fbpx
X
Faire un don

Syrie – « Ne perdez pas espoir »

Avec les cinq autres religieuses de son ordre, Sœur Joseph-Marie Chanaa de la congrégation des Sœurs de la Charité de Besançon aide des familles meurtries par la guerre dans la capitale syrienne de Damas.

 Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED CanadaFACEBOOK PHOTO

« Pourquoi Dieu permet-il que la Syrie souffre autant ? Pourquoi des innocents doivent-ils mourir ? Pourquoi Dieu ne nous donne-t-il pas la paix, nous qui l’en implorons pourtant ? » Ce sont les questions que des adolescents posent jour pour jour aux religieuses à Damas.

Sœur Marie-Joseph Chanaa est bouleversée par la souffrance qu’elle rencontre tous les jours : « Les gens sont sévèrement traumatisés. Des enfants ont déjà été obligés de voir des gens brûlés vifs par des bombes. Ils voient des morceaux de cadavres jonchant les rues. Lorsqu’ils entendent une explosion, ils courent vers leurs parents et se cachent.

Une fillette que sa mère emmenait à l’école ne voulait pas qu’elle s’en aille, craignant qu’elle ne meurt. La maman a été obligée de rester près d’elle durant tous les cours », raconte la religieuse, les larmes aux yeux. « Tout le monde a peur, car ils ne savent pas combien de temps il leur reste à vivre. Lorsque quelqu’un va au travail, il ne sait pas s’il en reviendra. La peur marque toute leur vie. »

Cependant, la religieuse, à la silhouette gracile, n’est pas seulement triste, mais aussi indignée : « Ce qui se passe ici est absolument inhumain. Des adolescents sont enlevés, des cadavres sont coupés à la hache, on leur tranche bras et jambes pour les couper en morceaux. Où a-t-on déjà vu des atrocités pareilles ? »

FACEBOOK SYRIE 6« Seigneur, envoie de la nourriture »

À proximité du couvent, un jeune garçon de 15 ans a récemment été kidnappé. « Des jours durant, ils ont suspendu le garçon par les jambes, la tête en bas. Les parents devaient payer une rançon de $100 000. Pour trouver cette somme, ils ont tout vendu : leur maison, leur commerce, leur voiture. Lorsque les kidnappeurs leur ont rendu leur fils, il était comateux, et il est mort au bout de trois jours. La famille a donc non seulement perdu son fils, mais tout ce qu’elle possédait. »

L’approvisionnement des familles est aussi tout un combat. Les prix des denrées alimentaires ont quasiment doublé, le gaz est même sept fois plus cher qu’avant la guerre. Les parents ne peuvent pas se payer le lait de leurs enfants, et beaucoup ne peuvent que rêver de leur faire manger des fruits ou de la viande. Les vêtements aussi constituent un luxe.

Les religieuses essaient de les aider et, aussi souvent que possible, elles distribuent du lait à 150 familles. « Vous devriez voir comment les enfants boivent ce lait » s’exclame Sœur Joseph-Marie avec émotion. « Seigneur, envoie de la nourriture » est sa prière constante. Autrement, elle ne pourrait pas aider les nécessiteux.

Sœur Joseph-Marie ne renonce pas là où d’autres sombrent dans le désespoir : « Je dis toujours ‘ Seigneur, je suis entre Tes mains ’. Je vis pour aider ces gens et pour les encourager. Nous autres, religieuses, leur disons : ‘ Ne perdez pas espoir ! ’ Nous prions beaucoup pour la Syrie avec les gens, nous prions tous les jours avec eux : avec les enfants, les familles et les malades. Dieu est avec nous dans cette épreuve. »

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents