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Discours de Mgr Bashar Warda, Archevêque chaldéen catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

10.12.2019 in Non classifié(e)

Irak

Discours au Conseil de sécurité des Nations unies

Un partenaire de l’AED, Mgr Bashar Warda, évêque d’Erbil en Irak, a présenté un discours au Conseil de sécurité des Nations unies le 3 décembre dernier. Voici ce qu’il avait à dire aux membres de ce cercle international.

 


Discours de Mgr Bashar Warda Chaldean, Archevêque catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

Au Conseil de sécurité de l’ONU, New York

3 décembre 2019

Réunion du Conseil de sécurité concernant la situation en Irak

 

Merci, Madame la Présidente,

 

Quelle est la situation actuelle ?

 

Les manifestations actuelles en Irak démontrent le refus de la majorité des Irakiens de la structure et du gouvernement mises en place dans le pays après 2003. Nous constatons le rejet d’une constitution sectaire qui a divisé l’Irak et l’a empêché de devenir un pays unifié et fonctionnel. Plutôt que d’engendrer l’espoir et la prospérité, la structure gouvernementale actuelle a créé de la corruption et suscité du désespoir, en particulier chez les jeunes Irakiens.

 

Il est très significatif que les manifestations aient été dirigées par de jeunes Irakiens. Ces jeunes ont clairement exprimé le désir que l’Irak soit un pays indépendant de toute ingérence étrangère et qu’il soit un endroit où tous puissent vivre ensemble en tant que citoyens égaux, dans un pays défini par un pluralisme légitime et le respect pour tous.

 

Il est important de comprendre que les chrétiens ont non seulement pris position ouvertement pour les manifestants, mais aussi que les chrétiens et d’autres minorités, y compris les Yazidis, aient été accueilli dans le mouvement par les musulmans irakiens. Ces manifestations démontrent réellement la vraie richesse de l’Irak historique. Cette ouverture à la réconciliation entre tous les Irakiens témoigne d’un véritable espoir de changements positifs dans lesquels un nouveau gouvernement en Irak, si un nouveau gouvernement entre en fonction, sera beaucoup plus favorable à un Irak véritablement multireligieux, avec une pleine citoyenneté pour tous et qui sonnera enfin le glas de cette maladie sectaire qui nous a tous si violemment blessés et dénigrés.

 

En revanche, la non-violence des manifestants ne doit pas être négligée par la communauté internationale. Ces manifestants courageux se sont engagés dans la non-violence dès le début du mouvement, même s’il y a eu des cas quotidiens d’extrême violence à l’encontre des manifestants de la part des milices qui ont continuellement tenté de provoquer la confrontation.

Plus de 400 manifestants innocents ont été assassinés et des milliers d’autres, gravement blessés. Pourtant, les manifestants demeurent non-violents.

 

 

Quels sont les enjeux ?

L’enjeu est de savoir si l’Irak se libérera enfin du traumatisme de Saddam et des 16 dernières années, et ce, pour devenir un pays légitime, indépendant et fonctionnel, ou s’il deviendra une région sans loi permanente, ouverte à des guerres par procuration avec d’autres pays et mouvements et au service des revendications sectaires de ceux qui se trouvent à l’étranger.

 

Si le mouvement de manifestation réussit à créer un nouveau gouvernement muni d’une nouvelle constitution civile qui respecte la diversité de ses religions et de ses cultures et qui n’est pas basé sur la charia, mais plutôt sur les concepts fondamentaux de liberté pour tous, libertés d’ailleurs consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’homme rédigée par l’organisation où nous nous trouvons tous aujourd’hui, alors l’espoir peut encore subsister pour le peuple irakien qui souffre depuis trop longtemps. Le peuple irakien aime son pays malgré tout et il souhaite le récupérer.

 

Si le mouvement de protestation échoue et que la communauté internationale reste les bras croisés en permettant que le meurtre d’innocents se poursuive, l’Irak sombrera probablement bientôt dans une guerre civile qui aura pour effet d’envoyer dans la diaspora de millions de jeunes Irakiens, qui sont pour la plupart chrétiens et yézidis. Lors de la crise et du génocide de 2014, plus de quatre millions d’Irakiens, de musulmans, de Yazidis et de chrétiens se sont réfugiés dans la région du Kurdistan pour fuir le mal de l’État islamique, mais sont demeurés au pays. Lors d’un autre conflit majeur, nous verrons probablement les gens fuir l’Irak pour de bon. Notre pays en est possiblement à sa dernière chance.

 

Que peut et doit faire la communauté internationale pour aider ?

