X
Faire un don
Séminaristes au Nigeria (Image d’archive.)

Nigeria — quatre séminaristes enlevés
«Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard»

Par Maria Lozano, AED International
Adaptation : Mario Bard, AED Canada

Mise en ligne, le 13 janvier, 2020

 

L’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) est consternée par la nouvelle de l’enlèvement de quatre jeunes séminaristes au Nigeria, survenue le 8 janvier dernier. Le président exécutif de l’organisation appelle le gouvernement nigérian à agir. Il estime que la situation y fait penser à ce qui se vivait en Irak tout juste avant l’invasion du groupe État islamique (Daech) en 2014.

 

Königstein/Montréal, 13 janvier 2020 – Selon des sources locales, les enlèvements ont eu lieu le 8 janvier 2020 au séminaire du Bon Pasteur (Good Shepherd) dans la ville de Kaduna située au nord du Nigeria. Peu après 22 h 30, les ravisseurs sont passés par-dessus la clôture qui entoure le dortoir des séminaristes et ont envahi le bâtiment. Ils ont tiré dans tous les sens, ont volé quelques objets de valeur et ont emmené de force quatre séminaristes.

Les personnes enlevées sont : Pius Kanwai (19 ans), Peter Umenukor (23 ans), Stephen Amos (23 ans) et Michael Nnadi (18 ans). Ils sont originaires de différents diocèses du nord du Nigeria et commençaient leurs études. Depuis l’enlèvement, personne ne sait où ils sont et s’ils sont toujours en vie. L’identité et les motifs des ravisseurs sont également inconnus.

 

Motifs religieux?

Selon l’AED, l’enlèvement ne semble pas avoir d’arrière-plan directement religieux et il n’est pas clair que les ravisseurs aient demandé une rançon aux familles des otages. La situation en matière de sécurité dans la région appelée la Ceinture centrale du Nigeria — dont fait partie Kaduna — est très précaire, en raison des nombreuses attaques commises par des membres de l’ethnie des nomades peuls contre des villages où vivent une majorité de chrétiens. Là-bas, d’innombrables personnes sont toujours en fuite. Par ailleurs, dans le nord-est du pays, le groupe terroriste islamiste Boko Haram continue ses atrocités.

Directrice du bureau canadien de l’Aide à l’Église en Détresse, Marie-Claude Lalonde a déclaré : « Nous sommes dévastés. Il est difficile de croire que ces enlèvements sont arrivés dans le passé et continuent d’arriver. Nous nous sentons tellement impuissants face à cette tragédie que vivent nos frères et sœurs du Nigeria et que vivent aussi les prêtres dont le rôle est de guider et de réconforter le peuple de Dieu. Pire que tout ; il semble que rien n’est fait pour mettre un terme à tout cela ! »

 

Un «État failli»

Le président exécutif de l’AED International, Thomas Heine-Geldern, est horrifié par ces enlèvements : « La situation en matière de sécurité au Nigeria est catastrophique.


À droite sur la photo, M. Thomas Heine-Geldern.

 

Les bandes de criminels profitent de la situation chaotique, ce qui aggrave la situation ». Il demande que le gouvernement prenne de toute urgence des mesures pour protéger la vie et les biens des gens. Selon lui, il est du devoir du gouvernement d’assurer la sécurité du pays et de la population. Sinon, le Nigeria risque de devenir un « État failli ».

«Les enlèvements et les meurtres me rappellent la situation en Irak avant son invasion par les troupes de l’État islamique. Déjà à l’époque, des chrétiens avaient été enlevés, volés et assassinés, parce que là-bas l’État n’assurait aucune protection des citoyens. Ce sort doit être épargné aux chrétiens du Nigeria. Le gouvernement doit agir avant qu’il ne soit trop tard».

« Cet acte de violence contre de jeunes séminaristes innocents est cruel. Deux d’entre eux n’ont même pas 20 ans. Nous en appelons à la conscience des ravisseurs, pour qu’ils libèrent ces jeunes hommes. En même temps, nous demandons au public de se joindre à nos prières afin que les quatre séminaristes soient sains et saufs et puissent être rapidement libérés ». Thomas Heine-Geldern a également évoqué les familles des personnes enlevées et les quelque 270 autres élèves et enseignants du séminaire de Kaduna. « Ils traversent une période terrible. Les chrétiens nigérians traversent l’enfer depuis des années, mais leur foi ne faiblit pas », a déclaré Thomas Heine-Geldern.

 

 

 

Mme Marie-Claude Lalonde et M. Thomas Heine-Geldern
sont disponibles pour des entrevues.

 

Recent Posts