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Histoire de succès de l’AED – République Démocratique du Congo (RDC)

16.07.2020 in AFRIQUE, PROJETS AED, Publication, République Démocratique du Congo (RDC)

Histoire de succès de l’AED – République Démocratique du Congo (RDC)

Des missels en langue ciluba

 

La langue ciluba est parlée par environ six millions de personnes dans la région du Kasaï, située dans le sud-est de la République Démocratique du Congo. C’est l’une des quatre langues nationales de ce pays d’Afrique centrale.

 

Il y a quelques années, les évêques des huit diocèses de la région ont reconnu l’urgence de republier les livres liturgiques dans cette langue. Car d’une part, les livres étaient déjà épuisés, et d’autre part il fallait beaucoup les retravailler et puis les corriger du point de vue linguistique.

 

Théâtre de violence

 

La région du Kasaï est une région très pauvre et abandonnée. De plus, en 2016 et 2017, il y a eu de véritables excès de violences, causant la mort de plusieurs milliers de personnes. De nombreuses fosses communes ont été retrouvées. Sans compter les bâtiments ecclésiastiques qui ont été attaqués, pillés et incendiés, comme la cathédrale et le siège épiscopal de Luebo.

 

Le gouvernement est presque absent de la région. L’Église doit s’occuper de tous les besoins de la population et trouver des solutions, dans les limites de ses capacités.

 

La première préoccupation de l’Église

 

Cependant, l’être humain ne vit pas que de pain, et l’Église a toujours à l’esprit le salut des âmes humaines. La célébration eucharistique est « la source et le sommet de la vie et de la mission de l’Église », comme cela est écrit dans le document conciliaire Lumen Gentium. C’est pourquoi la publication de livres liturgiques figurait en tête des priorités des évêques de la région.

 

Grâce à l’aide de nos bienfaiteurs qui ont offert 29 000 dollars, la première édition du nouveau lectionnaire a pu être imprimée. La joie est grande, et les évêques, les prêtres et les fidèles des huit diocèses de la région du Kasaï remercient chaleureusement tous ceux qui ont offert leur aide !

Entretien AED : Russie « Ma sœur, revenez-moi bien vite ! »

06.07.2020 in ACN International, Annie Desrosiers, COVID19, PROJETS AED, Russie

Novossibirsk, Russie

« Ma sœur, revenez-moi bien vite ! »
Les religieuses en Russie restent aux côtés des personnes marginalisées pendant la crise du coronavirus.

Par Kira von Bock-Iwaniuk, Département des projets, AED Internationales
Adaptation : Annie Desrosiers, AED Canada
Publié sur le web le 10 juillet, 2020

Seule une minorité est tombée malade ; néanmoins, le confinement et ses conséquences économiques frappent tous les citoyens de Novossibirsk, métropole de 1,5 million d’habitants en Sibérie occidentale. Parmi eux, les personnes les plus touchées sont naturellement celles qui, déjà avant la pandémie, vivaient en marge de la société : les pauvres, les chômeurs, les personnes âgées, les enfants issus de familles socialement vulnérables. Actuellement, les religieuses du diocèse catholique romain de la Transfiguration de Novossibirsk se concentrent particulièrement sur cette frange fragile de la population. Les religieuses évoquent à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED), les défis qu’elles doivent affronter en cette période de pandémie.

 

En Russie, le premier cas confirmé de COVID-19 avait déjà été enregistré le 20 janvier 2020. Depuis, environ un demi-million de malades et 7478 décès ont été enregistrés (au 17 juin 2020) ; le chiffre réel étant probablement nettement plus élevé. Cette situation a provoqué la mise en place de mesures de confinement dans tout le pays, qui ne sont relâchées que très lentement. Moscou est au cœur de la crise, mais en Sibérie également, la maladie se propage, même si c’est à moindre échelle. Rien que dans la zone urbaine de Novossibirsk, 4604 cas de coronavirus et 62 décès ont été enregistrés.

 

Même sans cette pandémie, le travail des religieuses s’apparente à une tâche herculéenne. Membre de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, la religieuse d’origine allemande Sœur Theresa Witschling résume la situation ainsi : « Russie – Sibérie ; une terre connue comme ‘une maison sans toit’. Un pays qui, au fil de son histoire, a vu l’arrivée d’innombrables exilées et personnes déplacées de force. Parmi celles-ci, beaucoup sont morts en martyrs. Que ce soit de faim, de travail inhumain, de froid. L’hiver sibérien, long et rude, et les étés courts et caniculaires montrent clairement qu’ici, la vie est très difficile. »

 

Environ un demi-million de personnes avec des racines catholiques, majoritairement d’origine ukrainienne, polonaise ou allemande, vivent dans le diocèse de la Transfiguration en Sibérie occidentale sur une superficie de 2 millions de km2. Une quarantaine de prêtres s’occupent des 70 paroisses. Pour cela, il leur faut parcourir d’immenses distances. Sans l’aide des religieuses, le suivi pastoral des fidèles très dispersés serait absolument impossible.

 

Voilà pourquoi Sœur Theresa est venue en Sibérie en 2015 malgré les circonstances inhospitalières, en compagnie de deux autres religieuses. Depuis, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul s’occupent d’un centre public et d’un centre appartenant à l’Église pour les enfants de Slavgorod, au sud-ouest de Novossibirsk. « La plupart des enfants sont originaires de familles en difficulté et socialement vulnérables, où les soins parentaux font défaut. Quelle que soit la situation, que les deux parents travaillent toute la journée pour un faible salaire, ou qu’un des parents travaille des mois durant à l’étranger pour assurer la survie de la famille, les enfants restent beaucoup trop souvent livrés à eux-mêmes. » Les religieuses les aident à faire leurs devoirs, proposent différents projets culturels et veillent à ce que le déjeuner d’une centaine d’enfants soit payé, car ce sera souvent le seul repas chaud de la journée. Par ailleurs, deux fois par an, en été et en hiver, elles invitent les enfants à participer au programme « vacances avec Dieu ».À cause de la pandémie, tout cela a changé. « Notre travail ici est maintenant devenu plus compliqué. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi ou ont subi une réduction de leurs salaires. Ils frappent à nos portes et nous demandent de l’aide, ne serait-ce qu’un morceau de pain pour les enfants. »

 

Les religieuses ont commencé à coudre des masques de protection, car il n’y en a pas assez dans la région, et elles les distribuent à leurs protégés. Les personnes sans domicile fixe de la ville aiment particulièrement les religieuses. « Tous ces gens ont des souvenirs douloureux et des blessures à l’âme. Ils ne viennent pas seulement nous voir pour l’aide matérielle que nous leur fournissons. Ils sont simplement reconnaissants de trouver ici un peu de cordialité et de chaleur. » Toutefois, ce n’est pas uniquement ce qui donne aux gens consolation et espérance : « Nous rendons grâce à Dieu de pouvoir célébrer l’Eucharistie tous les jours. En réponse à la pandémie, nous avons un temps d’adoration quotidien de la Sainte Eucharistie. À la fin, le prêtre descend dans la rue avec l’ostensoir et bénit avec le Seigneur la communauté et la ville.»

