fbpx
X
Faire un don

Sri Lanka – Les victimes des attentats de Pâques se tournent vers le pape pour les aider à dévoiler la vérité

Les bombardements du dimanche de Pâques en 2019 ont tué 269 personnes et en ont blessé au moins 500 autres. Trois ans après l’incident, une délégation de victimes et de responsables de différentes communautés religieuses a rendu visite au pape François dans le cadre d’une campagne visant à révéler les vrais responsables des attentats. Le Saint-Père a demandé aux autorités sri-lankaises d’offrir une transparence quant aux bombardements du dimanche de Pâques 2019.

Des pèlerins du Sri Lanka, dont certaines victimes des attentats de Pâques 2019, étaient à Rome pour rencontrer le pape François et ont souligné leur demande : le gouvernement sri-lankais doit clarifier les responsabilités dans l’attaque terroriste qui a tué 269 personnes et en a blessé plusieurs centaines d’autres. Au centre, à la tête de la délégation, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo.

Le cardinal Malcolm Ranjith a accompagné un groupe de pèlerins jusqu’à Rome – plusieurs d’entre eux victimes des attentats de ce dimanche en 2019. Le voyage a été effectué pour commémorer le troisième anniversaire de la funeste attaque terroriste.

Lors d’une audience avec le pape François, l’archevêque de Colombo a évoqué la douleur de la communauté face au manque de réponses et de clarté quant aux personnes responsables des attaques terroristes qui ont fait 269 morts et des centaines de blessés.

« Trois ans se sont écoulés depuis ces attentats, mais nous n’avons toujours pas découvert les véritables auteurs. Dans un premier temps, la responsabilité a été rejetée sur la communauté islamique, mais aujourd’hui, des éléments indiquent un complot politique, avec des connexions entre certains groupes politiques et les extrémistes qui ont fait sauter les bombes ».

« Certains milieux ont essayé de créer un conflit interreligieux entre nous, mais nous avons veillé à ce que cela ne se produise pas », a déclaré le cardinal au pape François, en soulignant que la délégation sri-lankaise était composée de représentants non seulement de la communauté catholique, mais aussi de protestants, de musulmans, de bouddhistes et d’hindous.

En réponse, le pape a lancé un appel pressant au gouvernement sri-lankais : « S’il vous plaît, pour le bien de la justice et pour le bien de votre peuple, nous demandons à savoir une fois pour toutes qui est responsable ».

Avril 2022 : le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, remet un cadeau au pape François. “Le gouvernement a tout caché, rejetant toute la responsabilité sur un groupe de musulmans radicaux. Ils veulent créer des tensions entre chrétiens, musulmans et bouddhistes. Nous ne voulons pas de cela. Nous voulons vivre en paix avec tout le monde. Nous voulons savoir qui est derrière ce complot”.

Le cardinal Ranjith a demandé au pape François de prier pour sa communauté et pour le Sri Lanka « afin que le Seigneur bénisse notre chère nation et l’aide à abandonner le chemin qu’elle emprunte actuellement – un chemin d’extrême pauvreté, de corruption, de division entre les différents groupes religieux et ethniques, d’oppression, d’insécurité, d’inégalité dans l’application de la loi et de manque de respect pour les droits de l’homme et pour la dignité humaine. Que le Seigneur nous donne le courage de tendre la main à tous ceux qui appartiennent à d’autres ethnies et religions, afin de nous engager sur un nouveau chemin ».

Après la rencontre, le cardinal s’est entretenu avec des journalistes lors d’une réunion informelle organisée par l’œuvre de charité Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN) : « Le gouvernement a tout caché, rejetant toute la responsabilité sur un groupe de musulmans radicaux. Ils veulent créer des tensions entre chrétiens, musulmans et bouddhistes. Nous ne voulons pas de cela. Nous voulons vivre en paix avec tout le monde. Nous voulons savoir qui est à l’origine de ce complot ».

Le cardinal estime qu’il ne s’agit pas d’un problème de persécution religieuse, mais plutôt d’un manque de respect général pour la dignité humaine. « L’Église n’est pas menacée au Sri Lanka, mais les droits de l’homme le sont. Au Sri Lanka, nous assistons à une lutte entre la population sri-lankaise et le gouvernement. En raison d’une mauvaise gestion de l’économie par le gouvernement, de nombreuses familles manquent de nourriture.  Il y a une extrême pauvreté, et nous voulons aussi parler de cette situation afin que la communauté internationale puisse nous aider et ne pas soutenir ce gouvernement dictatorial qui ne respecte pas les droits de l’homme », dit-il.

De la croyance en l’absence de Dieu à la confiance en sa présence

« J’étais la fille qui a dit que Dieu n’existait pas ». 

Parmi les douzaines de personnes qui ont fait le voyage du Sri Lanka à Rome se trouvaient plusieurs survivants des attentats, dont beaucoup ont été gravement blessés.

Gloriya George était à l’église ce jour-là avec son père et sa sœur. Elle porte encore les cicatrices de l’explosion. Le pire cependant n’est pas sa perte d’audition, mais la mort de son « Dadda ».

« Chaque jour, il me manque. Mon papa est mort dans mes bras. Je l’ai vu rendre son dernier soupir dans mes bras. Cela fait trois ans que nous nous battons dans notre pays sans aucune justice. Toutes les nuits, je me demande qui a tué mon père. C’était un meurtre de sang-froid planifié. Nous n’avons pas obtenu justice de notre pays. C’est pourquoi nous sommes ici pour demander justice au niveau international, non seulement pour moi, mais pour tous les innocents qui ont été victimes ce jour-là. Ainsi, je pourrai enfin dormir en paix », dit-elle.

À la suite de l’attaque de 2019, Gloriya a été interviewée par Sky News le jour des funérailles de son père et a exprimé sa colère, y compris envers Dieu : « Dieu n’existe pas. Personne n’est venu nous aider », s’est-elle exclamée.

Trois ans plus tard, cependant, son discours a changé. « Je suis la fille qui a dit ‘Dieu n’existe pas’ aux médias internationaux. Mais ici, je suis devant la basilique et je dis qu’il y a un Dieu, un Dieu vivant, et que c’est grâce à Lui que nous sommes ici. J’ai senti qu’il y avait un Dieu. Il a commencé à me montrer qu’Il était là. Mon père est mort par la faute de l’homme. Dieu voulait l’empêcher. Les gens de notre pays ont été négligents ; ils ont voulu que cela arrive – pas Dieu. »

À la suite des attaques, l’AED est venu à l’aide à l’Église sri-lankaise et à ses membres traumatisés en finançant un soutien psychosocial pour les familles touchées et endeuillées et en contribuant à former des prêtres, des sœurs et des responsables laïcs afin qu’ils puissent faire face à des situations tragiques et fournir l’aide la plus urgente et la plus appropriée lors de telles catastrophes. Depuis lors, l’AED a continué à soutenir l’Église au Sri Lanka, notamment pendant la pandémie de la COVID-19.

Sri Lanka : un monument à la mémoire des victimes des attentats de Pâques 2019.

Articles récents