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Nicaragua

Cardinal Leopoldo José Brenes Solórzano, évêque du diocèse de Managua au Nicaragua.

« Les larmes du peuple sont les larmes de Dieu »

« Le dialogue est la solution »

Quelques jours avant la fête de l’Immaculée Conception de Marie le 8 décembre dernier, le cardinal Leopoldo José Brenes, archevêque de Managua, appelait à « prier pour le Nicaragua, pour la paix et pour l’unité du peuple et des familles ». « Les larmes du peuple sont les larmes de Dieu, et sont donc aussi celles de Marie qui est mère. Elle pleurait en voyant notre situation », a-t-il souligné dans une vidéo qui est parvenue à l’œuvre pontificale Aide à l’Église en Détresse.

S’adressant aux médias à propos de la signification de cette fête très célèbre au Nicaragua, le cardinal a rendu grâce au Seigneur parce que les conflits « vont s’amenuisant », et il espère que peu à peu « la paix se rétablira ». Il invite donc « à continuer de travailler à cet avènement de l’espérance » ainsi qu’à réfléchir à l’important message publié par la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN) à l’occasion de l’Avent, lequel n’a pas été bien accueilli par tout le monde.

À un moment délicat pour le pays, en pleine crise sociopolitique avec des morts et des persécutions à la suite des manifestations contre le Président Daniel Ortega, les évêques du Nicaragua rappellent dans leur message de l’Avent que le peuple doit agir comme si les gens étaient des « collaborateurs de Dieu » face à « l’injustice et à l’oppression ». « Ne vous laissez pas séduire par les solutions de court terme (…). Le nouveau Nicaragua a besoin de dirigeants non violents qui atteignent, avec l’aide de Dieu, des objectifs de liberté et de justice ». La CEN appelle au dialogue, à la discussion, à des gestes solidaires d’amour et de pardon pour faire face à la violence.

Les évêques rappellent que, face aux conflits et à la crise qui se vit actuellement, « personne ne peut rester les bras croisés face à la douleur de ceux qui, tout en étant des adversaires, ne cessent d’être des frères ». Les évêques insistent sur le fait que nous devons rompre avec les « égoïsmes personnels » pour ressembler de plus en plus au « Maître ».

Le Cardinal Leopoldo José Brenes insiste sur le fait que le dialogue « est l’esprit de l’Église, que ce soit en famille, avec ses voisins ou en politique », comme on peut aussi le lire dans le message de l’Avent où les évêques soulignent qu’un « bon politicien soit celui qui, ayant à l’esprit les intérêts de tous, saisit l’occasion de dialoguer dans un esprit d’ouverture ». À cet égard, ils reconnaissent qu’il est difficile de résoudre tous les problèmes par le dialogue entre l’État et la société, mais ils sont « prêts à accompagner les propositions qui répondent le mieux à la dignité humaine et au bien commun ».

« Avec le dialogue, il y a un avenir, mais sans dialogue, tout effort est voué à l’échec. Le dialogue constitue la porte de sortie pacifique à cette crise sociopolitique ».

Situation critique au Nicaragua

Le Nicaragua traverse actuellement une crise sociale et politique qui trouve son origine dans un autoritarisme croissant et un manque de respect pour l’État de droit, qui se sont manifestés au cours de la dernière décennie après la victoire électorale de Daniel Ortega en 2006. En avril 2018, une tentative du gouvernement de réformer le système de sécurité sociale a marqué le début d’intenses manifestations, violemment réprimées par des groupes liés au gouvernement. Résultat : il y a eu des centaines de morts et des centaines de jeunes sont encore en prison en plus des milliers de jeunes qui ont quitté le pays.

Nicaragua: Mgr Jorge Solórzano Pérez, évêque de Granada. Photo prise lors de la Journée internationale des pauvres le 18 novembre dernier.

Le Nicaragua est maintenant un pays divisé et désespéré. L’Église du Nicaragua, qui a adopté une position critique à l’encontre de l’autoritarisme politique actuel, a fait l’objet d’une campagne de diffamation de la part du gouvernement et n’a cessé de recevoir des menaces de groupes proches du Président Ortega. Plusieurs évêques ont été attaqués, par exemple Mgr Silvio Báez, évêque auxiliaire de Managua, Mgr Juan Mata, évêque d’Estelí, et Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa. Sans oublier l’épisode de violence qui a eu lieu dans la Basilique mineure de Saint Sébastien dans la ville de Diriamba, où le Cardinal Leopoldo Brenes et le Nonce apostolique, Mgr Waldemar Sommertag, ont été agressés.

Aide à l’Église en Détresse vient de faire un voyage à travers le pays pour mieux connaître la situation et analyser les aides concrètes qui peuvent être apportées à l’Église locale afin de renforcer sa pastorale en ces temps difficiles.

 

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