 

Surmonter les distances

À Sourgout, à un millier de kilomètres à vol d’oiseau au nord de Novossibirsk, deux religieuses polonaises de la Congrégation Sœurs angéliques de Saint-Paul incarnent véritablement des anges pour les 140 personnes sans domicile fixe dans un foyer de réinsertion sociale. Elles organisent dans la paroisse des collectes de vêtements et de nourriture, ce qui est particulièrement vital en ces temps difficiles.

 

La communauté est venue pour la première fois à Sourgout en 2011 et elle s’y est établie en permanence depuis 2015 pour soutenir les activités pastorales dans la paroisse Saint-Joseph. Ce n’est qu’ici qu’il y a une « véritable » église. Grâce à l’initiative et à la générosité de certains fidèles, il a également été possible d’installer des chapelles dans des maisons particulières à Nojabrsk, à 320 km de Sourgout, ainsi qu’à Kogylam, à 190 km de la ville. En temps normal, les religieuses s’y rendaient régulièrement toutes les deux semaines en compagnie d’un prêtre. « Ce qui est important, c’est la relation personnelle avec les fidèles », constate Sœur Tereza Jakubowska, en rêvant d’autres chapelles pour les catholiques de la région. Participer à la messe est plus important que jamais, et cela manque donc d’autant plus douloureusement en raison de la pandémie. Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres communautés, les Sœurs angéliques de Sourgout diffusent tous les jours en direct la sainte messe et envoient une méditation pour la journée. « Ainsi, nous restons en contact. » Sœur Aliona Alakchova est une religieuse de la communauté des Dominicaines de Béthanie et œuvre à Ichim depuis 20 ans, dans la paroisse de la Miséricorde divine. « Il y a peu de catholiques ici, et ils vivent très disséminés dans les villages des environs. Lorsqu’ils viennent en bus aux messes du dimanche ou des jours de fête, ils acceptent de se plier à de longues heures d’attente avant de pouvoir repartir en fin d’après-midi. Nous nous efforçons de rendre leur attente plus agréable en les accueillant chez nous et en leur parlant. C’est la meilleure possibilité de faire connaissance avec les habitants de la communauté », souligne Sœur Aliona. « En cette période de COVID-19, tout est devenu difficile. Les transports en commun circulent encore moins, les taxis collectifs privés viennent irrégulièrement et respectent rarement les horaires. Pour nous, il est donc devenu difficile de nous rendre au chevet des malades, de faire des courses pour des personnes âgées et seules, ou de leur apporter des médicaments. » Les messes doivent maintenant se dérouler sans la présence physique des fidèles. Mais le besoin encourage la créativité : les religieux ont mis en place un groupe WhatsApp pour connecter toute la communauté et la tenir au courant grâce à ce réseau. Cela permet aussi de partager les liens pour la diffusion en direct des offices religieux en ligne.

 

Toutes les congrégations de religieuses de l’évêché luttent avec les difficultés dues au confinement. Les visites auprès de leurs paroissiens manquent cruellement aux Sœurs de Sainte Élisabeth à Novossibirsk : « Au fil de nos visites régulières, nous nous sommes liés d’amitié. Souvent, lorsque nous partons, ils nous disent : ‘Ne m’abandonnez pas, ma Sœur, revenez-moi bien vite !‘ » Dans ce cas, les religieuses ont recours au bon vieux téléphone. Il permet également aux Sœurs de Sainte Élisabeth de Novossibirsk de rester en contact avec tous ceux qui ne sont pas encore à l’aise sur Internet, en particulier avec les personnes âgées, qui souffrent beaucoup plus de la distanciation sociale.

 

Comme la plupart des congrégations, les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará à Omsk ont transposé dans le monde virtuel la totalité de leurs activités pédagogiques. Elles enseignent la catéchèse par visioconférence, tournent même de petites vidéos encourageantes avec quelques adolescents et élaborent à l’échelon de la province de leur congrégation des activités très poussées, dépassant largement la circonscription d’Omsk. « Notre objectif est d’inciter les adolescents à réfléchir à la Parole de Dieu, même pendant cette pandémie. Nous prions pour que cette période tellement grave d’un point de vue humain nous amène ainsi que tous les hommes à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour de Dieu et du prochain », explique Mère Maria Glum.

 

La prière : le plus puissant des remède

Seule communauté contemplative du diocèse, les Carmélites de Novossibirsk opposent à la pandémie la défense la plus puissante dont nous disposons comme chrétiens – la prière. Les religieuses Sœurs Teresamaria, Christina et Agnija écrivent : « Nous prions pour la guérison des malades, la consolation pour ceux qui souffrent, l’aide pour les professionnels de la santé et la protection contre la contagion pour les groupes de personnes les plus vulnérables. Nous incluons aussi dans nos prières les scientifiques qui travaillent sur le développement de médicaments et d’un vaccin contre le virus, et nous n’oublions pas les gouvernants qui doivent résoudre des problèmes socio-économiques de portée mondiale. Pleines de reconnaissance pour l’aide que nous recevons de votre part, nous incluons toujours l’AED et ses bienfaiteurs aux prières que nous offrons au Seigneur. »

 

L’AED soutient 68 religieuses qui vivent dans 18 villes du diocèse de la Transfiguration, de Novossibirsk. « Si ce soutien faisait défaut, ce serait non seulement une déception pour les religieuses, mais une catastrophe », confirme l’évêque local, Mgr Joseph Werth – c’est d’autant plus vrai dans cette crise durant laquelle il n’y a également plus de collectes dans les communautés.

 

Depuis de nombreuses décennies, l’AED soutient également les communautés de religieuses des trois autres évêchés catholiques romains à Moscou, Irkoutsk et Saratov, au travers de bourses de formation et d’aides à la subsistance, lors de la construction et de la rénovation des couvents des religieuses et pour se procurer des moyens de transport.

