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26 Mar 2020, by Mario Bard in adaptation : Mario Bard, Marta Petrosillo

Pakistan
un seul espoir pour Huma Younus : la Cour suprême
Son seul espoir, comme pour Asia Bibi

Propos recueillis par Marta Petrosillo, ACN Italy
Adaptation par Mario Bard, AED Canada
Mise en ligne le 26 mars, 2020

Nouvel échec dans l’affaire «Huma Younus», cette jeune catholique de 14 ans enlevée le 10 octobre, violée, convertie de force à l’islam, et forcée d’épouser son ravisseur à Karachi, au Pakistan.

 

Me Tabassum Yousaf, avocate des parents de Huma, a indiqué à l’œuvre internationale de charité Aide à l’Église en Détresse (AED), qu’une nouvelle audience a eu lieu jeudi dernier le 19 mars à la Haute Cour du Sindh, la province dont fait partie Karachi, la capitale du pays. Une fois de plus, la jeune femme n’a pas été amenée dans la salle d’audience, comme le demandaient les juges.

 

Au lieu de cela, le résultat du rapport médical tant attendu a été présenté pour confirmer l’âge de Huma. Et, bien que les parents aient dès le début des procédures judiciaires fourni des certificats de naissance et de baptême — sur lesquels la date du 22 mai 2005 était indiquée comme date de naissance —, le kidnappeur musulman, Abdul Jabbar, a toujours soutenu que la jeune fille avait l’âge légal pour se marier, c’est-à-dire 18 ans. Après de nombreux ajournements, attribués par la police à l’impossibilité de contacter la jeune femme pour effectuer l’examen médical, le résultat officiel de l’examen de ses os prouverait que Huma a 17 ans.

 

Selon nos informations, cet âge ne correspond pas à l’âge réel de la jeune fille, mais démontre qu’elle est mineure. Ce qui prouve que la conversion et le mariage sont illégaux. Pourtant, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé contre Abdul Jabbar, et il n’a pas non plus été ordonné que Huma rentre chez elle. Les juges se sont contentés de fixer une nouvelle audience au 16 avril*. À cette date, Huma aura passé six mois entre les mains de son ravisseur, victime d’abus quotidiens.

 

L’affaire ira devant la Cour suprême, comme pour le Asia Bibi

 

« Ce que nous avons toujours cru se confirme », a déclaré à l’AED la mère de Huma, Nagheeno Younus : « Les juges prennent leur temps et attendent que Huma atteigne l’âge de 18 ans, afin de pouvoir clore l’affaire. En déclarant que ma petite fille a 17 ans, il leur suffira d’attendre quelques mois avant de l’abandonner à son sort ». On peut également douter fortement de l’intégrité de la police locale qui est chargée de superviser les résultats de l’examen médical, car les agents ont agi à plusieurs reprises dans l’intérêt du kidnappeur musulman, Abdul Jabbar. Ils ont même forcé Huma à déposer contre ses propres parents une requête dans laquelle elle prétend craindre que ses proches ne puissent la tuer.

Le siège italien de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) continue de maintenir le contact avec la famille et de la soutenir tout au long du processus judiciaire. « Malheureusement, nos craintes ont été confirmées », a déclaré Alessandro Monteduro, directeur du bureau italien de l’AED : « Au cours des deux premières étapes du procès, justice n’a pas été rendue à Huma. Mais nous n’abandonnerons pas et, avec Me Yousaf, nous porterons l’affaire devant la Cour Suprême. C’est cette Cour qui a libéré Asia Bibi, dont la remise en liberté ne semble malheureusement pas avoir apporté de changement en faveur des minorités religieuses au Pakistan ».

 

*Nous ne savons pas si l’audience est ou non reporter à cause la pandémie de COVID-19