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Réfugiés syriens – « Les perspectives sont sombres pour le Liban »

Oliver Maksan. AED International

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©AED/ACN

La menace d’une attaque américaine contre la Syrie a temporairement engendré une augmentation du nombre de réfugiés au Liban, comme le disait Mgr Simon Faddoul, président de Caritas au Liban, dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique Aide à l’Église en Détresse (AED). Vendredi dernier, il a déclaré : « Maintenant que la frappe militaire n’a finalement pas eu lieu, le nombre de réfugiés a régressé à son niveau de départ. »

Toujours selon Mgr Faddoul, le gouvernement libanais  estimerait qu’environ 1,4 million de Syriens séjourneraient actuellement au Liban, dont 1,1 million de réfugiés. Les autres auraient déjà vécu au Liban avant le début des hostilités. « Toutefois, en cas de bataille décisive pour Damas, la situation des réfugiés tournera au désastre », craint Mgr Faddoul.

Mais déjà à l’heure actuelle, le nombre élevé de réfugiés déstabilisent le Liban. « Le dernier rapport de la Banque mondiale a montré l’influence dévastatrice de la guerre syrienne sur la société, la sécurité et l’économie libanaises », a souligné le chef de Caritas. Selon des estimations récentes de la Banque mondiale, les pertes que l’économie libanaise aurait subies à cause du conflit s’élèveront jusqu’à la fin de l’année prochaine à 7,5 milliards de dollars US. Mgr Faddoul déplore les problèmes sociaux et de sécurité qui viennent s’y ajouter : « À ce niveau-là, les perspectives d’avenir sont sombres ».

Ce prêtre de l’Église maronite a toutefois souligné que le nombre de réfugiés ayant refusé de s’enregistrer auprès des Nations Unies aurait considérablement reculé. « Plusieurs d’entre eux ont pris conscience que l’enregistrement constituait la seule voie pour obtenir des soins médicaux. Si le taux de réfugiés non enregistrés avoisinait auparavant les 40 %, ils ne sont entre-temps plus que 20 % », assure Mgr Faddoul.

Des enfants mendient, des femmes se prostituent

Jusqu’à présent, avec le soutien de l’AED, son organisation aurait porté secours à environ 125 000 réfugiés dans tout le pays dont environ 10 000 sont chrétiens, tous les autres étant musulmans. Mgr Faddoul exprime son inquiétude quant à l’approche de l’hiver. « Nous avons besoin de tout : couvertures, mazout, vêtements, denrées alimentaires, produits d’hygiène, fonds pour payer les logements etc. Nos moyens ne suffisent jamais. Mais nous essayons de faire tout notre possible avec ce que nous recevons. »

Sœur Georgette Tannoury, de la congrégation du Bon Pasteur, a également exprimé face à l’AED son inquiétude concernant les conséquences déstabilisantes du conflit en Syrie. Dans la capitale libanaise de Beyrouth, elle dirige un service de consultations externes pour les réfugiés, qui s’occupe parfois de 150 Syriens par jour, pour la plupart des femmes et des enfants. L’AED la soutient dans ses activités humanitaires.

« Le nombre de Syriens est très élevé », affirme Sœur Georgette. « Les rues sont pleines d’enfants qui mendient entre les voitures. Il n’y a encore jamais eu autant de vols et de crimes dans ce pays que cette année. Il s’ensuit une augmentation de la frustration au Liban face à tous ces réfugiés. Une dame m’a dit qu’elle avait peur d’envoyer sa fille seule dans la rue pour faire des courses. »

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©AED/ACN

Étant donné qu’au Liban, autrement qu’en Jordanie, il n’existe pas de camps d’hébergement pour les réfugiés, ceux-ci y sont dispersés sur tout le pays. « Ils habitent souvent dans des garages. Des familles qui, en Syrie, avaient vécu dans des maisons spacieuses, se retrouvent soudain dans une seule pièce avec quinze autres personnes. Leurs enfants refusent cette situation et préfèrent vivre dans la rue. »

Sœur Georgette dit que la détresse pousserait souvent les gens à des actes de désespoir. « Une femme m’a raconté que son mari l’obligeait à se prostituer pour nourrir la famille. Un père de famille a vendu sa fille de 13 ans à un homme de 60 ans pour avoir de l’argent. Toute la journée, j’entends ce genre d’histoires. Puisse Dieu prendre pitié de Son peuple. Je remercie l’AED pour son soutien. Nous continuerons à aider les plus pauvres des pauvres. »

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