La communauté internationale ne doit pas se contenter de changements de dirigeants factices qui ne représentent pas un réel changement. Il est clair que les groupes au pouvoir n’ont pas l’intention d’abandonner le contrôle et qu’ils feront tout leur pouvoir pour maintenir entièrement les structures de pouvoir en place. La communauté internationale doit clairement comprendre que les manifestants ne l’accepteront pas et la communauté internationale doit refuser d’appuyer tout changement de ce type.

 

Cela ne veut toutefois pas dire que certains groupes n’ont aucune préoccupation légitime quant à leur représentation au sein d’un nouveau gouvernement. Or, ces préoccupations doivent être abordées d’une manière qui reflète la réalité de la nature brisée actuelle du gouvernement irakien et de son besoin fondamental de changement et de remplacement.

 

La première étape doit être le déclenchement d’élections anticipées. Les manifestants insistent sur cet aspect et la communauté internationale doit le soutenir pleinement. Contrairement à la participation très limitée des élections passées, ces élections doivent impliquer les jeunes du pays, ceux qui ont si courageusement lutté contre la corruption lors des manifestations des dernières semaines.

 

Pendant les élections, ainsi qu’au cours de la période qui les précède, la presse, tant irakienne qu’internationale, doit être totalement libre de rendre compte et de discuter de toutes les questions qui doivent être abordées lors des élections. En ce sens, le blocage actuel des reportages d’actualités, de l’internet et des médias sociaux doit cesser immédiatement.

 

Enfin, les élections doivent être pleinement surveillées par l’ONU et observées par tous les principaux partis en Irak pour s’assurer qu’elles soient réalisées dans la légitimité, la liberté et la régularité. Ce n’est qu’ainsi qu’un nouveau gouvernement pourra tracer la voie de l’avenir d’un Irak exempt de corruption où l’on retrouvera une citoyenneté à part entière et des possibilités pour tous.

 

Les jeunes chrétiens d’Irak ont participé chaque jour à ces manifestations. Ils y étaient parce que les protestations leur ont donné l’espoir d’un avenir, un avenir auquel ils appartiennent en tant que citoyens irakiens égaux et actifs. Comme des millions d’autres Irakiens marginalisés, ils comptent maintenant sur la communauté internationale pour leur témoigner son soutien et poser des gestes en ce sens. C’est le devoir que nous vous attribuons. L’Irak, le pays qui a si souvent souffert, se tourne maintenant vers vous tous pour obtenir de l’aide. Nous croyons que nous avons un avenir et nous vous demandons de ne pas nous tourner le dos maintenant.

 

Merci

 

Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »

 

Nouvelles de l’AED : Chrétiens du nord-est de la Syrie

04.11.2019 in Adaptation Mario Bard, AED, Par Marta Petrosillo, persécution, Syrie

Chrétiens du nord-est de la Syrie


«Nous avons besoin d’aide.»

Propos recueillis le 28 octobre dernier par Marta Petrosillo, AED-Italie
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada

Mise en ligne le 1er novembre, 2019

«Au moins trois cents chrétiens ont quitté les villes de Ras al-Ain, Derbasiyah, Tall Tamr et une partie d’Al-Malikiyah, et nous craignons que si les combats continuent, un exode encore plus grand de fidèles affecte Qamishli, où 2 3000 familles chrétiennes vivent actuellement». C’est l’histoire désespérée que Mgr Nidal Thomas, représentant épiscopal de l’Église chaldéenne à Hassaké, raconte à l’Aide à l’Église en Détresse.

Le prêtre décrit une situation critique. « Nous ne savons pas ce qui se passe. Chaque heure, nous entendons parler de victimes et de disparus dans les déclarations des Kurdes, des Turcs, des Américains et des Russes. Mais nous ne connaissons pas la vérité. La seule certitude est que les bombardements, et en particulier les massacres commis par les Turcs contre notre communauté, poussent de plus en plus de chrétiens à fuir ».

À l’heure actuelle, peu de familles de fidèles ont trouvé refuge au Kurdistan irakien, mais Mgr Thomas estime que les chrétiens en fuite pourraient difficilement choisir la région semi-autonome du nord de l’Irak comme destination. « La vie y est trop chère pour les chrétiens syriens qui sont pauvres. Sans compter que le peuple irakien n’a rien fait pour éviter le scénario dramatique qui s’est malheureusement concrétisé en Syrie. Dans notre pays, il y avait des milliers de familles chrétiennes. Personne n’a essayé de nous défendre ».

Les chrétiens en danger : «Nous avons besoin d’aide.»

Aujourd’hui, les chrétiens du nord-est de la Syrie, malgré la confirmation de l’assassinat d’Abou Bakr al Baghdadi, craignent encore et toujours un retour du djihadisme. « Malheureusement, c’est une éventualité que nous devons prendre en compte », affirme Mgr Thomas selon qui beaucoup d’hommes du groupe État islamique (ÉI/Daech) auraient maintenant rejoint l’Armée syrienne libre qui est entrée dans la région de Ras al-Ain.

Par l’intermédiaire de l’Aide à l’Église en Détresse, il s’adresse à la communauté internationale et demande un soutien au nom de sa communauté. « Nous avons besoin d’aide. Nous sommes, les chrétiens, la population ayant le plus souffert de ce conflit interminable. Nous sommes le maillon faible, parce que nous voulons vivre en paix et que nous rejetons la guerre. Les deux tiers des chrétiens ont quitté le pays et le tiers restant risque de ne pas survivre. Et pendant ce temps, les pays occidentaux s’affrontent pour se répartir la Syrie, qui a été mise à genoux y compris à cause des sanctions internationales ».

L’AED-Canada continue de soutenir les chrétiens en Irak et en Syrie. Dans ce dernier pays, la campagne pour les enfants de Homs, Une goutte de lait, est toujours effective. Vous pouvez donner en visitant la page web acn-canada.org et cliquer sur le bouton Dons en haut à droite. Pour plus d’information, il est aussi possible d’appeler au 1-800-585-6333.

Syrie : jour de fête à Marmarita !

11.10.2019 in Construction, PROJETS AED, Syrie

Syrie

Aujourd’hui est un jour de fête

Cérémonie d’inauguration de l’église Haret Saraya, détruite par les djihadistes en 2012

Par Marta Garda, ACN-International
Révision française : Hélène Poisson, AED-Canada
 

 

Marmarita/Königstein. – Le soir tombe dans la vallée des chrétiens. En haut de la colline, la célèbre forteresse historique du Krak des Chevaliers, construite aux XI-XIIe siècles par l’Ordre des hospitaliers, semble contempler l’arrivée des invités. C’est jour de fête dans l’église Haret Saraya, à Al-Husn. Les trompettes et les tambours jouent sans s’arrêter.

L’église, consacrée à Notre-Dame, resplendit de ses murs récemment peints en blanc et de son iconostase aux couleurs vives. « Elle a été reconstruite comme elle était », déclare l’archevêque gréco-catholique local, Mgr Nikolas Sawad, également archevêque de Lattaquié.

En 2012, l’église a été saccagée et incendiée par les djihadistes qui dominaient la vallée du haut du Krak des Chevaliers. Ils ont démoli la croix, profané les icônes et mutilé les images pieuses. Les locaux paroissiaux et le presbytère, dont les murs ont perdu jusqu’à leurs fils électriques, n’ont pas non plus été épargnés.

Mais sept ans plus tard – symboliquement, le jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix – l’église et les cœurs sont à nouveau radieux et le petit temple est bondé à l’occasion de la bénédiction des lieux. Des prêtres catholiques et orthodoxes de la région y assistent. Dehors, dans la cour, devant les laïcs, la chorale orthodoxe Notre-Dame Al-Wadi entonne des chants d’espoir, de paix et de pardon, faisant mémoire des disparus, assassinés ou exilés de la guerre, et invitant les chrétiens à rester dans leur pays.

« Après la rénovation de l’église, il reste à rénover les pierres vivantes, nos cœurs », dit à l’assemblée le Père Andrzej Halemba, responsable des projets au Moyen-Orient de la Fondation Aide à l’Église en Détresse. « Nos cœurs sont brisés par la violence, divisés et furieux à cause de ce qui s’est passé dans nos vies. Il faut maintenant les reconstruire dans l’amour du Christ. Prions pour la paix en Syrie. »

L’œuvre pontificale de charité l’Aide à l’Église en Détresse (AED) a soutenu non seulement la rénovation de l’église Haret Saraya, mais aussi les installations paroissiales et le presbytère. Des chambres d’hôtes et des locaux commerciaux ont également été construits à proximité du Krak des Chevaliers, qui recommencera bientôt à accueillir des visiteurs. Il s’agit là d’un pari sur la pérennité de l’héritage dans ses lieux d’origine. « L’AED est le Simon de Cyrène qui nous soutient et nous aide à porter la croix », a dit Mgr Sawad à la fin de la fête.

 

Les projets de reconstruction dans les quartiers chrétiens du village d’Al-Husn soutenus par l’AED à hauteur de plus de 255 000 dollars, s’inscrivent dans le cadre de son programme de reconstruction des zones chrétiennes touchées par la guerre dans les différents diocèses de Syrie.

