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Syrie

Des milliers de chrétiens fuient État islamique

. L’archevêque de Homs très inquiet
. Aide à l’Église en Détresse soutient ces nouveaux réfugiés, indique Marie-Claude Lalonde du bureau canadien.

Königstein/Montréal, 06.11.2015 – Après de violentes attaques menées par la milice terroriste djihadiste de « l’État islamique », des milliers de chrétiens syriens ont pris la fuite. Cette information est parvenue à l’Aide à l’Église en détresse (AED) dans un appel au secours lancé par Mgr Selwanos Boutros Alnemeh, archevêque de Homs. L’archevêque a informé l’AED que depuis le 31 octobre, État islamique attaque des localités aux alentours de la ville chrétienne de Sadad. La petite ville de Mahin, située à 7 km de Sadad, est déjà tombée aux mains des djihadistes. Pris de peur devant la progression constante des combattants de État islamique et les lourds bombardements, les habitants de Sadad et d’Hafar se sont enfuis.

 

Project trip of Fr. Dr. Andrzej HalembaSelon l’archevêque, presque 15 000 personnes ont abandonné leurs maisons et cherché refuge à Homs, Zaidal et Fairouzah. Malgré la présence de l’armée du gouvernement syrien, Sadad reste toujours menacée, affirme l’archevêque. « Nous avons peur que État islamique — que Dieu nous en préserve — réussisse à conquérir la ville. Nous perdrions alors le centre du christianisme dans notre évêché », a-t-il déclaré.

 

En octobre 2013, Sadad avait déjà été brièvement prise par une alliance de rebelles, avec la participation de l’État islamique. Les djihadistes y avaient alors assassiné 45 chrétiens pour les jeter ensuite dans des fosses communes. Ils y ont également saccagé et pillé les églises et les maisons.

 

 Camps surpeuplés

 

Le Père Luka Awad, assistant de l’archevêque et chargé de l’aide d’urgence humanitaire, a déclaré jeudi lors d’une visite au siège international de l’AED, que les gens qui s’étaient enfuis de Sadad et des environs n’avaient presque plus rien d’autre que leurs vêtements. « Nous faisons tout notre possible pour les aider dans cette détresse. Mais ils sont très nombreux. Nous sommes encore en train de les enregistrer. Pour l’instant, notre souci majeur est de trouver suffisamment de logements pour tous ces gens », ajoute le prêtre syriaque orthodoxe. L’Église dépend de la générosité des gens.

 

À sa demande, des chrétiens syriens vivant aux États-Unis ont déjà accepté d’ouvrir leurs maisons de vacances aux réfugiés. Le Père Awad a souligné que son diocèse n’était en mesure de fournir aux déplacés que cette aide humanitaire, de la nourriture et des vêtements que grâce aux œuvres caritatives telles que l’AED.

 

Directrice du bureau canadien de l’organisme international, Marie-Claude Lalonde, s’inquiète. « Les milliers de chrétiens qui fuient encore L’ÉI vont venir grossir les rangs de ceux qui sont déjà dans les camps surpeuplés, et ce partout au Moyen-Orient ». Elle rappelle que le Programme alimentaire mondiale ne suffit déjà pas à la tâche. « Donc l’action des organismes comme l’AED est d’autant plus importante pour nourrir, vêtir, soigner et héberger tous ces réfugiés. »

 

Depuis la fin du mois de septembre, l’AED Canada recueille les dons pour les réfugiés syriens qui vivent dans les camps. La campagne prendra fin le 31 décembre prochain. « La générosité des Canadiens est exceptionnelle », indique-t-elle, rappelant que le gouvernement canadien doublera les dons obtenus lors de cette campagne.

 

 

 

Sadad : stratégique et lieu d’héritage chrétien

Une église saccagée après le passage de l'EI à Sadad en octobre 2013
Une église saccagée après le passage de l’EI à Sadad en octobre 2013

 

Selon le père Awad, tous les civils ont quitté Sadad. L’armée du gouvernement tente de garder le contrôle de la ville. Mais ce n’est pas facile. « Les combats sont très violents. État islamique utilise des armes lourdes et combat avec acharnement » explique le Père Awad. « Pour État islamique, la ville de Sadad est surtout importante sur le plan stratégique. Elle est située à proximité de l’autoroute entre Damas et Homs. C’est cela qui intéresse l’ÉI. Ils veulent couper le trafic. En plus, en prenant Sadad, ils s’approchent ainsi encore plus de Homs. Et dans cette région, il y a aussi des exploitations pétrolières. » Le Père Awad ajoute que les djihadistes veulent également conquérir Sadad parce que c’est une ville chrétienne. « Lorsque les combattants d’État islamique ont pris la ville d’Al-Qaryatayne, ils ont menacé de tuer tous les chrétiens de Sadad. »

 

Le prêtre syriaque catholique explique que la petite ville de Sadad est un centre chrétien et revêt une importance majeure. « Les gens y parlent encore l’araméen, la langue de Jésus. En outre, nous y avons des églises importantes. C’est vraiment un centre de l’héritage chrétien. On n’imagine même pas ce qui pourrait arriver si tout cela était perdu. Nous avons vraiment peur pour notre héritage culturel. Nous supplions la communauté internationale de mettre fin à cette guerre. Mon peuple a déjà vécu un génocide il y a un siècle, en 1915. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau génocide au XXIe siècle. »

 

Depuis le déclenchement de la guerre en 2011, l’AED aide les chrétiens en détresse en Syrie. Jusqu’en septembre 2015, un montant de plus de 12 millions de dollars canadiens a été accordé pour y soutenir des projets d’aide humanitaire et pastorale. Le bureau canadien a lancé une campagne en soutien aux réfugiés syriens, fin septembre, dont le montant total sera dévoilé en janvier.

Project trip of Fr. Dr. Andrzej Halemba

Texte : Oliver Maksan, AED international. Adaptation : Mario Bard, AED Canada

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