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09 Jan 2020, by Amanda in Par Amanda Griffin

Irak

Un archevêque irakien en appelle à la retenue, à la sagesse et à la paix

Par Amanda Griffin, AED Canada
Traduction, Mario Bard, AED Canada
Publié sur le web, le 9 janvier, 2020

 

Une attaque aux missiles balistiques par l’Iran, mercredi 8 janvier au petit matin, contre des bases militaires américaines situées en Irak, laisse la population irakienne, et sa minorité chrétienne en particulier, au cœur d’un lieu où deux super puissances — l’Iran et les États-Unis — s’affrontent. Cette riposte de l’Iran, une représailles à l’attaque d’un drone américain contre un général iranien de haut rang le 31 décembre dernier, inquiète au plus haut point les fidèles Irakiens.

 

Quelques heures après la riposte iranienne, l’archevêque chaldéen d’Erbil, Mgr Bashar Warda, s’est fait l’écho des propos du patriarche chaldéen, le cardinal Louis Sako. Ce dernier avait précédemment prononcé une homélie se référant à l’attaque mortelle au drone, laquelle a de nouveau exacerbé les tensions dans la région. Les deux dirigeants de l’Église chaldéenne ont appelé toutes les parties à exercer de la retenue et de la sagesse, et demander à la communauté internationale d’intervenir afin d’« atténuer les tensions. »

 

Selon le site web français de VaticanNews, le patriarche Sako a déclaré : « Le peuple irakien est en état de choc », déplore le cardinal Sako, regrettant que son pays ait été transformé en une « arène » où Américains et Iraniens peuvent « régler leurs comptes ». L’Irak « n’est plus une patrie souveraine », affirme-t-il avant d’appeler « toutes les parties concernées à faire preuve de retenue, de sagesse, à agir raisonnablement et à s’asseoir à la table du dialogue. »

 

Voici la déclaration de Mgr Bashar Warda, telle que traduite par le bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse.

 


Déclaration de l’archevêque d’Erbil, Kurdistan Irak

 

Mercredi 8 janvier 2020

 

Les présentes tensions entre les deux puissances ne doivent pas s’intensifier. L’Irak a souffert, [contraint à] des guerres « par procuration » depuis des décennies ; elles ont déchiré notre pays.

 

Nous sommes des gens d’espérance et courageux. Depuis la défaite du groupe État islamique en mai 2017 par les forces de la coalition, notre archidiocèse a travaillé avec les dirigeants d’autres Églises, des agences chrétiennes, des agences humanitaires, des gouvernements et des organisations non gouvernementales pour aider à rebâtir nos communautés fracturées à Mossoul et dans la plaine de Ninive. Cela a été une route très difficile de collecter des fonds et obtenir le soutien de la communauté internationale pour nous aider à retrouver concrètement ce que nous avons perdu depuis août 2014.

 

Les présentes tensions menacent des communautés très fragiles qui sont fatiguées de la guerre et de ses conséquences tragiques. Ils ont déjà beaucoup trop souffert et ne peuvent plus faire face à un avenir incertain. Ils ont besoin de certitude, de réconfort, d’espérance, et de croire que l’Irak, peut être un pays pacifique plutôt que d’être des victimes et des dommages collatéraux sans fin.

 

En tant que dirigeants d’Église, nous allons toujours suivre la voie tracée par Dieu en cherchant la paix, la réconciliation, le dialogue, et non le conflit. Sa Béatitude le cardinal Louis Sako, Patriarche des Chaldéens, a exprimé très justement les peurs et les angoisses des gens, et l’espoir qu’ils ont d’être épargnés des dégâts et de la tragédie de la guerre. Nous sommes unis à son appel à prudemment rechercher un dialogue civilisé et à prier pour la paix.

 

Nous en souhaitons l’action urgente de la communauté internationale afin qu’elle utilise son influence pour atténuer les tensions. Notre prière est pour la paix et que le résultat du dialogue aboutisse à quelque chose de juste et de pacifique.

 


 

Aide à l’Église en Détresse (AED) soutient les chrétiens en Irak depuis de nombreuses années, spécialement depuis les attaques du groupe État islamique (Daech) en août 2014, qui les ont forcés à fuir leur terre ancestrale. Beaucoup ont trouvé refuge à Erbil et dans le village temporaire nommé Werenfried et construit pour eux par l’Église, le tout soutenu par l’AED.

L’AED s’est également engagé à aider les chrétiens irakiens de retour à la maison en participant à un « Plan Marshall » afin de reconstruire les communautés et les églises de la plaine de Ninive. Il est estimé qu’il n’y aurait plus qu’environ 250 000 chrétiens encore présents dans le pays.