Projet de la semaine de l’AED : Aide à la formation pour des religieuses au Pérou

03.10.2019 in ACN International, Formation religieuse, Pérou, Religieuses, Voyager avec l'AED

Pérou

Aide à la formation pour des religieuses

 

Dans de nombreux pays d’Amérique latine, l’État n’accorde aucun soutien aux personnes handicapées. Les familles qui vivent dans la pauvreté n’ont guère la possibilité de s’occuper d’enfants vivant avec un handicap d’une manière qui correspond vraiment aux besoins de ceux-ci. La congrégation des Servantes du Plan de Dieu, fondée à Lima en 1998, s’occupe tout particulièrement de ces personnes.

 

Les religieuses ont créé des écoles pour enfants vivant avec un handicap, en plus de prendre soin des malades, des personnes âgées ou en détresse. Leur souhait est que chacun se sente accepté et que les personnes vivant avec un handicap puissent découvrir et développer leurs talents. En même temps, les religieuses veulent aussi contribuer à changer l’attitude de la société envers ces personnes.

 

Une présence internationale

Aujourd’hui, les religieuses interviennent non seulement en Amérique latine, mais aussi en Asie, en Afrique, en Europe et aux États-Unis.

La jeune congrégation suscite de nombreuses vocations. Beaucoup de jeunes religieuses sont médecins, avocates, éducatrices ou infirmières.

Présentement, 31 jeunes religieuses sont en formation à Lima. Aide à l’Église en Détresse les soutient grâce à un montant de 24 000 dollars.

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Vous désirez soutenir ce projet ou tout autre projet semblable ? Cliquez sur le bouton ci-dessous, et sélectionner ‘Projet de la semaine’.

Un million d’enfants prient le Chapelet 2019

23.09.2019 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, CAMPAGNE AED, Enfants du monde, Prière

Un million d’enfants prient le Chapelet 2019

Des enfants prieront le 18 octobre pour l’unité, la paix et la mission

Aide à l’Église en détresse (AED) soutient de nouveau cette année la campagne « Un million d’enfants prient le Rosaire », et invite les enfants à prier le Chapelet le 18 octobre prochain. L’édition 2019 de cette initiative est dédiée au thème de la mission, en lien avec le même choisi par le pape François pour le mois d’octobre 2019. En effet, l’Église catholique soulignera l’importance fondamentale de la mission en vivant un mois missionnaire extraordinaire de la mission universelle.

 « Traditionnellement dans l’Église catholique, le mois d’octobre est considéré comme le mois du Chapelet, et le 18 octobre, nous célébrerons également la fête de l’évangéliste Saint-Luc », explique le père Martin Barta, assistant-ecclésiastique international pour l’Aide à l’Église en Détresse International (AED/ACN). « C’est le seul évangéliste à nous avoir transmis des récits d’enfance de Jésus, et la tradition veut qu’il ait été étroitement lié à la Vierge Marie ». Le 18 octobre à neuf heures — ou à toute heure qui conviendra mieux —, le Chapelet sera donc prié par des milliers de groupes d’enfants dans le monde entier.

 

« Chaque année, nous recevons de partout dans le monde des nouvelles sur la manière dont les enfants ont célébré cette journée de prière », se réjouit le père Barta. : « L’initiative s’est vraiment transformée en une campagne de prière de l’Église universelle, qui ne touche pas seulement les cœurs des enfants, mais aussi ceux des adultes, et qui trace la voie vers la paix ! »

 

Les approches sont variées : certains participants prient un chapelet entier, tandis que d’autres ne prient qu’une partie du Rosaire. D’autres encore conjuguent la prière avec une catéchèse sur le Rosaire, de brèves lectures et des cantiques adaptés aux enfants. Certains invitent les enfants après la prière à dessiner les mystères du Chapelet. Dans certaines régions du monde, des enseignants intègrent le temps de prière dans les activités scolaires. En quelques endroits, les enseignants interrompent les cours scolaires pour prier avec les enfants.

 

L’idée de cette campagne de prière est née en 2005 à Caracas, capitale du Venezuela. Alors que plusieurs enfants priaient le Chapelet dans un oratoire dédié à la Vierge Marie, quelques-unes des femmes sur place ont déclaré avoir ressenti fortement la présence de la Sainte Vierge. Saint Padre Pio de Pietrelcina — dont les reliques étaient de passage dans le diocèse de Montréal à la fin du mois de septembre dernier — disait : « Si un million d’enfants prient le Chapelet, le monde changera ».

 

Aide à l’Église en Détresse Canada invite encore cette année tous les enfants du pays à participer à cette activité unique en son genre. Pour reçevoir plus d’informations, communiquer avec Annie Desrosiers au 1-800-585-6333, poste 226.

Vous pouvez également télécharger une affiche et plus d’information, ici .

Entrevue de l’AED – tentative de radicalisation du système judiciaire en Irak

20.09.2019 in Entrevue AED, Irak

Irak
tentative de radicalisation du système judiciaire

Les chrétiens craignent l’instauration d’une théocratie, à l’heure où les parlementaires tentent de présenter des changements à la Cour suprême fédérale, qui interprète la Constitution et détermine la constitutionnalité des lois et des règlements.

