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Syrie – Marmarita

Des jeunes coordonnent de l’aide pour 2000 familles

Certains d’entre eux sont également des déplacés, mais ils n’hésitent pas à aider tout le monde : « Jésus est notre motivation ».

AED (Josué Villalón, Marmarita) – Onze jeunes forment l’équipe de volontaires du centre Saint- Pierre, de l’église gréco-catholique de Marmarita, au cœur de la vallée des chrétiens, une région de Syrie proche de la frontière libanaise. Dans cette région, il y a de nombreuses personnes déplacées par la guerre, venant de tout le pays : Damas, Homs, Alep, etc. Chaque mois, cette équipe de bénévoles coordonne l’aide offerte à 2000 familles par l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED). Ils sont les messagers, mais ils sont aussi le message.

« Notre motivation, c’est Jésus. Pouvoir aider ces gens qui en ont besoin est quelque chose qui touche nos cœurs. Personnellement, c’est la raison pour laquelle je continue de vivre en Syrie », raconte Elías Jahloum, coordinateur du centre, que tout le monde ici appelle « Ili ». Tandis qu’il discute avec une délégation de l’AED, son téléphone cellulaire n’arrête pas de sonner. « Les familles ont vraiment confiance en moi, beaucoup me considèrent comme un fils. J’accompagne les malades à l’hôpital, puis je vais leur rendre visite à la maison ».

 

Syrie, mars 2018: de gauche à droite, Raja Mallouhi et Issam Ahwesh, volontaires à Marmarita, dans la Vallée des chrétiens. 

 

Le soutien que l’œuvre pontificale AED fournit à travers l’Église locale se concentre principalement sur deux types d’aide. D’une part, il s’agit de payer les loyers : « Cela fait longtemps que les familles déplacées n’ont plus l’épargne nécessaire pour payer un logement, et les rares personnes qui ont obtenu un emploi gagnent à peine ce qu’il faut pour vivre », explique Majd Jallhoum, sœur d’Ili et secrétaire de centre. « L’autre grand projet concerne les soins de santé et le paiement des médicaments. Il n’y a aucun hôpital public dans toute la vallée des chrétiens, les traitements coûtent très cher, ainsi que les médicaments ».

Tous les six mois, l’AED finance ces deux projets grâce à un montant de 422,800 dollars. « Pour les loyers, nous soutenons 340 familles qui reçoivent mensuellement par ménage environ 25,000 livres syriennes (75,50 dollars). Nous tenons compte du fait qu’actuellement, un salaire moyen en Syrie n’est que de 90,60 dollars ». Dans la région de la vallée des chrétiens, le loyer moyen est de 226,50 dollars par mois, et en été ce prix augmente parce qu’il s’agit d’une zone « touristique » en raison de son climat plus frais.

Aucun des jeunes volontaires ne reçoit de l’argent en échange de son travail. Cependant, certains d’entre eux sont des déplacés et reçoivent tout de même de l’aide en fonction de leurs besoins : « Moi, par exemple, je reçois de l’aide pour mon transport aller-retour de chez moi à l’Université, située à Homs, à une heure de route. Je n’ai jamais arrêté mes études malgré la guerre, grâce au soutien de l’AED », explique Issam Ahwesh, qui est âgé de 22 ans et étudie l’ingénierie informatique. Cette année, il obtiendra son diplôme : « Ma mère serait très heureuse de me voir apporter mon aide ici et elle se réjouirait aussi que je sois enfin diplômé. Elle est morte quelques années avant la guerre ».

 

Une équipe œcuménique

Les 11 jeunes du centre de Marmarita appartiennent à différentes Églises, de différents rites. « Certains d’entre nous sont gréco-catholiques, d’autres syro-catholiques et d’autres enfin sont orthodoxes. Nous ne faisons pas de distinctions, nous aidons tout le monde dans la mesure de ce que nous pouvons faire, et nous sommes au service du Père Walid ». Walid Iskandafy est un prêtre gréco-catholique qui est actuellement curé de l’église Saint-Pierre.

Après leurs journées de travail, les garçons du groupe vont jouer au football ensemble. Raja Mallouhi, qui étudie l’économie à Homs, dit qu’autrefois il avait l’habitude de jouer dans une équipe de sa ville natale : « Ici, mon équipe préférée est Al-Karama, c’était la meilleure équipe de football du pays avant la guerre. En dehors de la Syrie, je suis fan de l’Atletico Madrid ».

« Ce sont les joueurs du Real Madrid et je suis l’entraîneur, Zinedine Zidane », lance le père Iskandafy, tandis que les onze éclatent de rire. Ils forment un groupe très uni. Le prêtre reconnaît qu’à chaque fois qu’il y a une nouvelle demande d’aide ou un problème avec l’une des familles, ils en discutent ensemble et essaient de résoudre le problème ensemble.

 

Inspirés par le Pape

Lama Jomia vient d’obtenir son diplôme en tourisme et s’occupe des visites aux familles déplacées : « Il y a quelques années, le Pape François a dit aux jeunes de ne pas avoir peur d’aller à contre-courant et d’être fidèles à Jésus. Ces paroles nous encouragent à poursuivre notre travail, alors que dans notre pays il n’y a que la guerre et la haine ».

Pour eux, la foi est la principale raison de rester à Marmarita et d’aider ceux qui en ont le plus besoin. Un autre jeune du groupe, Rafic Assi, conclut : « Aux jeunes d’Europe et du monde entier, je dirais que le plus important, ce ne sont pas les choses matérielles. Qu’ils profitent bien de leur vie et rendent grâce de vivre dans un lieu en paix. Nous ne pensions pas que nous allions vivre ainsi, mais nous ne perdons pas espoir ».

 

À gauche, Majd et une famille qu’elle accompagne.                                                                                               

 

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