 

Unissons-nous pour continuer de leur offrir ce soutien dont elles ont tant besoin !

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Communiqué de presse – Aide à l’Église en Détresse – Rapport 2019

17.06.2020 in ACN Canada, Adaptation Mario Bard, Rapport annuel

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – pour diffusion immédiate

Aide à l’Église en Détresse – Rapport 2019
Prier, informer et agir, plus fondamental que jamais!

Propos recueillis AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 17 juin, 2020

Königstein-im-Taunus-Montréal, mercredi 17 juin 2020Près de 160 millions de dollars collecté par l’Aide à l’Église en Détresse l’an dernier.

Avec ses 23 bureaux nationaux et plus de 330 000 bienfaiteurs partout dans le monde, l’œuvre pontificale internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) a collecté en 2019 plus de 157,95 millions de dollars de dons pour les chrétiens persécutés et en détresse dans le monde, un niveau équivalent à l’année 2018. À cela s’ajoute un solde de 7,58 millions provenant des années précédentes. Ce sont donc 165,2 millions de dollars qui ont permis de financer l’ensemble des activités de l’organisme international. De ce chiffre, 132,8 millions de dollars ont servi à financer directement les projets, le reste étant répartis entre les secteurs de l’administration, de la collecte de fonds et du travail d’information.

 

Sénégal : une religieuse Dominicaine de l’Immaculée-Conception de Diassap. Nous soutenons sa communauté, laquelle peut ainsi se concentrer sur son travail avec les jeunes.

Au Canada, un joueur modeste, mais reconnu année après année comme un organisme international incontournable, ce sont 5 000 bienfaiteurs qui ont permis d’amasser 1,9 million de dollars, un montant avec lequel ont été financé plusieurs programmes dont les besoins urgents, les intentions de messe et le projet Une goutte de lait en Syrie.

 

« C’est un défi très grand de continuer, année après année, de parler de nos frères et sœurs dans la foi qui vivent des situations de détresse, que ce soit à cause de la persécution religieuse ou bien de la misère matérielle dans laquelle ils vivent », explique Marie-Claude Lalonde, directrice de l’AED au Canada. « Je me réjouis que de plus en plus de gens soient solidaires, entre autres, dans la jeune génération. » Ainsi en Alberta, des jeunes du primaire se sensibilisent depuis deux ans à la question de la discrimination et de la persécution religieuse. « Ils sont impressionnants ! », se réjouit Mme Lalonde.

 

« Par ailleurs, avec la pandémie de la COVID-19, les phénomènes de discrimination et de persécution n’ont fait aucune pause », explique-t-elle. « Donc, en plus de continuer à soutenir ces Églises comme à l’habitude, nous les aidons à répondre aux besoins de leur communauté en temps de pandémie. Le Pakistan est un triste exemple où des Imams ont lancé des appels à ne pas aider les chrétiens touchés par les effets du confinement. Nous avons donc répondu présents », raconte Mme Lalonde, qui rappelle qu’une somme de 7,5 millions de dollars a déjà été envoyée par l’AED dans différentes parties du monde. « Un soutien qui se poursuivra », assure-t-elle.

 

Aujourd’hui, il y a environ 200 millions de chrétiens dans le monde qui ne peuvent pas pratiquer librement leur foi, et il y a plus de 80 pays dans le monde où le droit fondamental à la liberté religieuse n’est pas garanti. À notre époque, les chrétiens sont opprimés ou discriminés dans plus de 40 pays. En 2019, l’AED a continué à donner une voix aux chrétiens persécutés dans des institutions telles que l’ONU et l’Union Européenne.

Au Venezuela, l’Église est l’une des principales institutions vers laquelle se tournent la population, autant pour la vie spirituelle que matérielle, en ce temps de crise économique, politique et sociale sans précédent.

 

Du soutien dans plus du tiers des diocèses catholiques du monde

Avec l’aide supplémentaire de près de 7,28 millions de dollars recueillis les années précédentes, l’œuvre a pu financer des activités pour une valeur totale de 165,2 millions de dollars. 80,4% des dons – 132,8 millions de dollars –, sont allés vers les trois domaines considérés par l’AED comme les principaux « piliers » de sa mission : mettre en œuvre des projets d’aide, informer sur la situation des chrétiens dans différents pays et encourager à prier pour les chrétiens qui souffrent.

L’organisation a soutenu 5 230 projets, soit 211 de plus qu’en 2018, pour répondre à de multiples besoins dans 139 pays, principalement en Afrique et au Moyen-Orient (112,7 millions de dollars). L’ensemble des projets a bénéficié à 1 162 diocèses, soit plus du tiers de tous les diocèses du monde.

En Ukraine, des enfants prient le Rosaire dans le cadre de la campagne de prière internationale Un million d’enfants prient le Rosaire.

À nouveau, l’Afrique est la région où l’AED a le plus de projets avec 29,6% de l’aide dédiée aux projets, soit près d’un tiers.  Ces fonds y ont permis de financer un total de 1 766 projets. La République Démocratique du Congo, en raison des graves conflits qu’elle subit, de l‘indifférence internationale et de sa vaste superficie de plus de deux millions de km², est le pays africain où l’AED a réalisé le plus de projets en 2019, le plaçant en troisième position au niveau mondial : 268 projets y ont été financés pour un montant 4,9 millions de dollars.

Puis, ce sont 22,1% des dons destinés aux projets qui ont été consacrés au soutien des minorités chrétiennes dont l’existence est menacée au Moyen-Orient, berceau du christianisme. En Syrie, qui souffre toujours de la guerre, l’AED a financé 132 projets pour un total de près de 11,3 millions de dollars, axés sur l’aide d’urgence et de survie. L’autre grand bénéficiaire a été l’Irak, où, après la reconstruction de plus de 6 000 maisons ces dernières années, s’est ouverte une nouvelle phase pour la reconstruction des lieux de culte et des monastères. Parmi les 50 grands projets approuvés par l’œuvre pour un total de 8,3 millions en Irak, figure la reconstruction de la cathédrale Al-Tahira de Karakoch, la plus grande église chrétienne du pays.

Autre pays touché par la guerre et une grande pauvreté économique, mais doté d‘une grande richesse spirituelle : l’Ukraine. Ce pays a été la priorité de l’AED en Europe de l’Est avec près de 300 projets et plus de 5,9 millions alloués en 2019.

En Amérique latine, après le Brésil, le Venezuela est devenu le pays qui reçoit le plus d’aide. L’AED a financé 108 projets pour soutenir l’Église vénézuélienne qui est, pour de nombreux habitants, le seul soutien dans ce pays qui souffre d’une immense usure sociale en raison de sa situation politique et économique. De même sur le continent asiatique, l’AED a accordé la priorité au Pakistan et à l’Inde, car le fanatisme religieux – respectivement islamiste et nationaliste hindou – menace et discrimine les chrétiens.

Syrie : une famille dit Merci ! aux bienfaiteurs et bienfaitrices.

 

Au-delà de l’aspect géographique, en 2019, 1 378 635 messes ont été célébrées aux intentions des bienfaiteurs de l’AED, ce qui représente 15,9% du total des dons. Cela a permis à l’œuvre de soutenir 40 096 prêtres – un sur dix dans le monde. La plupart d’entre eux utilisent les honoraires de messe non seulement pour leur propre subsistance, mais aussi pour mener à bien leur travail pastoral et social.

 

Pour plus d’informations, visitez le site web de l’AED Canada : acn-canada.org. 

+Lire le rapport

Récit de l’AED — le « Miracle de Vinkt »

04.06.2020 in ACN-International, Adaptation Mario Bard, AED

Récit de l’AED — les 80 ans du «Miracle de Vinkt»

Vaincre la haine par l’amour

Par Volker Niggewöhner, pour l’AED Internationale
Adaptation : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 4 juin, 2020

Le 27 mai 1940, le village de Vinkt, situé près de la ville de Gand en Belgique, a été le théâtre de l’un des plus grands crimes de guerre commis par la Wehrmacht allemande sur le front Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes allemandes y ont massacré 86 civils. Le Père Werenfried van Straaten, chanoine prémontré néerlandais et fondateur de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique l’Aide à l’Église en Détresse, perçut la menace d’une Europe divisée par la haine. Depuis, son engagement de vie consista à travailler à la restauration de l’amour, également à Vinkt. Quatre-vingts années plus tard, l’œuvre de charité se souvient.

 

C’était à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Suite aux accords convenus entre les puissances victorieuses lors de la Conférence de Yalta et de la Conférence de Potsdam, 14 millions d’Allemands furent expulsés à partir de 1945 des anciens territoires de l’Allemagne se trouvant à l’Est. En Allemagne de l’Ouest, ces Allemands déplacés vivaient — pour la plupart —, dans des conditions inhumaines dans des bunkers ou des camps. Parmi eux, il y avait six millions de catholiques. Le Père Werenfried van Straaten, né en 1913 à Mijdrecht aux Pays-Bas, s’émut de la détresse de ces millions de déplacés. Elle lui rappelait l’épisode de la Nativité de Jésus, alors qu’il n’y avait pas de place à l’auberge pour la Sainte Famille, parce que l’être humain, qui qu’il soit, manque parfois d’amour.

 

Pas de place à l’auberge

Le jeune prêtre fit alors appel à la conscience chrétienne de ses compatriotes et les invita à aimer leurs ennemis et leurs prochains. Dans un article intitulé Pas de place à l’auberge, rédigé pour le numéro de Noël 1947 de la revue de son abbaye de Tongerlo en Belgique, il demanda un geste de réconciliation à ses compatriotes, pourtant toujours endeuillés par la perte de leurs proches fusillés par les Allemands.

L’incroyable se produisit : l’article rencontra un écho exceptionnel et souleva une vague de solidarité parmi les Flamands. Parmi les personnes expulsées se trouvaient quelque 3 000 prêtres catholiques, qui s’occupèrent de distribuer de l’aide aux nécessiteux, et la nouvelle œuvre de charité fut baptisée « L’aide aux prêtres de l’Est ».

 

«Puisse Dieu nous préserver de la haine»

Le prénom Werenfried choisi par le religieux prémontré signifie « combattant pour la paix », et devint très rapidement un programme en soi. En 1948, le religieux organisa une collecte de lard parmi les paysans flamands. Elle se révéla être un immense succès et lui valut le surnom de « Père au lard ».

 

En 1950, dix ans exactement après le massacre de Vinkt, le Père Van Straaten s’est rendu dans le village pour prêcher. Dans ses mémoires, le prêtre avoua avoir eu peur de prêcher : « Dans ma vie, je n’ai jamais eu peur, mais à cette époque-là j’ai eu peur. » Une crainte qui n’était d’ailleurs que trop fondée, quand on pense que la rancune et la haine semées dans les cœurs de la population n’avaient toujours pas été surmontées. La victime la plus âgée du massacre de Vinkt avait 89 ans, tandis que la plus jeune avait 13 ans. Presque toutes les familles avaient perdu un proche. Même le curé local déconseilla cet exercice périlleux au père Werenfried.

 

«La veille du prêche, je suis allé à Vinkt pour explorer le terrain. Le samedi soir, je suis arrivé au presbytère. Le prêtre de la paroisse leva les mains dans un geste de désespoir et me dit : “Ça ne fonctionnera pas, les gens ne le veulent pas. Ils disent : quoi donc? Ce prêtre vient ici pour nous demander d’aider les Allemands? D’aider ces scélérats qui ont fusillé nos hommes et nos fils? Jamais de la vie! Aucune âme vivante ne viendra l’écouter. Il pourra prêcher devant des chaises vides s’il en a envie. Et encore, il a de la chance d’être un prêtre. Sinon, nous le tabasserions!”»

 

«Que devais-je faire? En concertation avec le curé, je décidai de préparer le discours du lendemain soir en assurant toutes les homélies des messes célébrées ce dimanche. Le lendemain matin, à la surprise générale, je suis donc monté en chaire et un quart d’heure durant, j’ai prêché sur l’amour. De tous les prêches que j’ai tenus dans ma vie, c’était le plus difficile, mais il a abouti», se souviendra plus tard le père Werenfried.

 

«L’homme est meilleur que nous ne le pensons!»

«Et alors que je rendais grâce après la messe et que l’église était vide — car les gens ont honte de montrer leur bonté! , une femme s’approcha timidement de l’autel. Elle n’a rien dit, mais me donna 1000 francs (une quarantaine de dollars canadiens aujourd’hui), et s’éclipsa avant que je ne puisse lui demander quelque chose. Heureusement, le prêtre sortait juste à ce moment de la sacristie et vit la femme quitter l’église. Il me raconta : c’est une simple paysanne. Mais son mari, son fils et son frère ont été assassinés par les Allemands en 1940. Et cette femme a été la première à venir», poursuivit-il.

 

«Le soir, la salle était pleine de monde. Deux heures durant, j’ai parlé de la détresse des ̎prêtres-sac-au-dos̎ et de la désolation de leurs fidèles. Je n’ai pas mendié du lard, de l’argent, des vêtements. Je n’ai mendié que de l’amour, et tout à la fin, j’ai demandé à l’assemblée s’ils voulaient prier avec moi pour leurs frères et sœurs en détresse en Allemagne. Ils ont prié les larmes aux yeux. Tard le soir, vers 23 h, alors qu’il faisait déjà nuit, et que personne ne pouvait les reconnaître, l’un après l’autre, ils sont venus dans le presbytère pour y laisser qui une enveloppe avec 100 francs, qui 500 francs, avec une lettre. Et le lendemain matin, très tôt, avant que je ne reparte, ils se tenaient à nouveau devant le presbytère (…) On m’y a donné 17 enveloppes avec de l’argent. Ils ont viré de l’argent sur mon compte postal. Ils ont collecté du lard. Ils ont adopté un prêtre allemand. C’était ça, Vinkt! L’homme est meilleur que nous ne le pensons!»

 

Le « navire Europe » : seul notre être chrétien nous sauvera

Werenfried van Straaten avait compris qu’il n’y aurait jamais de paix ni de réconciliation en Europe si la haine n’était pas éradiquée du cœur des êtres humains : «Nous sommes tous embarqués à bord d’un navire, et ce navire s’appelle l’Europe! […] Plus rien n’a d’importance si le navire prend l’eau. Et en vérité, le navire Europe prend l’eau. Cela veut dire qu’il nous faut retrousser les manches et écoper, sinon nous sombrerons tous, quelle que soit notre situation.» Et «ni la bombe atomique ni un plan Marshall ne nous sauveront, mais seulement le véritable être chrétien. L’ordre ne pourra être rétabli qu’à travers l’amour, caractéristique distinctive du chrétien.»

 

AED Information — Syrie : amour, prières et solidarité en ces temps difficiles.

31.03.2020 in COVID19

AED Information — Syrie
De la Syrie : amour, prières et solidarité

Coronavirus : message d’une religieuse syrienne

Par John Pontifex, AED Grande-Bretagne
Adaptation française : Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web le 31 mars 2020

Sœur Annie Demerjian, une religieuse, qui coordonne des secours d’urgence en Syrie, a réagi à la pandémie de coronavirus en envoyant un message de prière et de solidarité aux amis et aux bienfaiteurs de l’œuvre pontificale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED).

Dans un message audio envoyé le vendredi 27 mars, sœur Annie Demerjian, l’une des principales collaboratrices des projets de l’AED en Syrie, s’adresse aux bienfaiteurs l’œuvre de charité pontificale. « Ce que le monde traverse en ce moment est très douloureux. Dans cette période du coronavirus, ne paniquez pas face aux nouvelles et suivez les instructions en matière sanitaire », a-t-elle expliqué.

Membre de la congrégation Jésus-Marie, elle remercie les bienfaiteurs de l’AED pour leur aide depuis près de dix ans. Dans le contexte de la Syrie, ce soutien consiste à fournir des paniers alimentaires et des produits d’hygiène, des vêtements et des médicaments pour les plus vulnérables d’Alep et d’autres endroits en Syrie. Elle les assure aussi de ses prières en cette période d’urgence au niveau international.

 

«Nous devons nous entraider»

 

La religieuse confie qu’elle et ses sœurs prient chaque jour le chapelet « pour le
monde », en ajoutant : « Notre foi ne consiste pas à appuyer sur un bouton magique en s’attendant à ce que tout aille bien. La douleur et la souffrance sont là, mais nous ne devons pas non plus oublier que la résurrection est là tous les jours. »

 

Au regard de ses expériences à Alep, dans le nord de la Syrie, elle dit encore : « Nous devons aider ceux qui en ont le plus besoin. Nous devons nous entraider, nous remonter le moral et les événements passeront. »

 

Sœur Annie, qui met en garde contre l’impact du virus sur une Syrie encore ébranlée par des années de conflit, explique : « À Alep, nos groupes de volontaires continuent de visiter les maisons où il est possible de le faire sans danger et avec beaucoup de prudence. Nous aidons les personnes âgées, notamment parce que beaucoup d’entre elles n’ont aucun autre soutien. À Damas, nos sœurs les aident en achetant ce dont elles ont besoin pour qu’elles n’aient pas à sortir. Elles ne peuvent compter sur rien. Comment survivront-elles ? »

 

Enfin, Sœur Annie mentionne que des progrès ont été réalisés dans le cadre d’un projet de l’AED, un système de bons d’achat dans les supermarchés pour 260 familles, parmi lesquelles des personnes âgées, et d’un plan de paiement des loyers pour les plus vulnérables. La religieuse ajoute : « À tous nos bienfaiteurs de l’AED, nous disons très sincèrement : Merci pour votre formidable générosité. Vous nous aidez depuis tant d’années et ne cessez de le faire. Que Dieu continue de vous bénir et de vous garder, vous et vos familles, en sécurité et en bonne santé.»

Partout dans le monde, les membres de l’Église catholique sont actifs afin de réconforter les personnes touchées par la pandémie provoquée par la COVID-19. Aide à l’Église en Détresse continue à soutenir l’Église. Merci de continuer, comme vous le pouvez, à les soutenir : https://secure.acn-canada.org/fr/donner/dons/

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

Projet de la semaine – L’AED présente : un succès au Mexique !

13.02.2020 in Construction, Mexique, PROJETS AED

L’AED présente : un succès au Mexique!

Aide à la reconstruction chez les Brigittines

 

L’Ordre du Très-Saint-Sauveur a été fondé en Suède au 14e siècle par sainte Brigitte, c’est pourquoi la communauté est également connue sous le nom d’ordre de Sainte-Brigitte (Les Brigittines). Les religieuses vivent cloîtrées et se consacrent à la prière contemplative.

 

Au 17e siècle, une branche espagnole de l’ordre a été fondée. Elle compte aujourd’hui des monastères en Espagne, au Mexique, au Venezuela et au Pérou. Depuis 1907, on trouve un monastère de Brigittines à Puebla dans le centre-est du Mexique. Il rassemble 20 religieuses ayant fait leurs vœux perpétuels et trois jeunes femmes qui sont encore en formation. D’autres jeunes femmes voudraient entrer dans ce monastère. Les religieuses relatent avec étonnement qu’un malheur survenu il y a quelques années a entraîné une forte augmentation des vocations : après la mort de sept religieuses dans un accident de la circulation, un nombre important de jeunes filles a soudainement voulu rejoindre l’ordre.

