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23 Mar 2020, by Mario Bard in ACN International, Voyagez avec AED, Vues D'ailleurs

Pandémie du coronavirus-19
lettre du président international de l’AED

Königstein, Allemagne, siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)
Le 18 mars 2020

Chers amis,

« Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. »

Alors que, le Mercredi des Cendres, nous nous préparions tous pour le Carême de cette année, aucun d’entre nous ne pensait que cette période de pénitence nous défierait de cette manière. En un rien de temps, nous avons découvert que notre sécurité terrestre et notre liberté étaient ébranlées par une pandémie.

Jusqu’à présent, aucun d’entre nous n’avait vécu une situation aussi extraordinaire. Nous considérons maintenant comme bonnes et raisonnables des mesures administratives qui, pour nous, étaient impensables il y a encore quelques semaines. Mais comment notre foi et notre sentiment de sécurité en Dieu résistent-ils à ces chocs inattendus?

Il est compréhensible que nous nous préoccupions d’abord des malades et des victimes de l’épidémie que nous connaissons. Que nous pensions aux personnes âgées auxquelles nous ne sommes plus censés rendre visite ; ou aux petits-enfants que les plus âgés d’entre nous n’ont plus le droit d’accueillir. Pour beaucoup de gens, et certainement certains d’entre vous, des préoccupations économiques s’ajoutent désormais aussi à cela.

Nous notons également qu’avoir le droit d’assister à la messe ou de recevoir la Communion ne va plus de soi. C’est ce qui arrive à beaucoup de nos frères et sœurs dans certaines zones de mission ou dans les dictatures. Ils luttent pour avoir droit aux messes et aux sacrements. Et nous comprenons maintenant beaucoup plus clairement ce que signifie former une église domestique avec nos enfants et prier ensemble. C’est ainsi que les gens prient là où il n’y a pas de lieux de culte. Nous avons toujours la technologie qui nous permet de participer à des offices religieux retransmis en direct par Internet ou par d’autres moyens. Pour nous, il est donc plus facile d’être en contact non seulement avec Dieu, mais aussi avec nos amis et avec la communauté mondiale des fidèles. Beaucoup de nos frères et sœurs persécutés et souffrants sont privés de ces moyens techniques.

Pendant ce Carême, nous suivons Jésus-Christ au désert de manière plus directe. Dans nos peurs, nous apprenons plus clairement ce que signifie se sentir parfois aussi abandonnés par Dieu. Mais nous pouvons toujours nous soutenir les uns les autres dans la prière. Nous pouvons nous reposer sur la certitude que le pont d’amour et de foi entre les bienfaiteurs, les collaborateurs de l’AED et nos partenaires de projet traverse le monde entier, et que notre prière commune aidera à surmonter cette crise mondiale. Ces derniers jours, nous avons justement reçu de très nombreux messages du Sénégal, du Burkina Faso, du Brésil, d’Haïti ou des Philippines, dont les auteurs nous assuraient de leurs prières pour tous les bienfaiteurs de l’AED.

Notre vie quotidienne a radicalement changé. Mais laissons-nous guider par le principe qui a fait ses preuves, selon lequel chaque crise porte en elle une chance. Cette chance consiste à utiliser le temps soudainement disponible pour grandir intérieurement, pour nous rapprocher de Dieu en prenant avec nous tous ceux qui sont particulièrement proches de nous : nos conjoints, enfants, frères et sœurs et parents. Et puis aussi nos frères et sœurs dans la foi – dans le quartier et dans le monde.

Cela a lieu dans la prière, seul ou en commun, et cela se fait en offrant les difficultés et tourments des semaines à venir pour tous ceux que nous ne pouvons pas aider directement en ce moment ou dont la situation est plus difficile que la nôtre du fait de la maladie ou de la solitude. Pensons également aux familles qui sont aujourd’hui particulièrement confrontées à l’exiguïté des logements. Et n’oublions pas nos frères et sœurs des pays où les chrétiens sont persécutés et discriminés – ils ont souvent des soucis bien plus graves que le virus. Par exemple, continuons de soutenir par des offrandes de messes tous les prêtres de nos pays partenaires qui peuvent célébrer la messe pour nous.

Ces dernières années, j’ai pu à maintes reprises vous remercier pour votre générosité et votre aide en faveur de nos frères et sœurs opprimés ! Aujourd’hui, je vous invite à développer les trois piliers de l’AED, la prière, l’information et l’action, dans une fidélité créative à notre mission, en profitant ainsi de la crise comme d’une occasion de témoigner de Jésus-Christ. 

Peut-être que cette année le Carême durera plus longtemps que ce que le calendrier prévoit, mais Pâques approche. Utilisons ensemble ce temps d’affliction pour saisir plus profondément le mystère de la Résurrection.

C’est le vœu que je formule pour nous tous

En union de prières

Thomas Heine-Geldern
Président international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED)