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RDC : après une série d’attaques, l’évêque dénonce la persécution contre l’Église

République démocratique du congo (RDC)

À l’occasion du 25e anniversaire de l’assassinat de Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, archevêque du diocèse de Bukavu dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’Église locale a dénoncé les persécutions infligées au diocèse, ces derniers temps, par des groupes armés.

Dans un message envoyé à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), l’actuel archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, a affirmé que les attaques contre l’Église locale s’étaient multipliées, rendant son travail impossible. Il y a eu « presqu’une dizaine d’attaques d’hommes armés contre nos paroisses, presbytères et couvents en une seule année », explique l’archevêque.

Mgr François-Xavier Maroy Rusengo lors de la procession dans les rues de Bukavu, le 29 octobre, marquant l’anniversaire de l’assassinat de l’archevêque Christophe Munzihirwa de Bukavu en 1996.

Selon les déclarations de Mgr Rusengo, sept paroisses, une école, un centre de santé et un couvent ont été attaqués, entre mars et octobre 2021, dans les villes de Karhale, Ciherano, Burhiba, Cahi, Nyamugo, Kadutu, Kanyamulande, Mugogo et Cirirri, cette dernière attaque datant du 6 octobre.

« Les conséquences de toutes ces attaques sont énormes, sans parler du traumatisme et des blessures physiques et psychologiques, causées, heureusement, sans perte en vies humaines » a indiqué l’archevêque.

Mgr Francois-Xavier Maroy Rusengo (Archevêque de Bukavu) – Procession à la mémoire des trois archevêques tués de Bukavu, le 29 octobre 2019.

Une nouvelle composante : l’islamisme radical

Cela fait des années que les provinces orientales du Congo sont terrorisées par des milices. Les conflits ethniques, les déplacements de population et l’accès aux matières premières jouent à cet égard un rôle important. Ces dernières années, une composante islamique radicale s’y est également ajoutée.

Le 24 mars 2021 à 8h45, il y a eu une attaque des présumés rebelles ADF/NALU sur la route de Beni-Kasindi, à presque 20 km de Beni. Ils ont incendié deux véhicules, une voiture qui avait à son bord cinq personnes et une autre en transportant deux personnes et de la nourriture. Toutes les personnes sont mortes.

Malgré la complexité du conflit et ses multiples causes, « presque toutes ces attaques se font à proximité des postes des forces de l’ordre », a dénoncé Mgr Maroy Rusengo. Selon le prélat, si la terrible situation actuelle qu’ils subissent est due au manque de moyens, au chômage et à la misère de la population, « il y a lieu de réfléchir aussi sur les conditions de vie des militaires et policiers, sans oublier l’état de porosité de nos frontières avec les pays voisins ainsi que l’absence d’autorité de l’État sur l’ensemble de notre territoire ».

République démocratique du Congo, archidiocèse de Bukavu : l’heure mondiale d’adoration eucharistique a été célébrée à la paroisse Saint-François de Kadutu, le deux juin 2013.

Face à la grande absence de l’État dans la région de Bukavu, l’Église catholique est l’une des rares à dénoncer les injustices et les violences, d’où la question du prélat sur les raisons pour lesquelles les attaques « ciblent particulièrement les structures de l’Église ». « Est-ce pour chercher à la museler puisqu’elle est encore parmi les rares qui élèvent la voix pour plaider la cause de cette population en détresse ? N’oublions pas non plus que, qui dit Église dit Dieu, lequel est mal aimé dans les domaines politiques et économiques séculiers ! Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » a dénoncé Mgr Maroy Rusengo.

Mgr François-Xavier Maroy Rusengo (archevêque de Bukavu) lors de la messe du 29 octobre marquant l’anniversaire de l’assassinat de Mgr Christophe Munzihirwa, archevêque de Bukavu, en 1996.

Face à la violence subie par son diocèse, l’archevêque a appelé les fidèles à organiser la surveillance des églises et des institutions catholiques pour les protéger contre de futures attaques. Enfin, il a demandé de « persévérer dans la prière » pour réconforter ceux qui souffrent, demander la conversion de ceux qui font souffrir, et inciter les autorités à « assumer leurs responsabilités en faveur de tous.

L’Église catholique aide la population de la RDC et représente la seule opposition organisée qui lutte contre l’impact de l’exploitation des ressources de la terre sur la population. L’Église est souvent persécutée pour cette raison.

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