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Aide a l’Église en Détresse Tag

 

Vues d’ailleurs – Écoutez l’Église du monde !

26.09.2017 in AED Canada, Antilles, Haiti, Radio VM, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Vues d’ailleurs

Écoutez l’Église du monde !
Sur les ondes de RadioVM

Vues d’ailleurs, mercredi 27 septembre, à 19 h

 

Tremblement de cœur
quand une catastrophe naturelle ébranle jusqu’aux entrailles

 

Sœur Marie-Carmel est une religieuse haïtienne, membre des Petites sœurs de Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus. Fortement ébranlée par le séisme de janvier 2010, sa formation à l’Institut de formation humaine et intégrale de Montréal (IFHIM) lui a redonné des forces insoupçonnées. Conversation avec une femme restaurée qui retourne avec un nouvel esprit dans son pays.

 

Vues d’ailleurs est diffusée sur les ondes de Radio VM,
en collaboration avec Aide à l’Église en Détresse.

(Animation et recherche : Mario Bard.)

 

ATTENTION :
Nouvelles heures, nouveaux jours :

Mercredi 19 h
Vendredi 16 h
Mercredi 13 h 30

 

 

 

 


 

Vues d’ailleurs – Écoutez l’Église du monde !

19.09.2017 in AED Canada, ESPOIR, Mario Bard, PAIX, Radio Ville Marie, Radio VM, Robert Lalonde, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Vues d’ailleurs

Écoutez l’Église du monde !
Sur les ondes de RadioVM

Vues d’ailleurs, mercredi 20 septembre, à 19 h

 

D’encre et de chair :
récits pour un monde meilleur!

 

Robert Lalonde, ancien responsable de l’Information au bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, lance son premier livre ces jours-ci. Publié chez Novalis, D’encre et de chair est un récit de voyage « chez les bâtisseurs de ponts de paix ». Quel que soit l’endroit visité, Robert Lalonde nous introduit dans des mondes en conflit où pourtant, fleurit un monde meilleur. À cause de qui? Indices lors de cette émission.

 

Vues d’ailleurs est diffusée sur les ondes de Radio VM,
en collaboration avec Aide à l’Église en Détresse.

(Animation et recherche : Mario Bard.)

 

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Mercredi 19 h
Vendredi 16 h
Mercredi 13 h 30


Pèlerinage de l’AED à Fatima – Prions pour la paix !

15.09.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, AED, Fatima, Voyagez avec AED

Pèlerinage de l’AED à Fatima

Prions ensemble pour la paix dans le monde

Le risque posé par de « nouveaux pouvoirs et des guerres redoutables » a été évoqué mardi après-midi 12 septembre, par le cardinal Mauro Piacenza, Pénitencier majeur du Saint-Siège, durant une conférence de presse tenue à Cova da Iria, marquant ainsi le début du pèlerinage international de l’organisme international de pastoral et de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) à Fatima. 

Königstein/Montréal, vendredi 15 septembre 2017 – Le pèlerinage international est tenu en l’honneur du 70e anniversaire de l’AED et du 50e anniversaire de la première consécration de l’œuvre pontificale de charité à Notre-Dame de Fatima. Le cardinal Piacenza, également président international de l’AED, a voulu souligner à quel point « Fatima et l’AED ont de choses en commun. »

Il a souligné que « Fatima est une lumière de charité super naturelle qui nous soutient toutes les fois que nous tombons », alors que l’AED est une « lumière de charité fraternelle pour ceux qui en ont le plus besoin. »

Parmi ceux qui ont le plus besoin de l’AED, le cardinal estime qu’il est important d’apporter une attention particulière aux chrétiens persécutés, spécialement ceux qui vivent dans les « terres bibliques ». Il a mis en évidence le besoin de préserver une présence chrétienne au Moyen-Orient – spécialement en Irak et en Syrie –, une priorité pour l’organisme en ce moment.

Les liens étroits entre le message de Fatima et l’AED  

Le cardinal Piacenza a également décrit quelques aspects du travail déjà en cours auprès de ces communautés chrétiennes, plus particulièrement dans la « reconstruction de maisons et d’églises » qui, a-t-il souligné, est un « effort œcuménique. »

Étaient aussi présents à la conférence de presse, le secrétaire général international de l’organisme, Philipp Ozores, et la directrice nationale du bureau portugais, Catarina Martins. M. Ozores a souligné que l’œuvre soutient présentement des projets dans 150 pays, un nombre sans précédent, et fait allusion aux liens étroits qui lient l’œuvre internationale et le message donné par Notre-Dame aux enfants bergers il y a cent ans. « Fatima est la clé pour comprendre notre existence », a-t-il déclaré. Mme Martins a quant à elle parlé de « l’importance » de ce pèlerinage et de « l’inspiration que Notre-Dame a été pour nous à travers toutes ces années. » Elle a conclu en en promettant que l’AED « va continuer chaque jour à prier pour la paix dans le monde, tout comme Notre-Dame a demandé de le faire ici. » Le pèlerinage se termine aujourd’hui. 

 

Écrit par Paolo Aido, ACN International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

 

 

 

 

 

 


 

Vues d’ailleurs – Écoutez l’Église du monde!

