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Syrie – Enlèvement du père Jacques Mourad

Syrie

Enlèvement du Père Jacques Mourad par les djihadistes

 Marta Petrosillo, AED Italie

Adaptation, Robert Lalonde, AED CanadaAdaptation

Hier le 21 mai 2015, le père Jacques Mourad a été enlevé à Qaryatayn – petite ville du centre de la Syrie à une centaine de kilomètres de Palmyre – où il a dirigé pendant douze ans la paroisse catholique locale et vécu dans le monastère de Mar Elias dont il était le Prieur.

C’est ainsi que moins de deux ans après l’enlèvement du père Paolo Dall’Oglio le 29 juillet 2013 à Raqqa, l’horreur frappe à nouveau la communauté monastique de Deir Mar Musa, monastère situé  à environ 80 km au nord de Damas. Le dernier contact avec le père Mourad  remonte à hier midi: « Nous n’avons toujours pas de nouvelles, nous savons seulement qu’il a été pris par quatre hommes, appartenant sûrement à un groupe djihadiste », confie à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) le père Nawras Sammour, directeur du Service jésuite pour les réfugiés au Moyen-Orient.

Le jésuite se souvient de la dernière rencontre avec le Père Jacques, il y a environ deux mois. «  était extrêmement préoccupé par la présence de fondamentalistes à Qaryatayn. » Bien qu’averti du danger imminent, le père Jacques ne voulait pas abandonner ses fidèles et les nombreux réfugiés qu’il a soutenus et accueillis dans son monastère. Dans le passé, il avait été jusqu’à négocier avec le Front Al Nusra la libération d’otages. « Quand je lui ai demandé s’il avait l’intention de quitter la région, poursuit le père Sammour,  il a répondu qu’il le ferait seulement s’il en était forcé, sinon il voulait rester avec son peuple.»

Ces derniers jours, le père Jacques avait accueilli de nombreuses personnes évacuées de Palmyre, ville entre les mains de l’État islamique depuis hier. « Il a toujours aidé les Syriens et a accueilli de nombreux musulmans dans le monastère de Saint-Élie.» Le kidnapping du moine jésuite est pour beaucoup le signe de la volonté de l’EI de prendre la ville de Homs. Une crainte qu’avait d’ailleurs exprimée le père Jacques lui-même, quelques jours avant son enlèvement.

Outre l’enlèvement du père Dall’Oglio et des deux évêques d’Alep Yohanna Ibrahim et Bulos Yazigi, le père Sammour se souvient de l’assassinat du père François Mourad, assassiné en Ghassanieh le 23 juin 2013 et celui du père Frans Van Der Lugt, tué par balles à Homs le 7 avril l’année dernière (photo ci-contre). «Nous sommes conscients des risques que nous courons comme prêtres, mais nous ne pouvons faire autrement qu’aider et  être proches des Syriens, chrétiens et musulmans. Très souvent, nous sommes leur seul point de référence »

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