Entrevue réalisée en août dernier par Xavie Bisits, ACN-International

Dans un pays où les chrétiens sont aux prises avec des attentats à la bombe ciblés, des enlèvements et des discriminations, leurs leaders sont confrontés à une nouvelle  crise : une tentative de donner aux religieux islamiques le droit de vote à la Cour suprême fédérale.

Cette décision, qui n’a pas encore été prise, rapprocherait l’Irak d’une théocratie semblable au régime iranien où les non-musulmans sont contraints de vivre sous la charia, la loi islamique. Par exemple, en Iran les chrétiennes sont forcées de porter le voile, et l’alcool est complètement interdit.

Le changement inclurait la présence de quatre juristes islamiques parmi les 13 membres qui votent à la Cour suprême fédérale du pays. Toutes les décisions nécessiteraient le soutien d’au moins trois de ces quatre juristes, ce qui radicaliserait de manière drastique le système judiciaire du pays.

Irak, Karamlesh (Karamles), juillet 2019 – édifices touchées par Daesh

Droits de l’homme menacés

En août dernier, Muna Yako, professeure et militante chrétienne irakienne experte en droit constitutionnel, a expliqué à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) que bien que la Constitution se réfère à l’Islam comme fondement du droit, elle fait également référence à l’importance de la démocratie et des droits de l’homme.

 

Ce changement à la Cour suprême fédérale signifierait probablement que la loi islamique ait toujours préséance : « La Cour est nécessaire pour interpréter la Constitution. Actuellement, lorsqu’une affaire est portée devant la Cour suprême fédérale, j’espère qu’elle accorde parfois la priorité aux droits de l’homme et à la démocratie. Mais si ces juristes islamistes rejoignent la Cour, nous n’aurons plus aucune chance de donner la priorité à la démocratie ou aux droits de l’homme ».

 

Cela signifierait également la fin de toute tentative d’abroger les lois qui discriminent les minorités religieuses et qui les traitent comme des citoyens de seconde classe. Par exemple, la loi actuelle dit que les non-musulmans peuvent se convertir à l’Islam, mais l’inverse ne peut pas avoir lieu. De même, les chrétiens ne sont pas autorisés à épouser des femmes musulmanes sans se convertir à l’Islam, ce qui est une « discrimination anticonstitutionnelle ».

 

« Le gouvernement irakien nous a déçus jusqu’à présent, mais j’espère toujours qu’il y aura un changement. Toutefois, si cette loi est adoptée, je n’aurai plus aucun espoir. Cela fera de l’Irak une théocratie, parce que toutes les lois seront fondées sur la religion, par exemple les règles sur l’habillement et l’alcool ».

 

Muna Yako craint qu’à la suite d’un tel changement – « terrifiant » -, davantage de chrétiens quittent le pays : « Nous ne serions plus qu’un souvenir, tout comme les juifs ». La plupart des chrétiens font partie de groupes autochtones présents dans le pays depuis des milliers d’années.

 

Mgr Sako à Rome – 2018

Dans une lettre adressée au Président du Parlement irakien, le Cardinal Raphaël Sako I, Patriarche de l’Église catholique chaldéenne, a fait part de sa préoccupation en ce qui concerne cette proposition, faite « après toutes les souffrances que nous avons endurées, comme le terrorisme, les déplacements de population, les pillages, les meurtres et les vols ». Il a exprimé sa crainte que cette proposition ne menace l’avenir des chrétiens dans le pays, en appliquant la loi islamique aux chrétiens dans des domaines personnels comme le droit des successions.

 

Cet avis est partagé par d’autres juristes. Le Dr Majida Sanaan-Guharzi, dans le journal Kurdistan 24, estime que ce changement « pourrait modifier considérablement la fonction de la Cour, en promouvant un État de plus en plus théocratique dans lequel les règles religieuses sont premières sur le système juridique actuel, principalement laïque ».

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient d’importants projets en Irak. L’organisme international a principalement contribué à apporter une aide d’urgence aux chrétiens touchés par le groupe État islamique (ÉI). Elle se concentre maintenant surtout sur la reconstruction des bâtiments ecclésiaux qui ont été délibérément attaqués au cours des trois années d’occupation.

Novembre 2018, église de Qaraqosh, maintenant en reconstruction

Projet de la semaine de l’AED au Pakistan — Aide à la formation des catéchistes

11.09.2019 in ACN International, Adaptation Mario Bard, Formation, Formation, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Pakistan — Histoire de succès de l’AED

Aide à la formation pour 42 futurs catéchistes

Les catéchistes sont extrêmement importants pour la vie de l’Église au Pakistan. Dans les paroisses, où l’on retrouve de nombreux villages sur une très grande distance, ils fournissent une aide précieuse aux prêtres et ont une grande responsabilité dans l’annonce de la foi. Sans eux, la vie paroissiale prendrait fin en maints endroits, faute de prêtres. 