14.09.2017 in AED Canada, Cuba, Mario Bard, Radio Ville Marie, Radio VM, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

PREMIÈRE DIFFUSION DE LA SAISON AUTOMNE 2017

Vues d’ailleurs

Écoutez l’Église du monde!
Sur les ondes de Radio VM

 

Cuba
au-delà des plages, il y a… 
Invitée : Sœur Margarita, Servante du Saint-Cœur de Marie
Originaire de Cuba

Vues d’ailleurs, première diffusion : Mercredi 13 septembre, 19 h

 

Les Québécois aiment Cuba : ses plages, ses complexes touristiques où la bouffe, l’alcool et le plaisir sont à volonté! Pourtant, la plupart d’entre eux ne vont jamais découvrir ce qu’est la vie quotidienne des gens. Religieuse Servante du Saint-Cœur de Marie, sœur Margarita nous explique le Cuba qu’elle connaît, les défis pastoraux qui se présente à l’Église, et la nécessité de d’abord écouter… C’est un apostolat de l’écoute !

ATTENTION :
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Mercredi 19 h
Vendredi 16 h
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Visite du Pape en Colombie

08.09.2017 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Amérique du Sud, Colombie, Maria Lozano, Pape François, Voyager avec l'AED

Pape François

en Colombie à un moment décisif

 

Selon Mgr Ettore Balestrero, nonce apostolique en Colombie, la paix, la réconciliation et la justice sociale sont des thèmes importants dans le cadre de la visite du Saint-Père en Colombie. « Un nouveau chapitre s’ouvre à présent dans l’histoire de la Colombie. Tout est possible. Les Colombiens seront les auteurs du nouveau chapitre. Ils l’écriront avec leurs décisions. »

 

Dans une entrevue accordée à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), le nonce apostolique invite à la prière : « Je voudrais vous encourager à prier Dieu pour qu’il éclaire le Saint-Père. Je vous en prie, priez afin que le pape ouvre le cœur de tous les êtres humains, afin qu’ils soient prêts à accueillir le message du Seigneur et à transformer leur vie après la visite du pape. »

Le Nonce apostolique en Colombie, Mgr Ettore Balestrero.

 

Dans cet entretien accordé à l’AED, le nonce apostolique en Colombie a désigné le voyage du pape François dans ce pays d’Amérique latine comme la « visite d’un ami ». Mgr Balestrero a souligné que le pape « fera comme font tous les amis. Il posera des questions cruciales : que faites-vous de votre vie ? Êtes-vous vraiment heureux ? Quel est le sens de tout ce que vous faites ? » Concernant de précédents voyages pontificaux en Colombie, il a dit : « Le voyage de Sa Sainteté Jean-Paul II, il y a 31 ans, était la visite d’un père. Le voyage du bienheureux Paul VI en 1968 était quelque chose comme la visite d’un professeur venu de loin. Il s’agissait là de l’un des tout premiers voyages pontificaux [en dehors du continent européen]. Quant au voyage du pape François du qu’il effectue du 6 au 10 septembre, il peut être considéré comme la visite d’un ami – un ami qui, bien entendu, est en même temps père et professeur, mais avant tout un ami. Étant lui-même originaire d’Amérique latine, il connaît la Colombie. Il comprend les spécificités colombiennes. »

 

Pèlerin « de la foi, de l’espérance et de la réconciliation »

 

Parmi les endroits où se rendra le pape François, il y a des villes de notoriété internationale comme Bogotá, Medellín et Carthagène des Indes, mais aussi Villavicencio dans les Llanos orientales. Aucun pape ne s’y était rendu jusqu’à présent. La ville est située dans une région qui a été le théâtre de nombreux conflits armés entre la guérilla des FARC et des unités paramilitaires, durant les plus de 50 ans du conflit qui s’est officiellement terminé en septembre 2016. En rapport avec le processus de paix qui se déroule actuellement dans le pays, Mgr Balestrero a souligné l’importance de la visite pontificale à un moment décisif pour l’histoire de la Colombie : « Bien que certains aspects juridiques et sociaux n’aient pas encore été finalisés, la Colombie ferme aujourd’hui un chapitre de son histoire. Simultanément, elle ouvre un nouveau chapitre, où tout est possible. Les Colombiens seront les auteurs du nouveau chapitre. Ils l’écriront avec leurs décisions. La Colombie peut reprendre les aspects positifs des cultures occidentales et des sociétés modernes. Toutefois, elle peut aussi succomber aux contradictions et aux points faibles de ces sociétés ».

Le pape François vient en visite comme un ami.

 

Selon Mgr Balestrero, le Saint-Père vient « en qualité de pèlerin de la foi, de l’espérance et de la réconciliation dans un pays qui, sous maints aspects, se situe dans une phase de transition, et ce, non seulement en raison du processus de paix ». Il est primordial « de reconstruire un pays réconcilié, dont les citoyens s’estiment et se respectent, et où ils font montre de respect à l’égard de Dieu et des êtres humains. »

 

