintes adressées à la police, à la suite des incidents à motivation islamiste, n’auraient eu aucune conséquence. « Les Frères musulmans ont donné leur feu vert à tout cela », a ajouté Mgr Thomas. « Maintenant, après leur chute, les Frères musulmans nous menacent directement.

Nous autres chrétiens constituons une cible facile pour les extrémistes islamiques. Les menaces terroristes par des groupes extrémistes continueront. Notre propre situation ne s’améliorera globalement qu’à travers la stabilisation de la situation en matière de sécurité dans toute l’Égypte. » Cependant, malgré les actuels problèmes tels que des attaques contre des chrétiens et leurs institutions, l’évêque se montre optimiste quant à l’avenir des chrétiens en Égypte : « J’espère un virage vers des circonstances meilleures. »

La démocratie est plus que le règne de la majorité

Pour l’évêque, une religion politique comme l’islamisme des Frères musulmans ne constitue toutefois pas la panacée aux problèmes de l’Égypte. Il conviendrait plutôt de prendre conscience que la démocratie est plus que le règne de la majorité. « La majorité arrivée au pouvoir grâce aux élections est investie de la responsabilité de protéger les droits de chacun. » En ce sens, il souhaiterait que la nouvelle Constitution égyptienne soit marquée du principe d’un État civil. « La Constitution doit exprimer l’égalité de tous les Égyptiens face à la loi, des chrétiens comme des musulmans. »

MahmoudUn représentant de l’Université Al-Azhar du Caire s’est exprimé en des termes similaires face à l’AED. Mahmoud Azab, conseiller du grand Imam d’Al-Azhar pour le dialogue interreligieux, a dit dimanche, au Caire : « Nous ne voulons pas d’État islamique en Égypte. C’est la position de l’Université Al-Azhar, que nous avons déjà exposée en diverses circonstances. » Mahmoud Azab poursuit en disant que c’est là que résiderait d’ailleurs la différence principale par rapport à l’islam des Frères musulmans et d’autres islamistes. « Nous voulons en Égypte un État national et constitutionnel, démocratique et moderne. Les musulmans et les chrétiens d’Égypte doivent bénéficier des mêmes droits, fondés sur leur citoyenneté. »

Le représentant de l’Université Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a souligné en même temps que son institution ne souhaitait toutefois aucune séparation entre la religion et l’État comme elle serait notamment pratiquée en France. « La laïcité française n’est pas applicable à l’Égypte ». Ainsi, les questions relatives au statut personnel devraient par exemple être réglées par la charia pour ce qui est des musulmans, et par des réglementations correspondantes de leurs Églises pour les chrétiens. Mahmoud Azab s’est toutefois exprimé formellement contre une interprétation fondamentaliste de la charia. Il a en outre condamné les actes de violence envers les chrétiens. « C’est contraire à l’islam. » Le dialogue et le respect devraient constituer le fondement des rapports entre les différents groupes sociaux d’Égypte.