 

Plus d’espaces pour de nouvelles vocations

Gravement endommagé en 2017 par un tremblement de terre dont l’épicentre n’était pas loin de Puebla, une partie du bâtiment a dû être démoli : celui-ci remontait au 19e siècle. De plus, l’humidité, le froid et une mauvaise ventilation avaient déjà fait en sorte que les conditions de vie y soient mauvaises. Enfin, les installations sanitaires étaient situées à l’extérieur du bâtiment, sans compter le manque de place pour accueillir de nouvelles vocations.

 

Grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, nous avons pu contribuer à hauteur de 37 500 dollars pour les travaux de reconstruction. Les religieuses auront désormais plus d’espace pour accueillir plus de jeunes femmes, et elles pourront vivre dans des conditions plus saines. Que Dieu le rende à tous ceux qui ont apporté leur aide !

 

https://secure.acn-canada.org/fr/appuyer-aed/

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Projet de la semaine AED : Brésil Former de jeunes séminaristes en Amazonie

05.02.2020 in Adaptation Mario Bard, Formation, PROJETS AED, Voyager avec l'AED

Projet de la semaine AED —

Formation de 27 futurs prêtres en Amazonie

Publié sur le web le 5 février, 2020

 

Dans le diocèse de Rio Branco dans l’ouest du Brésil, 27 jeunes hommes se préparent à être au service de Dieu et des hommes en étant prêtres. La vie qui les attend ne sera pas facile, en particulier à cause de la grandeur du diocèse qui couvre une superficie de 104 000 kilomètres carrés,ce qui est nettement plus grand que de nombreux pays européens. De plus, le diocèse est situé en grande partie dans la jungle. Les distances sont immenses, et de nombreux endroits ne peuvent être atteints que par une voie navigable.

 

Leur vocation est certainement aussi le fruit des décennies d’efforts inlassables du missionnaire italien Paolino Baldassarri, qui à l’âge de presque 90 ans entreprenait encore de longs voyages sur son petit bateau dans des contrées désertiques pour rendre visite aux fidèles. Mais comme il ne savait pas nager, il devait toujours porter un gilet de sauvetage et un casque de moto. En outre, même âgé, il continuait encore à pratiquer la médecine et à traiter d’innombrables patients.

 

Lorsqu’il est arrivé dans la région il y a près d’un demi-siècle, il a failli être victime du paludisme au cours de la première semaine. Ill a miraculeusement survécu, et peu de temps après, il a commencé à se rendre dans les villages de la jungle avec un simple canot. De nombreuses familles s’étaient éloignées de la foi catholique en raison du manque de prêtres. Le missionnaire les a ramenées à la foi. Il est mort en 2016 en odeur de sainteté.

 

Aujourd’hui, la foi des gens est à nouveau en danger car les 40 prêtres qui s’occupent des quelque 450000 fidèles de cette vaste région accidentée ne peuvent que rarement se rendre dans bon nombre de ces villages reculés. Pendant ce temps, les sectes se propagent rapidement parce qu’elles forment leur personnel rapidement, disposent de ressources financières et promettent des miracles aux gens.

 

Les 27 futurs prêtres sont une grande source d’espérance pour l’Église dans le diocèse de Rio Branco. Cette année encore, L’Aide à l’Église en Détresse (AED) D soutiendra leur formation, à hauteur de 15 600 dollars.

 

 

 

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Nouvelles de l’AED – Cameroun Boko Haram : la bête de l’apocalypse

27.01.2020 in Adaptation Mario Bard, AFRIQUE, Cameroun, International Catholic Charity Aid to the Church in Need, Maria Lozano

Cameroun


Boko Haram : la bête de l’apocalypse
«Pas un jour ne passe sans incursions dans les villages camerounais à la frontière avec le Nigeria»

Propos recueillis par Maria Lozano, ACN International
Adaptation — AED Canada par Mario Bard

Publié sur le web le 27 janvier, 2020

 

«Boko Haram est comme la bête de l’Apocalypse qui, même si on lui coupe la tête, semble en avoir une autre qui repousse», déclare Mgr Bruno Ateba, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, dans le nord du Cameroun, lors d’un entretien avec l’œuvre pontificale de charité, Aide à l’Église en Détresse (AED).

 

Le gouvernement nigérian avait annoncé que le groupe terroriste — né au Nigeria en 2002 et radicalisé en 2009 — avait été vaincu fin 2015. Cependant, selon les informations recueillies par la Fondation AED, tout semble indiquer que son territoire d’action se soit simplement recentré sur les zones rurales du Nigeria, et étendu aux zones frontalières du Cameroun et du lac Tchad. « Dans les villages de l’État de Borno, au Nigeria, et dans toute la zone frontalière du Cameroun, il ne se passe pas un jour sans que soient annoncées des attaques et incursions de terroristes. Les enlèvements et les exécutions de paysans ont instauré un règne de peur et de psychose au sein de la population », explique Mgr Ateba.

Après Noël, une vidéo montrant la décapitation de onze personnes au Nigeria a été rendue publique. Elle a été revendiquée par l’État islamique en Afrique de l’Ouest, l’une des deux factions issues de la division de Boko Haram en 2016. À peu près au même moment, Mgr Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yaouga au Cameroun, originaire d’un village proche de la frontière avec le Nigeria, a écrit à la fondation : « Mon village natal de Blablim n’existe plus ! Les terroristes ont tué un jeune homme de ma famille, ils ont saccagé tout le village ainsi que ma maison natale. Tout le monde, à l’exception des personnes âgées et des malades, a dû fuir vers Mora, à 17 km de là. La récolte du coton ne pourra pas être effectuée. Actuellement, les températures sont très basses là-bas. Priez pour tous ceux qui doivent dormir en plein air à cette époque de l’année ».

 

Le terrorisme ou le crime organisé?

Destructions, pillages, vols et enlèvements sont les signes du passage des terroristes. Selon les autorités militaires nigérianes, le groupe djihadiste islamique aurait perdu son pouvoir et se serait divisé en groupes criminels organisés. Le lieutenant-général Tukur Yusufu Buratai, chef d’état-major de l’armée nigériane, signalait en septembre 2019 : « Les membres de ces groupes ont un mode de fonctionnement purement criminel, dans le but d’en tirer des gains personnels. Il est de notoriété publique que ces criminels ne prétendent plus défendre une autre cause que la recherche de biens matériels, ce qui se manifeste par des meurtres et la terreur infligée à d’infortunées populations ». Il a également encouragé les Nigérians à ne pas « glorifier ces criminels, en ne les appelant pas par un autre nom que celui de criminels, violeurs, kidnappeurs, voleurs armés ou assassins ».

Il est vrai que, selon les données du Nigeria Security Tracker, si plus de 36 000 personnes sont mortes du conflit depuis 2012 — en prenant en compte les civils, les forces armées et les terroristes —, le nombre de victimes a fortement diminué par rapport aux chiffres épouvantables atteints en 2014 et 2015, selon la même source.

Ce résultat positif est dû en partie au travail de forces militaires multinationales, incluant les armées du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad. Selon l’organisation indépendante International Crisis Group, plus de 7 000 militaires ont été déployés au Cameroun lors de deux grandes opérations militaires, mobilisant des unités du Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’élite de l’armée.

 

La bête réapparaît avec une violence renouvelée

Cependant, bien que les forces armées aient efficacement évité les attaques conventionnelles de Boko Haram ces dernières années, elles n’ont pas réussi à éradiquer le mouvement et une nouvelle génération de militants semble menacer à nouveau. « La pauvreté et l’insécurité dans les zones rurales, ainsi que le manque de perspectives pour les jeunes en font des cibles faciles à manipuler pour les djihadistes », confirme Mgr Ateba.

Selon les données de Human Rights Watch, le conflit entre les forces gouvernementales et Boko Haram a déplacé plus de 270 000 personnes dans le pays depuis 2014. Le groupe armé islamiste Boko Haram aurait mené plus de 100 attaques au Cameroun en 2019, tuant plus de 100 civils. « Au moment où l’on croyait que la bête Boko Haram avait été complètement décapitée, l’horreur a refait surface dans le nord du Cameroun. Dans mon diocèse, il y a eu 13 attaques au cours des quatre dernières semaines. Une église a été incendiée le jour de l’épiphanie. Nous enquêtons, mais tout indique qu’il s’agissait d’un acte terroriste », explique l’évêque. (23.01.2020)

 

 

Discours de Mgr Bashar Warda, Archevêque chaldéen catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

10.12.2019 in Non classifié(e)

Irak

Discours au Conseil de sécurité des Nations unies

Un partenaire de l’AED, Mgr Bashar Warda, évêque d’Erbil en Irak, a présenté un discours au Conseil de sécurité des Nations unies le 3 décembre dernier. Voici ce qu’il avait à dire aux membres de ce cercle international.

 


Discours de Mgr Bashar Warda Chaldean, Archevêque catholique de l’archidiocèse d’Erbil, région du Kurdistan, Irak

Au Conseil de sécurité de l’ONU, New York

3 décembre 2019

Réunion du Conseil de sécurité concernant la situation en Irak

 

Merci, Madame la Présidente,

 

Quelle est la situation actuelle ?

 

Les manifestations actuelles en Irak démontrent le refus de la majorité des Irakiens de la structure et du gouvernement mises en place dans le pays après 2003. Nous constatons le rejet d’une constitution sectaire qui a divisé l’Irak et l’a empêché de devenir un pays unifié et fonctionnel. Plutôt que d’engendrer l’espoir et la prospérité, la structure gouvernementale actuelle a créé de la corruption et suscité du désespoir, en particulier chez les jeunes Irakiens.

 

Il est très significatif que les manifestations aient été dirigées par de jeunes Irakiens. Ces jeunes ont clairement exprimé le désir que l’Irak soit un pays indépendant de toute ingérence étrangère et qu’il soit un endroit où tous puissent vivre ensemble en tant que citoyens égaux, dans un pays défini par un pluralisme légitime et le respect pour tous.

 

Il est important de comprendre que les chrétiens ont non seulement pris position ouvertement pour les manifestants, mais aussi que les chrétiens et d’autres minorités, y compris les Yazidis, aient été accueilli dans le mouvement par les musulmans irakiens. Ces manifestations démontrent réellement la vraie richesse de l’Irak historique. Cette ouverture à la réconciliation entre tous les Irakiens témoigne d’un véritable espoir de changements positifs dans lesquels un nouveau gouvernement en Irak, si un nouveau gouvernement entre en fonction, sera beaucoup plus favorable à un Irak véritablement multireligieux, avec une pleine citoyenneté pour tous et qui sonnera enfin le glas de cette maladie sectaire qui nous a tous si violemment blessés et dénigrés.

 

En revanche, la non-violence des manifestants ne doit pas être négligée par la communauté internationale. Ces manifestants courageux se sont engagés dans la non-violence dès le début du mouvement, même s’il y a eu des cas quotidiens d’extrême violence à l’encontre des manifestants de la part des milices qui ont continuellement tenté de provoquer la confrontation.

Plus de 400 manifestants innocents ont été assassinés et des milliers d’autres, gravement blessés. Pourtant, les manifestants demeurent non-violents.

 

 

Quels sont les enjeux ?

L’enjeu est de savoir si l’Irak se libérera enfin du traumatisme de Saddam et des 16 dernières années, et ce, pour devenir un pays légitime, indépendant et fonctionnel, ou s’il deviendra une région sans loi permanente, ouverte à des guerres par procuration avec d’autres pays et mouvements et au service des revendications sectaires de ceux qui se trouvent à l’étranger.

 

Si le mouvement de manifestation réussit à créer un nouveau gouvernement muni d’une nouvelle constitution civile qui respecte la diversité de ses religions et de ses cultures et qui n’est pas basé sur la charia, mais plutôt sur les concepts fondamentaux de liberté pour tous, libertés d’ailleurs consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’homme rédigée par l’organisation où nous nous trouvons tous aujourd’hui, alors l’espoir peut encore subsister pour le peuple irakien qui souffre depuis trop longtemps. Le peuple irakien aime son pays malgré tout et il souhaite le récupérer.

 

Si le mouvement de protestation échoue et que la communauté internationale reste les bras croisés en permettant que le meurtre d’innocents se poursuive, l’Irak sombrera probablement bientôt dans une guerre civile qui aura pour effet d’envoyer dans la diaspora de millions de jeunes Irakiens, qui sont pour la plupart chrétiens et yézidis. Lors de la crise et du génocide de 2014, plus de quatre millions d’Irakiens, de musulmans, de Yazidis et de chrétiens se sont réfugiés dans la région du Kurdistan pour fuir le mal de l’État islamique, mais sont demeurés au pays. Lors d’un autre conflit majeur, nous verrons probablement les gens fuir l’Irak pour de bon. Notre pays en est possiblement à sa dernière chance.