Dans cet entretien, le nonce décrit le peuple colombien comme étant « très cordial, très entrepreneur et travailleur ». Il a également insisté sur l’important fossé social existant en Colombie. « Il y a des gens qui meurent de faim, tandis que d’autres jettent des denrées alimentaires à la poubelle ». Dans ce contexte, il a abordé les contradictions entre les villes très développées, comme Bogotá, Medellín, Cali et Barranquilla, et d’autres régions du pays, où vivent des gens qui ne possèdent presque rien. « Le Saint-Père », poursuit-il, « est le père des riches et des pauvres. Mais il vient ici pour nous rappeler que la Colombie a besoin de l’apport de tous. À travers les mots choisis et dans sa proclamation, le pape met particulièrement l’accent sur ceux qui souffrent. Nous ne pouvons pas vivre sous le même ciel et méconnaître l’autre réalité comme si elle n’existait pas. » En ce sens, le nonce apostolique a profité de cet entretien « pour remercier l’AED de son aide, ce qui a permis de contribuer à la sensibilisation des Colombiens, pour qu’ils perçoivent la souffrance et cette autre Colombie », ainsi que pour « ses efforts afin que le message du pape soit diffusé dans tout le pays et en particulier dans ses zones périphériques. »

Aide à l’Église en Détresse soutient depuis des années l’Église qui sert les plus pauvres en Colombie. Ici, une religieuse du Sacré-Coeur de Jésus et de Marie.

 

Enfin, Mgr Balestrero a invité « à s’associer à la prière et à sacrifier à Dieu quelque chose, ce qui est dur pour nous, afin que la visite pontificale soit couronnée de succès ». Finalement, ce succès dépend de Dieu, car dans l’Église, tout dépend de Dieu. « Je voudrais vous encourager à prier Dieu d’éclairer le Saint-Père. Je vous en prie, priez afin que le pape ouvre le cœur de tous les êtres humains, afin qu’ils soient prêts à accueillir le message du Seigneur et à transformer leur vie après la visite du pape. »

 

Grâce à la générosité de ses bienfaiteurs, l’AED a pu soutenir en 2016 plus de 64 projets en Colombie, avec une enveloppe de plus d’un million de dollars. Ces fonds ont surtout servi à financer la formation de 667 séminaristes originaires de onze diocèses, ainsi qu’à assurer la subsistance de religieuses et de prêtres. Les vicariats apostoliques de Guapi, Puerto Gaitán et Puerto Leguízamo-Solano ainsi que les diocèses en détresse, notamment Quibdó, Istmina-Tadó, Mocoa-Sibundoy et Málaga-Soatá, comptent parmi les régions ayant bénéficié de ces aides.

Une carmélite en prière au monastère de Jésus, Marie et Joseph. Prions pour la réconciliation et la paix en Colombie!

 

Entrevue réalisée par Maria Lozano, ACN International
Adaptation française :  Mario Bard, Aide à l’Église en Détresse Canada

 

Irak – rentrée scolaire

29.08.2017 in #callitgenocide, ACN International, Adaptation Mario Bard, Daniele Pîccini, Déplacés, ESPOIR, Irak, Moyen-Orient, Persécution

Rentrée scolaire en Irak

Essentielle à la survie des villages chrétiens

 

C’est une course contre la montre qui se joue présentement pour Aide à l’Église en Détresse (AED) et le Comité de reconstruction de Ninive (CRN) ; on veut ramener à la maison le plus grand nombre possible de familles syro-catholiques avant le début de l’année scolaire. Déjà, 600 familles sont retournées dans cette ville de la plaine de Ninive, mais le père Georges Jahola, responsable de l’équipe syro-catholique pour le CRN, espère : « Dix années, et la ville sera repeuplée comme avant l’État islamique ».

 

Dans la Plaine de Ninive, la ville de Baghdeda (en langue turque Qaraqosh), lutte contre la montre pour rester en vie. Les écoles doivent ouvrir en septembre. Les familles syro-catholiques qui, il y a trois ans, ont fui les attaques de l’État islamique (ÉI) et qui ont passé les trois dernières années à Erbil au Kurdistan irakien – déplacés internes dans leurs propres pays – voudraient enfin revenir chez elles, à temps pour le début de l’année scolaire de leurs enfants.

Au centre, le père Georges Jahola, prêtre catholique syriaque de Qaraqosh. Ici, lors de la célébration de la cérémonie des oliviers en mai dernier. L’espoir renaît!

 

« Les écoles de Baghdeda ont été réparées par des organisations internationales telles que l’ONU », explique le père Georges Jahola, responsable de l’équipe syro-catholique, membre du Comité de reconstruction de Ninive (CRN) chargé de reconstruire la ville. « Malheureusement, les maisons des familles chrétiennes qui voudraient revenir n’ont pas encore été rénovées. Environ 5 000 familles syro-catholiques vivaient à Baghdeda avant l’ÉI et 60 pour cent d’entre elles ont des enfants en âge d’aller à l’école. Si en septembre leurs maisons ne sont pas encore prêtes, ces familles pourraient décider de se déplacer ailleurs, et cette fois pour toujours. Si en revanche nous y arrivons, je suis sûr que Baghdeda se repeuplera en dix ans, et qu’il y aura à nouveau autant de chrétiens qu’avant l’ÉI ».

 

Un héritage de destruction

 

Dans cette ville, les deux années et demie d’occupation par des milliers de miliciens de l’ÉI – qui, suggère le père Jahola, « avaient probablement ici leur base opérationnelle » – ont laissé « en héritage » 6 327 propriétés à rénover. Les terroristes ont incendié 2 269 logements, partiellement endommagé 3 950 appartements et en ont bombardé 108.