Situé dans le diocèse de Faisalabad, le centre de formation catéchiste de Khushpur existe depuis 1965. C’est véritablement  le « cœur battant » de la pastorale au Pakistan. Dans ce pays où les hommes dominent la vie sociale, ces laïcs de tout le pays y reçoivent une formation de trois ans afin de pouvoir ensuite accomplir ce précieux service dans leur diocèse d’origine.

Les candidats qui sont déjà mariés et qui ont une famille reçoivent un logement pour la durée de leurs études. Leurs épouses assistent également à différents cours — soins de santé, couture —, et reçoivent également des connaissances bibliques de base.  Ainsi, dans le cadre de vie strictement séparée entre hommes et femmes, qui est la norme au Pakistan, les épouses peuvent s’occuper des femmes de leurs paroisses.  Enfin, pendant que leurs parents sont en apprentissage, les enfants des participants vont à l’école maternelle ou élémentaire.

 

Une grande importance est accordée aux exercices pratiques. Les catéchistes en herbe rendent donc visite aux paroissiens, parlent et prient avec eux. De plus, ils accompagnent pendant une semaine les catéchistes qui sont déjà en activité, afin de mieux comprendre leurs futures responsabilités.

 

Leur formation est régulièrement soutenue par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Les 42 futurs catéchistes vous remercient d’avoir à nouveau financé leur formation l’année dernière, grâce à un montant de 12 600 dollars.

À tous ceux qui ont aidé, un sincère « Que Dieu vous le rende ! ».

Entretien de l’AED – Rapport de l’administrateur apostolique sur la situation actuelle en Terre Sainte

11.09.2019 in Daniele Pîccini, Entrevue AED, Informations, Israël, Réalisation Tobias Lehner, Terre Sainte

Entretien de l’AED – Terre Sainte

«Le fondamentalisme religieux relègue les chrétiens aux marges de la société»

Par Daniele Piccini & Tobias Lehner, ACN International

Mgr Pierbattista Pizzaballa a déjà passé plus de trois décennies de sa vie en Terre Sainte. En 2016, ce Franciscain a été nommé archevêque et administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem. Lors d’une visite au siège de l’AED, en Allemagne, il s’est entretenu avec notre collègue Daniele Piccini. Mgr Pizzabella a expliqué pourquoi les décisions politiques internationales actuelles exacerbent le conflit en Terre Sainte et pourquoi l’Église compte sur le pouvoir des petits pas.


 

Mgr Pierbattista Pizzaballa, archevêque et administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem en visite au bureau Allemand de l’AED pour un entretien télévisé le 4 juin 2019.

AED : Votre Excellence, quelle est la situation actuelle des chrétiens en Terre Sainte?

Mgr Pierbattista Pizzaballa : On dit souvent que dans le territoire considéré comme la Terre Sainte au sens strict, il existe trois groupes : les Israéliens, les Palestiniens et les chrétiens. Mais les chrétiens ne sont pas un « troisième peuple ». Les chrétiens appartiennent au peuple au sein duquel ils vivent. En tant que chrétiens, nous n’avons aucune revendication territoriale. Pour un juif ou un musulman, la rencontre avec un chrétien ne constitue jamais un danger. Et pourtant, la vie n’est pas facile pour les chrétiens : il est plus difficile [aujourd’hui] pour les chrétiens de trouver du travail ou un logement. Les conditions de vie sont beaucoup plus difficiles.

 

La liberté religieuse est-elle sévèrement restreinte pour les chrétiens en Terre Sainte?
Il faut différencier les approches. La liberté de culte est une chose, la liberté de conscience en est une autre. La liberté de culte existe : les chrétiens peuvent célébrer leurs offices religieux et organiser leur vie communautaire. Bénéficier de la liberté de conscience signifie que chaque fidèle peut s’exprimer librement, et que les membres des autres religions peuvent décider en toute liberté de se convertir au christianisme, s’ils le souhaitent. C’est ici que les choses se compliquent.

En Terre Sainte, la politique joue toujours un grand rôle. Par exemple, dès que l’on décide de se rendre à certains endroits pour une visite, celle-ci peut facilement se transformer en question politique. Je vous donne un exemple : des chrétiens de Bethléem veulent se rendre au Saint-Sépulcre à Jérusalem pour y prier. Souvent, ce n’est pas possible parce qu’ils ont besoin d’un permis. S’agit-il donc ici d’une question de liberté religieuse, ou s’agit-il simplement de politique et ils ne peuvent pas se rendre au Saint-Sépulcre parce qu’ils sont Palestiniens ? Tous ces facteurs sont intimement mêlés.