 

Que peut et doit faire la communauté internationale pour aider ?

La communauté internationale ne doit pas se contenter de changements de dirigeants factices qui ne représentent pas un réel changement. Il est clair que les groupes au pouvoir n’ont pas l’intention d’abandonner le contrôle et qu’ils feront tout leur pouvoir pour maintenir entièrement les structures de pouvoir en place. La communauté internationale doit clairement comprendre que les manifestants ne l’accepteront pas et la communauté internationale doit refuser d’appuyer tout changement de ce type.

 

Cela ne veut toutefois pas dire que certains groupes n’ont aucune préoccupation légitime quant à leur représentation au sein d’un nouveau gouvernement. Or, ces préoccupations doivent être abordées d’une manière qui reflète la réalité de la nature brisée actuelle du gouvernement irakien et de son besoin fondamental de changement et de remplacement.

 

La première étape doit être le déclenchement d’élections anticipées. Les manifestants insistent sur cet aspect et la communauté internationale doit le soutenir pleinement. Contrairement à la participation très limitée des élections passées, ces élections doivent impliquer les jeunes du pays, ceux qui ont si courageusement lutté contre la corruption lors des manifestations des dernières semaines.

 

Pendant les élections, ainsi qu’au cours de la période qui les précède, la presse, tant irakienne qu’internationale, doit être totalement libre de rendre compte et de discuter de toutes les questions qui doivent être abordées lors des élections. En ce sens, le blocage actuel des reportages d’actualités, de l’internet et des médias sociaux doit cesser immédiatement.

 

Enfin, les élections doivent être pleinement surveillées par l’ONU et observées par tous les principaux partis en Irak pour s’assurer qu’elles soient réalisées dans la légitimité, la liberté et la régularité. Ce n’est qu’ainsi qu’un nouveau gouvernement pourra tracer la voie de l’avenir d’un Irak exempt de corruption où l’on retrouvera une citoyenneté à part entière et des possibilités pour tous.

 

Les jeunes chrétiens d’Irak ont participé chaque jour à ces manifestations. Ils y étaient parce que les protestations leur ont donné l’espoir d’un avenir, un avenir auquel ils appartiennent en tant que citoyens irakiens égaux et actifs. Comme des millions d’autres Irakiens marginalisés, ils comptent maintenant sur la communauté internationale pour leur témoigner son soutien et poser des gestes en ce sens. C’est le devoir que nous vous attribuons. L’Irak, le pays qui a si souvent souffert, se tourne maintenant vers vous tous pour obtenir de l’aide. Nous croyons que nous avons un avenir et nous vous demandons de ne pas nous tourner le dos maintenant.

 

Merci

 

Nouvelles AED – Chrétiens d’Égypte : leur situation s’améliore

02.12.2019 in adaptation : Mario Bard, AED, Égypte, Entrevue AED, Fionn Shiner

Égypte

Chrétiens : leur situation s’améliore!  

Par Fionn Shiner, ACN-International
Adaptation française : Mario Bard, AED-Canada
Mise en ligne le 2 décembre, 2019

Malgré la menace d’attaques extrémistes qui persiste contre les chrétiens d’Égypte, leur situation s’améliore, selon Mgr Kyrillos William, évêque copte catholique d’Assiout. Interviewer par l’Œuvre catholique de 

bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr William a exprimé son espérance.

 

Il a déclaré : « Nous remercions Dieu que la situation s’améliore. Le président [el-Sisi] est de bonne volonté envers les chrétiens. Il est le président de tous les Égyptiens ».

La menace d’attaques extrémistes persiste tout de même, les islamistes voulant effrayer les chrétiens quant à leur place dans la société égyptienne. « Les attaques perpétrées par des islamistes se produisent de temps en temps », indique Mgr Kyrillos. « L’objectif est d’attaquer non seulement les chrétiens, mais aussi le gouvernement égyptien. Ils veulent ainsi dire aux chrétiens : “le gouvernement ne peut pas vous protéger. Vous devriez quitter l’Égypte”.

[Ces extrémistes] aimeraient établir un État islamique. Mais en Égypte, cela ne se concrétisera jamais », estime l’évêque. « Les Égyptiens sont proches les uns des autres — les chrétiens et les musulmans sont trop unis pour que les extrémistes causent des problèmes. »

 

La construction d’église est plus facile, toujours des enlèvements

L’évêque a ajouté : « Depuis 1952, la mentalité est de traiter les chrétiens comme des citoyens de seconde classe. Par contre, des changements se produisent présentement et les choses s’améliorent. Construire des églises est plus facile qu’avant. Nous n’avons pas à attendre des années pour en construire une ».

Selon Mgr William, il s’agit d’un changement marqué : depuis plus de 160 ans, les chrétiens devaient obtenir la permission du chef de l’État égyptien pour construire de nouveaux édifices religieux.

Il y a encore des enlèvements de jeunes chrétiennes coptes et certains rapports suggèrent que la police facilite ces enlèvements.

« Ils se produisent dans les zones où les organisations islamiques sont puissantes, mais dans notre région, il n’y a pas trop de problèmes », estime encore Mgr Kyrillos.

Dans une entrevue réalisée par l’organisme World Watch Monitor avec un ancien membre d’un réseau islamiste qui ciblait activement les jeunes filles coptes, celui-ci déclarait : « Le groupe de ravisseurs se réunit dans une mosquée pour discuter des victimes potentielles. Ils ont un œil sur les maisons chrétiennes et surveillent tout ce qui se passe. C’est à partir de cela qu’ils tissent une toile d’araignée autour des filles », a indiqué cet homme.

 

Merci à l’AED!

Mgr William a exprimé sa gratitude à l’AED et à ses bienfaiteurs qui font des offrandes de messe et financent la formation des séminaristes, la restauration d’églises et plus encore en Égypte. « Nous apprécions beaucoup ce que fait l’AED dans de nombreux pays pour que les chrétiens restent dans leurs patries. Nous remercions tous les bienfaiteurs pour leur aide et leurs dons à l’AED afin que nous puissions réaliser notre rêve de maintenir les chrétiens au Moyen-Orient. »