Aide à l’Église en Détresse ainsi que d’autres organisations sont en train de reconstruire les premières maisons, en commençant par les moins endommagées. L’AED en a déjà reconstruit 47 dans la zone « E » de la ville. « Les familles reçoivent ce signal d’espérance et commencent à revenir », commente le père Jahola. « À Baghdeda, 600 familles sont déjà revenues. Par ailleurs, nous avons environ 120 ouvriers qui ont déjà emménagé ici pour travailler, pendant que leurs familles attendent toujours à Erbil de pouvoir les rejoindre. Ce sont surtout les enfants qui sont ravis de pouvoir rentrer chez eux ».

Voyage en mai dernier. Les habitants de Qaraqosh découvrent leurs maisons détruites ou endommagées.

 

Pour ramener Baghdeda à la vie, le réseau d’aqueduc et le réseau d’électricité doivent être remis en état. « Le courant revient lentement. Le gouvernement de Bagdad a réparé les anciens générateurs électriques et en a acquis 15 nouveaux, ce qui est encore trop peu : il en faudrait au moins 150. Et puis les terroristes de l’ÉI ont endommagé le réseau d’aqueduc, et l’eau ne parvient pas dans certains quartiers. La municipalité aurait besoin d’une pelle mécanique, mais elle n’en a pas ».

 

Le centre névralgique de la reconstruction de Baghdeda est le bureau de l’équipe syro-catholique, dirigé par le père Georges Jahola. « Chaque jour, nous recevons des appels de familles chrétiennes qui veulent rentrer chez elles. Nos ingénieurs vérifient l’état structurel de leurs maisons et répertorient les dommages. Ensuite, ils retournent au bureau, et les données collectées par les experts sont notées. De plus en plus de familles nous demandent de faire une estimation des coûts de réparation de leur maison : ces jours-ci, en raison des nombreuses demandes, nous avons même dû embaucher deux nouveaux ingénieurs ».

 

D’autres villes au menu

 

Malgré les difficultés, d’autres familles syro-catholiques sont également en train de revenir lentement à Bartella, une ville de la plaine de Ninive à majorité syro-orthodoxe. Sur les 650 familles qui y vivaient avant l’attaque de l’ÉI, 24 sont déjà revenues. Dans cette ville, occupée du 6 août 2014 au 20 octobre 2016, l’ÉI a incendié 69 habitations de familles syro-catholiques, en a endommagé 274 et en a détruit 19. Le père Benham Benoka, membre du CRN, est chargé de la reconstruction de ces maisons de familles syro-catholiques. Comme à Baghdeda, une équipe d’ingénieurs vient voir les maisons, évaluent les dommages et le coût des réparations. « Ceci est la maison de Dhiya Behnam Nuna. Elle a été construite sur les ruines de l’ancienne ville de Bartella », précise le père Benoka. « Les terroristes de l’État islamique ont percé les murs des appartements pour pouvoir se déplacer de maison en maison sans être repérés par les hélicoptères américains », explique-t-il, pendant que nous passons justement d’appartement en appartement à travers ces ouvertures dans les murs. Sur le sol, il y a un tas de déchets : images sacrées, vêtements, matelas et meubles. Il semble impossible de revenir vivre ici. Pourtant, un ingénieur prend déjà les mesures des fenêtres. Monsieur Dhiya Behnam Nuna aura bientôt des fenêtres neuves.

Les enfants rêvent de retourner dans une vraie maison, au cœur de la Plaine de Ninive, là où sont nés leurs ancêtres. Aidons-les à réaliser leur rêve!

***

Les défis auxquels les chrétiens des plaines de Ninive font face sont énormes : actuellement, on compte encore 14 000 familles qui ont fui Mossoul et la Plaine de Ninive et vivant à Erbil (environ 90 000 personnes). Près de 13 000 maisons doivent être reconstruites. Il faut aussi assurer la sécurité des villages, régler les problèmes d’infrastructures (eau, électricité, routes, écoles et cliniques), tenir compte des manœuvres politiques irakiennes et kurdes sur le terrain, sans oublier la période de transition entre la fin des locations mensuelles et la distribution de colis de nourriture, et le retour de ces familles vers les villages restaurés. Selon les enquêtes les plus récentes, mises à jour par le Comité de reconstruction de Ninive le 14 juillet 2017, 1228 familles sont déjà revenues dans la région et 423 propriétés sont en cours de rénovation, dont 157 ont été restaurées grâce aux contributions financières de l’AED.

 

Depuis le début de la crise à l’été 2014, Aide à l’Église en Détresse a donné un soutien continu aux réfugiés chrétiens du nord de l’Irak. À ce jour, un total de plus de 45 millions de dollars a été donné pour l’aide d’urgence : nourriture, éducation, logement, aide pastorale et reconstruction.

 


 

Projet de la semaine – Sri Lanka

23.08.2017 in Adaptation Mario Bard, Construction, PROJETS AED, Sri Lanka

Projet à Sri Lanka

 

Aide à la reconstruction après la guerre civile

 

 

Les religieuses du Carmel apostolique exercent leurs activités au Sri Lanka depuis 1959. Fondée en Inde en 1868, la Congrégation a pour objectif principal de scolariser les jeunes filles, tout en les invitant à mettre le Christ au centre de leur vie. On retrouve plusieurs monastères de la Congrégation en Inde (130) et au Sri Lanka (37).

 

Le monastère de Karaveddy situé dans le nord du Sri Lanka existe depuis 1959. À l’époque, les religieuses ont repris une maison qui avait été construite plusieurs décennies auparavant par des missionnaires européens. En plus d’une école, elles y ont fondé un orphelinat.

 

Cependant, avec les trois décennies de guerre civile entre rebelles tamoules et forces gouvernementales (1983-2009), les religieuses ont dû faire comme beaucoup d’autres habitants : fuir ! En 2009, les religieuses reviennent, mais constatent qu’une grande partie de la maison s’est effondrée à cause d’infiltrations d’eau, et même ce qui est encore debout est lourdement endommagé.

 

Qu’à cela ne tienne : elles louent ce qui est leur maison encore aujourd’hui et reprennent immédiatement leur travail : catéchèses, groupes de prière, préparation à la première communion, et surtout, le travail auprès des pauvres et des enfants touchés par la guerre. Tout cela dans des conditions précaires et dans une résidence provisoire où l’espace est très restreint.

 

Aujourd’hui, les personnes déplacées par la guerre sont progressivement retournées chez elles, mais force est de constater que la détresse est toujours présente, et semble même en augmentation. Fidèles à leur mission, les religieuses aimeraient aider encore plus d’enfants, en particulier les filles qui ont souffert de la guerre. Par contre, l’exiguïté des lieux limite cette volonté et c’est pourquoi il est devenu urgent qu’elles puissent avoir de nouveau leur propre maison.

 

Du point de vue financier, la population locale est très pauvre ; les religieuses ne peuvent donc guère espérer de soutien de ce côté. Alors, c’est avec confiance qu’elles se sont tournées vers Aide à l’Église en Détresse (AED). Elles nous écrivent : « Nous espérons et prions pour que le Seigneur inspire de plus en plus de gens à nous aider dans l’achèvement des travaux de reconstruction ». L’AED veut participer à ce projet, et espère amasser un montant de 27 000 dollars pour l’achèvement des travaux.


 

Entrevue AED : Soeur Yudith Pereira, Soudan du Sud

04.08.2017 in AED, AFRIQUE, Aide à l'Église en détresse., Aide alimentaire, Aide d'urgence, Famine, Services de traduction Julie Bourbeau, Soudan du Sud

Soeur Yudith Pereira RJM Photo de: solidarityssudan.org

Soudan du Sud/Rome

Les cœurs souffrants du peuple sud-soudanais

 

 

 

 

 

Une entrevue avec Sœur Yudith Pereira par Amanda Bridget Griffin, du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse.

Sœur Yudith Pereira, une religieuse de Jésus et Marie d’Espagne, a eu une discussion passionnée avec Aide à l’église en détresse sur la situation au Soudan du Sud, le travail de l’Église et la mission de son organisation, qui est de venir en aide au peuple du Soudan du Sud – toujours – mais surtout maintenant, alors qu’il est aux prises avec une famine ayant des conséquences catastrophiques.  

Nous nous sommes adressés à la directrice générale associé de « Solidarité avec le Soudan du Sud » à son bureau international situé à Rome. Avec sa voix à la fois claire et douce, Sœur Yudith, qui compte 17 années d’expérience missionnaire en Afrique et une formation en génie agricole, fut enchantée de nous informer que sa communauté religieuse entretenait un lien spécial avec le Canada et une raison mutuelle de célébrer, car la première des femmes bénies du Canada – Dina Bélanger – connue plus tard sous le nom de Marie Sainte-Cécile de Rome – était aussi une religieuse de Jésus et Marie. D’ailleurs, le charisme de l’ordre est, en partie, d’offrir une éducation dans la foi et une attention toute spéciale aux pauvres et aux désœuvrés.

 

« La situation se détériore »

À la mi-juin, les statistiques indiquaient qu’environ un million d’enfants, et possiblement davantage souffraient de malnutrition ; alors que 250 000 des cas de crise alimentaire furent classés comme très critiques et que 5,5 millions de personnes examinaient, impuissantes, la possibilité de famine – ce chiffre troublant représente 40 % de la population du pays.

Lorsque nous lui avons demandé de dresser un aperçu de la situation au Soudan du Sud, la réponse a été claire : « Non ! Ça se détériore. La situation générale du pays empire de jour en jour. » Celle qui visite régulièrement le pays affirme que « la situation empire à tous les niveaux. La famine, les gens ont faim, tous les gens. Et vous pouvez le voir, c’est terrible. »

Sœur Yudith a ensuite expliqué le problème d’inflation et d’accès aux biens essentiels. « D’un côté, l’inflation est à environ 900 %, les gens ne peuvent donc rien acheter. Les salaires n’ont pas augmenté. Bien qu’il y ait des choses au marché, les gens ne peuvent se les permettre. Il est impossible d’acheter. »

 

« Mais où allons-nous obtenir de la nourriture ? »

Elle explique qu’un grand nombre de personnes à travers le pays ont maintenant été déplacées, et « lorsqu’ils sont déplacés, les gens qui cultivaient perdent la capacité de produire de la nourriture. Alors, même dans les régions pouvant produire de la nourriture, tel qu’à Riimenze où nous (Solidarité avec le Soudan du Sud) avons une ferme – autour de notre maison, il y a plus de 5 000 personnes déplacées qui ont quitté leurs fermes par peur d’être attaquées des deux côtés. »

