fbpx
X
Faire un don
Photo: Dans la cathédrale en ruine avec la Vierge Marie,
comme si elle demandait que tout aille mieux – Alep Syrie, Janvier 2017


Les chrétiens reviennent à Alep

 

Quinze familles de la communauté catholique latine d’Alep qui avaient émigré sont revenues dans la ville syrienne, et beaucoup d’autres tentent de revenir. C’est ce qu’affirme le père franciscain Ibrahim Alsabagh de la Custodie de Terre sainte.

 

La vue à l’entré d’Alep

 

Alors que la ville meurtrie et détruite d’Alep recevait la visite d’une délégation d’Aide l’Église en Détresse (AED), le Père Ibrahim Alsabagh, prêtre de la cathédrale de Saint François d’Asisse – le centre de la communauté catholique latine de la ville – assure : « Nous sommes très heureux de savoir que depuis deux mois, 15 familles de la communauté chrétienne de rite latin sont revenues à Alep. L’une d’elles est revenue de France, une autre d’Allemagne, trois du Venezuela et quelques autres d’Arménie ».

 

En face de to St Wartan Centre des jésuites, cartier de Midan , Alep

Le nombre total de familles chrétiennes d’autres confessions et rites qui sont retournées à Alep n’est pas encore confirmé, mais selon nos informations des centaines devraient revenir dans les prochains mois. « Différentes familles qui sont revenues d’Arménie ou du Venezuela nous disent que toutes les familles qui sont là-bas veulent rentrer. Par exemple, plus de 400 familles qui sont allées en Arménie sont prêtes à revenir. Nous remarquons que lorsque l’Église aide les familles, elles se sentent en sécurité et rentrent chez elles », reconnaît le Père Ibrahim.

D’autres chrétiens aleppins qui sont rentrés chez eux arrivent de l’intérieur du pays, de villes comme Latakieh, Tartus ou Marmarita. « Les prix dans ces endroits sont en train d’augmenter de manière substantielle. C’est pourquoi à mesure que la situation se stabilise à Alep, les déplacés internes préfèrent aussi retourner chez eux », estime le prêtre.

Photos prise en janvier 2017. La cathédrale maronite.

Sécurité revenue, mais tout reste à faire

Depuis décembre 2016, la situation de la deuxième plus grande ville de Syrie s’est améliorée ces derniers mois, depuis qu’elle est repassée sous le contrôle des forces gouvernementales de Bachar Al-Assad. « Bien que certains quartiers périphériques soient encore l’objet de batailles, les attentats ont cessé et la sécurité est revenue dans les rues. Cependant, les conséquences de la guerre sont encore présentes, la population a été considérablement appauvrie, les emplois sont rares et les salaires sont minimes en raison de la dévaluation de la monnaie. Il n’y a que deux heures de lumière électrique par jour, et les prix des aliments ont flambé. Avant la guerre, un dollar valait 50 livres syriennes. Aujourd’hui, il faut environ 550 livres syriennes pour un dollar », explique le franciscain.

« Le Christ nous pousse à aider tout le monde, indépendamment de sa foi »

« La situation s’est améliorée à Alep. La sécurité est revenue dans les rues et dans les églises. Mais en même temps, nous commençons à souffrir des conséquences de la guerre : la pauvreté, l’insécurité dans le domaine alimentaire et en ce qui concerne d’autres besoins des familles, les nombreux signes de traumatisme à cause de la guerre » reconnaît le prêtre franciscain. « D’une part, les principaux besoins de la population sont la fourniture d’aliments, d’électricité et une aide médicale. En même temps, nous aidons à la reconstruction de la ville, ce qui signifie non seulement reconstruire les maisons, mais aussi soutenir l’éducation et la formation des jeunes pour qu’il y ait un avenir ».

Père. Ibrahim Alsabagh, Franciscain 

Le Père Ibrahim apprécie l’aide offerte par Aide à l’Église en Détresse pour la reconstruction de 270 maisons, 170 bourses d’enseignement aux niveaux primaire, secondaire et universitaire, et la formation donnée à 2 000 jeunes et adultes pour qu’ils trouvent un emploi. « Les familles qui sont revenues disent qu’elles sont heureuses que l’Église aide tant de gens ».

L’aide offerte par la Custodie de Terre sainte s’étend non seulement à la communauté de rite latin, mais aussi aux familles catholiques d’autres rites, aux familles chrétiennes orthodoxes et même aux musulmans. « Le Christ nous pousse à aider tout le monde, indépendamment de sa foi », affirme le Père Ibrahim.

« Je suis très reconnaissant », indique le prêtre concernant l’aide qui vient de l’étranger. « Au nom de tous les chrétiens d’Alep et de toutes les familles de rite latin, je vous remercie sincèrement. Nous prions pour vous tous, afin que vous ayez toujours la paix dans vos cœurs et dans vos pays, et que vous n’ayez jamais à subir la mauvaise expérience que nous avons eue ici en Syrie ».

 


 

Articles récents