fbpx
X
Faire un don

Non à « la haine, la colère et l’irresponsabilité »

Cette entrevue a été réalisée quelques jours avant les élections brésiliennes qui ont porté au pouvoir le nouveau président Jais Bolsonaro.

Projet de l’AED en 2016 – Aide à la subsistence pour 109 missionaires consacrés.

À quelques jours des élections au Brésil, alors que le pays était fortement polarisé entre les deux candidats Fernando Haddad et Jair Bolsonaro, le cardinal archevêque de São Paulo, Mgr Odilo Scherer a lancé un message, rappelant « le haut degré de responsabilité qu’implique cet acte électoral. Le vote ne doit jamais être empreint de haine, de colère ou d’irresponsabilité à l’égard du bien commun. Voter est une question de conscience et le moment est venu pour chacun de faire personnellement quelque chose pour que le Brésil soit meilleur après les élections. En définitive, c’est ce qui compte ».

 

Les paroles du prélat étaient particulièrement pertinentes compte tenu du fait que le Brésil est l’un des pays qui compte le plus grand nombre de catholiques au monde (172 millions), mais aussi l’un des plus violents, avec plus de 60 000 homicides par an, ce qui représente environ 12,5% de tous les homicides de la planète.

Projet construction de centre de catéchèse à la paroisse Saint Antoine de Tefé.

Les élections qui ont eu lieu dimanche ont créé une barrière de discorde qui divise la population, estime l’archevêque, dressant les membres d’une même famille, les amis et même les États les uns contre les autres. C’est une période d’incertitude et de peur. La Conférence épiscopale du Brésil a également prévenu les catholiques de l’importance de cet acte de voter. Déjà en avril, elle avait diffusé « engagement et espérance », un texte contenant une réflexion sur les élections de 2018.

Dans ce document, les évêques exhortent « la population brésilienne à faire de ce moment difficile une occasion de grandir, en abandonnant les chemins de l’intolérance, du découragement et du désenchantement ». C’est ainsi que les prélats encouragent « les communautés ecclésiales à assumer, à la lumière de l’Évangile, la dimension politique de la foi, au service du Royaume de Dieu ». Les évêques brésiliens rappellent aussi que l’espérance doit toujours être présente, malgré les difficultés du quotidien. « Sans cesser d’avoir les pieds dans la dure réalité, nous sommes mus par l’espérance qui nous pousse à surmonter tout ce qui afflige le peuple ».

Père Werenfried en visite au Brésil, en 1977.
Projet: 300 camions pour la région de l’Amazone.

L’AED : engagée au Brésil dès les années 60

Aide à l’Église en Détresse (AED) est très engagée dans la promotion pastorale et sociale de l’Église au Brésil en faisant cet effort de dépassement auquel les évêques font référence dans le document « engagement et espérance ». Il s’agit là d’un travail qui remonte aux années 1960, lorsque le Père Werenfried van Straaten, fondateur de l’AED, avait envoyé un exemplaire de son livre « On m’appelle le Père au lard » à des évêques de différentes villes du monde.

Dans le diocèse de Juína, Mgr Nero Tondello a créé un salon  funéraire unique pour les plus pauvres.

Un exemplaire de ce livre s’était retrouvé entre les mains du Cardinal Dom Jaime Câmara, alors archevêque de Rio de Janeiro. Mgr Câmara y avait répondu par des remerciements, encourageant le Père Werenfried à inclure le Brésil dans son travail missionnaire. Dans sa lettre, le prélat déclarait : « En Amérique latine, nous ne sommes pas encore une Église persécutée, mais cela pourrait aussi nous arriver. Si un jour nous étions persécutés, vous nous aideriez, parce que c’est votre travail. Cependant, si vous nous aidez maintenant, ça coûtera moins cher ».

C’est avec cet appel – associé à une demande expresse du Pape Saint Jean XXIII – que l’AED a commencé son travail au Brésil, presque sous la forme d’un défi. Le Père Werenfried s’est même rendu au Brésil, a visité les grandes favelas et a été ému par le nombre de personnes affamées qui vivaient dans des conditions inhumaines. Dans une prière qu’il a écrite aux pieds du Christ Rédempteur, le Père Werenfried a dit qu’il ne pouvait rester indifférent à tout ce qu’il avait vu. « Ce que j’ai vu dans cette partie du monde est un scandale. Ici, Votre Église est plus vulnérable que partout ailleurs dans le monde ».

Depuis lors, l’AED a financé plus de 6 000 projets pastoraux au Brésil, dont beaucoup bénéficient directement à la sphère sociale. Citons par exemple, la construction de chapelles et de monastères dans les régions les plus défavorisées, suivies de projets de fourniture d’eau potable et d’énergie électrique, ou l’aide au transport des prêtres et des religieuses qui apportent éducation et soins médicaux là où personne ne veut investir.

C’est aussi le cas des bateaux pour l’immense fleuve Amazone. Avant que l’AED ne fournisse de nouveaux bateaux, les prêtres devaient naviguer sur le fleuve dans de vieilles et dangereuses embarcations, le voyage pouvant durer jusqu’à une centaine d’heures pour atteindre les communautés éparpillées le long des berges du fleuve.

Brésil, juillet 2018 – Achat d’un bateau pour la paroisse de Nossa Senhora Rainha da Paz Ilhas de Abaetetuba, pour remplacer celui qui a une trentaine d’années de service.

Cette vision prophétique du Père Werenfried qui a compris dès son premier voyage au Brésil qu’il était impératif d’aider cette immense nation a amené l’AED à soutenir étroitement l’Église brésilienne. Aujourd’hui encore, l’AED est fidèle à cet engagement et le Brésil est parmi les pays prioritaires bénéficiant de son aide.

Articles récents