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Syrie – Une roulette russe

Syrie Oliver Maksan, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

À l’archevêché de Damas, il y a une communauté de six séminaristes. Camil, le benjamin, 35 ans et se prépare à devenir diacre permanent. Jusque-là il s’occupait de la sacristie, assurait l’accueil et donnait un coup de main au service social qui déborde de travail en ces jours douloureux.

Le 26 mars dernier, comme chaque mardi, Camil veillait à la distribution du pain et des pour les pauvres. À 11h30, il s’est dirigé vers la maison familiale qui était déserte depuis l’éclatement de la guerre. Puis soudainement, comme ça, sans s’annoncer, un obus tombe et lui arrache la vie. Camil s’effondre et son corps tombe comme une vulgaire poche qu’on aurait lancée sur le trottoir.

Plus tard, il sera amené à la morgue publique de Damas avant l’identification officielle. Depuis quelque temps, comme une roulette russe qui prend des vies de façon aléatoire, les obus tombent n’importe où, n’importe quand sans choisir ses victimes.

La mort du jeune séminariste, qui était proche de tout le monde et toujours à l’écoute, a bouleversé l’archidiocèse tout entier. « La mort tragique CAMIL 2de Camil, qui se préparait à être diacre permanent, montre que personne n’est plus l’abri, qu’il soit combattant ou civil pacifique. La mort de l’innocent rejoint la mort de Notre Seigneur sur la Croix. Devenir martyr pendant la Semaine Sainte est une grâce qui couronne Camil. » a déclaré Mgr Samir Nassar lors d’une entrevue avec l’Aide à l’Église en Détresse (AED), mercredi dernier.

« La misère est grande »

Selon l’archevêque, les fidèles se rendraient encore à l’Église. « La mort de Camil remet en question le mouvement des fidèles qui continuent de se déplacer et de venir à l’Église. Notre quartier, jadis épargné, commence à recevoir des obus. Et le pire reste à venir avec l’intensité des combats qui éclatent un peu partout. » La participation aux offices religieux à l’occasion de la Semaine Sainte aurait baissé de plus de la moitié et suivrait le rythme des combats. Puis l’évêque de poursuivre : « Mais la vie continue, même sous le danger. »
L’archevêque ne dispose pas de chiffres statistiquement fiables sur le nombre de chrétiens qui auraient quitté le pays. « Depuis le début des hostilités, nous remarquons une baisse de 60 % des communions par exemple. Deux de nos quatre paroisses maronites sont fermées à Damas. Dans une paroisse qui avait célébré trente baptêmes en 2011, il n’y en a eu que trois en 2012. Entre-temps, la masse de réfugiés suivis par le diocèse dépasse les moyens et et la capacité des services d’accueil de l’archidiocèse », déplore Mgr Nassar qui conclut en ajoutant : « La misère est grande. »

Enfin, on apprenait hier la mort de 12 étudiants universitaires à Damas leur faculté ayant été bombardée.

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