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Syrie – Les sanctions plongent les gens dans la misère

Les responsables de l’Église critiquent le maintien de la politique d’embargo par l’Occident.

Un peu moins de dix ans après le déclenchement de la guerre en Syrie, les partenaires de projet de l’Œuvre pontificale de bienfaisance Aide à l’Église en Détresse (AED) critiquent vivement le maintien des sanctions occidentales. Leur véritable objectif, qui était d’affaiblir le régime d’Assad, n’a pas été atteint, déclare Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque gréco-catholique d’Alep, à l’AED : « Les sanctions occidentales continueront de ne pas avoir d’impact sur le gouvernement. Leurs conséquences ne l’affectent quasiment pas ».

Des enfants réfugiés : le secteur d’Al-Sakhour, Alep

En revanche, les restrictions commerciales et touchant à la monnaie frappent d’autant plus durement la population civile : « Les gens n’ont plus assez de nourriture, d’électricité, de gaz ou de mazout », déclare Mgr Jeanbart. Selon lui, les gens n’ont même plus la possibilité d’emprunter pour financer des achats plus importants. « Les sanctions n’ont pas d’autre conséquence que de continuer à plonger les gens dans la souffrance et la misère ».


« Il doit y avoir un dialogue honnête. L’Occident peut faire pression de manière à ce que le gouvernement accepte de s’engager sur la voie de la paix et d’abandonner certains de ses comportements. »

Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque gréco-catholique d’Alep
Archives photo: Syrie (Alep) 10 janvier 2016
De l’aide alimentaire pour les gens déplacés, chrétiens comme musulmans.

« Les gens ne sont pas loin de mourir de faim »

Lors d’un entretien accordée à l’AED, Sœur Maria Lucia Ferreira a décrit ce que signifie concrètement la politique occidentale de sanctions. Cette religieuse appartient à l’Ordre de l’Unité d’Antioche et vit dans le monastère de Mar Yakub à Qara, près de la frontière avec le Liban. « La situation ne cesse de s’aggraver, les gens sont sur le point de mourir de faim, certains sont déjà morts », déclare Sœur Lucie.

La famile Wartan Kaakaji à Alep.

La précarité est due à la politique de sanctions et aux conséquences de la pandémie de Coronavirus, en plus de dix ans de conflit, déclare la religieuse : « Tout devient de plus en plus cher. Il est difficile de survivre ». Elle explique que la pénurie de matières premières est actuellement un problème majeur et que c’est à cause de cela que beaucoup de gens ne peuvent pas chauffer leur appartement. « Les gens font la queue pour acheter de l’essence ou du mazout et repartent souvent les mains vides. Le combustible est très rare, parce qu’il y a peu de bois dans la région », raconte Sœur Lucia. L’approvisionnement en électricité continue aussi d’être très limité. « Parfois, nous n’avons pas de courant pendant 12 heures, et quand il revient, ça n’est souvent que pour une demi-heure ».

Photo d’archive : Syrie, Marmarita, 28 janvier 2016
Une jeune fille de 22 ans, qui a terminé ses études, mais a décidé de rester à la maison pour s’occuper de sa mère en phase terminale d’un cancer.

Au lieu de sanctions, il faudrait des négociations

Au lieu d’exercer une pression économique sur le gouvernement syrien, Mgr Jeanbart demande aux gouvernements occidentaux d’entamer des négociations avec le Président Assad : « Il doit y avoir un dialogue honnête. L’Occident peut faire pression de manière à ce que le gouvernement accepte de s’engager sur la voie de la paix et d’abandonner certains de ses comportements. »

Photo d’archive : Syrie, juin 2018
Un bâtiment détruit dans le quartier de Maysaloon à Alep.

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