Elle poursuit sa description de la situation affectant le peuple sans toutefois jeter le blâme sur aucun des groupes combattants. Elle a insisté sur le fait que : « Nous parlerons plutôt des victimes, car c’est très compliqué. » La religieuse a expliqué que, même pour les gens dont la terre est bonne à cultiver, ces derniers ont peur d’être pillés par les groupes armés, ce qui se produit souvent. « Et ils le font. Même les réfugiés se font piller plusieurs fois et ils n’ont rien dans leurs tentes. C’est une situation terrible. Vous pouvez avoir de l’argent, mais il n’y a pas de chemin et pas de marché. Vous ne savez donc pas où acheter la nourriture. C’est un énorme problème. »

« Parfois, on nous offre de l’argent pour acheter de la nourriture – mais où allons-nous acheter la nourriture ? Vous ne pouvez rien acheter. Je suis au courant que certains visiteurs internationaux rapportent de la nourriture de l’Ouganda et du Kenya, mais c’est très difficile, car il n’y a pas de chemins, il y a d’énormes trous et c’est très dangereux, car vous pouvez être attaqué, » a-t-elle mentionné

 

Réduits à manger du gazon

Un autre obstacle à l’accès à la nourriture, selon Sœur Yudith, est la saison des pluies qui, à la mi-juin, était déjà commencée. « Et vient ensuite la saison des pluies… Lorsque la pluie arrive, étant donné que la terre est très plate à plusieurs endroits et que ça devient inondé, les gens ne peuvent plus se déplacer. Ils ne peuvent pas aller ailleurs – ou dans les camps pour avoir de la nourriture. Alors, très souvent, ils mangent du gazon. La situation est terrible. Les gens deviennent isolés dans plusieurs endroits, il est alors difficile de les rejoindre – plusieurs fois, lors d’une urgence, la nourriture doit venir d’un avion, avec l’espoir que quelqu’un la trouvera et l’obtiendra. Alors c’est difficile. Et puis, l’état ne donne pas assez pour les salaires, donc les gens n’obtiennent pas l’argent qu’ils devraient avoir habituellement – alors toute cette situation est terrible – c’est terrible partout.» Avec beaucoup d’émotion, Sœur Yudith a répété la tragique réalité, « oui, ils mangent du gazon. La situation est terrible. »

 

Soeur Yudith avec des enfants au Soudan du Sud. Photo: globalsistersreport.org

Est-ce que le conflit armé est à la source de la famine ?

Au début juin, le pape François a reporté indéfiniment son voyage prévu au Soudan du Sud pour des raisons de sécurité. Lorsqu’on lui demande de parler de ceci et à savoir si le conflit est la source principale de la crise alimentaire, Sœur Yudith dit : « Je pense que oui, l’origine de la crise alimentaire est le conflit armé. Le peuple du Soudan du Sud, le gouvernement et les opposants, ils luttent pour le pouvoir et pour l’argent, pour des fonds. Ce n’est pas un combat ethnique. Et pour le pape François… la dernière fois où je suis allée à l’aéroport – il n’y avait pas d’aéroport. L’un n’était pas terminé et l’autre avait été démoli. Le nouveau est quant à lui sous des tentes en plastique. C’est comme un aéroport dans une tente – il n’y a pas de sécurité pour le pape.»

« Nous sommes très tristes de ne pas recevoir sa visite. D’un autre côté, les gens doivent être conscients que nous devons aussi travailler pour la paix. Aux niveaux inférieurs et supérieurs, de plus en plus, car sinon, la paix ici ne viendra jamais, » a-t-elle mentionné, comme une supplique.  

 

Aider les réfugiés et acheminer l’aide d’urgence

Lorsque nous lui avons demandé comment l’Église travaille avec les déplacés et ce qu’elle est en mesure de faire, elle a indiqué qu’« [à l’intérieur] de l’Église, la plupart d’entre nous aidons les réfugiés et acheminons l’aide d’urgence. La plupart d’entre nous font ceci, mais tout comme Solidarité [avec le Soudan du Sud], nous ne sommes pas un organisme de secours d’urgence.» L’organisme travaille à bâtir la communauté et à fournir une formation, « C’est ce sur quoi nous sommes encore centrés, mais, bien sûr, nous acheminons l’aide d’urgence. Le problème est que nous n’avons pas la structure pour le faire, mais nous devons le faire. Alors, chaque paroisse, cathédrale, partout – partout – autour des églises, vous trouverez des réfugiés et des personnes déplacées, car elles savent qu’elles trouveront… ils sont considérés comme des endroits sûrs ou plus sûrs. Ces gens s’efforcent de dénoncer la situation et à s’exprimer pour la paix – elle (l’Église) ne peut pas faire plus. Elle en fait beaucoup.» Elle a poursuivi en nous demandant de prier aussi pour les gens qui sont sur les lignes de front à aider ceux qui souffrent, car c’est un travail très difficile.

 

Veuillez parler fort !

