fbpx
X
Faire un don

Syrie- Les enfants pacificateurs

Eva-Maria Kolmann, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada 

« Mon Dieu, fais que la guerre cesse et que nous puissions enfin rentrer à la maison ! » prient les enfants qui FACEBOOK SYRIE 8ont fui les régions de Syrie en crise avec leurs familles pour trouver refuge dans le « Wadi al Nasara“, la « Vallée des chrétiens » à l’ouest du pays. Sœur Marie-Rose Al Barkil de la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie les aiment tous. « Vous êtes les préférés de Dieu », leur dit-elle. Elle danse avec eux, prie avec eux, elle rit et joue avec eux. Elle leur raconte même des histoires.

« La paix commence dans la famille », assure-t-elle. « La guerre a créé énormément de tensions chez les gens, il y a de plus en plus de conflits familiaux. Chez les enfants aussi, l’agressivité augmente. Beaucoup d’enfants s’insultent réciproquement ou se battent. Ces altercations dépassent les chamailles enfantines normales. Même parmi les filles, la propension à la violence s’accroît », observe-t-elle avec inquiétude. « Les enfants sont conscients de ce qui se passe dans notre pays. Ils l’expriment dans leurs jeux et à travers leurs dessins. »

La religieuse s’occupe de 170 enfants dans le cadre d’un programme appelé « les enfants pacificateurs » et qui comprend de nombreuses activités très diverses. « Une fois, par exemple, nous avons préparé une macédoine de fruits avec les enfants. Ce faisant, nous avons pu parler des différences qui peuvent exister entre les hommes, comme elles existent entre les fruits. Nous avons parlé des chrétiens et des musulmans, et du fait qu’un couteau  n’est pas fait pour que nous nous entretuions, mais pour couper des fruits » raconte Sœur Marie-Rose. Une petite fille a résumé le message comme suit : «  Le bon Dieu a donné de bons talents à tous les hommes. Nous devons tous vivre les uns avec les autres. Nous ne vivons pas pour nous entretuer. »

 La fleur dans le cœur des enfants

Les enfants travaillent souvent au jardin et plantent des légumes et des fleurs. « Ils observent le développement des plantes et apprennent en même temps que la croissance demande beaucoup de temps. Ils comprennent : ‘ C’est pareil pour moi, lorsque je grandis par l’amour de Dieu et celui de mes parents ‘ ».

Sœur Marie-Rose et ses assistants bénévoles lisent aussi des histoires de l’Évangile aux enfants. Par exemple, celle de l’aveugle qui demanda de l’aide à Jésus-Christ et qui fut guéri. « Que voulez-vous de Jésus ? », demandent-t-ils aux petits. « Nous voulons la paix », répondent ceux-ci. À travers ces histoires, ils apprennent l’importance de la prière. Ce message porte ses fruits, car lorsque des conflits surgissent dans les familles, ce sont souvent les enfants qui disent à leurs parents : « Vous devez prier pour retrouver le calme. »

ENFANTS PACIFICATEURS1Il y a quelque temps, l’évêque a rendu visite aux enfants. Ils lui ont présenté des danses et un spectacle avec des scènes bibliques. « Nous sommes les enfants de la paix », lui dirent-ils, ce qui a particulièrement réjoui Sœur Marie-Rose, elle qui travaille aussi avec les parents de ces enfants. « Ne tuez pas la fleur dans le cœur de vos enfants, la fleur de la foi, de l’humilité, de la pureté, de l’amour », leur-dit-elle. La religieuse se demande toutefois souvent si cette fleur n’aurait pas déjà été tuée bien avant la guerre : « Déjà avant, il y avait tant d’égoïsme, tant de superficialité, tant de rejet réciproque entre les gens. La société était très consumériste, et le paraître comptait souvent plus que l’être », ajoute-t-elle. « Peut-être que la guerre nous ramènera à nos racines et à notre foi. »

Cependant, beaucoup de chemin reste à faire jusque-là. La paix provient cependant de menus détails : dans le cœur de chaque individu, dans les familles, dans la coexistence au quotidien. Sœur Marie-Rose prend soin de la « fleur » dans le cœur des enfants afin qu’ils deviennent des pacificateurs. C’est une lueur d’espoir dans ce pays qui sombre de plus en plus dans les affres de la haine et de la violence. « Fais que la guerre cesse et que nous puissions enfin rentrer à la maison ! » prient les enfants syriens jour après jour. Si leur prière est exaucée un jour, leurs cœurs devraient être prêts à contribuer à un avenir meilleur

Demain : « La route de la mort »

 Extrait:  « Je me rappelle cet enfant de sept ans qui dormait sur le trottoir et qui avait perdu toutes traces de sa famille. Nous lui avons donné à manger et ma voisine l’a hébergé pour le protéger. »

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents