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Le père Jaar, - de l'Association des messagers de la paix - dans un camps de réfugiés en Jordanie.
Le père Jaar, – de l’Association des messagers de la paix – dans un camps de réfugiés en Jordanie.

Moyen-Orient

protégez les chrétiens d’Irak et de Syrie de l’extinction

 

Königstein/Surrey/Montréal, le 2 décembre 2015. Les chrétiens du Proche-Orient souffrent le plus, mais la plupart des gouvernements occidentaux ignorent leur détresse, déplore le Père Khalil Jaar, un coordinateur en chef de l’Aide aux réfugiés. Il a également mis en garde contre l’infiltration d’islamistes extrémistes dans des groupes de réfugiés cherchant asile en Europe.

 

En entrevue avec l’organisme international Aide à l’Église en Détresse (AED), le père Khalil Jaar de « Messengers of Peace Association », estime que les chrétiens sont « éliminés » lors de l’invasion des combattants de l’État islamique (ÉI), qui a déclaré que les chrétiens étaient sa cible principale.

 

Le prêtre qui travaille en Jordanie offre un hébergement à des milliers de gens qui affluent à Amman, la capitale du pays, et s’occupe aussi d’assurer l’éducation scolaire des enfants déplacés. Il critique vivement les gouvernements occidentaux, notamment celui de Grande-Bretagne, parce qu’ils proposent d’accueillir des réfugiés venus des grands camps. Le Père Jaar estime que les chrétiens et d’autres minorités ne bénéficient pas des mêmes chances lorsqu’ils demandent l’asile en Europe.

 

Toujours selon le Père Jaar, certains des réfugiés arrivés en Europe sont des sympathisants de l’ÉI, comme l’indiquent des indices émergeant de ses très nombreuses conversations avec des demandeurs d’asile ainsi que des rapports venus de Syrie et d’Irak. Selon lui, il existerait « un lien direct » entre le flot de réfugiés venus du Proche-Orient au cours des derniers mois et les attentats terroristes commis en novembre à Paris.

 

Le Père Jaar affirme que la plupart des réfugiés ne seraient pas des demandeurs d’asile, mais les migrants économiques en quête d’une meilleure vie. « L’Occident a totalement échoué en déchiffrant ce qui se passe réellement au Proche-Orient. La majeure partie des réfugiés qui affluent en Europe sont des gens en quête d’une meilleure vie. S’ils étaient vraiment des demandeurs d’asile, ils auraient accepté de rester dans le premier pays qui leur accorde cet asile. Les véritables réfugiés sont vraiment restés loin derrière. »

 

Lors de l'ouverture du bureau Mexicain de l'AED en novembre 2014, le père Jaar en conférence de presse.
Lors de l’ouverture du bureau Mexicain de l’AED en novembre 2014, le père Jaar en conférence de presse.

« Pourquoi l’Occident ne fait-il pas plus pour les chrétiens et les autres minorités? », ajoute encore le prêtre. « Ce sont ces gens-là qui souffrent le plus. Si les chrétiens restent en Syrie et en Irak, ils sont menacés d’extinction par les extrémistes islamistes. Et s’ils partent à l’étranger pour se réfugier dans les grands camps, ils sont maltraités par ceux qui y vivent déjà. »

 

 

 

 

 

 

Selon lui, les groupes islamistes exercent une pression extrême sur les chrétiens de Syrie et d’Irak, ne leur laissant comme seules issues que la conversion à l’islam, payer la djizîa, un impôt de capitation, ou la mort. Le prêtre affirme que de telles menaces étaient proférées par les groupes d’envahisseurs islamistes, y compris ceux du Front Al-Nosra, de Jaysh al-Islam et d’Ahrar al-Sham autant que de l’État islamique.

 

 

 

Un soutien essentiel par les ONG

 

Il ajoute que la plupart des groupes qui combattent en Syrie sont originaires de l’étranger : « Chaque fois qu’ils [ces groupes islamistes] conquièrent un territoire, l’un de leurs premiers objectifs est d’en éliminer toute présence chrétienne. Les populations les plus menacées sont les chrétiens. »

 

Le prêtre a exprimé sa reconnaissance aux organisations comme l’AED, ainsi que d’autres organisations internationales humanitaires et non gouvernementales. En outre, il a souligné que les chrétiens arrivés en Jordanie et dans d’autres pays étaient complètement dépendants de l’aide de ces organisations.

 

En été 2015, Joanna Wronecka, chef de la délégation de l’Union européenne en Jordanie, a informé le Père Jaar qu’il n’y aurait pas de fonds de soutien pour les réfugiés irakiens, seulement pour les Syriens, ajoutant qu’il s’agissait d’une décision des pays donateurs.

 

« C’est de la discrimination. Les réfugiés irakiens autant que les réfugiés syriens sont victimes des mêmes violences et mesures d’intimidation. », a commenté le père Jaar.

 

Le soutien de 450 familles chrétiennes originaires d’Irak compte parmi les missions du père Jaar dans sa paroisse de Marka, une banlieue d’Amman, la capitale jordanienne. Douze familles vivent sur le périmètre même du presbytère, les autres dans des logements loués grâce à des fonds alloués par des organisations telles que l’AED.

Le religieux a remercié l’AED et ajouté : « Si l’AED n’aidait pas les réfugiés irakiens à Erbil, les chrétiens se retrouveraient dans une situation désespérée. Je voudrais remercier tous ceux qui nous soutiennent – qu’il s’agisse de soutien officiel ou individuel. Si ces organisations ne s’occupaient pas des réfugiés irakiens, ils seraient abandonnés. »

 

Texte : John Pontifex, ACN England           Adaptation : Mario Bard, AED Canada

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