Lorsque nous lui avons demandé quels étaient les besoins les plus pressants pour le peuple du Soudan du Sud, elle a dit que la chose principale était quelque peu surprenante. «La chose que les gens nous demandent n’est ni de la nourriture ni de l’argent. Ils nous disent : ‘Veuillez parler fort de ce qui se passe au Soudan du Sud. Lorsque l’évêque Erkolano de Solidarité (pour le Soudan du Sud) est venu à Rome, il nous a demandé de bien vouloir raconter son histoire, de parler de tout cela. Un génocide a lieu, des tueries se produisent et personne n’en parle. Ça n’intéresse pas le monde.’ » 

 


Ceci conclut la première partie de notre entrevue avec Sœur Yudith Pereira. Restez à l’affût pour la deuxième partie dans laquelle nous en apprendrons davantage sur le rôle des femmes dans la résolution des problèmes qui menacent le Soudan du Sud, certaines de leurs histoires, et bien plus.  Par ailleurs, pour en savoir plus sur la façon d’aider la population du Soudan du Sud, visitez notre site web spécial, mis en ligne afin de soulager la faim dans la région : acn-aed-ca.org/fr/j’aifaim.

 

 

Traduction et adaptation par Services de traduction Julie Bourbeau pour l’AED Canada

Projet de la semaine AED : Argentine

19.07.2017 in Adaptation Mario Bard, AED Canada, Argentine

Argentine

L’aide aux religieuses dans le diocèse le plus pauvre du pays

 

Pour le Père Werenfried van Straaten, fondateur de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), la souffrance et la détresse n’ont jamais été abstraites : une personne, un visage, un nom : un enfant de Dieu à aider !

 

Dans des tableaux statistiques, on peut comptabiliser le nombre de personnes qui ont besoin d’aide. Mais, la rencontre avec l’autre n’aura pas nécessairement lieu : un chiffre à l’écran ou sur papier demeure quelque chose de froid dont on peut rester distant. Par contre, la rencontre d’une personne qui a besoin d’aide, qui est devant nous et dont on voit le visage, en plus de connaître le nom, nous touche directement : c’est un appel qui nous est lancé.

 

Au cours de ses nombreux voyages à travers le monde, le Père Werenfried a rencontré d’innombrables personnes qui vivaient dans des conditions misérables et à travers lesquelles il a vu Dieu pleurer. Ces gens s’appelaient Anna, Pablo ou John, Maria ou Miguel. Il les a regardés dans les yeux et ce qu’il a vu devint en lui un cri. Il s’est demandé – ainsi qu’à nous tous : « Pourquoi avons-nous la vie si facile ? Ces gens vivent sous le même soleil et sous les mêmes étoiles que nous. Le sixième jour, Dieu les a créés eux aussi pour régner sur la création. Où est leur royaume ? Cette dégradation de la dignité humaine est un péché mortel contre la nature, une injustice criante. Et nous sommes personnellement complices de cette injustice si nous ne faisons pas tout notre possible pour la faire disparaître. Tout ce que nous pouvons ! »

Un diocèse très pauvre

Peu de gens savent qu’il y a en Argentine des régions où les gens vivent dans une misère terrible. Le diocèse de San Roque de Presidencia Roque Sáenz Peña  est l’un des plus pauvres du pays. Il couvre une vaste région de plus de 70 000 kilomètres carrés dans le nord du pays. Dominé par la savane et la forêt sèche, c’est là que vivent les descendants de diverses tribus indiennes. Dans le passé, ces tribus autochtones étaient nomades. Aujourd’hui, elles continuent à se nourrir de la chasse et de la cueillette, mais les exploitations agricoles ne cessent de s’élargir et limitent de plus en plus leur mode de vie, car elles défrichent la forêt pour cultiver le soja à grande échelle. Sans parler des bovins et des chèvres des petits fermiers qui en mangent de grandes parties.

 

Plusieurs personnes vivent dans situations d’extrême pauvreté ; des habitations ou sous des bâches insalubres, sales et humides. De plus, plusieurs malades ne peuvent être soignés, on voit aussi des enfants maigres qui ne vivent que d’un peu de farine ramollie dans de l’eau, des mères décharnées…

 

Faire sentir qu’ils sont enfants de Dieu

Seule l’Église catholique est aux côtés de cette population. Mais les distances sont grandes, et il n’y a pas beaucoup de prêtres. C’est pourquoi l’aide que nous voulons donner aux religieuses est indispensable. Présentement, elles sont 38 de différentes congrégations qui travaillent afin d’aider les gens à d’abord sentir qu’ils sont enfants de Dieu. Dans le concret, cela veut dire visiter les familles dans les villages, venir voir les personnes âgées, prendre soin des malades, prier avec les fidèles et apporter un sourire en plus de l’aide requise.

 

Nous voudrions soutenir ces religieuses cette année encore, afin qu’elles parviennent à subvenir à leurs modestes besoins et qu’elles puissent ainsi se concentrer entièrement à l’amour de Dieu qu’elles apportent. Nous avons promis au total 24 800 dollars – soit 653 dollars par religieuse, pour une année entière.  Merci à tous les beinfaiteurs!

 


 

Histoires AED : des Dominicaines retourneront chez elles

09.06.2017 in Adaptation Mario Bard, AED, Construction, Déplacés, Irak, Mario Bard, PROJETS AED, Voyagez avec AED

Irak

Des Dominicaines retourneront chez elles

Dans la plaine de Ninive, 363 bâtiments qui appartiennent à l’Église, endommagés ou détruits par l’État islamique (ÉI), ont besoin d’être rénovés.

Les sœurs dominicaines Luma Khuder et Nazek Matty déclarent : « Nous espérons revenir à Teleskuf dès que possible, les familles ont besoin de nous ». Le père Andrzej Halemba, président exécutif par intérim de la Commission de reconstruction de Ninive (CRN) ajoute : « 450 familles sont déjà retournées à Teleskuf. Nous espérons que beaucoup d’autres suivront leur exemple ».

 « L’accord entre les Églises chrétiennes est un bon signe. Les gens perçoivent que l’Église est unie et que les décisions ne seront pas prises unilatéralement ». Sœur Luma Khuder et Sœur Nazek Matty, des religieuses dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne du couvent Notre-Dame-du-Rosaire de Teleskuf, au nord de Mossoul, voient comme un signal encourageant l’engagement des Églises chrétiennes en Irak en faveur de la reconstruction des villages chrétiens de la plaine de Ninive, détruits par l’État islamique. Le 27 mars dernier, l’Église syro-catholique, l’Église syro-orthodoxe et l’Église chaldéenne ont institué la CRN dont la tâche est de suivre et de planifier la reconstruction de près de 13 000 logements.

IRAQ / NATIONAL 17/00321 Restoration of Immaculate Mary (Al-Um Al-Tahira) convent in favour of Dominican Sisters fof St Catherine of Siena - Qaraqosh

Mars 2017 : pour la première fois, les religieuses visitent le couvent qu’elles ont dû quitter en catastrophe il y a deux ans.

Avant 2014, les dominicaines de Sainte-Catherine de Sienne disposaient de couvents dans de nombreuses villes de la plaine de Ninive. Puis l’ÉI est arrivé, et les 72 religieuses sont devenues des déplacées internes. « En 2014, à peine arrivées à Erbil, nous avons commencé à distribuer de la nourriture, du lait et des couches. Nous avons ouvert des “couvents d’urgence”, pour être aussi proches que possible des chrétiens déplacés, pour les servir et pour être avec eux », explique Sœur Luma. « En 2015, une fois que les personnes déplacées ont été installées dans des logements plus définitifs, nous avons ouvert deux écoles, l’une à Ankawa, au nord d’Erbil, et l’autre à Dohouk. L’école d’Erbil est fréquentée par environ 600 enfants âgés de 6 à 13 ans. Nous avons également ouvert une école maternelle qui accueille 392 enfants. Ces structures sont financées, entre autres, par AED. Nous dépendons totalement de ces aides ».

 

Retour des déplacés : espérer l’effet domino

Maintenant, la situation est en train de changer. « Le nombre de déplacés internes au Kurdistan diminue lentement. « À Teleskuf, il n’y a plus de danger, et plusieurs familles sont retournées chez elles », note Sœur Nazek. « Aide à l’Église en Détresse commence à reconstruire les maisons, y compris à Teleskuf », ajoute-t-elle. « L’État islamique est resté dans ce village pendant une courte période, et les maisons ne sont pas trop endommagées. Nous aussi, avec le soutien d’AED, nous réparons notre couvent Notre-Dame du Rosaire à Teleskuf. Nous aimerions y retourner aussitôt que possible, ainsi que les gens qui sont maintenant fatigués de vivre loin de chez eux ».

IRAQ / NATIONAL 17/00321 Restoration of Immaculate Mary (Al-Um Al-Tahira) convent in favour of Dominican Sisters fof St Catherine of Siena - Qaraqosh

AED veut soutenir la rénovation du couvent des religieuses dominicaines dans la région de Qaraqosh.

« Nous savons que depuis janvier 2017, environ 450 familles sont retournées à Teleskuf, et beaucoup d’autres se préparent à rentrer chez elles », explique le père Andrzej Halemba, qui en plus de ses responsabilités à la Comission, est également directeur de projets pour le Moyen-Orient à Aide à l’Église en Détresse. « Parmi tous les villages de La Plaine de Ninive – ajoute le père Halemba – Teleskuf est à ce jour le plus sûr. La zone est en fait contrôlée par l’armée kurde. Nous espérons que le retour des familles chrétiennes à Teleskuf aura un effet domino sur les familles des autres villages qui hésitent encore à revenir, de peur que la situation ne soit pas encore complètement sécurisée. L’AED contribuera à hauteur de plus de 58 000 dollars à la restauration du couvent dominicain de Teleskuf : les religieuses doivent revenir au plus tôt, les familles ont besoin d’elles ».

Dans toute La Plaine de Ninive, il y a au total 363 biens ecclésiastiques qui ont besoin d’être restaurés à la suite des attaques de l’État islamique : 34 ont été totalement détruits, 132 ont été incendiés, 197 sont partiellement endommagés. Rien qu’à Teleskuf, on compte 1 104 maisons privées et 21 biens ecclésiastiques endommagés par le groupe terroriste.

 

Aide à l’Église en Détresse contribuera à hauteur de plus de 58 000 dollars à la restauration du couvent dominicain de Teleskuf. 

Texte original : Daniele Piccini, ACN international
Adaptation française au Canada : Mario Bard, AED Canada