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Nigeria — Vague d’enlèvements

« Les prêtres sont devenus une espèce en voie de disparition »

Confrontés à une vague d’enlèvements, de meurtres et de violences, les prêtres nigérians rejettent la violence en réponse aux attaques dont ils sont les victimes et lancent un appel à la prière.

Selon les données compilées par l’organisation caritative pontificale internationale Aide à l’Église en Détresse (AED-ACN), au moins 18 prêtres ont été enlevés au Nigeria depuis le début de l’année 2022, dont cinq au cours de la seule première semaine de juillet. Si la plupart ont été libérés sains et saufs, trois ont été tués.

Le père Christopher Odia, 40 ans, a été tué aux mains de ses ravisseurs en juin dernier.

Face à cette situation, l’Association nigériane des prêtres catholiques diocésains (NDCPA) a publié une déclaration, envoyée à l’Aide à l’Église en détresse (AED-ACN), dans laquelle elle dénonce le fait qu’« il est vraiment triste que, dans le cadre de leurs activités pastorales normales, les prêtres soient devenus une espèce en voie de disparition. Des tentatives ont été faites à différents niveaux pour interpeller le gouvernement », affirment les prêtres, « mais comme l’a déjà fait remarquer la Conférence des évêques catholiques du Nigeria, « il est clair pour la nation que [le gouvernement] a manqué à [son] devoir premier de protéger la vie des citoyens nigérians ».

«Nous ne prenons pas les armes, et nous ne le ferons pas».

Les prêtres rejettent explicitement toute réponse qui implique la force ou la violence de leur part, affirmant : « nous ne sommes pas des terroristes ou une troupe de guerre » et remettent également en question l’utilité pour les prêtres de prendre part à des manifestations de rue, mais font plutôt appel à ce qui, selon eux, devrait être la première arme d’un homme de Dieu.

« Notre parcours ministériel consiste à proclamer la parole de Dieu et à célébrer de la Sainte Eucharistie comme mémorial du Christ et de sa mission sur terre. Cela implique que nous emportions avec nous les Livres Saints et non des armes. Le Christ ne nous a jamais encouragés à lever les armes contre qui que ce soit ni à entreprendre une quelconque action de vengeance. Nous ne prenons pas les armes, et nous ne le ferons pas ».

Le père Joseph Aketeh Bako. Il avait été enlevé à son domicile le 8 mars 2022 et, bien que des rumeurs aient circulé selon lesquelles il était mort entre les mains de ses ravisseurs il y a plusieurs semaines, les autorités ecclésiastiques n’ont pu le vérifier que tout récemment.

Une semaine de prière et de jeûne

La déclaration souligne le travail fondamental qu’effectuent les prêtres, malgré le manque de sécurité : « Notre devoir est de déposer devant l’autel de Dieu la gratitude, les soucis, les inquiétudes et les pétitions des fidèles et les nôtres. Nous sommes des défenseurs de la vie et de la paix. Nous avons été appelés et envoyés pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, rendre la liberté aux captifs, libérer les opprimés, guérir ceux qui ont le cœur brisé, panser les blessures, etc. Nous avons répondu à cet appel et nous continuerons ».

Le père Vitus Borogo, tué durant un raid de terroristes.

Pour cette raison, et à partir du lundi 11 juillet, les prêtres appellent tous leurs frères dans le ministère à se joindre à une semaine de prière spéciale et de jeûne, d’adoration eucharistique et de récitation du Rosaire. Selon la NDCPA, ces activités ne sont pas destinées à remplacer, mais à compléter les autres programmes mis en place par les diocèses pour endiguer le problème de l’insécurité au Nigeria.

« Nous appelons humblement tous les prêtres à prendre cela très au sérieux sans négliger les autres règlements et recommandations connexes dans leurs différents diocèses », indique la déclaration, envoyée à l’AED-ACN.

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