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South Sudan Situation - UNHCR Regional Update 68Soudan du Sud

La souffrance des gens est indescriptible

 Maria Lozano, AED International

Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

 Lors d’un voyage d’Aide à l’Église en Détresse (AED) au Soudan du Sud, des sources locales ont informé la fondation pontificale de la terrible situation des réfugiés et des déplacés touchés par le conflit dans l’État du Nil Supérieur et dans l’État d’Unité en République du Soudan du Sud.

 Aujourd’hui, le 9 juillet, marque le quatrième anniversaire de l’indépendance du plus jeune pays du monde écrasé par des luttes internes et tribales à la suite du déclenchement, en décembre 2013, d’une « crise politique » : c’est ainsi que les Soudanais du Sud décrivent les violents combats sévissant dans le nord du pays. 850 000 Soudanais du Sud

Le grave conflit armé entre les forces fidèles au gouvernement du président Salva Kiir et les rebelles alliés à l’ancien vice-président Riek Machar a forcé plus de deux millions de personnes à abandonner leurs maisons, selon le haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés HCR (UNHCR). Suivant les données publiées le 3 juillet par cette même organisation, plus de 850 000 réfugiés du Soudan du Sud se retrouvent en Éthiopie, en Ouganda, au Soudan et au Kenya, alors qu’un million et demi de personnes sont des déplacés internes au Soudan du Sud[1].

Beneficiaries from Khorfilus, Jonglei

« La souffrance des gens est inconcevable. Ils sont abandonnés à leur sort », rapportent des sources locales. « Nous avons vécu des situations de guerre dans le passé, mais la brutalité et la violence des combats sont cette fois indescriptibles. En particulier les attaques contre les femmes et les enfants, ainsi que celles perpétrées contre des personnes totalement extérieures au conflit entre les deux côtés. Il y a quelques semaines, les femmes des camps de réfugiés du Nil Supérieur sont sorties du camp pour aller cueillir des herbes et des fruits pour se nourrir. La famine est immense, mais il y a eu des cas de viols et de blessures physiques et certaines ne sont pas revenues au camp. C’est très difficile, on est comme enfermé au camp, c’est comme être en prison dans son propre pays. En même temps, c’est le seul endroit où l’on est en sécurité », a déclaré à l’AED l’un des quelque 20 000 civils enregistrés qui cherchent refuge dans les bases de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) également appelées « Sites de Protection Civils » (PoC) à Malakal.  « Cependant, même à l’intérieur du camp il faut être prudent : il y a eu des coups de feu très ciblés tirés à partir des arbres vers l’intérieur du camp, surtout dans la zone du camp où sont concentrés les réfugiés du peuple des Shilluk », témoignent les réfugiés. Cette information à aussi été vérifiée par MINUSS[2]. Le peuple des Shilluks, la troisième ethnie en nombre du pays vivant sur les berges du Nil près de la ville de Malakal, a été l’un des plus touché collatéralement par le conflit entre les Dinkas et les Nuers.

En créant la République du Soudan du Sud en 2011, on a essayé de trouver un équilibre entre les deux groupes ethniques les plus grands et les plus puissants du pays: en nommant Salva Kiir, un Dinka comme président, et Riek Machar, un Nuer comme vice-président. Ce qui avait commencé en décembre 2013 comme une crise du pouvoir politique entre les deux, a rapidement dérivé en un conflit plus profond d’antagonisme démesuré entre les deux ethnies. Différentes sources d’information locales, confirmées par des organisations humanitaires, accusent les deux parties au conflit de « génocide » et de tribalisme déchaîné. Il y a eu de nombreux cas d’agressions, de viols, de pillages, de vandalisme et de meurtres envers des civils étrangers aux rebelles et à l’armée pour cause d’appartenance à un groupe ethnique particulier. Il y a aussi un manque sournois mais grave de coopération et des obstacles venant des deux parties pour permettre aux réfugiés et aux personnes déplacées d’avoir accès à l’aide et à la nourriture dans les camps du HCR.

Demandes de base des réfugiés

20 tonnen Hirse (220 sacks), Malut nach Tonga to help 8 villages

Cette situation dramatique a pour conséquence un nombre chaque jour croissant de Soudanais du Sud cherchant refuge dans le pays voisin du Soudan. Selon des données de HCR, depuis mai 2015 près de 30 000 Soudanais du Sud ont traversé la frontière vers les camps qui se sont ouverts dans le pays voisin du Soudan. Au total, on compte plus de 90 000 réfugiés surtout dans les camps de l’État du Nil Blanc, mais aussi dans l’État de Kordofan, du Nil Bleu et à Khartoum. Bien que leur situation soit meilleure que celle de ceux qui ont cherché refuge dans leur propre pays, dont les conditions ne sont pas optimales.L’une des demandes de base des réfugiés arrivés dans les camps soudanais est de lever l’interdiction aux agences de l’UNO d’accéder aux camps, dans lesquels seules les ONG peuvent entrer à l’heure actuelle. Le HCR fournit des services de base distribués uniquement par l’intermédiaire de ses partenaires soudanais, car il ne leur est pas permis d’entrer directement dans les camps. De même, la situation de sécurité dans les camps laisse fortement à désirer, le contrôle des entrées et sorties des camps étant très insuffisant pour assurer une meilleure sécurité. Des sources locales ont rapporté le harcèlement, le vol et l’abus perpétrés contre des femmes réfugiées par des personnes étrangères au camp. Dans ces cas, les réfugiés n’ont aucun recours.

Un autre problème grave est le manque de reconnaissance officielle au Soudan du statut de réfugié du Soudan du Sud par les pays limitrophes. Le gouvernement du Soudan, qui a déclaré son indépendance il y a quatre ans, les considère comme des « frères et sœurs» qui retournent dans leur patrie. Il n’existe aucun processus d’inscription ou de formulaire pour acquérir le statut de réfugié. Et malgré l’assurance du gouvernement de considérer les citoyens du Soudan du Sud comme les citoyens du Soudan, « le traitement des citoyens du nouveau pays indépendant n’est pas égal, même si ceux-ci possèdent une carte d’identité. Nombreuses sont les femmes qui, à Khartoum par exemple, travaillent comme domestique pour survivre. Nombreuses sont les plaintes pour mauvais traitements et abus.

Women, children, who fled Malakal and are hiding in the bush sin

Ceci est également le cas des hommes, qui cherchent des emplois à bas salaires et avec de longues journées de travail, puisqu’ils n’ont pas de documents légaux », déclarent à l’AED des sources proches des personnes affectées. Le statut de réfugié tel que le prévoient les Conventions relatives au statut des réfugiés permet aux réfugiés d’accéder à un permis de travail et à la protection juridique.

[1] http://data.unhcr.org/SouthSudan/download.php?id=2122

[2] http://www.unmiss.unmissions.org/Portals/unmiss/%20Press%20Releases/2015/July%202015/Press%20release%20on%20shooting%20of%20civilians%20at%20protection%20site%20in%20Malakal%20–%201%20July%202015.pdf

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