La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens.

Récemment, le gouvernement des États-Unis a transféré son ambassade à Jérusalem. Quels sont les effets perceptibles de cette décision politique?
Au quotidien, peu de choses ont changé a priori. Pourtant, le transfert de l’ambassade américaine représente une impasse politique. Toutes les questions concernant Jérusalem et qui n’intègrent pas les deux parties — les Israéliens et les Palestiniens — causent une profonde fracture à l’échelle politique. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Après le transfert de l’ambassade des États-Unis, les Palestiniens ont rompu toutes leurs relations avec le gouvernement américain, ce qui a mis un terme aux négociations entre Israël et les Territoires palestiniens, qui, de toute façon, avançaient à pas de tortue.

L’ancienne ville de Jérusalem.

Les derniers affrontements ont conduit à la radicalisation d’un nombre croissant de jeunes, en particulier parmi les Palestiniens. Cela a-t-il aussi des répercussions pour les chrétiens?
Il y a des Palestiniens qui appartiennent à des mouvements fondamentalistes. Mais il y a également de nombreux Palestiniens qui rejettent la violence. La majorité des chrétiens en Terre Sainte sont Palestiniens. Ils vivent donc dans les mêmes conditions que les musulmans palestiniens. Le fondamentalisme religieux relègue très clairement les chrétiens a de la société. Nous faisons donc autant l’expérience de la coopération et de la solidarité que de l’exclusion et de la discrimination.

 

Un autre problème consiste dans l’émigration croissante des chrétiens…
L’émigration n’est pas un phénomène de masse, sinon, il y a longtemps que les chrétiens auraient disparu de Terre Sainte. L’émigration est faible, mais constante. Chaque année, lors de mes visites dans les paroisses, les prêtres me disent : « Cette année, nous avons perdu deux, trois familles ».

Terre Sainte, Mai 2011 – Le mur qui sépare physiquement la Palestine et Israël

 

Devant cette impasse politique, l’Église peut-elle faire quelque?
Les chrétiens constituent environ un pour cent de la population. Nous ne pouvons donc pas exiger d’obtenir le même poids politique que d’autres groupes. Néanmoins, l’Église entretient de solides relations dans le monde entier. Viennent s’y ajouter les millions de pèlerins chrétiens venus du monde entier. Notre mission consiste à transmettre aux gens le message suivant : Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce pays. Il y a une manière chrétienne de vivre dans ce conflit. L’époque actuelle ne se prête pas aux grands gestes. L’Église doit tenter d’établir de petites connexions, de construire de petits ponts.

9 Jan. 2016 : l’Abbaye de la Dormition à Jérusalem, ciblée par des vandales.

 

Sa Sainteté le pape François a visité le pays en 2014. Est-ce que cette visite a influencé la situation politique, mais aussi la relation entre les chrétiens catholiques et orthodoxes?
Les visites pontificales constituent des éléments importants dans la mosaïque qui pavent la voie vers la paix, même si elles ne peuvent évidemment pas apporter le grand tournant. Au point de vue œcuménique, c’est différent : la visite du pape François s’inscrit dans la continuité de la célèbre rencontre entre Leurs Saintetés le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras, qui a eu lieu en 1964 à Jérusalem. Dans ce contexte, la visite du pape François, et en particulier sa prière œcuménique dans l’église du Saint-Sépulcre, représentait un tournant décisif et perceptible dans les relations entre les chrétiens catholiques et orthodoxes.

 

 

 

Soutien financier pour la mise en place du cours :              « Guérir la haine spirituelle : l’accompagnement dans des situations de conflit.»

Depuis de longues années, l’AED est proche des chrétiens de Terre Sainte. À Jérusalem par exemple, l’œuvre finance un séminaire interreligieux intitulé «Construire le pardon, surmonter la haine», auquel participent des centaines de chrétiens, de juifs et de musulmans. Pouvez-vous nous parler brièvement de cette initiative?
D’abord et avant tout, je tiens à remercier l’AED, parce que l’œuvre de bienfaisance fait beaucoup de choses en Terre Sainte. Vous soutenez de nombreux projets dont ce séminaire organisé par le centre Rossing. Daniel Rossing était juif et convaincu que Jérusalem en particulier devait être un lieu où toutes les religions se sentent chez elles. De nombreux jeunes qui ont participé à ces cours emportent leurs expériences dans leur vie professionnelle. Ainsi, la religion qui est pourtant souvent un facteur de séparation en Terre Sainte, devient ici un point commun.

Récit de l’AED – travail interreligieux au Niger

30.07.2019 in AFRIQUE, Niger, Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald

Niger

pour répandre le bien, des conférences interreligieuses

« Moins d’un pour cent des quelque quinze millions d’habitants du diocèse de Maradi sont chrétiens », raconte l’évêque Mgr Ambroise Ouédraogo lors d’un entretien avec Aide à l’Église en Détresse (AED). L’ecclésiastique de 70 ans est le premier, et jusqu’à présent seul évêque du diocèse de Maradi, l’un des deux diocèses du Niger en Afrique de l’Ouest.

Par Matthias Böhnke & Thomas Oswald, for ACN International, pour ACN International
adapté par Mario Bard pour AED-Canada
publié sur le web le 30 juillet, 2019

L’évêque affirme que pendant des années, les quelque 5 000 à 6 000 catholiques de son diocèse ont coexisté en grande partie en sécurité avec la population majoritairement musulmane, et il ajoute : « Cela a changé en 2015, lorsque la parution de caricatures critiques à l’égard de l’islam dans le journal satirique français Charlie Hebdo a déclenché une vague de violence. » Lors des nombreuses exactions qui ont éclaté dans l’ensemble du pays, au moins dix chrétiens ont été tués en l’espace de quelques heures seulement, et plus de 70 églises et autres institutions chrétiennes ont été détruites. Environ 80 pour cent des églises chrétiennes du pays ont été touchées, en particulier dans les régions de Niamey et de Zinder.

 

« Les chrétiens avaient terriblement peur des islamistes radicaux. Et comme des incidents contre des chrétiens se produisent sans cesse à intervalles irréguliers, cette peur persiste », poursuit Mgr Ouédraogo. Il y a une quinzaine de jours seulement, l’église protestante de Maradi, située sur le territoire de son diocèse, a été incendiée par des groupes radicaux qui voulaient ainsi protester contre l’incarcération d’un imam. Ce dernier a été arrêté parce qu’il a déclaré dans ses prêches être contre un projet de loi qui prévoit un contrôle plus poussé des sources financières lors de la construction et de l’exploitation de lieux de culte privés. Malgré les manifestations, la loi a été adoptée le lundi 17 juin par le parlement du Niger.

 

Le mal se répand comme « une traînée de poudre »

À 8 km de Maradi où s’est produite la dernière attaque vit Sœur Marie Catherine Kingbo avec sa communauté, la « Fraternité des Servantes du Christ ». Dans un entretien avec Aide à l’Église en Détresse, elle raconte : « Nous nous attendions certes à des attaques, mais nous ne pensions pas que cette attaque pourrait être déclenchée par un projet de loi. » Venue au Niger il y a quinze ans, cette religieuse ne reconnaît plus la situation. À l’époque, il n’y avait presque pas de tensions interreligieuses, affirme-t-elle. « Aujourd’hui, j’entends même des musulmans dire qu’il y a trop de mosquées et d’écoles coraniques, mais trop peu de puits et de cliniques ». Par crainte des attaques islamistes, sa communauté et les élèves auxquelles elle donne ses cours sont sous protection permanente de la police. « Le mal qui s’est déchaîné en Libye, en Syrie et dans d’autres pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient se répand ici aussi comme une traînée de poudre », déplore-t-elle.

 

Cependant, Sœur Catherine est persuadée que si le mal se répand, le bien, quant à lui, se répand également. Sa congrégation met sur pied de nombreuses actions qui bénéficient à la société : les religieuses soutiennent les femmes en détresse et elles organisent aussi chaque année une rencontre entre les chrétiens et les musulmans. En 2006, 28 personnes ont participé à la première de ces conférences interreligieuses. En 2018, il y a eu en tout 350 participants. Les relations avec les imams locaux et les voisins sont bonnes, assure Sœur Catherine. Pour elle, il est donc absolument exclu de limiter ses activités par peur de l’extrémisme : « Nous ne partirons pas. Ils ont peut-être des fusils, mais nous, nous avons Jésus ! »

« Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens »

C’est également ce que pense l’évêque Mgr Ouédraogo. Pour lui aussi, il a toujours été exclu de remettre en question la collaboration et le dialogue avec les musulmans. « Beaucoup de musulmans trouvent profondément honteuse la situation actuelle et montrent leur solidarité avec les chrétiens », souligne l’évêque. « De 95 à 98 pour cent des élèves de nos institutions scolaires sont musulmans, et Caritas mène également des projets dans des régions presque exclusivement peuplées de musulmans. Nous ne faisons aucune différence. Et cela restera ainsi. »

L’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient l’Église du Niger depuis de longues années et y finance entre autres la formation dans la foi, comme elle soutient les prêtres du pays à travers des aides à la subsistance.